Reportage 1 : Du vent dans les voiles
On est en compagnie de Joëlle et de Chloé qui ont fait le tour du monde pendant cinq ans avec leurs parents sur le voilier Balthazar. Au tout début de leur aventure, Joëlle avait 7 ans et Chloé en avait 9. Elles vont nous raconter quelques-uns de leurs souvenirs de voyage.
Chaque matin, vers 9 heures, les deux filles avaient le nez plongé dans leurs livres d'école. Jusqu'à midi, avec l'aide de leurs parents, elles étudiaient les mathématiques et le français selon un programme fait spécialement par le ministère de l'Éducation pour les enfants qui partent longuement en voyage ou qui étudient à la maison. Lorsqu'elles sont revenues pour de bon sur la terre ferme, elles ont pu reprendre l'école sans problème.
« Sur un voilier, l'alimentation diffère de celle qu'on retrouve à la maison. On doit faire des réserves et on mange beaucoup de poisson fraîchement pêché. Mais lorsqu'on est ancré dans un port, près d'une ville, on peut manger comme tout le monde. On en profite pour faire le plein de viandes, de fruits et de légumes. Aux Bahamas, un ami avait pêché un requin et on a décidé de le manger. Ça goûte un peu bizarre mais c'est quand même bon quand on sait comment l'apprêter. On a aussi appris à pêcher sous l'eau, avec un fusil sous-marin. Mais normalement, lorsqu'on était en mer, on pêchait à la traîne. C'est comme un gros yoyo avec une ligne à pêche tout autour qu'on laisse aller derrière le bateau pendant qu'on avance. Quand le poisson mord, on tire fort et on le ramène à bord.
Ce n'est pas facile de cuisiner quand on est en mer car la plupart du temps ça bouge. Il faut bien tenir nos choses car tout tombe facilement. Mais heureusement on a un four à cardan, ce qui signifie qu'il reste toujours parallèle à l'horizon. Donc, pas de risque de retrouver nos plats renversés dans le four. Une fois, pour éplucher des oignons qui sentaient vraiment très forts, on a mis un masque et un tuba. C'est une technique très efficace pour ne pas pleurer! Les boîtes de conserve sont placées sous les bancs et sous les lits car il n'y a pas beaucoup d'espace de rangement sur un voilier. Quand aux fruits et aux légumes, on les dispose dans des filets au-dessus de la table de cuisine.
Une autre fois, alors que nous étions en Polynésie française, un ami qui venait de pêcher quelques poissons nous a dit qu'il allait nous faire goûter la spécialité de la place. Il a ouvert un poisson, puis il a sorti de son ventre un truc blanc et il l'a mangé. Il nous a offert d'y goûter en nous disant que c'était très bon mais en fait, c'était plutôt mauvais. Disons que c'était une blague de très mauvais goût! »
Reportage 2 : Hissez les voiles, Marmitons!
« Les premières années de notre voyage, on a passé plus de temps à terre alors que la dernière année s'est écoulée en mer. On était deux semaines entières à voguer, et parfois même jusqu'à un mois. Disons qu'au bout d'un mois, on a plutôt hâte de toucher terre. Aujourd'hui, nous sommes de bons marins mais ce qu'on a surtout aimé, c'est de voyager d'un pays à l'autre. Joëlle était meilleure navigatrice que Chloé. La dernière année, comme elle était plus âgée, elle aidait son père à monter les voiles et à ancrer le bateau. Au début de notre voyage, on était souvent malade car ce n'est pas facile d'être 24 heures sur 24 sur un voilier. Mais petit à petit, le mal de mer a fini par disparaître.
Pour garder le contact avec la famille et les amis, on disposait d'un ordinateur qui nous permettait de leur écrire des petits messages. Lorsqu'on était à terre, on allait parfois dans des cafés Internet, comme ça, on pouvait passer plus de temps à écrire. On a même monté un site Internet pour que notre famille et nos amis puissent voir où nous étions rendus. Le site est maintenant accessible à tout le monde; on y retrouve notre itinéraire, des photos et des souvenirs de voyage.
Après 4 années passées en mer, on a écrit un petit mot sur un bout de papier avec notre adresse e-mail, puis on l'a mis dans une bouteille qu'on a lancée à la mer. On était dans l'océan Indien et six mois plus tard alors que nous étions rendus dans l'océan Pacifique, on a reçu un message écrit dans une drôle de langue. On a découvert que c'est de l'Afrikaner, une des langues de l'Afrique du sud. Ces gens nous écrivaient pour nous dire qu'ils avaient retrouvé notre bouteille sur une plage. On a été vraiment impressionné et on a lancé une autre bouteille dans l'Atlantique. On espère toujours qu'elle soit retrouvée. » |