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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Lise Bourgeois : President, La Cité

Lise Bourgeois has always been involved in the field of education.
She became a teacher at 18 years of age. After nearly 20 years in the classroom, she moved to the meeting room, where she held a number of managing positions – notably for the Conseil des écoles catholiques du Centre-Est de l’Ontario.
She left the schoolboard in 2010 to work with La Cité College in Ottawa – the largest French-language college of applied arts and technologies in Ontario.



Réalisateur: Alexandra Levert
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

LINDA GODIN rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

LINDA GODIN est accueillie par LISE BOURGEOIS à l'entrée de sa demeure. Pendant que LINDA GODIN présente son invitée, des photos qui illustrent la vie professionnelle et personnelle de LISE BOURGEOIS ainsi que des images de la ville d'Embrun défilent à l'écran.


LINDA GODIN

Je suis à Russell dans l'Est

ontarien aujourd'hui pour

rencontrer Lise Bourgeois,

la présidente de La Cité,

le premier collège

francophone à voir le jour

en Ontario. Lise Bourgeois est

née juste à côté d'ici, dans le

village d'Embrun. Elle a

grandi sur l'une des nombreuses

fermes laitières de l'Est

ontarien. Lise Bourgeois,

c'est une femme du milieu de

l'éducation. Elle devient

enseignante à 18 ans. C'est très

jeune. Elle enseigne même

à Véronic Dicaire, elle aussi

originaire d'Embrun. Après

presque 20 ans en salle de

classe, elle passe aux salles

de réunion, alors qu'elle

occupe des postes de

gestionnaire, dont celui de

directrice de l'éducation au

Conseil des écoles catholiques

du Centre-Est. Quand elle

quitte le conseil, en 2010,

c'est pour aller à La Cité,

où elle continue d'innover dans

les façons d'enseigner à la

nouvelle génération.

(LINDA GODIN et LISE BOURGEOIS sont assises l'une face à l'autre, dans le salon de cette dernière.)


LINDA GODIN

Lise Bourgeois, bonjour.


LISE BOURGEOIS

Bonjour.


LINDA GODIN

Vous avez grandi sur

une ferme laitière ici à Embrun

dans l'Est ontarien. Est-ce que

vous étiez du genre à mettre

la main à la pâte?


LISE BOURGEOIS

Tout à fait. Et comme

nos parents voulaient qu'on

fasse notre part, tout le monde

avait son travail.

Donc, on a mis la main à la

pâte et je pense que c'est

quelque chose finalement

que j'ai appris très jeune.

Et nos parents étaient des gens

minutieux, des gens qui

aimaient les choses bien

faites, qui aimaient les

belles choses. Donc on a

beaucoup appris d'eux.

Et aujourd'hui, je pense qu'il

faut que... je dois

reconnaître que c'est grâce

à eux si j'ai aussi le souci du

détail, les choses bien faites.


LINDA GODIN

Vous avez appris l'éthique

du travail, là.


LISE BOURGEOIS

Exact. On était six enfants,

donc chacun avait sa part

à contribuer. Que ce soit

dans le jardin, dans les

champs, soigner les animaux,

à l'étable. Particulièrement

dans les moments, les temps

forts de l'année, quand c'était

le temps des récoltes, le temps

du jardin. Alors les pauses,

c'était plutôt l'hiver,

lorsqu'on pouvait. Et c'est là,

l'hiver, qu'on avait nos

dimanches après-midi où avec

nos parents, on écoutait de la

musique, on dansait. Ç'a été

assez tard où on a eu

un appareil musical dans

la maison. Donc, ç'a été...

les moments de répit étaient...

Puis même là, mon père nous

montrait à danser. Fallait que

ce soit bien fait aussi.


LINDA GODIN

Donc, vos vacances estivales

étaient pas vraiment

des vacances. C'était

des vacances de l'école, mais

vous travailliez.


LISE BOURGEOIS

Exact. Par contre, on avait

hâte, on avait toujours très

hâte à l'été, parce que la

routine était différente. Et

pour nous, c'était des beaux

moments, où on travaillait

aux champs ensemble.

On faisait les foins.

Pour nous, c'était un exercice

valorisant aussi. Il fallait se

faire des bras. C'était le

moment aussi de prendre du

soleil. Et lorsqu'on avait fait

une semaine intense

à travailler fort, on allait

faire le pique-nique le

dimanche. Donc, l'été était

un très beau moment pour nous

à la ferme.


LINDA GODIN

Est-ce que vous avez eu,

quand vous étiez plus jeune

évidemment, le goût de

reprendre la ferme familiale

à un moment donné?


LISE BOURGEOIS

Pas du tout.


LINDA GODIN

Vous aimiez y travailler,

mais pas dans le but d'en faire

une carrière.


LISE BOURGEOIS

Absolument. Puis je disais

souvent ça à mes parents:

C'est certain que moi, je ferai

pas une fermière. J'aimerais

poursuivre mes études et

continuer à l'université, école

normale ou université. À ce

moment-là, ce qu'on appelait

l'école normale, c'était un an

ou deux ans de formation pour

devenir enseignante. Et

finalement, c'est ce que j'ai

fait. Et j'aimais apprendre

et j'aimais être dans un milieu

scolaire. Moi, j'ai toujours

aimé ça. Donc, je pense que

c'est là que les racines de ce

que je suis aujourd'hui au

niveau de ma profession ont

fait que j'avais déjà ce

goût-là. Et puis, quand on

était jeune, si quelqu'un

devait faire la maîtresse

d'école, c'était moi. Donc,

je me suis déjà fait la main

à être enseignante.


LINDA GODIN

Vous jouiez à la maîtresse

d'école, c'est ça?


LISE BOURGEOIS

Bien oui. On avait... en haut

du hangar, il y avait

une espèce de hangar pour

les instruments de la ferme,

les machines de la ferme.

Et nous, on avait nettoyé ça

pour que ça devienne notre

école. Alors, on avait notre

tableau, un vieux pupitre.

Alors on faisait l'école

d'Émilie Bordeleau. C'est

à ça qu'on jouait.


LINDA GODIN

Et vous êtes devenue

enseignante à 18 ans. C'est

jeune, ça. Comment on fait,

d'abord, pour devenir

enseignante à 18 ans?


LISE BOURGEOIS

On commence l'école

très jeune. L'enseignante...

On allait à l'école numéro 14,

qui était une école où il y

avait de la 1re à la 8e année

dans la même classe.


LINDA GODIN

Une école de rang.


LISE BOURGEOIS

Une école de rang. Alors

c'était l'école numéro 14.

Et à ce moment-là,

l'enseignante, qui était

Mlle Anita Bourdeau jugeait

que ma soeur et moi, on était

capables de suivre une année;

on appelle ça sauter des

classes. Donc, j'ai sauté

une classe. Et à 15 ans,

j'avais terminé mon secondaire.

Et c'est comme ça que je me

suis retrouvée à 16 ans deux

ans à l'école normale, et à

18 ans enseignante.


LINDA GODIN

Et est-ce que vous avez

surtout enseigné à l'élémentaire

ou au secondaire?


LISE BOURGEOIS

J'ai enseigné, en fait,

à l'élémentaire et

à l'intermédiaire. Mais le plus

grand, le plus long de ma

carrière comme enseignante,

je l'ai fait avec les ados de

7e, 8e année. Et ç'a été

des moments vraiment...

à cet âge-là, tous les projets

sont intéressants pour eux.

Et moi, j'étais enseignante

par projet. J'aimais beaucoup

faire des projets avec

les étudiants puis qu'ils

apprennent en faisant.


LINDA GODIN

Et là, vous vous êtes mariée

à 18 ans, vous avez eu vos

deux filles consécutivement,

hein, les années. Est-ce que

vous êtes précoce ou

juste pressée?


LISE BOURGEOIS

On se mariait et c'était

pour avoir des enfants. Alors,

je pense que j'étais dans

les derniers des Mohicans,

les femmes qui se sont mariées

ont eu des enfants et ont

construit leur carrière

ensuite. Alors moi, j'appelle

ça les

superwomen,où on

travaillait, on élevait notre

famille puis on faisait... moi,

j'ai fait aussi mon bac et ma

maîtrise à temps partiel en

même temps. Et pour moi,

c'était important d'aller

chercher le maximum de ce

que je pouvais faire comme

enseignante. Et j'aspirais

déjà, je pense, à faire autre

chose que la salle de classe.

Mais j'ai adoré. J'ai beaucoup

aimé mes années d'enseignement.

Alors oui, comme maman,

comme femme de maison,

comme femme de carrière,

alors j'ai beaucoup évolué

dans tout ça.

(LISE BOURGEOIS présente maintenant un violon à LINDA GODIN.)


LINDA GODIN

À qui appartient

ce petit violon-là?


LISE BOURGEOIS

C'est le petit violon de ma

petite-fille, Cory-Anne.

On lui avait acheté ce

violon-là, elle avait 5 ans.

Moi, j'adore les violons,

parce que mon papa jouait

du violon. Il a commencé

à jouer du violon tard, mais

ils nous avaient surpris,

un Jour de l'An, en nous jouant

deux ou trois gigues. Et puis,

pour moi, le violon

représentait... Je trouvais ça

beau, c'est esthétique. C'est...

c'est... Je sais pas, c'était

attrayant. Et je me disais:

il faut qu'on donne la chance

à Cory-Anne d'apprendre

un instrument de musique.

Parce qu'ils disent aussi que

d'apprendre la musique, ça nous

rend encore plus intelligents.

Je la trouvais déjà très

intelligente. Alors, je lui ai

acheté un violon. Ç'a été

son cadeau de Noël. Puis

depuis ce temps-là

qu'elle prend des leçons de

violon. Alors quand le violon a

dépassé, était un peu trop

petit, j'ai repris le violon

pour que... J'espère qu'il va

demeurer. J'ai deux autres

petites-filles, alors qui sait?

Peut-être qu'elles aussi

voudront... elles sont très

musicales. Nous, on aimait

beaucoup la musique, dans

ma famille. Alors moi, j'ai

hérité seulement que de la

voix. Et...


LINDA GODIN

C'est ça, vous ne jouez pas,

du violon. Aucun instrument

de musique?


LISE BOURGEOIS

Non.


LINDA GODIN

OK.


LISE BOURGEOIS

Mon père jouait aussi de

l'harmonica, musique à bouche.


LINDA GODIN

Mais donc, si vous chantez,

votre père joue, vos frères, ça

finit par faire un orchestre.


LISE BOURGEOIS

Un party.


LINDA GODIN

Un party. Ça finit par être

festif, les réunions

de famille.


LISE BOURGEOIS

Tout à fait. Puis on a

toujours eu aussi un piano

dans la maison. Même si moi,

j'ai pris des leçons de piano,

jeune, on pianotait. Mais on

n'a pas appris à le maîtriser.


LINDA GODIN

OK. Vous dites que votre père

a appris à jouer du violon

un peu plus tard dans sa vie,

est-ce que vous,

vous auriez le goût?


LISE BOURGEOIS

Peut-être, parce que mon père

a appris ça à la retraite.

Alors, peut-être que quand

un jour, ce sera mon tour,

je pourrai m'adonner

à la musique.


LINDA GODIN

Et faire la même chose avec

vos enfants. Leur faire la

surprise de jouer du violon.


LISE BOURGEOIS

Oui, je pense que ça

pourrait être un moment

d'émotions intenses.


LINDA GODIN

Vous avez enseigné pendant

20 ans. Comment ç'a été,

l'enseignement pendant

une aussi longue période

de temps?


LISE BOURGEOIS

D'abord, ça ne m’a pas paru long

du tout. Chaque année,

nouveau groupe d'étudiants.

J'ai changé de cycle

d'enseignement.

Et un jour, je me suis dit:

Déjà, ça fait 20 ans que je

fais la salle de classe.

Et les directions d'école, à ce

moment-là, il y avait beaucoup

d'hommes à la direction

d'écoles, m'encourageaient:

« Bon, est-ce que t'as pas pensé

que tu pourrais... Il manque

des femmes à la direction.

Va faire ton cours de direction,

va faire ton cours d'agente

de supervision puis tu pourrais

influencer les changements

dont tu parles en éducation. »

Parce que moi, j'aimais

beaucoup évoluer, j'aimais faire

le changement dans l'école,

qu'on essaie les nouvelles

approches, des nouveaux

outils, pour faciliter

l'apprentissage des étudiants.

Déjà, je pense que j'avais

commencé à mettre en pratique

que chaque étudiant a le droit

de réussir et puis qu'il faut

l'accompagner et l'aider

à réussir. Alors moi, j'aimais

ça essayer des différentes

techniques et méthodes

d'apprentissage. Donc, tout ça

a fait que ça a passé

extrêmement vite. Et j'ai aimé

tous mes groupes d'étudiants.

Moi, j'étais en amour avec

mes classes. Et je voulais

que chaque étudiant, même

l'étudiant qui était... qu'il

soit turbulent ou qu'il

apprenne moins vite... En fait,

c'est pour ceux-là qu'on était

là, aussi. Alors, j'ai beaucoup

aimé enseigner. Et moi, je dis

toujours: quand on est en

enseignement, parfois, on

l'oublie, mais on sauve la vie

des gens. Puis on s'assure,

on travaille, c'est-à-dire,

à faire que la vie des gens

est réussie. Alors, c'est

important. Et si on se souvient

quand nous, on était étudiants,

il y a des profs, des

enseignants, ça peut être

des... peu importe, il y a

un membre du personnel de

l'institution éducative où on

était qui a fait une différence

pour nous. Et qui nous a...

on leur doit tous à un ou

à chacun d'eux peut-être

un petit morceau de notre

réussite personnelle ou

professionnelle. Donc, moi,

je me dis: Ça peut être

un sourire, ça peut être

un appui quand on en a besoin.

Ça peut être...


LINDA GODIN

Puis ça fait toute

la différence.


LISE BOURGEOIS

Absolument.


LINDA GODIN

Et là, vous avez quitté

l'enseignement à un moment

donné pour faire plus de

gestion. Est-ce que c'est dans

votre cas encore pour évoluer,

pour continuer d'apprendre?


LISE BOURGEOIS

Un, pour continuer

d'apprendre, puis entre...

En même temps que j'enseignais,

un jour, j'ai décidé d'essayer

autre chose. Je me suis dit:

peut-être que ça comblerait

un besoin aussi de devenir

une femme d'affaires. Alors,

j'ai... ouvert une boutique

d'alimentation naturelle,

Le Tournesol, et en fait,

elle m'a appartenu plusieurs

années. Parce que je me disais:

il me semble que j'aime ça

être un peu la chef d'orchestre

pour faire les choses que

j'anticipe, que je vois, que

je trouve importantes et les

faire à ma façon, c'est-à-dire

à la manière de Lise Bourgeois.

Et c'est là que je me suis dit:

bien, peut-être que c'est le

temps que je fasse un geste

d'aller davantage en

administration, je vais écouter

les conseils des hommes

qui étaient les direction de

l'école qui m'avaient

influencée à aller me

perfectionner, pour...


LINDA GODIN

Oui, suivre des cours.


LISE BOURGEOIS

...un jour, devenir

une administratrice

ou une gestionnaire.


LINDA GODIN

Et vous êtes allée au Conseil

scolaire à ce moment-là.

Quand le gouvernement ontarien

a décidé de créer des conseils

scolaires francophones, vous,

vous étiez déjà dans un conseil

scolaire francophone,

entièrement francophone, pas

bilingue. Est-ce que vous vous

souvenez de l'importance de

l'annonce, tout ça?


LISE BOURGEOIS

Oui, à ce moment-là, j'étais

en prêt de service, ou je

m'apprêtais à aller en prêt

de service avec l'Office

de la qualité et de la

responsabilité en éducation.

Et puis, ç'a été des moments,

je crois, très importants. Ç'a

été un virage pour les conseils

scolaires francophones.

Et je pense que c'est là aussi

que j'ai eu ma deuxième piqûre,

de dire: bon, je pense que je

peux contribuer à ça. Et

apporter encore là la qualité

et la responsabilité au niveau

des conseils scolaires, pour

qu'on soit performants, qu'on

soit bons. On a peut-être

le goût d'être les meilleurs.

Je dis toujours: quand on est

francophone, on n'a presque pas

le choix d'être meilleur,

parce que, si on veut être

choisi, il faut se distinguer

de quelque façon.


LINDA GODIN

Vous êtes donc passée

à un autre conseil scolaire,

le Conseil des écoles

catholiques du Centre-Est.

Puis après ça, vous êtes

arrivée à La Cité collégiale.

Vous avez succédé

à Andrée Lortie, qui était

l'unique présidente,

la présidente fondatrice, on

peut dire. Est-ce que ça,

c'était lourd à porter ou lourd

comme succession à faire

pour vous?


LISE BOURGEOIS

Tout à fait. Andrée avait été

là pendant une vingtaine

d'années, 20 ans. Et c'était

un monument. C'est elle qui

avait créé La Cité, qui avait

monté La Cité. Et puis moi,

j'étais... j'arrivais

à un moment où on était

dans une nouvelle ère, en fin

de compte, autant démographique

que politique, qu'économique.

Je pense qu'on est mieux

de pas tout savoir dans quoi

on s'embarque. Mais comme j'ai

toujours aimé les défis,

les changements, après 7 ou 8

ans dans un même poste,

j'aimais ça...


LINDA GODIN

Changer.


LISE BOURGEOIS

...changer et puis répondre

à un nouveau besoin et entamer

un nouveau défi. Alors moi,

je suis arrivée à La Cité

avec la conviction que je

pouvais faire une différence

quelconque à La Cité et

continuer l'oeuvre, finalement,

d'Andrée Lortie, mais dans

une perspective Lise Bourgeois.

(On se retrouve désormais à l'extérieur, sur la pelouse, devant un champ de maïs.)


LINDA GODIN

Madame Bourgeois, il paraît

que vous êtes une grande

amatrice de golf. Est-ce que

c'est vrai?


LISE BOURGEOIS

Euh, une amatrice de golf?

De golf, oui. J'aimerais ça

jouer plus souvent, parce que

quand je suis sur un terrain de

golf, après le premier trou,

je suis en vacances.


LINDA GODIN

Ah oui, hein.


LISE BOURGEOIS

Donc, j'aime regarder...

y a toujours de beaux arbres,

des fleurs, tout est vert.

Alors comme vous voyez,

j'aime beaucoup le vert

de la nature.


LINDA GODIN

Avez-vous pris des cours?


LISE BOURGEOIS

J'ai pris une leçon et puis

j'avais pas la patience... fait

que je me suis dit: non,

je vais regarder les gens

que je trouve qui jouent bien,

je vais apprendre d'eux.

Et puis je pense que j'ai

développé mon style personnel

pour jouer au golf. Mais

j'adore ça.


LINDA GODIN

Et vous dites que vous aimez

beaucoup la nature, tout ça.

Est-ce que le fait d'être

avec des amis, de la famille,

est-ce que ça aussi, ça fait

partie du plaisir de jouer

au golf?


LISE BOURGEOIS

Oui, je pense que c'est

un moment... Tu sais, c'est

quand même quatre heures

et demie, cinq heures,

une partie de golf. Alors, ne

serait-ce que d'être avec

mon conjoint et de prendre

ce temps-là juste pour nous,

puis d'être avec des amis,

des membres de la famille qui

aiment le golf... Évidemment,

faut que les invités ou les gens

avec qui on joue aiment passer

quatre heures et demie sur

un terrain de golf. Mais c'est

toujours plaisant. J'ai beaucoup

aimé jouer quelques fois,

aller quelques fois avec mes

filles. On se disait: bon, on va

jouer meilleure balle. C'est

pas grave si on joue pas bien.

On veut juste être ensemble,

jaser, rire. Faut pas que ce

soit laborieux. Parce que

si on prend ça trop au sérieux,

le golf, ça peut devenir pire

qu'un travail. Faut pas

que ce soit ça.


LINDA GODIN

C'est toujours

dans le plaisir.


LISE BOURGEOIS

C'est le plaisir.


LINDA GODIN

Madame Bourgeois, La Cité va

célébrer ses 25 ans. Quels

sont les défis pour ces

25 ans-là, pour l'avenir de

La Cité collégiale? De La Cité,

en fait, parce que vous avez

changé de nom pour

le 25e anniversaire.


LISE BOURGEOIS

C'est ça, on est La Cité,

le collège d'arts appliqués

et de technologie.

Je crois que La Cité peut

étendre ses ailes. Je dis

qu'il faut s'éclater.

Et peut-être devenir aussi

La Cité qui peut répondre

à des besoins au niveau

national et même international.

Parce que de plus en plus,

c'est ce qui se passe autour

de nous avec la globalisation.

Avec la facilité d'accès qu'on

peut avoir grâce aux nouvelles

technologies. Je crois que

La Cité, son plus grand défi,

ce sera d'être à l'ère

numérique, répondre

aux besoins d'apprentissage.

Les étudiants apprennent avec

de nouveaux moyens, ils

apprennent différemment.

Donc, c'est un défi important.

Alors, on parle de plus en plus

d'infrastructure, non pas de

brique, mais de brique et clic.

Alors je pense que nous,

on veut davantage développer

notre capacité clic. Et moi,

je rêve d'avoir un collège qui

est encore, que la cité soit...

Je dis toujours: il faut être

grand. Pas juste grand en

nombre d'étudiants, mais aussi

grand dans notre capacité

d'avoir différents modes de

livraison et que... on ait

une... peut-être des modes

de livraison uniques à La Cité.

D'avoir une espèce de centre

qui serait attrayant à l'ère

numérique, où on peut venir

faire de l'apprentissage bêta.

Parce que les étudiants

apprennent beaucoup par

projets. Donc je pense que

c'est là qu'il faut se

démarquer, par notre... ce qui

serait... sera le plus

attrayant pour apprendre.


LINDA GODIN

Vous avez vécu deux crises

personnellement, mais à titre

de présidente de La Cité.

L'une pour votre voiture de luxe

qui a été très critiquée, et

un an plus tard, quand vous

vous êtes fait arrêter...


LISE BOURGEOIS

(acquiesçant)

Hum hum.


LINDA GODIN

...pour conduite en état

d'ébriété. Vous avez été

reconnue non coupable,

d'ailleurs. Comment vous les

avez vécues, des deux crises-là,

qui ont été très médiatisées?


LISE BOURGEOIS

C'est certain que c'est

difficile. Mais dans les deux

cas, je pense que je me sentais

un peu comme dans une histoire

montée, dans un film qui

était... où les scènes étaient

prévues et puis moi,

je devenais...


LINDA GODIN

Comédienne, là-dedans.


LISE BOURGEOIS

...comédienne qui ne

contrôlait pas la scène.

Et... bon, dans le cas

de la voiture, la seule

solution pour moi, c'était de

retourner la voiture. Parce que

je venais d'arriver au collège

puis je me disais...

Loin de moi que ce serait

un intérêt public.


LINDA GODIN

(acquiesçant)

Hum hum.


LISE BOURGEOIS

Et c'était peut-être naïf de

ma part, mais... bon,

heureusement, j'avais

ma famille, mon équipe, qui...

Bon, je pense que tous les gens

étaient inquiets. Ils disaient:

« Bien non, qu'est-ce qui va se

passer? » J'ai dit: « Bon, le seul

contrôle, je vais encore avoir

le contrôle de la situation.

On va retourner la voiture. »

Ça m'a coûté très cher, mais

j'ai retourné la voiture. Et

puis je l'ai pas regretté,

parce qu'en fait, je me disais:

bon, est-ce que c'est comme ça

que je veux vivre ma prochaine

année, avec un sujet de

conversation non important?


LINDA GODIN

Qui prend toute la place,

finalement.


LISE BOURGEOIS

Qui prend toute la place.

Et je sentais qu'on prenait

en otage un peu La Cité,

son personnel, la présidente,

pour un sujet qui était...

Je veux pas dire banal, ça a

l'air que ça l'était pas,

mais...


LINDA GODIN

Mais pour vous, ça l'était.


LISE BOURGEOIS

Oui. Puis j'ai eu des bons

conseils à ce moment-là.

J'avais Michel Gratton,

qui travaillait avec moi et qui

me disait: « Regarde, c'est

des choses qui arrivent. »

J'ai dit: « Mon Dieu, je sais pas

si ça me serait arrivé dans

mon autre vie, mais... » Et puis,

pour le deuxième incident

aussi, je pense que finalement,

la preuve a été faite que non,

il y avait pas de conduite en

état d'ébriété, non, il y avait

pas de... Moi, je pense qu'il y

a eu toutes sortes de

circonstances. Je me disais:

bon, il en manque juste une

troisième. Je sais pas ce qui

pourrait m'arriver comme

troisième chose.


LINDA GODIN

Souhaitez-vous-la pas.


LISE BOURGEOIS

Parce qu'on disait: « jamais

deux sans trois ». Et tu sais

que tu te sens un peu victime

des circonstances. Encore là,

t'as aucun contrôle sur la

situation pendant que ça se

passe. Mais le seul contrôle

que je pouvais avoir, c'est

de dire: bien non, ça peut pas

être ça.


LINDA GODIN

Qu'est-ce que ça vous a appris

sur, je sais pas, la gestion

de crise, par exemple?


LISE BOURGEOIS

D'être bien entourée.

D'avoir... de pouvoir avoir

recours à des expertises

en gestion de crise.

Parce que je pense qu'on en a

intuitivement, parce qu'on a

vécu. Donc ça, ç'a été

peut-être les deux crises plus

personnelles, mais il y a

toujours eu des moments de

crise qui doivent être résolus

assez vite.


LINDA GODIN

C'est juste que celles-là ont

été plus médiatisées peut-être

que les autres crises

à travers lesquelles vous avez

probablement passé

dans votre carrière.


LISE BOURGEOIS

Et puis c'était des crises

Lise Bourgeois. Et si j'avais

été Lise Bourgeois,

propriétaire du Tournesol,

je pense que ç'aurait pas eu

d'impact. Là, c'était Lise

Bourgeois, présidente de

La Cité, qui rendait

intéressante ou un peu plus

médiatique la nouvelle. Mais

je me disais: ça change rien,

je suis encore Lise Bourgeois,

j'ai encore les mêmes

capacités, les mêmes talents,

les mêmes convictions et

le même vouloir d'amener

La Cité là où je crois que je

peux amener La Cité. Donc,

ça ne changeait pas le respect

et l'affection, l'amour de mes

enfants, de ma famille. Donc,

il y a de grands morceaux qui

étaient non... non touchés.

Mais c'était plus...


LINDA GODIN

Avez-vous l'impression,

parce que là, en devenant

présidente de La Cité, vous

étiez plus une personnalité

publique que vous l'aviez été

auparavant - même si vous

occupiez avant des postes de

haut cadre dans les conseils

scolaires - c'est cette

transition-là à la notoriété

que vous avez peut-être apprise

à la dure? Avez-vous cette

impression-là que ç'a été,

c'est ça, un apprentissage

à la dure de la notoriété?


LISE BOURGEOIS

Un apprentissage, puis

une prise de conscience,

parce que moi, je suis Lise

Bourgeois, je pense jamais

que je suis plus notoire que

quelqu'un d'autre ou...

Je dis toujours à mon équipe:

je suis un membre de l'équipe,

avec la responsabilité de

présidente. Mais chaque membre

de l'équipe, pour moi, est tout

aussi important que moi. Donc,

pour moi, je me voyais pas

comme quelqu'un de notoire,

je me voyais comme Lise

Bourgeois, qui a une job

à faire puis qui a une

responsabilité puis qui va

la prendre jusqu'au bout.

Et ç'a été ça, le grand

constat. Je me suis dit:

OK, donc, je suis un peu

comme dans un aquarium,

où on te regarde et il y a pas

beaucoup de marges

de manœuvre pour la vie

personnelle ou la vie sociale

ou la vie... en fait, même,

je pourrais dire: la vie

familiale. Parce que je me suis

beaucoup retirée de... Je suis

très présente sur la scène

communautaire, la scène

publique, mais beaucoup moins

au niveau de... que ce soit

d'amis, de connaissances...

Je fais... je me vois...

Finalement, je ne suis jamais

pas au travail. Je suis toujours

au travail, peu importe où,

avec qui et pourquoi.


LINDA GODIN

Ça, ça fait partie des

conséquences, en fait, de ce qui

vous est arrivé, un peu.

Malheureuses, en fait.


LISE BOURGEOIS

Je pense que ça fait partie

des conséquences d'accepter

un poste de présidence

de La Cité.


LINDA GODIN

Oui, oui. Lise Bourgeois,

merci beaucoup.


LISE BOURGEOIS

Merci.

(Générique de fermeture)

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