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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Andréanne Dandeneau : Fashion Designer

Andréanne Dandeneau designs: she cuts and sews, creating classic, comfortable, and environmentally-friendly clothing, all with a First Nations’ touch. After studying in Winnipeg, her hometown, and Montreal, the young designer gave Toronto a try, but the cost of living was too high. She returned to Manitoba and launched her own clothing line.
Voilà par Andréanne, Dandeneau’s business, is a family affair: her father looks after marketing and management; her mother looks after customer service.
Dandeneau’s clothing is sold online and in trade shows she participates in throughout the year.
Despite a somewhat difficult debut, she now has the wind in her sails: her business continues to grow, her customers are happy, and orders keep pouring in!



Réalisateur: Alexandra Levert
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

GISÈLE QUENNEVILLE rencontre des personnalités francophones et francophiles; des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

Pendant que GISÈLE QUENNEVILLE présente son invitée, des photos et extraits vidéos de ANDRÉANNE DANDENEAU et de son atelier de designer défilent à l'écran.


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne Dandeneau dessine.

Elle coupe et elle coud. Elle

crée des vêtements classiques,

confortables, écologiques.

Tout cela avec une touche

autochtone. Après des études à

Winnipeg et à Montréal, la

jeune designer métisse tente sa

chance à Toronto. Mais le coût

de la vie est trop élevé.

Elle rentre donc chez elle,

au Manitoba, et lance sa propre

ligne de vêtements. La marque

Voilà par Andréanne est une

affaire de famille.

Son père s'occupe du marketing

et de la gestion; sa mère, du

service à la clientèle, et sa

soeur jumelle est une de ses

sources d'inspiration. Les

vêtements d'Andréanne sont

vendus en ligne et dans les

salons auxquels elle participe

durant l'année. Malgré des

débuts difficiles, Andréanne a

maintenant le vent

dans les voiles.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont maintenant assises l'une en face de l'autre dans l'atelier de cette dernière.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne Dandeneau, bonjour.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, décrivez-moi le

style de vêtement que vous

créez.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je sais que la première chose

que vous avez dite, c'était:

"Oh, ça a l'air confortable."


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui, quand je suis arrivée

ici, j'ai regardé autour de

moi, puis j'ai dit: "Wow, ça a

l'air confortable, ces

vêtements-là."


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je pourrais dire que c'est

comme un style décontracté, mais

très féminin. C'est romantique.

J'étais danseuse contemporaine

avant. Alors pour moi, ça a

toujours été un atout d'avoir

du linge confortable où ce que

tu peux bouger. J'adore le

mouvement. Alors quand je crée,

je veux garder ça dans le

vêtement: confort, mouvement,

mais avec du style, un punch.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et vos vêtements, vous les

faites pour qui? Est-ce qu'il y

a quelqu'un en tête quand vous

dessinez un vêtement ou quand

vous cousez un vêtement?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je sais qu'à l'école, on se

fait apprendre à trouver la

clientèle cible, de trouver LA

femme que tu vas designer pour.

Mais j'ai commencé comme ça,

avec les premières lignes, puis

là, une fois que j'ai fait des

salons, j'ai commencé à les

vendre, j'ai remarqué que je

plaisais à beaucoup de

différentes femmes. Alors, c'est

peut-être un défi aussi

d'essayer de plaire à beaucoup

de styles de femmes. Mais je

pense que c'est un défi

que j'aime.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous créez, je pense, que

c'est deux collections par

année?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Hum, hum.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui. D'où vient l'inspiration?

Parce qu'une collection, c'est

quoi, une soixantaine de

morceaux?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça fait que c'est beaucoup à

faire. Comment est-ce qu'on

s'imagine ces vêtements-là?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je crée deux collections par

année, mais je les divise

en deux chaque, alors ça fait

quatre. Alors, je fais

printemps-été tout en un.

Puis je fais automne-hiver

en un. Et puis, j'ai choisi de

faire ça parce que notre

climat, il est tellement vaste.

Tu sais jamais quand il va faire

chaud, quand il va faire froid.

Alors, la température joue un

gros rôle sur créer une

collection. Puis aussi, je le

sais pas, c'est...

Tu sais, comme on dit, les

designers... n'importe quel

créateur, on a des

rider's block, des blancs.


GISÈLE QUENNEVILLE

Des blancs, oui, oui.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Ça arrive souvent. Puis quand

t'as la créativité, faut juste

aller jouer. Alors, je sais

pas, des fois, quand je vais me

faire inspirer. Ça peut être un

morceau que j'ai vu sur le

runway,à Paris, des magazines,

ou avoir fait un voyage avec ma

soeur, puis j'ai vu quelque

chose au Guatemala. Puis là, je

suis: Ah, ça, ça peut être

l'inspiration de ma collection.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Mais pour être honnête, je

sais pas quand ça va venir,

puis quand ça vient, je le

pogne puis je comme: OK,

let's go! On dessine.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vos vêtements, ils sont

confectionnés ici, à Winnipeg?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Hum, hum, oui.

Juste à côté de l'atelier.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et pourquoi vous avez pris

cette décision-là? Vous auriez

pu les envoyer en Chine

ou en Inde pour les fabriquer

ou pas?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je pense pas que c'est une de

mes valeurs. Moi, je suis très

fière canadienne,

franco-manitobaine, métisse.

J'ai toujours voulu faire

quelque chose fait au Canada,

puis aussi, je pense que

pouvoir le contrôler, puis ma

pensée, c'est: Si je suis pour

créer d'autres consommations

sur la Terre, il faut le faire

avec une meilleure façon. En

anglais c'est comme

smart.


GISÈLE QUENNEVILLE

D'une façon intelligente.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Intelligente. Et puis aussi,

donner des emplois à ma

communauté, aux gens autour de

nous autres. C'est comme ça

qu'on va grandir comme citoyen.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et le tissu. C'est sûr que le

tissu est peut-être pas fait

au Manitoba, mais ça, c'est une

grande préoccupation que vous

avez également, d'où vous

prenez vos tissus, je pense.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Ça aussi. Avant, je

l'achetais d'outre-mer. Et là,

j'ai remarqué qu'il avait même

des senteurs, j'ai commencé des

allergies.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ah oui?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Parce qu'on savait pas d'où

ça avait été tricoté. Des

manufactures sont peut-être

plus sales. Alors, j'ai pris

une collaboration avec un

tricoteur à Toronto.

Et puis, on a commencé à jouer

avec différents fils. Et puis,

c'est lui qui m'a introduite au

bambou. Et puis, de là, on a

commencé à mélanger le bambou

avec le coton, avec différents

tricots, faire du molleton de

bambou, des tricots plus

minces, des tricots plus épais.

Puis là, ça fait déjà, je

pense, 8 ans qu'on fait notre

propre tissu.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ici, au Canada?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, à Toronto. On le tricote.


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc, vous avez un beau

contrôle sur le tissu

finalement.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Un beau contrôle, mais

aussi, tu sais, c'est

stressant, parce que tu

commandes 500 mètres ou plus,

puis dans une couleur qu'on

définit pour la collection.

Puis... Mais de l'autre côté,

c'est toujours une très bonne

qualité. Puis je pense que ça,

c'est un atout pour mes

vêtements. La qualité est

supérieure, alors les gens, ils

voient quelque chose de

confortable, puis ça dure

aussi. Alors, c'est un...


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc, un tissu comme ça, c'est

un tissu de qualité, donc ça

doit coûter plus cher.


ANDRÉANNE DANDENEAU

C'est ça. C'est ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que votre style, est-ce

que la mode, vos vêtements,

est-ce qu'ils ont changé au fil

des années? Parce que là, ça

fait quoi, une dizaine d'années

que vous faites ça maintenant?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, ils ont changé.

J'ai commencé avec une ligne de

yoga quand j'ai sorti de

l'école. J'avais eu un contrat

avec un studio de yoga.

Alors, j'ai commencé comme ça,

puis là, j'ai commencé à vendre

dans les boutiques. J'ai vu que

les boutiques voulaient quelque

chose d'autre. Ils voulaient

quelque chose, des robes, des

affaires un petit peu plus

portables au bureau aussi.

Alors là, j'ai tweaké ma ligne

pour faire ça. Maintenant, je

pense que c'est... Après 10

ans, je peux voir que j'ai un

peu défini la ligne Voilà.

C'est pour la femme

professionnelle, mais aussi qui

aime les fins de semaine sortir

ou aller au chalet.

Décontractée mais relaxe.

Alors, je pense que ça évolue,

puis même je peux voir que je

commence à faire des designs

qui sont un peu plus sur mesure

puis d'avant-garde. J'ai sorti

avec une couple de designs

avant-garde qui sont très flyés

comme out there. Mais ça va

être pour la femme qui, tu

sais, qui veut se faire

remarquer, puis... oui.

Je pense que c'est le fun.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont à présent debout dans l'atelier devant un manteau placé sur un mannequin de couture.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, ça, ce morceau,

c'est un peu votre marque de

commerce, hein. Ce vêtement-là,

peut-être nous en parler un

petit peu.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Ce manteau s'appelle le

Manitou, puis c'est fait de

molleton de bambou,

qui est le tissu...


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est très doux, hein.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. ...qu'on fabrique

à Toronto. C'est spécial pour

nous autres. Voilà le molleton

de bambou. Mais c'est aussi

spécial, parce que l'imprimé,

ça s'appelle L'esprit du nord

et ça, c'est le premier imprimé

que mon père a créé pour nous

autres. C'est la plume d'aigle,

un symbole qu'on retrouve

souvent dans nos cérémonies

métisses. Ensuite, on a le

grizzly bear pour le Manitoba,

puis le raven eye qui regarde

par en haut. Alors, c'est un

manteau qu'on utilise dans

chaque collection. C'est

classique pour nous autres.


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, où sommes-nous en

ce moment?

(Plusieurs séquences vidéos de l'atelier défilent alors qu'ANDRÉANNE DANDENEAU répond à la question.)


ANDRÉANNE DANDENEAU

Ça, c'est le côté manufacture,

comme j'appelle ça. C'est mon

petit coin où est-ce qu'on

fabrique les morceaux. On voit

en arrière Rosa. Elle fait les

MJ inks, une des teintes pour ma

collection pour le printemps

2015. C'est là où est-ce qu'on

fait tout le coupage, la

confection.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et il y a combien de personnes

qui travaillent ici?


ANDRÉANNE DANDENEAU

J'ai une couturière à temps

plein pendant la semaine, puis

j'en ai deux la fin de semaine.


GISÈLE QUENNEVILLE

OK.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Puis là, j'ai un coupeur en

arrière et j'ai une assistante

qui m'aide à couper puis...


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, tout se fait ici?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Combien de morceaux est-ce que

Rosa, par exemple, elle fait

dans une journée?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Elle peut en faire 25.

Ça dépend du morceau. S'il y a

plus de découpes ou la façon

que c'est coupé ou cousu, s'il

y a des plis, ça joue tout un

rôle dans le temps. Elle prend

son temps, j'aime ça. Parce que

à la fin, c'est aussi où est-ce

qu'on met les étiquettes à la

main, puis on nettoie. Alors,

il y a moins de défauts

à la fin.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont maintenant assises l'une en face de l'autre dans l'atelier d'ANDRÉANNE DANDENEAU.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, votre père est

métis, votre mère aussi. Tous

les deux sont francophones.

Comment décririez-vous

votre famille, votre enfance?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Je peux dire que quand on

était jeune, on avait beaucoup

de musique. C'était très

important pour nous autres.

Beaucoup d'activités dehors.

Je pense qu'on est une famille

métisse. Le fait qu'il y a

beaucoup de cuisson, on avait

beaucoup de kitchen partys.

C'était vrai, on les avait,

ces kitchen partys.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est quoi, un kitchen party?


ANDRÉANNE DANDENEAU

C'est comme où est-ce que les

gens se rencontrent dans la

cuisine puis on joue de la

musique, puis y a de la bouffe.

C'est pas dans le salon, c'est

pas dehors, c'est dans la

cuisine.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ça, c'est typiquement

métis?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, c'est très métis. Surtout

c'est franco métis. Et puis,

mon père était très artistique

aussi. Alors, c'était beaucoup

de culture, beaucoup d'art,

d'activités, la broderie. C'est

tous des petits métiers à main

qu'on faisait, qu'on fait

encore. On s'est fait élever

avec ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes allée à l'école

française, j'imagine?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, j'ai été à l'école Taché,

puis à l'école Louis-Riel,

ensuite à l'université de

Saint-Boniface.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, on parlait français

chez vous?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, toujours. Puis encore.

C'est très, très, très important

pour mes parents de garder la

langue française et puis,

de garder la culture très

proche, puis...


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc, deux cultures qui sont

très importantes chez vous.

Commençons avec la culture

métisse, ou autochtone. Est-ce

que cet aspect-là de votre

culture se retrouve dans ce que

vous faites?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Beaucoup, je pense.

Avant, je sais pas... Tu vois,

mon père est fier métis, ma

mère aussi. Mais mes

grands-parents, c'était pas

toujours l'affaire. On le

cachait beaucoup quand on était

jeune de leur côté.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et pourquoi? C'était mal vu?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, c'était mal vu. Puis

c'était pas une fierté. On en

parlait pas. Alors, je sais pas

si ça, c'est... faudrait que je

pose la question à mon père,

c'est peut-être pour ça que

lui, il a pris ça dans ses

mains. Il a dit: Non, je vais

l'apprendre à mes filles, puis

à mes fils. Il était peindre

avant; il enseignait la classe

d'art. Et puis, une couple de

fois, on était dans la cave, ma

soeur et moi, puis on a vu

des peintures puis on a comme...

"Ça dit D.D., David Dandeneau.

Ça, c'est papa!" Puis on était

comme wow! Il était peintre

puis il faisait des belles

oeuvres. J'ai décidé, quand

j'ai commencé ma compagnie:

Veux-tu peinturer sur mon

linge? Il a commencé à

peinturer des motifs. En ce

temps-là, il a commencé à créer

des oeuvres métisses,

autochtones, inspirées

autochtones.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Puis je trouvais ça vraiment

intéressant. J'ai dit: Wow, ça,

c'est cool. Il dit: T'es

métisse, toi, sois fière de ça.

OK, OK. Puis là, on a juste

continué à faire puis c'est lui

qui a commencé à créer tous mes

motifs que j'ai sur mes

vêtements maintenant.

Et métis, c'est mélange

d'autochtone puis européen.

Puis je suis très influencée

avec les styles de l'Europe.

Alors, c'est ça, le flair, puis le chic.

Mais le côté autochtone,

je trouve que c'est

très terre-à-terre, grounded.

Puis ces deux choses ensemble,

pour moi, je vois que ça crie

Voilà! C'est...


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça, c'est le côté autochtone

ou métis. Le côté francophone

maintenant. Est-ce qu'il y a,

je sais pas moi, un petit côté

francophone dans votre

entreprise? Le nom, bien sûr.

Ça en dit long: Voilà.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Pour le côté francophone,

je veux rester une compagnie

très bilingue. Je suis très

fière d'être francophone, de

parler le français. Alors même

des petites affaires comme mes

courriels, je commence avec

"bonjour" et je finis avec

"merci." Ça fait pas de

différence c'est à qui, si la

personne est anglophone, c'est

toujours comme ça. Nos

étiquettes toujours bilingues.

Nos chèques toujours français.

On les écrit en français.

C'est quelque chose que je veux

toujours, toujours garder.

Puis c'est une fierté puis

aussi, une valeur pour moi. Je

suis française avant, alors je

vais toujours vouloir garder

ça dans la compagnie.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je pense que vous avez fait

vos études en couture, en

design, à Montréal.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Au collège LaSalle.

Ça vous tentait pas de

rester là-bas?


ANDRÉANNE DANDENEAU

L'affaire, c'est que j'ai

choisi Montréal parce que

c'était en français. J'aurais

pu aller à Vancouver, mais j'ai

dit à mes parents: Non, je veux

vraiment apprendre en français,

aller à l'école...

Puis je suis restée là 4 ans,

puis c'est quand j'ai commencé

à commencer ma ligne, j'ai

rencontré Michael Silver, qui

est le créateur des Silver

Jeans de Winnipeg.

Et puis, j'ai fait une petite

rencontre puis j'ai dit: OK, ça,

c'est qu'est-ce qui se passe.

Je suis en train de commencer

une ligne de yoga, est-ce que

je devrais rester à Montréal

ou déménager à Toronto ou

revenir ici ou... qu'est-ce que

je fais. Il a dit: Si tu veux

commencer quelque chose, tu

reviens au Manitoba. Parce que

au Manitoba, tu vas avoir

l'appui de ta province, de ta

communauté. Pour commencer

quelque chose, tu veux pas

dépenser de l'argent sur des

loyers ou des affaires comme

ça. Tu commences petit.

Et puis, j'ai vu qu'il avait

raison. Quand tu commences une

compagnie, faut le moins de

coûts possible, le mieux que tu

peux bâtir avec. Puis l'appui

de mes parents, ah, my gosh.

L'appui de ma soeur, tu sais.

Je serais jamais où est-ce que

je suis maintenant,

sérieusement, sans mes parents,

puis ma soeur, puis mes frères.

La famille, c'est comme...

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont à présent debout dans l'atelier devant plusieurs morceaux de vêtements placés sur des cintres.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, je sais que les

motifs autochtones, métis, sont

très importants pour vous.

Peut-être nous parler de ce

qu'on voit ici dans ces

morceaux que vous avez créés.


ANDRÉANNE DANDENEAU

J'ai sorti une couple de

motifs. Ça, ça en est un.

Ça s'appelle La vigne de

Catherine. Ça en est un que mon

père a créé aussi. Il s'est

inspiré de la vigne de notre

ancêtre Catherine pour créer

cette vigne.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ici? Très délicat,

ça aussi.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, je voulais donner

l'allure un peu de la broderie.

Puis ça, ça s'appelle

La Rivière Rouge, les fleurs

Rivière Rouge, puis c'est

toutes des fleurs retrouvées

autour de la rivière Rouge,

autour d'ici. Alors, c'est une

autre métisse, artiste métisse:

Candice, puis c'est elle qui a

créé pour notre collection

printemps-été 2015. Et puis,

celle-ci, c'est...


GISÈLE QUENNEVILLE

Là, on est rendu dans un motif

très autochtone, hein.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, inspiré Aïda. Ça, ça en

est un autre que mon père a

créé. Ça, c'est l'ours, l'ours

du nord. Alors ici, je l'ai

incorporé dans cette robe en

haut pour donner un pow.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont à présent debout devant un bureau de l'atelier en compagnie de MARIE-JOSÉE DANDENEAU.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, on est ici avec

votre jumelle Marie-Josée. C'est

comment, avoir une jumelle?

Vous avez jamais connu

autre chose, mais pour quelqu'un

qui en a pas.


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

Je pense que c'est la

meilleure chose au monde.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Ça, c'est qu'est-ce que toi,

tu dis toujours.

(Elles rient en choeur.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Pourquoi?


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

Parce que ton garde-robe est

double. Euh... t'as toujours

quelqu'un pour être avec.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Hum, hum.


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

T'es jamais toute seule.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes des meilleures

amies.


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

Oui, on est des meilleures

amies.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Comme pour moi, c'est l'appui

comme inconditionnel. Avec mes

parents, mais aussi avec elle.

Elle va toujours me dire direct.

On dit ''truth hurt'', bien elle va

me donner la vérité. Des fois,

ça fait mal mais c'est comme...

Non, elle me connaît mieux que

personne d'autre.


GISÈLE QUENNEVILLE

Maintenant, vous êtes toutes

les deux artistes: Andréanne,

designer et Marie-Josée, vous

êtes musicienne. Pas tout à

fait les mêmes carrières,

mais semblables. Est-ce qu'il y

a du travail que vous pouvez

faire ensemble? Vous vous

entraidez?


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

Oui, Andréanne, elle design

tout le temps pour moi pour

quand je suis sur scène.

Je vais toujours avoir un habit.

Si j'ai un gros show qui arrive,

Andréanne est comme... "J'ai

l'idée." C'est comme mon

private fashion designer.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et comment est-ce que la

musique peut aider la compagnie

de vêtements?


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

La promotion.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, c'est la promotion.


MARIE-JOSÉE DANDENEAU

Je vais les porter sur scène

beaucoup. On va jouer,

Andréanne va vendre son linge

au festival, puis moi, je vais

jouer avec des artistes au même

festival. Alors beaucoup de

fois, ils vont dire: Où t'as eu

ton top? Je vais dire:

boot 36, Voilà. Va la voir.

(GISÈLE QUENNEVILLE et ANDRÉANNE DANDENEAU sont maintenant assises l'une en face de l'autre dans l'atelier.)


GISÈLE QUENNEVILLE

Andréanne, vous avez étudié à

Winnipeg, à Saint-Boniface et

à Montréal. Quand vous êtes

sortie de l'école, est-ce qu'il

était clair pour vous que vous

vouliez vous lancer en

affaires?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Euh... oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, je pense que oui.

Parce que qu'est-ce qui s'est

passé, quand j'étais à l'école

à Montréal, à chaque été...

Quand on est à l'école, on fait

beaucoup, beaucoup de

vêtements, parce qu'on pratique

à chaque semaine, des projets.

Alors, j'avais beaucoup de

vêtements de faits et j'ai

décidé la première année

- c'était quoi, 2001 -

de revenir pendant l'été et

puis, prendre ce projet que le

CDEM, c'est une organisation

francophone ici, lançait: Été

en affaires. Ça, ils payaient

500$ puis je pouvais louer un

kiosque dans un festival, puis

faire des vêtements puis

essayer de les vendre.

C'était un petit peu pour donner

le petit goût de

l'entreprenariat. Alors, j'ai

dit: OK, je vais l'essayer.

C'était le commencement, je

pense, de... ma vision.

Je suis retournée à l'école

l'année d'après, j'ai fait

d'autres projets, puis là, je

me souviens, j'étais revenue en

mai, après nos examens, et

puis, je me suis mise à coudre.

J'avais ma tante qui tricotait.

Elle est venue m'aider.

Ma grand-mère cousait.

C'était comme ridicule.

De l'aide souvent, souvent,

de mes parents. On était tous

là, on faisait des pantalons,

des t-shirts, des tops, des

petites blouses. Et puis,

j'avais fait le festival

encore. Puis là, j'avais vendu

90% de qu'est-ce que j'avais

fait.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum.

Andréanne, quelle est la partie

la plus difficile quand on se

lance en affaires et qu'on est

designer de mode?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Moi, je dirais que ce serait

la balance du créateur puis le

côté business. Parce que je

suis au Collège LaSalle; on a

eu des petits cours de

marketing puis un peu côté

business, mais c'était pas

quelque chose qu'on a vraiment

touché. Alors quand tu lances

une compagnie, c'est des

affaires que t'apprends petit

à petit pas, puis on doit être

vraiment ouvert. Moi, je trouve

que je dois rester ouverte,

apprendre puis...

Aussi rester ouverte avec les

guides de mes parents aussi,

comment faire les affaires.

Tu sais, quand tu commences

quelque chose, t'es un peu

têtu: Non, ça, c'est comme je

vais faire. Je veux le

commencer comme ça!

Mais j'ai appris--


GISÈLE QUENNEVILLE

Faut être flexible, hein.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Flexible à 100% et puis,

juste laisser les choses

rentrer. Mais c'est jongler

les deux. Parce que créateur,

t'es émotionnel, t'es

passionné, t'es comme... Ah!

Ma tête, elle va de là à là

quand je suis dans le mode

de création. Puis la business,

faut que tu sois très rigide

puis direct. C'est comme deux

personnalités presque.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vos vêtements sont vendus

surtout en ligne et dans des

salons.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Avant ça, de 2008 à 2010, je

faisais beaucoup de grossistes,

je vendais aux boutiques.

Ensuite, quand l'économie est

tombée, beaucoup de boutiques

ont fermé. Alors, ça, ça m'a

donné... ça m'a rendue dans le

pétrin. J'avais beaucoup de

stock, puis qu'est-ce que je

fais avec? J'ai commencé à

faire des salons où je vendais

directement à la cliente.

Là, j'ai vu le positif de ça.

Je voyais la cliente, je voyais

qu'est-ce qui faisait. J'avais

le feedback de ce qu'elle me

donnait, directement.

Puis là, je pouvais retourner à

la maison, tweaker les

affaires, puis là, répondre

à leurs besoins, disons.

Puis là, ils vont en ligne

après, puis ça hausse mes

ventes en ligne.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que les clientes sont

différentes d'une province

à l'autre?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vraiment?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui, c'est...


GISÈLE QUENNEVILLE

Par exemple?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Comme tout le côté marketing

que j'ai appris aussi. C'est

très psychologique aussi, parce

que... créer pour Toronto, je

trouve que c'est très

similaire à Calgary. C'est

sophistiqué, des couleurs...

Ils vont pour pas trop coloré,

mais Toronto, je peux dire

qu'il y a aussi un peu de

Winnipeg. Un mélange de tout.

Montréal, c'est flyé. Ça, je

peux amener des échantillons

puis ils vont être comme:

Personne l'a vu, moi, je le

pogne. Tu sais, c'est le fun.

Ottawa, c'est sophistiqué.

Edmonton, c'est très créatif

aussi. Tout le monde a sa

personnalité. Ça, c'est un

autre concept que j'amène aussi

dans ma création. Quand je

créé, c'est différentes

personnes, clientes

différentes.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je pense que votre famille

est très importante pour vous et

pour votre entreprise. Peut-être

en terminant, me parler du rôle

de votre famille dans ce que

vous faites.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Oui. Mon père, lui, il fait

beaucoup mes motifs métis

que j'utilise pour mon linge.

Il a une tête extraordinaire,

une façon de connecter avec les

gens stricte mais avec une

gentillesse aussi. Puis j'adore

ça de lui. Ma mère, elle a

aussi de l'impact avec la

création de mes produits.

Parce qu'elle est conservatrice.

Tandis que moi, je suis très

comme out there, j'aime ça,

le stuff. Je vais tweaker des

affaires où elle va me donner

des suggestions pour la

clientèle à qui ça plaît

comme à ma mère.

C'est parfait. Elle aussi, elle

fait tout le côté service à la

clientèle. Ma soeur, elle est

toujours mon side kick.

N'importe quel projet que j'ai

besoin d'appui, c'est la

personne que je vais juste

dire: Ah, peux-tu m'aider?

Elle va savoir que j'ai besoin

d'aide puis elle va être là

pour moi. J'ai mes frères, eux

autres, ils sont plus loin,

mais eux autres, ils sont

toujours fiers, je peux voir

ça. Mais quand j'y pense

maintenant puis d'en parler avec

toi, je peux voir que c'est

peut-être une compagnie

familiale.


GISÈLE QUENNEVILLE

Où sera cette compagnie

dans 5 ou 10 ans?


ANDRÉANNE DANDENEAU

Euh... 5 ou 10 ans,

je sais pas. J'espère encore

ici ou sinon ma propre

boutique. Mais je pense que

j'aimerais la bâtir comme la

première grosse...

compagnie métisse au Canada.

Puis l'amener en Europe,

puis aux États, puis...

Oui, comme une petite

Franco-manitobaine qui a pu

créer un empire. Puis le chemin

pour d'autres autochtones

ou métis, n'importe qui qui

veulent utiliser leur culture

d'une façon, puis faire relier

à d'autres.


GISÈLE QUENNEVILLE

Eh bien, je vous souhaite

bonne chance.

Merci beaucoup, Andréanne.


ANDRÉANNE DANDENEAU

Merci.

(Générique de fermeture)

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