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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Louise Dompierre : President and General Director, Art Gallery of Hamilton

Hamilton has always been seen as a worker’s town, but over the past few years, the city has transformed itself. The cultural sector is full of life – thanks in part to the efforts of Louise Dompierre.
Over the past 15 years, Dompierre has directed the Hamilton Art Gallery, receiving 300 000 visitors each year.
In Kingston, at the Queen’s University Agnes Etherington Art Centre, Dompierre had her first exhibition, which was a resounding success!



Réalisateurs: Alexandra Levert, Simon Madore
Production year: 2014

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GISÈLE QUENNEVILLE rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

Des images de la ville de Hamilton défilent pendant la narration de GISÈLE QUENNEVILLE.


GISÈLE QUENNEVILLE

(narration)

- Aujourd'hui, je suis à

Hamilton. Hamilton a toujours

été vue comme une ville

ouvrière, mais au cours des

dernières années, la ville

s'est transformée. Aujourd'hui,

son économie est diversifiée.

Son secteur culturel est en

pleine ébullition. Et c'est en

partie grâce à la femme que

je rencontre ce matin,

Louise Dompierre.

(Des images de la vie de LOUISE DOMPIERRE et du Musée des beaux-arts de Hamilton défilent pendant la narration de GISÈLE QUENNEVILLE.)


GISÈLE QUENNEVILLE

(narration)

-Au cours des 15 dernières

années, Louise a dirigé le

Musée des beaux-arts de

Hamilton. Quand elle est

arrivée, en 1998, le musée

accueillait environ 20 000

visiteurs par année.

Aujourd'hui, ils sont presque

300 000. Louise est originaire

de Hull, au Québec.

Jeune,c'était le théâtre qui

l'intéressait. Mais un jour,

elle a découvert les arts

visuels. Elle a fait un bac et

ensuite une maîtrise en histoire

de l'art. C'est au Agnes

Etherington Art Centre, à

l'Université Queens à Kingston,

qu'elle a monté sa première

exposition. Pour elle, c'était

un coup de foudre. De là, elle

s'est rendue à Toronto, au

fameux Power Plant. Après une

douzaine d'années, elle s'est

retrouvée à Hamilton, où elle

est devenue un des piliers de

la vie culturelle de la ville.

(GISÈLE QUENNEVILLE et LOUISE DOMPIERRE sont assises l'une en face de l'autre.)


GISÈLE QUENNEVILLE

-Louise Dompierre, bonjour.


LOUISE DOMPIERRE

- Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Est-ce que vous avez toujours

été passionnée par les arts?


LOUISE DOMPIERRE

- Je pense. Je pense que

ça a commencé quand j'avais

à peu près 11, 12 ans.

Et j'avais une copine, à ce

moment-là, qui rêvait de

devenir peintre. Donc elle m'a

introduite au Musée des

beaux-arts du Canada. Alors les

dimanches après-midi, on allait

pour une visite au Musée des

beaux-arts. Elle était très

sérieuse. Moi, j'étais pas

tout à fait convaincue à ce

moment-là. Mais je trouvais ça

intéressant. Et à un certain

moment, j'ai vu un tableau de

Modigliani. Modigliani m'a

vraiment saisie, ça m'a ouvert

les yeux. C'était... pour moi

là, c'était le moment.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Parce que, avant ça,

votre truc, c'était plutôt

le théâtre, je crois.


LOUISE DOMPIERRE

- Oui. C'était en fait presque

en même temps que ces

choses-là se passaient.

Parce que j'étais pensionnaire

au couvent Notre-Dame-du-

Bon-Conseil à Ottawa.

Et on avait un programme de

diction et un programme de

théâtre. Et il semblerait que

j'avais un talent naturel pour

le théâtre. J'avais terminé mon

secondaire. Et à Ottawa, il y

avait le Théâtre Elgin. J'étais

vraiment emballée par le

théâtre. À ce point-là.

Mais mes parents avaient des

réserves, ils n'étaient pas tout

à fait... ils n'aimaient pas

l'idée de voir leur fille--


GISÈLE QUENNEVILLE

- C'est une vie de débauche,

le théâtre!


LOUISE DOMPIERRE

- C'est ça, une vie de débauche.

Leur fille unique de ce monde

d'adultes. Et moi, tout le

temps, je pensais aux arts,

vous savez. Alors finalement,

ça ne s'est pas passé à ce

moment-là, y a rien qui s'est

produit. Mais durant l'été, ce

que j'ai fait, j'ai décidé de...

de lancer ma propre compagnie

de théâtre.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Oh, rien de moins.


LOUISE DOMPIERRE

- Rien de moins.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Hum-hum.


LOUISE DOMPIERRE

- Alors j'étais très jeune, je

sortais à peine du secondaire.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Et qu'est-ce que vous avez

monté comme pièce?


LOUISE DOMPIERRE

- J'oublie le nom!

Mais je me souviens d'avoir

écrit à l'auteur, qui ne m'a

jamais répondu, d'ailleurs.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Est-ce qu'il y avait du monde?


LOUISE DOMPIERRE

- Ah bien, vous savez, ce qui

s'est passé... Je n'ai pas

réussi à monter la pièce.

Mais ce que j'ai réussi,

c'est de rencontrer quelqu'un

qui était aussi intéressé au

théâtre, qui a répondu à mon

appel de gens de théâtre de se

joindre à nous. Et à partir de

ce moment-là, il est devenu le

directeur d'un certain nombre

de pièces de théâtre.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Ah.


LOUISE DOMPIERRE

- Et ensuite, les portes ont

commencé à s'ouvrir, vous savez.

Alors c'est comme ça que ça

a commencé. Alors tout se

passait en même temps.

Et pour un moment, j'ai

abandonné les arts visuels pour

surtout penser au théâtre.

Mais en même temps,

je continuais mes études

universitaires.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Bien, justement.

À l'université, vous avez

étudié d'abord la littérature.

Ensuite, les sciences

politiques, pour finalement

tomber dans l'histoire de

l'art. Est-ce qu'il y a un lien

entre ces trois domaines-là?


LOUISE DOMPIERRE

- Probablement. Certainement.

Il y a certainement un lien

entre le théâtre et l'histoire

de l'art. Mais ce qui s'est

passé, c'est que...

j'avais beaucoup de difficulté

à trouver... où je voulais

aller. Parce que je trouvais

qu'à l'université, c'était

plutôt banal ce qu'ils nous

présentaient. Je n'étais

vraiment pas engagée.

Donc c'est pour ça que je

changeais de programme.

Finalement, j'ai abandonné

l'université pour un moment et

j'ai commencé comme secrétaire

au Conseil des arts.

Et finalement, la première chose

que j'ai sue, je suis devenue

agent de programme. Et à cette

époque-là, c'était... c'était

très intéressant le Conseil

des arts du Canada. Parce qu'il

y avait moi et deux autres

collègues qui travaillaient à

ce programme, et notre rôle

était vraiment d'ouvrir les

portes à de nouveaux projets.

Donc à un moment donné,

M. Peacock, qui était directeur

du programme de théâtre, m'a

invitée à joindre son programme

parce que les troupes qu'on

avait supportées à l'intérieur

du programme Exploration

étaient maintenant des troupes

professionnelles qu'on voulait

aider à l'intérieur du programme

traditionnel de théâtre. Donc

on m'a invitée à faire...

à devenir agent de théâtre, là,

à ce programme-là.

C'était vraiment une occasion

extraordinaire. Ce que le

Conseil des arts du Canada

vous apporte, c'est privilégié.

Parce que vous découvrez le pays

à travers les arts. Et vous

savez, vous pouvez établir des

liens entre différentes formes

d'arts, entre différentes

provinces, comment les gens

pensent, comment les gens

travaillent... Et pour moi,

c'était une éducation

extraordinaire.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Et à quel moment s'est fait

le virage vers les arts visuels?


LOUISE DOMPIERRE

- Je me sentais un peu coupable,

vous savez, d'occuper un poste

de cette importance--


GISÈLE QUENNEVILLE

- Et de pas avoir le bagage

académique.


LOUISE DOMPIERRE

- Et de pas avoir de bagage

académique. Donc j'ai commencé

à prendre des cours du soir.

Et ce qui m'intéressait à ce

moment-là, c'était des cours en

histoire de l'art et dans le

film. Bien là, quand j'ai pris

un programme de film, c'est là

que j'ai rencontré mon mari.

Il était professeur.

Donc à partir de là, on est

devenus assez sérieux.

Il a obtenu un poste

l'Université Queens à Kingston.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Et vous êtes allée

le rejoindre là-bas.


LOUISE DOMPIERRE

- C'est ça. J'ai décidé: voilà

ma chance. Je peux maintenant

quitter le Conseil des arts

et terminer mon cours

à l'Université Queens.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Ce que vous avez fait.

Et par la suite, vous avez été

embauchée au Centre d'art

à l'Université Queens, qui est

très connu, le Agnes

Etherington Art Centre.

Vous avez été archiviste,

et où vous avez pu monter

vos premières expositions.

Quelle a été cette expérience-là

de monter une première

exposition?


LOUISE DOMPIERRE

- J'étais terrifiée.

J'avais fait ma maîtrise d'art.

Et je n'avais aucune idée,

d'abord, de ce que c'était

que d'être archiviste.

Quand vous est à l'université,

vous n'apprenez pas, du moins

à cette époque-là, comment

monter des expositions,

vous savez.

Alors j'ai dit: Ouf!

Mais moi, j'aime vraiment...

profiter des occasions comme ça,

alors j'étais curieuse. Et mon

premier artiste, c'était Peter

Johnson, de Toronto.

C'était traumatisant.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Mais ça a bien marché.


LOUISE DOMPIERRE

- Ça a bien marché. Et à partir

de ce moment-là, je n'ai jamais

cessé de monter des

expositions.


GISÈLE QUENNEVILLE

- À un moment donné, vous avez

reçu un appel du Power Plant de

Toronto, avant que le Power

Plant devienne le fameux Power

Plant qu'on connaît

aujourd'hui. Comment ç'a été de

participer au lancement de

cette aventure-là, qui est

devenue le Power Plant?

Très avant-gardiste,

très alternatif même.


LOUISE DOMPIERRE

- C'est ça. C'était

extraordinaire. Parce que...

D'abord, quand je suis arrivée,

Bill Boyle, qui était... qui

maintenant prend sa retraite,

Bill Boyle m'a amenée voir un

espace, qui était l'ancien Power

Plant. Mais ce n'était pas un

musée, ce n'était pas...

vous savez, c'était vraiment un

espace vide. Alors il me dit:

"Ah, dans deux ans, ça va être

vraiment un beau musée d'art

contemporain."

Alors j'ai décidé de prendre

le risque. C'était en 85, et ça

nous a pris deux ans. J'ai vu la

transformation, j'ai vu...

Et c'était vraiment une

expérience... c'était une des

meilleures expériences de ma

carrière. Et durant cette

période, j'ai voyagé

énormément à travers le monde

pour essayer d'amener à Toronto

les meilleurs artistes que je

voyais... et vraiment de...

développer la réputation.

Je pense que... un moment clé,

c'est quand je me suis dit:

Je vais vraiment essayer de

fonctionner à un niveau

international et de présenter

des oeuvres dans lesquelles je

crois, des oeuvres que je pense

importantes. Et à partir de

ce moment-là, c'était beaucoup

plus facile pour moi. Et je

pense que... ce qui s'est passé,

c'est que les gens ont commencé

à être plus engagés aussi.

(Transition)

(GISÈLE QUENNEVILLE et LOUISE DOMPIERRE sont maintenant debout dans le jardin des sculptures du Musée des beaux-arts de Hamilton.)


GISÈLE QUENNEVILLE

- Alors là maintenant, on est au

Musée des beaux-arts de

Hamilton. On est dans le jardin

des sculptures. Ce jardin-ci

n'était pas là quand vous êtes

arrivée. Alors parlez-nous de

l'importance d'en avoir un.


LOUISE DOMPIERRE

- C'était très important parce

que c'est un endroit où les gens

viennent librement s'asseoir.

Et c'est un oasis, je pense,

dans le centre de la ville.

On propose un nouveau projet

de rénovation ici au musée, et

l'idée est vraiment de pousser

le jardin jusqu'à la rue,

d'avoir une sculpture magnifique

qui va annoncer le musée.

Ça sera un jardin, j'espère,

où les gens... qui sera très

intime, avec beaucoup de sons

naturels, avec un peu de musique

et où on pourra avoir des

performances aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Mais vous serez pas là

pour le réaliser--


LOUISE DOMPIERRE

- Ah, je l'ai imaginé!

Non, je sais! C'était très

difficile pour moi parce que je

vis le prochain projet de

rénovation... Mais je suis

certaine que la personne qui

va venir va être inspirée

également, vous savez.

(Transition)

(GISÈLE QUENNEVILLE et LOUISE DOMPIERRE sont à nouveau assises l'une en face de l'autre.)


GISÈLE QUENNEVILLE

- Lorsque vous avez reçu l'appel

du Musée des beaux-arts

de Hamilton, qu'est-ce

qu'on vous proposait?


LOUISE DOMPIERRE

- En fait, c'est un artiste

qui m'a approchée,

Reinhard Reitzenstein, qui

est un artiste de la région ici.

Il m'a dit que vraiment, le

conseil d'administration était

décidé à transformer le Musée

des beaux-arts de Hamilton

et qu'ils cherchaient quelqu'un

qui pourrait faire ça.

Ce qu'on me proposait,

c'était un défi, et les défis

m'intéressent toujours.

Donc essentiellement ce qu'il

m'a dit: Tu peux faire ce que

tu veux, le conseil va

t'appuyer dans tes décisions.

Au début, je n'avais pas

confiance, je pensais...

Ça ne m'intéressait pas

vraiment. Mais une fois que

j'ai rencontré le conseil

d'administration, les choses

ont changé. Parce que j'avais eu

le temps de penser... et ce que

je ferais avec une institution

comme ça. J'ai dit: Je n'ai rien

à perdre. Je vais tout

simplement leur dire ce que je

pense. Alors c'est ce que j'ai

fait. Donc j'ai parlé des

possibilités qui existaient.

Le musée demandait...

il fallait qu'il y ait des

changements très importants qui

se fassent parce qu'à ce

moment-là, il n'y avait plus de

conservateurs. Il n'y avait pas

de personnel éducatif. Alors

j'ai dit: C'est un peu comme un

hôpital sans médecins, sans

infirmières, vous savez.

Il faut amener des personnes

qui savent quoi faire

dans un musée.


GISÈLE QUENNEVILLE

- En 1998, le budget du musée

était de 1,5 million de

dollars et il y avait 20 000

visiteurs par année.

Et aujourd'hui, on parle d'un

budget de 5,5 millions de

dollars et presque 300 000

visiteurs. Qu'est-ce que vous

avez fait, justement, pour

remonter cette pente-là?


LOUISE DOMPIERRE

- Eh bien, c'est surtout...

D'abord, j'ai commencé à amener

du personnel qui savait ce

qu'il faisait. Et vraiment,

pour moi, l'aspect le plus

important, ce sont les

conservateurs... qui...

La programmation d'un musée,

c'est vraiment l'essence d'un

musée. Il faut que ce soit

innovateur, que ce soit profond,

que ce soit bien recherché,

bien choisi, et il faut que ça

engage le public, vous savez.

Parce que si les gens demeurent

indifférents... Quand vous avez

20 000 visiteurs, hein, les

gens ont vraiment là...

ne sont pas intéressés,

qu'est-ce que vous faites?

Donc j'ai pris ça comme un

signal très important, la

programmation. Et aussi, un

aspect important du musée,

c'est la collection du musée.

On a une des plus riches

collections du Canada.

Et c'est vraiment nos...

En histoire...

Canadien historique, en art

contemporain, on a une

collection du XIXe siècle qui

fait l'envie de plusieurs parce

que c'est un centre, maintenant

nous sommes un centre, pour

l'étude du XIXe siècle en

Amérique. Ensuite, le musée

aussi avait vraiment... s'était

retiré de la vie de Hamilton.

Il ne participait pas à des

activités avec d'autres groupes

de la ville, il n'engageait

pas les gens...

Donc on a vraiment essayé de

créer une programmation

dynamique pour amener les gens

à visiter le musée,

et à s'impliquer.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Vous êtes allée chercher un

don important des Tanenbaum,

mais les Tanenbaum sont très

impliqués dans le milieu

culturel, artistique à Toronto.

Comment est-ce que vous,

à Hamilton, avez-vous pu les

convaincre d'investir ici?


LOUISE DOMPIERRE

- À un certain point, c'était

facile parce qu'une amie m'a

présentée à Toby Tanenbaum.

Et ensuite, elle a organisé une

rencontre avec Joey.

Et quand j'ai rencontré Joey,

on s'aimait immédiatement.

On avait vraiment un rapport,

une dynamique qui s'est établie,

qui dure encore aujourd'hui.

Et aussi, Joey avait...

débuté sa carrière à la Dominion

Foundry, à Hamilton, qui est

devenue Dofasco, maintenant

c'est Arcelor.

Donc il avait une raison de

vouloir laisser quelque chose

à la ville de Hamilton. Il m'a

appelée, un jour, il dit:

Écoute, je suis pas pour te

donner cette collection...

une après l'autre.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Une pièce à la fois.


LOUISE DOMPIERRE

- Qu'est-ce que tu dirais

si je te donnais toute

ma collection d'art

du XIXe siècle?

Et j'ai failli tomber de ma

chaise. J'ai dit: C'est

incroyable, ce serait

formidable. Et donc c'est ce

qu'il a fait.


LOUISE DOMPIERRE

- Donc vous aviez maintenant des

oeuvres à montrer, vous avez

créé des espaces pour les

montrer, sauf que...

j'ose croire que les arts

visuels, c'est encore vu comme

un art élitiste. Alors comment

amener les gens à votre musée?


GISÈLE QUENNEVILLE

- C'est pas facile.

Vous savez, c'est pas facile.

Parce que cette idée d'art

élitiste, c'est vraiment...

quelque chose dont

on est conscient,

mais c'est à travers encore

une fois la programmation,

et comment on annonce nos

programmes. On essaie

d'intriguer, d'engager les gens

par ce qu'on fait.

Don on a essayé de créer un

certain nombre d'activités pour

encourager les gens à entrer

dans le musée. Et aussi une

autre chose que l'on a faite,

c'est que, au rez-de-chaussée,

où les expositions principales

sont présentées, on a un

certain.... enfin...

un certain coût que les gens

doivent payer. Mais au

premier étage, c'est gratuit.

Et on a un sponsor pour ça qui

croit beaucoup que le musée

doit toujours être accessible

en tout temps. Donc c'est...

Vraiment, y a toute une gamme

de visiteurs qui viennent parce

que c'est gratuit. Et ça,

j'espère que ça va toujours

rester. Parce que c'est

important de... Si on veut voir

quelque chose, on peut

simplement aller. Donc on change

aussi ces expositions.

Dans plusieurs musées,

les expositions sont plus ou

moins permanentes.

Nous, parce que quand même

l'espace est limité et on a une

très grande collection, on a

décidé de changer

les expositions au moins une

fois par année, sinon deux

fois. Donc y a toujours

quelque chose à voir.

(Transition)

(GISÈLE QUENNEVILLE et LOUISE DOMPIERRE sont maintenant debout devant une sculpture du Musée des beaux-arts de Hamilton.)


GISÈLE QUENNEVILLE

- Louise Dompierre, on est ici

devant l'oeuvre, la sculpture

qui fait un peu la renommée du

Musée des beaux-arts de

Hamilton. Est-ce que c'est

juste de dire ça?


LOUISE DOMPIERRE

- Absolument. Je l'appelle notre

Mona Lisa. Vraiment, les enfants

viennent ici et ensuite ils

amènent leurs parents parce

qu'ils veulent revoir cette

oeuvre. Ça les inspire, ça les

stimule. Et je pense que c'est

ça que l'art contemporain doit

faire, de vraiment engager les

gens. Il y a tellement....

C'est une oeuvre

qui est tellement riche.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Il paraît qu'on rajoute?

Les artistes viennent rajouter?


LOUISE DOMPIERRE

- Kim Adams, qui est l'artiste

en question, revient

périodiquement pour ajuster,

ajouter des choses.

Quand il est venu cette année,

je pense qu'il était ici pour

deux semaines, donc il

travaillait, le public pouvait

le voir travailler, lui

demander des questions.

Donc ça, c'était vraiment bien

pour lui et pour le public.

(Transition)

(GISÈLE QUENNEVILLE et LOUISE DOMPIERRE sont à nouveau assises l'une en face de l'autre.)


GISÈLE QUENNEVILLE

- À la fin de 2014, vous allez

quitter le Musée des beaux-arts

de Hamilton, après une

quinzaine d'années ici.

Qu'est-ce que vous allez

ressentir en partant?


LOUISE DOMPIERRE

- Hum! Bonne question.

Je n'ai aucune idée.

Vraiment. Mais je me suis

préparée à ce départ.

Ça fait quelques années que j'y

pense. Donc ce que je vais

ressentir...

Je pense que...

Pour moi, c'est le temps de

penser aux arts d'une façon

différente. Donc j'ai besoin

d'un peu de recul à ce

moment-ci.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Un sentiment

de travail accompli?


LOUISE DOMPIERRE

- Je pense que oui. Mais j'ai

toujours l'impression qu'il y a

quelque chose d'autre qui s'en

vient. Je ne sais pas quoi.

Mais je n'entrevois pas jouer

au golf, vous savez.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Au cours des dernières

années, le Musée des beaux-arts

de Hamilton a pris beaucoup

d'ampleur. Mais je pense qu'on

peut dire que la vie culturelle

de Hamilton a également pris

beaucoup d'ampleur. Et...

je pense que vous en êtes pour

quelque chose. Dites-nous

comment cette transformation,

ça s'est fait.


LOUISE DOMPIERRE

- C'est très intéressant.

Ça s'est fait graduellement.

Quoiqu'à un moment donné,

disons il y a trois ou quatre

ans, soudainement, les choses

ont finalement tombé en place.

Mais quand je suis arrivée,

il y avait une arrière-garde,

vous savez, il y avait...

des gens qui étaient

un peu frustrés et tout ça.

C'était négatif un peu.

Mais je pense que maintenant,

beaucoup beaucoup de jeunes

artistes, que ce soit en

musique, en arts visuels,

même en danse... Et il y a un

dynamisme et une approche

qui est tout à fait différente,

qui me fascine, en fait.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Le fait d'être si proche

de Toronto, est-ce que

ça facilite les choses

ou est-ce que ça les rend

plus difficiles?


LOUISE DOMPIERRE

- Ça dépend de quel point de

vue on regarde ça, vous savez.

Je pense que pour les artistes,

Hamilton, c'est vraiment bien

d'être à proximité de Toronto.

Parce qu'ici, c'est quand même

moins cher d'avoir un atelier,

d'avoir des espaces, même de

vivre. Mais ils ont toujours

accès à Toronto. Et c'est

important, hein, parce que

plus ils voient ce qui se

passe à Toronto, mieux c'est

pour eux ici. Donc c'est bon de

ce côté-là. C'est moins bon

quand on essaie de promouvoir

les activités qui se passent

ici. Parce qu'il faut vraiment

que ce soient des activités que

Toronto va dire: OK, on va

prendre le temps. Hein? Et ce

n'est pas très loin. Mais c'est

psychologique, je pense.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Vous, je pense, vous avez

déjà dit qu'on ne prend jamais

sa retraite quand on travaille

dans le milieu des arts.


LOUISE DOMPIERRE

- Jamais.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Qu'est-ce que ça veut dire,

ça?


LOUISE DOMPIERRE

- Ça veut dire que... on

demeure vraiment engagé. C'est

quelque chose que l'on découvre

à un certain moment dans notre

vie et qu'on a bes...

J'ai besoin de l'art pour

vivre, vous savez. Donc je ne

sais pas si je ferai des choses

concrètes, pratiques dans le

domaine des arts, mais

certainement, je vais continuer.

Il y a tellement de choses que

je ne sais pas, que j'ai à

apprendre. Et auxquelles

je veux penser. Et ça...

le futur des arts au Canada

est un... ça m'intéresse

vraiment parce que je pense

que... Par exemple, vous pensez

au Musée métropolitain de New

York. Pensez à tout... la façon

comment ça fonctionne.

C'est plein de boutiques,

c'est plein d'activités. Vous

ne savez pas si vous allez

dans un shopping center

ou dans un musée.


GISÈLE QUENNEVILLE

- C'est un point de rencontre.


LOUISE DOMPIERRE

- C'est un point de rencontre.

Et je pense que c'est de créer

ces points de rencontre qui

va être important pour l'avenir

et qui va engager les différents

niveaux de gouvernement et les

individus à supporter les arts.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Il y a beaucoup de

changements qui s'en viennent

dans votre vie au cours des

prochains mois, tant sur le

plan professionnel que

personnel. Vous allez quitter

le Musée des beaux-arts de

Hamilton et vous allez bientôt

vous remarier; comment

vous envisagez les prochaines

années?


LOUISE DOMPIERRE

- Ah, c'est vraiment

extraordinaire, vous savez.

Je pense que j'ai une chance...

C'est très spécial de...

d'entreprendre une nouvelle

étape dans ma vie. Je ne pensais

jamais que cela allait se

produire. Mais j'ai rencontré

un homme extraordinaire. Il est

architecte à la retraite et on

a des goûts semblables,

enfin pareils. Et on veut

certainement passer une bonne

partie de notre vie en Europe

et une bonne partie ici.

Donc je ne sais pas.

En ce moment, on se marie en

septembre, ça, je le sais.

Et ensuite, je vais partir pour

l'Europe et on va voir

ce qui va se passer.

On a pas de plans qui

dépassent les prochains mois.

Parce qu'on a décidé, c'est trop

compliqué, vous savez, quand

vous avez une maison au

Canada, une maison en Europe,

de décider où on va vivre...

Je pense que... en autant qu'on

est ensemble, ça va aller.

Et je pense que tous les deux,

on est un peu des citoyens

du monde. On a pas...

Je suis très Canadienne,

mais je pense que je peux vivre

ailleurs également.

Donc on va voir.


GISÈLE QUENNEVILLE

- Louise Dompierre,

merci beaucoup.


LOUISE DOMPIERRE

- Merci.

(Générique de fermeture)

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