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Parent un jour, parent toujours

Tips and tricks that help us reflect on what it takes to raise children, while shedding light on the experience of today's parents. Two likeable families meet for a weekend to join in all sorts of activities that will allow them to share insights on a specific theme linked to raising small children. A specialist joins the group to further the conversation on the subject and to suggest other solutions to daily challenges.

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Eyes, Ears, Mouth and Genitals

They play doctor with their friends, wander around naked in front of visitors: even if our dears are far from puberty, sexuality is a big part of their lives. As parents, it`s hard to deal with it properly.


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VIDEO TRANSCRIPT

Intertitre :
Album de familles


NARRATEUR

Voici la famille

Côté-Cantin : maman Geneviève,

papa Guillaume et leur fillette.


Dans un salon, GUILLAUME présente sa fille.


GUILLAUME

Notre petite fille s'appelle

Maya-Kim, elle a quatre ans.

C'est une petite fille très

enjouée, très sociale. C'est une

petite fille qui aime beaucoup

les princesses, qui aime

beaucoup la coiffure, la mode.


NARRATEUR

Voici la famille

Ouellet-Lavoie : maman

Caroline, papa Pierre-Marc

et leurs deux enfants.


Dans une chambre, PIERRE-MARC présente ses enfants.


PIERRE-MARC

On a un petit miracle ici,

Marie-Kim, 9 mois. Puis j'avais

aussi déjà réussi un autre

premier miracle avec James,

3 ans. Es-tu d'accord avec ça?


NARRATEUR

Ces parents qui ne

se connaissent pas ont accepté

de passer une fin de semaine

complète ensemble pour échanger

sur un sujet délicat : la

sexualité des jeunes enfants.

Même si nos petits chéris sont

bien loin de la puberté, la

sexualité fait tout de même

partie intégrante de leur vie.

Et comme parent, ce n'est pas

toujours facile de faire la part

des choses entre un comportement

sexuel sain et un autre pour

lequel on devrait intervenir.


Titre :
Parent un jour, parent toujours J'ai deux yeux, deux bras, deux fesses...


Dans une chambre, MAYA-KIM présente des accessoires de maquillage.


MAYA-KIM

Ça c'est du mascara,

puis ça c'est du Lypsyl.


GUILLAUME, père de MAYA-KIM, témoigne.


GUILLAUME

C'est une petite fille qui

prend ses modèles beaucoup

chez les filles plus âgées,

elle les accroche puis elle

veut les imiter.


GENEVIÈVE, mère de MAYA-KIM, témoigne.


GENEVIÈVE

Ma tante Patricia, à chaque

fois qu'elle la voit, elle

va lui étirer les cheveux, lui

friser, la maquiller. Ça c'est

leur petit bonheur à toutes les

deux. Mais moi je ne suis pas

très maquillage, je ne suis pas

très talons, donc c'est pas moi

qui lui a montré cet exemple-là.



Dans un salon, GENEVIÈVE LABELLE joue avec un enfant.


NARRATEUR

Geneviève Labelle

est maman et sexologue

de formation. Elle donne

des conférences aux parents

sur le développement sexuel

des jeunes enfants.


GENEVIÈVE LABELLE, sexologue, explique.


GENEVIÈVE LABELLE

Tant que ça demeure un jeu,

c'est amusant. Donc une petite

fille qui, la fin de semaine,

chez elle, se maquille, met

ses souliers à talons hauts,

met sa robe de princesse et

joue à la princesse, joue à

la grande, ça peut aller,

c'est un jeu. La petite fille

qui en a de besoin pour se

sentir belle pour aller à

l'école, là on a un problème.

Oui, il faut mettre des limites.

Quand on est un enfant, si

on apprend que pour entrer

en relation on doit mettre

des talons hauts, du gloss,

être sexy, bien là après

il nous reste plus beaucoup

d'autres choix plus tard

pour entrer en relation.


GENEVIÈVE

Mais tu sais on met

des stoppeurs, là. à l'école,

À la garderie, elle n'a pas le

droit. Puis elle s'est essayée,

puis on a eu des crises. Mais

j'ai dit : Non, non, là, tu

vas à l'école, à la garderie,

t'as pas besoin.


GENEVIÈVE LABELLE

Bien en fait, la sexualité, on

a souvent tendance justement à

penser à relation sexuelle ou à

comportement sexuel puisque ça

peut être fait en solo. Mais la

sexualité c'est le fait d'être

homme, le fait d'être femme et

tout ce qui va en découler :

les réactions physiques, les

interactions, le développement

de l'identité sexuelle,

la séduction, etc.


Dans une cuisine, CAROLINE est en compagnie de MARIE-KIM et JAMES qui joue. PIERRE-MARC arrive.


PIERRE-MARC

Caro?


CAROLINE

Salut! Hé! Papa est arrivé.


PIERRE-MARC

MARIE-KIM)

Coucou!


JAMES est assis sur une toilette.


CAROLINE

On l'a eu la petite

interrogation une fois parce que

moi quand je vais aux toilettes

des fois il vient, il m'a déjà

vue assise sur la toilette. Puis

en fait il cherchait mon pénis.

Il dit : « Maman! Il est où ton

pénis? Il est où ton pénis? »

Bien j'ai dit : « Maman en a

pas de pénis, maman elle a une

vulve puis toi t'as un pénis

parce que toi t'es un garçon,

maman c'est une fille.

Comme mamie, elle a une vulve

aussi parce que c'est une

fille. Papi, lui, il a un pénis

parce que c'est un garçon. »

Fait qu'on a fait comme la

différence à ce moment-là

en fait.


GENEVIÈVE LABELLE

Pour moi c'est très important

d'utiliser les vrais mots. Donc

une vulve, un pénis. Tu sais,

quelque chose de simple, mais

les vrais mots. Et de nommer ces

parties-là. Si on ne nomme pas

ces parties-là, comme plusieurs

parents vont faire souvent parce

qu'ils ne savent pas ou parce

qu'ils sont mal à l'aise. On

envoie un message à l'enfant...

C'est comme si en fait on envoie

deux messages à l'enfant,

premièrement que cette partie-là

n'existe pas, cette partie-là

de son corps n'existe pas. Donc

j'ai des mains, j'ai des bras,

j'ai un vendre, à la limite j'ai

des fesses, j'ai des jambes,

mais ici il ne se passe plus

rien, il n'existe rien. On

envoie aussi ou en même temps

le message que cette zone-là est

taboue, donc on ne doit pas en

parler. Donc déjà on envoie un

message négatif. C'est quelque

chose aussi qui est majeur au

niveau de la prévention des abus

sexuels. Un enfant de 2, 3, 4

ans, qui aurait malheureusement

subi des attouchements, s'il dit

à sa mère : « Mon oncle a fait

mal à mon ventre ou mon oncle

a touché mon ventre. », on

l'entend pas dans nos oreilles

de la même façon que : « Mon

oncle a touché mon pénis. »

Et la réponse qui va venir

ne sera pas même non plus.

Donc c'est majeur au niveau

du sens qu'on va donner à ça.


Sur un lit, GENEVIÈVE caresse le dos de MAYA-KIM.


GENEVIÈVE LABELLE

De toucher son enfant, c'est

la base de tout. Parce qu'on

apprend à avoir des bons

touchés, donc de nourrir son

système nerveux, de se sentir

bien, de faire la différence

entre ce qu'on aime, ce qu'on

aime pas. De se sentir rassuré,

bien ça va jouer sur ce qu'on va

rechercher comme type de touchés

plus tard, sur notre capacité

d'entrer en relation et de

toucher les autres aussi.


GENEVIÈVE

Au niveau de la fin de

semaine, je me laisse

aller puis j'embarque.


GUILLAUME

Un peu timide je dirais, là,

parce que c'est pas... C'est des

choses qu'on vit au quotidien je

pense, mais c'est pas des choses

qu'on parle au quotidien, là,

que ce soit à d'autres parents.

Mais sinon ce n'est pas un

sujet qu'on est habitué de

discuter ouvertement, mais

je pense que ça va bien aller.


PIERRE-MARC

Pauvres eux autres quand ils

vont nous rencontrer, écoute...

Non, mais non, je pense que ça

va être bien pour vrai. Parce

que de toute manière, je veux

dire, ils vivent probablement

les mêmes choses que nous.

Je pense que là-dessus,

il n'y a pas grand monde

qui s'en sorte.


CAROLINE

C'est sûr que c'est le fun

parce que nous, dans nos amis,

on a pas d'enfant tout proche.

Tu sais, on est les seuls qui

ont des enfants dans le fond,

fait que moi ce que je trouvais

intéressant c'est de rencontrer

l'autre famille qui a un enfant

aussi qui a à peu près le même

âge que les nôtres puis qui vit

bien des affaires semblables.


CAROLINE met JAMES au lit.


CAROLINE

Bonne nuit!


CAROLINE et PIERRE-MARC arrivent chez GUILLAUME et GENEVIÈVE. Ils se saluent et se présentent. Ils présentent leurs enfants.


PIERRE-MARC

Lui, c'est James.


CAROLINE

JAMES)

James, Maya-Kim

qu'elle s'appelle.


GENEVIÈVE

MAYA-KIM)

Tu lui dis-tu allo? T'es gênée.


NARRATEUR

La période 0 à

7 ans est charnière pour le

développement de l'identité

sexuelle. Beaucoup de parents se

considèrent peu ou mal outillés

à répondre aux besoins de leur

enfant à ce sujet. D'ailleurs,

moins de 15% des enfants

reçoivent une éducation sexuelle

significative à la maison.


GUILLAUME

Si je compare un petit peu

quand moi j'étais plus jeune,

je pense que toute l'éducation

sexuelle s'est faite à l'école.

J'ai pas le souvenir d'en

avoir parlé directement

avec mes parents.


PIERRE-MARC

Puis avec ma mère, elle était

quand même assez à l'aise.


GUILLAUME

O.K., chez nous c'est ça,

chez nous on en parlait pas

vraiment. Je pense que toute

cette partie-là de l'éducation

s'est faite à l'école.


NARRATEUR

Des études

démontrent qu'en Amérique

du Nord, c'est la mère qui se

classe au premier rang comme

source d'informations sur la

sexualité auprès des enfants.

Et que le père, lui, arrive

malheureusement bon dernier.


Assise à une table, GENEVIÈVE montre un dessin d'un garçon qui soulève la jupe d'une fillette à MAYA-KIM.


GENEVIÈVE

Pourquoi ce n'est pas

bon de toucher celui-là?


MAYA-KIM

Parce que c'est pas gentil.


NARRATEUR

Pourtant, si notre

enfant a la possibilité d'avoir

à la fois le point de vue

féminin et masculin, il a

plus de chances de percevoir

de manière heureuse et

entière la sexualité.


Dans le salon, JAMES et MAYA-KIM cherchent dans un coffre de déguisements.


CAROLINE

T'as des beaux

déguisements pour te déguiser.


GENEVIÈVE

Tiens, James,

une belle robe de princesse.


JAMES

C'est pour les filles.


CAROLINE

C'est

pour les filles.


JAMES

Oui.


CAROLINE

Pourquoi tu dis

que c'est pour les filles?


JAMES

Parce que je le sais pas.


PIERRE-MARC

Il dit que

c'est pour les filles.


GENEVIÈVE LABELLE

À 18 mois, l'enfant prend

connaissance de ses organes

génitaux et là il commence à

avoir une idée de son identité

sexuelle. À ce moment-là ça va

être très très lié justement aux

organes génitaux. Vers 2, 3 ans,

là c'est clair pour l'enfant

s'il est un garçon ou une fille.

Même s'ils savent s'ils sont un

garçon ou une fille, ils peuvent

encore penser que ça peut

changer. Ça c'est important,

des fois ça inquiète beaucoup

les parents, surtout les papas.

Mon garçon dit que plus tard

il va être une maman.


CAROLINE

On nommait des fois les gens,

genre : « Ah! Ça c'est une

madame sur la rue. Ça c'est un

monsieur. » Quand on est arrivés

ici, il disait : « Moi, je suis

une madame. » « Bien non,

t'es un monsieur. » Il dit :

« Non, non, il dit, je suis

une madame. » J'ai dit :

« Oui mais les messieurs ont

des pénis, toi t'as un pénis.

T'es un monsieur. » « Oh...

Je suis une madame pareil. »

Ça c'est réglé comme ça.


GENEVIÈVE LABELLE

C'est

normal, l'imaginaire est très

présent. On pourrait être un

chasseur de dragon plus tard,

alors pourquoi pas une maman.

Vers 3 à 5 ans, là, ça devient

très clair que ça ne changera

pas. Là : « Je suis un garçon.

Je suis une fille. »


MAYA-KIM s'est déguisée en princesse. JAMES s'est déguisé en pompier.


PIERRE-MARC

C'est assez stéréotypé,

effectivement. Juste tout

à l'heure quand il a pris

le diadème, il a dit :

« Ça c'est pour les filles. »

Puis il l'a tiré. J'imagine

qu'il sait ce qu'il veut.


JAMES

Un feu.


PIERRE-MARC

Oui,

il y a-tu un feu?


JAMES

Oui.


PIERRE-MARC

Où?


JAMES

Il est dans le salon.


PIERRE-MARC

Va voir feu.

Va voir le feu. Vas-y.

Puis bien c'est sûr que s'il

s'était habillé comme Maya-Kim,

heu... ça aurait été drôle.

Sincèrement ça aurait été plus

drôle. Je ne m'y attendais

pas parce que je m'attendais

quand même que ça, ça arrive.


GUILLAUME

Maya-Kim, elle n'a pas besoin

d'un coffre de déguisements pour

se déguiser comme ça. Souvent

elle va aller sélectionner

dans les garde-robes puis dans

les penderies des gens, même

en visite, là. Fait que c'est

le type d'accessoires qu'elle

va chercher ou récupérer

pour s'amuser naturellement

de toute manière.


NARRATEUR

Une étape qui

peut mettre bien des parents

mal à l'aise, est celle de

l'exhibitionnisme. Se baigner

nu ou enlever ses vêtements

semble bien amusant.

90% des jeunes enfants

traversent une telle période.


Les deux familles vont se baigner dans une piscine publique.


GENEVIÈVE

On a déjà eu la petite phase

tout nu nous autres aussi,

puis on lui a appris que

c'était personnel, que c'était

les membres de la famille.

Puis on lui a tellement répété

que je pense que des fois

c'est abusif. Tu sais, dans

les vestiaires de la piscine,

elle ne se changera pas s'il

y a d'autre monde. Elle veut

aller dans le petit vestiaire,

là, isolée, là. Donc mais en

même temps on veut garder ça

aussi parce qu'à un certain âge

il va falloir qu'elle le fasse.


GENEVIÈVE LABELLE

La plupart

des enfants vont passer par là.

Fait que déjà de savoir que

c'est normal, pour le parent

c'est rassurant. Surtout à

3 ans, la pudeur n'est pas

arrivée. O.K. Donc l'enfant ne

peut pas savoir si c'est grave

ou pas. Après, il y a plein de

raisons qui peuvent expliquer

ça. Il y a des enfants qui

ne supportent pas bien les

vêtements. Il y a des enfants

que bon, ils sont juste mieux

comme ça. Il y a des enfants qui

vont chercher l'attention aussi.


MAYA-KIM saute dans l'eau d'un plongeon.


GENEVIÈVE LABELLE

Souvent, comme bien d'autres

choses aussi, plus on va en

faire un cas, pire ça va

être aussi. Fait qu'on peut

simplement l'encadrer en disant:

« Bien là c'est le temps

d'aller t'habiller. » Ou de

faire des distinctions. Quand

on est juste la famille ça va,

mais quand il y a de la visite

je te demande de t'habiller.

C'est pas mal de commencer

à le faire autour de 3-4 ans

parce que ça nous donne

plusieurs années avant que

ce soit vraiment inacceptable.

Tu sais à 3 ans un enfant qui

arrive tout nu pendant un party

de famille, c'est comique,

7-8 ans ce n'est plus drôle.


NARRATEUR

Il n'est pas

rare non plus comme parent

de surprendre son enfant à

se caresser. Certains d'entre

nous s'en inquiètent. Doit-on

le laisser faire ou encore

intervenir? Et si oui, comment?


GENEVIÈVE

Quand elle a commencé à se

faire plaisir elle-même, puis

elle avait proche 3 ans, mais

elle avait comme 2 1/2 ans si je

me souviens bien. Je fais quoi?

Elle le fait, là. Elle ne peut

pas faire ça dans le salon de

même en avant des gens, là.


GUILLAUME

Tu restes toujours surpris, là.

Tu sais, en tant que parent,

bien surtout que c'est notre

seule enfant, fait que c'est

comme un peu la première fois.

Puis là, bon, je dois réagir

comment? Est-ce que je dois

l'arrêter? Je dois la stopper?

Est-ce qu'à 2 ans, 2 1/2 ans

c'est normal qu'elle fasse ça?


GENEVIÈVE

Ah! Puis t'as toujours

la crainte qu'elle ait vu ça

ailleurs aussi. Tu sais, on le

sait pas qu'est-ce qui se passe

toujours dans les garderies, ou

tu sais quand on les fait garder

ou... Est-ce que c'est normal?

Est-ce qu'elle a vu ça? Est-ce

qu'elle se l'ait fait faire?


GENEVIÈVE LABELLE

Ça arrive régulièrement, puis

moi j'essaie de moins en moins

en tout cas d'utiliser le mot

masturbation parce que là déjà

on amène une image avec plein

de significations adultes.

Moi, je dirais que c'est des

enfants qui se caressent.

Un bébé le fait parce que c'est

le fun, parce que ça fait du

bien. Encore une fois la pudeur

c'est quelque chose qu'ils ne

connaissent pas bien. Il faut

les guider là-dedans, leur

apprendre que c'est quelque

chose... oui, c'est le fun, et

qu'on ne fait pas ça en public,

qu'il y a un lieu pour le faire,

qu'il y a un moment pour

le faire. Si le parent est

à l'aise, il peut lui dire :

« Je te propose de faire ça

dans ta chambre ou dans un lieu

tranquille. » Encore une fois,

on va devoir répéter des

milliers de fois. On essaie

de ne pas tomber dans le :

C'est mal. C'est sale.

Qu'est-ce que tu fais là?

Fais pas ça. Un enfant qui

aurait ce comportement-là,

vraiment souvent, vraiment

vraiment souvent, où ça devient

inquiétant, où ça devient

envahissant, on pourrait se

poser la question : pourquoi

l'enfant a ce comportement-là?

Qu'est-ce qu'il y a en dessous?

Parce que c'est un mode

d'autorégularisation. Il y a des

adultes qui vont s'en servir

pour se calmer quand ils sont

stressés, pour s'endormir le

soir. Ça fait partie de tout

ça. Ça peut être à la limite

comme sucer son pouce pour

se rassurer. Donc pourquoi

mon enfant a besoin de

faire ça si souvent?


PIERRE-MARC donne un bain à JAMES.


PIERRE-MARC

Je suis attitré à la tâche

des bains, fait que je suis

l'opérateur des bains.

Non, je ne me lave pas avec

eux autres. Je ne pense

pas que c'est vraiment utile.

On lave ton dos.

C'est pas une question de

tabou, c'est juste que...

Non, je ne vois pas l'utilité.

Moi, quand j'étais jeune, je me

rappelle, c'est quand même assez

vague, je me rappelle dans le

fond que mon père a déjà pris

sa douche, puis je me rappelle

dans le fond de ses parties

génitales, puis je trouve

tellement que James a d'autres

choses à se souvenir de moi, là.


GENEVIÈVE LABELLE

Il y a des parents qui vont

être très à l'aise. Et si

c'est bien fait, ça peut être

très bien, ça peut même être

bénéfique pour des petits

enfants, pour des bébés, de

prendre leur bain avec papa,

collés, en peau à peau, etc.

Mais si l'enfant sent le malaise

de papa, c'est pas mieux non

plus. Ça va être de voir comment

on se sent aussi quand notre

enfant grandit. Parce qu'il y a

un moment donné où soit on va

voir dans le regard de notre

enfant qu'il y a quelque chose

qui a changé ou nous on ne sera

plus à l'aise de se montrer nu

devant nos enfants. Et c'est

ça qui est important. La ligne

directrice, je dirais qu'elle

est là, elle est au niveau

du ressenti.


CAROLINE change la couche de MARIE-KIM.


CAROLINE

James, c'est sûr que c'est

arrivé qu'en le changeant

de couche ou, tu sais, quand

il va aux toilettes et tout

ça qu'on voit que... oup!

Il est en érection finalement.


CAROLINE met JAMES au lit.


GENEVIÈVE LABELLE

On peut dire que oui, ça

commence in utero.

Il y a des

manifestations physiques aussi.

Les petites filles ont déjà des

lubrifications vaginales, les

petits garçons ont déjà des

érections dans le ventre de

la maman. Donc ça commence là.


CAROLINE met MARIE-KIM au lit.


NARRATEUR

Maintenant que les

enfants sont au lit, les parents

peuvent échanger autour d'un

bon repas. Geneviève Labelle

les a rejoint pour répondre

à leurs questions.


Autour d'une table, GUILLAUME, GENEVIÈVE, CAROLINE, PIERRE-MARC et GENEVIÈVE LABELLE mangent et discutent.


PIERRE-MARC

Il y a-tu un âge où est-ce

qu'effectivement ils vont

plus chercher à avoir un

petit amoureux à l'école ou...


GENEVIÈVE LABELLE

Dès le début du primaire il y a

des enfants qui vont ressentir

le sentiment amoureux, qui vont

vraiment être amoureux, qui vont

avoir de la peine si l'autre

déménage par exemple, qui

vont vivre quelque chose qui

ressemble à une peine d'amour.

Mais encore là, à cet âge-là,

c'est une histoire d'amour de

5 ans, donc il n'y a pas tout

l'aspect sexuel aussi. C'est une

belle occasion encore une fois

de parler de c'est quoi être

amoureux, de parler de comment

on choisit nos amoureux, de

parler des limites de qu'est-ce

qui se fait et qu'est-ce qui se

fait pas. Puis je trouve que ce

qui marche bien souvent avec les

enfants c'est de leur renvoyer

la question. « Ah! Oui, c'est

ton amoureux. Pourquoi c'est ton

amoureux? Qu'est-ce qu'il y a de

différent avec un ami? » Puis

là on les suit là-dedans, puis

on écoute, puis là on peut se

permettre de recadrer des fois

si on voit que là vraiment, tu

sais, ça marche pas, là, leur

conception. Des fois ça arrive.

Mais des fois ils vont nous

étonner aussi et puis là on va

pouvoir mieux juger de : est-ce

que je peux le laisser dans sa

bulle parce que c'est une belle

bulle? Ou est-ce qu'il faut

que je recadre parce qu'il y

a quelque chose qu'il n'a pas

compris? Fait que vous, est-ce

que vous êtes à l'aise de

démontrer votre affection

devant les enfants ou... le

faites-vous un peu, beaucoup?


CAROLINE

Je pense que oui,

là.


GUILLAUME

(En riant)

Je pense que oui.


GENEVIÈVE

C'est parce que c'est relatif,

c'est quoi beaucoup, c'est quoi

pas beaucoup, tout dépendant de

nous on est à l'aise de quoi.

C'est sûr qu'on s'embrasse en

avant de Maya-Kim, on fait des

câlins. On se fait des câlins de

famille aussi. Tu sais, des fois

on va se coller. « Ah! Moi aussi

je veux un colleux de famille. »

On ne fait pas par exprès

non plus pour se toucher en

avant d'elle, tu sais, il y

a quand même une certaine

limite dans l'affection, là.


GENEVIÈVE LABELLE

C'est bien de savoir que c'est

pas négatif pour les enfants

de voir les parents se coller.

Quand les parents ne sont

pas à l'aise, bien comme dans

n'importe quoi, si on le fait

puis qu'on n'est pas à l'aise,

bien là on envoie un double

message. Mais dans la mesure

où on est à l'aise puis qu'on

reste dans les règles... dans

les limites du bon goût, bien

les enfants, ils voient un beau

modèle justement, un modèle

de parents amoureux. Ils sont

capables de sentir qu'il y a

quelque chose qui se passe de

spécial entre les parents aussi.

Puis ça, ça fait partie de

leur apprentissage, puis c'est

quelque chose qui est sain.


NARRATEUR

Une inquiétude que

nous partageons comme parent,

est la crainte des abus sexuels.

Comment pouvons-nous éduquer nos

enfants afin d'éviter que ce

genre de drame ne leur arrive.


GENEVIÈVE LABELLE

Tu sais, il y a plein de choses

qu'on oblige les enfants à

faire, puis on s'en rend pas

compte comment ça leur envoie

des messages. Par exemple :

« Donne un bec à grand-maman. »

Bien moi, j'ai pas envie de

donner un bec à grand-maman. Ça

c'est des petites choses qu'on

ne remarque pas mais qui font

une grande différence. Parce que

c'est quoi la différence entre :

« Donne un bec à grand-maman,

elle t'a donné un cadeau de

fête. » Puis dans d'autres cas

par exemple si tu veux pas,

il faut que tu dises non. Puis

quand on le fait aussi, c'est

qu'on fait taire justement cette

petite voix-là de... Là, je me

sens bien. Là, je me sens pas

bien. Tu sais, fait que c'est

de donner de l'espace pour

tout ça, puis ça les aide

à se protéger de tout ça.


GENEVIÈVE

C'est quoi la différence avec

le... Tu sais, j'ai des bonbons

traditionnels, là. Tu sais,

le classique de l'agresseur

avec des bonbons, si c'est

le même principe, là.


PIERRE-MARC

C'est vrai ça quand même,

j'avais pas pensé à ça.


GENEVIÈVE LABELLE

Tu sais, obligé un enfant

à être poli, puis à dire

merci puis à dire au revoir.


CAROLINE

C'est pas pareil, hein.


GENEVIÈVE LABELLE

C'est quelque chose qui peut

avoir plein de bon sens. Obliger

à donner un bisou, obliger les

câlins, obliger les... Là, on

rentre dans d'autres choses,

puis effectivement, il n'y a

pas de différence dans la tête

d'un enfant.


PIERRE-MARC

C'est clair.


GENEVIÈVE

Mais, il y a-tu un âge

pour leur expliquer

c'est quoi faire l'amour?


GENEVIÈVE LABELLE

Ça va venir qu'ils vont poser

la question. Mais souvent,

très souvent, ça va passer

par la question de :

comment on fait des bébés?


GENEVIÈVE

Oui, mais si mettons ils

te surprennent, là. T'es-tu

obligé de leur expliquer?


GENEVIÈVE LABELLE

Comment on fait les bébés?

Non, ça va les mélanger. C'est

pas le temps de sortir les

encyclopédies, puis là c'est de

même que ça marche... Le lien ne

se fera peut-être pas. Mais on

peut simplement dire : « Bien

papa et maman, ils font ça quand

ils ont envie d'avoir plaisir

ou on se colle très fort

ou... » Tu sais, on peut...


PIERRE-MARC

On s'aime beaucoup.


GENEVIÈVE LABELLE

On s'aime beaucoup. On peut

y aller assez simple à cet

âge-là avec les enfants. Aussi,

il ne faut pas oublier de leur

demander pourquoi ils se sont

levés. Des fois ils se sont

levés parce qu'ils faisaient

un cauchemar, ils se sont

levés parce que... Tu sais,

qu'on puisse simplement

les raccompagner aussi.


NARRATEUR

Un autre

phénomène auquel nous sommes

confrontés est celui de

l'hypersexualisation. Davantage

encore lorsque nous sommes

parents de petite fille. Et

déjà, dès la petite enfance,

la pression est forte.


GENEVIÈVE, CAROLINE, MAYA-KIM et MARIE -KIM sont dans un magasin de sous-vêtements.


CAROLINE

Oui, les

sous-vêtements sont

juste sur le mur là.


MAYA-KIM indique un soutien-gorge pour fillette.


MAYA-KIM

J'en veux.


GENEVIÈVE

Ah! Toi, tu veux ça?

T'as-tu touché ici?


MAYA-KIM

J'en veux.


GENEVIÈVE

Bien pourquoi tu veux ça?


MAYA-KIM

Parce que.


GENEVIÈVE

Parce que quoi?


MAYA-KIM

Parce que.


GENEVIÈVE

Explique-moi.


MAYA-KIM

Parce que j'en veux.


GENEVIÈVE

Moi, je trouve que t'as pas

besoin de ça tout de suite.


MAYA-KIM

Oui.


GENEVIÈVE

(À la caméra)

Bien moi, des brassières à

cerceaux comme ça pour jeunes

filles, c'est la première fois

que je vois ça. J'en avais vu

comme pour les préadolescentes,

là, puis je trouvais ça déjà

borderline. Mais là à voir ça

pour des... Tu sais, c'est

tout petit, là, c'est peut-être

6 ans. Ils ont le marketing. Ça

aurait pu être n'importe quoi,

elle l'aurait voulu, rose de

même, tu sais. Je pense qu'à la

base c'est de donner des valeurs

à ton enfant, puis après ça ce

qu'elle porte comme bobette,

bien là... Si c'est pour les

montrer, c'est autre chose, si

c'est juste pour elle, c'est tel

que tel. Mais, tu sais, comme

on voit, on aura pas le choix

un moment donné d'acheter ça.

Il n'y en a pas d'autres. Fait

que... Puis tu sais, c'est pas

attrayant après si tu y arrives

avec des grosses bobettes

blanches en coton puis qu'elle

voit dans les magasins des

petites bobettes transparentes.

Ils ont le goût de la mode

autant que nous autres aussi,

là. Fait que c'est d'encadrer

avec les valeurs plus.


GENEVIÈVE LABELLE

Ça me préoccupe énormément

justement sur comment

ces petites filles-là vont

se construire comme femme.

Qu'est-ce qu'on leur envoie

comme message? Est-ce qu'on

leur envoie le message qu'elles

peuvent être elles-mêmes,

développer leur estime d'elles

ou en envoie le message que

pour avoir de l'attention elles

doivent avoir l'air de ça, elles

doivent se poser un peu en objet

sexuel? Mais de le faire quand

on est petit, c'est aussi de

leur enlever une partie de leur

enfance. Quand on est un enfant,

bien on devrait jouer aux

poupées, on devrait courir, se

salir, on devrait tout ça. Là si

on est préoccupé à être sexy,

ça... Effectivement, moi ça

m'inquiète pour l'avenir

de ces petites filles-là.


GENEVIÈVE indique des vêtements à MAYA-KIM.


GENEVIÈVE

C'est celui-là que tu veux?


GENEVIÈVE LABELLE

Donc de mettre des limites

aussi aux enfants. C'est pas

parce que t'as vu telle artiste

habillée comme ça que toi tu

peux t'habiller comme ça. Elle,

c'est une adulte, toi, t'es

une enfant. Tu t'habilleras

comme ça quand tu seras grande.


Dans une maison, JAMES et MAYA-KIM jouent avec des jouets de médecins.


MAYA-KIM

Bien moi, je suis un médecin.


NARRATEUR

Le fameux jeu

du docteur, on y échappe

pas. La plupart de nos petits

amours s'adonnent à des jeux de

découverte sexuelle avec leurs

amis. Normal, je présume, mais

faut-il mettre des limites?


GENEVIÈVE LABELLE

Jusqu'où c'est acceptable. Donc

je dirais que c'est acceptable à

partir du moment où ça reste des

touchers avec les mains, des

regards. Bon, on se regarde et

tout ça. Tant que c'est entre

des enfants du même âge, à

peu près, de la même grandeur,

à peu près, puis que c'est

des contacts d'enfants, là on

considère ça comme normal.

À partir du moment où c'est

des contacts avec la bouche,

à partir du moment où il y a

des gestes d'adultes, donc des

masturbations qui seraient pas

des attouchements par exemple,

qui seraient plus des

masturbations comme on aurait

pu voir chez des adultes.

Des explorations au niveau des

fesses, de l'anus, tout ça, ça

nous allume une petite lumière.

C'est jamais 100%, mais

on devrait à ce moment-là

investiguer : est-ce que cet

enfant-là a soit vu des choses

ou vu de la pornographie? Et ça

c'est de plus en plus fréquent

que les enfants voient de la

pornographie. Ou ça pourrait

être un enfant qui a vécu un

abus sexuel parce que c'est

pas des choses qui viennent

spontanément à l'imaginaire

des enfants.


MAYA-KIM tient MARIE-KIM.


MAYA-KIM

C'est fini. Et pas malade.


NARRATEUR

La sexualité est

une dimension fondamentale de

l'être humain, jeune ou vieux,

qui teinte tout ce qu'il

est. Éduquer son enfant

à la sexualité, c'est

lui apprendre l'amour,

l'affectivité et le respect.


PIERRE-MARC

C'est le fun

d'avoir une autre

famille qui était quand même

sensiblement du même âge

que nous, puis de se rendre

compte qu'on vit pas mal

les mêmes choses, les mêmes

questionnements. Tu sais, on

a vécu... C'est sûr que les

enfants sont un peu différents,

puis chacun on a un

background

différent, mais les questions

sont quand même les mêmes.


CAROLINE

Tu sais, il y a pas de manuels

d'écrit, hein, avec des enfants.

Tout ce qui est sexuel en plus,

moi je trouve qu'il y a pas

grand-chose. Fait que du coup,

bien des fois on prend des

décisions puis on se dit :

« Bien, c'est-tu la bonne?

C'est-tu pas la bonne? On est-tu

correct? On est-tu pas correct? »

Puis bien dans le fond quand

la sexologue nous dit : « Bien,

allez-y comme vous le sentez.

Si vous êtes bien, bien c'est

correct. » Ça nous rassure

de dire : « Bon bien on est

correct dans le fond, là. »


GENEVIÈVE LABELLE

Je pense que c'est la meilleure

façon de le faire. Si dès la

naissance, idéalement, c'est un

sujet qui est ouvert et qu'on

saisit toutes les petites portes

que la vie nous envoie, même

si des fois c'est des portes

qui nous semblent au début

négatives, là : mon enfant, tu

sais, s'est promené tout nu à la

garderie. Bien j'ai une porte

pour parler de sexualité avec

lui. Et c'est à force de saisir

toutes ces portes-là qu'on va

finir par semer plein de choses

et qu'on va aussi ouvrir un

espèce de canal de communication

qui, on pourrait penser,

va être encore présent rendu

à l'adolescence. L'éducation

sexuelle, ça se fait surtout pas

15 minutes à 15 ans sur le coin

d'une table où tout le monde est

mal à l'aise. Plus les enfants

ont une estime de soi solide,

plus ils vont faire des choix

qui sont bons pour eux

en matière de sexualité.


GENEVIÈVE

Bien moi en tout cas j'ai aimé

la façon que c'était abordé, que

c'était pas juste sexuel, mais

plus sur le développement de

l'enfant, sur les questions.

Autant eux autres pourquoi

qu'ils nous posent des

questions, que nous qu'il faut

qu'on soit à l'aise de leur

répondre, puis de la façon qu'on

leur répond. Donc je pense que

ça nous a sécurisé en disant :

« Bon bien on agit bien, on

est sur la bonne voie. » Donc

je trouve que ça fait un beau

tour de la sexualité dans

son meilleur, du fait que

c'est sentimental aussi.


GUILLAUME

C'est un thème parmi tant

d'autres qui revient dans la

famille. Oui, la sexualité c'est

peut-être un peu plus tabou,

un peu plus gênant d'en parler

parfois avec d'autres parents ou

d'autres couples d'amis. Mais

c'est des choses qui reviennent

toujours, c'est de la pédagogie

avec nos enfants, donc c'est

intéressant de voir que oui

c'est applicable à la sexualité,

d'apprendre à écouter son enfant

ou essayer de comprendre comment

lui voit les choses ou perçoit

les choses. Mais ça s'applique

au reste de l'éducation.


Les deux familles se disent au revoir.


NARRATEUR

Découvrez la

section Rencontre de parents

dans laquelle vous retrouverez

un forum de discussion où il est

possible de poser des questions,

faire part de ses préoccupations

et proposer trucs et astuces

en ce qui a trait à la vie

de famille, à l'adresse :

TFO.org/parent.


Générique de fermeture

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