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Bonheur à tous (Happiness for all)

At his dying friend’s beside, a man talks about their shared memories,some comical, some charged with emotion,with the St. Lawrence River, the rain and the wind as a backdrop…



Réalisateur: Loïc Guyot
Acteurs: Luc Picard, Roger Léger, Pascale Montpetit
Production year: 2012

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VIDEO TRANSCRIPT

Texte informatif :
D'après un texte de Pierre Foglia


Un homme du nom de ROBERT DUGUAY, emmitouflé dans une couverture rouge et portant de gros écouteurs, sort d'une maison de campagne et se rend près du bord de l'eau. L'homme est accompagné d'un chien. Des bruits environnants se font entendre comme le cris des oiseaux et le bruit des vagues venant s'écraser sur la grève.


TITRE

(Bonheur à tous)


Un homme prénommé JEAN dort dans un lit dans une chambre d'hôpital. Une FEMME se trouve à son chevet. JEAN respire avec difficulté. JEAN se réveille.


FEMME

Allô, Jean.


JEAN

(Toussant)

Salut.


FEMME

Comment ça va?


JEAN

Oh, pas pire.

Tu me lirais-tu le papier de

Foglia?


FEMME

Hum... tu sais, Jean, elle est

pas jojo, sa chronique,

aujourd'hui.


JEAN

Oh. Pas grave.

Lis-la quand même.

Oui, s'il te plaît.

(Reniflant)

Allez.


La FEMME va prendre un journal, met ses lunettes et commence à lire la chronique du journaliste Pierre Foglia.


FEMME

(Lisant)

J'ai beau penser à la mort

souvent...


Parallèlement à la lecture de la femme, la chronique prend vie; un HOMME, non identifié, que l'on suppose être PIERRE FOGLIA joué par un acteur, circule dans les couloirs d'un hôpital.


FEMME

(Lisant)

J'ai beau penser à la mort

souvent, j'ai beau savoir que

parfois, elle ronge et parfois,

elle fauche. La mort, je ne

l'avais encore...


La voix de l'HOMME marchand dans le couloir d'hôpital se superpose d'abord à celle de la FEMME avant de la substituer complètement.


HOMME (Narrateur)

...La mort, je ne l'avais encore

jamais vue comme mercredi soir

dernier, au 17e étage de

l'Hôpital général de Montréal,

dans la chambre où mourait mon

ami, Robert Duguay.


L'HOMME cogne à la porte. Dans la chambre de ROBERT DUGUAY, se trouve une femme qui s'empresse d'accueillir l'HOMME.


Dans la chambre d'hôpital de JEAN, la FEMME interrompt sa lecture, soucieuse. JEAN lui fait signe de continuer. La chronique continue de prendre vie.


HOMME (Narrateur)

C'est comme si, dans cette

chambre, on était redevenus deux

enfants. Bobby Boubou.

Bobby J'ai Peur. Bobby Gros Con.


FEMME

(Lisant)

Je l'ai toujours

traité de gros con. Il m'a

toujours répondu qu'il n'était

pas gros.


HOMME (Narrateur)

La chambre était plongée dans

la pénombre. Seulement éclairée

par les scintillements des

lumières du centre-ville, qu'on

apercevait comme du haut d'un

avion.


FEMME

(Lisant)

Et plus loin, le fleuve.

Son fleuve.


En visitant son ami ROBERT DUGUAY, dans sa chambre d'hôpital, l'HOMME voit certains souvenirs remonter à la surface sous forme de retour en arrière. Dans le premier retour en arrière, l'HOMME rejoint ROBERT DUGUAY qui écoute de la musique près du bord de l'eau comme au début du film.


HOMME (Narrateur)

Celui où il a demandé qu'on

jette ses cendres. Celui qui

passe au bout de sa cour.

Celui qu'il aimait tant regarder

en écoutant Mozart.


ROBERT DUGUAY

(S'adressant à l'HOMME)

Tu sais, ce fleuve, c'est la

preuve qu'il y a un petit Jésus

dans le ciel. Mozart, c'est la

preuve qu'il y a un petit Jésus

dans l'homme.


HOMME

(S'adressant à ROBERT DUGUAY)

Même dans moi?


ROBERT DUGUAY

(S'adressant à l'HOMME)

Même dans toi.

Vieux spaghetti racorni.


FEMME

(LISANT)

On se criait toutes sortes de

noms, qui étaient autant de

façons de ne pas se dire qu'on

s'aimait. Sauf une fois, tout

récemment, sur sa galerie, face

au fleuve, justement.

La seule fois où j'ai osé lui

parler de sa maladie.

Je n'en pouvais plus de faire

semblant que tout était cool.

J'ai brisé le silence qu'il nous

imposait sur ça.


Le retour en arrière de l'HOMME se poursuit.


HOMME

(S'adressant à ROBERT DUGUAY)

Tu sais que tu fais chier avec

tes deux saloperies de cancer?


ROBERT DUGUAY

(S'adressant à l'HOMME)

Pas deux, trois.


HOMME

(S'adressant à ROBERT DUGUAY)

Comment ça, trois?


ROBERT DUGUAY

(S'adressant à l'HOMME)

Ils viennent de m'en trouver

un second au cerveau.

Rassure-toi.

Tout petit, tout petit.

Si petit que ça vaut même pas la

peine d'en parler.


HOMME

(S'adressant à ROBERT DUGUAY)

Je t'aime...

...gros con.


HOMME (Narrateur)

Je t'aime. C'était la première

fois. Et gros con, par habitude.

Parce que, quand même, on est

pas des moumounes.

Une infirmière est venue

vérifier la tuyauterie. Je lui

tenais toujours la main.

Va savoir la main de qui?

Bobby, est-ce encore toi?

Ou est-ce déjà la mort?


FEMME

(Lisant)

Le son de ma voix m'a

effrayé, ce que je venais de

dire aussi.


La FEMME poursuit sa lecture alors que la respiration de JEAN se fait de plus en plus difficile.


FEMME

(Lisant)

Excuse-moi, Bobby, il faut

encore que je te dise que tu

n'iras pas mourir en Provence,

comme tu nous l'as demandé pas

plus tard que dimanche, pendant

que Marielle avait le dos

tourné. Tu nous as dit que vous

voulais lui épargner tout ça.

T'as dit: Je veux que Jean

Imbault, King, Ratelle et Foglia

m'emmènent mourir en Provence.


La femme interrompt sa lecture et contemple JEAN.


HOMME (Narrateur)

D'abord, t'aurais pu te

souvenir que j'hais la Provence,

et choisir la Pologne ou la

Turquie. Et puis tu nous vois

dans l'avion avec ta tuyauterie?

Et puis, bon, on arrive en

Provence et on va où?

Tu veux mourir dans un livre

d'enfants, c'est ça?

Tu vas mourir ici, Bob.

Dans cette chambre aux murs

jaune pipi.


FEMME

(Lisant)

La mort ne sentira pas la

lavande, mais le désinfectant.

Et elle sera aussi dérisoire que

la boîte de Kleenex sur ta table

de nuit.

Si tu veux mon avis, Bobby, il

n'y a plus rien à faire ici.

Va-t'en vite.


La femme interrompt sa lecture, contemple à nouveau JEAN dont la respiration se fait de plus en plus difficile.


FEMME

(Reprenant sa lecture)

Tes meilleurs textes, Bobby,

ont un charme un peu compassé.

Comme si t'avais mis un smoking

pour les écrire.


HOMME (Narrateur)

Le même

smoking froissé que mettent les

vieux nègres qui jouent du saxo.

(Un deuxième retour en arrière montre ROBERT DUGUAY jouant au lancer du bâton avec son chien.)


ROBERT DUGUAY

Oui, t'es un bon chien.

Assis. Assis. Assis, bon chien.

Assis. Donne la patte.

Donne la patte.

Ouais...


Le retour en arrière se termine. L'HOMME est debout dans la chambre d'hôpital de ROBERT DUGUAY. Le lit est maintenant vide.


HOMME (Narrateur)

Tu te souviens de ces dizaines

de fois où je t'ai téléphoné:

«Allô, Bob. Je file pas fort.»

«Qu'est-ce que je peux faire

pour toi, mon bon Foglia?»

«Chante-moi les Petits Castors,

Bob.» Je crois que c'était pas

une vraie chanson. En tout cas,

tu changeais les paroles chaque

fois. Te rappelles-tu avoir

chanté «L'Affiche rouge» à Alain

et moi, le deuxième ou troisième

jour que t'étais à l'hôpital?


Un troisième retour en arrière montre L'HOMME et ROBERT DUGUAY dans la rue, en train de chanter, le sourire aux lèvres.


HOMME et ROBERT DUGUAY

(Chantant)

♪ Tout avait la couleur uniforme

du givre à la fin février pour

vos derniers moments. Et c'est

alors que l'un de vous dit

calmement. Bonheur à tous,

bonheur à ceux qui vont survivre ♪


Le retour en arrière prend fin abruptement.


HOMME (Narrateur)

C'est le lendemain qu'un

médecin te disait: «Préparez-

vous, monsieur Duguay. Vous n'en

avez plus que pour quelques

mois.»


FEMME

Le 6 novembre 1999 se

mourait votre ami Bob Duguay, à

l'Hôpital général de Montréal.

Mon mari, lui, était à l'Hôpital

général juif.

Jean est mort le 11.


Une corne de brume se fait entendre.

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