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A Pigeon Sat on a Branch Reflecting on Existence

Like a modern day Don Quixote and Sancho Panza, Sam and Jonathan, two traveling salesmen peddling novelty items, take us on a kaleidoscopic wandering through human destiny. It is a journey that unveils the beauty of single moments, the pettiness of others, the humor and tragedy hidden within us, life’s grandeur as well as the ultimate frailty of humanity.



Production year: 2015

Accessibility
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VIDEO TRANSCRIPT


«Un pigeon assis sur une branche qui philosophait sur la vie» est un long-métrage en langue originale suédoise, avec sous-titres français.


JONATHAN et LOTTA LA BOITEUSE sont dans une salle d'exposition où se trouvent de nombreux oiseaux empaillés. JONATHAN observe les oiseaux, LOTTA l'attend en retrait. Ils quittent.


Début générique d'ouverture


Titre :
Un pigeon assis sur une branche qui philosophait sur la vie


Texte narratif :
Le dernier volet d'une trilogie sur comment être un être humain.


Texte narratif :
Trois rencontres avec la mort Rencontre avec la mort no 1


Fin générique d'ouverture


Un homme est dans une salle à manger. Il tente d'ouvrir une bouteille de vin avec difficulté et a un malaise cardiaque. Il s'effondre au sol. Une femme dans la cuisine tout près ne s'aperçoit de rien.


Texte narratif :
Rencontre avec la mort no 2


Une FEMME ÂGÉE est couchée dans un lit d'hôpital. Une FEMME et un HOMME sont assis à ses côtés. LE FILS AÎNÉ arrive dans la pièce à côté et discute avec une INFIRMIÈRE.


FILS AÎNÉ

Bonjour.


INFIRMIÈRE

Bonjour.


FILS AÎNÉ

Ma mère est ici, je suis le fils aîné.


INFIRMIÈRE

Votre frère et votre sœur sont déjà là.

Vous pouvez aller la voir.


FILS AÎNÉ

Merci. Je suis un peu en retard aussi.


INFIRMIÈRE

Pas de souci.


FILS AÎNÉ

Merci beaucoup.


Le FILS AÎNÉ rejoint son FRÈRE et sa SOEUR auprès de leur mère.


FILS AÎNÉ

Bonjour.


FRÈRE ET SOEUR

Bonjour.


FILS AÎNÉ

Comment ça va?


FRÈRE

Elle passera la nuit, on peut rentrer

chez nous, le docteur a dit.


FILS AÎNÉ

Ah d'accord.


FILS AÎNÉ remarque un sac que la MÈRE alitée tient entre ses bras.


FILS AÎNÉ

Et ça c'est quoi? Ce sac?

Comment est-ce qu'elle a fait

pour l'avoir?

Qui lui a amené?


SOEUR

C'est moi.


FILS AÎNÉ

Pourquoi?


SOEUR

Maman le voulait.


FILS AÎNÉ

Comment ça elle le voulait?


SOEUR

Elle le voulait.


FRÈRE

Elle croit qu'elle peut

l'emmener avec elle au paradis.


SOEUR

Oui elle y tient vraiment.


FILS AÎNÉ

(S'adressant à sa SOEUR)

Tu as l'air d'avoir bu.


SOEUR

Et toi tu es méchant, comme toujours.


FILS AÎNÉ

Bien …

Vous savez ce qu'il y a dans ce sac?


FRÈRE

Oui oui.


FILS AÎNÉ

Tous ses bijoux.

La montre en or de papa.

Son alliance, et des boutons de manchette.

Et je sais qu'il y a une enveloppe aussi.

Avec l'argent de la vente de la voiture.

Plus de 70 000!


FRÈRE

Oui, je sais.


FILS AÎNÉ

Ça ne va pas, ça.

On ne peut pas le laisser là.

Vous le comprenez bien, non?


FRÈRE

Eh bien essaie, toi, alors.


FILS AÎNÉ

(Parlant à sa MÈRE qui dort)

Je sais que tu iras au ciel maman.

Tu as toujours été gentille. Comme papa.

Il est là-haut et il t'attend.

Lui non plus, il n'avait pas pu

prendre sa montre en or.


Le FILS AÎNÉ tente de prendre la sacoche, la MÈRE gémit.


FRÈRE

Tu vois bien …


FILS AÎNÉ

On n'a pas le droit d'emmener

tout ça au ciel maman!


Le FILS AÎNÉ tente encore de prendre la sacoche, la MÈRE gémit.


FRÈRE

Non, on n'a pas le droit maman.


FILS AÎNÉ

On ne peut pas.

Tu auras des nouveaux bijoux au ciel!

On ne peut pas emmener ça.

Ça ne marche pas comme ça!


La MÈRE gémit de plus en plus, l'INFIRMIÈRE accourt pour voir ce qui se passe.


Texte narratif :
Rencontre avec la mort no 3


Un HOMME est étendu sur le sol d'une cafétéria. Deux hommes sont à ses côtés pour l'aider. Un CAPITAINE s'adresse à eux.


CAPITAINE

Cela n'augure rien de bon.


HOMME 1

Non.


CAPITAINE

Est-ce qu'on devrait pas

faire venir un hélicoptère?


HOMME 1

Ça ne servirait à rien.

Y'a plus grand-chose à faire.


HOMME 2

On a essayé de le réanimer

pendant plus d'une demi-heure.

Ça n'a pas marché.


HOMME 1

Il est raide mort.


CAPITAINE

Bon … alors il va falloir

trouver une civière.

Et l'emmener dans une cabine vide.

S'il y en a une bien sûr.


HOMME 1

Oui, il y en a.


CANTINIÈRE

Je peux poser une question?


CAPITAINE

Oui.


CANTINIÈRE

(Montrant le plateau de cafétéria du mort)

Qu'est-ce qu'on fait de ça?


CAPITAINE

Comment ça?


CANTINIÈRE

Eh bien, il a quand même payé …


CAPITAINE

Bonne question.

On ne peut quand même pas

facturer ça deux fois.

Il faut essayer de le donner …


CANTINIÈRE

D'accord …

Est-ce que ça intéresse quelqu'un?

Un sandwich aux crevettes

et une bière. C'est gratuit.


UN HOMME

Je veux bien prendre la bière.


CANTINIÈRE

Allez-y.


UN HOMME

Merci beaucoup.


Dans une salle de danse, plusieurs danseurs s'échauffent. La PROFESSEURE DE FLAMENCO fixe un DANSEUR, tourne autour de lui et entame des pas de Flamenco. Tout le groupe danse à sa suite. Puis, alors qu'il est immobile, la PROFESSEURE DE FLAMENCO caresse le torse du DANSEUR et celui-ci se défait de son emprise. Tout le groupe danse. La PROFESSEURE DE FLAMENCO tente de caresser le pubis et du DANSEUR et celui-ci la repousse à plusieurs reprises.


Ailleurs, une FEMME DE MÉNAGE, à genoux sur le plancher, dans l'entrée d'un immeuble, tient un téléphone contre son oreille et écoute. D'une salle de l'immeuble, sort LE DANSEUR de la scène précédente. Il semble quitter la salle d'un pas décidé.


FEMME DE MÉNAGE (Au téléphone)

Oui. Je suis contente de savoir

que vous allez bien.

Oui, je suis contente

de savoir que vous allez bien.

Oui.


Dans un salon de coiffure, Le CAPITAINE vu dans une scène précédente parle en regardant droit devant lui. SAM, un client du salon lit un journal, puis peu à peu, écoute le discours du CAPITAINE.


CAPITAINE/BARBIER

Bonjour.

Certains me reconnaîtront peut-être.

Je suis capitaine de bateau,

ou plutôt j'étais.

J'ai commandé l'un de nos plus grands

ferrys pendant près de 15 ans.

Mais c'est terminé.

J'ai dû abandonner: j'étais pris

de vertiges à chaque appareillage.

Le mal de mer, en quelque sorte.

Donc je me retrouve ici.

Le mari de ma sœur, mon beau-frère

comme ils disent, est malade.

Il est coiffeur. C'est son salon.

J'ai promis de m'en occuper

jusqu'à ce qu'il aille mieux.

Du moins, je vais essayer.

J'ai appris à couper les cheveux

à l'armée, un peu.

Ça fait un bail,

mais ça me revient un peu.

Du moins, je vais essayer.

De faire de mon mieux.

Qu faire de plus?


Le téléphone sonne, le CAPITAINE/BARBIER répond.


CAPITAINE/BARBIER (Au téléphone)

Bonjour? Oui.

Oui.

Oui.


SAM en profite pour quitter la boutique.


CAPITAINE/BARBIER (Au téléphone)

Oui. Je suis content de savoir

que vous allez bien.

Je disais: je suis content de savoir

que vous allez bien!


Dans un bar, SAM est assis à une table. JONATHAN entre et la serveuse, LOTTA LA BOITEUSE s'adresse à lui.


LOTTA LA BOITEUSE

Salut Nathan!


JONATHAN

Salut.


LOTTA LA BOITEUSE

Comment ça va?


JONATHAN

Je ne vais pas me plaindre.

Il y en a pour qui c'est pire.


LOTTA LA BOITEUSE

Oui, c'est vrai.


JONATHAN s'approche de la table de SAM.


JONATHAN

Tu ne devais pas aller chez le coiffeur?

Tu ne l'as pas fait.


SAM

Peut-être pas, non.


JONATHAN

Pourquoi?


SAM

Je n'ai pas envie de répondre.


JONATHAN

Mais pourquoi?


SAM

Je n'ai pas envie, c'est tout!


JONATHAN

Pourquoi est-ce que tu t'énerves?


SAM

Je ne m'énerve pas.


JONATHAN

Si tu t'énerves.

(Pleurnichant)

Qu'est-ce que j'ai fait de mal?


SAM

Tu vas recommencer à pleurnicher?


JONATHAN

(Pleurnichant)

Mais qu'est-ce que je t'ai fait de mal?


Un CLIENT du bar se tourne vers eux.


CLIENT

Qu'est-ce qui s'est passé?

Pourquoi il est triste?


SAM

C'est rien.

C'est juste un gros pleurnicheur.


CLIENT

Je peux peut-être lui offrir une bière.


SAM

Non, ce n'est pas le moment.

On doit aller voir des clients.


CLIENT

Vous travaillez dans quoi?


SAM

Dans le divertissement.

On vend des farces et attrapes.


JONATHAN

On veut aider les gens à s'amuser.


CLIENT

Vous vendez quoi de rigolo alors?


JONATHAN

Des dents de vampire.


CLIENT

Des dents de vampire?


JONATHAN ouvre sa mallette et enfile des dents de vampire.


CLIENT

Ça marche toujours aussi bien.


JONATHAN fait signe que oui et retire les dents.


JONATHAN

On vend aussi des sacs à rire.


JONATHAN actionne le sac et un rire se fait entendre.


CLIENT

Un classique …


JONATHAN

On a aussi un nouveau produit

auquel on croit beaucoup.

Je peux le montrer?


SAM

Oui, tu peux.


JONATHAN enfile un masque de vieillard.


SAM

Pépé l'édenté.


Sur la rue, un homme en habit de colonel observe les clients d'un restaurant par la fenêtre durant un long moment. Puis, il fait un appel sur son cellulaire.


OVE BERGIUS (Au téléphone)

Oui, bonjour, c'est Ove Bergius.

Dites-moi, je vous appelle parce que je me

demande s'il n'y a pas eu un malentendu.

Si je ne me suis pas trompé de date

et peut-être même d'heure.

C'est très probablement

ce qui s'est passé.

Je suis dans la rue, devant le restaurant.

Je suis entré pour jeter un coup d'oeil

peut-être trois ou quatre fois.

J'ai demandé si quelqu'un avait appelé

pour signaler un empêchement.

Mais personne n'a appelé.

Il s'agit certainement

d'une erreur de ma part.

C'est très probablement

ce qui s'est passé, malheureusement.

Pourriez-vous vérifier si c'est bien moi

qui me suis trompé de date?

Et peut-être d'heure aussi.

Vous pouvez laisser un message

sur mon répondeur

si je ne réponds pas quand vous appelez.

Je suis vraiment désolé

si tout ça vous crée des problèmes.

Ce n'est vraiment pas ce que je voulais.

Merci beaucoup.

Au revoir.


OVE BERGIUS raccroche et s'en va.


Dans un bureau modeste, JONATHAN et SAM se présentent devant un client avec leurs mallettes.


CLIENT

Oui?


SAM

On aimerait vous montrer

quelques-uns de nos produits.


CLIENT

D'accord.


SAM

L'un de nos produits phares:

les dents de vampire.

Avec canines extra-longues.

Tu veux bien faire une démonstration?


JONATHAN enfile les dents et fonce les sourcils.


SAM

Ça suffit.

Ça suffit maintenant, il les a vues.


JONATHAN

Pourquoi es-tu en colère?


SAM

(S'adressant au CLIENT)

Il est un peu sensible.


JONATHAN

Ce n'est pas vrai. C'est toi

qui est méchant tout le temps.


SAM

On a aussi un classique:

Le sac à rires.

Ça détend l'atmosphère aux anniversaires

et aux fêtes d'entreprises.


SAM actionne le sac à rires.


JONATHAN

On veut aider les gens à s'amuser.


SAM

On a aussi un nouveau produit

auquel on croit beaucoup.

Pépé l'édenté.


JONATHAN revêt le masque de vieillard. Une EMPLOYÉE entre à ce moment dans le bureau.


CLIENT

Oui?


EMPLOYÉE

Excusez-moi, combien coûte celui-ci?


L'EMPLOYÉE tombe face à face avec JONATHAN qui porte le masque de Pépé l'édenté. Elle est effrayée et part en criant.


CLIENT

Écoutez, je ne pense pas

que ça puisse nous intéresser.

Mais merci d'être venu.


SAM

Merci à vous.


JONATHAN et SAM rangent leurs accessoires et quittent.


Dans son local de danse, la PROFESSEURE DE FLAMENCO prend ses messages sur son cellulaire.


VOIX AUTOMATISÉE

Vous n'avez pas de message.


La PROFESSEURE DE FLAMENCO reste un moment immobile, triste.


Au bar, LOTTA LA BOITEUSE s'approche de ARNE, un homme âgé à une table.


LOTTA LA BOITEUSE

Tu en veux un autre?


ARNE ne répond pas.


LOTTA LA BOITEUSE

(Plus fort et tout près de son oreille)

Tu en veux un autre?

Tu en veux un autre?


ARNE

Oui, bien sûr.


LOTTA LA BOITEUSE

Il entend tellement mal le pauvre.


GUNNAR

Il peut être reconnaissant.

Comme ça il évite d'entendre

tout un tas de conneries.


LOTTA LA BOITEUSE

Tu es vraiment de bonne humeur

aujourd'hui, Gunnar!


GUNNAR

Comment je pourrais être autrement?


LOTTA LA BOITEUSE

C'est un habitué.

Il vient depuis plus de 60 ans je crois.


GUNNAR

Ça fait beaucoup de verres, ça.


LOTTA LA BOITEUSE

Oui, ça en fait un certain nombre.


GUNNAR

Que serait la vie sans un petit verre?

Ou même deux …

Oui, on préfère ne pas y penser.


LOTTA LA BOITEUSE

Non, c'est clair.


Transition


Texte narratif :
1943


Dans le même bar, en 1943, plusieurs clients sont attablés. LOTTA LA BOITEUSE, jeune, chantonne.


LOTTA LA BOITEUSE JEUNE

(Chantonnant)

Le verre coûte 50 centimes

Le verre coûte 50 centimes

Le verre coûte 50 centimes

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg

Le verre coûte 50 centimes

Le verre coûte 50 centimes

Le verre coûte 50 centimes

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg


LOTTA LA BOITEUSE JEUNE se promène de table en table en chantant et en servant les verres.


JEUNE HOMME

(Chantant)

Nous qui point d'argent n'avons

Nous qui point d'argent n'avons

Avec quoi pouvons-nous payer

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg


Les clients reprennent en choeur la chanson.


CHOEUR

(Chantant)

Avec quoi pouvons-nous payer

Nous qui point d'argent n'avons

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg


LOTTA LA BOITEUSE JEUNE

(Chantant)

Avec des baisers vous pouvez payer

Avec des baisers vous pouvez payer

Avec des baisers vous pouvez payer

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg


CHOEUR

(Chantant)

Avec des baisers on peut payer

Avec des baisers on peut payer

Avec des baisers on peut payer

À l'auberge de Lotta la boiteuse

à Göteborg


Tous les jeunes hommes se mettent en ligne pour embrasser LOTTA LA BOITEUSE JEUNE. Elle leur donne chacun un verre.


De retour au temps présent, dans le même bar, avec LOTTA LA BOITEUSE âgée. ARNE quitte le bar, plusieurs personnes l'aident à s'habiller.


FEMME

Bonne nuit Arne!

Bonne nuit Arne!


ARNE

Quoi?


TOUS

Bonne nuit!


ARNE

Quoi?


TOUS

Bonne nuit!


ARNE

Bonne nuit.


Dans une cuisine, une FEMME parle au téléphone. Un HOMME est assis à la table.


FEMME (Au téléphone)

Je suis contente de savoir

que vous allez bien.

Je suis contente de savoir

que vous allez bien.

Oui … oui …

(S'adressant à l'HOMME)

Tu veux leur dire quelque chose?


HOMME

Dis-leur que moi aussi je suis content

de savoir qu'ils vont bien.


FEMME (Au téléphone)

Il dit que lui aussi, il est content

de savoir que vous allez bien.

Oui …


Sur un balcon en ville, deux fillettes font des bulles en savon.


FILLETTE 1

Je l'ai eue!


Dans une boutique, SAM et JONATHAN se trouvent aux côtés d'une COMMERÇANTE qui regarde dans un livre de comptes. Un très jeune enfant joue assis sur le plancher.


COMMERÇANTE

Oui, c'est exact …


SAM

Le 16 avril, vous avez reçu deux sachets

de dix dents de vampire standard,

et trois sachets de dix dents de vampire

avec canines extra-longues.


COMMERÇANTE

C'est exact.


SAM

Vous avez aussi reçu

six masques Pépé l'édenté.

Je n'en vois que trois.

Vous avez peut-être vendu les autres?


COMMERÇANTE

Oui, c'est ça.


SAM

Ça fait déjà un certain temps.

Et nous n'avons toujours pas été payés …

Pourquoi?


COMMERÇANTE

Je ne sais pas.

Un instant.

Je vais demander à mon mari.


La COMMERÇANTE va dans une pièce adjacente et revient.


COMMERÇANTE

Mon mari dit que vous serez payés

la semaine prochaine.


SAM

On ne vous croit pas.


JONATHAN

Non.


SAM

On a envoyé quatre lettres de rappel.


JONATHAN

Oui.

Et on n'a pas arrêté d'appeler,

mais on tombait sur votre répondeur.


SAM

Nous n'acceptons pas cela.


JONATHAN

Non.


COMMERÇANTE

Je vais retourner parler à mon mari.


Elle retourne dans la pièce adjacente, mais laisse la porte entrouverte.


VOIX DU MARI

Peu importe, débarrasse-toi d'eux!


SAM s'approche de la porte ouverte.


SAM

Ce n'est pas possible.

On ne peut pas accepter ça.


VOIX DU MARI

(Criant)

Je n'ai pas d'argent!

Je n'ai pas d'argent!


JONATHAN

Alors on vous reprend les marques.

On les reprend.


COMMERÇANTE

S'il vous plaît, ne faites pas ça.


VOIX DU MARI

Je n'ai pas d'argent!


Sur une petite scène dans un amphithéâtre modeste. Une foule applaudit une fillette qui quitte la scène.


PRÉSENTATEUR

Maintenant c'est au tour de Wilma.


WILMA monte sur scène.


PRÉSENTATEUR

Bienvenue Wilma.

Tu peux te mettre là.

Comment tu te sens?


WILMA

Bien.


PRÉSENTATEUR

Bien.

Que nous réserves-tu de beau?


WILMA

Je vais réciter un poème.


PRÉSENTATEUR

Réciter un poème. D'accord.

Et qui t'a appris ce poème?


WILMA

Je l'ai appris toute seule.


PRÉSENTATEUR

Tu l'as appris toute seule?

C'est très bien.

Et de quoi parle ton poème?


WILMA

D'un oiseau.


PRÉSENTATEUR

D'un oiseau?

Et de quel oiseau?


WILMA

Un pigeon.


PRÉSENTATEUR

Un pigeon?

Et qu'est-ce qu'il fait ce pigeon?


WILMA

Il est assis sur une branche.


-Il est assis sur une branche?

Et que fait-il sur cette branche?


WILMA

Il se repose et il pense.


PRÉSENTATEUR

Il se repose et il pense?

Et à quoi il pense?


WILMA

Au fait qu'il n'a pas d'argent.


PRÉSENTATEUR

Pardon?


WILMA

Au fait qu'il n'a pas d'argent.


PRÉSENTATEUR

Qu'il n'a pas d'argent. Ça alors …

Et qu'est-ce qui se passe après?


WILMA

Il s'envole et rentre chez lui.


PRÉSENTATEUR

Il s'envole et rentre chez lui?

Je vois.


WILMA

Et ensuite le poème est terminé.


PRÉSENTATEUR

Et ensuite le poème est terminé?

C'était un joli poème.

Je propose qu'on

applaudisse très fort Wilma!


La foule applaudit.


Dans un autre bar, SAM et JONATHAN entrent et se tiennent immobiles à l'entrée.


SERVEUR

Qu'est-ce que vous voulez, vous?


JONATHAN

On s'est perdu.


SERVEUR

(S'adressant à un JEUNE SERVEUR)

Tu peux baisser la musique?

Qu'est-ce que vous avez dit?


JONATHAN

On s'est perdu.


SERVEUR

Comment ça, perdu?


JONATHAN

On ne sait pas où on est.


SERVEUR

Ah bon?


SAM

Nous cherchons une adresse

qui n'existe pas.

On nous a indiqué le chemin,

mais il y a quelque chose qui cloche.


JONATHAN

Ça ne colle pas du tout.


SAM

On cherche une boutique

qui s'appelle Suprise Party.


JONATHAN

Oui, et le gérant s'appelle Bengtsson.


SAM

Oui, il nous doit de l'argent.


JONATHAN

Oui … 13 800 couronnes.


SERVEUR

Ah bon? Et vous faites quoi dans la vie?


SAM

On travaille dans le divertissement.


JONATHAN

Oui.


SAM

On vend des farces et attrapes.


JONATHAN

On veut aider les gens à s'amuser.


SERVEUR

Et vous vendez quoi?


JONATHAN

On peut vous montrer …


SERVEUR

Ok.


SAM et JONATHAN ouvrent leur valise et montrent leurs produits aux clients du bar.


SAM

Un de nos produits phare

depuis longtemps,

ce sont les dents de vampire,

avec canines extra-longues.

Après, on a le classique,

le sac à rires.

Ça détend l'atmosphère aux anniversaires

et aux fêtes d'entreprises.


JONATHAN

On veut que les gens s'amusent.


SAM

Après, on a un nouveau produit

auquel on croit beaucoup.

Pépé l'édenté.


JONATHAN met le masque de vieillard. Deux soldats habillés en fantassins viennent ouvrir toutes grandes les portes du bar pour permettre à un homme à cheval d'entrer. C'est visiblement un soldat de grade supérieur.


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

(S'adressant aux clients du bar)

Toi là-bas, sors d'ici!

Toi, pas de femmes dans le bar!

(Sortant une épée)

Dehors! Pas de femmes dans le bar!

Allez, écoutez nom de Dieu!

Pas de femmes dans le bar!


Le cheval panique et tourne sur lui-même les clients sortent du bar. En courant


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Dehors!

Dehors, nom de Dieu!


LE SOLDAT de GRADE SUPÉRIEUR sort du bar avec son cheval et fait signe à ses soldats d'avancer.


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Soldats, avancez!

Corrigez cet homme comme il se doit!


Les soldats fouettent un homme qui était resté assis devant la machine de loterie vidéo. Cet homme sort en se traînant au sol.


Toute une cavalerie déambule devant le bar. LE ROI CHARLES XII entre dans le bar à cheval. Plusieurs soldats s'agenouillent devant lui.


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Faites montre de respect

envers Sa Majesté le roi!


SOLDAT

Exactement!


LE ROI CHARLES XII descend de son cheval en marchant sur le dos des soldats agenouillés et s'installe au bar.


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Sa Majesté le roi a soif!


SOLDAT

Très soif.


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Sa Majesté voudrait boire quelque chose.


SOLDAT

Exactement!


SERVEUR

Une bière peut-être?


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Non, Sa Majesté préfère l'eau.


SERVEUR

Excusez-moi, mais de l'eau pétillante?

De l'eau minérale?


SOLDAT GRADE SUPÉRIEUR

Affirmatif.


LE ROI CHARLES XII regarde le jeune serveur puis chuchote quelque chose à l'oreille d'un soldat.

SOLDAT

Sa Majesté le roi souhaiterait

que ce jeune homme

remplisse le verre de Sa Majesté le roi.


Le JEUNE SERVEUR s'exécute. Le roi boit.


LE ROI CHARLES XII

C'était bon.

Excellent!

Ce fourbe de Russe va voir

de quel bois je me chauffe.


SOLDATS

Oui, Votre Majesté.


LE ROI CHARLES XII chuchote à l'oreille d'un soldat.


SOLDAT

Sa Majesté le roi estime

qu'un aussi beau jeune homme

doit vivre sa vie

sur les champs de bataille.

Il peut dormir dans la tente du roi.


LE ROI CHARLES XII chuchote à l'oreille d'un soldat.


SOLDAT

(S'adressant à un autre soldat)

Capitaine Bjälke.


CAPITAINE BJÄLKE

Oui lieutenant-colonel.


SOLDAT

Sa Majesté le roi

veut entendre une chanson!

Obéissez!


CAPITAINE BJÄLKE

Oui lieutenant-colonel.

(S'adressant à un autre soldat)

Lieutenant Rask!


LIEUTENANT RASK

Oui, mon capitaine!


CAPITAINE BJÄLKE

Entonnez la marche!


LIEUTENANT RASK

Oui capitaine.

Compagnie, entonnez marche!

(Marchant dehors)

Un, deux, trois, quatre!

CHOEUR DE SOLDATS

(Marchant dehors et chantant)

Charles XII a 100 000 soldats

Charles XII a 100 000 soldats

Charles XII a 100 000 soldats

quand il avance à travers la fumée

sur les routes goudronnées


Tout le long de la chanson, LE ROI CHARLES XII fixe le JEUNE SERVEUR qui garde les yeux baissés.


Une FEMME est assise sur un banc de parc. Elle regarde un landau en souriant. Des gazouillis de bébés se font entendre. Elle embrasse les pieds de l'enfant.


Ailleurs, à l'entrée d'un immeuble, une FEMME s'adresse au GÉRANT DE L'IMMEUBLE. Un HOMME EN COMPLET attend en file.


FEMME

Pourquoi on ne peut pas entrer?


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

C'est réservé aux résidents.

Ce sont les règles. C'est comme ça.

Ils arrivent justement.


SAM et JONATHAN apparaissent de l'autre côté de la cabine du GÉRANT DE L'IMMEUBLE.


SAM ET JONATHAN

Bonjour.


FEMME

Vous savez sûrement pourquoi on est là.


SAM ET JONATHAN

Oui.


L'HOMME EN COMPLET leur montre une feuille.


FEMME

C'est la signature de qui ici?


JONATHAN

C'est la mienne.


FEMME

Et vous comprenez ce que vous avez signé?


JONATHAN

Oui.


FEMME

C'est un accord. Un contrat.

Vous devez déclarer vos ventes

tous les mois.

Vous ne l'avez pas fait. Pourquoi?


JONATHAN

On a eu la poisse ces derniers temps.

Mon associé a eu un accident.

Il a traversé la rue sans regarder

et a été renversé.


SAM

Par un cycliste.


JONATHAN

Il n'a pas pu marcher

pendant quelque temps.

Et j'ai moi-même été un peu souffrant.


FEMME

Votre santé ne nous intéresse pas.

On veut être payé pour nos produits.


SAM

On a quelques difficultés

d'argent en ce moment.

Ça a été un peu difficile

ces derniers temps.


JONATHAN

On a vendu des produits

à des gens qui ne paient pas.


FEMME

Mais vous non plus

vous ne payez pas, putain!


Un homme entre dans l'immeuble avec son accordéon. Il tente d'ouvrir la porte derrière laquelle se trouvent SAM et JONATHAN


HOMME À L'ACCORDÉON

Tu peux ouvrir la porte?


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Tu ne peux pas entrer maintenant.


HOMME À L'ACCORDÉON

Pourquoi?


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Tu as bu.


HOMME À L'ACCORDÉON

Je n'ai pas bu.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Je sens de très loin que tu as bu.


HOMME À L'ACCORDÉON

Je pensais aller dormir un moment.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Tu pourras revenir quand tu seras sobre.

Tu connais les règles.


HOMME À L'ACCORDÉON

Je n'ai pas bu une goutte de la journée!

Fait chier.


L'HOMME À L'ACCORDÉON quitte l'immeuble.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Les règles, ce sont les règles!


FEMME

Exactement!

Payez ce que vous nous devez.

Vous avez deux semaines.

Sinon, ça va mal se passer.

Vous comprenez?


JONATHAN

Oui.


FEMME

Sinon, ça va mal se passer!


HOMME EN COMPLET

Sinon, ça va mal se passer!

Vous comprenez?


L'HOMME EN COMPLET et la FEMME quittent.


Plus tard, au bar, SAM et JONATHAN sont assis à une table tandis que OVE BERGIUS est appuyé au bar, regardant le sol devant lui.


OVE BERGIUS

Ce soir, je devais assister

à une conférence.

Le major-général Sandberg

devait nous parler

du repli organisé des armées.

Quand je suis arrivé sur place,

tout avait été annulé, évidemment.

J'étais parti de chez moi …

… bien en avance, évidemment …

… parce que je voulais

prendre le bus de 19 h 22.

Mais il a commencer à pleuvoir, évidemment.

Et je n'avais pas

de parapluie, évidemment.

Alors j'ai décidé de retourner chez moi

en vitesse pour en prendre un, évidemment.

Parce que je pensais qu'il y en avait un.

Mais il n'y en avait pas, évidemment.

Sur le chemin de l'arrêt de bus,

il s'est mis à pleuvoir de plus en plus

et j'ai été trempé, évidemment.

Quand je suis arrivé à l'arrêt,

le bus était là …

… mais il a démarré …

… et je l'ai raté …

… évidemment.

Alors, je me suis mi

à marcher, évidemment.

Quand je suis arrivé …

… il n'y avait personne, évidemment.

Seulement un papier sur la porte

qui disait que la conférence

avait été annulée.

Ce qui est dommage, évidemment.


Ailleurs, un homme dans un bureau très luxueux, tiens un téléphone contre son oreille écoute en acquiesçant timidement. Il tient un fusil dans sa main.


HOMME AU FUSIL (Au téléphone)

Je suis content de savoir

que vous allez bien.

Je suis content de savoir

que vous allez bien.


Dans une petite chambre sale, JONATHAN a appuyé sa tête sur le bureau. Il porte le masque de vieillard.


JONATHAN chantonne en même temps que joue une chanson à la radio.


VOIX MASCULINE À LA RADIO

(Chantant)

Joues rouges et grands yeux bleus

Et sa peau couleur de neige

Elle est venue au monde

rien que pour toi et moi

Un jour, nous rejoindrons le paradis

Retrouver nos chers père et mère …

Joues rouges et grands yeux bleus

Jolies mains et petits pieds

Avec sa peau couleur de neige

Elle est venue au monde

rien que pour toi et moi

Enfin nous rejoindrons le paradis


SAM entre dans la pièce.


SAM

Salut!

Qu'est-ce que tu fais?


JONATHAN

J'écoute ce morceau-là.


SAM

Ah …


JONATHAN

C'est tellement beau,

mais aussi tellement affreux à la fois.


SAM

Qu'est-ce qui est affreux?


JONATHAN

Ce qu'il chante à la fin …

Qu'il va au ciel

et qu'il y verra ses parents.

C'est affreux!


SAM

Pourquoi tu écoutes ça alors?


JONATHAN

Je ne peux pas m'en empêcher.

J'ai essayé, mais je n'y arrive pas.


SAM

Il faudrait que tu ailles voir un médecin.

Ce n'est pas normal.

Je suis même inquiet pour toi.


JONATHAN

Moi aussi je le suis.


Le GÉRANT DE L'IMMEUBLE les rejoint.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Comment ça va par ici?


SAM

Il se prend la tête sur ce morceau.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Tu as des soucis Jonathan?


JONATHAN

Oui.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Qu'est-ce qui te tracasse alors?


JONATHAN

Que je doive rencontrer

à nouveau mes parents.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Je ne comprends pas.


JONATHAN

Ma mère et mon père

étaient très gentils …

… mais je ne veux pas

les revoir au paradis.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Tu seras obligé de les revoir?


JONATHAN

J'espère que non.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Fermez la porte si vous voulez écouter

de la musique à cette heure-ci.

Il y a du monde ici qui doit

se lever demain pour aller travailler.


Le GÉRANT DE L'IMMEUBLE part.


VOIX MASCULINE À LA RADIO

(Chantant)

Dans une petite maison nous habiterons

Dans la paix et le calme nous vivrons

Enseigner à nos chers enfants

La gloire de Dieu et du roi

Ce sera le bonheur, crois-moi


Au bar, GUNNAR est assis à une table. Il s'adresse aux serveurs qui nettoient le bar en prévision de sa fermeture.


GUNNAR

J'ai compris une chose.

J'ai compris que j'avais été radin

toute ma vie.

L'inverse est généreux.

Et c'est pour ça

que j'ai été si malheureux.

J'ai été radin toute ma vie.

L'inverse est généreux.

Et c'est pour ça

que j'ai été si malheureux.

(Ailleurs, un homme à une fenêtre s'allume une cigarette et observe la ville. Une femme rousse vient le rejoindre et l'enlace.)


Au bar où s'était présenté le roi plus tôt, les clients regardent les soldats défiler sur la rue. Puis un groupe de soldats entrent, suivis du roi couché sur le dos d'un cheval.


SOLDAT

Faites montre de respect

pour Sa Majesté le roi!

Sa Majesté le roi

doit se rendre aux toilettes.

Où sont-elles?


SERVEUR

La porte verte là-bas.


Le SOLDAT blessé aide le ROI CHARLES XII, blessé lui aussi, à descendre de cheval.


SOLDAT

Votre Majesté, permettez-moi

d'inspecter les lieux.

Votre Majesté, les toilettes

sont malheureusement occupées.


SOLDAT BLESSÉ

Zut alors!


LE ROI CHARLES XII

La moitié du royaume est donc perdue.


SOLDAT BLESSÉ

Oui Votre Majesté.

Si on avait eu un peu plus de chevaux …

Et s'il n'avait pas plu …


LE ROI CHARLES XII

Ah bon? Il a plu?


SOLDAT BLESSÉ

Peut-être que non en fait,

mais il aurait pu.

On ne sait jamais

ce que ce Russe peut inventer.

Il s'était armé en secret ce fourbe

de Russe, sinon, on l'aurait battu.

Il s'était armé en secret.


SOLDAT

C'est sûr.


LE ROI CHARLES XII

Ah bon, vous pensez?


SERVEUR

(S'adressant à deux femmes au bar)

La bataille de Poltava t'a faite veuve.

La bataille de Poltava t'a faite veuve,

et tu as dû porter le deuil.

La bataille de Poltava t'a faite veuve,

et toi aussi, tu as dû porter le deuil.

La bataille de Poltava vous a faites

veuves et vous avez dû porter le deuil.


Les deux femmes se mettent à pleurer.


VOIX MASCULINE

(Chantant)

Charles XII avait 100 000 soldats

Charles XII avait 100 000 soldats

Charles XII avait 100 000 soldats

Quand il avançait à travers la fumée

sur les routes goudronnées


Un homme et une femme sont enlacés, étendus dans le sable. Un vieux chien est à leurs côtés. Le chien se couche, l'homme caresse la poitrine de la femme.


SAM ET JONATHAN marchent le long d'une voie ferrée. Ils ont chacun une mallette à la main. SAM marche avec une canne.


JONATHAN

Quoi encore?


SAM

“Quoi encore?”


JONATHAN

Oui.


SAM

Putain, mais je suis blessé et c'est moi

qui suis obligé de t'attendre?


JONATHAN

Mais non, pourquoi?


SAM

Tu avances tellement lentement!

On dirait que tu dors quand tu marches.

Tu marches comme un zombie, comme ça.


SAM imite un zombie qui tourne en rond.


JONATHAN

C'est pas vrai.

Je marchais comme ça.

Normalement.


SAM

Quoi que je dise, tu dis le contraire.


JONATHAN

C'est pas vrai.


SAM

Tu viens de le refaire!

C'est tout le temps comme ça!

Je commence à en avoir marre, putain.

Et puis, tu n'as aucun sens des affaires.

On a que des dettes.


JONATHAN

Mais c'était ton idée!


SAM

Comment ça mon idée?

Qu'est-ce que ça change? Tu n'as

quand même aucun sens des affaires.

J'en ai plus que marre de ces conneries,

j'arrête!


SAM jette le contenu de sa valise par terre et piétine les sacs à rire. Puis il s'en va.


JONATHAN

(Ramassant les objets au sol)

Mais c'était ton idée!

Mais c'était ton idée!

Mais c'était ton idée!

Mais c'était ton idée!

Mais c'était ton idée!


Plus tard, JONATHAN est assis à une table en plein air. Une femme passe et vide sa chaussure


JONATHAN

(Parlant à un homme à une autre table)

Elle avait un caillou dans sa chaussure.

Elle avait un caillou dans sa chaussure.


HOMME

Oui, j'ai vu.


JONATHAN

C'est chouette.


HOMME

Chouette? Un caillou dans la chaussure?


JONATHAN

C'était chouette comme elle l'a enlevé.

Excusez-moi de vous demander ça,

mais vous ne voudriez pas par hasard

acheter quelques farces et attrapes?

J'ai des dents de vampire

que je peux vous faire à moitié prix.


L'homme s'en va.


Devant la même vitrine de restaurant où il était précédemment, OVE BERGIUS regarde les gens manger par la fenêtre. Puis, il prend ses messages sur son cellulaire


VOIX AUTOMATISÉE

Vous n'avez pas de message.


OVE BERGIUS s'en va, dépité alors que les gens au restaurant rient et s'amusent.


Dans le corridor de l'immeuble, SAM écoute à la porte de chambre de JONATHAN. Il lui parle au travers de la porte.


SAM

Jonathan.

Jonathan.

Je suis désolé …

Sincèrement désolé.

Tu m'entends? Je m'excuse.

J'ai été méchant, je le sais.

Je regrette Jonathan.

Je regrette beaucoup.

Excuse-moi Jonathan.

Tu veux bien me pardonner?

Je serai content

si tu me pardonnes, Jonathan.

Je ne veux pas qu'on se dispute.

Tu es mon seul ami Jonathan.

Je serais tellement seul sinon.

Je ne veux pas.

Il faut qu'on se serre les coudes.


JONATHAN

Tu as été méchant.


SAM

Je sais, Jonathan.

Mais ça ne se reproduira pas.


JONATHAN

Bien.


JONATHAN ouvre sa porte et la referme


SAM

Allons nous coucher Jonathan.

Comme ça demain,

on fera plein de business.

Bonne nuit!


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Silence, en bas!

Il y a des gens qui doivent

se lever tôt pour aller travailler.


Un HOMME se tient à l'entrée d'un commerce de fromage. Il regarde au loin.


HOMME

Aujourd'hui, je me sens gentil.

Vachement gentil.


Transition


Texte informatif :
homo sapiens


Un pauvre SINGE est installé attaché par les pattes à des pôles de métal avec des électrodes reliés à son cerveau. Une SCIENTIFIQUE parle au téléphone à côté.


SCIENTIFIQUE (Au téléphone)

Oui.

Ici, il fait trois degré.

Oui.


Le SINGE crie en se faisant torturer Il reçoit des chocs électriques au cerveau.


SCIENTIFIQUE (Au téléphone)

Je suis contente de savoir

que vous allez bien.

J'ai dit: je suis contente de savoir

que vous allez bien.

Oui.


Des soldats font entrer avec violence des prisonniers dans un grand réservoir cylindrique. Des chiens aboyeurs les accompagnent.


SOLDAT

(Propos traduits de l'anglais)

Dépêchez-vous!

Allez!

Bougez-vous!

Allez!

Dépêchez-vous!

Allez! Lève-toi!

Debout!



Des enfants pleurent. Un prisonnier s'effondre.


SOLDAT SUPÉRIEUR

Quel est le problème?


SOLDAT

(Fouettant l'homme au sol)

Allez!


SOLDAT

Allez!


Les soldats allument un grand brasier sous le cylindre et observent une fumée s'en échapper. L'immense cylindre tourne sur lui-même dans le feu. Plusieurs personnes âgées en habits de gala sortent d'une somptueuse demeure observer le brasier en buvant du champagne. JONATHAN leur sert le champagne.


JONATHAN est seul dans sa chambre. SAM entre.


SAM

Qu'est-ce qu'il y a maintenant?

Qu'est-ce qui t'arrive?


JONATHAN

Je pensais à un truc horrible.


SAM

Ah bon?


JONATHAN

Quelque chose d'affreux.


SAM

Ah bon?


JONATHAN

Et j'en faisais partie.


SAM

Partie de quoi?


JONATHAN

De ce truc horrible.


SAM

Il faut que tu m'expliques.

Tu as fait un cauchemar?

C'est ça?


JONATHAN

C'est ce que je n'arrive pas à savoir.

On dirait que ça s'est passé pour de vrai.

C'est ça qui est horrible.

Affreux!

Et personne ne s'est excusé …

Même pas moi …

Personne ne s'est excusé.


SAM

Mais qu'est-ce qui s'est passé?


JONATHAN

C'est tellement horrible

que je n'ose pas le dire.


SAM

Alors ne dis rien, tête de mule!

Je ne te comprends pas!

On a décidé qu'on travaillait demain …

Tu veux aider les gens à s'amuser, non?


JONATHAN

Oui, je sais.


SAM

(Quittant la pièce)

Quel pleurnicheur!


JONATHAN sort de sa chambre et parle à voix haute dans le corridor vide.


JONATHAN

Est-ce qu'on a le droit d'utiliser les

gens uniquement pour son propre plaisir?

Est-ce qu'on a le droit d'utiliser les

gens uniquement pour son propre plaisir?


SAM sort de sa chambre.


SAM

Mais qu'est-ce que tu racontes putain?


JONATHAN

Est-ce qu'on a le droit d'utiliser les

gens uniquement pour son propre plaisir?


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Je ne comprends rien à ce que tu racontes.


SAM

Il se prend pour un philosophe.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Ok.

Mais vous croyez vraiment

que c'est l'heure?

Il y a des gens qui doivent

se lever tôt pour aller travailler.


SAM

Bonne nuit.


GÉRANT DE L'IMMEUBLE

Bonne nuit.


TOUS rentrent dans leur chambre.


Ailleurs, en plein jour, à un arrêt d'autobus. Plusieurs citadins attendent l'autobus. Un commerçant sort devant son commerce et dépose une pompe à vélo.


COMMERÇANT

Encore un mercredi!


PASSANT

On est mercredi aujourd'hui?


PASSANTE

Oui.


PASSANT

On est mercredi aujourd'hui?


PASSANTE 2

Oui.


PASSANT

J'étais persuadé qu'on était jeudi.


PASSANTE 

Eh bien ce n'est pas le cas.


PASSANTE 2

Non, ce n'est pas le cas!


PASSANTE 3

Ah non!


PASSANT

Pourtant on se croirait un jeudi.


PASSANT 2

Mais un jour de semaine, c'est pas

quelque chose qu'on peut ressentir.

C'est impossible.

Il faut juste connaître l'ordre!

Hier on était mardi …

… aujourd'hui on est mercredi …

… et demain, on sera jeudi.

Si on ne maîtrise pas ça,

l'existence n'est plus que chaos.


PASSANTE 2

Exactement.

(Un CYCLISTE vient gonfler sa roue de vélo.)


CYCLISTE

Encore un mercredi.

Au revoir!


Générique de fermeture

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