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Nadja in Paris

Paris 1964 seen through the eyes of Nadja, a young American girl.



Réalisateur: Éric Rohmer
Acteur: Nadja Tesich
Production year: 1964

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


NADJA sort d'une maison de la Cité universitaire de Paris.


NADJA (Narratrice)

J'habite à la Cité universitaire,

maison de l'Allemagne.

Je suis Américaine

et Yougoslave.

Née à Belgrade

et Américaine d'adoption.


NADJA se met à jogger dans les jardins de la Cité.


NADJA (Narratrice)

La Cité me rappelle

les collèges des États-Unis.

C'est la même atmosphère

détendue.

Autre différence:

il y a ici des gens

de toutes les parties du monde.


Des étudiants conversent en se promenant à la Cité universitaire.


NADJA (Narratrice)

Les pelouses

ne sont pas interdites,

ce qui est rare en France.

On peut y marcher et s'y asseoir.

Le parc est vaste et des places

ont été réservées

aux terrains de jeu

et aux courts de tennis.


De jeunes gens jouent au tennis sous le regard d'un groupe d'étudiants. NADJA court sur un anneau d'athlétisme.


NADJA (Narratrice)

Moi, je ne pratique

aucun sport.

Sauf la course.

Enfin, je cours.


NADJA revient en joggant à la maison de l'Allemagne.


NADJA (Narratrice)

Le danger,

c'est qu'on est si bien

qu'on n'a plus envie

de sortir.

Toutes les choses

dont j'ai besoin

dans mon travail

ou mes loisirs

se trouvent à ma portée.


NADJA lit un journal qu'elle se procure à la maison où elle habite.


NADJA (Narratrice)

Les distractions

sont nombreuses.

Concerts, cinéma.

Chaque maison possède

une troupe de théâtre.

Celle-ci répète une pièce

de Lope de Vega.


Un metteur en scène donne des instructions à une troupe de théâtre.


METTEUR EN SCÈNE

(S'adressant à un étudiant)

Alors, c'est compris? Tu attends

qu'il ait bien fini ses répliques.


Deux étudiants répètent une scène.


METTEUR EN SCÈNE

(S'adressant à ses étudiants)

Mais non! Écoutez, je vous ai dit

qu'il fallait attendre qu'il ait

terminé sa réplique!


ÉTUDIANT

Attention, maintenant,

on recommence. Attention.


NADJA est maintenant dans le métro.


NADJA (Narratrice)

Une ligne de métro me conduit

en cinq minutes

au Quartier Latin.

Je prépare une thèse sur Proust.

C'est la raison officielle

de mon séjour en France.

Mais ce genre de travail me

laisse une très grande liberté

dans l'organisation

de mon temps.

En fait, mes visites

à La Sorbonne

sont brèves et espacées.


NADJA se promène autour de La Sorbonne.


NADJA (Narratrice)

Avant de retourner à la Cité,

j'aime flâner

dans les vieilles rues

de la Rive-Gauche,

pleines de boutiques

d'antiquaires et de librairies.

Ce qui me frappe en France,

ce sont les étalages de livres

à l'extérieur.


NADJA et d'autres flâneurs bouquinent.


NADJA (Narratrice)

On peut les feuilleter

et même lire des pages entières

en toute tranquillité.

Puis je vais m'asseoir

à une terrasse de café.


NADJA s'assoit à une terrasse bondée devant le Panthéon.


NADJA (Narratrice)

Les Français aiment

y rester des heures.

Moi non, mais tout de même

un certain temps.


SERVEUR

(Déposant un verre devant NADJA)

C'est bien pour vous, ça?


NADJA

Oui, oui, merci.


NADJA (Narratrice)

Je n'ai aucun but précis.

Je m'assois comme ça.

Je n'attends personne.

J'ai simplement envie d'être là.

Je ne lis pas, je regarde.

Je regarde la rue,

la manière dont marchent

les gens,

la manière dont ils regardent.


HOMME

(Voix au loin)

... le côté artisanal de ce

métier et pas autre chose, quoi.

Ça plaît ou ça plaît pas...


NADJA (Narratrice)

Je connais bien

Saint-Germain-des-Prés.

C'est même le quartier de Paris

qui m'a attirée le premier

lorsque je suis arrivée

en France.


NADJA passe devant le Café de Flore.


NADJA (Narratrice)

Je suppose qu'il s'est

beaucoup embourgeoisé

depuis l'époque de Gréco,

mais on y trouve une collection

de visages intéressants.


NADJA se promène maintenant dans le quartier Montparnasse.


NADJA (Narratrice)

Je suis plus à l'aise

à Montparnasse.

Le site est banal, mais

la foule est sympathique.

On vient là pour parler

et non pour poser.

Une sorte d'intimité

se forme tout de suite.


NADJA rejoint des amis à la table d'un café bondé de Montparnasse.


NADJA (Narratrice)

C'est ainsi que je me suis fait

un grand nombre d'amis

parmi les bohèmes,

peintres, écrivains

parisiens ou étrangers.

On peut passer

des nuits entières

à bavarder.

Les gens que je fréquente sont

en général plus âgés que moi

et détachés des petites

préoccupations

de la vie étudiante.

Ce sont eux

qui m'ont initiée

à l'art moderne.

Pour moi, qui en suis restée

à la période bleue de Picasso,

cela me dépasse un peu.

Je suis curieuse

de toutes les théories.

Mais en fin de compte, elles

m'ont pas tellement influencée.


NADJA visite un musée.


NADJA (Narratrice)

Je vais droit à ce qui me plaît.

J'abandonne le reste aux autres.

Et puis j'ai l'impression

qu'il y a des choses

que je n'arriverai jamais

à prendre au sérieux.


NADJA provoque un bruit de tintement métallique en s'amusant avec les boutons qui ornent un tableau du musée. NADJA repart ensuite dans le quartier Saint-Germain discuter avec des gens attablés à une terrasse.


NADJA (Narratrice)

Mais tous ces gens

de Saint-Germain

et de Montparnasse,

si différents qu'ils soient,

font partie du même univers.


Des hommes attablés à une terrasse de Saint-Germain-des-Prés commentent la tenue de NADJA et l'invitent à s'asseoir.


HOMME

(S'adressant à NADJA)

(Propos en anglais)

Let's have a drink.


NADJA

(S'adressant à l'HOMME)

(Propos en anglais)

I really have to go home.


NADJA (Narratrice)

J'éprouve souvent le besoin

de me séparer d'eux

et de sortir du périmètre

étroit du Paris intellectuel.


NADJA se promène tranquillement dans un grand parc.


NADJA (Narratrice)

Je savais qu'il y avait un parc

tout au fond de Paris.

J'y suis allée un jour

toute seule

et j'y reviens quelquefois.

Ce sont les Buttes-Chaumont.

J'aime ce lieu parce qu'il est

désert et sauvage.

Je sais que ces rivières

sont artificielles,

que ces roches sont du ciment,

mais ça n'a pas d'importance.


NADJA pose ses pieds dans les cascades d'une petite rivière.


NADJA (Narratrice)

Tout près de là,

c'est le quartier populaire

de Belleville.

Je me suis mise à l'explorer

et j'y passe

des journées entières.

Quand j'ai faim,

j'entre dans une pâtisserie.


NADJA

(S'adressant à la pâtissière)

Je voudrais celui-là.

Il s'appelle comment?


PÂTISSIÈRE

Une brique.


NADJA

Merci.

C'est combien?


PÂTISSIÈRE

Soixante, mademoiselle.


NADJA déguste sa pâtisserie.


NADJA (Narratrice)

Ce qui m'a toujours étonnée

chez les Français,

c'est l'importance qu'ils

accordent à la nourriture.

À midi, il faut manger.

J'ai entendu un jour

un étudiant passer cinq minutes

à décrire, à l'un de ses amis,

le bifteck magnifique

qu'on lui avait servi la veille

dans un restaurant.


NADJA déambule dans un marché.


NADJA (Narratrice)

Les marchés m'attirent.

On n'y croise d'ordinaire

que de vieilles gens.

Ce Paris-là, on le dédaigne

parce qu'il n'est pas

historique.


Images du quartier populaire, sur fond de rires d'enfants et de conversations entremêlées.


NADJA (Narratrice)

J'aime ces enseignes

défraîchies,

ces petites places

avec leurs arbres.


NADJA s'assoit sur un banc, à côté d'une vieille dame.


NADJA (Narratrice)

Cette vieille vient tous

les jours,

à la même heure,

s'asseoir sur le même banc,

pour lire un journal déchiré

ramassé dans quelque poubelle.


NADJA entre dans un bar bercé par une musique d'accordéon.


NADJA

(S'adressant à la serveuse derrière le bar)

Bonjour.


CLIENT

(Voix au loin)

Un petit Ricard,

s'il vous plaît, monsieur.


SERVEUR

(Voix au loin)

Qu'est-ce que vous prenez,

monsieur?


CLIENT

(Voix au loin)

Oh... Euh... Donnez-moi...


La serveuse remplit le verre de NADJA. Un homme appuyé au bar entame la conversation avec NADJA.


HOMME

(S'adressant à NADJA)

C'est pas bon, ça.

Ça fait mal au foie.

Faut pas.


NADJA

J'y suis habituée.

Ça me gêne pas.


HOMME

Moi non plus, ça me gêne pas.


NADJA (Narratrice)

Parfois,

une averse soudaine

m'oblige à rester.


HOMME

(Invitant NADJA)

Venez, quoi,

en tout bien tout honneur.

Y aura ma femme

et mes quatre gosses.

Oh, dimanche, vous travaillez

pas le dimanche.

J'habite à côté.

J'ai une Simca 1000.

Comme ça, c'est sympa, quoi.

Allez, vous venez?


NADJA refuse poliment en souriant.


NADJA (Narratrice)

On sait que je suis étrangère,

mais on m'accepte.

On en me regarde pas

comme une intruse.

J'ai découvert un monde

sans problème,

plus simple, plus

caractéristique de la France.

Sa présence m'a beaucoup aidée

en me détachant de tout ce

qu'il y avait de superficiel

dans ma vie.


NADJA lit dans un parc. Autour d'elle, des oiseaux gazouillent et des musiciens jouent une musique douce.


NADJA (Narratrice)

Ce qui caractérise Paris,

c'est sa grande variété.

On peut passer sans gêne

d'un milieu à l'autre.

C'est une ville

vraiment ouverte.

Et finalement, elle vous

apprend plus de vous

que vous ne découvrez d'elle.


NADJA erre en soirée dans un quartier de Paris.


NADJA (Narratrice)

Bien sûr, je n'ai pas

l'intention d'y rester.

Mais j'aimerais ne jamais

perdre Paris de vue.

Mon séjour ici

m'aura marquée.

C'est naturel, car il coïncide

avec la période

de votre vie

qui est peut-être

la plus importante,

celle où vous dégagez

des influences

et où votre personnalité

se dessine.


Générique de fermeture

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