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Bird People

In an airport hotel on the outskirts of Paris, a Silicon Valley engineer abruptly chucks his job, breaks things off with his wife, and holes up in his room. Soon, fate draws him and a young French maid together.



Réalisateur: Pascale Ferran
Acteurs: Josh Charles, Anaïs Demoustier, Roschdy Zem
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


Dans une gare, des voyageurs attendent.


Dans un train, on entend la voix d'un passager qui parle au téléphone.


PASSAGER1

Porte 2, Terminal 2.

Ah non.

Mais y a pas de porte 2

au Terminal 2!

C'est 2 ou c'est D.

Bon bien j'y vais

et je te rappelle.


Debout dans le train, une passagère écoute un message sur son téléphone portable.


VOIX FÉMININE

(Au téléphone)

Sonia, c'est moi.

J'ai rencontré le mec.

Il dit que pour ces postes-là,

ce n'est plus eux

qui décident...


Sur un banc, une passagère réfléchit.


PASSAGÈRE1

(Dans ses pensées)

Trois cents...

Trois cents combien, 321?

Ou 327, je ne sais plus...

300 et quelques

plus 370...


Sur un banc, deux hommes discutent dans une langue étrangère.


Une jeune passagère écoute de la musique à l'aide d'écouteurs et compose un texto sur son téléphone.


CHANTEUR

♪ En dansant la javanaise ♪

♪ Nous nous aimions... ♪♪


Sur un banc, un passager réfléchit.


PASSAGER2

(Dans ses pensées)

CKE plus numéro de vol

et nom, prénom.

Le passager peut enregistrer.

F9 pour récupérer

le billet électronique

F10 pour valider.

Ensuite F4 pour sortir

la carte d'accès à bord.

Non, merde,

les bagages avant F4.

Un bag de 30 kilos...


Sur un banc, deux passagers discutent.


PASSAGER3

C'est la révolution cubaine.


PASSAGÈRE2

Non, 53,

c'est l'année de Batista.


Sur un banc, une passagère parle au téléphone.


PASSAGÈRE3

Je pense qu'on y sera

vers 5 h à peu près.

Tu viens, toi?

Si, allez, viens.


Un passager parle d'une voix forte au téléphone.


PASSAGER3

(En colère)

Bien sûr que je suis énervé!

Moi, je m'engage

sur des engagements et

l'autre, ce matin, qui me dit:

"Je peux pas être là

lundi matin."


Des passagers écoutent de la musique à l'aide d'écouteurs.


Le train s'arrête. On entend le signal de fermeture des portes. Une passagère entre dans le train en parlant au téléphone.


PASSAGÈRE4

Oui, enfin, ça dépend, faut

quand même voir le prix et tout.

Hein?

Non. Là, je rentre

et après, je repars.

J'en aurai pour combien

de temps?


On entend les voix de passagers qui réfléchissent.


PASSAGER3

(Dans ses pensées)

Un lapin ou un lapin et demi?

Non. Disons un beau lapin,

c'est plus simple.

Alors un beau lapin,

deux tranches de lard fumé...


PASSAGER4

(Dans ses pensées)

Monsieur. Cher connard.

J'ai bien reçu votre courrier

me demandant de payer

la facture numéro machin

sous peine

de poursuites judiciaires.

Comme je vous le disais dans...

Comme je vous l'indiquais

dans mes deux précédents...


Un passager regarde un plan d'architecte sur l'écran de son téléphone.


PASSAGER5

(Dans ses pensées)

Ah, merde, oui, c'est le mur

qui doit pas être droit.


PASSAGÈRE5

(Dans ses pensées)

Bertrand, un truc comme ça.

C'est dingue.

(En souriant)

Je devrais

m'en souvenir quand même.


PASSAGER6

(Dans ses pensées)

Ça fait 407,50 TTC...


Sur un banc, AUDREY réfléchit.


AUDREY

(Dans ses pensées)

50 minutes deux fois par

jour, ça fait 100 minutes...

Six fois par semaine,

ça fait 600 minutes

600 minutes,

ça fait 10 fois 60,

ça fait 10 heures par semaine.

La vache. Dix heures de trajet

par semaine.

40 heures par mois.


Le train s'arrête. Un oiseau se pose sur une fenêtre du train. AUDREY regarde l'oiseau en souriant.


Titre :
BIRD PEOPLE


Dans un aéroport, GARY attend parmi la foule que sa valise arrive sur un tapis roulant. Il prend sa valise et sort de l'aéroport. Il fume une cigarette.


Dans une camionnette, GARY consulte son téléphone. Un garçon regarde par la fenêtre et s'émerveille de voir un avion décoller. Sur son téléphone, GARY lit un message de KATLYN en anglais: « Bienvenue à Paris. Fichier envoyé. Le charger avant la réunion. »


AUDREY arrive à l'aéroport. Elle sort et s'allume une cigarette. Elle entre dans un hôtel par une porte de service. Elle marche parmi des travailleurs de l'hôtel. Elle entre dans un vestiaire. Des femmes se changent.


COLLÈGUE1

C'est seulement un problème

avec Aminata.


COLLÈGUE2

Et Aminata,

elle est pas noire?


COLLÈGUE1

Si. Mais elle n'a qu'à mettre

du déodorant

comme tout le monde.


AUDREY s'approche de LEILA.


AUDREY

Qu'est-ce qui se passe?


LEILA

Aminata a eu un avertissement,

ce matin. C'est l'émeute.


COLLÈGUE3

...de savoir

si Aminata a une odeur,

c'est de savoir si elle a

une bonne

ou une mauvaise odeur.


COLLÈGUE2

Ah oui?

Et qui va décider...


AUDREY

Elle a reçu un avertissement

pour mauvaise odeur?


LEILA

Apparence physique négligée.


Dans un bureau, une patronne parle au téléphone. AUDREY entre. Elle porte des habits de femme de ménage.


PATRONNE

(Au téléphone)

J'ai un problème avec la fille

que vous m'avez envoyée hier.

Bien non, pour les parties

communes, ça irait,

mais pour les chambres,

c'est pas possible,

elle est pas assez organisée.

Bon. Bon.

Tu crois que tu peux

me trouver quelqu'un d'autre

en urgence?

D'accord.

Très bien.


AUDREY signe une feuille et consulte un presse-papier.


PATRONNE

(Au téléphone)

Bon bien, j'attends

ton coup de fil alors.

Merci. Au revoir.


La PATRONNE raccroche.


PATRONNE

Audrey.

J'ai besoin de vous.

Vous pourriez pas faire

un remplacement, dimanche,

à vos horaires habituels?

Je sais bien que sept jours

d'affilés, ça fait beaucoup,

mais vous pourriez récupérer

votre journée quand vous voulez.

Dès lundi si vous voulez.


AUDREY

Non, je suis désolée,

mais dimanche,

ça va pas être possible.

J'ai un partiel lundi,

faut vraiment que je révise.


PATRONNE

(Déçue)

D'accord.


La PATRONNE décroche son téléphone. AUDREY sort et rejoint LEILA dans une remise à produits nettoyants.


LEILA

(En souriant)

T'as repris la fac?


AUDREY

(En souriant)

Ça va, je suis pas

leur bonne non plus.


GARY entre dans une chambre d'hôtel. Il ouvre et défait ses bagages. Il consulte un ordinateur.


Dans la remise, AUDREY prépare des produits ménagers sur un chariot.


AUDREY pousse son chariot dans les corridors d'un hôtel. Elle salue des clients. Elle regarde sur une feuille qui détaille le travail qu'elle doit faire. Sur la feuille, on peut lire les mots: « 822i À faire en priorité ».


AUDREY frappe à la porte d'une chambre.


AUDREY

Service!


Elle ouvre la porte et la tient ouverte avec un seau de produits ménagers. Elle ouvre la fenêtre de la chambre et jette des objets dans une poubelle.


Dans le corridor, AUDREY met des draps dans un sac sur son chariot. Elle voit GARY qui sort d'une chambre.


GARY est assis à l'arrière d'un taxi qui roule. Le chauffeur lui parle en anglais.


CHAUFFEUR

Americain?


GARY

Oui.


CHAUFFEUR

D'où êtes-vous?


GARY

San Jose.

San Francisco, Silicon Valley.


CHAUFFEUR

Bill Gates!


GARY

Non, il...

Oui.

Bill Gates.


GARY sort un ordinateur de son sac et l'ouvre.


CHAUFFEUR

Paris. Beautiful.


GARY hoche la tête et consulte son ordinateur. Il lit un courriel en anglais: « Papa, Voyage = Duty Free = Jeux vidéo = Diablo 3 Regarde ça, c'est super marrant. » GARY regarde un vidéo que lui a suggéré son fils. Il s'agit d'une compilation d'extraits drôles d'émissions de télévision.


Dans l'entrée d'un immeuble, BORIS s'approche de GARY et lui parle en anglais.


BORIS

Gary Newman?

Je suis BORIS.


GARY

Enchanté.


Ils se serrent la main.


BORIS

Votre passe.


BORIS donne une carte à GARY. Ils entrent dans un ascenseur.


BORIS

Content de votre hôtel?


GARY

Content? Oui.

Bon lit, ai conditionné, super.


BORIS

À quelle heure est votre vol,

demain?


GARY

(En français)

8 h le matin.


BORIS

(En français)

Vous parlez français?


GARY

(En français)

Je... comprends un peu,

mais je parle mal.


BORIS

(En français)

Non, non, c'est très bien.


GARY rit.


Dans une salle de réunion, GARY et BORIS sont assis autour d'une table, en compagnie d'une douzaine de personnes. Des hommes parlent en français tandis que BORIS traduit en anglais en chuchotant dans l'oreille de GARY.


HOMME D'AFFAIRE1

On ne s'est pas bien compris,

monsieur Abélard.

Je ne veux pas que vous

envisagiez quoi que ce soit.

Je veux que vous soyez sûr

que vous nous garantissez à 100%

un traitement qui est

totalement compatible.


ABÉLARD

J'ai dû mal m'exprimer,

mais nos dernières études

confirment bel et bien que

l'ajout d'un nouveau module

dans les aéro-condenseurs ont

le système compatible

avec le cahier des charges.


HOMME D'AFFAIRE2

Comme il a toujours été

avant que Velos

ne change le schéma directeur.


HOMME D'AFFAIRE3

Mais le schéma directeur

n'a pas été changé,

il a été précisé.


HOMME D'AFFAIRE2

Ah oui?

Où dans le contrat initial?


ABÉLARD

Vous vous foutez de moi?

On sait bien

qu'il s'agit de modifications.

Ou alors quoi?

On parle pas la même langue?


HOMME D'AFFAIRE1

Attendez. Attendez.

Je vais être clair.

Mon problème,

c'est que le 31 décembre,

je dois livrer une usine

clé en main à Dubaï.

Passé ce délai, on entre

dans une zone de pénalité.

Et alors là, mon problème

va devenir votre problème.

Parce qu'il est hors de question

que la compagnie assume

la responsabilité financière

d'un retard dû à un défaut

de conception,

ou de fabrication d'ailleurs.

Et il est hors de question

que se répète à Dubaï

ce qui s'est passé à Sao Paulo.

Alors je reprends du début.

Mettons que l'hypothèse de Celab

est validée.

Question: Ça impacte le plan

d'ensemble de la centrale?


HOMME D'AFFAIRE4

Oui. Le rajout d'un module,

même de 10 m,

nous oblige à modifier

les plans.


HOMME D'AFFAIRE1

Il vous faut combien de temps?


HOMME D'AFFAIRE4

À partir du moment

où c'est validé,

une dizaine de jours, disons.


HOMME D'AFFAIRE1

De votre côté,

monsieur Bayoud?


BAYOUD

Tant que je n'ai pas

les plans techniques,

je ne peux pas faire

les plans d'exécution.


GARY regarde par la ville par la fenêtre et perd le fil de la conversation.


BAYOUD

... huit à dix semaines

de génie civil

avant de pouvoir mettre en place

le système informatique.

Et après, tout dépend

de la rapidité d'exécution

de M.Newman.


Toutes les personnes autour de la table se taisent et regardent GARY.


GARY

(Propos traduits de l'anglais)

Je pars demain

rejoindre l'équipe de M. Bayoud.

Mais je vais devoir faire plus

en moins de temps.

Il me faudra

deux programmeurs en plus,

ce qui a un coût.


HOMME D'AFFAIRE1

(Propos traduits de l'anglais)

Bien sûr.

Mais pouvez-vous finir

pour le 31 décembre?

C'est la question.


GARY

(Propos traduits de l'anglais)

Si on vous coûte moins cher

que les pénalités de retard,

on s'arrangera toujours.

Ce qui m'ennuie,

c'est de passer Noël à Dubaï.


Des rires discrets parcourent l'assemblée.


GARY est assis à l'arrière d'un taxi qui roule. Par la fenêtre, il regarde attentivement deux voitures en très mauvais état qui ont eu un accident.


AUDREY est dans un autobus. Elle répond à son téléphone qui sonne.


AUDREY

Allô?

Oui, papa.

Je suis dans le bus,

tu peux me rappeler

dans cinq minutes?

OK.


AUDREY raccroche.


AUDREY marche sur une rue en parlant au téléphone.


AUDREY

Mais je t'entends pas,

je t'entends pas!


PÈRE

(Au téléphone)

Je disais, j'ai croisé

la mère de Thomas,

l'autre jour à Poitiers.

T'as des nouvelles, toi?


AUDREY

De qui? De Thomas?

On est même pas à la même fac.

Puis ça va, c'est fini,

c'est fini.

On va pas rester bloqué

107 ans sur cette histoire.


PÈRE

T'as rencontré

quelqu'un d'autre?


AUDREY

Papa...


PÈRE

Quoi?


AUDREY

Mais on parle pas de ça.


PÈRE

Pourquoi?


AUDREY

Je sais pas, moi,

c'est intime.


PÈRE

D'accord. J'ai le droit

de te demander

si tout va bien quand même.

T'es pas trop seule?


AUDREY

Mais non,

je suis pas seule du tout.

Y a plein de gens à la fac.


PÈRE

Ton petit boulot à l'hôtel,

ça va, c'est pas trop fatigant?


AUDREY

Ça va, ça va.


PÈRE

T'étais où aujourd'hui?


AUDREY

J'étais à la fac. J'ai cours

toute la journée le mercredi.


Une voiture roule juste devant AUDREY qui recule, apeurée.


AUDREY

Quoi?

J'ai pas entendu

ce que t'as dit.


PÈRE

Non, je disais: Ce qui est

pas mal avec l'hôtel,

c'est qu'au moins, tu peux

pratiquer un peu ton anglais.


AUDREY

Avec qui?


PÈRE

Bien, avec les clients.


AUDREY

Parce que toi, tu discutes

avec les femmes de chambre

quand t'es dans un hôtel?


PÈRE

Bien oui, ça m'arrive, oui.

Pourquoi t'es agressive

comme ça tout le temps?


AUDREY

(Irritée)

Je suis pas agressive, mais

tu me dis des trucs absurdes!


AUDREY achète des fruits dans une épicerie.


AUDREY entre chez elle. Elle ouvre une fenêtre. Elle allume puis éteint aussitôt une lampe. Elle s'assoit devant la fenêtre et soupire. Elle s'allume une cigarette. Elle regarde ses voisins de l'immeuble en face par leurs fenêtres.


Texte narratif :
Gary


Dans sa chambre d'hôtel, GARY se retourne dans son lit. Il allume une lampe et s'assoit. Il semble troublé. Il se lève, ouvre une fenêtre et respire l'air de l'extérieur. Il s'allume une cigarette.


Dans la toilette de la chambre, GARY avale des comprimés et se jette de l'eau sur le visage.


GARY est assis devant un ordinateur dans sa chambre. Il fume, boit de l'alcool et joue au jeu vidéo Tetris.


GARY est couché dans son lit. L'horloge indique 2h17. Il se réveille et semble avoir une crise de panique.


Dans le hall d'entrée de l'hôtel, GARY sort d'un ascenseur et court jusqu'à la sortie.


GARY respire profondément sur le trottoir devant l'hôtel. Il est en sueur. SIMON, un réceptionniste de l'hôtel, sort et s'approche de lui.


SIMON

Tout va bien, monsieur?


GARY

Ça va.


SIMON s'éloigne un peu et s'allume une cigarette. GARY se calme peu à peu. SIMON s'approche de lui.


SIMON

Vous voulez une cigarette?


GARY

Oh...

Oui. Merci.


SIMON donne une cigarette à GARY puis l'allume.


SIMON

Si vous avez besoin

de quoi que ce soit,

des médicaments ou...

ou autre chose, je suis là.


SIMON indique son comptoir à l'intérieur de l'hôtel.


GARY

Merci.

(Propos traduits de l'anglais)

Je ne sais pas ce qui m'arrive

Un peu d'angoisse, je pense.

(En français)

Je sais pas comment on dit

en français.


SIMON

Un peu d'angoisse.


GARY

Oui.

(Propos traduits de l'anglais)

C'est inhabituel chez moi.

(En français)

Mais ça va mieux.


SIMON entre dans l'hôtel. GARY observe les environs. Il voit un chat qui marche sur la rue.


GARY retourne dans sa chambre.


NARRATEUR

Plus tard,

Gary Newman serait

bien incapable de définir

le moment précis

où il avait pris sa décision.


GARY dépose de la glace dans un seau et sort de sa chambre.


NARRATEUR

S'agissait-il seulement

d'une décision?

Pouvait-on parler de choix,

dès lors que l'idée,

une fois germée,

s'était imposée à lui

avec la force de l'évidence.


Dans sa chambre, GARY se prépare un verre d'alcool avec des glaçons. Il s'assoit et enlève ses chaussures.


NARRATEUR

Les heures suivantes,

Gary n'eut de cesse

d'étudier une à une

les conséquences

de son acte à venir.

Mais rien ne le fit

changer d'avis.

Au contraire.

Plus les heures passaient,

plus ferme était sa conviction

qu'il n'y avait pas pour lui

d'autre solution.


Au matin, GARY est assis sur son lit. Le téléphone de la chambre sonne. Il répond.


VOIX FÉMININE

(Au téléphone)

Bonjour, Vous avez demandé

un réveil à 5 h 30. Bonjour--


GARY raccroche.


NARRATEUR

Puis,

malgré la fatigue,

il décida d'attendre

jusqu'à 8 h,

soit l'heure exacte

du décollage de l'avion

dans lequel

il ne se trouvait pas.


GARY regarde un avion décoller par la fenêtre de sa chambre.


GARY parle au téléphone de l'hôtel.


GARY

Oui.

Merci.


Il raccroche. Il ouvre la porte de la chambre et retourne le carton qui indique qu'il ne veut pas être dérangé.


AUDREY pousse son chariot de femme de ménage dans le corridor de l'hôtel. Elle s'arrête devant la porte de la chambre de GARY et note quelque chose sur une feuille.


Dans sa chambre, GARY fume, assis sur un fauteuil.


NARRATEUR

Gary se réveilla

vers 4 h de l'après-midi,

d'un sommeil agité

par de mauvais rêves.

Après avoir avalé un café

et la moitié d'une omelette,

il réalisa que son avion

pour Dubaï était

sur le point d'atterrir.


GARY consulte l'horaire de son avion.


NARRATEUR

Il était 17 h passées à Paris,

un peu plus de 19 h à Dubaï.


Sur son ordinateur, GARY regarde une image satellite de l'aéroport de DUBAÏ. Il s'imagine marcher parmi la foule dans l'aéroport. Un homme tient une pancarte avec son nom.


L'homme qui tenait la pancarte compose un numéro sur un téléphone.


Au bureau de réception de la compagnie Island Inc., une secrétaire répond au téléphone.


SECRÉTAIRE

(Propos traduits de l'anglais)

Island inc., bonjour.

J'essaie de vous le passer.


Dans sa chambre, GARY s'allume une cigarette.


NARRATEUR

Gary eut soudain

le sentiment

d'avoir lancé un hameçon

et d'attendre que ça morde.


GARY s'imagine un homme et un enfant qui pêchent un poisson. Il sourit. Son téléphone portable sonne. Il répond à sa collègue KATLYN. Ils se parlent en anglais.


GARY

Hello.


KATLYN

Gary? C'est Katlyn.

Ou es-tu?


GARY

Encore à Paris, près de l'aéroport.

Allan est là?


KATLYN

Il est en réunion chez HP.

Jusqu'à 10h. Il te rappellera.

Tu as raté ton avion?


GARY

Je t'expliquerai plus tard.

C'est compliqué.


KATLYN

Je fais quoi, pour Dubaï?

Ils ont appelé.

Ta réunion n'est pas demain?


KATLYN est dans une salle où plusieurs personnes travaillent devant des bureaux. Elle est visiblement inquiète.


GARY

Dis-leur que j'ai eu un accident.

Dans un taxi.

En rentrant de ma réunion à Paris.

Que je suis à l'hôpital,

avec un bras cassé ou genre...

Et envoie George

par le premier vol,

pour me remplacer.

Enfin,

il faut d'abord que je parle à Allan,

mais essaie de réserver le vol.


KATLYN

Mais ça va?

Tu n'as pas eu d'accident, ni rien?


GARY

Non, tout va bien.

Ne t'inquiète pas.


KATLYN

Je dis quoi aux autres?


GARY

Rien pour l'instant.

C'est Allan ton patron maintenant.

Vois avec lui, c'est mieux.


KATLYN

Je m'en occupe et je te rappelle.

Prends soin de toi, Gary.


Dans sa chambre, GARY raccroche. Il ouvre les rideaux devant sa fenêtre. Il lance un appel sur son téléphone.


GARY

(Propos traduits de l'anglais)

Don, c'est Gary Newman.

Rappelez-moi.

C'est plutôt urgent.

Je suis à Paris.

Ici il est 18h15.

À tout à l'heure.


Dans la toilette, GARY se brosse les dents. Son téléphone sonne. Il répond à ALLAN. Ils se parlent en anglais.


ALLAN

C'est quoi cette histoire

avec Dubaï?


GARY

Je n'y suis pas allé, Allan.


ALLAN est au volant d'une voiture. Il parle au téléphone grâce à un appareil mains libres.


GARY

Je n'ai pas pris l'avion.

Je vais laisser tomber.


ALLAN

Laisser tomber quoi?


GARY

Le travail, la boîte, tout.

C'est fini.


ALLAN

Quoi!?


GARY

Je verrai ça avec McCullan.

Il t'enverra ma démission

au plus vite.

Essayons de faire ça vite.

Vous avez trouvé une solution

pour Dubaï?

George peut y aller?


ALLAN

Il est hors de question

que tu n'ailles pas à Dubaï!

Dois-je te rappeler

combien vaut ce contrat?


GARY

Je sais. Je regrette.

J'aurais préféré

que ça me tombe dessus

à un autre moment.


ALLAN

Que quoi te tombe dessus, bordel?


GARY

La décision. De tout arrêter.

Je ne changerai pas d'avis...


La voiture d'ALLAN roule dans un tunnel et la communication rompt.


ALLAN

Gary?

Gary?


Dans sa chambre, GARY raccroche.


Dans une ville, DON entre dans un taxi. Il parle au téléphone en anglais avec GARY.


DON

Attendez, attendez...

Je n'essaie pas

de vous faire changer d'avis.

J'emmerde jamais mes clients

sur les raisons de leurs décisions.

Mais vous êtes assis

sur une bombe, là.

Démissionner sans préavis

en pleine mission,

c'est un abandon de poste.

Si Allan et Dennis

vous font un procès,

aucune chance de gagner.

Zéro! Nada!

J'imagine même pas les dommages...


GARY

Inutile de dramatiser, Don.


DON

Quoi?


GARY

Je dis: ne dramatisez pas.

Allan ne fera jamais ça.


DON

Ce n'est pas l'impression

que m'a fait son message.

Et puis il n'est pas seul.

Dennis vous a appelé?


GARY

Non.

Mais quelqu'un

qui connaît le contrat

me remplacera, voilà tout.


DON

Je suis à New York pour la journée,

sans aucune minute pour déminer.

Je mets Kopinsky sur le coup.

Appelez-le, briefez-le,

qu'on ait au moins

une vue générale du dossier.


GARY

Il y a autre chose...


Le téléphone de la chambre de GARY sonne.


GARY

Ne quittez pas. Une seconde.


GARY répond au téléphone de la chambre.


GARY

Hello?


ALLAN

(Au téléphone)

Gary? C'est moi. Allan.


GARY

ALLAN)

Oui. Allan. Une seconde.


Dans le taxi, DON exclame son mécontentement.


GARY

DON)

Don, je dois vous laisser.


DON

Gary? Ne déconnez pas avec ALLAN.

Ne vous engagez sur rien.

Rien d'écrit.

Ni mails, ni SMS, rien.

Je vous rappelle.


Dans sa chambre, GARY raccroche son téléphone portable et parle au téléphone de la chambre.


ALLAN

Gary, qu'est-ce qui t'arrive?

Tu peux m'expliquer?


GARY

J'en ai assez, je crois.

C'est tout.


ALLAN

(Irrité)

C'est un peu court, non?

(En colère)

Tu sais dans quelle merde

tu nous mets?


GARY

George s'en chargera...


ALLAN

Je me fous de George!

Je ne parle pas de Dubaï,

je parle de Island Inc.

Il est exclu que tu démissionnes!

Pas à 15 jours

du contrat avec Stuttgart!

Merde, tu le sais!


GARY

Je sais.

Mais que veux-tu que je dise?


ALLAN

Tout! Je veux que tu me dises tout.

Pourquoi tu fais ça?

En maintenant, en plus?

Tu ne peux pas démissionner

comme ça.

Pas sans me prévenir

un minimum à l'avance.

Quand as-tu pris cette décision?


GARY

Hier.


ALLAN

(Exaspéré)

Hier.

Tu veux dire...

Franchement,

c'est n'importe quoi!

On ne part pas

du jour au lendemain.


GARY

Au contraire.

J'ai bien réfléchi,

et c'est la seule manière de faire.


ALLAN

(Confus)

Qu'est-ce que tu racontes?


GARY

Je quitte tout, je te l'ai dit.

Je ne reviens pas.


ALLAN

C'est-à-dire?


GARY

Je reste ici, en Europe.


ALLAN

Combien de temps?


GARY

Mais on s'en fout!

Ça change quoi?


ALLAN

(Sérieux)

Qu'est-ce qui se passe?

Il s'est passé quelque chose?


GARY

Non.

Je ne peux plus, c'est tout.

Je ne veux pas continuer

comme ça.


ALLAN

Quoi « comme ça »?


GARY

Tout. Le stress, le boulot,

Élisabeth...


ALLAN

Mais enfin,

quelque chose a bien dû déclencher

cette folie.

C'est quoi? La mort de Matt?


GARY

Quoi?

Non, bien sûr que non.


ALLAN

Si c'est le stress,

tu pourrais, je ne sais pas,

arrêter les missions,

prendre un congé.

Même de quelques mois, si tu veux.

Mais ne fais pas cette connerie.

Enfin, je ne peux pas être

le seul à penser ça.

Qu'en dit Élisabeth?


GARY

Je ne sais pas.


ALLAN

Tu ne lui as pas dit?


GARY

Non. Je vais l'appeler.


ALLAN

Attends, Gary...

Quand tu dis que tu quittes tout,

que tu ne reviens pas...

tu quittes aussi Élisabeth?


GARY

Oui. Tout, c'est tout.


ALLAN

Mon dieu...

mais tu as pensé à elle...

et aux enfants?


GARY

Bien sûr. Je n'ai pensé qu'à eux.

Pour qui te me prends?!


ALLAN

Écoute...

Parle avec Élisabeth.

Discute avec elle.

Et on s'appelle demain,

quand tu auras dormi là-dessus.


GARY

Si tu veux, mais ça ne changera rien.


ALLAN

Tu restes au Hilton?


GARY

Je ne bouge pas.


ALLAN

Je te rappelle.


ALLAN raccroche.


Dans sa chambre, GARY regarde par la fenêtre. Il ne lui reste qu'une seule cigarette dans son paquet. Il l'allume.


GARY écrit un courriel à Élisabeth: « Je suis encore à Paris. J'ai décidé de démissionner. Appelle-moi quand tu seras rentrée. Laisse les enfants à Hannah ou à ta mère. Il faut qu'on parle. C'est important. » GARY réfléchit puis modifie son message: « Il faut qu'on parle longuement, sérieusement. »


GARY sort de sa chambre. Il enlève se sa porte le carton qui indique qu'il ne veut pas être dérangé.


Dans le hall d'entrée de l'hôtel, GARY attend devant le réceptionniste qui parle à un client.


RÉCEPTIONNISTE

(Au téléphone)

Votre numéro de chambre,

s'il vous plaît.


CLIENT

La 140.


Le RÉCEPTIONNISTE vend des cigarettes à GARY.


RÉCEPTIONNISTE

Marlboro ou Marlboro Light?


GARY

Marlboro Light.

Trois packs, s'il vous plaît.


Le RÉCEPTIONNISTE donne les cigarettes à GARY et lui demande son numéro de chambre en anglais.


Le téléphone portable de GARY sonne. Il répond en anglais.


GARY

Oui Don.


DON

Je viens d'avoir Kopinsky.

C'est quoi cette histoire d'actions?

Vous vendez vos parts

de Island Inc.?


GARY

Oui, j'ai réfléchi.

Je préfère tout régler maintenant.


DON

Vous avez la minorité de blocage

avec Allan?


GARY

Oui, avec Allan et Dennis.


GARY sort de l'hôtel.


DON

Alors il n'y a rien à craindre!


GARY

Quoi?


DON

J'appelle Kaufman.

Non, même pas,

il suffit que je prononce son nom.


GARY

Minute! Je ne veux pas

que Kaufman en profite!


DON

On est d'accord, Gary.

C'est purement tactique.

Pas de procès, pas de Kaufman.

Donnant-donnant.


GARY s'allume une cigarette.


GARY

Vous n'arrêtez jamais, hein?

Où êtes-vous?


DON

Aéroport Kennedy.

Je rentre à San Francisco.


GARY

Don, faites pour le mieux,

mais ne menacez pas Allan

avec Kaufman en mon nom.


DON garde le silence.


GARY

Vous êtes là? Vous m'entendez?


DON

Je vous entends. Je m'en occupe.

Je vous rappelle.


DON raccroche.


GARY mange seul à une table de restaurant. Sur son téléphone, il lit un courriel d'ÉLISABETH en anglais: « Comment ça, démissionner? Ok, 19 heures, je serai à la maison. »


Une serveuse s'approche.


SERVEUSE

Vous avez fini, monsieur?


GARY

Oui, merci.


La serveuse dessert son assiette. GARY boit tranquillement un verre de vin. Un piano automatique joue une pièce.


Dans sa chambre d'hôtel, GARY parle avec ÉLISABETH en appel vidéo sur son ordinateur. Ils se parlent en anglais.


GARY

Quoi?


ÉLISABTEH

Ce que tu viens de dire.


GARY

Tu as entendu.


ÉLISABTEH

Je veux l'entendre à nouveau.


GARY soupire.


GARY

Élisabeth, c'est fini.


ÉLISABTEH

Tu n'as pas dit ça.


GARY

Arrête.


ÉLISABTEH

Arrête?!

Tu dis: Je ne reviens pas,

ou une connerie du genre,

et c'est moi qui dois arrêter?

Répète ce que tu viens de dire.

Je ne te demande pas la lune,

sauf si tu n'es pas sûr de toi.


GARY

Je suis sûr.


ÉLISABTEH

Alors, redis-le, putain!


GARY fait « non » de la tête.


GARY

(En colère)

Arrête d'aboyer,

c'est insupportable!


ÉLISABTEH

(À voix basse)

Tu pars avec elle, c'est ça?


GARY

Qui?


ÉLISABTEH

La fille.

Je ne connais pas son nom.

Ta pute.


GARY

De quoi tu parles?

J'ai couché deux fois avec elle,

il y a trois ans.


ÉLISABTEH

Il y a quelqu'un d'autre?


GARY

Non, il n'y a personne.


ÉLISABTEH

Comment ça, « personne »?

Tu pars tout seul?


GARY

Oui.


ÉLISABTEH

Mais quand je t'ai connu,

tu ne savais rien faire tout seul.


GARY

C'était il y a 18 ans.

J'ai changé.

Ça arrive, tu sais.

Parfois, les gens changent.


Sur l'écran de l'ordinateur, ÉLISABETH semble confuse.


ÉLISABTEH

C'est à cause de notre dispute

avant ton départ?


GARY

ÉLISABETH, on n'en est plus là.

On ne fait plus que ça: s'engueuler.

Je ne sais pas

ce qu'il resterait entre nous sans ça.


ÉLISABTEH

(En pleurant)

C'est dégueulasse de dire ça.


GARY s'impatiente.


ÉLISABTEH

Ne me regarde pas comme ça.

Tout ne peut pas avoir disparu...

comme ça...


Sur l'écran, ÉLISABETH se lève et s'éloigne. GARY s'allume une cigarette. Sur l'écran de l'ordinateur, GARY peut voir la fenêtre de la cuisine chez ÉLISABETH. Un petit oiseau se pose sur la fenêtre.


ÉLISABETH est de retour sur l'écran. Elle a les yeux humides.


ÉLISABTEH

C'est affreux.

Je me sens...

C'est comme si...

Pourquoi tu ne m'as rien dit?

Pourquoi on ne peut jamais

se parler un peu...


GARY

Un peu quoi?

On se parle plus depuis des années.

Dès que je parle de moi

ou de mon travail,

ou de nous, tu le prends mal.

Et dès que tu me parles,

j'ai l'impression que tu m'agresses.

Si on arrivait à se parler...


Sur l'écran, ÉLISABETH est triste.


ÉLISABTEH

(En colère)

Ne me dis pas

que ce n'est pas dirigé contre moi

alors qu'évidemment ça l'est.


GARY

(En colère)

Non, c'est pour moi!

Tu ne peux pas comprendre

une fois dans ta vie

que je fais quelque chose pour moi?


ÉLISABTEH

D'accord, c'est pour toi.

Un beau matin, tu décides de faire

quelque chose pour toi.

Super. Merveilleux.

Sauf que...

ce que tu fais pour toi,

il se trouve que ça anéantit ma vie.

Tu ne vois pas

la relation de cause à effet?


GARY soupire d'impatience.


ÉLISABTEH

Tu ne vois pas la relation

de cause à effet?

C'est trop te demander d'admettre

que tes actes ont des conséquences?


GARY

On devrait arrêter,

ça ne sert à rien.


ÉLISABTEH

Bien sûr.

Ça ne sert à rien.

Dès que ta responsabilité

est en jeu,

ça ne sert à rien.


GARY

Ce n'est pas la question.


ÉLISABTEH

(Fort)

C'est quoi, la question?

Vas-y.

Dis-le!


GARY

(Hésitant)

Je ne crois pas qu'en te quittant,

je vais anéantir ta vie.

C'est dur, brutal,

insultant, douloureux,

ce que tu voudras,

mais je ne crois pas une seconde

que ça va t'anéantir.

Je crois que tu te racontes ça

pour pouvoir jouer confortablement

le rôle de la victime.

(Moqueur)

Mais très bien, vas-y,

roule-toi dedans.


ÉLISABTEH

Si c'est ce que tu penses,

tu as raison,

il vaut mieux arrêter de parler.

Tu n'as strictement

aucun moyen

de savoir ce que je ressens.


ÉLISABETH s'allume une cigarette.


ÉLISABTEH

Tu ne manques pas d'air de m'accuser

de jouer la victime,

alors que c'est toi

qui n'arrêtes pas de te plaindre.

Pauvre Gary: trop de travail,

de stress, de voyages,

et qui n'a même pas le courage

de parler de nous.

Admets que tu me quittes

parce que tu ne me supportes plus.


GARY

Oui. Il y a de ça.


ÉLISABTEH

Dis-le.

Bon dieu.

(En criant)

Aie le courage de dire

ce que tu ressens, pour une fois!


GARY

Ok, je vais le dire!

Je pars parce que je ne supporte

plus ma vie.

Ma vie au travail et avec toi.

(En criant)

Je ne supporte plus

cet état de guerre permanent!


GARY frappe la table du poing.


GARY

Je ne...

Je ne te supporte plus.


ÉLISABTEH

Tu vois...

que c'est dirigé contre moi.


GARY pleure et hoche la tête. Il se lève de sa chaise puis se rassoit.


ÉLISABTEH

Le garage a appelé.

Ta voiture sera prête demain.

Je gais quoi?

J'ai pas besoin de deux voitures.


GARY

Fais ce que tu veux.

Vends-la, ou...

Comme tu veux.


ÉLISABTEH

Et ton courrier?

Les factures?


GARY

McCullan s'en occupera.

Ne t'inquiète pas, il s'en chargera.


ÉLISABTEH

J'oubliais...

M. Peacock

dit qu'il prend sa retraite

l'an prochain.

Il est venu tailler...

les rosiers, ce matin.

On n'a pas besoin de tout ça.

On n'a pas besoin de jardinier.

Si c'est le problème,

on peut changer.

Tu peux arrêter de travailler.


GARY

Beth...


ÉLISABTEH

On vivra de mon salaire,

on vendra la maison.


GARY

Beth.


ÉLISABTEH

On peut changer si on le décide.

Tu l'as dit,

les gens peuvent changer.


GARY

C'est trop tard.

Je suis épuisé, Élisabeth.

Il est très tôt ici.


ÉLISABTEH

Qu'est-ce que je dis aux enfants?

Je dois leur dire quelque chose.


GARY

Je ne sais pas.

Dis-leur la vérité.

Même si c'est dur...


ÉLISABTEH

La vérité?

Quelle vérité?

Je ne suis pas sûre

de comprendre moi-même.


GARY

Dis-leur que je n'en peux plus.

Je ne peux plus vivre comme ça.

Je me sens comme...

un bout de sucre

en train de se dissoudre

dans une tasse.


ÉLISABTEH

C'est tout?

Votre père ne reviendra pas

parce que...

il a l'impression de se dissoudre

comme un bout de sucre?


GARY

Oui.


GARY regarde les avions de l'aéroport par la fenêtre de sa chambre d'hôtel et fume. Il reçoit un courriel de DON en anglais: « Allan et Dennis sont prêts à racheter vos parts, payables dans 4 mois au prix actuel du marché. Ça me paraît bien. Je peux envoyer quelqu'un de Londres avec les papiers à signer. 19h, au bar de votre hôtel? » GARY répond à DON par courriel: « Parfait. J'y serai. »


GARY s'assoit sur un fauteuil et sanglote.


Texte narratif :
Audrey


Dans un train en panne, AUDREY et LEILA sont assises sur un banc, dans le noir.


LEILA

À quoi tu rêves?


AUDREY

Quoi?


LEILA

À quoi tu rêvais?


AUDREY

À rien. Je sais pas.


LEILA

Y a une fête dans l'air

demain soir. Tu veux venir?


AUDREY

Où ça?


LEILA

Chez un mec de la fac.

Tu le connais pas, je pense.

Je l'ai rencontré

y a pas longtemps.


Les lumières se rallument dans le train.


AUDREY

Tu bosses, toi, demain?


LEILA

Bien non. Ça va.

Un mi-temps, c'est un mi-temps.


AUDREY

Ouais. Peut-être.

En sortant du boulot, je verrai.


LEILA regarde AUDREY et sourit.


AUDREY

Quoi?


LEILA

(En souriant)

Tu dis ça,

mais je suis sûre

que tu viendras pas.


AUDREY

(En souriant)

Si, pourquoi?


Dans un ascenseur, AUDREY est en habits de femme de ménage. Un gardien de sécurité entre. Il parle dans un radio portatif.


GARDIEN

Attends, je t'ai pas entendu.

Le truc était dans son coffre

ou pas?


VOIX FÉMININE

(Du radio)

Je sais pas.

Vois ça avec la réception.

Mais attends un peu

parce que Paris-Tokyo

peut pas décoller;

c'est l'émeute.


GARDIEN

OK. Je m'en occupe.


La porte de l'ascenseur s'ouvre et le gardien sort. AUDREY consulte sa feuille de travail.


AUDREY

(Dans ses pensées)

Trois, quatre, cinq, six,

sept, huit, neuf, dix, onze,

douze, treize, quatorze,

quinze, seize...

Seize.

Putain! Seize!


AUDREY frappe à la porte d'une chambre.


AUDREY

Service.


Elle ouvre la porte et entre pour faire le ménage. Elle ramasse des serviettes. Dans le corridor, une femme âgée marche en parlant au téléphone.


FEMME

Oui?

Oui, je te reconnais.

Quoi? À l'hôtel?

Non. Je suis chez moi.

Enfin, dans le couloir

de mon immeuble.

J'ai fait quelques courses

avant de repartir.

À Hambourg?

Mais comment...


La femme rit. AUDREY met des gants.


FEMME

Mais qu'il est bête!

Ça te fait arriver

à quelle heure?

Tu veux que je vienne

te chercher à l'avion

ou tu préfères que je t'attende

dans ma chambre?

Moi aussi.

Il pleut en moi.

Je mouille rien qu'en pensant

à toi.

À tout à l'heure.


AUDREY sourit en écoutant la femme. Elle entre dans la chambre et nettoie la toilette.


Dans le corridor, une superviseure inspecte le chariot d'AUDREY. Elle ouvre la porte de la chambre où AUDREY travaille et la cale avec une pièce de plastique pour qu'elle reste ouverte. AUDREY fait le lit de la chambre.


SUPERVISEURE

Vous savez que vous devez

laisser la porte grande ouverte?


La SUPERVISEURE écrit sur une planchette.


SUPERVISEURE

Vous pouvez faire

une heure de plus, ce soir?


AUDREY

Euh... je sais pas.

Je préférerais que vous voyiez

ça avec Mme Baccar.


SUPERVISEURE

Mme Baccar n'est pas là

cet après-midi et...

j'ai un arrêt maladie

sur le dos.

Je ne sais plus

à quel saint me vouer.


AUDREY

OK.


SUPERVISEURE

Vous me sauvez la vie.

Je vous rajoute la 891 et la

suite 79 au bout du bâtiment.

Vous finissez par ça;

on en a pas besoin

avant demain matin.

Fignolez pas trop aujourd'hui.

Sinon vous n'allez pas

vous en tirer.


AUDREY

(Dans ses pensées)

Connasse!


La superviseure sort.


AUDREY

(À voix haute)

Qu'est-ce que tu veux que je

fasse? Que je fasse pas le lit?


AUDREY frappe à la porte de la chambre de GARY.


AUDREY

Service.


Elle ouvre la porte et la cale pour qu'elle reste ouverte. GARY dort sur le lit. AUDREY s'approche de lui.


AUDREY

Tout va bien, monsieur?


AUDREY sort de la chambre et referme la porte.


Dans une autre chambre, AUDREY parle au téléphone.


AUDREY

Y a quelqu'un au 817.


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Pardon?


AUDREY

Je veux dire, sur le planning,

c'est un départ,

mais le client est toujours là,

il dort.


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Vous êtes où là?


AUDREY

809.


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Attendez une seconde,

je me renseigne.


La superviseure met la ligne du téléphone de la chambre en attente. AUDREY pose le téléphone et ouvre la fenêtre de la chambre. Elle reprend le téléphone et attend.


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Audrey.


AUDREY

Oui?


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Vous aviez raison.

Y a bien quelqu'un au 817.

C'est une erreur

de la réception.

Ils ont oublié de répercuter un

changement de dernière minute.


AUDREY

OK.


SUPERVISEURE

(Au téléphone)

Par contre, vous la faites

quand même.

Ils ont eu le client, il devrait

sortir d'ici une petite heure.


AUDREY

Hum.


AUDREY raccroche.


Dans le corridor de l'hôtel, AUDREY regarde l'horloge qui indique 6h10. Elle frappe à la porte de GARY.


AUDREY

Service.


Elle ouvre la porte et la cale pour qu'elle reste ouverte. Elle entre et remarque un chandail sur le lit. Elle ouvre la fenêtre et met les déchets dans la poubelle. Elle ramasse et lit le plan de vol de l'avion que GARY était censé prendre.


AUDREY

On est le combien?

On est pas le 18?


AUDREY examine l'agenda de GARY.


AUDREY

Oui, c'est ça,

il devrait être à Dubaï.


Un coup de vent fait tourner les pages de l'agenda. Les pages des semaines suivantes sont blanches. AUDREY ferme la fenêtre et ramasse des papiers qui se sont envolés. Elle entre dans la toilette et fait le ménage. Elle renifle une bouteille de parfum. Avant de sortir de la chambre, elle vérifie que tout est bien rangé et sourit. Dans le corridor, elle regarde l'horloge qui indique 6h46. Elle s'éloigne en tirant son chariot.


AUDREY fait le ménage dans une chambre. On entend des conversations animées et de la musique qui provient d'autres chambres.


AUDREY frappe et entre dans une chambre en désordre. Elle ouvre la fenêtre et s'allume une cigarette. Elle regarde les avions de l'aéroport à l'extérieur. Elle éteint sa cigarette à demi fumée. Elle commence à faire le ménage de la chambre.


AUDREY

(Dans ses pensées)

Ça y est,

maintenant j'en ai marre.


La lumière de la chambre s'éteint.


AUDREY

Y a quelqu'un?


AUDREY essaie sans succès de rallumer la lumière.


AUDREY

Merde.

Qu'est-ce qui se passe?


Dans le corridor de l'hôtel, elle s'approche d'une porte d'où provient de la lumière. Elle ouvre la porte et la cale pour qu'elle reste ouverte. Elle monte l'escalier derrière la porte qui débouche sur le toit de l'hôtel. Elle marche sur le toit et regarde les lumières de la ville. Son esprit pénètre dans le corps d'un petit oiseau qui se pose sur le toit. [AUDREY

(Dans ses pensées)

Qu'est-ce que c'est que ce truc?


Dans le corps de l'oiseau, AUDREY regarde ses pattes. Elle regarde la porte ouverte par laquelle elle est venue. En volant, elle entre dans la cage de l'escalier puis ressort et se pose.


AUDREY

C'est dingue.

Qu'est-ce que je fais,

moi, maintenant?


Dans le corps de l'oiseau, AUDREY se pose sur le bord du toit et regarde la rue en bas.


AUDREY

Wow.


Elle s'élance dans le vide et vole jusqu'au sol.


AUDREY

Oh...

Ah!

Bon...


AUDREY se pose aux pieds de LEILA et SIMON qui discutent en fumant. Elle les écoute.


LEILA

Ah ouais? Mais depuis quand?


SIMON

Trois semaines.

Je deviens fou, je te jure.


AUDREY

Ah, la vache!


SIMON

Je bosse ici

jusqu'à 3 h du mat.

Je me lève à 8 h

pour visiter des trucs

et je trouve pas.


AUDREY

Même avec tes fiches de paie,

ton CDI et tout?


SIMON

Le problème, c'est que j'ai

pas de quittance à leur filer

parce que j'étais

en sous-location avant.

Comme j'ai personne

qui peut se porter caution...


LEILA

Tu dors où là?


SIMON

Chez un copain,

sur le canapé.

J'ai la moitié de mes affaires

dans son garage

et puis l'autre moitié

chez un pote à Rouen.

C'est n'importe quoi.


LEILA

Et ta nouvelle copine,

tu peux pas aller chez elle?


SIMON

Non.

Non, on en est pas là.

Elle est même pas au courant.


LEILA

Et pourquoi tu lui as pas dit?


SIMON

Je sais pas.

On vient de se rencontrer,

je vais pas en plus lui annoncer

que je n'ai plus d'appart.

C'est gênant quand même.


AUDREY regarde attentivement LEILA et SIMON.


LEILA

Et vous vous voyez où?

Vous faites comment pour...?


SIMON

Bien, pour l'instant,

on fait pas.


LEILA rit.


SIMON

(En souriant)

Mais ça va. Ça va, y a pas...

Puis je vais trouver.

Je vais trouver.


Le téléphone de SIMON sonne.


SIMON

Faut que j'y retourne.

AUDREY)

On se connaît?


LEILA

Quoi?


SIMON

Non, je parle au moineau. T'as

vu comment il nous regardait?


LEILA

Quel moineau?


SIMON

Il est parti.

J'y vais.


LEILA

Ciao.


AUDREY est cachée derrière un conteneur. Elle monte sur une poubelle. SIMON entre dans l'immeuble et LEILA s'éloigne.


AUDREY

Ça marche super bien,

ce truc-là.

Bon.

Allez, on s'entraîne

maintenant!


AUDREY s'envole en rasant le sol. Elle suit une rangée de tuiles sur le sol.


AUDREY

Oh...

Suis la ligne. Suis la ligne...

Et on décroche!


Elle s'élève.


AUDREY

Virage à droite.

On remonte, on remonte...

Et on atterrit.


AUDREY se pose sur une branche d'un arbre.


AUDREY

Bon. Eh bien, c'est le vent,

le plus dur à gérer.


AUDREY regarde des personnes qui entrent et qui sortent de l'hôtel.


AUDREY

Wow.


Elle se pose sur le rebord d'une fenêtre. À l'intérieur de la chambre, des hommes jouent à un jeu vidéo. Elle se retourne et regarde un avion. Elle s'envole.


AUDREY

♪ Batman ♪♪


AUDREY se pose sur le rebord d'une fenêtre. Dans la chambre, le jeune AKIRA travaille à un bureau. Elle vole jusqu'à d'autres chambres et observe les clients de l'hôtel. Elle entre dans la chambre de GARY. Elle se pose sur une carte posée sur le lit. Elle examine la carte.


AUDREY

Biarritz.

Saint-Sébastien...

Perpignan.

Qu'est-ce qu'il irait faire

à Perpignan?


AUDREY sort de la chambre par la fenêtre.


AUDREY

Allez!


Elle s'élance dans le ciel.


AUDREY

Wouh!

Wouh! Ha! Ha!

Ouah...


Elle vole au-dessus des pistes de décollage de l'aéroport.


AUDREY

Ha! Ha! Ha! Ouais!

Wouh!

Plus vite! Plus vite! Plus vite!

Plus vite! Plus vite! Plus vite!


On entend la chanson Space Oddity tandis qu'AUDREY survole l'aéroport.


AUDREY se pose devant l'entrée de l'aéroport et écoute les conversations des voyageurs.


VOYAGEUR1

C'est fabuleux, quoi,

tu peux...

Y a tellement rien

que tout est à faire là-bas.

T'arrives, t'as un projet

et tu veux le faire,

tu déposes ton dossier.

Si le truc tient la route...


VOYAGEUR2

(Au téléphone)

Maintenant, je te dis pas

comment il me fait la gueule.

Le week-end qu'on va passer,

ça va être sympa, hein.


AUDREY profite de l'ouverture de portes automatiques pour entrer dans l'aéroport. Elle s'envole et se pose sur une grande affiche. Elle observe les voyageurs. Elle s'approche de voyageurs qui jouent au poker. Elle regarde les cartes des joueurs. Plus loin, elle reconnaît GARY, qui porte le chandail qu'il avait posé sur son lit.


AUDREY

C'est qui? C'est lui?

C'est l'homme qui dort?


GARY parle en anglais au téléphone et se balade dans l'aéroport.


GARY

Les gens sont dingues,

ils courent dans tous les sens

comme des lapins sans tête.


SUE

(Au téléphone)

Poulets


GARY

Quoi?


SUE

Des poulets sans tête.


GARY

Des poulets, bien sûr.

Et les lapins, ils font quoi?


SUE

Les lapins, ils baisent?


GARY rit.


GARY

Impossible d'avoir

une conversation sérieuse avec toi.

Tu te souviens quand on allait

pêcher avec Grand-père?


SUE

Quand tu allais pêcher

avec Grand-père.


GARY

Quoi?

C'est vrai, j'y allais seul.

(En imitant une autre voix)

Les filles parlent trop, Gary.


SUE

Pourquoi tu penses à ça?


GARY

Je ne sais pas.

Tu crois qu'il y a des rivières ici

comme au Montana?


SUE

J'imagine.

En Espagne peut-être.


GARY

Je crois que j'irai demain,

vers les Pyrénées.


SUE

Tu n'es pas trop déprimé?

Je détesterais ça.


GARY

Au contraire.

C'est bizarre.

Depuis que j'ai décidé d'arrêter,

tout paraît plus...

Même la lumière paraît plus belle.


AUDREY suit GARY dans l'aéroport.


SUE

Je ne sais pas

pourquoi ça me touche autant.

Tu m'appelleras régulièrement?

J'aimerais bien.


GARY

Promis.

Sue, tu es là?


SUE

Je suis là.


GARY

J'ai cru que ça avait coupé.

Je te laisse.

Je t'appelle bientôt.

Ne t'inquiète pas.

Tout est très étrange, mais...

je suis heureux, je crois.


GARY dit au revoir à SUE et raccroche. Il remarque le petit oiseau qui est posé sur la rampe d'un escalier roulant.


À l'extérieur, AUDREY vole jusqu'au toit de l'hôtel.


AUDREY

Allez! On se retransforme

maintenant!

Un, deux,

trois! Zou!


AUDREY sautille sur le toit, mais s'envole par accident.


AUDREY

Non, on vole pas.

On y va en marchant.


AUDREY marche sur le toit.


AUDREY

Bon. Ça marche pas.

Comment ça se passe

dans les contes?

Oh, putain! J'ai faim!

Il faut que je mange un truc,

sinon je vais m'évanouir.


L'oiseau picore des petites pierres au sol.


AUDREY

(Fort)

J'ai faim!


AUDREY entre dans l'hôtel et descend l'escalier jusqu'au corridor.


AUDREY

Tout est bizarre.


Elle vole jusqu'à un plateau de nourriture.


AUDREY

Bingo!


Elle mange les restants de nourriture dans une assiette.


Un chat se jette brusquement sur elle. Elle s'envole jusqu'à la poignée d'une porte. Le chat cherche à l'atteindre. Elle s'envole dans le corridor, poursuivie par le chat. Elle entre dans une chambre, juste comme la porte se referme.


Dans la chambre, AUDREY ouvre la lumière à l'aide de l'interrupteur. La fenêtre de la chambre est fermée.


AUDREY

Ah non!


Elle vole aux quatre coins de la chambre pour sortir.


AUDREY

Arrête maintenant!

Calme-toi.

Calme-toi.

Respire. Respire...

Respire.


Elle se pose sur le lit.


AUDREY

Bon.

Qu'est-ce qu'il a été faire

dehors à cette heure-ci?

Acheter des cigarettes?

Boire un coup au bar?


Elle marche sur une télécommande de télévision.


AUDREY

Oh! Mais qu'est-ce que c'est

que ça?


Avec son bec, elle appuie sur un bouton et met en marche la télévision. Un homme entre dans la chambre et elle sort par la porte qui se referme.


Elle vole dans un corridor puis sort par une fenêtre.


AUDREY se pose sur le rebord d'une chambre et observe AKIRA qui dessine à l'intérieur. Elle pousse des cris. AKIRA la regarde. Il va chercher une croustille et l'émiette dans une assiette. AUDREY entre dans la chambre, monte sur l'assiette et mange les miettes. AKIRA dessine l'oiseau à l'aide de plumes et de l'encre. AKIRA lui fait signe de s'envoler. AUDREY vole près de lui. AKIRA la dessine en train de voler. AUDREY s'approche des dessins et les regarde. AKIRA déplace la feuille pour qu'elle puisse mieux voir. AKIRA lui fait signe de s'en aller. AUDREY sort par la fenêtre.


Posée sur le rebord d'une fenêtre à l'extérieur, AUDREY entend des cris de corneilles.


AUDREY

Qu'est-ce que je fais ici,

moi?


AUDREY fouille dans une poubelle. SIMON et JÉRÔME sortent de l'édifice.


AUDREY

C'est qui?


SIMON

Tu reprends à quelle heure

demain?


JÉRÔME

18 h.

Salut, Simon. à demain.


SIMON

Salut, Jérôme.


AUDREY

Simon...

Ah oui! Simon!


SIMON entre dans une voiture, démarre et s'éloigne. AUDREY s'envole et suit la voiture. Elle fredonne puis chante un air en volant.


AUDREY

♪ Ne vous déplaise ♪

♪ En dansant La Javanaise ♪

♪ Nous nous aimions... ♪♪


Sur une route dans une forêt, la voiture s'arrête. SIMON en sort et se réchauffe les mains près d'un feu dans un baril. D'autres voitures sont stationnées à proximité. AUDREY se pose sur la voiture de SIMON. SIMON sort des couvertures du coffre et s'installe dans la voiture pour dormir.


AUDREY sautille dans la forêt et picore le sol. Elle aperçoit un hibou. Elle s'envole, poursuivie par le hibou. Elle se réfugie dans une voiture. Elle sautille sur un homme endormi.


AUDREY

C'est quoi?

C'est un homme.


On voit des images de plusieurs personnes qui dorment.


Toujours dans le corps d'un oiseau, AUDREY mange des restants sur la table d'un restaurant de l'aéroport.


AUDREY survole l'aéroport.


Au matin, AUDREY se tient sur la branche d'un arbre. Plusieurs oiseaux crient et volent dans les alentours. Elle rejoint un groupe de petits oiseaux qui lui ressemblent. Elle vole en compagnie des oiseaux.


Sur le toit de l'hôtel, AKIRA photographie des oiseaux qui volent. Il remarque AUDREY couchée sur le toit. Elle est redevenue humaine. Des petits oiseaux sautillent près d'elle. AKIRA s'approche d'AUDREY et essaie de la réveiller. Il vérifie qu'elle vit.


Dans le corridor de l'hôtel, AKIRA porte AUDREY dans ses bras. Elle reprend peu à peu connaissance.


AKIRA

Mademoiselle?

Mademoiselle?


AUDREY

Vous êtes le...


AKIRA

Quoi?


AKIRA dépose AUDREY qui se tient debout.


AKIRA

Mademoiselle?

Vous entendez?


AUDREY

(Confuse)

Vous me voyez?


AKIRA

Pardon?


AUDREY

Vous me voyez?


AKIRA

Oui, je vous vois.

Vous pouvez marcher?


AKIRA s'éloigne d'AUDREY. Elle ferme les yeux comme si elle avait du mal à rester éveillée.


AKIRA

Vous pouvez appeler.


AKIRA ouvre la porte de sa chambre.


AKIRA

Mademoiselle?


AUDREY entre dans la chambre et se couche sur le lit. AKIRA prend le téléphone de la chambre.


AUDREY

La fenêtre!


AKIRA

Pardon?


AUDREY

Ouvrez la fenêtre,

s'il vous plaît.


AKIRA ouvre la fenêtre. AUDREY dort sur le lit.


AUDREY se réveille et se regarde la main. AKIRA est endormi sur un fauteuil. AUDREY se lave le visage dans la toilette. Elle s'approche de la table de travail d'AKIRA et reconnaît l'assiette dans laquelle elle a mangé quand elle était un oiseau. Elle sort de la chambre et marche dans le corridor. Devant l'ascenseur, elle se retourne et entre en collision avec GARY.


GARY

Oh!


AUDREY

Pardon.


GARY

Sorry.


AUDREY

Sorry.


GARY

Désolé.


Ils entrent dans l'ascenseur.


GARY

Euh... où allez-vous?


AUDREY

Rez-de-chaussée.


GARY appuie sur un bouton et la porte de l'ascenseur se ferme.


GARY rit.


GARY

Vous avez perdu

les chaussures.

Like Cinderella.


AUDREY

Cinderella?

(En souriant)

Ah, Cendrillon!

Oui.


GARY

Cendrillon?


AUDREY

Oui. Cendrillon.


L'ascenseur s'arrête au quatrième étage. Personne n'entre.


AUDREY

Personne.


GARY

Personne?


AUDREY

Oui. Personne.

Nobody.


GARY

But... Okay.

(Propos traduits de l'anglais)

« Personne » veut dire « nobody ».

Mais vous et moi...

(En français)

Nous sommes des personnes aussi.

(En anglais)

Aren't we?


AUDREY

(En anglais)

Yes.


GARY

C'est très bizarre.


AUDREY réfléchit.


AUDREY

Oui, c'est vrai c'est bizarre.

C'est le même mot,

alors que c'est le contraire.


L'ascenseur s'arrête. AUDREY et GARY sortent. Ils discutent en se dirigeant vers la sortie.


GARY

And what is le contraire

de le contraire?


AUDREY

Le contraire de le contraire

en français?


GARY

Oui.


AUDREY

Euh... je sais pas...

Pareil.

Ou identique. Ou semblable.


GARY

Pareil?


AUDREY

So...au revoir alors.

Bonne chance pour votre voyage.


GARY

Merci. Bonne chance pour vous.


AUDREY s'éloigne. Elle ouvre une porte avec une clé. Elle se retourne.


AUDREY

(Fortement)

Monsieur!


GARY revient vers elle.


AUDREY

Excusez-moi, mais...

Comment vous vous appelez?


GARY

Gary Newman. Et vous?


AUDREY

(En souriant)

Audrey.

Audrey Camuzet.


GARY

Enchanté, Audrey.


AUDREY

(En anglais)

Nice to meet you, Gary.


Ils se serrent la main.


Titre :
Bird People


Générique de fermeture

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