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La portée des mots

An artist tells the touching and powerful story of one of his or her songs, touching on themes that impact their art.

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Elisapie Isaac : Arnaapik

Singer-songwriter Elisapie Isaac was born to an Inuk mother and a father from Newfoundland. She grew up with her family in Saluit, Nunavik. She wrote “Arnaapik” for her five year-old daughter.



Production year: 2011

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


Titre :
Élisapie Isaac «Arnaapik»


ELISAPIE ISAAC chante en inuktitut. Des images d'une enfant innue défilent, suivies d'images de Montréal.


Texte narratif :
Montréal, Québec


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant à sa fille)

(Propos traduits de l'inuktitut)

Le muffin est bon?

Tu me laisses y goûter?


ELISAPIE ISAAC et sa fille LILI sont assises sur un banc de parc.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Cette chanson a été composée

quand ma fille avait un an et

demi, peut-être 2 ans. C'est une

chanson qui fait déjà le deuil

de son enfant qui ne lui

appartient pas, finalement.

Je crois vraiment, comme les

Innus, beaucoup, que nos enfants

ne nous appartiennent pas. On

est leurs guides, on les met au

monde, on a le même sang, on les

aime, mais ils appartiennent à

l'univers, à la nature.


LILI

(S'adressant à sa mère)

Moi, je m'en vais courir!


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

J'aimerais donc bien qu'elle

soit proche de moi et qu'elle

veuille me suivre tout le temps,

mais en même temps, je suis

consciente que ça se peut qu'un

jour, elle va devoir partir ou

je sais pas... Un peu comme moi

j'ai fait, finalement. Oui.


Texte narratif :
Salluit, Québec


ELISAPIE ISAAC nous transporte dans son village natal.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Il faut être dur, il faut être

fort pour vivre ici. En même

temps, c'est vraiment un paysage

magnifique, quand on sort du

village. C'est vraiment une

place un peu mystérieuse, à

cause des montagnes. C'est comme

si... On roule et on dépasse les

montagnes, c'est des vallées

tout le temps. Alors c'est

vraiment beau.


Des enfants parlent inuktitut en jouant dans la cour d'une garderie.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Les enfants sont très nombreux

et ils n'ont pas beaucoup de

choses à faire. Il n'y a pas

beaucoup de choses qui sont

ouvertes souvent, tous les

jours. C'est pour ça que quand

il y a des activités, ils se

garrochent, parce qu'ils en ont

besoin.

(Parlant de sa fille)

Son père et moi, on a décidé

qu'on voulait un nom composé en

partie de chez nous, en partie

un nom qu'on aime, comme Lili.

C'était très naturel pour moi de

choisir son nom par le nom de ma

tante à moi qui a été une femme

assez marquante, quand j'étais

jeune. Si ma fille est nommée

par ma tante, ces deux

personnes-là qui ont le même nom

vont s'appeler saoniks, les

deux. Le même os. On n'est pas

individualistes, on n'a pas

juste un joli nom. Des fois,

c'est des noms vraiment pas

beaux. Mais avec tout un bagage

historique, alors c'est ça qui

fait que le nom, c'est vraiment

important. Alors quand ma fille,

son père a décidé que son nom de

famille... J'ai dit: "Tu peux

garder le nom de famille, moi ce

qui est important, c'est son nom

et c'est comment elle va être."


ELISAPIE ISAAC est chez sa tante, ALACIE NALUIYUK, qui prend les mensurations de LILI.


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

(S'adressant au public de l'émission)

Lorsque je serai très âgée, je ferai

encore des kamiks pour ses

enfants.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Ma tante, elle veut faire un

manteau pour ma fille. Ça, c'est

vraiment sa façon de dire: "Je

veux être bien habillée." Quand

elle dit: "Moi, je veux être

bien habillée", elle parle de ma

fille, parce que c'est elle.

Automatiquement, il y a un lien.

Alors elle veut que sa saonik

soit belle et qu'elle soit bien

habillée. C'est important.

Ah oui!


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

(Montrant une fourrure blanche à LILI)

On en mettra ici et aussi autour

de tes poignets.


ELISAPIE ISAAC

(Propos traduits de l'inuktitut)

(Montrant le front de sa fille à sa tante)

Mesure ça aussi.


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

(S'adressant à LILI)

Oui, autour de ton visage aussi.


ELISAPIE ISAAC discute à table avec sa tante ALACIE NALUIYUK et son oncle KAKKINIK NALUIYUK.


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

(S'adressant à ELISAPIE ISAAC)

Tu chantais à la radio quand

tu n'avais que 4 ou 5 ans,

et tu chantes encore à ce jour.

Avant, c'était une très petite

communauté, mais elle a

beaucoup grandi.


KAKKINIK NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

Ça a vraiment changé.


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

Ça a beaucoup changé, même

les gens.


KAKKINIK NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

Je suis né dans un igloo,

ici même, à Salluit.


ALACIE NALUIYUK

(Propos traduits de l'inuktitut)

Moi aussi. En y pensant, ça a

vraiment changé, puisque

je suis née dans un igloo...

à l'époque où il n'y avait pas

de bâtiments. Il est difficile

de savoir si nos descendants

seront en mesure de conserver

leur culture inuit.

Les bâtiments et les magasins

font maintenant partie de leur

quotidien.

Je veux dire, ils acquièrent

encore des compétences,

la fabrication de kamiks

en est un exemple. Le peuple

inuit sera là pour longtemps;

les jeunes sont très doués...

spécialement pour la couture.

Nous vivons en Arctique,

donc nous portons des vêtements

que nous cousons.

Maintenant, on sait certaines

choses sur les Inuits qu'on ne

saurait pas autrement.

Les Inuits aussi sont très

compétents. Parce que tu es

Inuk et que tu connais beaucoup

de succès... il y en a beaucoup

qui sont très fiers de toi...

pas seulement ta famille et tes

connaissances.

(Regardant son mari)

Nous aussi, nous te sommes

très reconnaissants.


ELISAPIE ISAAC

(Chanson traduite de l'inuktitut)

♪ Pour toujours,

je veux que tu aies besoin de moi ♪

♪ Mais tu vas grandir déjà ♪

♪ Seras-tu prudente ♪

♪ Feras-tu de ton mieux

pour chérir la vie? ♪

♪ Quand tu t'égares,

vers les étoiles ♪

♪ Tourne toujours ton regard ♪


MANUEL GASSE, collaborateur musicien, nous parle d'ELISAPIE ISAAC.


MANUEL GASSE

(S'adressant au public de l'émission)

J'ai joué pendant 4 ans,

4-5 ans dans le métro pour

gagner ma vie. J'ai commencé

à travailler avec elle, je la

connaissais pas du tout

personnellement. C'est un ami

qui m'a demandé de le remplacer

sur un show d'Elisapie.

Finalement, ça fait 2 ans et je

suis encore là. Quand je

m'investis dans un truc comme

ça, je suis pas quelqu'un qui va

accompagner 10 artistes, tu

sais? J'ai accompagné seulement

Elisapie et puis on a développé

très rapidement une relation qui

n'est pas seulement amicale mais

vraiment une relation presque

frère-soeur. On est devenus très

proches et veut, veut pas, quand

on fait de la tournée...

N'importe qui qui a fait de la

tournée, on sait qu'on passe des

longues journées à faire du

char, à pas avoir grand-chose à

faire et à écouter les mêmes

tounes. Un moment donné, t'as

pas le choix de parler, tu sais?

Ça fait que... Mais quand on

revient chez nous, ça fait deux

semaines qu'on s'est pas vus, on

s'ennuie. On s'appelle, on fait

quelque chose ensemble. C'est

pas la même chose... C'est pas

une relation banale de musiciens

employés, tu sais?


ELISAPIE ISAAC est dans un restaurant avec LILI.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au SERVEUR DE RESTO)

Ah oui! Je vais prendre un

café au lait pour emporter.

Un petit.

(S'adressant à LILI)

(Propos traduits de l'inuktitut)

Qu'est-ce que tu voudrais manger?

Un muffin?


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

C'est toujours impressionnant de

voir la vie que ma fille a, par

rapport à ce que moi, j'ai vécu.

Des fois, j'ai peur qu'elle ait

trop de stimulations, ou la vie

est trop simple. Mais ça, c'est

moi, la fille qui a grandi dans

un environnement, quand même pas

évident des fois.


MANUEL GASSE

(En aparté)

Elisapie, depuis que sa fille

est née, pour elle, c'est

important... On a toujours senti

que c'était important. Elle lui

parle en inuktitut beaucoup. La

culture, ça passe beaucoup par

la langue, évidemment.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

C'est déjà assez clair pour

moi que ma fille, elle est pas

juste Inuk. C'est une

Québécoise. Sa langue, c'est

francophone, et sa culture est

francophone. Et moi, en tant

qu'Inuk, je trouve ça beau.

Je suis très claire aussi avec

elle qu'elle n'est pas dans le

Nord. Elle ne maîtrise pas la

langue inuktitut. Elle comprend

certaines choses. Quand elle ne

comprend pas, elle me le dit et

je lui explique.

(S'adressant à LILI)

(Propos traduits de l'inuktitut)

Allez, viens t'asseoir, comme ça

on peut manger.


MANUEL GASSE

(En aparté)

Pour elle, c'est quelque

chose d'important de lui montrer

d'où sa mère vient. Et c'est une

richesse, quand même, pour une

petite fille qui est née à

Montréal, d'avoir des racines

comme ça, inuktitut. Malgré le

fait qu'on soit québécois et

moi, ça fait 35 ans que je suis

québécois, on côtoie d'autres

peuples, entre guillemets, comme

ça, et on ne connaît pas grand-

chose d'eux autres. C'est assez

hallucinant.

Tout le monde connaît les

clichés de... Les Inuits, les

Esquimaux, tu sais? Tout le

monde a lu Agaguk.

(Riant)

On a des idées préconçues sur les

choses qu'ils mangent et où ils

couchent, mais c'est vraiment

des clichés. Un peu comme les

Français ont des clichés des

Canadiens qu'on habite dans des

cabanes en bois rond et... C'est

vraiment deux ans à côtoyer une

personne, que tu commences à

comprendre sa culture comme il

faut.


Retour à Salluit, village natal d'ELISAPIE ISAAC.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Ça fait à peu près 13 ans que

j'ai quitté pour aller au cégep.

Et je ne suis jamais revenue

parce que j'aime ma vie. La vie

d'artiste que je pense que j'ai

rêvé d'avoir, ça se passe à

Montréal.


MANUEL GASSE

(En aparté)

Pour les gens du Nord,

Elisapie, c'est un phare, c'est

une inspiration. C'est la

personne là-bas qui inspire le

rêve et l'espoir, qui a réussi,

finalement. C'est un peu poche à

dire, mais dans le monde du Sud,

des Blancs, elle est là et elle a

une carrière, et quand elle

ramène ça chez elle, c'est sûr

que les gens sont allumés par

ça.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Les gens aiment vraiment ce

que je fais. Je le ressens

vraiment que pour eux autres, ça

les touche, ma musique. Ça leur

fait du bien, ça les fait danser

et ils sont fiers. Ça, c'est

toujours un gros boost

d'énergie. Je me sens rechargée

à chaque fois que je vais faire

un show là-bas. Je me sens...

J'ai beaucoup plus confiance en

moi. Oui.


ELISAPIE ISAAC prépare un repas avec sa soeur.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Repas traditionnel, c'est tout

ce qui est bouilli. On met la

viande ou le poisson dans l'eau,

un peu de sel, that's it.

Ça, c'est notre façon de cuisiner.

Sinon, c'est pas mal...

Ça, c'est encore très traditionnel

de manger cru.

Cru ou vraiment gelé, comme ça.

Oui. Congelé.

Quand je suis née, ma grand-mère

biologique avait un peu prévu

que je sois adoptée. Ça fait que

j'ai été adoptée naturellement,

presque traditionnellement.

Alors ma mère, quand je suis

née, elle a voulu respecter ça,

alors elle m'a donnée en

adoption à sa 2e cousine. Alors

j'ai été élevée avec mes parents

adoptifs. Et un peu plus tard,

évidemment, naturellement,

comme je connais la famille,

parce qu'ils sont dans le même

village, je suis devenue proche

quand même de ma mère

biologique. Qui est ma soeur

ici, qui est ma grande soeur. On

est devenues proches quand même,

naturellement. Parce qu'on a

toujours su que j'ai été adoptée

et qu'il n'y avait rien de mal

et... C'est ça. C'était une

belle histoire, quand même,

qui fait que j'ai beaucoup de

familles reconstituées.

Je pense qu'on a vécu beaucoup

de défis, les Inuits. Nos

parents, c'est comme s'ils ont

vécu un choc et ils ont réalisé

que... "Oh! On n'a plus le

contrôle de nos enfants, de

notre peuple." Et à ce moment-là,

je pense qu'il y a tellement

de choses qui ont changé, qui

ont eu des conséquences. Leurs

enfants qui ont été élevés par

eux autres, qui se sont mis à

être perdus, bien, ils sont

devenus perdus eux autres même.

Et là, la réalité, c'est la

jeunesse, maintenant. On

commence à réaliser qu'on a

besoin de faire un genre de...

Un deuil. Où on a besoin de

réaliser que c'était dur, la

vie, et c'est dur la vie, chez

nous.

Des gens les plus fiers, les

plus forts, aux gens qui se

suicident le plus au monde

entier. C'est quand même...

Tout ça, dans 50 ans, je pense

qu'il y a de quoi qui est arrivé.

Alors je pense qu'on commence à

réaliser qu'on a besoin de

recommencer à prendre soin de

nous.


ELISAPIE ISAAC est à table, avec sa sœur, sa fille LILI et son neveu.


SOEUR D'ELISAPIE ISAAC

On s'ennuie d'Elisapie tout

le temps. On pense à elle

souvent.


INTERVIEWER

(S'adressant à ELISAPIE ISAAC)

Il y a-tu un espoir, tu

penses, que tu y retournerais?


ELISAPIE ISAAC

Ah, l'espoir! On sait jamais,

dans la vie, hein? Vraiment.

Mais c'est sûr que j'ai vraiment

fait mes choix en pensant que

j'ai ma vie au Sud. Aussi,

surtout, avec ma carrière. Plus

tard, quand ma fille va être

plus grande, peut-être qu'elle

va vouloir faire des projets

ici. Je sais pas. Mais j'ai

vraiment... J'espère vraiment

que mon idée, mon rêve va se

réaliser, de pouvoir faire des

projets pour des jeunes. Je

pense qu'il manque vraiment de

ça, de... Je serais prête à

donner mon expérience aussi,

comment les choses se font.

Je pense qu'il y a des choses

qu'on peut partager.


INTERVIEWER

(S'adressant à la SOEUR D'ELISAPIE ISAAC)

Est-ce que tu penses

qu'Elisapie va revenir habiter

en permanence à Salluit?


SOEUR D'ELISAPIE ISAAC

(Regardant sa soeur)

Je pense que...

non.


Les deux femmes éclatent de rire.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Depuis que je suis jeune, dans

mon adolescence, il y a eu

quelqu'un de très important,

dans ma vie, qui est mon oncle.

Il m'a vraiment appris à aimer

la communication. C'était

quelqu'un qui était très bon,

très articulé. Il parlait bien

anglais. Il était très

intelligent. Alors lui, ça a été

vraiment une influence, dans ma

vie. C'était vraiment quelqu'un

qui m'a introduit à... Qui m'a

donné la chance de faire de la

musique.


En compagnie de son oncle, ELISAPIE ISAAC chante et joue de la guitare.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Salluit Band, c'est un peu un

band mythique, qui a jamais

enregistré, jamais endisqué.

Alors on a toujours peur qu'il

meure et on n'aura pas cette

musique-là, parce que... Je sais

pas... Pourtant, on écoute cette

musique-là, on est tout de

suite...

(Propos en anglais)

Back in the sixties.

Dans le temps où les changements

étaient en train d'arriver, on a

tourné, on a fait quelques

chansons ensemble, comme

choristes. Mais je ne voudrais

pas me voir dans des photos ou

des vidéos de...

(Riant)

Mais en même temps, ce qui est

beau, c'est que j'étais tellement

fière, là!


GEORGE KAKAYUK nous parle de sa nièce ELISAPIE ISAAC.


GEORGE KAKAYUK

(Propos traduits de l'anglais)

Je l'ai invitée à se joindre au groupe.


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant à son oncle)

(Propos traduits de l'anglais)

Vous m'avez demandé de chanter,

avant. Une audition!

Aaah! J'étais tellement nerveuse.

Ça a tout pris. Je n'y étais plus.

J'étais vraiment timide.


GEORGE KAKAYUK

(Propos traduits de l'anglais)

Oui, effectivement. Je l'ai entendue

chanter.


ELISAPIE ISAAC

(Propos traduits de l'anglais)

Dans la classe, quand je suis allée

auditionner.


GEORGE KAKAYUK

(Propos traduits de l'anglais)

Je voulais qu'elle passe une audition

pour voir ce qu'elle pouvait faire.

Et pour l'encourager, bien sûr.

En fin de compte, on a chanté ensemble.

C'est une vedette, bien sûr, et nous

sommes tous fiers d'elle ici, dans la

communauté.


ELISAPIE ISAAC

(Propos traduits de l'anglais)

Quand on vient d'un petit village

et qu'on voit quelqu'un faire

des choses différentes, je crois

qu'on est tellement fier.

Je crois que, de toute façon,

nous sommes des gens très fiers,

les gens de Salluit. Je crois que

venir d'une communauté très fière

m'aide à me concentrer sur mes buts.


GEORGE KAKAYUK

(Propos traduits de l'anglais)

Quand les enfants ou les jeunes

voient du positif, ils disent:

«Je peux faire ça, moi aussi.»

Ça leur parle, vous savez.

Une personne comme elle,

qui a grandi dans la communauté

et qui réussit, c'est un bon exemple

pour...


ELISAPIE ISAAC

(Propos traduits de l'anglais)

Ils ont été un exemple pour moi.

Bon nombre, comme mon frère

et plusieurs musiciens, ont grandi

avec leur musique. Nous écoutons

leurs chansons et nous avons

la larme à l'oeil. Tant de bons

souvenirs.


Des images d'ELISAPIE ISAAC interprétant sa chanson en inuktitut défilent. MANUEL GASSE et GAB l'accompagnent.


ELISAPIE ISAAC

(Chanson traduite de l'inuktitut)

♪ Seras-tu prudente ♪

♪ Feras-tu de ton mieux

pour chérir la vie? ♪

♪ Quand tu t'égares,

vers les étoiles ♪

♪ Tourne toujours ton regard ♪


MANUEL GASSE

(En aparté)

L'inuktitut, c'est

complètement extraterrestre.

Disons qu'avant que la chanson

soit efficace comme aujourd'hui,

ça a pris plusieurs fois.

(Riant)

On dirait qu'on fait de l'allemand

de région. Tu sais, de l'allemand

de région comme les gens

d'Havre-Saint-Pierre ou

de la Côte-Nord vont parler

québécois, mais d'une façon

assez spéciale. Là, j'avais

l'impression de faire de

l'allemand de région, tu sais?

Et c'est très cocasse parce

qu'elle est là, elle fait des...

(Faisant des raclements de gorge)

Et là, moi je la regarde et je

fais comme...

(Faisant des raclements de gorge)

Et à chaque fois, elle fait: "Non!"

Évidemment, je suis pas capable

de faire sa version, mais...

My God que je me suis fait

chier, ce jour-là!

C'est la magie de la musique.

J'ai entendu Sting chanter

Ne me quitte pas, de Brel.

Très au son, parce que je me rendais

compte, par certains mots, qu'il ne

comprenait vraiment pas ce qu'il

chantait. Mais comment ne pas

être émerveillé devant une voix

comme Sting qui chante un texte

comme Brel? Peu importe s'il le

chante tout croche, tu sais?

C'est ça, la magie de la

musique. Je pense qu'on est

pardonné, tu sais?

(Riant)

Moi et Gab, on est les éternels

pardonnés, devant le peuple

d'Elisapie, d'au moins essayer.


SÉBASTIEN NASRA, le producteur d'ELISAPIE ISAAC, nous parle d'elle.


SÉBASTIEN NASRA

(S'adressant au public de l'émission)

Moi, quand je l'ai connue, elle

était quand même assez à ses

débuts. Je ne m'imaginais pas

qu'éventuellement, elle pouvait

ou elle allait vouloir vraiment

prendre le contrôle de sa

destinée artistique à un tel

point qu'elle arrive même à

écrire toutes ses chansons.

Mais elle a un sens mélodique

vraiment naturel. Ça, c'est sûr

que ça aide. Et je pense que ça

s'est développé, aussi, au fil

des années.


MANUEL GASSE

(En aparté)

Je me souviendrai toujours le

premier spectacle. Évidemment,

j'étais extrêmement nerveux,

parce que c'est tellement

compliqué comme truc que si ton

cerveau, il gèle, tes pieds et

tes mains ne suivent plus et

c'est pas beau, tu sais? C'est

pas très beau. Je m'en souviens

très bien. Une minute avant

d'entrer sur la scène, Elisapie

nous prenait les mains, elle est

super détendue et elle, c'était

contagieux, son espèce de...

"Regardez, les gars! C'est la

première fois, on est là pour

avoir du fun. Y a pas de

problème. Bla-bla-bla. Si on

fait une erreur, on rit, c'est

cool." Ça peut paraître banal,

mais y a pas beaucoup d'artistes

qui réagiraient comme ça. Y a

beaucoup d'artistes qui n'aiment

pas avoir des «subs», qui n'aiment

pas avoir des personnes qui

jouent pour la première fois

avec eux autres.

Parce qu'ils ont leur propre

insécurité et ils ont

l'impression qu'ils trimballent

l'insécurité du musicien. Elle,

au contraire, nous a mis

tellement à l'aise, tu sais?


ELISAPIE ISSAC est maintenant dans la maison de MANUEL GASSE.


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

(S'adressant aux enfants)

De la soupe aux légumes.

Philibert, Éliane, qu'est-ce que

vous voulez manger?


PHILIBERT

Moi, je veux de la soupe aux pois.


MANUEL GASSE

(S'adressant à ELISAPIE ISAAC)

Ça a passé tellement vite!

Il y avait encore plein de

monde.


ELISAPIE ISAAC

Je sais! Seb Nasra était

encore là à 3 h 30. Ça, c'est

fort. C'est rare. Ça veut dire

que le party était pogné, là.


MANUEL GASSE

Hé, il y a-tu des films de ce

qu'on a... De notre performance?


ELISAPIE ISAAC

(Riant)

J'espère que non!


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

Lili, tu veux te mettre où?

Ici? Philibert, je te mets ici.

OK?


LILI

C'est chaud.


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

Attends, maman va souffler,

coco.


MANUEL GASSE

(En aparté)

C'est une personne

extrêmement passionnée. Et ça

paraît sur la scène. Quand elle

fait de la scène, une chose qui

caractérise énormément Elisapie,

c'est qu'elle va chercher les

gens. Elle connecte pour vrai.

Si elle va faire un spectacle

et, souvent c'est comme ça, il y

a beaucoup de fumée pour les

éclairages, et les éclairages

sont très bas dans la salle et

on ne voit à peu près personne,

pour elle, c'est impensable pour

la simple et bonne raison

qu'elle le fait pour vrai. Quand

elle chante pour des gens, elle

chante pour vrai. Si elle ne les

voit pas, si elle n'est pas

capable de les regarder dans les

yeux et de sentir le contact et

l'émotion, elle n'est pas

capable.


SÉBASTIEN NASRA

(En aparté)

C'est presque comme si on

était en contact avec la nature.

Et c'est une nature profonde,

chez elle, et le mot racines

vient en tête aussi. C'est très

"groundé", en même temps. Mais

ça ne l'empêche pas de "flyer

high" aussi et c'est ça qui est

hallucinant, je trouve, chez

elle, et qui est attachant.


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

Hein? Où est-ce que t'es

allée, Lili, la semaine passée,

pour Pâques?


LILI

En voyage.


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

En voyage où? Je pense que je

le sais. Dans le Nord!


LILI fait signe que oui.


MANUEL GASSE

Oh! Est-ce que t'as aimé ça?


CONJOINTE DE MANUEL GASSE

T'es allée voir ta famille

dans le Grand Nord? Wow!


ELISAPIE ISAAC

(S'adressant au public de l'émission)

Je pense que depuis que j'ai

commencé à écrire, j'ai toujours

chanté en anglais et c'était

plus naturel, pour moi. Mais

c'est plus tard que j'ai

vraiment compris que c'était

vraiment un privilège de chanter

dans ma langue. Je suis juste

une petite Inuk de Salluit comme

eux autres. C'est ça qui est...

Ils ont besoin aussi d'avoir

quelqu'un à admirer. Ils ont

besoin de rêver, ils ont

besoin... Alors j'ai

l'impression que ça fait du bien

d'avoir quelque chose de

positif, un partage.

Oui. C'est important, je pense.

Les artistes qui inspirent et

qui touchent. Mon metteur en

scène, il dit, à chaque fois

qu'on recommence quelque chose,

on pratique pour un... Puis il

regarde et il dit: "OK! On

repart, on refait ça." Là, il

dit: "Fais-nous rêver, là. Vas-

y!" Tu sais, alors je trouve

vraiment que c'est ça, le fun,

dans ce qu'on fait. Il faut

faire rêver et dépasser

l'imaginaire.


ELISAPIE ISAAC

(Chanson traduite de l'inuktitut)

♪ Le sais-tu,

le comprends-tu ♪

♪ Que tu es bien aimée,

petite femme? ♪

♪ Pour toujours,

je veux que tu aies besoin de moi ♪

♪ Mais tu vas grandir déjà ♪

♪ Seras-tu prudente ♪

♪ Feras-tu de ton mieux

pour chérir la vie? ♪

♪ Quand tu t'égares,

vers les étoiles ♪

♪ Tourne toujours ton regard ♪

♪ Tu me suivras

pour un bout de temps ♪

♪ La vie c'est comme ça,

petite femme ♪

♪ Mais tu sais ♪

♪ Le monde est grand,

petite femme ♪

♪ Seras-tu prudente ♪

♪ Feras-tu de ton mieux

pour chérir la vie? ♪

♪ Quand tu t'égares,

vers les étoiles ♪

♪ Tourne toujours ton regard ♪


Générique de fermeture

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