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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Paul Lefebvre : President-General Director, le5 communications

Throughout Sudbury and northern Ontario, lawyer and businessman Paul Lefebvre has left his mark.
From his radio station Le Loup, which broadcasts in Sudbury, Timmins and North Bay, to the Le Voyageur newspaper, which he acquired in 2011 and publishes nearly everywhere in north-east Ontario.
All this is without mentioning his work in community theatre, amateur sport, and health care.



Réalisateur: Alexandra Levert
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

GISÈLE QUENNEVILLE rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique ouverture

Pendant que GISÈLE QUENNEVILLE présente son invité, des photos de PAUL LEFEBVRE à différents moments de sa vie défilent à l'écran.


GISÈLE QUENNEVILLE

Partout à Sudbury et même

dans le nord de l'Ontario, Paul

Lefebvre laisse sa marque.

Il y a bien sûr son bureau

d'avocats à Sudbury. Il y a ses

stations Le Loup, à Sudbury,

à Timmins et à North Bay.

Et le journal Le Voyageur,

l'hebdo francophone de

Sudbury qu'il a acheté en 2011

et qui aujourd'hui publie

presque partout dans le

nord-est ontarien. En plus

de ça, Paul Lefebvre fait du

travail communautaire.

Au Théâtre du Nouvel-Ontario,

au Centre de santé

communautaire de Sudbury ou

encore comme entraîneur de

hockey. Il a même trouvé le

temps de se marier

et d'avoir trois enfants.

Paul a grandi à Kapuskasing et

il a étudié à Ottawa. Mais quand

est venu le temps pour lui de

planter ses propres racines,

il savait qu'il voulait rester

dans le nord.

Après 10 ans à Sudbury, il ne

regrette pas son choix. Et la

ville de Sudbury non plus.

(GISÈLE QUENNEVILLE et PAUL LEFEBVRE sont assis l'un face à l'autre, dans la résidence de ce dernier.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul Lefebvre, bonjour.


PAUL LEFEBVRE

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul, vous êtes un peu le

magnat de la presse du nord-est

de l'Ontario, vous avez un

réseau de stations de radio,

vous avez des journaux, vous

êtes avocat. Vous n'avez pas

encore 40 ans.

Ça s'en vient, je le sais!

Certains diraient que vous êtes

un overachiever. Est-ce que

tout ce que vous faites en ce

moment, ça faisait partie

de vos projets?


PAUL LEFEBVRE

Non, pas du tout. Je pense

que lorsqu'on est déménagé dans

le nord de l'Ontario et je suis

revenu dans ma terre natale...

l'intention était de participer

pleinement dans la communauté.

J'avais un intérêt en musique,

la musique populaire

francophone, et puis on est

arrivé, je trouvais qu'il y

avait un manque à ce niveau-là,

l'équipe avait pas les moyens

de s'impliquer puis de faire

qu'est-ce que... utiliser le

médium de la radio comme

il devrait être utilisé.

Et puis par la force des choses,

j'ai acheté la radio. Puis après

ça, on regarde puis on dit:

Bien, ça serait beau de

joindre avec le journal local

parce que je pense que c'était

une belle convergence ensemble,

le journal et la radio.

Voilà. On est arrivé ici, je

suis avocat encore, je suis

arrivé comme avocat avec toute

intention de participer ici

comme avocat et m'impliquer dans

ma communauté. Et voilà

maintenant que certaines choses

autour se sont développées

et puis j'appartiens à trois

radios et journaux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlons du début des radios.

Comment est-ce que l'occasion

s'est présentée?


PAUL LEFEBVRE

Bien, moi, quand on a déménagé

ici, on vivait à Ottawa, j'ai

fait mes études là-bas et puis

on a travaillé à Ottawa. Puis

on écoutait beaucoup la radio en

français. Il y avait vraiment

une vaste sélection assez...

En tout cas, beaucoup plus

prononcée qu'ici à Sudbury.

Et lorsqu'on est arrivé à

Sudbury, la musique, j'avais de

la misère à l'écouter. Puis

moi qui aime la musique en

français, je me disais: Si moi

j'ai de la misère à écouter

cette station-là... Hum...

c'est peut-être pas pour Mme,

M. Tout-le-Monde qui même ont

jamais été exposés à la musique

en français. Donc il y avait

une journée que moi et mon

épouse, on l'écoutait ensemble.

J'ai dit: « Si les trois

prochaines de chansons,

on les connaît pas, on les aimes

pas, est-ce que tu me permets

d'appeler le propriétaire et

puis voir si la station est à

vendre pour qu'on puisse faire

quelque chose? » Et voilà, je l'ai

appelé et puis il avait

l'intérêt et puis on a fait

une transaction.


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc il y a une station de

radio à Sudbury, mais il y en a

une également à North Bay

puis une à Timmins, je crois.


PAUL LEFEBVRE

C'est ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quel est l'objectif pour

vous, avec ces trois

stations-là?


PAUL LEFEBVRE

Comme je dis, l'objectif

initial, c'était pas vraiment...

Bien que c'est des radios

à vocation commerciale, c'était

plutôt à vocation

communautaire. Puis de peut-être

de pouvoir exposer, ou en tout

cas que les gens soient...

Ils ont une place où est-ce

qu'ils peuvent écouter de la

musique en français populaire,

de la bonne musique en français

populaire. Évidemment, on veut

que ça soit viable comme

entreprise, mais on cherche pas

à aller... tu sais, devenir

riche sur ça parce que ce n'est

pas le cas. C'est vraiment un

outil communautaire que je

pensais que, surtout dans ces

communautés comme Timmins, et

puis maintenant dans Sturgeon

Falls-North Bay, c'est

nécessaire. Puis ce côté-là

me passionne. Je sais pas

pourquoi. Mais voilà, c'est une

passion de moi... de faire.

Puis si je peux faire une

différence, tant mieux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Le journal Le Voyageur est

établi d'abord et avant tout à

Sudbury, c'est un journal très

respecté dans la région de

Sudbury. Et maintenant,

ça s'est élargi un peu dans

tout le nord-est de l'Ontario.

Comment cette étape-là

a eu lieu?


PAUL LEFEBVRE

La transaction initiale pour

le journal Le Voyageur, c'était

avec Réjean Grenier et Carole

Dubé, les propriétaires à

l'époque, en 2011. Et Réjean,

c'est un ami à moi et puis ça

faisait quelques fois qu'on se

parlait de ce... de la

convergence dans les médias ici

dans la région et pour le nord

de l'Ontario. Parce que seul,

peut-être que ça avait pas

peut-être la force de frappe et

ensemble, ce qu'on pourrait...

Bien utiliser les employés

à faire différentes choses au

sein de l'entreprise, ça

pourrait vraiment rendre les

entreprises plus performantes.

Et puis voilà, donc c'est ça

la raison d'être de l'achat.


GISÈLE QUENNEVILLE

Si on reste avec les journaux.

Bon, y a Le Voyageur qui est à

Sudbury, mais maintenant,

Le Voyageur de Sudbury, c'est

en fait dans tout le nord-est

de l'Ontario. Hum...

Comment est-ce que ça,

ça s'est produit?


PAUL LEFEBVRE

C'était un peu la vision quand

j'ai acheté Le Voyageur.

J'ai dit: Y a certaines

communautés qui sont pas bien

desservies, ou pas desservies

du tout. Puis le journal

Le Voyageur, c'est un journal

de qualité: la qualité du

français, la qualité des

reportages... En tout cas, pour

ce qui est des ventes, au

niveau que les gens peuvent

voir les produits qui sont à

vendre ou les annonces

publicitaires. Donc c'est

un beau journal.

Puis après ça, l'idée du nord...

Moi, je viens de Kapuskasing,

donc c'était facile pour moi,

je veux dire... Là-bas, c'est

mal desservi, Cochran, c'est

mal desservi. Après ça, North

Bay, ils ont jamais rien eu.

à Timmins aussi, j'avais

L'Express de Timmins... j'étais

le propriétaire de ce journal,

de L'Express de Timmins, puis

on a morphé, amalgamé les

deux journaux ensemble.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que vous voyez ça

comme une concentration des

médias? Est-ce qu'il y a un

risque à être propriétaire

d'autant de médias francophones

dans une région très définie?


PAUL LEFEBVRE

Je pense que...

Si c'était... Je pense que si

les revenus étaient beaucoup

plus élevés, on aurait beaucoup

plus une force de pouvoir, mais

ce n'est pas le cas. Je pense

vraiment, c'est des journaux

puis des radios... C'est un

journal et une radio

communautaire, à mon avis.

C'est juste que c'est privé.

Parce qu'ils ont été créés

d'une façon privée et non

communautaire. Donc si on

l'utilise comme un moyen autre

que défendre la communauté

francophone, qui est la mission

du journal, de faire certain que

les francophones se voient par

l'entremise du journal, et la

radio également. Si on l'utilise

pour autres fins, d'avancer

un agenda politique ou autre,

là, je dirais oui, y a un

problème. Mais avec moi...

Bien, à mon avis — ça, c'est

mes sentiments — je ne l'utilise

pas de cette façon.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum. On sait que la

presse, c'est peut-être pas...

ce qu'il y a de plus rentable

de nos jours, est-ce que vous

arrivez à survivre avec vos

journaux et la radio?


PAUL LEFEBVRE

On survit. J'ai quand même des

revenus intéressants, mais c'est

toujours... Y a des défis à tous

les jours et à tous les mois,

mais on arrive. On paye les

factures puis on... Tout le

monde... On a quand même 20

employés, donc tout le monde

se fait payer à toutes les deux

semaines. Tu sais, veux dire,

ça va, on arrive et puis...

C'est pour ça qu'on fait des

changements. Pour, espérons-le,

rendre la boîte encore plus

viable.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quels sont les défis auxquels

un média ou des médias comme

les vôtres font face?


PAUL LEFEBVRE

On est un milieu minoritaire.

Puis y a des grosses boîtes

à côté, comme par exemple

le Sudbury Star. Le Sudbury Star

a un tirage de même pas

9000 journaux. Nous, on accote

le Sudbury Star à Sudbury.

Mais personne voit ça. Au niveau

anglophone, ils savent pas

qu'on est aussi présent,

qu'on rentre dans autant

de foyers. Donc il y a une

grande méconnaissance du tirage.

Puis à cause qu'on est dans un

milieu minoritaire, c'est

toujours difficile de faire voir

à des entrepreneurs anglophones

que ça vaut la peine d'investir

dans la publicité aux

francophones. Parce que eux,

les francophones, c'est

une minorité invisible.

Parce qu'on parle tous anglais

ici à Sudbury, puis notre

anglais est pas mal bon.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vos investissements jusqu'à

maintenant ont toujours été

du côté francophone; est-ce

que vous avez des désirs

ou des ambitions

du côté anglophone?


PAUL LEFEBVRE

Pas à cet instant ici. Non,

c'est pas ça qui m'allume en ce

moment. La vie change, peut-être

que plus tard, y aura quelque

chose, mais c'est pas là que je

veux mettre mes énergies

pour le moment.

(Ce segment de l'entrevue se déroule à l'extérieur.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul, la beauté de vivre à

Sudbury, c'est de pouvoir vivre

au bord d'un lac comme ici.

Avec trois enfants,

ça doit être bien.


PAUL LEFEBVRE

C'est toujours bien. Écoute,

l'été, du ski nautique, on fait

de la planche, on fait

toutes sortes de choses.

L'hiver, on fait une patinoire

sur le lac. Donc on joue au

hockey à l'hiver long. Donc on

est très choyé, à Sudbury,

avec 300 et quelques lacs dans

la communauté, dans la ville du

Grand Sudbury. C'est un des

grands bijoux puis c'est le fun

de pouvoir l'utiliser à l'année

longue. On est très très heureux

de vivre à Sudbury pour ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais comment vous trouvez

le temps de faire tout ça?


PAUL LEFEBVRE

Il faut trouver le temps.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul, parlez-moi un peu

des enfants, leurs passions,

leurs intérêts.


PAUL LEFEBVRE

Les trois, c'est des

passionnés de sports, ils

aiment beaucoup le hockey, ils

jouent au hockey, le soccer

également, et puis au baseball.

Souvent, en famille même, on va

faire des tours de vélo, on

fait des randonnées pédestres

dans la forêt qui est juste ici

et on fait de la natation, on

fait du canot ensemble, et donc

du ski nautique, du ski de

fond. On essaye de les initier

au golf.


GISÈLE QUENNEVILLE

On a essayé?


PAUL LEFEBVRE

On continue. C'est un travail

qui va durer longtemps,

mais voilà. Et puis c'est ça.

Les enfants, ils aiment faire

toutes sortes de choses et

puis disons que c'est

toujours... Ils sont très

actifs.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il paraît que vous êtes

un coach de hockey.


PAUL LEFEBVRE

C'est ça, oui, je suis

entraîneur de l'équipe, cette

année, le Bantam AA de filles.

Donc c'est le plus haut niveau

de filles. Et puis ma fille, on

est allé en Europe avec elle à

un tournoi. Là-bas, c'était très

plaisant. On s'amuse au travers

de la voir s'amuser.

(On revient à l'entrevue face à face dans le bureau.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes né, vous avez grandi

à Kapuskasing. Qu'est-ce que

vous retenez de cette

enfance, cette jeunesse

dans le Grand Nord?


PAUL LEFEBVRE

Écoute, grandir dans un

village comme Kapuskasing,

une ville comme Kapuskasing,

c'était... On pouvait tout

faire. Ce qui est excellent.

J'ai joué au hockey, au tennis,

au golf, au baseball, on faisait

de la natation, du camping,

on allait à la pêche...


GISÈLE QUENNEVILLE

Les journées étaient

bien remplies.


PAUL LEFEBVRE

Toujours remplies. Puis ça,

oui, je retiens aussi les

hivers longs. Mais pour nous,

c'était normal. On avait

beaucoup de motoneiges, on

allait à la pêche sur glace,

c'était à toutes les deuxièmes

fins de semaines, plus ou

moins. Donc j'ai vraiment grandi

de cet environnement-là puis

ça me manque des fois, mais

évidemment ici à Sudbury, c'est

pas si loin. Mais je pense que

c'est le temps de prendre pour

faire ces activités. Moi,

maintenant, je le vis au

travers de mes enfants.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il paraît que votre mentor,

c'était votre papa.


PAUL LEFEBVRE

Oui, oui, oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous nous parlez

un peu de lui?


PAUL LEFEBVRE

Mon père, c'est un homme très

humble. J'ai appris beaucoup de

ça, de... jamais te prendre pour

quelqu'un d'autre puis

connaître tes racines, d'où tu

viens, puis de les apprécier

puis apprécier les gens autour

de toi. C'est des choses qui

m'ont vraiment... Je reviens

toujours à ça. C'est clair, on

devient avocat, on achète des

entreprises puis on dit: « Wow!

Paul! Wow, wow, wow! »

Puis moi, je me sens pas wow, je

me sens le gars de Kapuskasing

qui a étudié à Ottawa, qui est

allé faire une maîtrise à

Toronto puis maintenant qui vit

à Sudbury. Voilà.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum... La musique vous a

toujours passionné.


PAUL LEFEBVRE

Oui, oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlez-moi de Paul Lefebvre

le musicien.


PAUL LEFEBVRE

Bien, la musique, c'était

quelque chose de ma grande

famille du bord des Lefebvre,

puis même du côté de ma mère

aussi, des St-Louis.

Ma grand-mère Lefebvre était...

elle était passionnée de musique

et elle voulait que tout le

monde joue d'un instrument ou

fasse quelque chose... jusqu'à

l'âge de 80 quelques années,

elle venait nous voir à nos

spectacles à notre école

secondaire. Et puis voilà, c'est

quelque chose qui m'est resté.

Et puis j'avais un certain

talent, peut-être, puis après

ça, j'ai décidé de poursuivre

mes premières études

universitaires en musique.

Je joue encore de la musique

avec un groupe ici à Sudbury,

appelé Les Gisèle.


GISÈLE QUENNEVILLE

Les Gisèle!


PAUL LEFEBVRE

(riant)

Les Gisèle, voilà.


GISÈLE QUENNEVILLE

(riant)

C'est original.


PAUL LEFEBVRE

Puis la chanteuse...

c'est elle qui a choisi le nom.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais pourquoi Les Gisèle?


PAUL LEFEBVRE

Je pense, à l'époque

lorsqu'elle a choisi le nom,

parce que en anglais, on

voulait faire le monde danser

comme des gazelles...

The Giseles. En français, bien,

c'est Les Gisèle.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'aime ça.


PAUL LEFEBVRE

Voilà. Et puis écoute, c'est

un groupe qui a quand même

tourné à Hearst, Kapuskasing, on

est allé à Timmins, on a fait

Toronto à quelques reprises,

à Sudbury, à North Bay. Puis on

joue de la musique en français

et en anglais. Donc c'est

vraiment plaisant. Donc je me

défoule encore par l'entremise

de la musique avec ce groupe.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment on passe de la musique

au droit?


PAUL LEFEBVRE

Peut-être la peur de pas

obtenir un emploi.

Y a de ça. Si je prends un recul

puis... Pourquoi je fais ça,

pourquoi je fais ça? Pourquoi?

Puis des fois, c'est la peur de

peut-être pas y arriver. Je

me dis: Mais là, qu'est-ce que

je vais faire avec la musique?

Je peux jouer peut-être,

peut-être enseigner? J'ai dit:

Bien, j'ai une passion aussi

pour... au niveau de...

pas défendre les droits des

gens, mais interagir avec les

gens, puis aider et contribuer.

Puis donc l'école de droit, j'ai

appliqué puis je suis rentré,

et voilà, j'ai fini mon bac en

droit puis après ça, j'ai fait

une maîtrise en fiscalité.

Le lien, encore là, n'est pas...


GISÈLE QUENNEVILLE

Pas évident.


PAUL LEFEBVRE

Pas évident du tout. Puis là

encore, c'était une passion.

J'ai pris des cours de

fiscalité, ça m'intéressait.

C'est assez compliqué, mais

une fois que tu rentrais

dedans, j'aimais beaucoup les

questions de politiques

fiscales, parce que c'est ça

qui est à la base d'une

société. Puis ça m'intriguait.

Les règlements qu'on utilise

ici. Puis même j'ai enseigné le

droit fiscal international à la

faculté de droit de

l'Université d'Ottawa pour

deux ou trois ans de temps.


GISÈLE QUENNEVILLE

Maintenant, c'est à

l'Université d'Ottawa que vous

avez rencontré votre épouse.

C'était le coup de foudre?


PAUL LEFEBVRE

Je dirais que oui. On a joué

au tennis un peu ensemble, elle

aimait jouer au tennis, les

sports un peu. Après ça... Elle

vient de Sudbury, moi de

Kapuskasing puis on a commencé

à faire des activités. Voilà.

Une chose s'est développée de

même. Elle est franco-ontarienne

également. Elle étudiait en

biochimie à l'époque. Après ça,

elle est rentrée en médecine

pour devenir éventuellement

médecin. Et puis voilà,

c'était... ça fait...

17 ans de mariage? Voilà.

C'est la femme qui travaille

le plus fort que j'ai jamais

connue. Ah, elle, elle arrive

du travail à 6, 7 h le soir...

puis elle est dédiée à sa

pratique, dédiée à ses patients

de façon incroyable.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quand on vous regarde, vous,

votre épouse, vous, vous êtes

avocat, homme d'affaires,

votre épouse médecin

dermatologue, c'est

power

couple, là, hein, je pense

qu'on peut dire ça. Vous auriez

pu sans doute travailler dans

une grande ville, Toronto,

Ottawa, Montréal, où y aurait

eu des cabinets prestigieux,

des centres universitaires,

des centres de sciences de

la santé... Pourquoi Sudbury?


PAUL LEFEBVRE

Ça vient un peu... mon père,

mon mentor, mes racines, les

racines de mon épouse aussi.

Elle, elle vient d'ici, une

femme de terroir. Elle aime

faire la pêche. L'autre jour,

j'étais parti et puis elle a

pris la tente, est allée

prendre le canot, est allée sur

l'île avec mes deux garçons,

elle a mis la tente et...

donc c'est une femme incroyable

à ce niveau-là, elle est très

très diversifiée. Donc revenir

dans le nord, pour nous, c'était

important. La famille était très

importante. Elle a une grande

famille ici dans la région de

Sudbury, les Giroux et les

Beaulieu, et puis donc pour

elle, c'était important de

revenir. Elle a encore sa

grand-mère avec elle qui vit

encore de nos jours, puis elle

participe, elle vient d'aller

faire un tour de pêche avec mes

deux garçons. Elle est leur

arrière-grand-mère. Ils sont

allés, il y avait une marche de

5 km dans le bois et puis ils

ont passé une journée à la

pêche puis ils sont revenus.

Elle a 85 ans. Donc c'est

important pour nous,

cet enracinement-là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul, c'est un magnifique

piano que vous avez ici.

Parlez-nous de ce piano,

d'où il vient.

(PAUL LEFEBVRE est installé au piano et GISÈLE QUENNEVILLE se tient debout à ses côtés.)


PAUL LEFEBVRE

Lorsqu'on est déménagé à

Sudbury, j'ai dit: « Je veux me

faire un cadeau ». Ça faisait

longtemps que je voulais avoir

un

grand piano. Donc j'ai

regardé autour et puis je l'ai

commandé des États-Unis. Donc

après ça, on a un oncle qui est

allé le chercher, l'apporter

ici, après ça une compagnie de

déménagement pour l'apporter.

Ils voulaient pas le monter

en haut.


GISÈLE QUENNEVILLE

Les déménageurs voulaient pas

le monter?


PAUL LEFEBVRE

Non. Donc c'est nous avec des

amis et des cousins. On s'est

organisé et puis on l'a monté

jusqu'en haut. Ça a pris...

En tout cas, juste en

préparation, ça a pris quelques

heures. Après ça, on l'a monté

puis voilà. C'est un instrument

que tous les enfants jouent

et puis que moi, lorsque j'ai

un peu de temps.

(PAUL LEFEBVRE joue du piano. L'entrevue reprend ensuite en face à face.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul Lefebvre, vous êtes

avocat, vous êtes propriétaire

de stations de radio, de

journaux, vous avez une épouse,

vous avez trois enfants.

Pourtant, vous faites du

bénévolat, du travail

communautaire. Puis pas juste

un peu, beaucoup. Conseil

d'administration du Théâtre

du Nouvel-Ontario, le Centre de

santé communautaire, la

Commission des droits de la

personne, TFO et là, j'en passe.

Pourquoi? Qu'est-ce que

ça vous apporte, ça?


PAUL LEFEBVRE

Je crois que tout le monde

doit contribuer à la communauté

un peu pour essayer

d'améliorer, au moins d'assurer

que les choses soient bien

gouvernées, gérées.

Et puis voilà. Participer dans

la communauté, c'est des

activités qui rendent les

choses plaisantes et puis qui

rendent la vie de la

communauté plus active. Lorsque

j'étais à Ottawa puis j'avais

expliqué à quelqu'un que nos

plans, c'était de revenir à

Sudbury, il m'avait dit:

Pourquoi tu veux aller là?

Y a rien à faire là-bas.

Puis ça m'a toujours resté dans

la tête. Parce que c'est un

ancien de Sudbury qui disait

« y a rien à faite là-bas ».

Je me disais: « Moi, je veux pas

vivre ça. » Donc quand je suis

arrivé, peut-être que je suis

allé un peu trop fort...

Avec le TNO, le Centre de santé

communautaire, la Fondation

communautaire de Sudbury et

puis là, on a fondé le Festival

de jazz de Sudbury. Donc voilà.

Ça me passionne parce que

j'aime beaucoup contribuer à la

communauté. Puis c'est pas — en

tout cas je pense pas — pour me

valider personnellement, mais

encore, c'est de partager avec

des gens qui ont aussi les mêmes

intérêts. De faire des choses

qui sont plaisantes puis que

ça ajoute à la communauté. Puis

ça, ça me.. J'aime ça. Voilà.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez mentionné le

Festival de jazz; vous êtes

un des fondateurs de ce festival

de jazz là. Pourquoi le jazz?


PAUL LEFEBVRE

Bien, j'ai un bac en musique

et puis je joue du saxophone.

On regardait un autre élément,

ajouter quelque chose dans la

communauté qui était différent.

Et puis on a remarqué qu'il y

avait quelques festivals, mais

au niveau de jazz, puis jazz...

au sens large. Puis même, on

a des artistes, des fois, c'est

plutôt juste de la musique

contemporaine, mais... Un peu

l'influence du Festival de jazz

de Toronto, d'Ottawa, de

Montréal, qui font ça un peu.

Donc c'est juste de la musique

de qualité qu'on veut apporter

et puis encore, c'est un

événement qui enrichit la vie

de Sudbury. à l'époque, j'étais

président de la Fondation

communautaire de Sudbury et puis

on cherchait à créer... Dans le

mandat et la mission, c'est de

faire du leadership de la

Fondation communautaire, mais

c'est de créer des événements.

Et après, les laisser vivre en

soit... qui ajoutent à la

communauté de Sudbury.


GISÈLE QUENNEVILLE

Beaucoup de votre bénévolat,

pas tout, mais beaucoup de

votre bénévolat se fait au sein

de la communauté

franco-ontarienne, au sein de

la communauté francophone;

c'est important pour vous ou...

Quelle est votre vision de la

francophonie, si vous voulez?


PAUL LEFEBVRE

Je crois qu'il y a des défis

au niveau de la francophonie en

Ontario, comme dans nos

écoles, c'est moins évident,

les jeunes parlent beaucoup

anglais. Puis moi, je crois que

s'il y a des activités, on peut

assurer la pérennité de nos

communautés francophones,

et une vie active à ce niveau-là

et de vivre en français à

l'extérieur de l'école, il faut

créer des occasions.

Et puis si je peux, à cause de

mes connaissances ou avec mon

background, que je pourrais

contribuer à un c.a. qui a ce

mandat-là, je... Ça me tient à

cœur, donc je veux participer

à ce niveau-là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que quand vous étiez

jeune, vous étiez très...

rara, Franco-Ontariens, vous

brandissiez le drapeau?


PAUL LEFEBVRE

C'était pas... à Kapuskasing,

c'était un peu moins, mais je me

rappelle, on avait été, pour le

Collège Boréal, à Toronto de

Kapuskasing en autobus. Ensuite

l'hôpital Montfort, j'étais à

l'aréna quand on a vu le gros

rallye pour l'hôpital Montfort.

J'ai participé à la Festfo,

je pense deux fois à la Festfo.

J'ai été président de mon école

secondaire. Donc... mais c'était

pas... C'est pas moi qui étais

tatoué en vert et blanc tout le

temps. Mais j'en étais fier.

Puis moi, c'est juste d'être

qui on est et d'être fier de

qui on est. Puis je crois qu'au

niveau de la population

majoritaire, ils le respectent

lorsqu'on le vit de cette

façon-là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est différent

d'être francophone à

Kapuskasing que d'être

francophone à Sudbury?


PAUL LEFEBVRE

Oui. On est majoritaires

à Kapuskasing. T'as des

Anglais qui essaient de parler

en français. Tandis qu'ici...

Il y a quand même,

malheureusement, à Sudbury,

puis on voit un peu

des changements...

mais plusieurs personnes qui

avaient des parents qui ont

travaillé dans les mines. Ils

avaient un nom français ou

est-ce qu'ils parlaient juste

en français puis ils pouvaient

pas avoir d'emploi ou même

monter. Donc il y a eu cette...

cette honte-là d'être

francophone, puis on voit les

séquelles encore 50 ans plus

tard, de cette honte-là du

travail. Maintenant, par

exemple, plusieurs médecins,

des avocats, des professeurs,

des gens de tous les jours qui

parlent en français. Donc je

pense qu'il y a plus une grande

fierté qu'il y a jamais eu

à Sudbury à ce niveau-là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Où est-ce que vous voyez cette

communauté dans une vingtaine,

une trentaine d'années?


PAUL LEFEBVRE

Je pense qu'elle va être un

peu à la même place où on est

en ce moment. Je pense pas

qu'elle va grandir, je pense pas

qu'elle va disparaître, pas du

tout. Je crois que même, elle

est beaucoup plus branchée,

elle est beaucoup plus

concertée puis on voit les

fruits de plusieurs autres gens

de la communauté qui

participent justement avec le

regroupement du groupe

artistique des arts, Le Roc,

qui veulent développer une place

de la francophonie, la Place des

arts, où est-ce que les

institutions francophones vont

se rejoindre au niveau

artistique. Ça, ça doit être

fait pour la survie. Je me

rappellerai toujours la fois

que je suis venu, j'étais marié

puis on avait une soirée ici

à Sudbury. On est allé au

club Caruso. Moi, je

connaissais pas Sudbury à

l'époque. J'étais avec mon

épouse, une rencontre des

anciens du collège Notre-Dame.

Voilà, très bien, on y va.

J'arrive pour commander une

bière en français.

Sorry I don't

understand.Je trouve ça drôle,

C'est beau... On est à un

événement francophone, pourquoi

qu'on se fait servir en

anglais? J'ai dit à mon épouse:

Pourquoi on n’a pas une salle en

français? Elle dit: On n’en a pas.

J'en revenais pas. On est à

Sudbury puis y a pas de salle

communautaire francophone.

Y en a eu auparavant, mais en

tout cas, il n'y en avait plus.

Moi qui viens de Kapuskasing,

il y a le centre des loisirs

qui va bien puis c'est fort.

Donc ça, c'est des petites

choses qui te marquent. Coudonc

quand je vois d'autres projets

qui font de l'avance pour

assurer la concertation de nos

institutions... renforcer nos

institutions, je pense que la

communauté va être pareille.

J'espère juste que les gens

vont utiliser les institutions

qu'on a développées puis qui

sont fortes maintenant.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paul Lefebvre, merci beaucoup.


PAUL LEFEBVRE

Merci.

(Générique de fermeture)

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