Reportage 1 : Un animal sorti tout droit de la préhistoire
Le bison est une bête énorme avec une drôle de bosse sur le dos. On dirait qu'il sort tout droit de la préhistoire. Ce n'est pas tout à fait faux ! Imaginez. Il y a plus d'un million d'années, les premiers bisons sont arrivés en Amérique du Nord, en provenance d'Asie. À cette époque, les deux continents étaient reliés entre la Russie et l'Alaska par le détroit de Béring. Contrairement à la plupart des gros animaux de cette époque-là, comme le mammouth et le dinosaure, le bison a survécu aux différentes époques glaciaires. Bien sûr, son ancêtre était un peu différent, mais il n'y a pas de doute, il s'agit bien de la même bête!
Vers 1800, on estimait le nombre de bisons en Amérique du Nord à environ 60 millions. Le bison se retrouvait alors partout, d'est en ouest, des Rocheuses aux Appalaches et du nord du Canada jusqu'au Texas. À cette époque, les tribus amérindiennes dépendaient beaucoup du bison. Elles se nourrissaient de la viande en la faisant sécher, rôtir ou bouillir. Elles utilisaient la fourrure pour s'habiller, la peau pour construire des tipis et fabriquer des mocassins et enfin les os pour fabriquer des outils. Pas de gaspillage!
Mais comment réussissaient-ils à chasser cet animal qui court aussi vite qu'un cheval, soit à plus de 55 kilomètres à l'heure? Je vais vous révéler le secret sur l'art de le chasser. Malgré le fait qu'il peut voir des objets situés à plus d'un kilomètre de distance, la vision de côté du bison est presque nulle. C'est comme si vous regardiez droit devant, avec vos deux mains de chaque côté de votre visage. C'était donc très facile pour les Amérindiens armés d'arcs et de flèches, de le chasser à pied, en arrivant par derrière ou de côté. Une autre façon de chasser le bison était de provoquer une panique au sein du troupeau et de diriger les bêtes vers le haut d'une falaise afin qu'elles s'écrasent dans un précipice. Dramatique n'est-ce pas?
Mais c'est avec l'arrivée du cheval et du fusil que le massacre des bisons a vraiment commencé. On s'est mis à chasser l'animal de façon extrême, principalement pour le commerce de la peau et de la fourrure. On le chassait parfois même juste pour passer le temps et se vanter d'être un bon chasseur! Certains pouvaient en tuer jusqu'à 200 par jour! Vers 1885, il ne restait environ que 1000 bisons en Amérique du Nord. Vous imaginez! Passer de 60 millions à 1000 en moins de 100 ans! C'est comme de passer d'une piscine archipleine à une petite bouteille d'eau! C'est donc bien surprenant qu'il en reste encore aujourd'hui! Maintenant, allons-y d'une explication sur leur sauvetage!
Reportage 2 : Le bison d'aujourd'hui
On doit la survie des bisons à Scotty et Sarah Philips qui habitaient aux États-Unis. En 1889, ils achètent de leur voisin un petit troupeau et vers 1914, ils commencent à vendre des bêtes à différents organismes, désireux comme eux, de poursuivre la mission de sauvegarde du bison. C'est ainsi qu'aujourd'hui, on retrouve quelques centaines de troupeaux un peu partout en Amérique du Nord. Les 350 000 bisons actuels vivant en captivité ont donc à peu près tous comme ancêtres le troupeau des Philips. Il y a encore quelques troupeaux sauvages dans l'Ouest mais ils sont peu nombreux!
Aujourd'hui, je suis au parc des bisons de l'Île d'Orléans. En 2000, les propriétaires, Guy Roberge et Isabelle Nickner ont acheté un grand terrain ici et une trentaine de bêtes.
-Qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes intéressés aux bisons ? « On a eu un coup de coeur lorsqu'on est allé aux Etats-Unis, il y a une quinzaine d'années. On était allé voir le fameux Custer State Park, où il y a 1300 bisons, sans doute encore plus aujourd'hui. Voir l'animal, apprendre toute son histoire et le fait que ce soit difficile de s'en approcher et de le domestiquer, nous a vraiment attirés. Mais, c'est l'histoire de l'animal qui nous a vraiment incités à démarrer un parc de bisons ici. »
-Vous avez combien de bisons ?
« À l'heure actuelle, on en a tout près de 400. Il y a des naissances à tous les jours au printemps alors, c'est difficile en ce moment de le savoir précisément à moins que tu m'aides à les compter! »
À sa naissance au printemps, après 9 mois de gestation, le bisonneau ou le veau, pèse de 13 à 18 kilos. Son pelage est de couleur cannelle, c'est-à-dire rougeâtre, et il n'a pas encore de bosse sur le cou. Environ 45 minutes après sa naissance, le bisonneau est déjà sur ses quatre pattes. À deux mois, son pelage devient brun et sa bosse commence à se former. À 6 mois, il pèsera de 136 à 181 kilos. Même s'il grandit vite et devient rapidement énorme, le jeune veau tête sa mère pendant deux ans. Ça reste bébé longtemps un bisonneau ! Les bisons grossissent pendant environ 7 ans contrairement aux boufs qui atteignent l'âge adulte à 2 ans. Une fois adulte, le mâle pèse en moyenne 900 kilos et la femelle de quatre à cinq cents kilos. Malgré sa lourdeur, le bison court aussi vite qu'un cheval, grimpe aux rochers et nage très bien. Ici, au parc des bisons, ils ont déjà eu un mâle qui pesait 2500 livres ! Il avait 30 ans. Quand il est mort, ils ont conservé son squelette pour leur centre d'interprétation. Comme les autres ruminants, par exemple le bouf, la journée typique d'un bison consiste à se nourrir et à ruminer, c'est-à-dire mâcher et remâcher l'herbe et la moulée qu'il mange. Au printemps, il mue. Sa laine tombe et repoussera à l'automne. Il a alors un épais manteau de fourrure pour affronter les rigueurs de l'hiver. L'été, lorsque la température est trop chaude, il peut se frotter contre un arbre pour enlever son épaisse fourrure. On pourra également le voir se rouler par terre dans le but de se faire un manteau d'argile qui le protègera des insectes. C'est plus efficace que la lotion chasse-moustiques semble-t-il!
Mais c'est quoi l'idée d'élever du bison? C'est surtout pour sa viande faible en gras. Elle contient moins de 3% de gras et 25 à 30% plus de protéines que le bouf. La viande de bison est délicieuse lorsqu'elle est cuite à feu très doux. Tout comme la viande de bouf, on peut la manger en hamburger, en saucisse, en ragoût, en steak et bien sûr, en fondue! On peut aussi la faire fumer et l'apprêter en terrine et pâtés divers. Pizza, sandwich, sauce à spaghetti. Il suffit de laisser aller son imagination de Marmiton pour apprêter le bison ! Et ça peut être drôlement bon! |