Reportage 1 : Maïs au menu
Nous sommes sur le site traditionnel Huron Onhoüa Chetek8e, (prononcer : onua chétékoué) ce qui veut dire « d'hier à aujourd'hui ». On va rencontrer de vrais Amérindiens, des Hurons, qui vont nous apprendre des tas de trucs super intéressants sur la façon dont leur peuple s'alimentait il y a quelques centaines d'années.
Savez-vous qu'il y avait à ce moment-là, une cinquantaine de tribus différentes qui vivaient au Canada ? Chaque tribu avait un nom et une façon bien particulière de s'habiller et de se maquiller. En plus, ils ne mangeaient pas nécessairement la même chose. Par exemple, en Alberta, les Pieds-Noirs chassaient le bison ; au Québec, les Montagnais pêchaient le saumon ; au Nouveau-Brunswick, les Micmacs chassaient l'orignal et en Ontario, les Hurons cultivaient le maïs.
Ici, on est dans un village huron reconstitué comme ceux du temps de la colonie. Les Hurons vivaient principalement près des Grands Lacs en Ontario mais aussi le long de la vallée du Saint-Laurent.
La tente était utilisée par les peuplades nomades qui se déplaçaient au fil des saisons pour suivre les troupeaux dont ils se nourrissaient. Les Hurons, eux, étaient sédentaires et aimaient vivre dans des grands villages, parfois composés de 1000 ou même de 2000 personnes. Chaque famille avait sa maison. Et comme les familles grandissaient au fur et à mesure que les filles se mariaient, les maisons s'allongeaient. Parfois, ces maisons pouvaient mesurer jusqu'à 70m de long ! Ce n'est pas pour rien qu'on appelait ça une « maison longue ».
Les Hurons étaient des agriculteurs. Pour se nourrir, ils cultivaient plusieurs plantes comme la courge, le haricot, la citrouille et le tournesol mais le maïs était la base de leur alimentation. Dans cette tribu, les femmes cultivaient la terre. Tout d'abord, elles faisaient un gros monticule d'un mètre de large. Au centre, elles semaient les graines de maïs, tout autour, les graines de haricot et à la base du monticule, les graines de courge. Quand les plants poussaient, le maïs servait de tuteur aux plants de haricots et les grandes feuilles des plants de courges gardaient le sol bien humide. Dans ce temps-là, on ne pouvait compter que sur la collaboration de la nature pour arroser les plantes. Ingénieux comme système, n'est-ce pas ! Une fois cueillis, les épis de maïs étaient attachés en paquets. Ensuite, on les faisait sécher à l'intérieur des maisons longues en les accrochant au plafond. Lorsque les épis étaient secs, les femmes mettaient les grains de maïs dans un mortier pour en faire de la farine. Avec cette farine, on fabriquait la « banique », une sorte de pain plat. C'était l'aliment de base des Hurons, ils en mangeaient tous les jours.
Reportage 2 : À la soupe!
Déjeuner, dîner, souper. pour les Hurons, ça ne voulait pas dire grand-chose! Quand on avait faim, on mangeait. Il fallait donc toujours de la nourriture pour rassasier les affamés du moment. C'est pour cette raison qu'il y avait toujours de la soupe prête à manger. On l'appelait « sagamité ».
Avant l'arrivée des premiers colons, les Amérindiens se servaient de larges récipients, en écorce ou en bois, pour faire cuire leur « sagamité ». Ils faisaient rougir des pierres sur le feu et les déposaient ensuite dans le récipient rempli d'eau. En remplaçant régulièrement les pierres refroidies par d'autres brûlantes, l'eau se réchauffait, ce qui permettait de cuire les aliments. Quelle ingéniosité !
À chaque fois que quelqu'un se servait de la soupe, on ajoutait quelque chose dans la marmite. Du maïs, des haricots, de la viande, de l'eau, des herbes, peu importe, pourvu que le chaudron soit rempli au maximum. On s'assurait donc que ceux qui auraient faim plus tard, auraient eux aussi quelque chose à manger.
Les Hurons ne mangeaient pas seulement de la banique et de la sagamité. Parfois, ils mangeaient de la viande ou du poisson. Quand ils revenaient de la chasse ou de la pêche, ils pouvaient choisir de faire bouillir la viande ou encore de l'empaler avec des branches pour la faire rôtir sur le feu. Miam-miam! L'ancêtre de la brochette et du barbecue, quoi! Comme ils demeuraient sur un territoire où il y avait peu de gros gibier à manger, ils devaient aussi faire des réserves. Pour conserver la viande ou le poisson, on le faisait alors sécher au soleil ou on le fumait au-dessus d'un feu de bois pendant plusieurs jours.
Grâce à l'abondance de la nature et grâce à leurs connaissances des animaux et des plantes, les Amérindiens mangeaient de façon équilibrée et ils ne souffraient pas de malnutrition ou de carence alimentaire. Sans le savoir, ils suivaient le guide alimentaire canadien. qui n'était même pas encore inventé à cette époque!
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