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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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France Gélinas : Nickel Belt Deputy

After having studied Physiotherapy at the Université Laval, France Gélinas found herself in Sudbury. She found employment at Sudbury’s health Sciences North – Laurentian Hospital and became a physiotherapist for the region’s Francophones. She then took on the role of Director of the Community Health Centre, and became increasingly implicated in the heart of the community there.
In 2007, Shelley Martel, NDP MP for the Nickel Belt Region, decided to leave political life and invited France Gélinas to give it a chance. At first, Gélinas wasn’t in the least interested, yet she was eventually convinced to run and went on to win the election in 2007, and once more in 2011. In 2014, 63% of Nickel Belt electors voted for France Gélinas; the largest majority in the province.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

RACHEL DESAULNIERS rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

Fin formation à l'écran

Fin générique d'ouverture

Pendant que RACHEL DESAULNIERS présente son invitée, on montre des images hivernales des environs de la demeure de FRANCE GÉLINAS.


RACHEL DESAULNIERS

C'est au bord d'un lac, à

l'ouest de Sudbury, que je

retrouve la députée ontarienne

France Gélinas.

Pas étonnant, France Gélinas

adore le plein air.

Un de ses emplois d'été, c'était

comme guide de pêche et de

canot dans le parc de la

Mauricie, pas loin de son

Shawinigan natal.

Après ses études en

physiothérapie à l'Université

Laval, France se retrouve à

Sudbury. Elle décroche un

emploi à l'Hôpital Laurentien

et devient la physiothérapeute

des francophones de la région.

Peu de temps après, elle

rencontre son mari, Keith

Harris. Le couple a 3 enfants

et, pour France, Sudbury devient

son chez-soi. Elle devient

directrice du Centre de santé

communautaire et s'implique au

sein de la communauté. En

2007, la députée néo-démocrate

de Nickel Belt, Shelley Martel,

décide de quitter la politique.

Le parti invite France à

tenter sa chance. Au départ,

elle n'est pas du tout

intéressée. Mais elle finit par

se faire convaincre.


FRANCE GÉLINAS

(hors champ)

Moi, je suis une politicienne

par erreur; je suis pas

supposée d'être là.

(L'entrevue suivante se déroule tantôt dans la demeure de FRANCE GÉLINAS, tantôt à l'extérieur, sur le balcon.)


RACHEL DESAULNIERS

France Gélinas, bonjour.


FRANCE GÉLINAS

Salut, Rachel, comment ça va?


RACHEL DESAULNIERS

Très, très bien. Dans la

région de Sudbury, vous vous

êtes fait une place, que ce

soit à l'Hôpital Laurentien, au

Centre de santé communautaire,

en politique. Comment s'est

faite cette intégration, parce

que vous n'êtes pas originaire

du nord de l'Ontario, mais vous

vous êtes fait une très belle

place? Comment s'est faite cette

intégration?


FRANCE GÉLINAS

Moi, je suis née à Shawinigan

au Québec. Je suis arrivée à

Sudbury en 83. Je venais de

finir l'université, mon chum

dans le temps allait à

l'Université Laurentienne,

donc, je suis venue avec lui

pour... lui finissait sa

dernière année d'université, et

moi, j'étais physiothérapeute.

J'ai eu un super de bel emploi

à l'Hôpital Laurentien. Étant

donné que je savais parler

français, il y avait une grande

demande pour des

physiothérapeutes bilingues et

francophones. J'ai eu un bel

emploi et j'y suis restée.


RACHEL DESAULNIERS

Étiez-vous athlétique comme

jeune adolescente ou étudiante?


FRANCE GÉLINAS

Ah, absolument, absolument.

Moi, j'ai fait un peu de tout.

Je jouais au volleyball pour mon

équipe au secondaire. Pendant

l'été, c'était du water-polo,

de la danse synchronisée,

de la nage synchronisée.

J'ai joué à tout. J'ai joué au

baseball, au hockey. N'importe

quel sport, j'aimais ça,

j'essayais ça.


RACHEL DESAULNIERS

Un petit peu de compétition

aussi?


FRANCE GÉLINAS

Très compétitive. Je suis très

compétitive, j'aime gagner.

J'aime, même si je gagne pas,

j'aime la compétition. Puis je

continue. Même à 53 ans, je

suis encore compétitive. Je

fais de l'aviron de façon

compétitive, parce que j'aime

ça.


RACHEL DESAULNIERS

Dans votre environnement, y

avait une personne très

spéciale pour vous, lorsque

vous étiez adolescente.

Qui c'était, cette personne?


FRANCE GÉLINAS

Ah, c'était ma grand-mère.

Ma grand-mère du côté de mon

père, ma grand-mère Jeannette.

Je porte son nom d'ailleurs.

Mon nom, c'est Marie Jeannette

France Gélinas. Donc, ma

grand-mère était une professeure.

Une institutrice que ça

s'appelait dans ce temps-là.

Et lorsqu'elle a eu 25 ans, elle

a dû prendre sa retraite, parce

que, si tu voulais te marier,

t'avais pas le droit de

continuer à travailler.

Donc, à 25 ans, elle se marie.

Elle marie un de ses étudiants

d'ailleurs, mon grand-père

Guilbert, un super de bon homme.

Puis ils vont avoir 14 enfants.

Et là, ma grand-mère veut que

tous ses enfants aient une

éducation. C'est pas évident

sur un salaire, avec mon

grand-père, un gros

travailleur. Il travaillait

deux shifts par jour, six jours

par semaine, pour essayer de

nourrir sa famille. Mais c'est

pas évident, 14. Les cinq plus

vieux, c'étaient des garçons.

Parce que, dans les autres

familles, les garçons allaient

travailler puis aidaient, mais

ma grand-mère voulait que ses

enfants aillent à l'école.

Donc, il y avait une école qui

avait ouvert, puis là, c'est

terrible. C'était une école

pour les arriérés mentaux.

Ça s'appelait comme ça dans le

temps.


RACHEL DESAULNIERS

Pas très chic.


FRANCE GÉLINAS

Non, non, non. C'est vraiment

des gens qui avaient des

handicaps de développement.

Ça s'appelait comme ça dans le

temps et ils n'étaient pas

capables de trouver

d'enseignants pour aller

enseigner là. Ma grand-mère a

dit: « Je vais y aller, moi. »

Elle avait encore son brevet

d'enseignement. Et cette

école-là, c'était juste à côté

d'où est-ce qu'on demeurait. Et

ma grand-mère avait peur des

chiens. Donc, c'était ma job

d'aller chercher ma grand-mère

sur l'heure du dîner, parce

qu'on allait manger à la maison

dans ce temps-là. Je remarchais

avec ma grand-mère jusqu'à

l'école, puis après ça, je me

rendais à mon école. C'était ma

job. Mais d'avoir passé tout ce

temps-là avec ma grand-mère...

Ma grand-mère était bien, bien

en avant de son temps.

Elle comprenait la justice

sociale. Elle comprenait que pas

tout le monde avait eu les mêmes

atouts à la naissance, etc.

Elle était chef syndicale pour

les enseignants de la région.

Je me souviens... je me date, je

me rends compte, qu'une des

professeures était tombée

enceinte. Puis dans ce

temps-là, les femmes

professeures qui étaient

enceintes avaient droit à deux

semaines de vacances. Deux

semaines de vacances pour

accoucher, avoir leur bébé,

et là, elles devaient revenir

tout de suite après. Elle, parce

qu'elle n'était pas mariée et

qu'elle était tombée enceinte,

ils ne voulaient pas lui donner

ses deux semaines de vacances,

comme pour la punir d'avoir

fait ce geste horrible.

Mais ma grand-mère, elle, elle

disait: « Bien non, la

convention collective dit que

t'as droit à deux semaines,

puis je vais aller te chercher

tes deux semaines. » Mais ça

avait fait tellement un

brouhaha, parce que c'était

comme si ma grand-mère avait

pas de bonnes valeurs

catholiques chrétiennes,

d'encourager la promiscuité,

puis tout ça. Ma grand-mère,

elle me parlait de ça, pendant

que... Elle voulait certainement

pas que je devienne enceinte,

mais elle voulait quand même la

justice pour cette femme-là.


RACHEL DESAULNIERS

Avez-vous l'impression que vos

premières leçons politiques, à

toutes fins pratiques, c'est

grâce à votre grand-mère?


FRANCE GÉLINAS

Ah, absolument. Absolument.

Ma grand-mère, ça en était une

qui s'est levée un moment donné

à l'église. Le prêtre - je me

souviens plus de quoi il

parlait - finissait en disant

que l'homme, c'était la tête du

foyer, et la femme, c'était le

cœur du foyer. Il venait de

finir son discours comme ça.

En plein milieu de l'église

Christ-Roi... ceux qui viennent

de Shawinigan, c'est une église

de 600 places, pleine à

craquer, ma grand-mère se lève,

monte jusque vers le prêtre

pour lui dire: « Bien, dans

notre famille, c'est moi qui

suis la tête puis on est tous

les deux le cœur de la

famille. » Ha! Ha! Ha!

C'est ça. Elle avait pas froid

aux yeux, mais, en même temps,

c'était toujours pour l'équité.

Elle était très progressiste,

ma grand-mère, et j'ai passé

beaucoup, beaucoup de temps

avec elle. Donc oui, j'ai

ramassé ses valeurs

en grandissant.

(On présente un extrait d'une intervention de FRANCE GÉLINAS à l'Assemblée législative de l'Ontario.)

(Début extrait vidéo)

[Début information à l'écran]

France Gélinas NDP Nickel Belt


FRANCE GÉLINAS

Les francophones de la région de

Durham ont organisé un gros

rallye ce matin, appelé S.O.S

Désignation Durham. Ils

essaient de recevoir la

désignation depuis 2009.

Mais le gouvernement continue

d'ajouter des barrières à

leur désignation. Quand c'est

le temps de se faire réélire,

le gouvernement a prouvé qu'il

pouvait agir très vite, comme

la vérificatrice générale nous

a démontré dans son rapport

sur les centrales au gaz de

Mississauga et Oakville.

Mais quand il s'agit d'aider les

francophones de Durham à

recevoir la désignation, ça

prend beaucoup trop de temps.

Ma question est simple:

pourquoi les délais?

(Fin extrait vidéo)


RACHEL DESAULNIERS

À Queen's Park, vous faites

partie des députés francophones

qui sont au gouvernement.

Quelle est la relation entre

les francophones et les

anglophones à la législature?


RACHEL DESAULNIERS

Je dirais que, du côté des

francophones de tous les

partis, on s'entend très bien.

C'est pas rare que j'aille voir

Marie-France Lalonde ou

Madeleine Meilleur, ou...

n'importe qui d'autre qui est

francophone dans n'importe quel

des partis, puis qu'on se

parle: « On a un problème avec

la francophonie, comment est-ce

qu'on le règle ensemble? »

Du côté des francophones, on est

un petit groupe de francophones,

et on s'entend très bien

dans les trois partis.

Du côté des francophones

anglophones, le français à

Queen's Park, il est toléré.

Il n'est pas aimé, il n'est pas

promu, il n'est pas fierté,

il est toléré. Moi, je parle

français à l'assemblée à tous

les jours, peut-être pas

beaucoup, mais je le parle à

tous les jours. Si je fais un

discours, je dirais n'importe

quoi de plus de 5 minutes,

je vais parler en français et en

anglais. Et souvent, je suis la

seule qui parle français

pendant des mois de temps.


RACHEL DESAULNIERS

Vous nous avez raconté tout

à l'heure que votre grand-mère

est la personne qui vous a

donné la piqûre peut-être pour

la politique, avec ses valeurs

et son engagement. Mais vous

l'avez eue de façon très

réelle. Vous vous êtes

présentée comme députée.

Vous avez remporté. Qu'est-ce

qui vous a donné cette

piqûre-là de vraiment aller

vous lancer en politique?


FRANCE GÉLINAS

J'aimerais ça pouvoir dire que

c'était vraiment une

inspiration. C'est rien de ça.

Moi, je suis une politicienne

par erreur. Je suis pas supposée

d'être là. Ce qui est arrivé,

c'est que la députée

qui était en place,

c'était Shelley Martel.

Shelley Martel a... Moi, c'était

ma députée depuis 20 ans, je

l'adorais. Elle avait comme

portfolio la santé. Donc, on

se parlait souvent. Moi, je

venais du milieu de la santé;

elle ne venait pas de ce

milieu-là, mais avait ce

portfolio comme politicienne.

On se parlait souvent, je

l'adorais et je l'admirais.

Là, elle annonce qu'elle prend

sa retraite. Ils mettent en

place un comité pour chercher

un remplaçant, une remplaçante,

puis là, à un moment donné, ils

viennent me le demander à moi.

Là, je dis: « Wow, politicienne!

Mon Dieu, je suis vraiment

flattée. » Je pourrais pas

m'imaginer comme politicienne,

mais... « Non, merci, j'aime ma

vie comme elle est là. »

Là, les semaines, les mois

passent. Je savais qu'il y

avait déjà deux personnes qui

étaient intéressées. Un était

chef syndical pour les

enseignants, l'autre était chef

syndical pour la fonction

publique, arrivaient avec des

grosses machines derrière eux,

puis tout ça. Là, ils revenaient

me voir pour dire: « Tu sais,

France, on t'entend parler dans

les conférences. Tu dis que si

les femmes prenaient leur place

50-50, ce serait bien

différent. On n'a pas assez de

femmes dans les positions de

leadership. » Là, on m'offrait

une position de leadership,

puis moi, je la prenais pas.


RACHEL DESAULNIERS

Il faut dire aussi que, quand

les Martel décidaient que vous

alliez être celle qui allait

remplacer Shelley, la dynastie

était presque assurée que vous

alliez être la prochaine

députée.


FRANCE GÉLINAS

Ouais, mais tu sais, le...

T'as parfaitement raison, la

machine des Martel, c'est

phénoménal. Elie a eu le siège

pendant 20 ans; sa fille

Shelley a eu le même siège,

Nickel Belt, pendant 20 ans.

Il y a eu des redéfinitions de

comtés au travers de tout ça,

mais ça faisait quand même

40 ans. Donc là, ils viennent me

voir, je sais qu'il y a

d'autre monde qui se

présentent, qui veulent le

poste. Ça fait que j'ai comme

accepté de mettre mon nom, parce

que je savais qu'il y avait

d'autres personnes qui avaient

bien plus d'appuis que moi

qui se présentaient contre moi.

C'était pas mal comme... j'avais

pas de grandes intentions

de gagner ça, moi, cette

affaire-là. On me l'avait

offert, j'étais pour faire une

bonne job, mais j'étais pour

être bien contente que

quelqu'un d'autre gagne.

Une grande histoire courte,

c'est moi qui ai la nomination

et même chose... Je me

souviendrai toujours, le soir

avant les élections, les

sondages qui étaient sortis,

c'est que c'était Ron Dupuis,

c'était un conseiller municipal

très aimé dans la région, qui se

présentait contre moi, contre

les libéraux. Tous les comtés

provinciaux, fédéraux...


RACHEL DESAULNIERS

Oui, c'était fort.


FRANCE GÉLINAS

...C’était tous libéral. Puis

là, ça disait que c'était lui

qui était pour gagner. Je me

souviens, moi puis Keith, on

s'est assis, puis j'ai dit:

« C'est aussi bien que ce soit

les libéraux qui gagnent, parce

qu'on va pouvoir reprendre

notre vie comme elle était

avant. » Et surprise...


RACHEL DESAULNIERS

Surprise!


FRANCE GÉLINAS

...J'ai gagné. J'ai gagné.

Donc, c'était pas vraiment

planifié, c'est arrivé. Je suis

très heureuse et très fière

que ce soit arrivé, mais je

pourrais pas dire que c'est...

...C’est quelque chose auquel

j'ai jamais rêvé, non.


RACHEL DESAULNIERS

Le Nord est tricoté serré. On

parle d'Elie Martel, sa fille

Shelley et Howard Hampton...


FRANCE GÉLINAS

Oui, qui était son conjoint.


RACHEL DESAULNIERS

C'est ça. Est-ce que vous

recevez des conseils de Shelley

Martel? Êtes-vous encore en

contact avec elle?


FRANCE GÉLINAS

(propos en anglais et en français)

Elle est sur le speed dial.


RACHEL DESAULNIERS

Personne-ressource.


FRANCE GÉLINAS

(propos en anglais et en français)

Je sais pas comment on dit

speed dial en français,

mais je sais comment l'utiliser,

par exemple. Oui. Shelley

connaît bien le milieu

politique, connaît bien comment

ça se passe à Queen's Park, et

m'a été une ressource

exceptionnelle.

Donc oui, j'ai été élue, j'en

suis très fière.

Mais je dois une dette de

gratitude à la machine des

Martel, pas seulement Elie, sa

femme, sa fille, mais tout

qu'est qu'ils ont bâti dans

Nickel Belt.


RACHEL DESAULNIERS

Vous arrivez à Queen's Park,

vous vous installez, vous faites

votre place. Vous êtes très

habile pour présenter des

projets et les mener à bon

port. On pense entre autres aux

salons de bronzage pour les

moins de 18 ans, les affichages

de calories sur les menus.

De quelle façon vous vous y

prenez justement pour faire

avancer des dossiers quand

c'est pas votre parti qui est

au pouvoir?


FRANCE GÉLINAS

C'est vraiment du travail de

fond où est-ce que tu vas

chercher... Moi, je dis: faut

rentrer le plus de monde

possible dans la tente.

Les politiciens, c'est... Moi,

je dis souvent: tu bâtis, puis

tu bâtis la parade. Comme je

vais aller des groupes qui

peuvent avoir un intérêt

là-dedans. Comme quand c'était

pour donner au commissaire aux

Services en français plus de

pouvoir, mon réseau francophone

était là, puis j'ai bâti

là-dessus. Quand c'était pour

bannir les cigarillos

aromatisés, c'était vraiment

tous ceux qui ont travaillé

dans la santé. Donc, tu vas

chercher des groupes comme des

groupes qui vont pour les

poumons, le cancer, les

enfants, les jeunes, les

campagnes antitabac, puis là, je

me rencontre avec eux, je

discute avec eux, je vois si je

peux avoir leur soutien. On

fait des activités

communautaires. Je me souviens

d'être allée dans les gymnases

parler aux jeunes. Les jeunes

ont fait des pétitions. Même

chose avec l'école de médecine

ici; ils m'ont beaucoup

appuyée. Ils ont payé pour une

campagne de cartes postales,

puis tout ça. Puis une fois que

la parade est assez grosse, le

politicien va se mettre devant

la parade, puis c'est nous

autres qui passent au travers

de la porte. Mais vraiment, le

gros du travail, c'est des

Ontariens, Ontariennes qui

l'ont fait. Puis un moment

donné, comme politicien, on vit

dans une démocratie, il faut

qu'il écoute la population.

Quand l'Association canadienne

du cancer te dit que 85% des

gens veulent que ça, ça arrive,

t'es pas mal mal placé comme

politicien pour dire:

« Non, nous autres, on pense pas. »

Donc, c'est vraiment le travail

du terrain. Rester connecté à

tes racines, rester connecté

aux gens qui offrent des soins,

qui ont besoin de soins, qui

offrent des services en

français, qui veulent un rôle

pour le commissaire, etc.


RACHEL DESAULNIERS

Parlons de la place des femmes

à Queen's Park. C'est quand même

historique ces temps-ci, on a

une femme première ministre.

Chez vous, les néo-démocrates,

je crois que vous êtes les plus

nombreuses.


FRANCE GÉLINAS

On a plus de femmes que

d'hommes dans notre caucus.

On a 51%, mais on a quand même

plus de femmes que d'hommes. On

est le premier caucus au Canada

qui a jamais plus de femmes que

d'hommes dans son caucus.


RACHEL DESAULNIERS

Et de quelle façon est-ce que

cet équilibre-là fait en sorte

que la politique est

différente, que les femmes

prennent leur place?


FRANCE GÉLINAS

Moi, je suis arrivée en 2007

à Queen's Park. Ça a pris

30 secondes que c'était clair

que j'avais pas d'affaire là.

Queen's Park, c'était pour les

hommes blancs, riches, d'un

certain âge. Moi, j'étais pas

un homme, j'étais pas riche,

j'étais pas vraiment d'un

certain âge encore, puis

j'étais blanche. Bon, 1 sur 4.

Mais c'était clair que j'avais

pas d'affaire là. Puis tu le

sentais à chaque pas. C'est

oppressant, c'est déprimant,

c'est vraiment... pour quoi

faire est-ce que les Ontariens,

Ontariennes continuent d'élire

des hommes blancs, riches et

d'un certain âge? Je le sais

pas, mais y en a à Queen's Park

de ça en masse. Puis si tu

tombes pas dans ce club-là,

c'est comme t'as pas d'affaire

là. Ça, c'est l'impression

initiale, c'est suffocant.

Après ça, je me suis dit: Mon

Dieu, qu'est-ce que j'ai fait

là? Moi, je viens d'un milieu

de femmes, je viens du milieu

de la santé. À l'hôpital, on

était 1000 femmes puis 100

hommes, même chose au Centre de

santé communautaire. Là,

j'arrivais dans un milieu

d'hommes qui vraiment se gênait

pas pour me dire que j'avais

pas d'affaire là. Là, j'ai

commencé à faire ce que je fais

toujours, regarder où est-ce

que j'avais des alliés. C'est

là que tu te rends compte qu'il

y a du bon monde dans les trois

partis, y a des gens qui sont

là pour les bonnes raisons, qui

veulent faire avancer des

choses pour le bien-être de

tous les Ontariens et

Ontariennes. Puis là, tu te

fais des alliés avec

ces gens-là. Des gens qui sont

aux comités, qui font le

travail quand il n’y a pas de

caméras, c'est des gens qui

sont là pour les bonnes

raisons. Souvent, on va amener

des changements dans un projet

de loi, je le sais que c'est

moi qui ai amené ces

changements-là, mais une fois

que les caméras tournent,

y a juste le parti au pouvoir

qui peut avoir des bonnes

idées. Soit que tu leur donnes

tes idées ou que les idées ne

passeront pas, même si c'est

pour le mieux. Moi, je suis pas

là pour moi. Je leur donne,

prenez-la. Si c'est pour faire

une différence dans la vie des

Ontariens, Ontariennes, pour

moi, ça vaut la peine.

Mais souvent, les membres de mon

parti vont dire: « France, c'est

toi qui as "championné" ça. Faut

que le monde le sache, que t'as

fait ça. » Ah! bien, ils le

sauront pas, mais moi, je sais

que c'est moi qui ai fait

ce travail-là.


RACHEL DESAULNIERS

France Gélinas, vous voyagez

beaucoup, vous faites le trajet

entre Sudbury et Toronto. Mais

vous avez l'endroit parfait

pour venir refaire vos forces.

Nous sommes chez vous,

parlez-nous de ce petit bijou

dans la forêt.


FRANCE GÉLINAS

Bien, nous, on avait un chalet

ici. On a acheté le chalet et,

deux ans plus tard, on a

construit la maison.

C'est nous qui avons fait

le design, on a fait faire

les plans. C'est nous qui

avons supervisé la construction

de la maison. C'est un projet

que j'avais jamais fait de ma

vie, que je pensais jamais

pouvoir faire. J'ai adoré ça.

C'était tellement concret.

(propos en anglais et en français)

Disons que le matin, Lucien, qui

était notre framer, venait, puis

là, il disait: « Aujourd'hui, je

vais t'installer tes fenêtres. »

À la fin de la journée, mes

fenêtres étaient installées.

L'eau, on est un des lacs que

l'eau devient la plus chaude.

Donc l'été, pour se baigner,

on est un des premiers à pouvoir

se baigner. Mon plus vieux de

mes petits-fils, Tyson, et moi,

on se baigne à chaque année,

des fois c'est à Pâques.


RACHEL DESAULNIERS

Oh.


FRANCE GÉLINAS

On se baigne pour la première

fois. Disons que c'est rapide,

on rentre dans l'eau, on

ressort de l'eau.


RACHEL DESAULNIERS

C'est par principe.


FRANCE GÉLINAS

Mais on s'est baignés à

Pâques. Puis s'il y a de la

glace, bien là, on attend, puis

c'est à la Fête des Mères qu'on

se baigne.


RACHEL DESAULNIERS

France Gélinas, c'est question

aussi d'avoir beaucoup de

responsabilités, mais vous avez

également une vie. Vous êtes

maman, grand-maman. De quelle

façon vous faites cet équilibre

entre le travail et la vie

privée, votre famille?


FRANCE GÉLINAS

Dans un premier temps, je

dirais que je suis honnête avec

les gens, puis je leur dis:

« Si vous voulez une députée qui

travaille 24/7, élisez-en une

autre. » Parce que moi, j'ai

passé 25 ans de ma vie à dire

aux gens que si vous voulez

être en santé, vous devez avoir

l'équilibre travail-famille.

C'était pas des paroles en

l'air, c'est quelque chose

auquel je crois. Donc, parfois

il va y avoir des événements

très importants, je vais leur

dire: « Je suis désolée, j'amène

mon petit-fils à sa leçon de

natation le samedi matin. C'est

le temps que je passe avec eux

autres. Puis je suis désolée, je

peux y aller avant, je peux y

aller après, mais je le

manquerai pas. » Même chose si on

a quelque chose dans la famille

qui est important, je leur dis

la vérité. Que moi, je vais

être mariée, mère et grand-mère

toute ma vie. Je serai pas

politicienne toute ma vie.

Donc, ma priorité, c'est ça.


RACHEL DESAULNIERS

Vous avez quand même des

passe-temps hors de

l'ordinaire. Vous êtes pilote

de brousse.


FRANCE GÉLINAS

Oui.


RACHEL DESAULNIERS

France Gélinas, parlez-nous

de cette activité-là. Vous avez

eu cette piqûre comment?


FRANCE GÉLINAS

J'aimais pas ça, prendre

l'avion. Je pense que c'est un

peu le manque de contrôle. Je

savais pas ce qui se passait

là, puis tout ça. Mon père avait

ses licences de pilote. Donc

j'étais déjà allée dans des

petits avions. Dans les petits

avions, j'haïssais pas ça parce

que tu vois ce qui se passe.

Les gros avions, j'haïssais ça.

C'est mon père qui avait

suggéré, il dit: « Tu devrais

prendre ta licence, toi aussi.

Tu comprendrais mieux la théorie

du vol et tout ça. T'haïrais

moins ça. » Ah, pas une mauvaise

idée. J'ai commencé ça, puis

ici, y a tellement des belles

opportunités. Dans la ville

elle-même, on a quelque chose

comme 323 lacs, mais dans mon

comté de Nickel Belt, j'en ai

des centaines, que tu parles de

Bisco ou de Gogama ou tout ça,

à l'extérieur de Sudbury,

quasiment tout le monde dans

mon comté est sur le bord

d'un lac. C'est merveilleux.

C'est merveilleux. Moi, je fais

de l'avion de brousse surtout,

donc je peux atterrir sur un

petit lac de rien. S'il y a

assez de vent, je suis capable

de décoller également. Ha! Ha!


RACHEL DESAULNIERS

Vous avez quand même un petit

côté... Vous aimez les

sensations fortes.


FRANCE GÉLINAS

Ah, absolument. Moi, j'aime

les sensations fortes, mais

surtout, je dirais que j'aime

le risque.

(propos en anglais et en français)

Avec le wakeboard,

tu sais que tu vas finir en

tombant; tu sais juste pas

quand est-ce que tu vas tomber.

C'est la même chose, comme peu

importe si on fait du

snow, de la planche à neige, ou du

wakeboard ou du ski nautique ou

quoi que ce soit, c'est vraiment

je me pousse toujours,

toujours. À la fin de la

journée, on se dit: si t'es pas

tombé, c'est que t'as pas

essayé assez fort. Puis ça, les

enfants sont la même chose, et

je le vois même dans mes

petits-enfants. Je dirais: le

goût du risque, le goût de la

compétition, de toujours

essayer quelque chose que tu

sais pas si tu vas réussir.

Souvent, je réussis pas.

Je te dis pas que je suis super

bonne, mais je continue

d'essayer quand même, puis même

si ça réussit pas, mon affaire,

j'ai du fun à essayer.


RACHEL DESAULNIERS

Vous pratiquez les sports en

famille, vous êtes aussi très

liée par les valeurs. Vous

parliez de votre grand-mère,

des choses que vous avez

apprises d'elle. Quelle sorte

de valeurs avez-vous données

à vos enfants?


FRANCE GÉLINAS

La famille passe en premier.

La famille passe en premier.

Les enfants passent en premier.

Puis que si tu veux être en

santé, il faut que t'aies des

gens autour de toi. Ta famille,

oui on se tape sur les nerfs,

comme toutes les autres

familles, mais je sais que

quand on a besoin l'un de

l'autre, on est toujours là.

Ça fait que des conflits, on en

a, on en a eu, puis on va en

avoir. C'est pas ça, la

question. Mais au moins, t'es

toujours respectueux de ta

famille. Puis t'es toujours là.


RACHEL DESAULNIERS

France Gélinas, merci

beaucoup.


FRANCE GÉLINAS

Ça me fait plaisir.

(Générique de fermeture)

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