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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Hélène Campbell : Double lung Grafted

Who hasn’t heard of Hélène Campbell?
This young woman from Ottawa has certainly come a long way. In the summer of 2011, at 20 years of age, she learned she had pulmonary fibrosis; her lungs functioned at only 25% of their capacity, and her life was forever changed. The only solution was a double lung transplant.
Since then, Campbell’s story has been heard the world over.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

DANIEL LESSARD rencontre des personnalités francophones et francophiles; des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

Pendant que DANIEL LESSARD présente son invitée, des extraits vidéos d'HÉLÈNE CAMPBELL défilent à l'écran.


DANIEL LESSARD

Qui n'a pas entendu parler

d'Hélène Campbell? Cette

jeune femme d'Ottawa revient

de loin. À l'été 2011, à l'âge

de 20 ans, elle apprend

qu'elle souffre d'une

fibrose pulmonaire.

Ses poumons ne fonctionnent

qu'à 25% de leur capacité.

Sa vie vient de basculer.

La seule solution: une double

greffe des poumons.

Hélène s'exile à Toronto en

attente d'un donneur. Elle

garde le moral, mais sa santé

se détériore.

En avril 2012, l'Hôpital général

de Toronto trouve enfin

un donneur compatible.

La greffe réussit. Mais elle

devra prendre des médicaments

le reste de sa vie pour éviter

tout rejet de greffe.

Son blogue, Une histoire de

poumons, attire des milliers de

lecteurs. Son compte Twitter

a 16 000 abonnés, et quantité

d'entre eux ont contribué à

sa campagne de don d'organes.


HÉLÈNE CAMPBELL (hors champ)

Je pense, une des plus grosses

raisons pour lesquelles j'ai

continué, c'était parce que je

voulais danser avec

Ellen DeGeneres.

(DANIEL LESSARD et HÉLÈNE CAMPBELL sont maintenant assis l'un face à l'autre.)


DANIEL LESSARD

Hélène, bonjour.


HÉLÈNE CAMPBELL

Bonjour.


DANIEL LESSARD

T'es en pleine forme?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui.


DANIEL LESSARD

Oui? T'es poumons

fonctionnent à...?


HÉLÈNE CAMPBELL

61%.


DANIEL LESSARD

Et ça, ça te permet de faire

à peu près tout ce que tu veux?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui.


DANIEL LESSARD

Revenons en arrière, Hélène.

Quand t'as eu le diagnostic que

tes poumons fonctionnaient à

quoi, 25, 26% à ce moment-là,

comment t'as réagi?


HÉLÈNE CAMPBELL

J'ai dit: Ah, ça explique

beaucoup. Dans ma tête, je me

suis dit: C'est pour ça que

j'étais pas une fille normale.

C'est pour ça que j'étais pas

capable de faire ceci, c'est

pour ça que je me sentais

tellement à court de souffle,

c'est pour ça que j'ai perdu

beaucoup de poids.

Là, je comprends pourquoi.

Et c'était pas juste dans ma

tête que j'étais pas normale,

c'était vraiment... maintenant,

on avait une raison pour

laquelle j'étais pas capable

de faire des choses qu'une

fille, à 20 ans, devrait être

capable de faire.


DANIEL LESSARD

Quand on t'a dit:

"La seule solution,

c'est la double greffe",

est-ce que ça t'a semblé

épouvantable? Est-ce que tu

t'es dit: Je pourrai jamais

passer à travers ça

ou si t'étais très confiante

dès le départ?


HÉLÈNE CAMPBELL

Je vais dire que j'étais

confiante, mais j'étais aussi

au courant de la réalité d'une

greffée, et d'être sur une liste

d'attente pour les poumons

ainsi que les reins. Parce que

je travaillais dans l'unité de

dialyse auparavant, avec les

patients qui étaient sur une

liste d'attente en train

d'avoir du traitement. C'est

qu'avec les poumons, si tu ne

reçois pas les poumons à

temps, c'est tout. Tandis

qu'avec un rein, tu peux être

sur la dialyse. Alors pour moi,

c'était... j'aime ça vivre...

Ça, c'est ma réalité, je vais

faire face à ça. Et si je ne

reçois pas le don de vie,

bien, j'ai été capable de

vivre une très bonne vie et ça,

ça va être mon histoire.


DANIEL LESSARD

Ça a pris combien de temps?


HÉLÈNE CAMPBELL

Depuis le diagnostic,

c'était... et de la greffe...

J'ai attendu pour trois

mois à Toronto.


DANIEL LESSARD

Il fallait aller à Toronto

pour ça?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Alors ils font pas ça ici

à Ottawa. Et on a les coeurs

ici à Ottawa, parce que c'est

une des...


DANIEL LESSARD

L'Institut de cardiologie,

oui, très réputé.


HÉLÈNE CAMPBELL

Super. Mais ils font pas les

poumons ici. Alors Toronto et

Montréal font les poumons. Mais

moi, j'ai fait le choix de me

retrouver à Toronto.


DANIEL LESSARD

Trois mois d'angoisse?


HÉLÈNE CAMPBELL

Non. Je dirais pas ça du

tout. Il y avait des jours où

c'était difficile, c'était très,

je dirais... L'expérience était

très bruyante. Puis je toussais

tout le temps, c'était toujours

fort. C'était jamais

silencieux. J'étais jamais

toute seule à trop penser.


DANIEL LESSARD

Qui était avec toi à ce

moment-là? Ta mère, tes amis?


HÉLÈNE CAMPBELL

Ma mère était avec moi.

On demeure ici, c'est ma maison

ici. Pas à moi, mais...


DANIEL LESSARD

À tes parents.


HÉLÈNE CAMPBELL

Mes parents. Et tu sais, ils

voulaient tout déménager la

famille à Toronto, mais...

On est quatre enfants, deux des

quatre étaient encore à

l'école, je voulais pas leur...

bouger de...


DANIEL LESSARD

Leur imposer--


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Mon père est professeur

ici, alors on voulait pas, tu

sais, arrêter leur vie parce que

la mienne était sur pause. Alors

ma mère a pris la décision.

Tu sais quoi, Alan, tu vas

rester ici avec les enfants;

moi, je vais aller avec Hélène.

Elle a pris une... elle a arrêté

son travail, elle a pris une

année pour être avec moi.


DANIEL LESSARD

Être avec toi.


HÉLÈNE CAMPBELL

Elle est infirmière, alors

elle était mon infirmière.


DANIEL LESSARD

Ouais. Quand le téléphone a

sonné puis on a dit: Hélène,

on a trouvé un donneur...

ç'a été quoi, l'explosion de

bonheur, de... mais un peu de

crainte aussi en même temps?


HÉLÈNE CAMPBELL

La première fois. Alors j'ai

eu une fausse alarme. Ça arrive

souvent avec les greffes parce

qu'ils vont dire: Ah, on a

le type sanguin, ça va être

pour toi, on t'appelle, tu te

rends à l'hôpital, tu fais...

Tu sais, ils te donnent tous les

antirejets, ils te préparent

pour vraiment passer à travers

l'expérience. Et là, ils m'ont

dit: "Hélène, on a les poumons

ici, seulement un des poumons

est bon pour toi, t'as besoin de

deux poumons." Et ça, je me suis

dit: Ah, c'est ce soir que ça

va arriver. C'est pas arrivé.


DANIEL LESSARD

Déception un peu.


HÉLÈNE CAMPBELL

J'étais un peu déçue, mais ils

m'ont dit que c'était pour

arriver et que ça arrive pas

mal souvent. Alors pour moi,

j'étais pas trop déçue.

La deuxième fois quand c'est

arrivé, j'étais déjà dans

l'hôpital, ma santé était

vraiment pas bonne,

ils m'ont dit--


DANIEL LESSARD

À ce moment-là, tes poumons

étaient à--


HÉLÈNE CAMPBELL

6%.


DANIEL LESSARD

Six?


HÉLÈNE CAMPBELL

Alors je fonctionnais pas

bien. Et c'est pas juste que mes

poumons étaient à 6%, c'est que

mes poumons faisaient pas

l'échange. Alors j'avais

l'oxygène et je n'expirais pas.

Le CO2, j'en avais trop dans mon

système, alors le corps pensait:

Elle peut pas prendre

une inspiration, elle n'a

même a expiré.

Alors je pouvais pas respirer.

Je pouvais pas avoir trop

d'oxygène, je pouvais pas

pas avoir assez d'oxygène,

j'étais vraiment...

une ligne très, très mince

et mon temps était très

limité. Et je vais te dire, je

me suis dit, cette journée:

Maman, je pense que c'est ça

pour moi. Puis si c'est--


DANIEL LESSARD

"C'est ça pour moi",

tu veux dire, il n'y avait plus

d'espoir?


HÉLÈNE CAMPBELL

Non, c'est ça. Bien, pas

qu'il n'y avait plus d'espoir,

mais je me suis dit: soit que

je reçois des poumons

ou non, je vais être

à une meilleure place.


DANIEL LESSARD

Quand tu dis "être à une

meilleure place"... T'es

croyante, tu crois en Dieu?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, je crois en Dieu.

Je dirais que l'expérience m'a

fait vivre beaucoup de...

J'ai eu beaucoup de questions

avec ma foi, comment je me

sens avec la foi, et dans ces

temps-là, j'ai vraiment pris

ça au sérieux. Pour moi, je me

disais que si j'étais pas pour

recevoir de poumons, pour moi,

je crois qu'il y a un ciel,

j'étais pour être correcte.

Ou même je n'étais plus pour

être en misère de pas être

capable de respirer.


DANIEL LESSARD

L'opération a lieu...

Quand tu te réveilles

après l'opération?


HÉLÈNE CAMPBELL

J'avais deux pensées. La

première était: Ah, c'est vrai,

c'est vraiment arrivé. Et là,

j'étais vraiment triste parce

que j'ai réalisé: Ah, c'est mon

début, mais c'est la fin de

quelqu'un d'autre. Tu sais,

moi, c'est une célébration de

vie, il y a une famille qui

est maintenant en train de

subir toute une expérience

horrible, ils viennent juste de

perdre quelqu'un qu'ils aiment

tellement. Ma deuxième chance,

il y a quelqu'un qui n'est plus

là à cause de ça.


DANIEL LESSARD

Tu sais qui c'est?


HÉLÈNE CAMPBELL

Non.


DANIEL LESSARD

Non?


HÉLÈNE CAMPBELL

Non.


DANIEL LESSARD

Et une fois ce choc passé,

cette réaction tout à fait

normale, tu t'es dit: Bon bien

là, on repart.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Je me sentais coupable

pour plusieurs raisons.

Premièrement, le fait que

quelqu'un est mort et que moi...

Tu sais, moi, je suis correcte

à cause de ça. Je me sentais

coupable. Une autre chose: je

connaissais beaucoup de monde

qui était sur la liste d'attente

pour deux ans, tu sais,

qui attendait depuis beaucoup

plus longtemps que moi puis je

me suis dit: Pourquoi est-ce que

moi, j'ai reçu ce don tandis

qu'eux autres l'ont pas encore

reçu? Et une de mes amies qui

demeurait à Montréal avant,

qui a déménagé à Toronto

pour sa greffe, ils lui ont

dit: Tu es trop malade, on peut

pas te donner une greffe, on

doit t'enlever de la liste et

tu vas mourir sans recevoir le

don de vie. Et pour moi, c'était

comme... Hein? Pourquoi pas

moi? Tu sais, pourquoi elle?

Pourquoi est-ce qu'elle doit

être renvoyée chez elle?

Et c'est toute une affaire que

le monde me regarde et ils

disent: Hélène, tu es

tellement... Ah, je suis

tellement contente pour toi,

t'as reçu ça, ta vie doit être

super. C'est comme... Oui, ça va

bien la vie, mais y a des

journées où c'est très

difficile. C'est mieux, mais

j'ai perdu beaucoup de personnes

que... on a vraiment eu des

bonnes relations avec parce

qu'on se comprenait.


DANIEL LESSARD

Hélène, maintenant que t'as

retrouvé ta vie normale, tu

veux faire le tour du monde si

je comprends bien?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Il y a certaines places

que je peux pas aller, avec pas

de système immunitaire, mais il

y a beaucoup de places que

j'aimerais y aller. Alors c'est

sur une liste. J'ai été en

Espagne avant ma greffe,

et en Angleterre aussi,

puis j'aimerais ça retourner

maintenant que je suis

en santé.


DANIEL LESSARD

En Espagne?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, pour faire El Camino

comme on dit, la marche. Pas

tout ça, mais peut-être trois,

quatre jours de ça puis de

retourner avec les amis.


DANIEL LESSARD

Qu'est-ce qui est de si

attirant dans cette marche-là?


HÉLÈNE CAMPBELL

Pour moi, je le sais pas si

c'est l'aspect spirituel, c'est

juste le fait que maintenant,

je peux marcher. Puis c'est

en Espagne la place que

j'ai vraiment découvert

que j'étais pas normale.

(Un extrait d'une vidéo de HÉLÈNE CAMPBELL s'exprimant en anglais sur l'importance du don d'organes et de sang défile pendant quelques secondes.)


DANIEL LESSARD

Hélène, cette expérience que

tu n'avais pas souhaitée t'a

permis de te lancer dans une

autre expérience, une campagne

de dons... pour favoriser les

dons d'organes, c'est ça?

Qui s'appelle Give2Live,

si j'ai bien compris?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Ça, c'est une fondation

pour faire une collecte de

fonds pour les familles

qui doivent déménager

ou qui ont des dépenses pour des

raisons de maladie.


DANIEL LESSARD

Ça, c'est une chose.

Et la campagne pour les dons

d'organes et l'implantation

de dons d'organes,

c'est une autre chose?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Je dirais que mon but

du début était de commencer la

fondation pour les familles.

Mais de tout le site web qu'un

ami a fait pour notre famille,

de ça, ça a vraiment sorti une

plus grosse cause, comme

je dirais, de sensibiliser le

monde au don d'organes.

Alors... Je ne me souviens

plus, j'ai eu une idée que tout

le monde me trouvait vraiment

folle d'utiliser le Twitter

puis de demander à Justin

Bieber, le chanteur, s'il

pouvait parler du don

d'organes dans son tweet.

La chose, c'est que tout le

monde messageait Justin Bieber

tout le temps, parce que tu

sais, il avait vraiment un

gros... un gros...


DANIEL LESSARD

Impact.


HÉLÈNE CAMPBELL

Impact sur les petites

filles, qui l'aimaient

beaucoup. Alors je me suis dit,

après que j'aie lancé la

campagne, parce que moi,

je le connaissais pas comme ça.

J'ai dit: Je pense pas qu'il

va recevoir nos messages.

Mais deux jours après, il a fait

une réplique et depuis ce

temps-là, le monde... je pense

qu'ils ont vu l'importance du

don d'organes et ont vu qu'avec

une idée comme la mienne, un

peu folle, on est capable de

faire une différence.


DANIEL LESSARD

Hum-hum. Il y a encore

beaucoup de gens, me dit-on,

et corrige-moi si je me trompe,

qui hésitent à signer les

formulaires de don d'organes,

qui... pour toutes sortes de

bonnes ou mauvaises raisons,

aiment pas faire ça. Est-ce que

c'est encore vrai?


HÉLÈNE CAMPBELL

C'est vrai. Je dirais que la

majorité du monde veulent

signer, mais ils le font pas.

Alors je pense qu'ils disent

qu'ils veulent, mais vraiment,

quand vient le temps de le

faire, ils aiment pas ça penser

à ça, alors ils ne le font pas.

Même, on aime pas ça parler

de la mort, right?


DANIEL LESSARD

Non. On n'aime pas penser

que ça pourrait nous arriver.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, c'est ça. Et pour moi,

quand j'étais en 12e année, j'ai

fait un rapport sur le sujet

d'une transformation humaine,

soit spirituelle, physique ou

émotionnelle, et j'ai choisi

de prendre le côté de

transplantation, de greffe.

Alors j'ai connu ça avant que

même moi j'aie fait face à la

situation. Alors même dans ce

temps-là, quand j'ai vu les

numéros, j'ai pas pensé de

faire un défi, j'ai pas pensé de

faire une campagne, mais là,

quand ça m'a affectée, j'ai

dit: C'est vrai...


DANIEL LESSARD

Si je peux aider quelqu'un.


HÉLÈNE CAMPBELL

C'est pas juste pour moi.

Mais si, dans ma situation,

je peux au moins

convaincre une personne

de donner leurs organes...

Il y a eu une raison pour

laquelle je suis tombée

malade, pour moi,

c'était justifié que oui, je

suis tombée malade parce que,

de ça, je pourrais aider

une personne. C'est vraiment

bizarre de penser comme ça.


DANIEL LESSARD

Revenons à la campagne

médiatique, Hélène. Il y a deux

noms qui ressortent tout le

temps - j'aimerais t'entendre

là-dessus - Justin Bieber...

Il a pas très bonne réputation,

j'ai pas besoin de te faire de

dessins, il se conduit pas

toujours comme on voudrait

qu'il se conduise.


HÉLÈNE CAMPBELL

C'est correct.


DANIEL LESSARD

Toi, ça change quelque chose

dans ta tête?


HÉLÈNE CAMPBELL

Moi, non. Je l'ai rencontré et

il était très gentil quand je

l'ai rencontré. Je sais que

d'avoir la pression comme ça,

c'est pas facile.

Je le supporte pas dans ce qu'il

fait. Mais je dirais que

quand il l'a fait, il était

vraiment... exigeant dans

le fait qu'il--


DANIEL LESSARD

Sincère?


HÉLÈNE CAMPBELL

Sincère.

On a rencontré toute la famille

et il était sincère, oui.


DANIEL LESSARD

Ellen DeGeneres a joué un rôle

important aussi.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Je l'adore. J'ai toujours

aimé son émission. Je l'ai

toujours trouvée drôle... son...

sa perspective positive envers

la vie, j'ai toujours aimé ça.

Et toute ma vie, je me suis

dit: Un jour, je vais danser

avec Ellen DeGeneres.

Je l'ai écrit en 12e année pour

mon petit message, like: Ah,

je vous aime tous, une

belle école, un jour, vous allez

me voir sur Ellen. Tu sais,

pas penser à ça du tout.

J'ai toujours aimé son attitude

et le fait qu'elle a vu que...

tu sais, j'aurais pas pensé que

ç'aurait été à travers ça, j'ai

pas fait ce que j'ai fait parce

que j'aimais Ellen. Je l'ai

fait pour deux raisons.

La première, c'était pour aider

le monde. Et la deuxième,

ça m'aidait à faire face

à ma maladie.

(Un extrait en anglais de la vidéo-conférence entre HÉLÈNE CAMPBELL et ELLEN DEGENERES joue alors pendant quelques secondes.)


DANIEL LESSARD

Tu l'as fait deux fois, elle

t'a interrogé une fois sur

Skype avant la greffe et

ensuite, vous avez dansé.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, j'étais une fois sur

Skype avant la greffe, une fois

sur Skype encore après la

greffe... quand j'allais mieux.

Elle a dit: "Ah, c'est super, tu

parais tellement bien. J'ai

hâte que tu danses avec nous."

Et après ça, j'ai monté à...

bien, descendu je devrais dire

en Californie avec toute

la famille. Ç'aurait pu être

une histoire très triste.

Tu sais, le fait que

j'étais tellement malade avant

d'avoir... reçu la greffe.

Ils m'ont dit: "Hélène, si tu ne

reçois pas un organe ce soir,

c'est tout pour toi." Ça aurait

pu être ma fin. Mais je suis

encore ici. Je pense, une des

plus grosses raisons pour

lesquelles j'ai continué,

c'était parce que je

voulais danser avec Ellen.

(Un extrait vidéo de la danse entre HÉLÈNE CAMPBELL et ELLEN DEGENERES joue pendant quelques secondes.)


DANIEL LESSARD

T'as un cinéaste préféré?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. C'est Steven Spielberg.

Je l'ai toujours aimé. Son

style. Il y a des shots qu'il a

faites que pour moi...

Je me souviens le jour que

j'étais en train d'écouter Jaws.

Puis il y a une scène où tu

sais, il avance avec la caméra,

mais il fait un zoom par en

arrière, alors ça fait tout un

effet. Puis j'ai toujours aimé

ça. Alors moi, en film, je

voulais tout étudier son style

et refaire son style dans les

films que j'ai faits.


DANIEL LESSARD

Un jour, on pourra dire:

Hélène Campbell, cinéaste,

réalisatrice, productrice.

Ça fait partie de tes rêves?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, ça a toujours fait partie

de mes rêves. Maintenant, tu

sais, j'ai une histoire à

raconter, et je comprends les

histoires. Alors j'aimerais ça

faire ça.


DANIEL LESSARD

Ça va assez bien maintenant

pour te retrouver toute seule

dans un appartement?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Maintenant, ma santé est

assez stable. La réalité avec

une greffe, c'est qu'on a pas

de système immunitaire.

Alors ça peut aller vraiment

bien et tout à coup, on peut

avoir un rhume et là, c'est une

pneumonie, on sort jamais de

l'hôpital et c'est notre fin.

Mais pour moi, ça va très bien.


DANIEL LESSARD

C'est un désir d'indépendance,

l'appartement?


HÉLÈNE CAMPBELL

J'aime l'indépendance, mais

des fois, j'ai des craintes...

si jamais je me sens pas bien...

Je suis vraiment habituée

à avoir ma mère avec moi.

Elle était ma personne de

support et je pense qu'il y a

personne d'autre qui va être...

qui va symboliser--


DANIEL LESSARD

Qui va comprendre comme elle.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, comme elle. Aussi qui...

tu sais... Moi, quand je me sens

pas bien, ma sécurité est

ma mère.

Alors dans mon appartement,

si jamais je me réveille et je

file pas, je sais que je vais

avoir des craintes.

"Maman...", tu sais.


DANIEL LESSARD

Maman, viens faire un tour.

Tu travailles?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui.


DANIEL LESSARD

Tu fais quoi?


HÉLÈNE CAMPBELL

À temps partiel. Je travaille

comme comptable à l'Hôpital

d'Ottawa. L'unité de santé.

Alors pour toute la nourriture

pour les patients.


DANIEL LESSARD

C'est le genre de travail que

tu fais en attendant de faire

autre chose? T'as autre chose

en tête?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. J'aimerais ça faire

d'autre chose. J'aime vraiment

parler aux conférences. J'aime

sensibiliser le monde aux dons

d'organes. J'ai toujours aimé

raconter des histoires.

Je voulais étudier le vidéo

pour apprendre comment

raconter des histoires par

l'écran. Et maintenant, je

dirais que, après avoir vécu

tout ça et essayé de faire

un travail normal, j'aimerais

ça faire quelque chose d'autre.


DANIEL LESSARD

On m'a dit... Les mauvaises

langues m'ont dit que t'avais

un petit ami.


HÉLÈNE CAMPBELL

Ah, c'est qui qui a dit ça?

C'est vrai, mais...


DANIEL LESSARD

Tu veux pas en parler?


HÉLÈNE CAMPBELL

Il s'appelle Neil Young

puis c'est pas le vieux--


DANIEL LESSARD

Pas le chanteur.


HÉLÈNE CAMPBELL

Il chante mieux que lui,

je dirais. Non... On se

connaît... Ça fait pas trop

longtemps qu'on se connaît,

mais ça va bien. Il a été

dans un accident quand il

avait 16 ans, d'auto, et tout

son côté droit a été paralysé,

mais maintenant, il va bien.

Alors c'est bien parce qu'on se

comprend sur beaucoup...

Tu sais, quand on voit notre

vie, la possibilité qu'on

aurait pas pu être ici, tu sais,

que ça aurait pu être notre

fin, on se comprend d'un niveau

que pas beaucoup de

personnes comprennent.

Alors pour moi, c'est super.

Quand je veux utiliser mon

expérience comme une excuse, il

dit: Non, tu peux pas faire ça.


DANIEL LESSARD

Y a pas juste toi.


HÉLÈNE CAMPBELL

Alors ça va bien. Et... Oui.

Je suis un peu nerveuse avec ça.


DANIEL LESSARD

Je te torturerai pas

davantage. Des sports. Est-ce

que tu peux en faire un peu?


HÉLÈNE CAMPBELL

Je peux en faire un peu.

J'ai participé.... Ça fait trois

courses que j'ai faites.

Je cours pas... Tu sais, je peux

pas courir tout un... je cours

30 secondes puis là, je marche

parce que je deviens

à court de souffle. Et j'ai

fait une course en avril et on

organise une course ici à

Ottawa, à Barrhaven,

pour le Give2Live pour

les familles...

Alors le fait que je suis

capable de m'habiller moi-même,

ou même faire à manger

à quelqu'un que j'aime

ou j'apprécie, pour moi,

c'est exceptionnel.


DANIEL LESSARD

C'est les petits gestes de

tous les jours qui te rendent

heureuse.


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui, c'est ça.

Je pense pas que le monde

réalise que pour moi, le fait

que je suis capable de même...

tu sais, ramasser ma chambre,

ça symbolise beaucoup plus pour

moi que ça symbolise pour...


DANIEL LESSARD

N'importe qui d'autre.


HÉLÈNE CAMPBELL

N'importe qui d'autre. Puis

un message que j'aime vraiment

dire au monde, c'est que vous

prenez beaucoup pour acquis.

Même moi, après avoir vécu

toutes ces expériences-là, je

me plains pour des petites

choses. C'est comme: Hélène,

relaxe. Tu sais. Tu devrais

vraiment penser où t'étais il y

a trois ans et dire: Hélène,

t'étais pas capable de faire

ça; pourquoi tu te plains que

t'aimes pas faire ça?

Il y a du monde qui ferait

n'importe quoi pour

l'opportunité de faire ce qu'on

fait à tous les jours et on

est capable de dire...

non, j'aime pas ça. On est

tellement négatifs. C'est pas

toujours facile d'être positif.


DANIEL LESSARD

Non. Non. Tes poumons sont

à combien en ce moment?

Le sais-tu? La capacité.


HÉLÈNE CAMPBELL

Leur capacité? Ça varie

de 54 à 61. Ça dépend.


DANIEL LESSARD

Et ça, ça te permet d'avoir

une vie à peu près normale?


HÉLÈNE CAMPBELL

Oui. Je peux danser pour

des petits bouts puis je prends

des pauses puis je continue

encore puis je prends des

pauses... Mais non,

ça va très bien.


DANIEL LESSARD

En terminant, qu'est-ce qu'on

te souhaite?


HÉLÈNE CAMPBELL

Moi, j'ai une

bucket list de

choses que j'ai écrites avant

ma greffe, même quand j'avais

16 ans. Puis mon amie...

une de mes meilleures amies,

elle, elle avait besoin d'une

greffe aussi. On voulait toutes

les deux compléter des choses

sur notre bucket list, alors à

tous les jours, on se parle de

ce qu'on va faire. Puis je

souhaite que le monde regarde

mon histoire, ou même ceux qui

les entourent, et qu'ils

croient que le don d'organes,

c'est exceptionnel.


DANIEL LESSARD

Hum-hum.


HÉLÈNE CAMPBELL

Et que ça peut changer

une vie. Tu prends une

situation horrible et tu peux

la tourner dans une situation

positive et donner à quelqu'un

d'autre une autre chance.

Et j'aimerais ça être capable

de donner mes organes...

quand je quitte.


DANIEL LESSARD

Une fille très inspirante,

Hélène, bravo. Merci beaucoup.


HÉLÈNE CAMPBELL

Merci. Merci.

(Générique de fermeture)

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