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Les bleus de Ramville

A story focusing on the members of the local semi-professional hockey league team's fan club. Although presenting very different personalities and interests, the four most active members of the club all share one passion - hockey. Particularly the hockey played by their team, the Dufresne Radiators. Owned by Polo Dufresne, an influential but slightly shady businessman, the Radiators' team is one of the most important elements of Ramville's cultural and social life. Especially since the mill, ...

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The Choker

Having won against the Drillers, the Radiators are now matched against the Mustangs in the playoffs. They lost the first match and unless Gordie can convince Alex to come back to the game, they`re a lost cause.



Production year: 2010

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


GORDIE et JULIE sont dans un studio de radio. JULIE anime une émission en direct, et GORDIE répond à ses questions.


JULIE

Et nous sommes toujours

en compagnie de

Gordie Turcotte,

le coach des Radiateurs.

Gordie, tu nous

parlais, tout à l'heure,

de l'importance

du jeu d'équipe.

Est-ce que tu penses que ça été

un des facteurs déterminants

dans votre victoire

contre les Drillers?


GORDIE

Ça été plus qu'un facteur,

ça été le facteur qui nous

a permis de gagner la

série contre eux autres

pis de se retrouver

en finale aujourd'hui.

Tu sais Julie, quand une équipe

perd son gardien numéro un,

comme nous autres, il faut que

les autres joueurs se lèvent

pis compensent pour la perte.

Pis ça, ça se fait en équipe.


JULIE

Mais, parlant de notre

gardien, est-ce qu'on

a des nouvelles d'Alex Blondin?

Est-ce qu'il va être en mesure

de revenir pour le deuxième

match contre les Mustangs?


GORDIE

Ça, il y a rien

de certain encore.

Les blessures au genou

c'est, c'est délicat.


JULIE

En tout cas, nous autres,

on a hâte de le revoir, han,

parce que...


GORDIE

Parce qu'on s'est

fait laver à notre premier

match contre les Mustangs.


JULIE

(Mal à l'aise)

Ouan, ben ...


GORDIE

Non, non. C'est correct.

On peut le dire ouvertement.

Les Mustangs ont

été plus forts,

mais c'est juste une

partie, pis il faut pas

se laisser décourager.

Comme on disait tout à

l'heure, c'est notre jeu

d'équipe qui va

faire la différence.


MIKE est attablé au O'Malley's, prenant un repas. CHRISTIAN le rejoint. Ils discutent.


MIKE

Je le savais-tu

moi qu'il était pour se

tourner de bord, moi? Non.

So, je l'ai frappé dans le

dos pis il a revolé la tête

la première dans la bande.

Que c'est que tu

veux que je te dise?

Ça arrive.

C'est pour ça qu'on

porte des casques.


CHRISTIAN

(Fixant l'assiette vide de MIKE)

As-tu fini avec ça?


MIKE

Oui.

Ben, essaye de faire

comprendre ça à l'arbitre, toi.


CHRISTIAN

(Morose)

Hmmm.


MIKE

En tout cas, j'imagine que je

suis chanceux de m'en être tiré

avec juste un dix minutes.

Pour moi là, il a fait

exprès pour se virer de bord,

maudit chien sale.


CHRISTIAN quitte la table sans dire un mot. MAUREEN vient rejoindre MIKE.


MIKE

Coudonc.

Que c'est qu'il a lui, à matin?


MAUREEN

Ah, je le sais pas.

J'ai l'impression qu'il a

eu des mauvaises nouvelles.

Il m'a quasiment rien dit

depuis que je suis arrivée.


MIKE

En passant, j'ai eu un

email de mon chum à Ottawa,

tu sais celui qui travaille

dans le chauffage là.

Ça se pourrait qu'il y

ait une job pour moi.


MAUREEN

Voyons Mike, c'est pas

le temps de penser à ça.

On est en pleine séries, là.


MIKE

Les séries tant que tu

voudras, mon p'tit loup,

mais la vie continue, tu sais.

Il faut faire le

lavage, les repas,

pis il faut que je pense

à me trouver une job.

Le chômage, c'est

pas éternel, ça.


MAUREEN

Quand même.

Ça va vous prendre tout

votre p'tit change pour passer

à travers les Mustangs.

T'es mieux de

rester concentré.


MIKE

Je le suis concentré.

Énerve toi pas avec ça.


MAUREEN

Je m'énerve pas!

Je te dis juste qu'il faut

que tu sois à ton affaire, bon.


MIKE

Coudonc, c'est-tu parce que

j'ai parlé d'aller travailler

À Ottawa que tu

t'en fais de même, là?


MAUREEN

Ça n'a rien à voir.

C'est juste pas le temps

de parler de d'autres choses

que des séries, bon.

Ben, c'est important,

pour tout le monde.

Haye, la ville compte

sur vous autres, tu sais.


MIKE

Ok, ok, ok!

J'ai compris.

Mais là là, j'ai mal à la face,

pis j'ai une grosse pratique

aujourd'hui, ça fait

que ça te dérangerais-tu

de slacker

juste un p'tit peu?

J'ai assez de

pression comme c'est là.


MAUREEN

Ben si t'es pour être de même

tu feras ben ce que tu voudras.


MIKE

C'est ça.


MAUREEN quitte la table, fâchée.


De retour en studio. JULIE conclut son émission.


JULIE

Et c'est comme

ça que se termine

notre émission d'aujourd'hui.

Gordie Turcotte :

merci d'avoir été là.

On te souhaite bonne chance,

À toi et aux Radiateurs.


GORDIE

Merci Julie.


JULIE

Ici Julie Lachance

qui vous dit,

n'oubliez pas de

soutenir votre équipe

et portez votre

chandail des Radiateurs.

À la prochaine.


L'émission est terminée. JULIE et GORDIE restent dans le studio, pour discuter.


JULIE

Haye, Gord?

C'est quoi la vraie

histoire sur Blondin?


GORDIE

Ouan.

Garde ça pour toi

là, mais je pense

qu'il est sorti pour la série.


JULIE

Han?!

Ben, je pensais pas que sa

blessure était si grave que ça.


GORDIE

Des goalers, c'est une

drôle de race, tu sais.


JULIE

Mais, sans lui, on gagnera

jamais contre les Mustangs.


GORDIE

C'est sûr que ça va

être tough là, mais...


JULIE

Mais quoi?

Je veux dire, on a été

chanceux contre les Drillers.

S'ils avaient pas perdu deux

de leurs meilleurs joueurs,

pis si leur gardien avait

pas décidé d'être poche

À ce moment-là là, ben notre

saison serait déjà finie.


GORDIE

Bon.

T'as raison là, mais ça

prend quatre victoires

pour gagner la coupe.

Pis les Mustangs

en ont juste une.

Ça fait que, c'est pas

fini tant que c'est pas fini.


JULIE

Ouan.

En tout cas, j'ai le

tape de la dernière game.

Tu me le diras quand

t'en auras besoin.


GORDIE

Justement, je voulais regarder

ça plus tard cet après-midi.

Tu l'amèneras au fan-club, ok?


JULIE

Ok.

Merci, Gord.


CHRISTIAN et JULIE partagent un café au O'Malley's.


JULIE

Tu dois avoir de la peine?


CHRISTIAN

Ben, c'est pas comme si c'était

mon vrai père qui était mort.


JULIE

Ben, les Paquette.

T'as quand même passé

beaucoup de temps là, han.

Tu dois les aimer un peu?


CHRISTIAN

Oui, oui.


JULIE

Est-ce qu'il va être exposé?


CHRISTIAN

I guess.


MAUREEN s'interpose dans la discussion, en tendant un dessert à CHRISTIAN.


MAUREEN

Tiens, ça va te

remonter le moral.


CHRISTIAN

Arrêtez là.

C'est pas moi qui est mort, là.

(S'adressant à MAUREEN)

Tu me chargeras pas

pour ça là, han?


JULIE

Est-ce que tu vas

aller au salon?


CHRISTIAN

Pourquoi?


MAUREEN

Comment ça, pourquoi?

Parce que c'est

l'affaire à faire.


JULIE

T'as pas envie de

revoir Madame Paquette,

pis d'autre monde

que tu connais?


CHRISTIAN

Qu'est-ce que ça va donner?

Il y a personne

qui se rappelle de moi.


JULIE

Ben voyons donc.


MAUREEN

Ben, dis pas des

affaires de même, là.

Pourquoi est-ce qu'ils te

rappelleraient pas de toi?


CHRISTIAN

Ben, j'étais pas tout seul,

pis j'étais pas

quelqu'un de spécial.


JULIE

Ben voyons, Christian.

T'as dû l'être un peu

quand même si ils ont décidé

de t'accueillir pis

de te garder, han.


CHRISTIAN

Anyway, je peux

pas aller là, là.

Je travaille, pis c'est

en dehors de la ville.

Pis, je suis qui, moi, pour

aller déranger ce monde-là?


MAUREEN

Tu les dérangeras pas.

Je suis sûr qu'ils vont

être content de te voir.


JULIE

T'as le droit, comme

tout le monde, d'être là.

Ça fait que ...


MAUREEN

Vas-y, je vais

couvrir pour toi, moi.

C'est ben slow là, je

vais pouvoir me débrouiller.

Vas-y.


GORDIE est dans son bureau, au garage. JACK vient le rejoindre.


GORDIE

Jack, salut.

Je commençais à penser

que tu viendrais pas.


JACK

J'ai dit que j'étais

pour venir, non?


GORDIE

Ah, oui.

Café?


JACK

Écoute, on va pas tourner

autour du pot, Gordie.

J'imagine que tu veux

me parler de la volée

que vous avez

mangée l'autre soir?


GORDIE

Ouais.

Écoute, Jack, je le sais

que t'as probablement toutes

les raisons au monde

de pas vouloir me parler...


JACK

Écoute, on va mettre quelque

chose au clair tout de suite.

On va faire à semblant

que ça m'a pas fait chier

de me faire mettre à la porte.

Vous avez fait une

décision de hockey,

pis je suis obligé

de respecter ça.


GORDIE

Ça fait que ... toi, ça va?


JACK

J'ai arrêté de boire.

En tout cas, j'essaye.

J'ai été faire

un tour chez AA, là.


GORDIE

Tu fais bien.

Haye, si jamais t'as besoin

quoi que ce soit là, hmm.


JACK

Merci.

Mais là, j'ai

l'impression que c'est toi

qui as plus

besoin d'aide que moi.


GORDIE

As-tu le temps

de parler hockey?


De retour au O'Malley's. JULIE et MAUREEN discutent.


JULIE

Haye, pauvre pit.

C'est vrai qu'il est

malcommode des fois,

mais on le serait nous

autres aussi si on avait vécu

tout ce qu'il a vécu.


MAUREEN

Ouan, t'as raison.

Haye Ju, qu'est-ce que

tu dirais si on se faisait

une p'tite soirée

de filles à soir?


JULIE

À soir?


MAUREEN

Oui.


JULIE

Qu'est-ce que t'avais en tête?


MAUREEN

Ben je le sais pas.

On pourrait peut-être

se louer un film.

Je pourrais coucher

chez vous, pis on pourrait

se faire les ongles.


JULIE

Coucher chez nous?

Ok.

Pis Mike?


MAUREEN

Ben, Mike là, c'est

pour lui que je fais ça.

Il faut qu'il reste

concentré sur les séries, hmm.

Que c'est que tu veux?

C'est important pour

toute la ville pis ...


JULIE

Es-tu sûre que c'est

juste à cause des séries?


MAUREEN

Ben oui, voyons.

Que c'est d'autre

que ça serait?


JULIE

Je le sais pas.


MAUREEN

Ben, c'est vrai

qu'il me tombe un peu

sur les nerfs ces temps-ci, là.

Ah.

Ça doit être le stress.


JULIE

Est-ce que ça va

bien entre vous deux?


MAUREEN

Ben, fais en pas une

grosse histoire, ok?

Si ça te tente pas de faire

une soirée de filles à soir,

t'as juste à dire

non, c'est tout.


JULIE

Ben non, c'est correct.

Moi, je vais aller

acheter le popcorn, pis toi,

choisis le film.


De retour au garage. GORDIE et JACK discutent.


GORDIE

Pis là, il y a McNeil

qui veut faire son show.

Ben, il veut tout faire

tout seul sur la glace.


JACK

Tu connais McNeil comme moi.

S'il pense que vous

pouvez pas gagner,

c'est chaque

homme pour lui-même.

Il va jouer juste pour

impressionner les scouts.

Il y en a combien de ce temps-là?


GORDIE

Quelques-uns, comme d'habitude.

Sauf, j'en ai vu deux ou

trois de la ligue américaine.


JACK

Il rêve en couleur.

Il est encore bon, mais

il est rendu trop vieux.

Les gars de la ligue américaine

n'iront jamais le chercher.

Ben écoute, il y a pas

mille et une solutions.

Il faut que Blondin revienne.

Sans ça, kiss it goodbye.


GORDIE

Je le sais, Jack.


JACK

C'est le bottom line.


GORDIE

Mais là son genou.


JACK

Non, lui c'est dans la tête.

Il a peur de choker.

Il se cache en

arrière de sa blessure.

C'est évident.


GORDIE

Qu'est-ce que tu fais avec ça?


JACK

C'est dur de diriger

des hommes, Gordie,

mais c'est ça la

job d'un coach.

Il faut que t'arrives

à motiver tes gars.

Des fois tu leur donnes des

bonbons, d'autres fois, ben,

des coups de pied dans le cul.

(En se levant)

Écoute, si jamais

il y a d'autres choses

que je peux faire pour toi ...


GORDIE

Euh, justement, Jack.

Il y a quelque chose

que j'aurais peut-être

pas le temps de

faire aujourd'hui.

Ça t'intéresse?


JACK

Ok.


CHRISTIAN est assis dans un autobus voyageur, portant veston et cravate. Il regarde par la fenêtre, avec un air songeur.


GORDIE est chez lui, terminant de dîner. Il s'apprête à repartir, quand NADINE entre dans la cuisine.


NADINE

Ah Gordon, t'es à la maison?


GORDIE

Ouan.

Je suis juste venu

manger une petite bouchée,

mais il faut que j'y aille.

Il faut vraiment que

je règle quelque chose

avant la pratique.


NADINE

Ben, j'ai ramassé ta

chemise chez le nettoyeur

pour que tu puisses la

porter pour la prochaine game.


GORDIE

Quelle chemise?


NADINE

(Levant la chemise dans les airs)

Ta chemise chanceuse!

Celle que t'as portée quand

on a gagné contre les Drillers.


GORDIE

Ah.


NADINE

Il faut mettre toutes

les chances de notre bord.


GORDIE

Ouan ben, Dine, quand

même, c'est une chemise.


NADINE

Haye, je le sais là que tu y

crois pas à ces affaires là,

mais à chaque fois que tu portes

cette chemise là, on gagne.

Ça fait que ...


GORDIE

Ok.


NADINE

Imagine si on gagnait?

Les dépisteurs des

ligues américaines seraient

pas mal impressionnés.

Ça serait un vrai miracle,

pis ça serait à cause de toi.


GORDIE

Écoute Dine, je vais tout

faire pour qu'on gagne ok,

mais les dépisteurs sont

venus ici pour voir les joueurs,

pas pour venir me voir.


NADINE

C'est là que tu trompes,

Gordon Turcotte.

Un coach qui est capable

de faire gagner son équipe

sans son meilleur gardien

là, ça, ça vaut de l'or.


GORDIE

Peut-être, mais ...


NADINE

Penses-y Gordon, coach

dans la ligue américaine.

Après ça, tout est possible.


GORDIE

Il faut que j'y aille.


JULIE est dans la salle du fan-club, devant un ordinateur. JACK vient la rejoindre.


JACK

Bonjour Gisèle.


JULIE

C'est Julie.

Umm, Monsieur Murray,

Gordie m'a dit que vous étiez

pour passer, ça fait

que tout est arrangé.


JACK

Ok.

Où c'est que tu t'en vas?


JULIE

Ah ben, j'étais pour vous

laisser à vos affaires, là.


JACK

Je sais pas comment ça

marche moi, ces patentes-là.


JULIE

Ah mais, c'est pas compliqué.


JACK

Non, non, non, non, non.

Tu restes icitte. C'est toi

qui va faire rouler le tape.


JULIE

Ah...

Ok, d'abord.


CHRISTIAN arrive dans un salon funéraire bondé. Une photo de lui plus jeune, épinglée sur un tableau, capte son attention. Sur la photo, il est entouré de monsieur et MADAME PAQUETTE.


MIKE et MAUREEN discutent dans le lobby de l'aréna.


MIKE

Ben quoi?

On est-tu en chicane là?


MAUREEN

Non.

Ben non, voyons.

Je veux juste passer la

soirée avec ma chum, c'est tout.


MIKE

Ça fait qu'on

n'est pas en chicane.


MAUREEN

Non.


MIKE

Parce que si c'est

À propos d'Ottawa là,

t'as pas à t'en faire avec ça.

Ça veut pas dire qu'on

sera plus ensemble.

On va trouver une

manière d'arranger ça.


MAUREEN

Ça n'a rien à voir.

Je veux juste passer une soirée

avec ma chum, c'est tout, bon.

Pis toi, ben, ça va te donner

la chance d'être tout seul là,

pis de te

concentrer sur ta game.


MIKE

Ah, t'es ben fine.

T'as encore le pouvoir

de me déconcentrer, han.


MAUREEN

Laisse faire ça, là.

C'est pas le temps.


MIKE

T'es sûre qu'on

est pas en chicane?


MAUREEN

Non.


MIKE

Parce que moi, d'où je

viens, ça commence pas mal

À ressembler à une

chicane, notre affaire.


MAUREEN

Ben non, voyons.

Quand on va être en

chicane, inquiète-toi pas,

tu vas le savoir.


À travers la foule, CHRISTIAN reconnaît MADAME PAQUETTE, la veuve du défunt. Il se dirige vers elle.


CHRISTIAN

Bonjour Madame Paquette.

Vous rappelez-vous de moi?


CHRISTIAN lui tend la main, mais MADAME PAQUETTE ne bouge pas, ne le reconnaissant pas.


MADAME PAQUETTE

Euh ... t'es-tu le-le,

le-le p'tit Berthiaume, toi?


CHRISTIAN

Non.

C'est, c'est Guérette mon nom.

Christian Guérette.


MADAME PAQUETTE

Ah, Guérette?


MADAME THIBAULT s'approche de CHRISTIAN, le reconnaissant.


MADAME THIBAULT

Allô mon Christian.


MADAME PAQUETTE

C'est, c'est toi qui

livrais le journal à maison.


MADAME THIBAULT

(S'adressant à MADAME PAQUETTE)

Non, non Rita.

C'est pas le

livreur de journaux.

C'est le p'tit Christian.

Ben, celui qui vous achalait

toujours pour rester debout

pour regarder la fin du

hockey à la télé le samedi soir.

Hmm?


MADAME PAQUETTE

Ah oui?


MADAME PAQUETTE ne le reconnaissant toujours pas, CHRISTIAN devient mal à l'aise.


De retour au fan-club. JULIE, face à l'ordinateur, et JACK, plus en retrait, discutent de hockey.


JULIE

Ben, je vous le dit,

Monsieur Murray,

il faut quelqu'un

dans l'enclave.


JACK

C'est pas ça le

problème, Ginette.


JULIE

C'est Julie.


JACK

C'est que leur repli

défensif est trop bon.


JULIE

Oui mais, ils sont

tous dans le coin.

Il n'y a pas personne

devant le filet!


JACK

C'est pas en mettant

Champagne au centre

que tu vas régler le problème.


JULIE

Il est fort, il est solide.

Il a juste à se

planter devant le filet.

Il faut nuire au gardien,

il me semble que

tout le monde sait ça.


JACK

Haye, t'essayes-tu de

me dire que je connais

pas mon hockey, toi?


JULIE

Euh, non, non.

C'est pas ça que

je voulais dire, là.

Mais, c'est juste que

c'est évident qu'on comptera

jamais si on met

personne devant le filet.


JACK

Toi la p'tite, je t'ai demandé

de rester pour faire runner

le computer, pas pour

essayer de me montrer

que tu connais un p'tit

quelque chose au hockey.


JULIE

Un p'tit quelque chose?

Ben, vous saurez,

Monsieur Murray,

que je suis le hockey

depuis assez longtemps

pour savoir de

quoi je parle, ok?


JACK

Ouan?

Ben si t'es si smatte que

ça, que c'est que tu ferais

pour améliorer le power play?

On est zéro en six.


JULIE

Ben, ça là, c'est

pas compliqué.

Je vais vous montrer

quelque chose, ok?

Regardez bien.


De retour au salon funéraire. CHRISTIAN discute avec MADAME THIBAULT.


CHRISTIAN

Excusez-moi Madame Thibault,

je vous avais pas reconnue.


MADAME THIBAULT

C'est pas grave, voyons.

Ça doit faire quoi,

quinze ans qu'on s'est pas vus?


CHRISTIAN

Ouan, j'imagine.


MADAME THIBAULT

T'es ben fin d'être venu.

Ah, pauvre Rita.

Si c'était pas

de sa maladie ...


CHRISTIAN

Elle m'a pas reconnu pantoute.


MADAME THIBAULT

Elle reconnaît plus

personne, mais je peux te dire

qu'elle s'est souvenue

de toi ben longtemps.

Elle t'aimait

beaucoup, tu sais.


CHRISTIAN

Ah oui?


MADAME THIBAULT

Ah, oui. Tu la faisais rire.

Toujours dehors à jouer

au hockey dans la rue,

le manteau grand ouvert,

pis il y avait jamais moyen

de te faire coucher de

bonne heure le samedi.


CHRISTIAN

Ah, le hockey.


MADAME THIBAULT

Monsieur Paquette

et son hockey.

Il y a personne qui est

passé dans cette maison-là

sans attraper sa

maladie du hockey.


GORDIE rend visite à ALEX, chez lui. ALEX lui sert un verre d'eau.


ALEX

T'es sûr que tu veux

pas un café, à la place?


GORDIE

Non, merci. C'est beau.


ALEX

Haye, on en a mangé

une maudite, mon vieux.

Je sais pas ce

que j'aurais donné

pour avoir été dans le net.


GORDIE

Je le sais pas.

Qu'est-ce que t'aurais donné?


ALEX

Ben, c'est une

façon de parler là.


GORDIE

Ben non, je suis sérieux, là.

Qu'est-ce que tu donnerais

pour pouvoir revenir au jeu?


ALEX

Qu'est-ce que

t'essayes de me dire, là?

Je te suis pas.


GORDIE

Ce que j'essayes de te

dire c'est que peu importe

ce que tu penses

là, tu te trompes.

T'as déjà gagné Alex,

tu t'en rends pas compte.


ALEX

Ok, là je suis encore

plus perdu que tantôt.


GORDIE

C'est pas compliqué, pourtant.

Quand j'ai été te chercher

là, pour que tu viennes jouer

avec nous autres, t'étais

assis sur les bancs d'école.

Tu t'imaginais que tu

rejouerais plus jamais

au hockey de ta vie.

Là, regarde où

est-ce que t'es rendu.

T'as battu plein de

records de la ligue.

T'as amené ton

équipe aux playoffs.

C'est ça que je veux dire quand

je dis que t'as déjà gagné.


ALEX

Ouan mais là, je suis blessé.


GORDIE

Ouan.

Es-tu sûr que t'es trop

amoché pour revenir?

C'est pas plutôt autre

chose qui t'empêcherait?


ALEX

T'es en train de me

dire que je choke là?

Ben regarde, on n'est

pas à Toronto, icitte, là.

Je suis blessé, crisse.

J'ai mal au genou.


GORDIE

Penses-y une minute, là.

On est en finale.

Tout la ville parle

rien que de ça.

Les scouts de la ligue

américaine se retrouvent

dans les estrades.

Haye, tu pourrais scorer

gros si tu faisais gagner

la coupe à ton équipe.


ALEX

Haye, ça va faire là, ok.

Pourquoi je me

mêlerais de ça, moi?

Tu penses-tu que je

suis fou, ou ben quoi là?


GORDIE

Non. T'es pas fou,

t'as juste peur.


ALEX

Peur, moi?!


GORDIE

T'as peur du succès.

Ça toujours été ton problème.

T'as la chance

de changer ça là.

C'est ton choix.


ALEX

Ok, moi j'en ai assez

de tes histoires là.

Ça là, ça c'est

de la boulechite!


GORDIE

Bon, je vais y aller d'abord.

(S'apprêtant à quitter)

Mais, oh, une petite

dernière affaire par exemple.


ALEX

Mhmm.


GORDIE

Si t'as peur de te faire

ramasser par une équipe

de la ligue américaine parce que

t'es trop bon, oublie ça.

Ils te prendront jamais.

Ils savent que tu chokes

à tout bout de champ.


ALEX

Mhmm.


GORDIE

Ouan.

Merci pour le verre d'eau.


GORDIE quitte, laissant ALEX seul.


ALEX

Tabarnac.


Dans l'autobus sur le chemin du retour, CHRISTIAN sort de sa poche la photo qui était épinglée sur le tableau,au salon funéraire. Il la regarde attentivement, avant de la remettre dans sa poche.


JACK entre dans le bureau de POLO, rejoignant GORDIE, qui est déjà assis.


POLO

Jack, content de te voir.


JACK

Polo.


POLO

Gordie m'a dit que t'es

assez smatte pour vouloir

lui donner un coup de main.

Merci, t'es ben blood.

Un scotch?


JACK

Non, non. Merci, j'ai arrêté.


POLO

Ah.

Excuse-moi d'abord.


JACK

Non, c'est beau.

As-tu parlé à Blondin?


GORDIE

Oui, pis j'ai l'impression

que ça a pas donné grand-chose.


JACK

Lui as-tu donné un coup

de pied au cul ou tu lui

as donné des bonbons?


GORDIE

Les deux.


JACK

C'est pas d'un coach qu'il a de

besoin, c'est d'un psychiatre.


POLO

Maudits goalers.

Qu'est-ce que je t'ai dit

quand t'es allé le chercher?

Son problème, c'est

entre les deux oreilles.


GORDIE

Pis?

As-tu regardé les tapes?


JACK

Oui.

J'ai peut-être quelque

chose pour le power play.


GORDIE

Shoot.


JACK

Tu plantes le gros

Racette devant le filet,

pis tu laisses

McNeil à la pointe.


POLO

Racette?


GORDIE

Pas fou, ça.


POLO

Ouan.

Haye, ça pourrait

peut-être marcher.

Merci Jack.


JACK

C'est pas moi qui

faut que tu remercies,

c'est la p'tite Julie.

I hate to say it but,

elle connaît son hockey.


CHRISTIAN est de retour au bar. Il montre la photo à MAUREEN et JULIE.


MAUREEN

T'étais cute quand

t'étais p'tit, toi.

Check.


JULIE

Ben, tu nous a pas dit

que tu jouais au hockey.


MAUREEN

Ouan.


CHRISTIAN

Je jouais dans la rue.

Les Paquette ont jamais

eu assez d'argent pour nous

acheter des patins, ça fait

que, on jouait en bottines.


JULIE

Ben, tu vois?

T'as bien fait d'y aller.


CHRISTIAN

Ben oui, c'est sûr.

Mais c'était downer pas mal.

Je m'attendais pas à voir

Madame Paquette de même,

pis tout le monde

avait la face longue.


JULIE

C'est un salon

funéraire, Christian.

Tu t'attendais à quoi?


MAUREEN

Un DJ, pis une piste de danse?


CHRISTIAN

Non, non là, mais,

je le sais pas, moi.


JULIE

Christian, pourquoi tu

fais juste pas le dire

que ça t'a fait de la peine?


MAUREEN

Ben, c'est normal, là.

On comprend ça.


CHRISTIAN

Ok, ok, là.

Ça m'a fait de la peine.

Mais toute ça là, c'est

de l'histoire ancienne pis,

ça sert plus à rien.


CHRISTIAN remet la photo dans sa poche, en versant quelques larmes.


Passant la soirée ensemble, MAUREEN et JULIE discutent, les deux étant étendues sur un lit.


JULIE

Haye, je le sais que j'ai

parlé contre lui souvent là,

mais il y a une

affaire par exemple :

Murray là, il

connaît son hockey.

Ça se peut qui remette

Mike sur le power play.


MAUREEN

Mike?

J'imagine que ça

va lui faire plaisir.


JULIE

Ben, c'est une

grosse affaire, ça.

Il peut aider l'équipe

en maudit en faisant ça.


MAUREEN

Ben, j'imagine, oui.


JULIE

Haye, qu'est-ce que t'as, toi?

Hmm?

Tu devrais être contente.

Toi là, il y a quelque

chose que tu me dis pas.

Ça ne va pas entre toi pis lui?


MAUREEN

Ben, c'est juste que

c'est pas drôle là.

On va se faire laver

par les Mustangs,

la Mills qui rouvrira pas.

Il va être obligé de se

trouver une job ailleurs.


JULIE

Un instant, là.

On n'a pas encore perdu.

Comme dit Gordie là,

ça prend quatre parties

pour gagner la coupe, hmm.

Pis là, c'est

juste un à zéro

pour les Mustangs,

ça fait que...

Pis pour la Mills, Mau,

il va s'en

trouver une autre job.

Ça va s'arranger.


MAUREEN

Ouan.

Il va peut-être s'en

trouver une, mais où?


JULIE

Qu'est-ce que tu veux dire?


MAUREEN

Ben, en parlant l'autre

jour, il m'a dit qu'il serait

peut-être obligé de se

trouver une job ailleurs.

Pis à matin, ben, il m'a

dit qu'un de ses chums

à Ottawa avait peut-être

une job pour lui.


JULIE

À Ottawa?

Il vas-tu falloir

qu'il déménage?

Vas-tu le suivre?


MAUREEN

Ben, je le sais pas.

Il m'a pas demandé.

On en n'a pas parlé.


JULIE

Qu'est-ce que ça te fait?


MAUREEN

Ben, ça me fait

de quoi, je pense.

Je le sais pas, tu sais.

Quand il m'a dit ça ...

ben, je suis pas habituée, moi.

D'habitude, c'est moi

qui va domper le gars,

pas le contraire.


JULIE

Il t'a pas dit qu'il

était pour te domper, Mau.

Il a dit qu'il

était peut-être obligé

d'aller travailler ailleurs.

Ce n'est pas la même chose.


MAUREEN

Si tu penses que je vais partir

de Ramville ou que je vais

continuer à aimer un

gars qui est à cent mille

de chez nous là,

ben, tu te trompes.


JULIE

Ouan. Je comprends.


GORDIE et POLO discutent, en marchant dans les gradins vides de l'aréna.


GORDIE

Je m'en veux un

peu pour Blondin.

J'aurais peut-être pas

dû le pousser aussi fort.


POLO

En tout cas, je suis content

que t'aies rappelé Murray.

Peu importe ce qui est arrivé,

c'est une bonne tête de hockey.


GORDIE

Ouan.

Je pense qu'il est bien

content de pouvoir nous aider.

Tu sais ce qu'on dit, han :

tu peux sortir le gars des

Radiateurs, mais tu

pourras jamais sortir

les Radiateurs du gars.


POLO

Anyway, on va perdre.

On est aussi bien

de se préparer.


GORDIE

Ouais, il faut juste

s'arranger pour essayer

de perdre honorablement.


POLO

Haye!

Perdre, c'est perdre.

De la marde avec l'honneur.


GORDIE

Le seul espoir qui nous reste

c'est que je porte ma chemise

chanceuse à toutes les games.


POLO

De quoi tu parles?


GORDIE

Ça, c'est Nadine.

Elle s'imagine que les

scouts de la ligue américaine

vont me remarquer, pis

qu'on va déménager à Montréal

ou à Buffalo, ou Boston,

ou quelque chose, là.


POLO

Haye, j'ai des p'tites

nouvelles pour toi.

Les scouts

remarquent jamais un coach

qui perd honorablement ou pas.


Alors que GORDIE et POLO se rapprochent du vestiaire, ALEX fait irruption dans l'aréna.


ALEX

Coach!

Monsieur Dufresne.

Avez-vous encore

besoin d'un goaler?


GORDIE

On s'en va au playoffs, Polo.


CHRISTIAN et MATTHIEU jouent au hockey dans la cour. Pendant que MATTHIEU fonce vers lui, CHRISTIAN décrit le jeu, comme à la télé.


CHRISTIAN

Et c'est le grand centre

des Radiateurs Mathieu Caron

qui fait un breakaway!

Et il arrive près du gardien.

Oh, il fait une feinte

et c'est le but!


MATTHIEU

Et les Radiateurs ont gagné!

C'est nous les champions!


CHRISTIAN

Ahhh!


MATTHIEU

Yeah!


Générique de fin

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