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Joy of Man's Desiring

Workers, their machines, their tasks. The repetition of everyday actions , the routine of the break, the lunch hour , those hours worked without a word in the incessant noise of machines that rotate, push , lift , wash and cut everything. Dreams and ambitions of these workers of all nationalities.



Réalisateur: Denis Côté
Acteurs: Guillaume Tremblay, Émilie Sigouin, Hamidou Savadogo
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


Dans un atelier, une TRAVAILLEUSE parle.


TRAVAILLEUSE

Si t'es arrivé ici,

tu peux te considérer chanceux.

Parce qu'ici, tu vas

vivre des beaux moments...

des moments qui vont changer

ta façon de voir ta vie.

Faut seulement que... tu sois

relax, que t'ouvres ton esprit.

Avec moi, t'es en sécurité.

On peut parler de n'importe

quoi, tu peux te confier.

Je suis ta meilleure amie.

Je suis toujours là.

Ton temps est aussi

précieux que le mien.

Il faut qu'on se bâtisse

une confiance, toi pis moi.

Beaucoup d'hommes

pis de femmes

sont pas capables de se

construire cette confiance-là.

Mais toi, je sens

que t'es capable.

Si tu te respectes, si...

tu te comportes en gentleman...

je vais te monter mes secrets.

Tout, dans la vie, a un prix...

pis c'est pas

nécessairement en argent.

Mais là, on parle de finances,

de mes finances,

de tes finances.

Mes passions pis

tes passions se monnaient.

OK, mon chéri?

Sois sûr que

t'es au bon endroit,

que... tu comprennes bien

qu'est-ce qu'on est

en train de construire, OK?

Parce que moi,

je suis pas une machine.

J'ai pas un bouton

on pis off, OK?

Je suis pas compliquée,

je suis ouverte.

Utilise ton cerveau,

utilise... tes sens

pour me comprendre.

Ça va bien aller, OK?

Sans les bonnes manières, sans

le respect, sans l'honnêteté...

je te détruis si je veux.


Le lieu de travail est l'endroit où

ceux qui arrivent en retard croisent

dans l'escalier ceux qui partent

en avance.

- G. Courteline


Dans une usine, différentes machines découpent, pressent et travaillent automatiquement des pièces de métal. On entend leurs vrombissements, cliquettements et grincements.


Titre :
Que ta joie demeure


Un travailleur dispose des pièces de métal sur une machine.


Un travailleur opère une perceuse.


Un travailleur dispose des pièces de métal sur une machine.


On entend des bruits de martèlement.


Un travailleur trie des pièces en métal.


Un travailleur lave des pièces en métal.


Un travailleur scie des pièces à l'aide d'une machine.


Un travailleur perce des pièces.


Un travailleur assemble des pièces.


Un travailleur fait des exercices musculaires sur une barre de métal.


Une travailleuse emballe une pile de boîtes avec un rouleau de pellicule en plastique.


Un travailleur en combinaison peint des pièces avec un fusil à peinture.


Par une fenêtre, on peut voir un immeuble et des arbres à l'extérieur.


Deux travailleurs nettoient leurs combinaisons à l'aide d'un compresseur à air.


Des travailleurs se lavent les mains.


Au soleil sur un balcon, des travailleurs fument et discutent.


Dans une cour à l'extérieur, un travailleur parle à un autre.


TRAVAILLEUR1

Ici, on constate

qu'on peut vraiment transformer

le métal en tout, quoi.

Et c'est...

c'est une qualité...

une qualité rare

dans certains entrepôts,

Les assemblages aussi sont...

sont vraiment très bien.

Je trouve que, par rapport

à d'autres entrepôts,

c'est vrai que... on

n'a pas encore vu un peu

ce qui se passe

un peu partout ailleurs...


TRAVAILLEUR2

Ouais, ouais.


TRAVAILLEUR1

... dans le Canada.

Parce qu'ici, nous sommes

à Montréal seulement.

Peut-être à Toronto...


TRAVAILLEUR2

Ça va être

un peu partout...

Travailler dans

une entreprise

et travailler dans une

entreprise, ça change pas, là.

Peut-être vous faites

pas les mêmes choses,

mais écoute, c'est...

c'est le même travail,

c'est la même galère

du matin jusqu'au soir.

Sinon, regarde-moi,

quand je suis arrivé ici,

faut comprendre que...

on m'avait d'abord mis

sur une première machine.

Mais la machine,

je l'aime bien.

Mais ici, là, personne

n'aime travailler là-dessus.

Pourquoi? Parce qu'il faut...

C'est très rapide.

Ou je ne sais pas,

les gens disent que

c'est moi qui suis rapide.


Il rit.


TRAVAILLEUR2

Que je cours plus

que la machine.


TRAVAILLEUR1

Mais tu peux pas être

plus rapide que la machine,

ce qui est sûr...


TRAVAILLEUR2

Non, non, je crois que

cette machine-là, oui.

Oui, oui,

oui, oui.

Tu sais, le patron,

là, une fois,

il nous a demandé

de faire 3 palettes,

d'essayer de

faire 3 palettes.

J'en ai fait cinq.


TRAVAILLEUR1

Ça veut dire que le patron, la

moyenne, c'était 3 palettes...


TRAVAILLEUR2

Il voulait 3 palettes

juste pour livrer,

mais la commande

était cinq.


TRAVAILLEUR1

Ah, OK.


TRAVAILLEUR2

Sur la commande,

c'était marqué cinq.

Mais il en voulait trois,

parce que le gars

voulait venir

les chercher ce jour-là,

Moi, j'ai fini

les cinq.

J'étais content, parce que,

pour moi, quand je travaille...


TRAVAILLEUR1

Rapidement et bien fait.


TRAVAILLEUR2

Parce que je m'amuse, je me

rends pas compte, sincèrement.

Il m'a demandé...

Moi, quand je travaille,

je m'amuse, je chante...

Je suis le rythme de la machine,

et ce que ça donne, ben...

je fais avec.

Si on a des petits boulots,

là, moi, ça me plaît pas.

Regarde le vieux

qu'il y a au fond, là...


TRAVAILLEUR1

Hum, hum.


TRAVAILLEUR2

Au bout là-bas, là...

Il a une machine, quand je

m'assois là-dessus, je m'endors.

Ça m'énerve!

Je veux pas ça.

Je veux pas.


Un travailleur change de vêtements.


Un soudeur soude une plaque de métal. Il s'arrête et donne des instructions à un autre.


SOUDEUR1

Voilà...


SOUDEUR2

Ah ouais.


SOUDEUR1

T'as vu? Je m'en vais pas

rapidement ni doucement.

Je regarde mon bain fusion,

comment il se remplit.

L'enrobage que

je t'ai dit avant,

pour protéger le bain fusion,

c'est celui déposé en haut.

Hein? Attaché, hop!

Tiens, comme ça, je vais

ramener le marteau pour le...


Le SOUDEUR1 s'éloigne et revient.


SOUDEUR1

Voilà. Regarde

le bain... l'enrobage.

Regarde, maintenant...


SOUDEUR2

Ah... OK, OK, OK.


SOUDEUR1

Tu veux essayer?


SOUDEUR2

Ouais, ouais.


SOUDEUR1

Allez, on y va.


SOUDEUR2

OK.


SOUDEUR1

Attention.


Les deux soudeurs descendent les visières de leurs casques.


SOUDEUR2

Comme ça...


SOUDEUR1

Le casque, voilà.


Le SOUDEUR2 met en marche sa soudeuse.


SOUDEUR1

C'est bon, tu le vois?


SOUDEUR2

Ouais.


SOUDEUR1

Approche-toi bien.

Approche, doucement,

doucement, voilà.


Les deux soudeurs sont en pause et boivent de l'eau.


SOUDEUR2

Il y a un roi au Maroc?


SOUDEUR1

Oui, il y a un roi...

Le roi... Hassan IV maintenant.


SOUDEUR2

Hassan.


SOUDEUR1

Quatre.


SOUDEUR2

Quatre.


SOUDEUR1

Le deux est mort, son père.


SOUDEUR2

Ah ouais?


SOUDEUR1

Oui.

Le quatre. Il est

jeune, il a... 39 ans.

Ah non, non,

il a... presque 43.


SOUDEUR2

OK, OK.


SOUDEUR1

Mais il est jeune.

C'est un roi.


SOUDEUR2

J'ai un... ben, j'avais une

amie qui venait de l'Angleterre.


SOUDEUR1

Ouais.


SOUDEUR2

Je sais pas

si c'est vrai, là,

mais elle disait que Hassan

pis le prince Charles...


Le SOUDEUR2 frotte un de ses doigts sur l'autre.


SOUDEUR2

(En souriant)

Tu sais... il est...


SOUDEUR1

Ils sont de mèche.

C'est des amis.


SOUDEUR2

Ben, des "bons" amis,

là, tu sais...


SOUDEUR1

La royauté.


SOUDEUR2

Non, non,

mais tu sais, comme...


SOUDEUR1

Il lui donne des conseils,

comment maintenir... hein.


SOUDEUR2

Non, mais amis...

plus, là, amants, là.


SOUDEUR1

Ah! Oui, oui, oui.


Le SOUDEUR2 rit.


SOUDEUR2

Je veux pas... vous

insulter... la royauté, là.


SOUDEUR1

Ouais, ouais, ouais.


SOUDEUR2

Mais je me disais...

c'est probablement pas vrai,

mais tu sais,

si c'est vrai,

au Maroc, il sera pas trop

populaire, là, tu sais...


SOUDEUR1

Oh oui!


SOUDEUR2

Fuck...


SOUDEUR1

Oh oui...

Les coutumes, la culture,

la religion et tout ça...

Ça sera pas bien vu.


SOUDEUR2

Ça va chauffer, ouais.


SOUDEUR1

Il y a des... il y a

des fanatiques même au pouvoir,

les fanatiques religieux, là.

Ah, vraiment...


Un travailleur mesure une pièce avec un ruban à mesurer.


Un travailleur égalise une pièce avec une affûteuse électrique.


Un travailleur assemble des pièces.


Le SOUDEUR2 marche nerveusement dans un entrepôt.


SOUDEUR2

(À lui-même)

... a jamais tué personne...

Travailler

a jamais tué personne.

Pourquoi prendre le risque?

Travailler

a jamais tué personne.

Pourquoi prendre le risque?


Un travailleur joue seul aux cartes sur une table.


Des travailleurs prennent une pause dans une cafétéria. Une sonnerie retentit. Les travailleurs se lèvent.


Dans un atelier, un travailleur sable des planches de bois. On entend de la musique classique. Il assemble les pièces en une armoire et les cloue avec un fusil à clous.


Deux jeunes travailleurs mangent parmi des amoncellements de planches.


Une travailleuse se tient devant des chariots emplis de tissus.


Des travailleuses trient et plient des uniformes.


Une travailleuse dispose des morceaux de tissus sur une machine.


Des travailleuses plient des vêtements.


Des travailleuses disposent des morceaux de tissus sur une machine.


Une machine manipule des uniformes.


Une machine empile des tissus pliés.


Une travailleuse coud un tissu à la machine.


Des travailleuses se tiennent devant des machines en silence.


Des travailleuses dînent et discutent dans une salle à manger.


VOIX FÉMININE1

Elle est en train de me

le donner en 25 cennes!


VOIX FÉMININE2

C'est vrai?


VOIX FÉMININE1

Je te jure!


Une jeune fille se tient debout devant une machine.


VOIX MASCULINE

Et tu vas

le prendre là-dedans.


VOIX FÉMININE

Oups...


Deux personnes tirent un tissu sur la table devant la jeune fille.


Une main découpe un tissu au ciseau.


Une main découpe un tissu avec une machine.


Une couturière aligne des bandes de tissu.


VOIX MASCULINE

Faut commencer

par rentrer ça ici.


Des couturières découpent des tissus.


Une machine torréfie des grains de café. Un travailleur jette des grains de café crus dans une machine et récolte le café torréfié dans des bacs.


Un travailleur emplit des sacs de café. Des travailleurs placent des étiquettes sur des sacs de café.


Un travailleur se tient debout près d'une machine.


Un travailleur fume une cigarette pendant une pause.


Un travailleur se tient debout au milieu de machines.


Un ventilateur souffle dans un entrepôt. Un travailleur transporte un long tuyau.


Un travailleur mesure et marque le long tuyau.


Dans un atelier, deux travailleurs font de la soudure.


Deux travailleurs fument près d'une porte de garage ouverte. Deux hommes s'approchent et leur parlent.


Un homme entre dans un atelier, allume des lumières et ouvre une grande porte.


Un travailleur se parle à lui-même en tenant le levier d'une machine.


Une travailleuse manipule une machine.


Un travailleur prie devant une machine puis la met en marche.


Une machine perce un trou dans une pièce.


Une travailleuse et un travailleur sont assis dans un atelier.


TRAVAILLEUSE

Avant, je travaillais

pas les samedis.

Là, je travaille

les samedis.

Je veux pas que tu penses

que ce qui se passe

dans la compagnie,

ça m'intéresse pas.

Ça m'intéresse.

C'est la moitié

de ma vie ici.

J'ai l'impression qu'on

se parle jamais, toi pis moi.

Ça fait 3 ans que je travaille

sur la même machine.

C'est rendu ma machine.

Tu sais, personne rêve

de travailler 3 ans

sur la même machine.

On se dit jamais: "Wow,

ce serait super si j'avais...

"ma machine

pendant 5-10 ans."

Ça arrive, c'est tout.

C'est comme ça.

Le premier jour

que je suis arrivée,

j'ai vu tous

ces gens-là, tous...

les gars tous pareils,

la même tête...

le dos courbé,

les mains sales.

Il y avait...

il y avait de l'huile,

de la poussière,

du bruit...

J'ai dit: "C'est

pas vrai, c'est l'enfer."

Pis là, il y a

le chef qui est arrivé,

pis... il m'a mis

la main sur l'épaule,

pis il m'a

présenté ma machine.

J'étais personne,

je connaissais rien.

Mais il y avait...

il y avait la machine,

pis ils me payaient

à la fin de la semaine.

Une sécurité.

Maintenant, je fais tout ça

les yeux fermés presque.


À l'extérieur, un homme fume une cigarette.


Quatre travailleurs et travailleuses sont assis devant une porte ouverte. Ils lisent ou mangent.


Un travailleur CONTEUR parle, les trois autres l'écoutent en souriant.


CONTEUR

C'est l'histoire d'un jeune homme.

Depuis qu'il est né,

son père lui disait toujours:

"Mon fils, celui qui ne sait

pas travailler pour autrui

"ne saura jamais

travailler pour lui-même."

Et l'enfant, il a grandi

avec cette idée-là.

Il a grandi, il a grandi, et

à un moment, son père lui dit:

"Il y autre chose

que je vais t'ajouter.

"Tu sais,

l'outil de la réussite,

"l'outil d'une

bonne récolte,

"c'est une grosse calebasse

remplie de sueur."

Et l'enfant,

il a... grandi avec ça.

Il a grandi, il avait

compris le message de son père

qui lui disait: "Travaille,

mon fils, travaille très fort."

Et lui, il a appris

à travailler,

et il a fini

par aimer le travail.

Il travaillait,

il travaillait,

et partout où il allait,

et puis il cherchait

du travail,

il cherchait du travail.

Mais... il y avait

un homme mal intentionné.

Et cet homme lui a dit:

"Ben, tu veux du travail.

"Ben, d'accord,

viens avec moi."

Et le jeune,

il est parti avec lui.

Il arrive,

et puis il dit:

"Tu vois tous ces champs, là?

Peux-tu les cultiver?"

Le jeune homme,

avec plaisir, il dit oui.

"D'accord, mais combien

vous allez me donner?"

"Ben... je pourrais

te donner 2000 francs CFA."

2000 francs CFA,

c'est comme à peu près 2$ ici.

Et l'enfant, il était content à

l'idée d'avoir 2000 francs CFA.

Et il s'est

mis au travail.

Il a travaillé et travaillé,

et au milieu du champ,

il s'arrête

et puis dit:

"Est-ce que vous

avez bien dit

"que vous allez me

donner 2000 francs CFA?"

L'autre, il dit oui.

"Mais attends,

attends, attends,

"je vais te donner

2000 francs CFA,

"mais à une

seule condition.

"Quand tu vas finir

de travailler,

"je vais t'envoyer

chercher 2 choses.

"Je vais t'envoyer

chercher 'aaa' et puis 'iii'.

L'enfant, il dit: "'aaa'

et puis 'iii', c'est quoi, ça?"

"Non, c'est pas grave,

travaille. Continue, petit.

"Quand tu auras

fini de travailler,

"tu essaieras

de comprendre c'est quoi."

Et l'enfant s'est remis

encore au travail.

Il a travaillé tellement fort

que très rapidement,

il a fini de cultiver le champ.

Et il vient, il dit:

"Donnez-moi mes 2000 francs."

"Oh non, je t'avais dit

"qu'il fallait aller me chercher

'aaa' et puis 'iii'".

Et lui, il s'est

mis à réfléchir

pour comprendre c'est quoi "aaa"

et puis c'est quoi "iii".

Et il a passé toute

la journée et le soir...

hum... la nuit,

il a passé la nuit a cogité,

à se poser

des questions là-dessus.

Et le matin, il se lève, et

puis il prend un petit flacon,

un petit flacon tout noir.

Et il amène le flacon

dans la brousse

et il y va,

il cherche une araignée.

Il prend l'araignée,

et puis il met dans le flacon.

Et il y va,

il cherche un scorpion.

Il prend le scorpion

avec une pince,

et puis

il met dans le flacon.

Il le bouche et il arrive devant

le propriétaire du champ

et puis lui dit: "Je vous

ai apporté 'aaa' et puis 'iii'.

"Ah, d'accord."

Mais il l'ouvre

et puis il dit:

"Plongez le doigt

dans le flacon

"et vous allez peut-être

trouver 'aaa' et puis 'iii'."

Le propriétaire du champ, il

plonge le doigt dans le flacon,

et qu'est-ce qui se passe?

Il y a le scorpion

qui... qui le pique.

Et il sort la main

et puis dit: "Aaah!"

Et puis, l'enfant,

il rit et puis dit:

"Ouais, maintenant,

vous avez 'aaa'.

"Alors, replongez

un autre doigt,

"peut-être que vous

allez trouver 'iii'".

Et le propriétaire dit:

"Non, non, non,

tut-tut-tut-tut,

"non, non, non,

ça suffit maintenant, là.

"Prends ton argent

et fous le camp,

"je ne veux plus te voir ici."

Et comme ça,

l'enfant, il est parti,

et c'est l'un des seuls

à avoir récupérer sa paie

après avoir travaillé pour ce

monsieur-là, parce qu'en fait,

l'homme était vraiment quelqu'un

qui exploitait tout le monde.

Il vous faisait travailler,

mais il payait jamais.


Une femme est assise contre une pile de planches. Elle parle.


CHÔMEUSE

Je me présente

devant Toi à Tes yeux,

démunie de tout travail.

J'ai rien fait, je crois...

qui pourrait T'offenser

au point... de me retirer

ma dignité de femme.

Fais que je retrouve

un autre travail

qui m'apporte force, courage,

et qui surtout me permet

de nourrir mon enfant.

Je remets mon sort

entre Tes mains.

Un geste et j'obéirai.

Je vais retourner chercher

du travail avec ardeur.

Je sais que Tu seras avec moi.

Qu'il soit fait

selon Ta volonté.


Un travailleur fixe une pièce sur une table.


Un travailleur soude des pièces.


Un travailleur découpe des plaques de métal en fredonnant.


Un travailleur soude des pièces.


Dans un atelier, une travailleuse souffle sur les pièces d'un piano pour en enlever la poussière. Elle s'approche d'un collègue qui travaille.


CHÔMEUSE

Je vais chercher les cafés.

Quelqu'un en veut?


Personne ne répond.


CHÔMEUSE

(Plus fort)

Je vais chercher les cafés.

Quelqu'un en veut?


Personne ne répond.


La CHÔMEUSE porte des protecteurs auditifs. On entend le martèlement d'une presse hydraulique. Elle observe le travail d'un collègue qui scie et mesure des planches.


La CHÔMEUSE est assise dans un atelier. Son collègue se lave les mains. Elle semble s'ennuyer.


Dans un atelier, une personne porte un matelas sur sa tête. Deux travailleurs transportent un cylindre de mousse. Deux travailleurs transportent une base de matelas. Un travailleur découpe et assemble un matelas.


Le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ observe tristement le TRAVAILLEUR3 qui examine une machine à coudre.


Les deux travailleurs sont allongés sur un matelas.


TRAVAILLEUR3

T'es un peu déprimé, hein?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Hé, je veux pas que tu penses

que ce qui se passe

dans la compagnie,

ça m'intéresse pas, là.

Ça m'intéresse.

C'est la moitié de ma vie ici.

Mais là, je ne veux

juste plus travailler.


TRAVAILLEUR3

Ah, moi,

je pense comme toi.

Mais là, t'as...

juste une petite

baisse d'énergie, non?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Non...

Mes mains font des choses

que ma tête veut pas faire.


TRAVAILLEUR3

Tu penses pas des fois

que ça pourrait être pire?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Ha, je joue pas

à imaginer pire.

Tu fais ça, toi?


TRAVAILLEUR3

Ben...

oui, je me dis que

ça pourrait être pire.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Pis ça t'aide?


TRAVAILLEUR3

Ben...

... ce que j'aime dans

le présent, c'est que...

j'ai pas le temps de penser, tu

sais, pas le temps de réfléchir.

Ça passe, pis... c'est fini.

Pis euh... après ça,

t'as un autre présent,

encore un autre,

pis encore un autre pis...

ben... ouais,

je me dis que...

ça pourrait être pire.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Tu penses jamais à...

ce que t'as enduré

pis à ce qui s'en vient?


TRAVAILLEUR3

Jamais.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

(Lentement)

J'y pense.

Tout le temps.

On est différents.


TRAVAILLEUR3

Ouais.


Le SOUDEUR2 se tient sur une plate-forme et parle fort. On entend les bruits de machines.


SOUDEUR2

Travailler dur

a jamais tué personne,

pourquoi prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne!

Mais pourquoi

prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne,

mais pourquoi

prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne,

mais pourquoi

prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne!


Un travailleur se repose contre un mur, les yeux fermés.


VOIX DU SOUDEUR2

Mais pourquoi

prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne!

Pourquoi prendre

le risque?


Le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ est assis immobile, l'air fatigué.


VOIX DU SOUDEUR2

Travailler dur

a jamais tué personne!

Mais pourquoi

prendre le risque?

Travailler dur

a jamais tué personne,

mais pourquoi

prendre le risque?


Le SOUDEUR2 et la TRAVAILLEUSE sont assis côte à côte, impassibles.


La CHOMEUSE est debout devant le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ qui a les bras croisés.


CHÔMEUSE

On m'a dit que

t'étais déprimé.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Oui.


CHÔMEUSE

C'est grave?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Oui.


CHÔMEUSE

Tu ne veux plus travailler?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Non.


CHÔMEUSE

Tu vas trouver

le temps long.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Au moins,

je vais le trouver.


CHÔMEUSE

T'es sombre.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Je suis ambitieux,

dynamique,

pis j'ai un excellent

sens de l'humour.

Toi, tu fais quoi?


CHÔMEUSE

Moi, j'aimerais ça avoir

le travail que tu vas laisser.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Ha, je te le donne!

Gratuit.

T'as jamais travaillé?


CHÔMEUSE

Une fois.

On n'a pas

voulu de moi.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Comment ça?


CHÔMEUSE

J'étais là,

on m'ignorait.

Tout le monde travaillait

autour de moi, mais moi, je...

j'étais comme invisible.

J'étais rien.

J'ai essayé.

J'ai marché, j'ai exploré,

je me suis rendu disponible...

mais il y avait

rien à faire.

Tout passait au travers de moi,

je... j'étais personne.

Je me fondais

dans le décor.

Je suis partie.


La CHÔMEUSE nettoie une affiche, perchée sur une échelle.


Les bras croisés, la TRAVAILLEUSE et le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ se parlent. La CHÔMEUSE manipule des gants à proximité.


TRAVAILLEUSE

Tout le monde

est en vacances.

T'es qui, toi?


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Un ouvrier déprimé.


TRAVAILLEUSE

Oh! T'es dramatique.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Je suis réaliste et lucide.


TRAVAILLEUSE

Non, tu m'angoisses.

Va-t'en.


TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ

Ha...


Le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ s'éloigne.


TRAVAILLEUSE

Pis toi,

t'es pas en vacances?

T'es qui?


CHÔMEUSE

Une chômeuse.


TRAVAILLEUSE

Ben, t'as juste à te servir,

tout le monde est parti.


CHÔMEUSE

C'est pas

aussi facile.

Fais que je retrouve un emploi

qui me donne force, courage,

et qui permet

de nourrir mon enfant.

Je remets mon sort

entre Tes mains, OK?

Un geste

et j'obéirai.


TRAVAILLEUSE

Non.

Tu m'angoisses, va-t'en.


La CHÔMEUSE s'éloigne.


On entend jouer du piano.


La TRAVAILLEUSE est immobile parmi les machines.


La CHÔMEUSE est immobile parmi les machines.


Le CONTEUR est immobile parmi les machines.


Des travailleurs tirent un engin sur des rails.


Le SOUDEUR2, le TRAVAILLEUR DÉPRIMÉ, le CONTEUR, la TRAVAILLEUSE et la CHÔMEUSE sont immobiles et regardent vers l'avant. Un enfant s'approche avec un violon et joue devant eux.


Générique de fermeture

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