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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Pandora Topp : Multidisciplinary Artist

For nearly 20 years, Pandora Topp has worked as a singer and actor in Sudbury’s cultural scene.
Topp is also an artist-mentor and coach for teachers and students alike in Northern Ontario.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


Titre :
Carte de visite


Pendant que RACHEL DESAULNIERS présente son invitée, PANDORA TOPP, on voit des images de la bouche de la chanteuse, de ses mains, de sa maison à l'intérieur et à l'extérieur et des photos d'Édith Piaf. La chanson de Piaf et le texte de l'animatrice se chevauchent.


RACHEL DESAULNIERS

La voix, les gestes.

Quand Pandora Topp monte sur

scène, elle devient Édith Piaf.


RACHEL DESAULNIERS

Depuis près de 20 ans, elle

redonne vie à la musique de la

chanteuse française avec son

spectacle Café Piaf.


RACHEL DESAULNIERS

Artiste multidisciplinaire,

Pandora Topp fait du théâtre,

de la musique et de la formation

dans les écoles du nord

de l'Ontario.


RACHEL DESAULNIERS

Pandora Topp est animée par son

goût de la découverte, sa

passion pour les arts et son

besoin vital d'échanger avec

l'autre.


L'entrevue débute dans le salon de la maison de PANDORA TOPP.


RACHEL DESAULNIERS

Pandora Topp, bonjour.


PANDORA TOPP

Bonjour.


RACHEL DESAULNIERS

En 20 ans de métier,

vous avez monté 17 spectacles.

Où trouvez-vous l'énergie

et le temps?


PANDORA TOPP

En fait, je crois que c'est

quelque chose qui est dans moi,

en moi, parce que je ne peux

pas arrêter, même quand j'ai

quelques jours où je... où je

me trouve à... à rien faire,

je trouve ça un petit peu

déstabilisant. Fait que je

trouve que c'est vraiment...

ma force de vie, qui a besoin

de toujours se renouveler,

toujours explorer, toujours

être curieuse pour... commenter

ou explorer ou... comprendre

quelque chose à chaque fois.


RACHEL DESAULNIERS

Justement, qu'est-ce qui

déclenche votre processus

de créativité? Est-ce que c'est

des choses qui vous dérangent?

Est-ce que c'est des choses que

vous voyez? Qu'est-ce qui vous

allume?


PANDORA TOPP

Je crois que c'est les

choses... c'est plusieurs

affaires. C'est des choses qui

me touchent personnellement,

que je veux régler dans ma vie.

Mais aussi, c'est, quant à la

création dans les écoles, c'est

vraiment les choses qui

m'intéressent, que je veux

explorer. J'ai appris comment

faire

beat box, comme exemple,

parce que je voulais apprendre.

Pour moi, j'ai une... curiosité

qui est... qui n'arrête jamais.

Alors, c'est ça.

Plusieurs choses.


RACHEL DESAULNIERS

Vous évoluez dans le domaine

de la chanson, du théâtre.

Qu'est-ce que vous préférez?

Où est-ce que vous êtes à l'aise

davantage?


PANDORA TOPP

Je crois que c'est vraiment

la musique... pour moi. J'aime

le théâtre, mais c'est pas...

c'est pas ça que je faisais

dans ma chambre quand j'étais

petite. J'étais en train de

toujours chanter dans ma

chambre, avec un... avec de la

musique et...a cappella, mais...

et sans avoir aucune... aucun

mentor aussi. Fait que... Et

aussi la langue française, qui

était, pour moi, en étant

anglophone, une musique, une

sorte de musique. Alors, cet

aspect auditif était vraiment

ma source d'interagir

avec le monde.


RACHEL DESAULNIERS

Est-ce qu'il y avait de la

musique chez vous? Est-ce que

vous écoutiez la radio...

Qui... qui est-ce

que vous avez entendu

lorsque vous étiez petite?


PANDORA TOPP

En fait, la radio était

toujours allumée chez moi,

depuis tôt le matin puis

jusqu'au soir. Fait que c'est à

Radio-Canada, en anglais par

exemple. Alors, la musique les

après-midi, les entrevues, la

voix humaine, toutes les

histoires. Mais aussi... ça,

c'est ma mère, qui restait avec

nous à la maison. Mais, sur le

bord de mon père, il était un

passionné de la musique des

années 50, puis quand on

voyageait dans la voiture, il

chantait toujours, que ça soit

avec la radio ou tout seul.


RACHEL DESAULNIERS

Et puis, la première fois que

vous vous êtes retrouvée

derrière un micro sur une

scène, parlez-nous de où c'était

et quelle était votre émotion.


PANDORA TOPP

C'était au Town House et

j'étais... parce que je chantais

depuis toujours dans ma chambre.

J'avais cette volonté, ce désir

d'un jour, tu sais, comme se

trouver devant la foule. Mais

j'étais tellement introvertie.

Y avait une sorte de

open mic

au Town House. Puis mon amie a

chanté, puis elle chantait

toujours, puis j'étais

tellement, tu sais, comme...

j'avais le goût de faire comme

elle. Puis un jour, on m'a

invitée à chanter une chanson

et... j'étais horriblement

nerveuse. J'avais le trac. Puis,

tu sais, comme la sueur partout

sur moi...

Mais j'ai chanté quand même puis

je... aussitôt que j'ai

terminé, j'ai débarqué de la

scène, très, très vite. Comme

c'était pas un endroit pour moi

tout de suite. Mais... Et je

dirais pas que ça m'a donné le

goût de chanter devant le

public à cet instant-là, mais

c'était vraiment une grosse

étape pour moi de me mettre sur

scène, devant le public, parce

que j'étais très, très

introvertie. Alors...


RACHEL DESAULNIERS

Mélange de théâtre et de

voix, eh bien, c'est un peu un

personnage que vous avez...

admiré, Édith Piaf, votre Café

Piaf a voyagé partout. Comment

avez-vous décidé d'interpréter

les chansons de Piaf?


PANDORA TOPP

L'histoire, c'est que j'étais

une étudiante en français, à la

Laurentienne, et... on avait

besoin de faire un... une

oeuvre sur une artiste

de la francophonie. Alors,

je n'avais aucune idée.

Et ma mère m'a proposé Piaf.

Et je n'ai jamais entendu parler

de cette femme-là. Et elle

m'a... elle m'a dit que c'était

le Janis Joplin de...

la musique française.

Fait que ça m'intriguait. Alors,

j'ai... j'ai cherché ses

oeuvres et j'ai écouté sa voix

pour la première fois, puis je

me rappelle d'avoir été

tellement frappée par plusieurs

choses en même temps.


RACHEL DESAULNIERS

Comme quoi?


On montre une photo d'Édith Piaf.


PANDORA TOPP

Par... la façon de livrer ses

paroles, cette capacité

d'articuler. J'étais frappée par

le timbre de sa voix, sa vie

vibrait dans sa voix. Et

aussi... la musique, qui

était... tu sais, comme qui

enrobait ses... sa voix.

Et j'étais frappée par ça.

Et... c'est ça.


RACHEL DESAULNIERS

Parlez-nous de la réaction des

gens, parce que, si vous avez

connu vos premiers succès avec

Piaf, les gens réagissaient

comment de vous voir sur scène?


PANDORA TOPP

Bien, je pense que c'est

vraiment... c'est la musique qui

appartient aux gens. Et c'est

ça. C'est comme... ma vie est

une invitation, et je réponds

toujours à cette invitation.

C'est pas juste moi et mes

plans, c'est vraiment un

mariage, un partenariat entre

moi et l'auditoire. Alors, c'est

pas moi qui ai décidé de faire

Piaf, c'est comme si c'est le

public qui a décidé que j'étais

pour faire Piaf. Parce qu'on

m'a donné des invitations à

chanter au Vins et Fromages, à

l'université. Après ça, ensuite,

chanter à La Nuit sur l'étang.

C'est comme vraiment que je

reçois une invitation pour

chanter là. Et ensuite, après

ça, avec le TNO qui m'a...

André Perrier qui

m'a demandé de faire tout un

plein spectacle en ayant trois

chansons dans ma poche.

Fait que c'est juste... c'est

incroyable. C'est le désir des

autres.


On montre un extrait filmé de PANDORA TOPP sur scène avec des musiciens.


RACHEL DESAULNIERS

Et le fait de pouvoir passer

d'une langue à l'autre: vous

êtes chanteuse, vous chantez

dans les deux langues, vous

jouez dans les deux langues.

Est-ce qu'il y a une différence?

Est-ce que l'approche,

est-ce qu'on joue en français

de la même façon qu'on joue

en anglais?


PANDORA TOPP

Pas du tout. Aïe aïe aïe!

C'est tellement... C'est très

serré, en anglais. C'est comme

la langue. En fait, Tomson

Highway m'a partagé une drôle

d'affaire, un jour. Il est venu

chez moi pour m'enseigner le

cri, sa langue. Il a dit que...

que les anglophones parlent

d'ici; les francophones parlent

d'ici. Et les autochtones

parlent d'ici.


En parlant des anglophones, elle montre sa gorge; des francophones elle montre son thorax; des autochtones elle montre son entrejambe.


PANDORA TOPP

Alors... puis je trouve que

c'est vraiment ça. C'est...

tout, en anglais, c'est... c'est

coincé ou fermé à la fin de

chaque mot. En français, ça

respire. Tous... presque tous

les mots terminent avec

l'ouverture, avec des voyelles.

Des nasales ou des voyelles.

Fait que ça donne une légèreté

à la langue.


On montre un métronome, puis PANDORA TOPP qui chante derrière un micro ancien.


PANDORA TOPP

(Chantant)

Dans un amour

Faut d'la fierté

Pouvoir se taire

De la dignité

Savoir partir au bon moment

Cacher son mal en souriant

Et je me disais en marchant

Que j'avais su partir à temps

Si mon coeur est désespéré

Il ne m'aura pas vue pleurer

Et un refrain

courait dans la rue

Bousculant les passants

Qui s'faufilaient dans la cohue

D'un petit air engageant

J'étais sur son passage

Il s'arrêta devant moi

Et me dit d'être sage

Tu es triste

Mon Dieu pourquoi

Viens et entre dans ma chanson

Il y a de beaux garçons

Jette ton chagrin

dans le ruisseau

Et tourne-lui le dos


RACHEL DESAULNIERS

Pandora Topp, vous êtes née

dans la région de Montréal.

La famille est venue s'installer

à Sudbury au début des années

80. Qu'est-ce qui vous a

attirés ici?


PANDORA TOPP

Bien c'était la job de mon

père, qui est comptable agréé.

Fait que... il a eu un

partenariat avec la compagnie

si on était pour déménager ici.

Alors il a accepté.

Mais c'était pas un choix pour

notre famille, je dirais.

Aussitôt qu'on est arrivé ici,

c'était comme tout noir... Alors

que les arbres poussent. Ma

mère a vraiment vécu une

dépression d'avoir quitté tout

son milieu, parce qu'elle était

artiste... elle est artiste

visuelle et elle était en train

de prendre des cours à

Concordia, en train de bâtir

vraiment un... un groupe

d'autres artistes, de faire

partie de vraiment quelque chose

d'envergure, et elle avait

besoin de quitter. Fait que...

Pour nous, c'était... pas,

disons, quelque chose de très

bon, mais nécessaire,

je dirais.


RACHEL DESAULNIERS

Et maintenant, est-ce que

Sudbury, c'est votre chez-vous?


PANDORA TOPP

(Riant.)

Ouais.


RACHEL DESAULNIERS

Pandora, votre langue

maternelle à la maison,

c'était, à Montréal, l'anglais.

Vous avez appris le français

comment?


PANDORA TOPP

Euh... dans la rue, en fait.

Moi, j'ai deux frères qui

parlent... toute ma famille est

unilingue. Ma mère parle un peu.

Mais... c'est ça, j'avais des

amis francophones puis... juste

des amis francophones. Alors,

il fallait apprendre le

français pour être capable de...

jouer avec quelqu'un. Alors,

j'ai appris un mot à la fois.


RACHEL DESAULNIERS

Vous choisissez de vivre en

français à Sudbury. Est-ce que

ça aurait pas été plus facile

de se fondre à la majorité

anglophone?


PANDORA TOPP

Pas du tout. En fait,

j'ai toujours eu...

...un grand enjeu entre... pour

mon identité, parce que j'étais

pas anglophone. Et parce que

j'étais bilingue. Y avait une

grande partie, une moitié de

moi qui... qui était française.

Mais ici, en Ontario français,

j'étais pas assez francophone.

Alors, j'ai subi beaucoup de

critiques, où j'étais pas assez

francophone, au début, et je me

sentais pas anglophone du tout,

parce que je voulais pas

cette... cette identité qui est

vraiment un mariage entre deux

mondes et deux langues et

deux façons de voir le monde.

C'était très, pour moi

maintenant, précieux et sacré.

Mais, dans le passé, c'était

comme une sorte de besoin de

choisir. Et j'étais pas capable

d'être ni l'un assez ni l'autre

assez. Alors, pour moi,

c'était, dans ce temps-là,

très négatif.

On est en train d'avoir besoin

de se mettre dans des boîtes,

et je trouve que, de plus en

plus, de se valoriser toutes

les parties de soi, et que

l'unicité, c'est vraiment un

métissage que... et chaque

personne a des histoires, la

famille, toutes, toutes, toutes

les expériences complètement

différentes. Alors... et de

valoriser ça et de mettre ça en

valeur. Et je trouve que c'est

tout récemment que je suis...

pas consciente de ceci, mais

plutôt que je suis pratiquante.


RACHEL DESAULNIERS

Vous êtes aussi artiste

mentor, formatrice avec les

élèves. Ces leçons, justement,

de vision, d'affirmation de soi,

ça se traduit comment dans

le travail que vous faites

avec les petits?


PANDORA TOPP

Mais tout de suite, en fait à

chaque année, je donne un thème

global à mon travail pour

guider le processus et guider

toutes les disciplines que je

vais toucher pendant l'année.

Alors, cette année, j'ai décidé

qu'il fallait traiter et

valoriser cette affaire, qui

est vraiment un métissage.

Alors, une des choses qu'on est

en train de faire, tout de

suite, de terminer en fait,

c'est un portrait. J'ai à peu

près 150 élèves, tout de suite,

en septième et huitième année.

Alors, j'ai proposé qu'on va

étudier une personne vivante,

autochtone ou métissée, où on

va aller à la découverte de

cette personne. Alors, on va

avoir ces 150 élèves qui seront

porte-parole pour 150 personnes

qui sont en train de changer

leur milieu. Et de vraiment voir

que... s'identifier et de

vraiment trouver sa voie, c'est

tout à fait en lien avec

découvrir qui on est et

valoriser d'où on vient.


RACHEL DESAULNIERS

Ce contact avec les élèves,

comment ça vous nourrit?


PANDORA TOPP

(Soupirant.)

Les enfants sont mes... mon

peuple, les personnes avec qui

j'adore jouer le plus. Parce

que tout... tout est accepté,

et je trouve que ce sont... les

individus sur la planète qui

sont en évolution totale, qui

n'ont pas les règles, qui ne

sont pas en train de se

conformer encore trop, trop, que

c'est des réserves de sagesse...

infinies. Qu'il y a une

acceptation chez ces

personnes-là jusqu'à un tel âge.

Et que, aussi, en même temps,

dans la structure que nos

écoles représentent, ils n'ont

pas assez de place pour se

déployer. Alors, je trouve que

mon... ma mission, la raison

pour laquelle je suis ici, c'est

pour vraiment aider les autres,

comme guide, à se déployer,

à voir qu'il y a d'autres

opportunités.


On montre des images d'enfants faisant une ronde dans une classe.


RACHEL DESAULNIERS

Vous êtes mère de famille.

Vous avez des enfants également.

Est-ce que vos enfants sont

artistes comme vous?


PANDORA TOPP

(Riant.)

Oui.

Oui. Mon fils Dunstan, qui a...

il va avoir 22 ans, il est

musicien, il est pianiste,

compositeur... par excellence,

comme un Philip Glass. Je sais

qu'un jour, il va composer pour

des films. Et il est dans son

propre chemin, par exemple.

C'est pas moi. Je suis sa mère,

mais ses capacités sont pas

dues à moi; c'est vraiment lui

qui était engagé pleinement

dans sa vie. Et... je suis

tellement touchée par son art

et son âme, qui est dans son

art.


On montre des images de son fils au clavier, jouant avec un groupe de musiciens et une chanteuse.


CHANTEUSE

(Chantant.)

Qui est là tous les jours

Art de tout les entoure

J'ai crié tous les mots

Comme ils me viennent


L'entrevue se déplace à l'extérieur de la maison, dans la neige et la mère de PANDORA TOPP se joint aux deux autres femmes.


RACHEL DESAULNIERS

Heather Topp, merci de vous

joindre à nous. Vous êtes

artiste visuelle. Vous êtes la

mère de Pandora. Une question

qui m'intrigue, que j'ai

toujours voulu savoir: j'adore

le nom "Pandora Topp". Le son,

on dirait que c'est fait...

c'est un nom d'une vedette.

Est-ce qu'il y a une histoire

derrière le nom de Pandora que

vous avez donné à votre fille?


HEATHER TOPP

Oh oui. L'histoire

Greek.


RACHEL DESAULNIERS

La mythologie.


HEATHER TOPP

C'est celle de la jeune fille

qui ouvrait la boîte et laissait

toutes les mauvaises choses sur

le monde. Mais j'ai dit: c'est

la même chose toujours que tout

le temps, c'est le problème des

evil women,qui font

all the

bad things. Soje pense, je

donne le nom Pandora encore

pour... changer l'idée que

toutes les dames font les

mauvaises choses.


RACHEL DESAULNIERS

Et vous, Pandora, est-ce

que c'est un nom qui est facile

à porter?


PANDORA TOPP

Hum... Depuis long, long,

longtemps, Pandora Topp, je

n'aimais pas mon nom, surtout

mon nom de famille.

Mais, toujours, y a des

personnes qui me demandent c'est

quoi l'histoire, et, à chaque

fois, c'est comme... Bien,

enfin, il n'y a pas d'histoire.

C'est juste ma mère qui a aimé

le nom. C'est la première fois

que j'entends le fait que ma

mère m'a nommée pour contrarier

les... ouais... les... oui, le

monde qui est comme gouverné

par les hommes, peut-être.

Je ne sais pas.


L'entrevue se poursuit dans le salon.


RACHEL DESAULNIERS

Pandora Topp, vous êtes

artiste entrepreneure. Côté

artiste, la passion, votre mère

qui est artiste visuelle,

également; votre père, lui,

c'est le côté finances,

entreprise. Qu'est-ce que vous

avez gardé du mélange de ce que

vous avez appris de vos parents

pour vous aider à cheminer?


PANDORA TOPP

Oh wow! Mais c'est vraiment

les deux bords du cerveau, je

dirais, comme la passion... Mon

père est très passionné aussi,

par exemple. Mais, vraiment...

le côté création et...

Je dirais aussi que ma mère est

entrepreneure. Elle gère son

propre édifice. Et... sa

carrière aussi, malgré le fait

qu'elle a repoussé ça pour

longtemps. Mais mon père nous a

enseigné, depuis un très jeune

âge, comment faire les

mathématiques. Il a toujours

dit qu'il faut pas utiliser une

calculatrice, parce que, un

jour, "les lumières ne vont plus

fonctionner".

Et je trouve que c'est quelque

chose qui n'existe pas aussi

dans les écoles, cette capacité

de gérer le temps, gérer les

finances, gérer une équipe...

Et c'est comme ça que

j'enseigne, je fais toujours

des projets. Et c'est tout basé

par rapport à un échéancier,

quels sont... on est redevable

à quoi ou à qui.


RACHEL DESAULNIERS

Et le sens des affaires fait

en sorte que vous être

productrice également. Vous avez

mis sur pied, récemment, une

nouvelle troupe... North Road

Theatre.


PANDORA TOPP

Oui, avec... avec Bill Lane.

En fait... on s'est assis

ensemble, moi, Bill Lane et

Patricia... Tedford, qui est

une enseignante à la

Laurentienne, et on a eu la

passion pour conter des

histoires de l'Ontario du Nord,

ou du Nord, de nouvelles

histoires des écrivains qui sont

chez nous, qui vivent une sorte

de déplacement ou

d'éloignement de la société,

qui ont des voix importantes à

partager.


On montre une affiche de théâtre avec les trois noms Bill Lane, Patricia Tedford et PANDORA TOPP.


PANDORA TOPP

Et, comme ça, on a

créé... on a eu l'idée de North

Road Théâtre, pour pas juste

faire... valoriser ces

oeuvres-là, mais aussi de faire

voyager. C'est pour ça que ça

s'appelle North Road, parce

qu'on veut faire une sorte de

théâtre qui est très portable.

Et comme ça, on peut voyager

et apporter ça aux communautés

dans le Nord.


RACHEL DESAULNIERS

Mais, dans la région ici,

il y a le Sudbury Theatre

Centre, Cambrian, des troupes

de jeunesse, le TNO.

Est-ce qu'il y a de la place

pour une nouvelle troupe?


PANDORA TOPP

Je trouve que c'est

toujours...

C'est... On vit dans un temps

où on est en train de cueillir

les résultats de beaucoup,

beaucoup de travail. Je trouve

que Sudbury devient... elle

était depuis toujours une ville

très métissée, en fait, depuis

le début de son histoire,

c'était un

French town,comme...

la pièce, Sainte-Anne-des-Pins.

Mais... peuplé par au moins 50

cultures, qui ont vraiment

commencé cette ville. Et je

trouve que, maintenant, on a

beaucoup d'immigration, aussi,

beaucoup de personnes qui

viennent d'ailleurs pour

travailler ici. Y a le goût,

c'est en train d'émerger, et je

trouve que c'est comme si

l'effet se multiplie. Alors,

pourvu que chaque compagnie

réponde à une mission, un mandat

qui est différent, je trouve

qu'il y a absolument assez

de place.


RACHEL DESAULNIERS

Votre projet musical du

moment, c'est les Giselles.


PANDORA TOPP

Oui!


RACHEL DESAULNIERS

Parlez-nous des Giselles,

votre style, qu'est-ce

que c'est?


PANDORA TOPP

C'est très flyé,

c'est très éclectique.

On a fait ça par exprès.

On est huit sur scène, avec

trois cuivres. On en avait

quatre, mais on a décidé

de chercher un claviériste.

En fait, on a trois spectacles.

On a un spectacle unilingue

anglophone, unilingue

francophone et bilingue. Et

c'était plutôt pour donner un

cadeau au public, pour... qu'il

chante les chansons qui

appartiennent à eux et qu'il

danse. Alors, ce sont les

deux critères. Et que chaque

chanson soit un peu flyée, un

peu... drôle. On cherche

l'humour et le fait de juste

avoir la joie totale sur scène

et pas à se prendre trop au

sérieux.


On montre des images de PANDORA TOPP qui chante avec son groupe.


PANDORA TOPP

(Chantant)

Parle-moi parle-moi d'amour

Je veux des baisers de velours

Et ta peau

tout contre ma peau...


RACHEL DESAULNIERS

Qu'est-ce que vous recherchez

dans votre entourage musical?


PANDORA TOPP

Dans mon entourage musical,

je cherche la complicité,

je cherche absolument le

professionnalisme, je cherche

pas nécessairement la

technique, mais l'âme. Je joue

souvent avec Alexandra Lee, du

Silver Birch Quartet. On a un

projet dans les écoles

ensemble. Puis elle et moi,

c'est comme... on partage, pas

le même cerveau, mais un grand

désir, beaucoup de... de terre

en commun, je dirais. Avec les

Giselles, ce sont tous des

professionnels, ils ont tous des

jobs ailleurs, aussi. Fait

que... heureusement qu'ils

prennent la musique très

au sérieux, mais, en même temps,

c'est du plaisir.


RACHEL DESAULNIERS

On se permet de rêver.


PANDORA TOPP

Oui.


RACHEL DESAULNIERS

Vous avez tous les budgets

à votre disposition, des

artistes bourrés de talent, des

gens qui veulent travailler avec

vous: quel est le spectacle

de vos rêves?


PANDORA TOPP

En fait, le spectacle de mes

rêves, ça serait une école.

Une école d'art où je peux...

comme une coopérative,

travailler avec d'autres

artistes pour qu'ils transfèrent

leurs acquis à nos jeunes, pour

que nos jeunes deviennent les

artistes de... de l'avenir.

Alors, en faisant tous les

aspects, en faisant des

spectacles, en... en donnant à

eux des opportunités de faire

leurs propres spectacles et de

faire quelque chose

d'intergénérationnel alors.

Je trouve, j'adore jouer sur la

scène, j'adore chanter, mais je

trouve qu'on est là pour... les

prochaines générations, et on a

une responsabilité. Alors...

ça serait pas nécessairement

un spectacle pour moi, c'était

plutôt pour nous, je dirais.


RACHEL DESAULNIERS

Merci beaucoup, Pandora Topp.


PANDORA TOPP

Merci à toi!


Générique de fermeture


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