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Les bleus de Ramville

A story focusing on the members of the local semi-professional hockey league team's fan club. Although presenting very different personalities and interests, the four most active members of the club all share one passion - hockey. Particularly the hockey played by their team, the Dufresne Radiators. Owned by Polo Dufresne, an influential but slightly shady businessman, the Radiators' team is one of the most important elements of Ramville's cultural and social life. Especially since the mill, ...

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Confiscation

The snack bar sales at the arena have dropped and Polo wants to confiscate bags from the audience to prevent them from bringing in their own food. Julie, Christian and Racette attend a class where they learn how to interview for a job.



Production year: 2010

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


On est au bureau du fan-club des Radiateurs à l’aréna. GORDIE tend des feuilles à JULIE et MAUREEN. CHRISTIAN est assis devant l'ordinateur.


GORDIE

Fait que, j'ai eu des chiffres

de Polo pour les trois

dernières parties locales.

Regardez ça, c'est quasiment

toutes des bonnes nouvelles.


JULIE

Haye, occupation des

sièges à 95, 92, 93%.

Fantastique, ça.


MAUREEN

Ben, dire qu'il y en a qui

disaient qu'après la fermeture

de l'usine, le monde

resterait chez eux.


JULIE

Ouan ben, tu sais,

c'est prouvé han?

Le monde vont se

priver de nourriture

avant de couper leur sport.

Ben moi, je l'ai

tout le temps dit :

Les Radiateurs là,

c'est un service essentiel.


GORDIE

Comme on dit : Du pain

et des jeux, c'est la base.


JULIE

Mais pourquoi t'as

dit quasiment rien

que des bonnes nouvelles?


GORDIE

Ouan, euh, page deux.

Si vous regardez

au bas de la page,

vous allez voir que les revenus

des concessions ont baissé

de moitié comparé à l'an passé.


MAUREEN

Mais, on le voit, han.

Le monde apporte leur

nourriture à l'aréna.


GORDIE

Ouan, Polo aime pas

ça, pas du tout.


JULIE

Ben, ça, on le sait.

Ben, il a voulu expulser

une madame des

estrades l'autre soir.


GORDIE

Comment ça?


JULIE

Ben, elle mangeait une

salade césar fait maison.


CHRISTIAN

Dans tous les

arénas d'Amérique,

on jette du monde dehors

parce qu'ils boivent trop

ou ben parce qu'ils sacrent.

Icitte, on les jette dehors

pour infraction saladière.


MAUREEN et JULIE ont un petit rire.


GORDIE

Bref, Polo a besoin

d'un petit service.


JULIE

Ben, quel genre de

petit service là?


GORDIE

Ben, il aimerait qu'on

lui trouve des solutions

pour que le monde recommence

à aller au casse-croûte.


CHRISTIAN parcourt un document en marmonnant.


JULIE

Coudonc, Christian Guérette là!

Ça vas-tu, toi?


MAUREEN

Envoye, dis-y.


CHRISTIAN

Non, non, dis-y, toi.


MAUREEN

Christian va

passer une entrevue

pour travailler chez O'Malley's.


JULIE

Pour vrai? !


GORDIE

Bravo, chum.


MAUREEN

Cool, hein?


GORDIE

Bon, on peux-tu revenir à

nos solutions concessionnaires?


MAUREEN et JULIE sortent de l'aréna, le Domicile de Radiateurs Dufresne.


JULIE

Dis-moi que c'est pas vrai!


MAUREEN

Ben quoi?

Ah, il était pu endurable

ces derniers temps!

Là, tu l'as vu : il flotte!


JULIE

Mais c'est tellement une

mauvaise idée, Mau là.

Tu peux pas savoir.


MAUREEN

Il avait besoin d'argent

pis moi d'un bus boy.

On est faits pour

vivre ensemble.


JULIE

Ça marchera jamais.


MAUREEN

Ben, je demande pas à Christian

d'être chirurgien esthétique là.

Je lui demande de

ramasser de la vaisselle.


JULIE

Les problèmes viendront

pas de la vaisselle Mau.


MAUREEN

Ben, de qui?


JULIE regarde MAREEN de manière insistante.


MAUREEN

Ben, de moi?

Ah, come on, Ju, je suis la

fille la plus facile en ville.


JULIE

Bon, si j'étais toi là, je

m'arrangerais pour dire ces

affaires-là moins fort.


MAUREEN

Ah, Christian pis

moi on se voit tous

les jours au fan-club.


JULIE

Oui pis ça roule toujours

sur des roues

carrées, votre affaire.

Imagine quand tu

vas être sa boss.


MAUREEN

Il était mal pris,

je lui rends service.

C'est tout.


JULIE

Ben Christian là, c'est pas

un gars à qui on rend service.

Quand tu veux rendre

service à Christian,

il faut pas que ça paraisse.

Pis là, ça paraît trop.


On se retrouve dans la salle de classe de MARC-ANDRÉ dans une simulation d'entrevue de groupe.


MARC-ANDRÉ

Julie, Julie, dis-moi,

dis-moi, dis-moi, dis-moi.

Dis-moi, dis-moi qu'est-ce que

tu te vois faire

chez nous dans cinq ans?


JULIE

Dans cinq ans?

Euh, ben, je sais pas,

peut-être avoir un emploi

avec plus de responsabilités?


MARC-ANDRÉ

Pardon?


JULIE

Ben, peut-être un emploi

avec plus de responsabilités?


MARC-ANDRÉ

Jamais, jamais ce mot

en entrevue, les amis.

Jamais.


JULIE

Ben quoi?

C'est pas un bon mot,

ça, responsabilité?


MARC_ANDRÉ

Non, t'as dit :

“Peut-être” un emploi avec

plus de responsabilités.

Les amis, vous allez tout

de suite, tout de suite,

tout de suite barrer le mot

peut-être de votre vocabulaire.

Très certainement, oui.

Assurément, oui.

Sans aucun doute, good.

Peut-être? Jamais.

Ok?


MIKE est debout au fond de la salle. Il parle au téléphone.


MIKE

Moi aussi, je

t'aime, mon ti-loup.


MARC-ANDRÉ

Ça va, Mike?!

T'es sûr qu'elle t'aime?

Oui, t'es sûr on

peut continuer là?

Oui? Ok.


MIKE fait signe de continuer.


MARC-ANDRÉ

(Riant)

Ok, bon.

Bon, les amis, voilà ce qui va

se passer à la

fin de l'entrevue.

Julie.


JULIE

Euh oui?


MARC-ANDRÉ

Julie, avez-vous des

questions pour nous?


JULIE

Ben peut-être...


MARC-ANDRÉ fait un clin d'oeil à JULIE.


JULIE

Non, non. Non, non.

Assurément, très certainement.

Faut que j'y pense.


MARC-ANDRÉ

Julie, Julie.

Ok, bon, à part Julie,

est-ce qu'il y en a d'autres

qui ont des

entrevues de prévues?


Certains élèves lèvent la main.


MARC-ANDRÉ

Très bien. Vous allez sortir

un stylo, tout de suite.

Vous allez faire une liste

de questions que vous allez

prendre avec vous à l'entrevue.


Les élèves, immobiles, fixent MARC-ANDRÉ


MARC-ANDRÉ

Les amis, lets go!

Sortez vos stylos!

N'oubliez jamais une

chose, les amis, ok :

une entrevue, ce n'est

pas une affaire à un sens.

Vous allez, vous aussi,

faire passer une entrevue

à ce monde-là. Ok?

Bon. Julie?


JULIE

Oui?


MARC-ANDRÉ

On peut continuer?


JULIE

Ok.


MARC-ANDRÉ

Pose-nous une question.


JULIE

Euh, avez-vous un stylo?


Les élèves rient.


MARC-ANDRÉ

(Tendant un stylo à JULIE)

Voilà.


On se retrouve dans la loge du fan-club avec MAUREEN et CHRISTIAN assis à une table au fan-club. MIKE est derrière le bar.


[MAUREEN:]Bon, on va travailler

la première impression.


CHRISTIAN

(Confus)

Hein?

Quelle première impression?


MAUREEN

Celle qu'on a juste

une chance de faire.


MIKE

Savais-tu que 70% des

boss prennent une décision

sur un gars dans les

deux premières minutes?


MAUREEN

Han? Envoye, debout,

on va pratiquer.


CHRISTIAN

Attends, attends.

Avant, j'ai une

question pour toi.


MAUREEN

Go.


CHRISTIAN

Les serveuses

d'O'Malley's donnent 25%

de leur tip au bus boy.

Comment ça se fait que

tu donnes juste 10%, toi?


MAUREEN

Ben, comment ça

tu sais ça, toi?


CHRISTIAN

Un gars s'informe.

Envoye, réponds. Il te reste

une minute quinze pour faire

une bonne première impression.


MAUREEN

C'est simple : je fais

trois fois plus de tips

que n'importe quelle autre

serveuse d'O'Malley's. À 10%, les bus

boy font encore plus

avec moi qu'avec les autres.

So...


MIKE sert des plats sur la table et s'assoit avec MAUREEN et CHRISTIAN.


MIKE

Qu'est-ce que

tu veux, c'est de même.

Quand tu vois une fille

comme elle dans la rue,

t'as juste envie

d'y donner un tip.

Han? !


MAUREEN

T'es donc ben

fin, mon gros loup.


MIKE embrasse le front de MAUREEN.


MIKE

Mange ton bon manger là.


MAUREEN

Mmmm.


On se retrouve dans le bureau de POLO. JULIE et GORDIE discutent avec POLO.


GORDIE

Écoute ben ça, Polo.

C'est notre meilleure, on

l'avait gardée pour la fin.

Ok là?

Tu vas au casse-croûte,

t'achètes un hot dog,

tu reçois un coupon.


JULIE tend un coupon à GORDIE.


POLO

“Échangeable contre

un hot dog gratuit. ”

Autrement dit, du deux pour un.


GORDIE

Attends, attends,

attends, attends.

Ton coupon échangeable là,

c'est bon pour la prochaine

game seulement.


POLO

C'est ça que je dis.

C'est du deux pour un.


GORDIE

Pas fini.

Le gars là qui retourne chez

eux avec son coupon, là, han,

quand vient le temps

à la prochaine game,

le gars il se dit, haye,

tabarouette, moi, moi,

m'a aller voir la game d'à

soir, j'ai un hot dog gratis.


POLO

Ouan, mais ça là.


GORDIE

Non, non, écoute.

Laisse moi finir

ma logique, ok.

Je la pousse jusqu'au fond là.


POLO

Ok.


GORDIE

Ok là?


POLO

Mhmm.


GORDIE

Le gars arrive à l'aréna,

il est au casse-croûte,

il échange son

billet pour un hot dog.

Il fait quoi, tu penses?

M'as te le dire.

Il achète une

frite pis une bière!


POLO

Gord, ça fait combien de

temps que je suis en business?


GORDIE

Je le sais pas, quarante ans?


POLO

Quarante-trois ans

le mois prochain.

Pis en quarante-trois ans

dans le monde de la business,

je n'ai jamais,

comprends-moi bien là,

je n'ai jamais

donné mon produit.


JULIE

Ah ben, Monsieur Dufresne,

on, on parle pas de donner...


POLO

De-de-de, laisse-moi

finir, sweets.


POLO

Quand tu baisses le prix de ton

produit, t'envoies un message.

Quel message?

M'a vous dire quel

message qu'on envois.

On envoie le message là,

que tu crois pas au produit

que tu vends, simonac!


GORDIE

Ben là, on n'est pas pour

revirer de bord le monde

qui entre dans l'aréna

avec un sac dans le dos.


POLO

Non, non, mais...


POLO prend un moment de réflexion et esquisse un sourire satisfait.


On se retrouve chez JULIE qui fouille dans sa garde-robe de chambre.


LA MÈRE DE JULIE

Tu portes toutes ces

affaires-là pour vrai ou

tu trouves juste que ça

fait des belles couleurs

dans ton garde-robe?


JULIE

Ah, je le sais pas

quoi mettre, m'an!

Je le sais pas quoi

ça ressemble moi,

une femme qui répond au

téléphone chez un notaire.


LA MÈRE DE JULIE

Bien, ça ressemble à distingué.

Distingué, mais sobre.

Classique.


JUILE sort de sa garde-robe un chandail du Canadien de Montréal.


JULIE

Ah ben, tiens.

C'est ce que j'ai

de plus classique.


Découragée, LA MÈRE DE JULIE se retourne en soupirant.


JULIE

M'an!

Pas ce soupir là, ok?

S'il te plaît.


LA MÈRE DE JULIE

Quel soupir?


JULIE

Mais celui que tu

faisais toujours à p'pa.

C'est au-dessus de mes

forces, ce soupir-là.


LA MÈRE DE JULIE

Tu fais ce que tu veux, Julie.

Si tu veux aller là habillée

comme Boum Boum Geoffrion,

c'est ton choix.

Je veux juste te

rappeler que je connais

le notaire Durocher

depuis vingt ans, moi.

C'est quasiment un ami.

Je risque gros en

t'envoyant là, moi.

Déjà que, ben...


JULIE

Déjà que quoi?


LA MÈRE DE JULIE

Déjà que, si t'avais perdu

un peu de poids comme t'étais

supposée, tu pourrais te

concentrer sur ton entrevue

plutôt que d'avoir à te

battre contre un préjugé.


JULIE

Des préjugés?

Mais de quoi tu parles, là?


LA MÈRE DE JULIE

Ah, laisse faire.

Bon, on va aller magasiner.


JULIE

Non.

M'an, j'ai pas 200 piastres à

mettre sur du linge de madame

que je risque de plus

jamais porter, moi là.


LA MÈRE DE JULIE

Dis-moi, qu'est-ce qui va

t'arriver si tu te trouves

pas de job d'ici un mois?

Penses-tu que tu vas

pouvoir continuer à te payer

un appartement pour empiler

tes souvenirs de hockey?

Pauvre petite fille!


JULIE

Arrête de soupirer!


On se retrouve dans la loge du fan-club.


MAUREEN

Haye, quelle sorte

de CV que c'est ça?


CHRISTIAN

C'est un CV nouveau genre là.

C'est le gars de la Mills qui

nous a dit de faire ça de même.


MAUREEN

Ben, il y a pas de dates,

pis c'est écrit nulle part

que t'étais en charge

du courrier à la Mills.


CHRISTIAN

C'est parce que

c'est pas important.

C'est un CV qui focuse

sur les compétences.

C'est de même qu'on

fait ça astheure.

Bienvenue au vingt et

unième siècle, beauté.


MAUREEN

(Lisant le CV)

« Compétences transversales:

capacité à identifier

des objectifs, planifier

une série de tâches liées

aux objectifs, procéder à

une évaluation qualitative

et quantitative des résultats. »


CHRISTIAN

Pas pire, hein?

Toutes des verbes d'action.


MAUREEN

Ben, c'est comme tellement

évident que t'as copié

mot pour mot d'un modèle.

Pis c'est quoi, ça?

« Passe-temps :

regarder des films. »

C'est vendeur pas à peu

près, ça mon Christian.

Check donc ça, il regarde

ben des films ce gars-là.

Vite. Appelons-le avant qu'il se

trouve une job ailleurs.


CHRISTIAN

Donne-moi ça.

J'y donnerai pas,

le CV, c'est toute.


MAUREEN

(Découragée)

Ben!


CHRISTIAN

J'irai peut-être même

pas à l'entrevue,

fait que... tu peux

arrêter de m'écoeurer.


On se retrouve dans le bureau de JULIE qui emballe ses effets personnels.


MARC-ANDRÉ

(Pointant MCNEIL sur un calendrier de joueurs des Radiateurs)

On l'a pas vu souvent

aux cours, lui.


JULIE

(Riant)

Salut.


MARC-ANDRÉ

Ça va?


JULIE

Oui.


MARC-ANDRÉ

Dave McNeil, je m'imagine, il

avait pas besoin de formation.


JULIE

Ah ben, c'est pas pareil.

Lui, il s'est trouvé une

autre job tout de suite.


MARC-ANDRÉ

Ah.

Bon, je pars demain matin,

donc je suis venu te souhaiter

bonne chance pour la job et te

dire que si tu la veux vraiment

cette job-là, elle est à toi.

Oui mais, mes chances

sont quand même pas pire.

Le monsieur qui

va m'interviewer,

c'est le notaire de ma mère.

C'est elle qui m'a ploguée.


MARC-ANDRÉ

Ah, écoute Julie.

Arrête-moi ça tout de suite.

Ok? S'il t'offre cette job là,

c'est parce que tu vas l'avoir

méritée en faisant une

entrevue impeccable,

sans dire un seul peut-être.


JULIE

Oui. Travailler comme

adjointe d'un notaire.

Disons que quand

t'as douze ans,

c'est pas ça que tu

rêves de faire, han.


MARC-ANDRÉ

Oui, pis après?

Hmm? Ça fait rien, ça.

Tu sais, une job,

c'est une job, han.


JULIE

Ben, dans ton cours,

t'as pas arrêté de nous dire

qu'il fallait réfléchir

à ce qu'on voulait vraiment

faire dans la vie.

À aller au bout de nos rêves.


MARC-ANDRÉ

Oui, on dit ça, on dit ci.

Dans le feu de l'action,

on dit ben des affaires,

mais qu'il faut quand

même gagner sa croûte.

Écoute, c'est

comme dans les sports.

Avant d'arriver

aux grandes ligues,

il faut passer un peu de

temps dans les mineures.

Ça t'empêche pas de viser

la coupe Stanley un jour.

Bon, merci pour

ta participation.

T'as mis du piquant

dans mon séjour.

Au revoir.


JULIE

Tant mieux si t'es pas fâché.


MARC-ANDRÉ

Pourquoi, fâché?


JULIE

Pour le café.


MARC-ANDRÉ

Quel café?


JULIE

Ben, le café que je suis

pas allée prendre avec toi?


MARC-ANDRÉ

Ah oui! Ben voyons.

Tu sais, c'est pas la

première fois qu'une fille

dit non à un café, han.

La différence avec

toi, Julie, c'est que,

tu trouves un moyen de

garder de ton bord les gars

à qui tu dis non.


JULIE

Oui, je sais.

Les gars ont tendance à me

voir vite comme une amie.

C'est l'histoire de ma vie.


MARC-ANDRÉ

Ok, bye.


On se retrouve à l'aréna de Ramville avec GORDIE et PAULINE.


GORDIE

Qu'est-ce que c'est ça Pauline?


GORDIE indique des empreintes de pas peintes en rouge sur le plancher.


PAULINE

Ben regarde, si tu

suis les traces de pas,

ça t'amène jusqu'à

mon casse-croûte.

C'est sharp, hein?


POLO

C'était mon idée à moi, ça.


GORDIE

Écoute Polo, j'ai pensé à

ça, ça pas de bon sens qu'on

confisque les sacs du monde.


POLO

Quand tu vas à Rome, tu fais

comme les Romains, tabaslaque.

Le monde qui viennent

icitte, ils sont chez moi.

Chez moi, les sacs

restent à la porte.

Si ça fait pas leur affaire,

qu'ils restent chez eux.


GORDIE

Justement.

Qu'est-ce qui arrive

si les gens décident

de rester chez eux, Polo?

Han? De s'intéresser à autre chose,

comme les quilles, par exemple.

Tu sais, ça a déjà été ben

fort les quilles, ici.


POLO

Ça arrivera jamais

ça, tu le sais ben.

Le monde icitte là,

ils ont plus besoin

de hockey que de manger.

Bon.


GORDIE

Je suis 100% là-dessus

avec toi, 110%, même.

Mais tu connais assez le monde

de Ramville pour savoir que

s'ils se mettent dans la

tête de nous le faire payer,

ça sera pas long qu'on,

qu'on va jouer nos games

en avant de

Joe Bloe pis ses cousins.


POLO

On gage-tu?


GORDIE

J'ai une idée.

Ok? Écoute ben ça.

Plutôt que de leur dire

qu'on confisque leur sac,

on va leur présenter ça comme

un service de vestiaire.

Han? On les dégage de leur sac

là, han, de leur manteau.

Tout ça, gratis.

Ton affiche,

« consigne obligatoire »,

ça fait ben trop négatif.

Mets-en une qui dit

« vestiaire gratuit », mettons.

Han?

Le monde va voir ça positif.

Tu ne leur enlèves pas

quelque chose, tu leur donnes.

C'est tout dans les

perceptions, comprends-tu?


POLO

Consigne, vestiaire,

c'est la même affaire, ça.

C'est ça que je

voulais dire anyway.


GORDIE

Pauline, as-tu vu comme y a

moyen de lui faire changer

d'idée vite, lui?


PAULINE

J'ai ben vu ça.


GORDIE

Le truc avec Polo, c'est

de lui laisser croire que

c'est lui qui, qui a eu l'idée.


PAULINE

T'as ben raison.

As-tu faim?


GORDIE

Ah, une p'tite frite.


PAULINE

Oui. Ça s'en vient. *


On se retrouve avec MAUREEN et CHRISTIAN qui quittent l’aréna.


MAUREEN

Avant que j'oublie, super

important : Diane, la boss, là...


CHRISTIAN

Oui, je sais,

elle pogne pas les jokes

pis elle est ceinture noire.


MAUREEN

Pas juste ça.

Arrange-toi pour pas te

plaindre devant elle, ok.

Elle, les plaignards,

elle endure pas ça.

Fait que...


CHRISTIAN

Je me plaindrai

ben si je veux, ok?

C'est un pays libre, non?

Même que, je pense qu'en

me présentant à elle,

je vais tout de suite lui

donner une liste de griefs.


MAUREEN

Tu sais euh, je suis pas

obligée de faire toute ça

pour toi, Christian Guérette!

Ben, t'es dans la marde, moi

j'essaie de t'aider pis regarde

comment tu me remercies.


CHRISTIAN

M'aider? Attends donc une

minute, mère Térésa.

Vous autres aussi,

vous êtes dans la marde.

Ça fait trois bus boy que vous

essayez depuis deux semaines

pis il y en a pas un

qui a fait l'affaire.

Essaye pas de faire passer pour

de la générosité ce qui est

rien qu'un échange de services.


Une PASSANTE s'arrête près du duo.


LA PASSANTE

Jeune homme, on parle pas

aux jolies femmes comme ça.


LA PASSANTE repart aussitôt.


CHRISTIAN

Si vous avez envie

de lui donner un tip,

gênez-vous pas, hein?


MAUREEN

Haye! Ok, ok,

calme toi, veux-tu.

Ah! On a l'air d'un couple, là.

J'aime mieux garder ces

chicanes-là pour mon chum.

Si tu veux une job là,

t'es mieux de faire un effort

pour cette entrevue-là, tsé.

Penses pas que tu vas avoir

ça tout cuit dans le bec.


CHRISTIAN

Moi, tout cuit dans le bec?


MAUREEN

Oui.


CHRISTIAN

Avec la face que j'ai, tu

penses-tu que ça m'est arrivé

une fois dans ma vie d'avoir

tout cuit dans le bec?

Moi là, tout ce que

j'ai là, je suis obligé

de me battre pour l'avoir.

Même les jobs de bus boy.

T'es comme toutes

les belles filles.

Te battre pour une faveur,

pour un chum, pour une job,

tu sais pas ce que c'est.

Parce que toi là, la job là,

on te la donne dans les deux

premières minutes

de l'entrevue,

comme les gros tips

qui vont toute à toi

parce que t'es la plus belle.


MAUREEN

Haye, quand même. T'exagères.

C'est, c'est pas vrai que

je suis la plus belle.


CHRISTIAN

Oui, c'est vrai.


MAUREEN

(Timide)

Ben. Euh. Merci. Envoye! Lets go.


On se retrouve dans le bureau du NOTAIRE DUROCHER avec JULIE.


JULIE

Bonjour.


LE NOTAIRE DUROCHER

Bonjour Julie.


JULIE

(Serrant la main du NOTAIRE)

Merci beaucoup de m'accueillir

pour cette entrevue.


LE NOTAIRE DUROCHER

Monette m'a dit que t'étais

à la Mills, c'est ça?


JULIE

Oui, c'est ça, mais, euh

bon, comme vous savez,

l'entreprise a voulu

consolider ses bureaux,

donc ils ont fait le

choix difficile de...


LE NOTAIRE DUROCHER

Oui-oui, je connais l'histoire.

Quand serais-tu

prête à commencer?

Lundi.


LE NOTAIRE DUROCHER se fait insistant.

Lundi, ça irait?


JULIE affiche un air étonné.


On se retrouve chez O'Malley's avec la patronne DIANE, MAUREEN et CHRISTIAN.


DIANE

Y en a qui veulent pas que les

bus boys parlent à leur client.

Moi, j'ai pour mon dire

là, que si t'es poli,

pis si t'es diplomate

avec un client,

il va revenir dans

ton établissement, là.


DIANE s'allume une cigarette. CHRISTIAN affiche un air confus.


DIANE

Qu'est-ce que tu veux?

C'est rendu plus criminel là

de mettre un cendrier dans ton

restaurant que de pas recycler

tes vieilles bouteilles d'eau.

T'as-tu de l'entregent?


Le téléphone sonne et DIANE répond.


DIANE

Ouin... Qu'est-ce que tu veux?

Ben, c'est parce que je

suis ben ben ben occupée, là.


CHRISTIAN

C'est quand même pas pire :

elle répond à son téléphone

pour dire qu'est ben occupée.


MAUREEN

(Chuchotant)

Haye.


DIANE pose sa main sur le téléphone, puis s'adresse à CHRISTIAN.


DIANE

T'as-tu de l'entregent?


CHRISTIAN

Je parle à tout le monde.

C'est sûr qu'il y a

toujours du monde que la face

te revient pas là, mais euh...


DIANE poursuit sa conversation téléphonique.


DIANE

Tu y diras qui aille

sur le bonhomme!

S'il pense que je vais

payer pour l'autobus là...

(S'adressant à CHRISTIAN)

Qu'est-ce que tu disais?


CHRISTIAN

Je disais que

j'ai de l'entregent.


DIANE

Pas pour t'offenser, cher

là, mais ça paraît pas.

(Poursuivant au téléphone)

Ben, qu'il vous emmène en

char s'il est trop cheap!

Je sors pas une maudite cenne!

C'est ça.


DIANE raccroche le téléphone.


DIANE

Ok, qu'est-ce que tu disais là?


CHRISTIAN

J'ai comme perdu le fil.


DIANE

Ben, écoute.

C'est pas compliqué,

ce que je cherche,

c'est trois affaires, han.

Un gars fiable, un gars que

t'as pas toujours besoin de

pousser dans le cul, pis un

gars que t'as pas toujours

besoin d'y dire quoi faire.


MAUREEN

Ben, Christian est ben

débrouillard, tu sais.

Dans le fan-club,

là, il s'occupe...


DIANE

Haye euh, s'cuse,

ma grande là, mais c'est

à lui de me convaincre de ça.


Un client s'étouffe et CHRISTIAN accourt vers lui pour faire la manoeuvre de Heimlich.


On se retrouve dans le bureau du NOTAIRE DUROCHER.


JULIE

(Visiblement nerveuse)

Moi, ce que je recherche, c'est

un environnement stimulant,

euh, mais supportant aussi.

Ben, ça paraît peut

être pas comme ça là,

mais sans doute

pas, mais umm,

j'ai un grand

manque de confiance.

Ben, quelque chose qui

remonte à ma jeunesse, là.

Euh, mais bon, je vais pas

vous embêter avec ça, han?

Dans le fond, ce que

j'essaye de dire, là,

c'est que le renforcement

positif est extrêmement

important pour moi.

Euh, j'ai une dernière

question pour vous :

C'est quoi votre

style de gestion?


LE NOTAIRE DUROCHER

Ça marchera pas.


JULIE

Pardon?


LE NOTAIRE DUROCHER

Non, non. Toi, ici.

Ça marchera pas.

L-l-le fit sera pas bon.

Ni pour nous, ni pour toi.

Désolé.

Dit un beau bonjour à ta mère.


JULIE sert la main du NOTAIRE DUROCHER, puis elle part.


DIANE, MAUREEN et CHRISTIAN sont assis à une table chez O'Malley's.


DIANE

T'avais-tu déjà

fait ça avant, toi?


CHRISTIAN

Non, mais j'ai suivi un cours

de premiers soins à la Mills.

J'ai été obligé de le faire.


DIANE

Obligé?


CHRISTIAN

Oui... Obligé de quasiment de me

mettre à genoux pour qu'ils

me le donnent ce cours-là.

Je trouvais ça juste

trop important là.


DIANE

On va faire changer ta

description de tâche

pour faire entrer donneur

de premiers soins dedans.

Han?


CHRISTIAN

Va falloir changer

la paye aussi.


DIANE

Haye, il en manque

pas une, ton ami, han?


MAUREEN

(Riant)

Non, non.


CHRISTIAN

Je me demandais, comme ça,

pour les pourboires, là :

y as-tu un minimum

que les serveuses doivent

donner à leur bus boy?


On se retrouve avec JULIE qui rejoint sa mère dans sa voiture.


JULIE

Ben là m'an, qu'est-ce que

t'as fait du sac qui était là?


LA MÈRE DE JULIE

Ah, je l'ai rentré

dans la maison.


JULIE

Mon gilet des

Radiateurs était dedans.

Là, je vais être obligée

d'aller dans l'aréna

attriquée de même.

Anyway, j'ai plus le temps

là, je suis super en retard.

La game commence

dans une demi-heure.


LA MÈRE DE JULIE

Pis? Tu me dis rien?


JULIE

Ben quoi ça? L'entrevue.

Ouin ben, ça bien été.


LA MÈRE DE JULIE

Et? Ton impression?


JULIE

Ben, on verra.


LA MÈRE DE JULIE

T'es-tu servie des notions que

t'as reçues pendant tes cours

de préparation aux entrevues?


JULIE

Ben, pas mal, oui.


LA MÈRE DE JULIE

Oh, tu vas voir, tu

vas être bien, là.


JULIE

C'est pas fait, han.


LA MÈRE DE JULIE

Ben, tu sais, Madeleine, la

femme qui était là avant toi?

Elle a fait toute

sa carrière là.

Vingt-trois ans.

Aujourd'hui, elle a une

belle retraite devant elle.

Non, non, je te le dis, han.

Une fois rentrée là,

t'auras plus envie de bouger.


JULIE affiche un air découragé.


LA MÈRE DE JULIE

Ceinture.


On se retrouve à l'aréna pendant la partie de hockey. Dans la loge du fan-club, MAUREEN et JULIE regardent la partie et CHRISTIAN va pour s’en aller.


JULIE

Ben, où est-ce que

tu t'en vas, toi?

La game est pas finie.


CHRISTIAN

Je décrisse.

Je travaille demain matin, moi.

Finalement, t'es ben chanceuse

de pas avoir eu la job.

Non seulement t'auras pas à

porter ton habit de pingouin

là, mais tu vas pouvoir

faire la grasse matinée.

Moi, faut que je sois

là à six heures, man.


JULIE

Six heures?


CHRISTIAN

C'est pas tout le monde

qui a la chance de commencer

à l'heure des boss.


MAUREEN

Hey, quand ça va faire trois

ans que tu travailles là,

tu choisiras tes heures.


JULIE

Ben, c'aurait été le fun que tu

sois là pour aider à redonner

les sacs au monde.


CHRISTIAN

Moi? Participer

à ça? Pff, jamais.

Non, mais sais-tu ce qui

aurait vraiment été le fun?

Que Gordie tienne son

boutte devant Dufresne.


CHRISTIAN part. JULIE lance un regard à MAUREEN.


MAUREEN

Ah, je le sais, je le sais.

Tu vas me dire je

te l'avais dit.

Tu vas être dans la marde

avec lui chez O'Malley's.


JULIE

J'ai rien dit, moi.


MAUREEN

Il y a des affaires

qui sont trop compliquées

pour ma petite tête.


JULIE

Ah oui? Qu'est-ce qui est trop

compliqué pour ta petite tête?


MAUREEN

Je veux être fine, je veux

lui donner un coup de main,

pis ça se revire contre moi.

Pourquoi est-ce que c'est

si dur d'aider le monde?


JULIE

Des fois là, la meilleure

façon d'aider quelqu'un,

c'est de rien faire pantoute.


Au vestiaire de l'aréna, les clients reprennent leurs effets personnels.


GORDIE

Voilà. Merci

pour votre patience.


JULIE

Haye, il est où est Dufresne?

Il pourrait au moins aider.


GORDIE

Il est en réunion

d'urgence dans son bureau.


Dans la file de client, on voit MARC-ANDRÉ. Il arrive devant JULIE.


MARC-ANDRÉ

Hey Julie.


JULIE

Ah, salut!


MARC-ANDRÉ

Ça va? Ah, tu connais Martine?


JULIE regarde un moment MARTINE, mais on sent le malaise.


MARC-ANDRÉ

Pis? Ton entrevue?


JULIE

Ah, ça bien été.


MARC-ANDRÉ

Ah, ben tant mieux si mon

aide a pu faire la différence.


JULIE

Ah ben pour ça, ça a

fait toute la différence.


GORDIE sort du vestiaire et se dirige vers un homme.


GORDIE

Monsieur le Maire.


LE MAIRE DESJARDINS

Tout va bien.

On s'est expliqué, lui

et moi, et maintenant,

tout va très bien.


LE MAIRE DESJARDINS indique POLO qui passe rapidement et se rend au vestiaire pour retirer l'écriteau.


GORDIE

Merci d'être passé.


LE MAIRE DESJARDINS

Je lui ai juste

rappelé que son aréna,

c'était en fait mon aréna.

Et moi, d'ordinaire, j'aime

bien recevoir mes invités,

j'aime pas confisquer

leurs affaires.


Les gens applaudissent le retrait de l'écriteau. POLO fait profil bas.


GORDIE

Il a l'air de bien prendre ça.


LE MAIRE DESJARDINS

Ah oui, il a été

très raisonnable.

Surtout après que je

lui ai rappelé que,

on va être en négociations

le mois prochain pour le

renouvellement de son bail.


GORDIE

Ah.


LE MAIRE DESJARDINS

Ça l'a, comment je dirais

ça, ramené sur terre.

Ah, tandis que j'y pense.


LE MAIRE DESJARDINS tend son coupon de vestiaire à GORDIE en riant.


GORDIE

Ah, tout de suite,

Monsieur le maire.


JULIE et MAUREEN se retrouvent plus tard le soir dans le stationnement de l’aréna.


JULIE

Haye Mau, tu penses-tu que le

monde vont nous bouder après

cette histoire-là?


MAUREEN

Ben non, tu vas voir, demain,

ils vont tout avoir oublié.

Tout va être

pareil comme avant.


JULIE

Demain là, j'aurai

toujours pas de job.

Mais dis pas ça.

La nuit porte conseil.

Ton notaire va peut-être

changer d'idée.


JULIE

Tu sais, Maureen,

dans la vie là,

on peut pas être sûrs

de grand-chose, han.

Mais moi, je sais une

chose : qu'il y a quelque part

à Ramville, ce soir, un

notaire qui change pas d'idée.


MAUREEN

Ju? Tu penses-tu qu'il t'a pas

donné la job parce que...

Je veux dire, à cause de...


JULIE

De mes trente

livres en trop?


MAUREEN

Oui.

Comprends-moi bien, tu sais

comment je te trouve cute

pis tout, mais, ben tu sais

comment sont les hommes.


JULIE

Je pense pas que

c'était ça, non.


MAUREEN

Ju, dis-moi vraiment

la vérité, ok?

Tu penses-tu que je

pogne avec les gars,

que le monde me donne des

jobs, que j'ai les pourboires

que j'ai, juste à cause de...


JULIE

Tes compétences?


JULIE prend un moment de silence.


JULIE

Tu poses des questions

bien trop compliquées

pour ma petite tête.


JULIE et MAUREEN se séparent, chacune avançant vers leur véhicule.


Générique de fermeture














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