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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Anne-Marie Cadieux : Actress

She can be seen in films, on television, and in stage, playing roles in dramas, tragedies, and comedies. Anne-Marie Cadieux is, without a doubt, one of French Canada’s best-known actors.
Acting has always been a passion and a calling for Cadieux – and it’s not a lack of projects that befalls her at all! When she’s not on stage you can find her on the big – or little – screen.



Réalisateur: Alexandra Levert
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

GISÈLE QUENNEVILLE rencontre des personnalités francophones et francophiles; des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

Pendant que GISÈLE QUENNEVILLE présente son invitée, des photos et extraits vidéos d'ANNE-MARIE CADIEUX à différents moments de sa vie défilent à l'écran.


GISÈLE QUENNEVILLE

Elle est au grand écran, sur les

planches et à la télévision.

Elle joue dans des tragédies,

des drames, des comédies.

Anne-Marie Cadieux est sans

doute une des comédiennes les

plus connues du Québec.

Être actrice a toujours été une

obsession, une vocation pour la

jeune Anne-Marie. Quand est venu

le moment de rentrer à

l'université, la famille

Cadieux vivait à Ottawa.

Anne-Marie a donc décidé de

faire son bac en théâtre à

l'Université d'Ottawa. À la fin

de ses études, Anne-Marie

Cadieux joue au Théâtre de la

Vieille 17 et au Centre

national des arts. Elle fait

ensuite la connaissance du

metteur en scène Robert Lepage.

Anne-Marie amorce aussi une

collaboration avec la metteure

en scène Brigitte Haentjens qui

lui offre de nombreux rôles;

du répertoire classique, du

contemporain et des projets

de création.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX sont maintenant assises l'une face à l'autre dans le salon du domicile d'ANNE-MARIE CADIEUX.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie Cadieux, bonjour.


ANNE-MARIE CADIEUX

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie, à quel moment

est-ce que vous vous êtes dit:

moi, je veux devenir

comédienne?


ANNE-MARIE CADIEUX

J'ai un souvenir assez précis

que j'ai raconté à quelques

reprises. J'étais dans la rue.

En tout cas, mon souvenir, c'est

ça. Peut-être que je l'ai

inventé parce que je suis

comédienne. C'était que

je marchais dans la rue

puis à ce moment-là,

j'étais à l'université d'Ottawa

ou c'était juste avant de

rentrer ou dans ma première

année puis tout à coup, il

faisait soleil, puis j'ai fait:

Ah! Je veux être comédienne.

Puis ça m'est apparu presque

comme une évidence. Des fois,

je fais des blagues, je fais

une apparition divine ou quelque

chose comme ça. Mais ça m'est

apparu, oui, peut-être comme un

appel ou comme une vocation.

Ça me semblait évident dès que

j'ai eu cette pensée-là

et je me trouvais très, très

chanceuse parce que j'avais

15 ou 16 ans et de savoir

si jeune ce que

je voulais faire...

Après que j'aie eu

révélation-là, on va dire,

après je ne me suis jamais plus

posé la question. J'ai jamais

dévié, j'ai jamais eu de doute,

je me suis jamais dit: je me

suis trompée. Ou c'est pas ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais qu'est-ce qui vous a

attirée à ce métier-là?


ANNE-MARIE CADIEUX

J'imagine que...

Quand j'étais enfant,

j'aimais beaucoup la

littérature. Je plongeais dans

les livres, dans toutes sortes

d'époques, ça me plaisait

beaucoup. Mon père avait eu un

cinéma de répertoire, donc

j'allais beaucoup au cinéma.

C'est peut-être le cinéma

qui m'a amenée à vouloir être

comédienne. En fait, j'aimais

beaucoup la fiction puis

probablement que j'avais en moi

ça de vouloir être à différentes

époques, jouer différentes

femmes, différents personnages.

Ça me passionnait. Et aussi,

je pense que j'avais été assez

nomade comme enfant. On avait

voyagé, on déménageait tout le

temps. Ça ressemble au métier

de comédien, hein, de toujours

changer de projet. Ça me

convenait. Mais vous savez, on

a un désir puis c'est quelque

chose de mystérieux. Après ça,

on se dit: est-ce qu'on a du

talent? Bon, après ça, si

j'avais pas eu de retour,

j'aurais arrêté, mais ça s'est

bien passé. Donc c'est difficile

aussi, après on peut analyser

d'où vient le désir,

mais... bon.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'il y avait des

artistes, des comédiens dans

la famille proche? Mononcle,

matante, cousins, cousines...


ANNE-MARIE CADIEUX

Non, non, ma tante, Isabelle

Pierre, à l'époque était

chanteuse. Mon père avait

fait... je pense que mon

talent vient de mon père.

Il a déjà fait du théâtre,

mais il m'en a jamais parlé.

Par contre, il y avait

un amour des arts chez nous,

mais... y a personne

d'autre dans ma famille qui est

comédienne et ça me plaît

beaucoup parce que ça

m'appartient. Ma soeur

Geneviève est artiste visuelle.

Évidemment... et à cette

époque-là, à l'Université

d'Ottawa, le département de

théâtre était jumelé au

département d'arts visuels. La

première année, on était dans

le même département, c'était

intéressant. Mais non. C'est...

J'aurais trouvé ça difficile,

je pense, d'être fille de

comédienne. J'aime ça, moi, je

fais ça puis je suis toute

seule dans ma gang qui fait ça,

c'est bon.


GISÈLE QUENNEVILLE

L'Université d'Ottawa, c'était

le premier choix? Pas question

de quitter le foyer familial?

Vous étiez jeune.


ANNE-MARIE CADIEUX

J'étais trop jeune. J'ai

sauté le cégep puis j'avais

sauté des années. Donc, j'ai

pu... je pense que j'avais

15 ans, oui, 15 ans.

Donc 15, 16, 17, 18, j'ai fait

quatre ans d'université.

Je suis sortie à 18, là.

La première année, j'étais

pas en théâtre, mais

dès que j'ai choisi de faire

du théâtre...

Et puis là, c'était comme un

secret, je voulais pas le dire.

Mais après ça, j'ai adoré mes

années universitaires. Ç'a été

fantastique. Le directeur du

département, Tibor Egervari

était là à l'époque. Il m'a

transmis sa passion du théâtre.

Le théâtre, je connaissais pas

ça tant que ça. C'était le

cinéma que je connaissais. Mais

dès que je suis entrée là, j'ai

eu la piqûre puis je me suis

mise à vraiment m'emballer pour

ça. J'ai rencontré Michel-Marc

Bouchard, j'ai rencontré

Brigitte Haentjens, j'étais

très, très heureuse d'être là.

Ce sont de très beaux souvenirs.


GISÈLE QUENNEVILLE

Après l'université, vous avez

joué un peu au Théâtre la

Vieille 17.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Avec cette gang-là de

Brigitte Haentjens...


ANNE-MARIE CADIEUX

Non, mon premier travail...

Non, Brigitte était pas membre

du Théâtre de la Vieille 17,

mais je l'avais rencontrée à

l'université. Et puis,

évidemment, elle travaillait

avec Jean-Marc Dalpé déjà. Elle

a fait des mises en scène au

Théâtre de la Vieille 17, oui.

Mais au départ, c'était Robert

Bellefeuille qui, je me

souviens, c'était dans un café,

au marché à Ottawa où il

m'avait offert mon premier

travail. C'est-à-dire que quand

je suis sortie de l'université,

Michel-Marc Bouchard a fait un

théâtre d'été. Ç'a été mon

seul, j'en ai plus jamais refait.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pourquoi pas?

Ça ne vous a pas plu?


ANNE-MARIE CADIEUX

Non, pas du tout.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pourquoi, c'est pas

pour vous?


ANNE-MARIE CADIEUX

Bien, je sais pas. C'était

pas pour moi. C'est arrivé comme

ça. Je me souviens, on était...

Hé, on a pas fait d'argent,

c'était super. On vivait dans

un genre de résidence. Mais

c'était fantastique. Mais mon

premier vrai travail, rémunéré,

même s'il était pas tellement

rémunéré, c'était au Théâtre de

la Vieille 17 pendant quelques

années, puis après, André

Brassard est arrivé à Ottawa.


GISÈLE QUENNEVILLE

Au CNA, hein?


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui, puis j'avais 20 ans,

je pense, quand j'ai fait mon

premier spectacle professionnel

vrai... La Vieille 17, c'était

professionnel... Je dirais dans

une institution. Avec

André Brassard.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais c'est quelque chose, ça.

À 20 ans, CNA, André

Brassard quand même.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui, oui, quand même.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'était quoi, la pièce?


ANNE-MARIE CADIEUX

C'était Les belles-soeurs,

qu'on a jouée à... qui est venue

à Montréal aussi.

Donc j'étais très impressionnée,

y avait 15 actrices connues.

C'était... pour moi, c'était...

c'était quelque chose.


GISÈLE QUENNEVILLE

À un moment donné, vous êtes

partie pour New York pour une

année.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je pense que, toute jeune

comédienne se doit d'aller

passer du temps à New York.


ANNE-MARIE CADIEUX

Bien c'était pas ça. Moi,

j'ai un parcours un petit peu

atypique, je pense. Je pense que

déjà que j'aie étudié à Ottawa,

ça me tentait pas tout de suite

de faire de la télé... Moi, je

voulais voyager. Et je suis

allée à Paris un peu, pendant

quelques mois puis j'ai fait...

auditeur libre au Conservatoire

de Paris. J'avais une amie qui

était là puis après ça, je suis

allée passer presque un an à

New York où j'étudiais

avec Carol Rosenfeld du

HB Studio, une professeure

extraordinaire. Ça m'a beaucoup,

beaucoup aidée. Et là, j'ai

fait ça, mais c'était peut-être

pas stratégiquement très bon

pour une jeune comédienne de

partir parce que... C'était bon

pour moi, je pense, à long

terme, mais c'était

quand même...


GISÈLE QUENNEVILLE

Aviez-vous des projets

possiblement de travailler

là-bas?


ANNE-MARIE CADIEUX

Non.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ou c'était toujours de

revenir ici?


ANNE-MARIE CADIEUX

C'était pour avoir une

formation, parfaire ma

formation. J'avais envie

d'aller à New York, j'étais...

ça m'excitait de faire quelque

chose comme ça. J'avais eu des

propositions de contrats ici

que j'avais refusées. Au TNM,

tout ça. Donc j'étais un petit

peu... bon.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pourtant, on fait pas ça.


ANNE-MARIE CADIEUX

D'habitude, on fait pas ça,

mais je voulais pas tout de

suite. Je me disais: je vais

avoir du temps pour faire ça. Je

vais avoir du temps pour avoir

une carrière plus, bon, entre

guillemets, conventionnelle.

J'imagine que, bon, j'ai suivi

mon désir et là, je suis

revenue. Et là, ça a été

un petit peu plus difficile

quand je suis revenue.

Moi, je trouvais que là...

je me disais, bon, OK,

je voulais jouer les grands

rôles. Je voulais avoir une

carrière en théâtre, c'était ça

que je voulais puis là...

comment réussir? J'ai réussi,

mais je me disais: comment je

vais m'y prendre?

(ANNE-MARIE tient maintenant entre ses mains des textes annotés et surlignés.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie, quand on va au

théâtre, ça a l'air facile ce

que vous faites. Ça sort

tout seul, mais y a tout un

travail de répétition qui est

associé à ça.


ANNE-MARIE CADIEUX

Le travail de mémorisation de

texte, c'est ça... Le texte de

Molly Bloom, parce que j'étais

une heure et demie en scène

toute seule à parler, c'est

comme une longue phrase sans

ponctuation puis je parlais

assez vite. Donc vous comprenez

que ça m'a pris plusieurs mois

à l'apprendre dans mon lit, en

mangeant parfois comme

vous pouvez voir.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et comment vous faites? C'est

quoi, la méthode pour apprendre

un texte?


ANNE-MARIE CADIEUX

La méthode, c'est vraiment

pénible, je vais vous dire.

C'est-à-dire qu'il faut

l'apprendre. Ça, c'est quatre

mois de travail. Puis les

premiers mois, c'est toute

seule, toute seule. Puis moi, je

le fais le matin quand je me

réveille dans le lit ou le

soir. C'est là que ma mémoire

est le plus... Puis là, c'est

très, très méthodique. Quand on

en a assez appris, après ça,

j'ai pris une répétitrice qui

vient. Justement, c'est ce que

vous voyez, les couleurs que

vous voyez, c'est ça. Quand ça

devenait trop rose à un moment

donné, on change de couleur

pour dire, aujourd'hui, en

jaune, c'est ça, les erreurs que

t'as faites. Pour voir

l'évolution parce qu'à un moment

donné, on se dit: y en a trop.

Où est-ce que j'en suis? J'ai

plusieurs versions. Après ça,

ici, y a les indications

scéniques. Y a des choses qu'on

coupe. Vous voyez que ça a du

vécu. Puis après ça, j'ai une

dernière version qui est un peu

plus en ordre. Bon, à laquelle

je me réfère maintenant quand

je le joue. Parce que je vais

peut-être le rejouer encore une

fois. Bon, ça, ça va rester dans

les annales.


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie Cadieux,

racontez-moi votre rencontre

avec Robert Lepage. Ça a été une

rencontre, je pense, importante

pour vous.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui, mais ça, c'est drôle.

Ottawa m'a apporté beaucoup de

chance parce que Robert est

devenu directeur du Centre

national des arts. Moi, je

suivais déjà son travail.

J'avais des amis qui avaient

travaillé dans la Trilogie des

dragons et j'adorais ce qu'il

faisait. Pour moi, rencontrer

Robert, c'était assez...

c'était un de mes rêves de

travailler avec lui parce que

ça conjuguait voyages et

théâtre. En fait, je l'ai

rencontré pour tourner une pub

pour le CNA pour la saison

théâtrale. Tout simplement.

Donc c'est pas des auditions,

c'est pas... c'est

des rencontres.


GISÈLE QUENNEVILLE

Faut qu'il y ait quelque

chose qui passe, là.


ANNE-MARIE CADIEUX

Je sais pas pourquoi, alors

là, il m'a offert le rôle de

Lady Capulet dans Roméo et

Juliette. C'était une production

qu'il avait déjà montée l'année

précédente et Sophie Lorain

jouait Lady Capulet. Et là,

elle ne pouvait plus le faire,

donc je l'ai remplacée. Et

c'était à Toronto. En fait,

c'est Sophie qui m'a montré le

rôle. Robert était, comme je

dis, il était à Amsterdam, il

était je ne sais pas où à ce

moment-là. Et donc il m'a vue

devant public. Je l'ai peut-être

croisé un petit peu avant. Je

me disais: j'espère qu'il va

aimer ce que je fais parce que

c'était assez stressant. Et là,

après ça, c'est là qu'a débuté

notre collaboration. Il a été

heureux j'imagine et il m'a

demandé de faire d'autres

projets. Bon, de fil en

aiguille, il m'a offert aussi

mon premier rôle au cinéma.

Après ça, on a fait plusieurs

films, on a fait plusieurs

productions. Ç'a été des

années extrêmement

intéressantes, extrêmement

enrichissantes. C'est quelque

chose travailler pour Robert.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est un artiste très

avant-gardiste. Qu'est-ce que

ça apporte, ça, à une

comédienne?


ANNE-MARIE CADIEUX

Mon travail avec Robert, c'est

une aventure, tout d'abord parce

que c'est quelqu'un qui a du

génie théâtral, ça, c'est

indéniable. C'est quelqu'un...

il a un foisonnement d'idées

extraordinaire. Et aussi, on a

beaucoup fait de créations. On

a travaillé à partir

d'improvisations. On a créé un

spectacle de sept heures, par

exemple, Les sept branches de la

rivière Ota. Ça, c'est une

aventure sur trois ans. Et puis

aussi, c'est quelqu'un qui aime

beaucoup travailler dans le

chaos. Il faut toujours être

assez souple pour pouvoir

changer, même pendant le

spectacle, des choses qu'on fait

déjà. Même pendant qu'on joue,

des fois, il vient à l'entracte

dire: on change ça pour ce qui

suit. Faut être très, très

souple. C'est très, très

stimulant. C'est très excitant.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça doit être stressant aussi

par moments.


ANNE-MARIE CADIEUX

Je dirais pas nécessairement

plus qu'autre chose. Ça demande

une ouverture, je pense, ça

demande un sens du risque.

C'était pas plus stressant parce

qu'en fait, on est obligé de

s'occuper de toutes sortes de

choses quand on travaille avec

Robert. à la fois de

la technique, à la fois

de notre partenaire, on est

moins dans notre ego. Y a

tellement d'autres facteurs que

mon rôle, mon personnage. Là,

c'est tout. En fait, ça nous

éloigne de nos propres

angoisses d'acteur, ce qui n'est

pas une mauvaise chose.

En même temps, faut pouvoir se

lancer quand on est avec lui.

Faut pouvoir être créatif, faut

pouvoir... faut... mais c'est

quelqu'un avec qui c'est très,

très agréable de travailler. Par

contre, on donne tout. C'est

quelqu'un qui exige beaucoup

au niveau du temps, au niveau

de l'énergie, au niveau de

l'investissement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'on s'épuise?


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui. On s'épuise parce que ça

donne beaucoup, mais en même

temps, c'est exigeant. On

revenait toujours des tournées

extrêmement épuisés. Oui, oui,

c'est un rythme de travail

effréné. C'est très difficile

à décrire, mais moi, j'ai vécu

des grands moments d'extase, de

bonheur, c'est très, très

intéressant. En fait, c'est

passionnant. C'est pas

intéressant, c'est passionnant.

C'est intéressant parce que, à

la fois, j'ai travaillé avec

beaucoup d'autres metteurs en

scène. Quand on parlait de

Brigitte tout à l'heure, qui est

beaucoup plus... qui fait un

travail complètement à

l'opposé de Robert.


GISÈLE QUENNEVILLE

Justement, vous travaillez

également avec Brigitte

Haentjens, beaucoup, je pense.

Je pense qu'elle vous voit comme

étant un peu sa muse. Brigitte

aussi qui, sans doute, vous

oblige à dépasser vos limites.

Mais est-ce que c'est de la même

façon que Robert Lepage?


ANNE-MARIE CADIEUX

Non, non, pas du tout. Ce

sont deux metteurs en scène

complètement à l'opposé. Même

si... C'est ça que je trouve

intéressant aussi d'être

comédienne, c'est qu'on navigue

dans toutes sortes d'univers

différents et on peut aimer

chacun tout autant. Brigitte

travaille de façon très, très

structurée, dans le calme.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est pas le chaos avec elle.


ANNE-MARIE CADIEUX

Non, non, tout est placé.

Quand le spectacle arrive...

Robert, on va dire que c'est

des work in progress. Il est

pas encore prêt quand il

arrive. Des fois, ça donne lieu

à des catastrophes, des fois,

à des choses extraordinaires.

Tandis que Brigitte, quand le

spectacle arrive devant public,

il est prêt. Ça fait deux

semaines qu'il est... Il est

maîtrisé. Tout est maîtrisé.

C'est complètement une autre

façon de travailler qui est...

C'est formidable. Et là, c'est

pas le même type de travail.

C'est un travail qui est

beaucoup plus... Elle m'a

offert des très grands rôles

au théâtre.

(Un extrait vidéo de la pièce Molly Bloom défile alors à l'écran.)


ANNE-MARIE CADIEUX

(jouant Molly Bloom)

Pendant des semaines, j'ai

conservé le mouchoir sous mon

oreiller pour retrouver son

odeur. À Gibraltar, y avait pas

moyen de trouver un parfum

décent. Le seul qu'on trouvait,

Peau d'Espagne, valait rien et

aussitôt qu'il s'évaporait,

ça puait le diable.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX poursuivent leur entretien.)


ANNE-MARIE CADIEUX

Par contre, peut-être que ce qui

les caractérise les deux, c'est

qu'ils travaillent en toute

liberté. C'est peut-être ça la

clé. Chacun à leur façon ils

sont extrêmement libres et

ils donnent la liberté à

l'interprète, de façon

différente.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce qui vous accroche,

vous, comme oeuvres, comme

pièces, comme scénarios?


ANNE-MARIE CADIEUX

Malgré tout, je suis plus

attachée aux choses assez

contemporaines, aux auteurs

contemporains.

Puis aussi, je suis attachée à

l'art visuel. Moi, je suis pas

seulement le théâtre. En fait,

le théâtre... moi, j'aime ça me

promener, je vais dans les

festivals, je vais à Avignon,

je vais au Festival d'Automne à

Paris. Au FTA aussi qui est un

festival qui, pour moi, est

très important, qui nous montre

aussi des nouvelles...

Le théâtre traditionnel, ça

m'ennuie un petit peu. Les

mises en scène plus classiques.

J'aime beaucoup, beaucoup plus

voir des nouveaux langages

formels. C'est ce qui me plaît

le plus. Comme actrice, je peux

m'inscrire dans quelque chose

de plus classique, ça peut

m'intéresser. Mais je parle

comme spectatrice, j'aime ça

quelque chose d'un petit peu

plus radical.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors là, je parle comme

comédienne, si vous avez le

choix, théâtre ou télé,

qu'est-ce que vous choisissez?


ANNE-MARIE CADIEUX

Ça, c'est pas une question à

laquelle on peut répondre parce

que c'est tellement différent.

J'étais contente... j'ai

commencé à faire de la

télévision plus tard dans ma

vie. Je pense que, au départ,

mon attachement ou ma passion

était vers le théâtre, mais je

trouve que la télé et le cinéma,

c'est une autre aventure. Moi,

j'aime le fait... comme

comédienne, j'aime le fait

qu'en faisant de la télé, je

rentre en contact avec les gens,

avec un beaucoup plus grand

nombre de gens qu'au théâtre.


GISÈLE QUENNEVILLE

Dans le sens dans la rue.

Les gens vous...


ANNE-MARIE CADIEUX

Pas seulement ça, on rejoint,

disons, je fais une série...


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui, tout à fait.


ANNE-MARIE CADIEUX

... je rejoins 1,4 million...

Yamaska rejoint 1,2 million,

1,4. Donc tout le monde nous

connaît. Les gens nous suivent.

Après ça, ces gens-là, y en a

certains qui viennent nous voir

au théâtre. Moi, j'ai peut-être

la chance d'avoir un public de

théâtre, un public de télé qui

sont assez différents, qui me

suivent pour différentes

raisons. Ça m'enchante. Et

parfois, ça se croise. Je pense

que... pas souvent parce que

c'est assez différent ce que je

fais dans les deux médiums ou

dans les trois médiums. Mais...

j'aime faire les trois. Je

pourrais dire que dernièrement,

dans les dernières années, je

ne faisais qu'une pièce de

théâtre par année pour me

permettre de pouvoir tourner.

Mais là, en ce moment, y a

beaucoup de projets de théâtre

qui reviennent. Depuis trois,

quatre ans, ça arrête pas.

Et j'y vais, je me lance. Je ne

pourrais pas ne pas faire de

scène, c'est sûr, parce que

c'est le fondement. C'est

l'adrénaline aussi qu'on a pas

en télé et en cinéma. Y a

beaucoup d'adrénaline.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX sont à présent debout sous une peinture. Différents plans de la peinture défilent.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie, parlez-moi de

cette oeuvre-ci qui est

accrochée à votre mur.


ANNE-MARIE CADIEUX

C'est une oeuvre de ma soeur

Geneviève Cadieux. Je vous

parlais tout à l'heure du fait

que ma soeur et moi, on avait

étudié presque au même moment

à l'Université d'Ottawa. Donc

j'ai la chance d'avoir des

oeuvres... de ses oeuvres chez

moi. Je vis entourée d'oeuvres.

Ça, ça s'appelle Histoire de

l'oeil. En référence au livre

de Georges Bataille.

Et ça a changé de couleur. Je

vais vous dire parce que c'était

presque violet au départ. Puis

c'est ça, j'ai des oeuvres de

Pierre Dorion, de Betty Goodwin,

j'aime ça, ç'a été

important pour moi l'art visuel,

puis grâce à ma soeur qui m'a,

en fait, ouvert la porte à ce

monde-là. Au fil du temps,

bien, c'est ça, c'est ça avoir

une soeur artiste,

c'est formidable.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX sont à présent assises l'une face à l'autre.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie Cadieux, quand vous

montez sur scène, est-ce que

vous êtes stressée?


ANNE-MARIE CADIEUX

Ah oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui?


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui, oui, très, très, très

stressée. Moi, je suis quelqu'un

qui a énormément le trac. J'ai

beaucoup travaillé... En fait,

tout mon travail, c'est de me

calmer. Finalement, c'est ça.

Dans le sens que le trac,

bon, les gens disent: oui,

c'est bien, le trac. Pas

particulièrement. Je pense que

c'est mieux d'être plus détendu.

J'ai comme un genre d'équipe.

J'appelle ça comme ça. Je me

fais masser. Y a toutes sortes

de choses, je fais du yoga, je

fais du sport, je me repose.

Y a toutes sortes d'exercices

qu'on fait pour pouvoir...

Puis là, je me dis, faut y aller.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pas le choix.


ANNE-MARIE CADIEUX

On y va puis je pense que si

on est bien préparé, faut y

aller. Ça serait tellement

dommage qu'après tout le

travail qu'on a fait, on puisse

pas donner au public le maximum

de soi. Mais ça peut arriver

une première où on est un peu

moins satisfait de soi, ça

arrive aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous, au fil de votre

carrière, ça vous est arrivé de

vous déshabiller devant

la caméra.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui, oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Sur scène également.

Comment on se prépare à ça?


ANNE-MARIE CADIEUX

C'est drôle parce que... comme

ça m'est arrivé à plusieurs

reprises... Moi, je trouvais ça

intéressant, hein, le corps au

théâtre, c'était quelque chose

qui m'intéressait. Et même

comme spectatrice. Moi, je le

voyais... pas le corps comme

instrument de séduction. Ça, ça

m'a jamais vraiment intéressée.

Mais c'était plutôt le corps

comme matériau scénique. Donc

comme ça m'intéresse, faut

passer outre. Faut le voir

presque comme un costume puis

je me suis toujours dit... Parce

que quelqu'un m'avait dit ça,

il y avait le régisseur, quand

j'ai fait mon spectacle La Nuit

où j'étais nue, c'était assez

dur. C'est un spectacle dur que

j'avais écrit. Vraiment

difficile. C'était glauque

aussi. Puis je me souviens,

l'assistante m'avait dit: "Si

jamais t'as un malaise, on va

le sentir." Ça, c'est vrai.

C'est-à-dire que si y a un

malaise à être nu, puis qu'on

l'a puis qu'on le montre, c'est

terrible pour le spectateur.

Faut pas en avoir. Par contre,

je me souviens d'une expérience,

j'ai joué, sous la direction de

Serge Denoncourt, «Le cri»...

Gertrude «Le cri» d'Howard

Barker où là, j'étais nue.

J'ai fait beaucoup de

cauchemars avant. Les semaines

qui précédaient... c'était

difficile pour moi à cause du

contexte, tout ça. Mais une

fois que je suis là puis que je

le fais, ça me dérange pas.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est différent que

ce soit sur scène ou sur

un plateau?


ANNE-MARIE CADIEUX

Sur un plateau, je vous

dirais que c'est presque plus

gênant. C'est beaucoup plus

intime, un plateau. C'est

beaucoup plus intime. Quand on

est sur scène, y a quelque chose

malgré tout, même si le public

est là, y a une distance ou...

C'est fou à dire parce que c'est

pas vrai, mais un plateau, c'est

intime, les gens sont à côté.

Mais je me souviens avec Marc

Béland, parce que Marc Béland,

ç'a a été un partenaire que

j'ai eu à plusieurs reprises,

extraordinaire et on a fait

Quartet ensemble. On était nus.

On se connaît. On a fait le

film Toi, ensemble, où est-ce

qu'on était nus. On se sentait

comme deux vieux acteurs de

porno. On se parlait vraiment.

"Tu feras ça, puis tu feras ça."

Se parler tout nu comme ça. Y a

pas de confusion. Y avait

une... On se rend compte que

les acteurs avec qui on a

travaillé longtemps, y a une

familiarité, y a une intimité

qui s'est créée.

C'est-à-dire qu'on va tout de

suite au coeur de la chose. On

va tout de suite dans le jeu.

(Un extrait du film Toi mettant en scène ANNE-MARIE CADIEUX et MARC BÉLAND défile. Ils sont couchés nus dans un lit.)


MARC BÉLAND

T'es en sécurité ici

avec moi?


ANNE-MARIE CADIEUX

M'aimes-tu?

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX sont à présent assises l'une face à l'autre.)


ANNE-MARIE CADIEUX

C'est quelque chose qui, pour

moi, faisait partie de

mon métier.


GISÈLE QUENNEVILLE

L'autre chose qui fait partie

de ce métier-là, c'est

un métier où...

la jeunesse est importante.


ANNE-MARIE CADIEUX

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

La beauté est très importante.

Est-ce que le fait de vieillir,

de devenir plus mature, est-ce

que c'est quelque chose qui

vous angoisse?


ANNE-MARIE CADIEUX

Moi, j'ai pas fait une

carrière vraiment de jeune

première. Ou j'ai pas fait une

carrière qui était axée,

je pense, sur ma...

ma beauté.

Je me considérais pas

nécessairement comme une belle

actrice. En fait, c'était pas

ça qui m'intéressait. C'était

les rôles puis j'étais déjà

très mature. J'avais l'air

beaucoup plus vieux plus jeune.

Donc ce passage-là pour moi est

moins difficile. Mais je regarde

Isabelle Huppert qui a 60 ans

puis qui joue des premiers rôles

encore, je regarde... Moi, je

pense que je m'accroche à ça.

Puis je pense que, malgré tout,

vieillir, pour tout le monde,

c'est difficile. C'est peut-être

pas plus pour les comédiennes.

Même au contraire. Parce qu'on

est encore regardées, on est

pas invisibles. Et puis le

métier de comédienne, c'est un

métier où y a des rôles de

toutes sortes de femmes, de

tous les âges.

Donc quand je regarde

André Lachapelle, qui a 80,

qui travaille, Monique Miller,

je me dis, je peux

continuer à travailler jusqu'à

80 ans si je veux. Mais c'est

vrai. C'est ce que je pense. Je

vais être obligée premièrement.

Et je pense que, au théâtre, je

vais pouvoir jouer des premiers

rôles peut-être pas à l'écran,

mais encore... c'est encore

drôle. On regarde Maggie Smith

dans Downton Abbey. Je veux

dire, c'est un métier où on

peut vieillir. Danser, c'est

plus difficile. C'est-à-dire

les danseuses de ballet, bon,

de danse contemporaine parce que

le corps... Mais jouer, on peut

jouer jusqu'à sa mort. Alors...

c'est beau, ça, je trouve.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je pense que vous avez déjà

dit que vous vous considériez

comme étant une marginale.

De quelle façon?


ANNE-MARIE CADIEUX

Je pense que quand on choisit

un métier comme celui que j'ai

choisi, puis je pense que tous

les artistes... bon, c'est une

comédienne, c'est une artiste,

ça, c'est une autre chose, mais

on est dans la marge jusqu'à un

certain point. Puis j'ai fait

des projets qui étaient

marginaux au départ. Peut-être

qu'en ce moment, je le suis

moins parce que je suis plus

dans un mainstream. On peut

dire ça. Mais je pense que je

privilégierais des projets

peut-être artistiques encore

plus radicaux si je le peux. Je

suis obligée de gagner ma vie

aussi. Faut comprendre qu'un

acteur au Québec ne peut pas

faire que du théâtre, c'est

impossible s'il veut vraiment

gagner sa vie. Donc là, je ne

pourrais plus dire: je suis une

actrice marginale. Je pense que

je fais partie du mainstream.

Mais quand même j'ai pas peur

d'aller faire des projets qui

sont... qui sont différents,

qui me demandent des choses

qui, peut-être, ne plairont pas

à tous, qui feront pas

consensus, qui seront pas

conformistes. Ça m'intéresse.


GISÈLE QUENNEVILLE

L'année passée, je crois que

c'est en 2013, vous avez reçu

un doctorat honorifique de

l'Université d'Ottawa. Qu'est-ce

que ça vous a fait, ça?


ANNE-MARIE CADIEUX

Ça m'a vraiment fait plaisir.

Je dois dire, ça a été tellement

quelque chose d'inattendu

pour moi.

(Un extrait de l'allocution prononcée par ANNE-MARIE CADIEUX lors de la soirée de remise de son doctorat honorifique défile à l'écran.)


ANNE-MARIE CADIEUX

Vous comprendrez dès lors mon

grand attachement à cette

université où tout a commencé

pour moi. Je caressais à

l'époque un rêve un peu fou,

celui de devenir comédienne.

Ah, c'était un appel d'une telle

intensité, comme une vocation.

Je pouvais pas y résister,

je pouvais pas m'y soustraire

et, fort heureusement, j'ai pu

me tourner vers le département

de théâtre de l'Université

d'Ottawa. Je m'y suis inscrite

et j'ai trouvé une terre

d'accueil où le désir obscur et

secret que je caressais a pu

se transformer en réalité.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANNE-MARIE CADIEUX sont à présent assises l'une face à l'autre.)


ANNE-MARIE CADIEUX

C'est pas une chose à laquelle

on s'attend. On se dit pas:

je vais recevoir un doctorat

honorifique. Je me trouvais

un petit peu jeune pour le

recevoir, mais je l'ai accepté.

Ils m'ont dit: "Est-ce que vous

l'acceptez?" Est-ce qu'il y en a

qui refusent ça? J'étais un

petit peu... Mais ça m'a

vraiment... ç'a été important

pour moi. Parce que j'ai été

obligée de... Bon, j'ai fait

une allocution. J'ai repensé à

mon... ça faisait 30 ans déjà

que je faisais ça. Et plus de

30 ans. Presque 35 ans. Et là,

je revoyais le parcours, je

voyais aussi tout ce qui

restait à accomplir. Je voulais

parler aux étudiants. Je me

disais: t'as quand même fait

des choses, on t'honore, on te

remet quelque chose. Ça veut

pas dire que t'as tout fait ce

que tu voulais, donc ça m'a

donné aussi une nouvelle énergie

peut-être pour encore plus

réaliser des projets qui

m'intéressent. Mais comme je

suis un genre d'angoissée, je me

disais: ça se peut que je ne

travaille plus puis là, ils vont

regretter de me l'avoir donné.

Mais non, je travaille encore.

J'ai encore des beaux projets.

Je suis allée à Ottawa faire

Molly Bloom puis ça continue.

J'ai encore... Donc ça c'est ma

nature de toujours dire: bien,

peut-être que c'est fini

maintenant. Mon Dieu, mon

Dieu! C'est pas... Mais ça m'a

donné quelque chose de... c'est

fou, c'est symbolique, hein. Je

suis pas en train de me dire:

wow, c'est moi qui le mérite.

Mais ça donne quand même quelque

chose de... c'est quand même

symboliquement assez fort.


GISÈLE QUENNEVILLE

Anne-Marie Cadieux,

merci beaucoup.


ANNE-MARIE CADIEUX

Merci.

(Générique de fermeture)

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