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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Jean-Paul Courtemanche : Cultural Animator

In his role as Sudbury’s Cultural Animator, Jean-Paul Courtemanche seeks to promote youth self-confidence and inspire young people to believe they can accomplish amazing things; all this and Courtemance is only 30 years old. His desire for personal achievement brought him to create a list of 30 things he sought to achieve before the age of 30 – included on the list: rafting, a parachute jump, swimming with dolphins, and a humanitarian mission in Africa. Mission accomplished! Courtemance checked off every item on his list, including meeting comedian Ellen DeGeneres as a guest on her talk show.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

RACHEL DESAULNIERS rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

Fin formation à l'écran

Fin générique d'ouverture

Pendant que RACHEL DESAULNIERS présente son invité, on voit des images intérieures et extérieures de la maison de JEAN-PAUL COURTEMANCHE, et des photos qui illustrent certains moments de sa vie.


RACHEL DESAULNIERS

C'est un jeune homme qui

carbure à l'énergie positive.

Originaire de Sudbury,

Jean-Paul Courtemanche repousse

les frontières et surmonte les

défis. Dans son rôle d'animateur

culturel, il cherche à motiver

les jeunes à avoir confiance

en eux et à réaliser de grandes

choses. Jean-Paul Courtemanche

vient d'avoir 31 ans. Son goût

pour le dépassement l'amène

à dresser une liste de 30 défis

qu'il voulait réaliser avant

l'âge de 30 ans. Au programme,

rafting, saut en parachute,

nage avec des dauphins

et missions humanitaires

en Afrique. Il réussit tous les

exploits, y compris rencontrer

la comédienne Ellen DeGeneres.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

(hors champ)

Voici qui je suis.

Je m'aime, je m'accepte.

(RACHEL DESAULNIERS et JEAN-PAUL COURTEMANCHE sont assis l'un face à l'autre dans la demeure de ce dernier. L'entrevue suivante se déroule tantôt à l'intérieur, tantôt à l'extérieur, dans la cour de JEAN-PAUL COURTEMANCHE.)


RACHEL DESAULNIERS

Jean-Paul Courtemanche,

bonjour.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Bonjour.


RACHEL DESAULNIERS

Vous travaillez au Conseil

scolaire public du Grand Nord

de l'Ontario avec des jeunes.

Vous n'êtes pas enseignant,

vous êtes animateur culturel.

Qu'est-ce que ça fait,

un animateur culturel?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Qu'est-ce ça fait pas,

un animateur culturel!

Qu'est-ce que ça fait...

Disons, j'ai

vraiment la chance

de créer des

happenings

ou l'occasion où les jeunes

peuvent s'exprimer en français.

C'est vraiment de créer

ce lieu-là pour ces gens-là.

On a des compétitions

de musique, on a des camps

de leadership...

Mais c'est ça...

On a créé un club de voyages

qui rassemblent toutes

nos écoles secondaires.

Et pendant le congé au mois

de mars, on a la chance

de voyager. Il y a plein

de choses. Cette année, on a

vraiment lancé un projet dans

les réseaux sociaux - parce que

c'est là où sont les jeunes en

ce moment, c'est leur réalité.

C'est un projet qui s'appelle...

que, nous autres, on a appelé

Animation culturelle 2.0.

Donc, c'est Facebook, c'est

YouTube, c'est des défis qu'on

donne à nos écoles. Donc, c'est

vraiment les rencontrer dans

leur réalité et aussi exposer et

faire découvrir la francophonie.


RACHEL DESAULNIERS

Dans mon temps, c'était

un petit peu plus directif,

un petit peu plus rigoureux

ou punitif, pour encourager

les jeunes à parler français.

Est-ce que votre approche, où

c'est le jeu, c'est l'affectif,

est-ce que ça donne

des résultats? Est-ce que

les jeunes parlent français?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Bien, je pense que t'as touché

le mot-clé: c'est l'affectif.

Nous, on croit beaucoup de

vraiment installer un sentiment

d'appartenance, et c'est ça

qu'on va aller chercher dans

l'affectif. Que ce soit le rire,

que ce soit les émotions,

que ce soit n'importe quoi,

il faut aller le chercher.

Il faut qu'ils vivent quelque

chose pour le comprendre.

Est-ce que c'est français

à 100% dans nos écoles?

Non, mais c'est notre job

de vraiment créer ce milieu-là

pour aller chercher

cette découverte-là

et cette passion-là.

Donc, ça devient un

de nos défis, mais c'est un défi

qu'on entreprend en équipe.


RACHEL DESAULNIERS

Vous avez grandi dans la

région de Sudbury. Vous-même

avez participé à plein

d'activités parascolaires en

français. à un certain moment,

c'était le théâtre qui vous a

donné la piqûre. Mais ça s'est

pas fait tout seul. Il y a une

amie qui vous a mis au défi.

Elle vous a dit, en anglais:

« I dare you ».

Qu'est-ce qui est arrivé?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Bien, c'est vraiment drôle

parce que le Jean-Paul

Courtemanche à l'élémentaire

et au secondaire,

c'est deux personnes

complètement différentes.

Je veux dire, moi, je suis

vraiment ce petit gars-là

qui était tellement gêné.

Quand on parle

d'une présentation orale

devant la salle de classe,

c'était l'enfer pour moi.

Je pouvais pas... Je pensais

à toutes les excuses, je

tremblais. Non, je pouvais pas.

Puis, arrivé au secondaire...

C'est ça, moi, je viens d'une

petite école de La Vallée. Je

vais au Collège Notre-Dame où il

y a au-dessus de 1000 personnes,

1000 élèves. Et on se promène

dans le corridor et, c'est ça,

Jennifer Lavigne vient me voir

et elle dit: « Jean-Paul,

tu joues pas au sport,

tu fais pas ci, tu fais pas ça.

Qu'est-ce que tu vas faire

avec ton secondaire? »

Et au début, j'étais un peu

insulté. J'étais comme...

à un moment donné,

voilà une amie qui me dit

toutes les choses que je suis

pas capable de faire

et c'est là qu'elle m'a dit

ces trois mots-là.

Et à un moment donné, j'ai dit:

OK, je vais prendre le risque.

Je suis allé en audition.

C'est la pire audition

que j'ai jamais eue, mais pour

une raison ou une autre,

j'ai eu un tout petit rôle

et ça, ça m'a vraiment donné

les outils nécessaires

pour sortir de ma coquille,

puis vraiment apprendre

à me connaître, mais aussi

avoir les outils nécessaires

pour parler devant une foule.


RACHEL DESAULNIERS

Et ç'a fait en sorte...

Cette expérience positive vous a

affecté dans votre cheminement

pour parler français

dans votre identité comment?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

C'est certain que ç'a joué un

énorme rôle. Chez ma famille,

c'était toujours le français.

Je regarde mon grand-père

Courtemanche. Lui, c'est

tellement une personne forte,

fière de sa langue, fière

de sa foi, fière de tout.

Et ça, il a vraiment instauré ça

chez nous, dans la famille.

Donc, il y a ce côté-là,

mais aussi, je pense,

le théâtre m'a permis

de me brancher à un collectif

qui croit la même chose,

un collectif qui veut

juste avancer et qui veut

s'exprimer en français.

Et pour moi, ça, ç'a été

vraiment le déclic, chez moi:

OK, le français, oui, ça fait

partie de mon identité,

de ma culture, mais je fais

le choix pour continuer.


RACHEL DESAULNIERS

Et le choix que vous avez fait

aussi, c'est de poursuivre

des études en théâtre.

Je crois, au début, vous vouliez

vous diriger vers l'Université

d'Ottawa. Il s'est produit

un changement. Qu'est-ce qui

est arrivé? Pourquoi

avoir changé d'idée?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Pour une raison ou une autre,

depuis le début, depuis le

secondaire, j'ai dit: OK,

après le secondaire,

tout de suite, je vais aller

à Ottawa et je vais étudier

en théâtre, je vais continuer

là-dedans. Mais dans mon temps,

il y avait CPO. Il y avait

la 13e année au secondaire.

Et c'est là, cette année-là,

j'ai créé une pièce.

J'ai écrit la pièce, j'ai fait

la mise en scène et j'ai joué

dans cette pièce-là.

Et je m'en rappelle, Madeleine

Azzola, qui était la directrice

du programme Arts d'expression,

ici, à Sudbury, à l'Université

Laurentienne, est venue me voir

dans l'arrière-scène et elle

dit: « Toi, je veux t'avoir dans

mon programme. » Puis, j'ai dit:

« C'est gentil, je l'apprécie,

mais je veux me rendre à Ottawa,

dans ce programme-là. »

Pour une raison ou une autre,

Madeleine a cette touche-là

de convaincre. Et puis, j'ai

dit: « Écoute, je vais rester

un an, je vais faire cette

transition-là, je vais explorer

un peu c'est quoi le milieu

universitaire, et ensuite, je

vais faire le déménagement. »

Mais j'ai fini par graduer de

l'Université Laurentienne

après quatre ans dans

Arts d'expression.


RACHEL DESAULNIERS

Maintenant, c'était un

programme assez nouveau

à ce moment-là.

Le programme a été remplacé

par un département de théâtre

plus classique, conventionnel,

à l'Université. Mais dans ce

temps-là, Arts d'expression,

c'était vraiment

pour vous réveiller,

vous brasser un petit peu.

Décrivez-nous ce que vous

avez appris dans ce programme.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

C'est un programme

qui m'a permis de m'exprimer.

C'est un programme qui m'a

permis de créer. Parce que la

base d'Arts d'expression,

c'était la création...

Donc, ça, pour moi, ç'a été...

Parce que, chez nous,

un Courtemanche,

on est grands, on est fiers,

mais on parle pas d'émotions,

on ouvre pas cette porte-là

et c'est vraiment à l'université

que j'ai eu la chance,

par l'écriture,

par l'improvisation, de

vraiment, oui, de m'exprimer.

Je pense que c'est vraiment ça

que j'ai apprécié du programme:

c'est le côté de création.


RACHEL DESAULNIERS

Des témoignages? Est-ce que ça

fonctionne jusqu'à maintenant?

Vous en avez eu, des élèves qui

sont passés par vos ateliers.

Qu'est-ce qu'ils vous disent,

comme témoignages?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Moi, j'ai commencé très

jeune. Je commence déjà

ma 8e année en animation

culturelle. C'est drôle parce

que les gens, disons,

qui étaient en 11e ou 12e année

dans ce temps-là, quand je

venais de commencer, c'est rendu

des collègues maintenant.

Donc, c'est vraiment... J'ai pas

d'enfants, je sais pas si j'en

veux, mais j'imagine que c'est

le sentiment qu'un parent aurait

de voir son enfant grandir,

de cheminer. C'est tellement

beau de voir leur cheminement,

leur carrière, qu'eux autres,

à leur tour, sont en éducation.

Et c'est un peu comme...

ça continue, c'est une tradition

qui continue. Pour moi,

voir ça... Je veux dire, je suis

pas le seul qui est impliqué

dans ce cheminement-là, mais

sachant que je faisais partie

de ce cheminement-là,

ça fait chaud au cœur.


RACHEL DESAULNIERS

Vous êtes animateur

d'ateliers. Quels types

d'ateliers est-ce que vous

offrez aux jeunes de votre

conseil scolaire?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Il y en a plusieurs.

Présentement, on est dans

des ateliers de leadership.

C'est vraiment axé

pour les 5e, les 6e années,

surtout la 6e année.

En ce moment, c'est la question

de l'antitaxage, l'antibullying

parce que c'est vraiment

un sujet qui nous touche,

dans toutes les écoles,

dans toutes les régions.

Donc, on a dit: OK, on va créer

un atelier où on va parler

de l'importance de la

communication, de se dire

les vraies choses. Parce que

travailler en équipe, c'est

tellement difficile, c'est

un autre concept pour ces

élèves-là. Donc, on a vraiment

la chance, à travers le jeu,

d'explorer des thèmes qui sont

assez lourds.

Il faut vraiment

aller les chercher dans leur

réalité, dans quelque chose

qu'ils connaissent. Comme ça,

ils se donnent la permission

de: « OK, je suis correct,

il y a rien qui va m'arriver. »

Et nous autres, on aime oser,

on aime oser prendre

des risques, on aime oser dire.

C'est vraiment de créer...

Notre 1er atelier, on appelle ça

« Le village du leadership ».

C'est un peu pour les

déboussoler, pour dire: Écoute,

on est tous dans le même bateau

pour la journée, on va

peut-être avoir l'air ridicule,

on va prendre le risque,

mais c'est aujourd'hui, c'est

ensemble qu'on va le faire,

sans aucun jugement.

(On présente une vidéo au cours de laquelle JEAN-PAUL COURTEMANCHE fait la promotion du projet « Animation culturelle 2.0 » en parlant de son propre projet de réaliser trente buts avant l'âge de trente ans.)

(Début extrait vidéo)

[Début information à l'écran]

Animation culturelle 2.0 Ici dans l'nord

[Fin information à l'écran]

Fin extrait vidéo


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Que veux-tu faire? Où veux-tu

aller? Qui veux-tu rencontrer?

Ce sont les 3 questions que je

me suis posées afin de créer

ma liste

30 avant 30,

donc 30 buts que je veux

réaliser avant l'âge de 30 ans.

Une liste qui était pour

m'encourager à prendre des

risques, à voir et à chercher

le positif dans le monde,

et surtout de vivre ma vie

à son plein potentiel.

Si c'est possible pour moi,

c'est possible pour toi.

(Fin extrait vidéo)


RACHEL DESAULNIERS

Jean-Paul Courtemanche,

vous venez tout juste d'avoir

31 ans, il y a de cela quelques

semaines. Bonne fête en retard.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Merci!


RACHEL DESAULNIERS

Pour un jeune homme de votre

âge, vous avez quand même

un sens du temps,

une conscience du temps

assez développée.

(propos en anglais et en français)

D'ailleurs,

vous vous êtes donné un défi

de faire 30 tâches ou 30 projets

avant l'âge de 30 ans,

la fameuse

Bucket list,votre

projet du

Thirty before thirty.

Décrivez-nous quelques-unes

des choses que vous avez

choisies. Qu'est-ce qu'il y

avait sur votre liste?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Plusieurs choses. Plusieurs

voyages, parce que je voulais

vraiment découvrir ce monde.

Il y a plus que juste Sudbury,

il y a plus que juste le Canada.

Je voulais découvrir le monde

donc. Juste des choses ...

il y en a qui sont vraiment

comme typiques, dans le sens

que je voulais manger

une crêpe sur la tour Eiffel,

je voulais prendre une randonnée

sur une gondole à Venise...

Je voulais vraiment vivre

l'expérience en Australie,

je voulais sauter d'un avion,

je voulais apprendre à surfer,

je voulais voir un spectacle

de Tina Turner...

Je voulais rencontrer et

remercier Ellen DeGeneres.


RACHEL DESAULNIERS

Mais cette passion pour

vous dépasser, pour accomplir,

vivre avec un grand V si on

peut dire, il y a quand même eu

un élément déclencheur qui a

allumé tout ce mouvement-là.

Racontez-nous cette histoire.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Malheureusement, il y a eu

un meurtre au sein de notre

famille.

Ça, ç'a vraiment

déboussolé tous les membres.

à un moment donné...

C'est vraiment se découvrir,

c'est vraiment d'aller chercher,

de creuser au fond de soi

pour aller chercher

une autre force.

Puis, pour moi, cette autre

force-là, c'était de créer

une liste de choses

qui allaient m'encourager

à prendre un risque,

d'aller voir le côté positif

dans le monde, parce que

c'était tellement un temps

difficile, un temps

qui était très noir,

autant avec la famille

que personnel. On parle

du dépassement. Pour moi,

j'avais besoin de sortir

de ce noir-là pour aller

explorer le monde.

Et c'est là où est venue

l'idée originalement...

Puis, un an après l'autre,

j'ajoutais des choses. Je me

suis posé trois questions:

qui est-ce que tu veux

rencontrer? où veux-tu aller?

que veux-tu faire? Pour moi,

c'était simple. Pour honorer

la mort de ma cousine, c'était

vivre ma vie à son plein

potentiel. Et c'est ça que

j'essaie d'inspirer chez les

jeunes. La vie est tellement

courte. C'est de prendre ça,

oui, une journée à la fois, mais

de se préparer et se donner

des buts pour avoir une vision.

OK, oui, aujourd'hui, j'existe,

mais demain, là aussi,

qu'est-ce qu'on va faire?

Ayez un plan, essayez de faire

n'importe quoi. Je veux dire,

c'est de prendre des risques,

oui, mais c'est aussi faire

des sacrifices pour obtenir...

si c'est vraiment une passion.

Parce que je veux pas juste

n'importe quoi sur cette

liste-là, il faut vraiment

que ça te passionne.


RACHEL DESAULNIERS

Vous parliez tout à l'heure

des critères assez spécifiques.

Est-ce que vous aviez des

limites, par exemple de temps,

d'argent ou de moyens?

De quelle façon vous l'avez

organisée, votre liste,

de ce côté-là?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Quand la liste a été créée,

ç'a été vraiment l'innocence de

l'ado qui veut juste tout faire.

Donc, non, je me suis pas posé

de limites. Au niveau

financier, je viens pas

d'une famille très riche,

je savais pas comment

j'allais... Les défis...

Je pense, justement,

en Australie.

Parce que l'Australie, pour moi,

c'était tellement important.

Parce que, ce voyage-là,

je faisais 8 items de ma liste,

paf! paf! paf! Et pour moi,

il fallait que j'y sois. J'ai

planifié un budget pour 2 ans

et, à mi-chemin, j'ai fait:

« Oh, je sais pas si je vais le

faire. Financièrement, je vais

pas être capable. » Donc, moi,

j'ai vraiment été à l'extrême.

C'était une passion, ça, c'est

quelque chose que tu peux pas

enlever. Donc, j'ai vendu

mon véhicule. Les frais

d'assurances, je les ai investis

dans le voyage. J'ai pris

l'autobus. C'est pas évident,

l'autobus, entendons-nous,

à Sudbury. De La Vallée

à Sudbury, pas évident le faire

pour un an. Mais tout ça,

c'est que des détails.

Si c'est vraiment une passion,

tu vas aller faire tout ce qui

est possible pour le réaliser.


RACHEL DESAULNIERS

Un des éléments de la liste,

c'était d'aller rencontrer Ellen

DeGeneres. Je vais vous demander

tout à l'heure de nous expliquer

pourquoi. Maintenant, je veux

que vous me racontiez le

comment. Vous avez eu

un peu d'aide des amis

un peu partout sur la planète.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Voilà.


RACHEL DESAULNIERS

Vous avez fait appel

aux médias sociaux et les gens

étaient au rendez-vous.

Racontez-moi comment

vous vous êtes organisé

pour avoir cette campagne.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

C'est spécial pour moi

parce que, pour moi, c'était

mon rêve. C'était quelque chose

que je voulais faire.

Encore, aucune limite.

Je savais pas comment j'allais

le faire, mais il fallait

que je le fasse. Et je savais

qu'avec Ellen, c'est exactement

comme t'as dit, les réseaux

sociaux. J'ai dit: qu'est-ce

que, moi, à Sudbury,

qu'est-ce que, moi, je peux

faire pour attirer l'attention

d'Ellen? Donc, c'est ça,

avec les camps de leadership

que j'ai faits au secondaire,

en utilisant Ellen comme

inspiration, avec tout ce

qu'elle a vécu avec ses défis,

on a commencé à créer

des vidéos, et une des vidéos

qui a fonctionné le plus, c'est

vraiment une vidéo que j'ai

faite de façon personnelle,

mais avec des gens que j'ai

rencontrés autour du monde

grâce à cette liste-là.

Et j'ai dit: « Écoute, j'ai

une idée folle. Aucun jugement.

Je vais vous demander:

est-ce que vous voulez

participer à un projet? »

Mon but, c'est vraiment

de répandre l'énergie positive

à travers le monde.

Alors, ce que j'ai demandé,

j'ai demandé aux gens de tenir

une enseigne qui disait

(propos en anglais)

« Laughing and dancing with JP

and Ellen »...

(Propos traduits de l'anglais)

(Rire et danser avec JP et Ellen.)


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

(propos en anglais et en français)

Et juste poser devant

ce que j'appelle un

landmark

de leur pays. Si c'était Paris,

je veux voir la tour Eiffel,

etc., juste pour identifier

vraiment le stéréotype

de votre pays.

Une idée folle. Pour moi,

j'ai dit: je vais la lancer,

je prends le risque,

j'ai l'air peut-être un peu fou,

mais je l'essaie.

À ma surprise, au-delà

de 100 personnes ont participé

de 22 différents pays et ça,

ç'a vraiment créé un buzz

autour.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Les médias, genre des

médias de New York, de Montréal,

de Vancouver qui m'appelaient:

c'est qui, ce Jean-Paul

Courtemanche-là de Sudbury

et pourquoi c'était important

de le rencontrer?

Donc, non, pour moi, ç'a

juste montré que les gens

veulent juste participer dans

des projets positifs. Ça leur

rapportait rien, mais c'était

juste un rassemblement

d'une belle énergie.

Et ça, pour moi, c'est un

des plus gros cadeaux.


RACHEL DESAULNIERS

Nous sommes ici chez vous,

dans la région de Sudbury, mais

vous avez aussi fait énormément

de voyages et un des aspects

de votre travail, c'est

d'accompagner des jeunes qui

ont pas fait de voyage avant.

Pourquoi ça vous fascine autant,

voyager avec des jeunes?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

C'est vraiment parce que:

1) c'est une de mes passions.

C'est quelque chose que j'ai

découvert quand, moi, j'étais

au secondaire et ç'a changé

ma vie.

Je veux dire, ta

perspective du monde change.

Les jeunes posent toujours la

question: « Tu trouves pas

que c'est difficile de voyager

avec des élèves? C'est

un gros stress, une grosse

responsabilité. » Oui,

mais il y a quelque chose

qui se passe en voyage,

surtout quand c'est la 1re fois,

la 1re fois qu'ils prennent

l'avion, la 1re fois qu'ils vont

en Europe, à un autre pays.

Il y a comme... Tu le vois dans

les yeux, il y a comme un

déclic qui se passe. C'est plus

que juste que ma ville natale,

c'est plus que ma province,

que mon pays. C'est vraiment

un monde entier. Ça, ça vaut

tous les maux de tête,

le stress, tout ça. J'adore

ce moment-là et je le recherche

année après année.

(On présente une vidéo au cours de laquelle JEAN-PAUL COURTEMANCHE fait un témoignage personnel.)

(Début extrait vidéo)


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Je me nomme Jean-Paul

et, oui, je suis homosexuel.

(propos en anglais)

And trust me, it gets better.

Je suis né au mois d'octobre 83,

fils d'un mineur à Sudbury,

Ontario. C'est pas un petit

village, mais peut sembler

comme un petit village en fait

de mentalité. Tout de suite,

une grande ouverture

quand ça vient à ça,

mais c'est pas la place idéale

pour faire son coming-out et

c'est pour ça que j'ai attendu

jusqu'à l'âge de 22 ans.

[Début information à l'écran]

www.youtube.com/user/ itgetsbetter

[Fin information à l'écran]

Fin extrait vidéo


RACHEL DESAULNIERS

Revenons à votre fameuse

liste. Vous êtes allé rencontrer

Ellen DeGeneres. Vous

avez dansé avec elle. Vous lui

avez parlé. Racontez-nous

pourquoi c'était un modèle

pour vous et pourquoi

c'était important d'aller

à sa rencontre.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Pour moi, ç'a été vraiment

une source d'inspiration

par rapport au coming-out.

Grandissant à Sudbury, dans

une famille très catholique,

j'avais pas ce modèle-là

dans mon entourage.


RACHEL DESAULNIERS

Un modèle pour vous donner

la confiance, de vous affirmer

et d'être qui vous êtes.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Voilà, voilà. J'avais pas

cette personne-là. Pour moi,

c'était: « OK, c'est correct.

Je suis qui je suis. »

Non, ç'a été vraiment un côté

de force et une inspiration

pour moi. Et pour moi, c'était

de dire merci. Merci d'être

là, merci d'être une figure

publique qui donne

le courage parce qu'on sait

que, avec son cheminement

à elle, ça n’a pas été facile,

mais pour nous, qui vivons

à Sudbury, dans des petits

villages, etc., ça donne espoir.


RACHEL DESAULNIERS

Donc, votre homosexualité est

connue de votre vie, de votre

entourage, de votre employeur,

dans votre milieu de travail.

Est-ce que vous avez eu

des doutes ou des craintes

à un moment donné

de la façon que les gens

allaient réagir, comme vous

dites, dans une petite ville

du nord de l'Ontario?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

(acquiesçant)

Hum hum.


RACHEL DESAULNIERS

Est-ce qu'il y a eu

des moments de crainte

ou de doute chez vous?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Oui. Et beaucoup.

Je veux dire, ça, c'est juste

la réalité. Et c'est la raison

pourquoi ça m'a pris jusqu'à

l'âge de 22 ans, de faire mon

coming-out. J'étais à ma

4e année universitaire

avant que je puisse dire:

« Voici qui je suis, je m'aime,

je m'accepte. » Et ça, c'est

une étape tellement,

tellement importante,

mais difficile aussi.

C'est ça, je m'en rappelle,

ma 1re journée - parce que

j'étais embauché au CSPGNO -

et j'ai eu ma 1re tournée

dans mon école - parce que,

dans ce temps-là, je commençais

dans une école -, et le

directeur m'a donné la tournée

pour m'apporter dans ma salle.

Puis, il m'a dit: « Jean-Paul,

on est conscients, on le sait,

que t'es homosexuel. »

Et là, à un moment donné,

j'ai commencé à avoir peur.

Parce que c'est la 1re fois

qu'un inconnu... Je connaissais

pas cette personne-là.

Puis, j'étais là, comme:

« OK, qu'est-ce qu'il va dire? »

Parce que, là, je viens

de commencer ma carrière,

je viens juste de faire

mon coming-out.

Puis, c'est ça, il m'a dit:

« Si jamais t'as un problème,

que ce soit avec un élève,

un enseignant, un parent,

viens me voir et ensemble...

Parce qu'ici, c'est chez toi,

tu peux être qui tu es.

On t'appuie. » Et ça,

ça m'a beaucoup aidé

parce que c'est la 1re fois

qu'un inconnu me disait:

« On t'accepte », comme

le cheminement que, moi,

je me suis fait, de me dire:

« Je m'accepte et je m'aime ».


RACHEL DESAULNIERS

Vous, vous êtes un peu

une personne-ressource

maintenant. Vous faites partie

des campagnes antibullying

contre l'intimidation pour

encourager d'autres jeunes.

Entre autres, vous faites

partie d'une campagne

It gets better. Qu'est-ce que

c'est, cette campagne?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

It gets better,c'est

vraiment une campagne

qui a été créée aux États-Unis.

C'est 2 hommes qui ont dit:

« Écoute, on connaît la réalité,

on sait comment c'est difficile.

Si seulement on peut

leur parler. » Parce que,

dans ce temps-là, on entendait

beaucoup, dans les nouvelles,

les suicides. On entendait

beaucoup des témoignages

de jeunes qui disaient:

« Je ne suis plus capable.

Je ne suis plus capable

dans mon petit village,

dans ma ville. » Et ils disaient:

« Si seulement on peut aller

les rejoindre, les rejoindre

pour dire:

"It gets better". »

Oui, c'est difficile. Je vais pas

mentir que... ça va continuer.

Mais pour moi, cette

campagne-là, c'était tellement

important. Et c'est un peu

grâce à Ellen que j'ai eu ce

courage-là, où j'ai dit:

OK, oui, il y a ma vie

personnelle, oui, il y a

ma vie professionnelle,

mais à un moment donné,

il faut que je fasse

ce jumelage-là.

Parce que, moi, comme ado,

je m'en rappelle, comment

c'était difficile de dire:

« Je suis le seul, je suis

le seul à Sudbury,

je comprends pas.

Pourquoi, comment,

pourquoi moi? » Donc, j'ai dit:

moi, j'ai besoin d'être

cette personne-là pour

quelqu'un qui questionne

et pour dire: « Oui, oui,

c'est difficile, je comprends

et je peux pas te dire

que non, t'as pas raison

avec ces émotions-là.

(propos en anglais)

But it does get better.

Oui, même à Sudbury. »


RACHEL DESAULNIERS

Dans vos désirs également,

on revient à votre fameuse

liste, un des éléments,

c'était de documenter,

d'écrire un livre qui raconte

cette aventure. Est-ce que

la rédaction avance bien

et est-ce que vous allez

comme un peu donner

des perles de sagesse

dans cette publication-là?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Bien, c'est drôle que tu dises

« publication » parce que,

pour moi, c'était un journal.

Pour moi, je vais

tout documenter pour moi

et peut-être comme preuve

que j'ai existé. Peut-être que,

pour moi, quand je regarde le

décès de ma cousine à l'âge de

20 ans, qui a pas eu la chance

de vivre à son plein potentiel,

peut-être, pour moi, ce

journal-là, c'était d'une façon

pour dire: « J'ai existé, j'ai vu

le monde, je vois le positif,

il est possible... »

Ça, c'est devenu pour moi

un journal personnel. Mais là,

quand je donne des conférences,

les gens disent: « Je veux lire

le livre, je veux lire

tes aventures... »


RACHEL DESAULNIERS

Vous créez des attentes.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

« Il y a plein d'histoires

qu'on n’a pas entendues », etc.

J'ai fait: peut-être. Peut-être

que ça va être publié.

Peut-être. Mais pour l'instant,

on va voir, on va laisser

cette bête-là... respirer.

Pour moi, c'est encore

de la création. Donc, qui sait,

peut-être, ça va apparaître

sur une liste...

dans la prochaine liste.


RACHEL DESAULNIERS

Dans 5 ans, c'est court,

5 ans, vous vous voyez à quel

endroit et à quoi ressemble

votre idéal dans 5 ans?


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Hum, bonne question!

C'est certain que, pour moi,

dans 5 ans, dans 10 ans,

dans 15 ans, je suis un rêveur,

je suis quelqu'un qui va

se fixer des objectifs.

Les gens, dans mes conférences,

disent: « Oui, mais Jean-Paul,

c'est beau, une liste

30 avant 30,mais j'ai 54,

j'ai 76. Est-ce que c'est

fini pour moi? » Et je dis:

« Non. Tu peux commencer

maintenant. Regarde l'âge

que t'as maintenant. Donne-toi,

dans les prochains 10 ans,

10 buts à réaliser et commence.

Commence dès aujourd'hui. »

Donc, que j'aie 35 ans, 41 ans,

75 ans, c'est certain que je

vais continuer à me donner des

buts, continuer à me dépasser.

La vie est tellement belle, le

monde est tellement beau. C'est

d'aller trouver ces perles-là

et se donner des objectifs.


RACHEL DESAULNIERS

Jean-Paul Courtemanche,

merci infiniment.


JEAN-PAUL COURTEMANCHE

Avec plaisir.

(Générique de fermeture)

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