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Parent un jour, parent toujours

Tips and tricks that help us reflect on what it takes to raise children, while shedding light on the experience of today's parents. Two likeable families meet for a weekend to join in all sorts of activities that will allow them to share insights on a specific theme linked to raising small children. A specialist joins the group to further the conversation on the subject and to suggest other solutions to daily challenges.

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I`m Scared!

Parents speak on a reality we all have to face: childhood fears such as fear of strangers, fear of the dark, fear of monsters. Parents are sometimes forced to face their children`s worries and phobias.



Production year: 2012

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VIDEO TRANSCRIPT

Intertitre :
Album de familles


NARRATEUR

Voici la famille

Harvey-Belval : maman Jolianne,

papa Joël et leurs deux

mignonnes petites filles.


JOËL présente ses enfants.


JOËL

Bien, on a Stella, 1 1/2 an, la

plus jeune. Après ça, Charlie,

2 1/2 ans, la grande soeur.


NARRATEUR

Voici la famille

Levasseur-Grimard : maman Julie,

papa Pascal et leurs marmots.


PASCAL présente ses enfants.


PASCAL

Je vous présente Alexis.

Alexis c'est mon grand garçon de

4 ans. Alexis a peur des ombres

et a peur du noir. Et puis

je vous présente Laurence, ma

petite puce de 2 ans. Et puis

Laurence, elle a peur de tout

ce qui est des animaux à cornes.


NARRATEUR

Ces parents, qui ne

se sont jamais rencontrés, ont

accepté de passer une fin de

semaine ensemble pour partager

des activités et échanger sur

une réalité à laquelle nous

sommes tous confrontés comme

parent : les peurs infantiles.

Peur des inconnus, du noir,

des monstres, des clowns, des

animaux... nos petits trésors,

à l'imagination débordante,

vivent de l'anxiété et des

craintes, voire même des

phobies. Nous, les parents,

sommes parfois complètement

démunis devant notre enfant

effrayé face à un danger

qui n'en est pas un.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: J'ai peur! J'ai peur!


JOLIANNE et JOËL jouent avec leurs filles. CHARLIE fait descendre une rampe à un personnage dans une petite voiture.


JOLIANNE

Est-ce qu'il a peur

ton bonhomme?


CHARLIE

Non, il n'a pas peur.


JOLIANNE témoigne.


JOLIANNE

Bien, les principales peurs...

Bien, Stella, elle a passé

l'angoisse de séparation.

Là, on est correct, on a passé

par-dessus. Elle a peur des

inconnus, surtout les hommes.

Aussitôt qu'on arrivait quelque

part par exemple, puis il y

avait quelqu'un qu'elle ne

connaît pas, elle voulait rester

dans mes bras. Je la mettais

par terre, elle ne voulait pas

être par terre. Elle voulait

vraiment être dans nos bras,

à moi ou à mon conjoint.

Charlie, elle a peur... tu

sais, comme là, elle a peur

de la piscine, tout ce qui est

mascotte, père Noël. Mais là,

elle nous a commencé la peur

du noir dans son lit. Elle nous

dit qu'il y a des monstres.

Puis tout ça c'est vraiment

nouveau.


CHARLIE et STELLA jouent sur une petite table.


JOLIANNE et JOËL témoignent.


JOLIANNE

Charlie, elle a eu peur de

tout. On est allés au zoo,

elle a eu peur des chèvres.

On est allés à la piscine,

elle a eu peur des bruits.

On est allés...

On va dehors, elle voit

une chenille, elle a peur.

Une coccinelle, elle a peur.

Elle crie, elle crie tout le

temps.


JOËL

Elle crie, elle panique,

elle n'est plus tenable.

Ah oui, on a beau réessayer...

il ne faut pas réessayer tout

de suite parce qu'elle ne veut

pas pantoute.

Mais des fois on dirait que

c'est plus de la panique que

de la peur. Elle panique pour

je ne sais pas quelle raison.


NARRATEUR

Pour Magalie

Lebrun, les peurs des

tout-petits n'ont plus de

secret. Formée en programmation

neurolinguistique et en service

de garde, cette maman de

deux jeunes enfants et

coach

familiale donne régulièrement

des conférences aux parents

sur l'art d'aider leur trésor

à combattre leurs craintes.


MAGALIE LEBRUN joue avec des enfants.


MAGALIE LEBRUN, thérapeute et coach familial, explique.


MAGALIE LEBRUN

Les peurs les plus fréquentes

que j'ai pu rencontrer, il y en

a qui sont beaucoup beaucoup

plus le soir, hein, dans la

chambre. Donc la peur des

monstres, la peur du noir,

la peur des sorcières, la peur

de... Tout ce qui est du noir,

donc les ombres qui sont dans

la chambre.

Mais aussi tout ce qui est

animal effectivement, tout ce

qui est chien, tout ce qui est

insecte. La majorité du temps,

je dirais que les peurs ce

n'est pas nécessairement

l'animal lui-même que l'effet

de surprise que ça crée :

les gros bruits, les camions

de pompiers, les sirènes...

Ces trucs-là, c'est vraiment

autour de ça que les peurs

s'accentuent vers la petite

enfance. Il y a tellement

d'outils qui existent pour

aider l'enfant à affronter ses

peurs. Donc, il y a de l'espoir.


Dans une piscine publique, JOLIANNE attrape CHARLIE qui se débat dans l'eau.


JOLIANNE

Bravo! Juste une fois.


CHARLIE

(Apeurée)

Moi, je n'aime pas ça.


À l'extérieur de la piscine, JOLIANNE tient CHARLIE.


JOLIANNE

Bien Charlie, elle a peur de

l'eau. Hein, Charlie? Puis ça

commencé je te dirais ça fait

peut-être un an et demi qu'elle

a peur de l'eau. Puis on a

décidé de prendre des cours

de piscine pour apprivoiser ça.

Puis à la maison, bien il n'y

a pas moyen de la mettre dans

une piscine, on ne peut pas.

Dès qu'elle ne touche pas

par terre dans une piscine,

qu'elle n'a pas les pieds

stables, c'est la panique.

Pourquoi t'as peur de l'eau?


CHARLIE

Parce que j'ai pas le goût.


JOLIANNE

Tu n'as pas le goût?


Dans l'eau, JOLIANNE tient CHARLIE.


JOLIANNE

Tant que je l'ai dans mes bras,

tant que je la tiens, tant

qu'elle me sent avec elle...

Tu sais, comme le spaghetti,

elle est assise dessus, elle

n'était pas sur moi, mais il

fallait qu'elle tienne mes bras.

Tu sais, si j'avais juste tenu

le spaghetti puis je l'avais

laissée... elle ne veut pas,

elle va m'agripper, elle va

pleurer. Elle va dire : « Non,

je ne veux pas. Je veux te

tenir maman. » Puis tu sais,

c'est vraiment là que ça

se gâche, aussitôt que

je la lâche.


CHARLIE

Moi, je veux m'en aller.


JOLIANNE

Est-ce que tu veux

le faire toute seule?


CHARLIE

Non!


JOLIANNE

Tu ne veux pas le faire toute

seule, montrer comment t'es

une bonne fille qui est grande?


CHARLIE

Moi, je veux m'en aller.


JOLIANNE

Tu veux t'en aller?


CHARLIE

Oui.


JOLIANNE

Bien, on n'a pas terminé.


CHARLIE

Non.


JOLIANNE

Non. Non.


NARRATEUR

La peur est l'une

des quatre émotions de base de

l'être humain avec la joie, la

tristesse et la colère. C'est

pourquoi nos petits chéris en

font l'expérience dès leurs

premiers moments de vie.


MAGALIE LEBRUN

La peur, elle est vitale.

C'est la peur qui fait dire aux

enfants : « Il ne faut pas que

je traverse la rue, je pourrais

me faire frapper. » C'est

qu'ils ne vont pas aller sauter

de l'autre côté de la clôture,

par exemple au zoo, pour aller

flatter les lions. Donc, elle

est essentielle. La peur, par

contre, quand elle devient

omniprésente puis qu'elle

empêche l'enfant de faire sa

journée normalement, la faire

avec pas trop de malaises,

c'est là que ça devient

problématique. Quand les

enfants ne veulent plus sortir

de la maison parce qu'il y a

un chien justement qui passe.

Quand les enfants ne veulent pas

aller au zoo parce qu'ils ont

peur des animaux. Quand les

enfants ne veulent pas dormir

le soir parce qu'ils ont peur

de la noirceur, c'est là que

ça devient problématique

puis qu'on doit faire quelque

chose pour aider l'enfant.


Dans l'eau, JOLIANNE fait nager CHARLIE.


JOLIANNE

Regarde, fais aller tes pieds,

on fait le bateau vite vite.

OK, t'es une championne.

T'es une championne.


MAGALIE LEBRUN

Le premier conseil que j'aurais

à donner c'est : faites juste

transposer, vous, quand vous

avez une peur. Tu sais, la peur

est réelle. Ça fait vivre des

vraies émotions, ça fait vivre

des vrais sentiments. Donc,

il ne faut pas minimiser

les peurs, ça ne va pas aider

quelqu'un. « Je comprends, ça

te fait peur, c'est correct.

Viens, on va y aller. » Mais

ne pas commencer à entretenir

la peur, d'en mettre plus que

l'enfant a peur dans le fond.

Donc, je pense que c'est

important d'entendre, d'écouter

la peur, de la nommer, mais pas

de s'en occuper nécessairement

pour qu'elle grossisse. Par

exemple, si on écoute la peur,

qu'on ne s'en occupe pas,

qu'on travaille avec elle, bien

cet enfant-là probablement ne

développera pas une phobie de

l'eau. Si on continue à ne pas

aller à la piscine, à ne plus

jamais la mettre en contact,

à dire : « On comprend, t'as

peur, oui, ce n'est pas le

fun... » On cristallise la

peur. Alors souvent c'est

là que ça va se transformer

en phobie ou en peur qui

ne sera plus jamais jamais

jamais possible d'arrêter.


JOLIANNE (Narratrice)

C'est surtout quand elle

panique. Puis que, tu sais, des

fois ça vient qu'elle pleure,

elle pleure. « Maman, j'ai

peur! J'ai de la peine! » Puis

tu sais, elle me l'exprime

vraiment. « J'ai de la peine

dans mon coeur! » Puis tu sais,

je suis comme... Ah, mon

Dieu... Je serais portée à

juste faire qu'est-ce qu'elle

veut que je fasse. Mais je

le sais qu'il ne faut pas que

j'alimente ses peurs puis que

justement il faut l'aider juste

à les combattre puis à lui

expliquer les choses. Mais

dans un autre sens, moi,

je trouve ça vraiment dur.


MAGALIE LEBRUN

Je n'ai jamais vu un parent

resté zen devant son enfant qui

a un malaise. Souvent, on va

vivre le malaise avec eux.

On ne veut pas qu'il soit mal.

« Mon Dieu, je comprends, puis

t'as peur... » C'est souvent

dans nos réactions à nous que

l'enfant fait comme : « OK,

finalement, j'ai raison d'avoir

peur parce qu'elle aussi,

elle vit quelque chose. »


Dans une salle de jeu, JULIE et PASCAL jouent avec ALEXIS et LAURENCE.


JULIE et PASCAL témoignent.


JULIE

Si je regarde les premières

peurs, Alexis, ç'a commencé

par les peurs des mascottes.

Du père Noël, ça, je pense que

c'est un peu normal, c'est comme

les peurs un petit peu des

étrangers. Mais cette fois-là,

la mascotte je n'ai jamais vu

un enfant de 1 1/2 an courir

aussi vite.

On a eu de la misère à le

rattraper. Après ça il y a eu

la peur de la noirceur qui

est comme rentrée. Il voyait

des ombres un peu partout.

On ne sait pas d'où ça venait.

Laurence n'a pas eu grand-peur

mis à part un toutou qui lui

a fait peur. Puis après ça

vraiment les chèvres. Dès qu'il

y a un animal inconnu qui passe

vers elle, surtout les animaux

à cornes, elle redevient

rouge écarlate, elle hurle,

elle pleure...


PASCAL

Elle ne veut

rien savoir.


JULIE

Elle se pousse. Puis si elle

pouvait rentrer en dessous

du plancher, elle le ferait.


MAGALIE LEBRUN

Mais, en fait, c'est difficile

à expliquer comment naissent les

peurs. C'est plein de contextes

différents qui se mettent

ensemble. C'est comme deux

morceaux de casse-tête qu'on ne

voit pas venir qui s'imbriquent

un en dedans de l'autre, puis

ça fait naître une peur. C'est

souvent l'enfant qui va faire

un lien qui va faire en sorte

que cette situation-là est

dangereuse pour lui. Un enfant

aurait pu aller au parc, on ne

voit pas et il y a un chien,

pendant qu'on a la tête

tournée, un chien qui arrive

vite. Mais lui fait : « Ah

mon Dieu, c'est dangereux les

chiens! » Mais on n'a jamais

vu la situation se passer

nécessairement.


PASCAL et JULIE sont devant un ordinateur avec LAURENCE.


PASCAL

Laurence, on va regarder

quelque chose sur l'ordinateur?


NARRATEUR

Pour aider son

enfant à faire face à ses

craintes, Magalie suggère

ce qu'elle appelle la

désensibilisation. C'est-à-dire

une approche tout en douceur

avec l'objet de la peur. Pour

la petite Laurence qui redoute

les animaux à cornes, par

exemple, ne plus la mettre en

contact avec les bêtes serait

de la surprotection. Alors

qu'aller à la ferme pour

toucher des chèvres risquerait

de la bousculer. La meilleure

solution est d'aborder

les peurs par étape.


Sur l'écran de l'ordinateur, LAURENCE regarde des images de chèvres.


PASCAL

C'est des chèvres.


LAURENCE

Oui.


MAGALIE LEBRUN

La tactique de l'évitement,

elle peut être bonne pendant

qu'on reconstruit l'enfant.

Je m'explique. Si l'enfant a

peur des chiens, c'est sûr que

si on l'amène dans un chenil,

ça va être trop gros pour lui

puis à gérer. Donc ce qu'on

fait c'est qu'on n'évite pas

nécessairement, mais on va

déconstruire la peur. Donc on

va commencer par, par exemple,

aller à la bibliothèque puis,

Ah! Tomber sur un livre sur les

chiens. On peut aussi aller

voir sur Internet, regarder

différents chiens. Mais avant

d'arriver à apporter un chien

réel, vivant, devant son

enfant, il y a des marches à

faire. C'est comme ça qu'on

déconstruit une peur. Donc, on

ne doit pas le bousculer dans

ça parce que sinon les émotions

sont là quand même puis la peur

va se cristalliser.


PASCAL

Ça fait quoi une chèvre?


LAURENCE

Bah!


PASCAL

Bah!


LAURENCE

Blah!


PASCAL

Ça fait

Blah!

Une chèvre?


LAURENCE

Une chèvre fait

Blah!


PASCAL

Oui. C'est sûr que c'est

graduellement, il faut aller

montrer les vraies chèvres.

Lui montrer que ce n'est

pas dangereux une chèvre.


LAURENCE

Non. Celle-là est petite.


Le soir, PASCAL et JULIE mettent ALEXIS au lit.


PASCAL

Est-ce qu'on ferme

la lumière ce soir?


ALEXIS

Je veux garder

la lumière allumée.


PASCAL

Tu veux garder la lumière

allumée. Alexis, on va la

baisser juste un petit peu,

OK, pour ce soir?


ALEXIS

Non. On la laisse comme ça.


PASCAL

T'es sûr? Bonne nuit,

mon homme. C'est beau?


ALEXIS

Oui.


PASCAL

Je vais juste baisser

un peu la lumière, OK?


ALEXIS

Non.


NARRATEUR

L'une des

meilleures façons d'aider notre

enfant est de lui rappeler

qu'il est en sécurité,

que nous sommes là.

Car la peur

du noir est souvent reliée

à l'angoisse de séparation.


ALEXIS

J'ai peur dans le noir.


PASCAL

Regarde, t'as même

ta marionnette de rêve, là.


NARRATEUR

Il est donc

important de trouver un juste

équilibre entre surprotection

et abandon.


MAGALIE LEBRUN

Pour Alexis, je pense qu'il y

a eu plusieurs outils qui lui

ont été proposés. Ce qui est

dangereux avec les peurs c'est

d'accompagner l'enfant dans

sa peur au lieu d'accompagner

l'enfant dans l'écoute de sa

peur. Donc là, je pense qu'il y

a plusieurs outils qui peuvent

faire en sorte : « Bien regarde,

t'as déjà la lumière, t'as déjà

plein de choses, ton ampoule,

ton grigri qui est avec toi pour

t'aider. » Donc on va essayer

d'arrêter à partir de ce

moment-là. Puis des fois juste

de lâcher prise comme parent.

Des fois on ne s'en rend pas

compte puis on alimente un petit

peu. Donc on désensibilise.

Quand il va être à l'aise avec

ça, bien on pourra éteindre

la lumière dans le passage.

Puis par la suite, ce sera

peut-être juste la lumière de

la salle de bain qui va faire

une petite lumière. Il va se

trouver ses forces à lui à

l'intérieur pour être capable

de bien réagir puis faire

taire sa peur tranquillement

pas vite.


PASCAL

Alexis, c'est

parce que si tu dors avec la

flashlight,

on ferme la lumière,

ça va éclairer pas mal plus

la flashlight.

OK, regarde,

on essaie?


ALEXIS

Non.


PASCAL éteint la lumière de la chambre.


PASCAL

Regarde,

on fait juste essayer.


ALEXIS

Ça ne me tente pas.


PASCAL

Regarde, regarde

ta flashlight.

Regarde ta flashlight.


ALEXIS allume une petite lampe.


PASCAL

Ah! Ah! OK.


ALEXIS

On ne voit rien.


PASCAL

On laisse ça

comme ça ce soir?


NARRATEUR

Quand les enfants

auront fait connaissance, ils

seront confrontés à un choix,

celui de se motiver positivement

dans la gestion de leurs peurs

ou au contraire de se

transmettre leurs craintes.

Car les tout-petits sont très

perméables aux réactions de

leurs amis, particulièrement

en matière de peurs.


PASCAL et JULIE arrivent chez JOLIANNE et JOËL avec leurs enfants. Les membres des deux familles se saluent et se présentent.


Les parents et les enfants sont réunis dans une salle de jeu. MAGALIE LEBRUN arrive dans un habit de clown.


CLOWN

Bonjour!


TOUS

Allo!


CLOWN

Il y a-tu une

fête de Noël aujourd'hui?


NARRATEUR

Aucun enfant n'a

eu peur du clown. Pourtant, ce

type de personnage imaginaire,

comme peuvent l'être le père

Noël et les mascottes, par

exemple, effraient souvent

nos tout-petits.


Le clown montre une moufette en peluche.


CLOWN

Ah! C'est quoi ça?


ENFANT

Une moufette.


CLOWN

Ah! Ce n'est pas une

moufette qu'on veut.


MAGALIE LEBRUN

J'ai eu peur des clowns

longtemps, moi.

(En riant)

J'en rêvais.


Le CLOWN promène un bâton à plumes sur les enfants.


CLOWN

Voulez-vous faire un ménage?

On fait-tu le ménage?


MAGALIE LEBRUN (Narratrice)

Bien, c'est

comme si le monde imaginaire

était vrai. Fait que là, on

s'entend-tu que si le père Noël

est vrai, tout le reste est

vrai. Donc ça vient comme

mêler l'enfant dans son

monde imaginaire puis

dans le monde réel.

C'est surtout l'effet de

surprise. C'est quoi en arrière

de ce maquillage-là? Les

mascottes, là, de comprendre

que c'est dans la bouche qu'il

y a les yeux, puis que c'est

quelqu'un, puis que ça ne

parle pas, puis ça arrive...

Une mascotte, ça arrive

par-derrière puis ça te fait ça

sur l'épaule, hein. C'est juste

assez pour tout déclencher

tes mécanismes de défense.

Donc c'est souvent l'effet

de surprise.


Le CLOWM habille JOËL avec des habits de clown.


CLOWN

Gnaaa! Et voilà, un petit

peu de cheveux roses,

un petit peu de cheveux verts.

Est-ce qu'il est joli?


LAURENCE

Oui!


MAGALIE LEBRUN (Narratrice)

Les enfants

apprennent en modalisant ce

qu'ils voient autour d'eux.

Les autres enfants, bien, il a

fallu qu'il y en ait un qui se

lève, qu'il aille voir, puis

que les autres font : « Ah, OK,

c'est correct, on peut y aller.

Il n'y a pas de danger. »

Puis c'est même le

fun, il y

a un sourire, puis il y a du

plaisir. Donc go, on y va.

L'inverse est vrai aussi. S'il

y a un enfant qui a peur, qui

se met à pleurer, bien souvent

les autres vont faire :

« Mon Dieu, OK, s'il a peur,

qu'est-ce qui se passe? »


ALEXIS et LAURENCE se lèvent et rejoignent le clown.


PASCAL

Disons que quand c'est les

mascottes, des choses comme

ça, elle a un peu plus peur.

Donc ça m'a surpris, oui,

justement que le clown ça

ait bien passé. Puis elle

a bien participé.


JULIE

Parce qu'elle commence à

vieillir, fait qu'elle commence

à comprendre des choses.

Mais si on l'avait pris

peut-être un six mois avant,

je suis sûre qu'elle aurait

eu peur.


Le CLOWN montre un visage fabriqué en ballons à LAURENCE.


LAURENCE

J'ai peur!


CLOWN

Oui, mais c'est juste un

ballon. C'est juste un ballon.

Tu veux-tu venir faire un câlin?

Oui. C'est juste un ballon,

regarde, ce n'est pas grave,

je suis là. Oui, encore encore.


Le clown sort un lapin d'une boîte.


CLOWN

Wouh!

Hé, les amis,

regardez à l'intérieur!


ALEXIS

Un vrai lapin!


CLOWN

Un vrai lapin en chocolat!


ALEXIS flatte le lapin.


CLOWN

Tu l'aimes-tu le lapin?


ALEXIS

Ça chatouille.


CLOWN

Ça chatouille.

Flatte-le sur le dos un petit

peu. Ah, bien c'est comme un

chien, c'est la même chose.


JOLIANNE tient CHARLIE pour qu'elle flatte le lapin.


JOLIANNE

Touche. Viens doucement.

Viens avec maman.


CHARLIE s'éloigne avec crainte.


CLOWN

Ah, bien si elle

ne veut pas, il ne faut

pas les forcer.


JOLIANNE

Pourquoi, est-ce que t'as peur?


CHARLIE

Oui, j'ai peur.


JOLIANNE

T'as peur du lapin?


CHARLIE

Oui.


JOLIANNE

Oui, mais non, regarde,

il veut être ton ami. Est-ce

que tu veux aller le voir?


CHARLIE

Non!


JOLIANNE

Non. Pourquoi non?


CHARLIE

Parce que je ne veux

pas qu'il me mange.


STELLA

Tu ne veux pas qu'il te mange.


Le CLOWN montre un mouton jouet.


CLOWN

C'est quoi ça?


ALEXIS

Un mouton!


CLOWN

Un mouton! Qui est-ce

qui a peur des chèvres?


ALEXIS

Ma soeur!


CLOWN

Pour de vrai? Je pense que

j'en ai une chèvre. Mais elle,

c'est un bébé chèvre, elle est

toute petite.


Le CLOWN montre une petite chèvre en ballon aux enfants.


ALEXIS

Regarde Lolo,

un bébé chèvre.


JULIE

Va la voir.


CLOWN

C'est pour toi,

je te la donne, Laurence.

Tu la veux-tu?


ALEXIS

Regarde Lolo,

elle est ta balloune.


LAURENCE

Elle est petite.


CLOWN

Elle est petite, oui. Quand

elles sont petites, elles sont

moins épeurantes. C'est pour

toi, tu peux la prendre.


LAURENCE prend la chèvre.


CLOWN

Et voilà. Qu'est-ce qu'on peut

faire quand on a peur? On peut

dire : « Bien moi, je suis

grand, je n'ai pas peur.

Ce n'est même pas vrai,

je n'ai même pas peur. »


JULIE et CHARLIE flattent le lapin.


JULIE

Regarde, il n'est pas

méchant, hein.


CHARLIE

Non.


JULIE

Regarde, c'est doux doux

doux. Regarde si c'est doux.


JOLIANNE

T'es bonne Charlie. Maman

est contente, tu as touché au

lapin. Hé, toute seule en plus!


JULIE

(À la caméra)

Moi, je lui ai dit : « J'ai

peur moi aussi. J'ai dit,

regarde, on va aller voir les

deux ensemble. » Comme pour que

moi, je vainque ma peur, puis

elle, elle vainque sa peur en

même temps. Puis ça l'air que

ça a marché. Puis après ça,

elle y allait toute seule.

Donc...


CHARLIE

Je lui ai touché toute seule.


JOLIANNE

Tu lui as touché toute seule,

t'es une championne! Bravo!


CHARLIE

Bravo!


PASCAL

Des fois c'est surprenant aussi

que quand ce n'est pas le parent

qui accompagne l'enfant, des

fois on dirait que ça passe

mieux. Des fois on dirait que

les enfants ont besoin d'avoir

une confirmation d'une personne

qui est étrangère à elle pour

confirmer que oui, justement,

il n'y a pas de danger.


MAGALIE LEBRUN

Probablement que Charlie s'est

sentie comme accueillie. Elle

a dû dire : « OK, ah, il y a

quelqu'un qui vit la même chose

que moi. On va y aller ensemble

puis on va se soutenir

là-dedans. » On s'entend que

dans sa tête le lien ne s'est

pas fait tout comme ça, mais

en se disant : « J'ai une

adulte qui est avec moi,

qui elle aussi a peur. Elle

va probablement ne pas me

brusquer. Elle va comprendre

que j'ai peur. On va y aller

doucement puis ça va être

correct. » Ça fait que c'est

probablement le lien qui

s'est fait dans sa tête.


CLOWN

Bon bien, je m'en vais

pour de vrai. Bye bye!


TOUS

Bye!


JOËL lit une histoire à CHARLIE.


JOËL

« Mais il y a des monstres en

dessous de mon lit, affirma

Cajoline. » « Il n'y a aucun

monstre. Regarde. » Assure

papa en faisant le tour de

la chambre.

Toi, est-ce que

t'as peur dans ton lit?


CHARLIE

Oui.


JOËL

T'as peur de quoi?


CHARLIE

J'ai peur des monstres.


JOËL

Est-ce qu'il y a des

monstres dans ta chambre?


CHARLIE

Il n'y a plus de monstre.

Ça, ce n'est pas des monstres.


JULIE apporte LAURENCE dans son lit.


NARRATEUR

Les enfants au lit

pour une bonne nuit sans peur,

souhaitons-le, les parents se

retrouvent pour un souper entre

adultes. Magalie Lebrun se

joint à eux pour poursuivre

l'échange sur les peurs

infantiles.


Autour d'une table, PASCAL, JULIE, JOËL, JOLIANNE et MAGALIE LEBRUN mangent et discutent.


PASCAL

Est-ce que c'est

sain qu'un enfant ait peur

ou normalement il ne devrait

pas avoir peur?


MAGALIE LEBRUN

Bien non, c'est sain. La peur

c'est un mécanisme de défense,

c'est vraiment ce qui nous

permet de rester en vie. Ce qui

permet, bien, qu'on ne va pas

aller se lancer devant un métro

qui arrive parce qu'on a peur.

On ne va pas... C'est un petit

peu ça. Donc ça dicte nos

actions. Mais effectivement,

c'est sain d'avoir une peur,

c'est un frein naturel.


JULIE

Est-ce qu'il y a des catégories

de peur? Tu sais, de 0 à 2 ans,

il y a une sorte de peur. De

2 ans à 4 ans, il y a une sorte

de peur. Puis après ça, est-ce

qu'il y a des peurs qui

continuent à 5 ans, 6 ans,

7 ans, qu'on retrouve souvent

chez les enfants?


MAGALIE LEBRUN

Oui, dans le fond quand vos

petits ont commencé comme avant

1 an. Tu sais, il y a la peur

de l'inconnu, de tout ce qui

est nouveau. Là, c'est tout ce

qui est barbu, tout ce qui est

plus grand, tout ce qui est

plus fort... Ils ont peur de

tout ça. Ça fait que ça, c'est

probablement la première peur

qu'ils affrontent. Après ça,

l'anxiété de séparation. Tu

sais, la peur que papa, maman,

ne revienne pas. La peur...

tu sais, ils disparaissent,

ils vont-tu revenir? Après ça,

bien, il y a tout ce qui est

2-3 ans, 4 ans, l'imaginaire

embarque, là. Elle est là à

100 miles à l'heure, ça vient

gros. Ça fait que pour eux de

faire la différence entre une

sorcière c'est correct dans

mon livre ou dans le film

d'après-midi, mais elle ne

viendra pas ici. Non, pourquoi?

Ils ne font pas la différence

de tout ce qui est imaginaire.

Ça fait que c'est là la peur

des monstres, la peur du noir.


JULIE

Comme nous, nous autres, il a

peur du noir. Est-ce que c'est

bon qu'on aille se coucher

avec? Est-ce que c'est bon...

Qu'est-ce qu'on peut...


MAGALIE LEBRUN

Bien, souvent, les enfants qui

ont des peurs, ils vont avoir

plein plein plein de demandes.

Donc si tu commences à aller te

coucher avec, après ça un moment

donné il va falloir sevrer le

fait que tu vas te coucher avec.

Plus qu'on va lui donner

d'outils, plus qu'éventuellement

les outils ne vont pas

nécessairement le laisser aller

par lui-même. Donc si tu te

couches avec, bien t'entretiens

un petit peu sa peur. Donc,

il y a ces peurs-là. Après ça,

bien à cet âge-là ce qui leur

fait peur c'est tout ce qu'il

y a à l'extérieur. Donc que ce

soit à la télé, que ce soit...

surtout à la télé. Ce que les

amis racontent, ce que les amis

ont vécu. Tu sais, s'il y a

un ami qui a passé au feu, ils

vont être deux, trois semaines

à avoir peur que la maison

passe au feu. Ils ont cette

peur-là. C'est souvent des

peurs passagères parce qu'avec

le rationnel ils vont se rendre

compte que, tu sais, il n'y a

pas beaucoup de chances que

ça arrive ou que si ça arrive,

notre rôle de parent c'est de

dire : « Bien, mettons qu'il y

a le feu, qu'est-ce qu'on va

faire? Qu'est-ce qui va

arriver? » Ça fait que notre

rôle, c'est plus un rôle

informateur. Puis de dire :

« OK, on va sortir là, il va

arriver telle chose. » Donc

cette façon de faire là va

faire en sorte que les enfants,

bien, ils vont se sentir plus

outillés si jamais ils ont à

faire avec ça. Tu sais, si tu

vois qu'il a peur des chiens,

bien on va lui changer les

idées momentanément. Mais ça

ne va pas être le temps, là,

s'il y a un chien qui passe

à côté de toi, de faire une

intervention.


JOLIANNE

OK, c'est juste ailleurs.

Quand la peur n'est pas là,

d'en parler.


MAGALIE LEBRUN

Bien, puis c'est la même chose

qu'avec la colère. Tu sais,

quand il est en colère, quand

l'émotion a pris toute la

place, ce n'est pas le temps

d'en parler. C'est le temps de

laisser ça redescendre, puis

après ça on est capable de

faire quelque chose. Ça fait

que, tu sais, en revenant à la

maison tu peux faire un retour

en disant : « Ah aïe aïe,

tantôt quand on a croisé le

chien, t'as vraiment eu l'air

d'avoir peur. Qu'est-ce qui

s'est passé? » Ça fait que là,

il va dire : « Oui, je n'aimais

pas ça. » « OK, comment ça? »

Tu sais, qu'est-ce qui se

passe? Puis c'est là qu'on va

être capable de voir, de dire,

de prendre conscience peut-être

de la peur. Ça fait qu'on va

être capable de l'amener

autrement, mais pas quand

il est dans l'émotion.


JOLIANNE

OK. Pas sur le moment.


MAGALIE LEBRUN

Non. Je pense qu'on a beaucoup

beaucoup à se fier à nos

feelings

de parent aussi.

Donc plus de dire : « Bien,

viens, on va marcher. Ah,

tu ne veux pas être à côté?

C'est correct. Regarde le

chien, le monsieur tient sa

laisse, il le tient son chien.

Il n'y a pas de problème.

Puis viens, on va y aller puis

on va passer. » Puis quand

c'est fait, de dire : « Hé,

bravo! As-tu vu, t'as passé

à côté puis il n'est rien

arrivé? » Oui.


JOLIANNE

L'encourager. Du positif,

trouver tout le temps du

positif à travers le négatif

de sa peur.


MAGALIE LEBRUN

Bien, de

l'encourager dans ses petits

pas.


JULIE

On peut-tu faire... comme

demander à l'enfant s'il

aurait, lui, une solution pour

affronter sa peur? Si lui,

mettons, ce serait plus

facile d'une façon qu'une

telle autre façon.


MAGALIE LEBRUN

Bien, effectivement les enfants

sont souvent hyper créatifs,

puis ils n'ont pas le frein que

nous on a. Tu sais, ils n'ont

pas l'espèce de retenue qu'on

a. Ça fait que de dire, à

partir d'un certain âge :

« Est-ce que... Qu'est-ce qui

pourrait t'aider? Qu'est-ce que

je pourrais faire pour t'aider

tantôt. Tu sais, on va aller

à la piscine, je le sais que

t'aimes pas beaucoup ça, mais

qu'est-ce qui t'aiderait rendu

à la piscine? » à la base dans

l'éducation de nos enfants,

on devrait toujours le faire.

On veut aider nos enfants, que

ce soit pour les devoirs, pour

n'importe quoi, mais c'est nous

qui apportons les solutions

alors que c'est eux qui ont le

problème. On peut-tu les mettre

à profit puis dire : « Toi,

t'as peut-être une super bonne

idée de quelque chose que je

pourrais faire qui t'aiderait. »

Au lieu de nous encore

tout gérer comme des chefs

d'orchestre.


Les deux familles visitent une animalerie.


MAGALIE LEBRUN

Pour ce qui est des sorties où

on va devoir affronter les peurs

de l'enfant, je pense que ça se

prépare. D'annoncer à la base :

« On va aller à l'animalerie. »

Dans les animaleries, souvent

on voit les poissons en premier.

Donc les enfants, les poissons

c'est calme, ils n'ont pas peur,

ça va bien. Et de dire : « Ah,

regarde, je pense qu'au loin,

t'entends-tu, je pense qu'il y

a un chien. Tu veux-tu qu'on

aille voir? » Puis si mettons

papa va avec l'autre enfant

voir, puis que là, c'est comme :

« Ah, viens voir! Il est super

rigolo! » Ça donne le goût.

Aussi de dire : « Bien, regarde

ici, on est loin, ils sont dans

les cages. » C'est correct donc

d'y aller doucement. Mais de

préparer. C'est sûr qu'elle

ne va pas arriver en courant

et dire : « Oui, il y a des

chiens! » Elle a une crainte.

Mais par contre de dire : « Ah,

il y a des chiens là-bas, puis

tantôt, quand tu seras prête,

on pourra aller les voir si

tu veux. As-tu déjà vu ça des

drôles de colliers pour les

chiens? Regarde. Lui, est-ce

que tu penses qu'il serait

rigolo avec ce collier-là? »

Donc d'essayer de dédramatiser

la peur de l'enfant comme ça.

Mais au bout de la ligne, si

elle ne veut pas y aller,

ce sera peut-être pour une

autre fois.


Dans le magasin, les enfants caressent un petit chien.


Devant des cages d'oiseaux, JOËL tient STELLA et touche à la cage d'oiseaux. [JOËL

Viens-t'en ma pitoune!

Viens-t'en!


JOLIANNE tient CHARLIE.


JOLIANNE

Est-ce qu'on y va ensemble?

Est-ce qu'on y va ensemble?


CHARLIE

Non!


JOLIANNE

Non, OK. Attends, c'est

correct, c'est correct.


CHARLIE

(Apeurée)

Moi, je ne veux

pas voir les oiseaux.


JOLIANNE

Pourquoi tu ne veux pas

voir les oiseaux?


CHARLIE

Parce que je ne veux pas les

voir. Je veux voir les poissons.


JOLIANNE

Tu veux voir les poissons,

mais pourquoi t'aimes pas

les oiseaux, t'as peur?


CHARLIE

Oui, j'ai peur.


JOLIANNE

Pourquoi t'as peur?


On entend des oiseaux crier.


ALEXIS

Elle a peur

parce qu'ils crient fort.


JOLIANNE

Parce qu'ils crient fort?


CHARLIE

Oui.


JOLIANNE

Oui, ils crient trop fort.

Bien non, bien non, regarde,

on va aller voir les autres

animaux, OK?


CHARLIE

OK.


MAGALIE LEBRUN

Je pense que le tempérament

peut avoir affaire dans toute

cette grande chose qui est

complexe de la peur. Dans le

sens où un enfant qui est plus

timide, qui est plus réservé,

risque plus de développer

des peurs qu'un enfant qui

est fonceur.


ALEXIS et CHARLIE regardent des petits rongeurs.


ALEXIS

Moi, Charlie, je n'ai

pas peur des rats. Ah!


MAGALIE LEBRUN

Il y a des enfants qui ont

besoin de voir. Ils ont juste

besoin de voir les autres

faire, puis après ça ils vont

être capables d'aller faire

l'activité. Si on les pousse

tout de suite, c'est comme

réfractaire, ils ont de la

misère, ils ont peur, ce n'est

pas la bonne chose à faire.

Ça fait que des fois juste de

les voir, de voir que les autres

amis peuvent le faire, puis

qu'il n'arrive rien, ça les

rassure puis ils sont capables

de faire l'activité avec plaisir

par la suite.


JULIE et ALEXIS sont devant un lézard.


JULIE

Tu ne vas pas lui toucher?

Pourquoi tu ne veux pas lui

toucher, Alexis? Touche-lui.


ALEXIS

Non, moi, j'ai peur.


JULIE

T'as peur. Regarde, regarde.


JULIE touche au lézard.


PASCAL

Regarde, papa va lui toucher

aussi.


PASCAL touche au lézard.


ALEXIS

Non, j'ai peur, j'ai peur.


PASCAL

Ah, ça chatouille!


JULIE

Pourquoi t'as peur, Alexis?


ALEXIS

Parce que j'ai peur des

lézards.


JOLIANNE

Pourquoi t'as peur des lézards,

mon grand?


PASCAL

Regarde, papa lui touche,

regarde.


ALEXIS

Parce que le lézard

c'est un animal pas gentil.


PASCAL (Narratrice)

Bien, il m'a expliqué, c'est

parce qu'il a vu un film avec un

lézard qui n'était pas gentil.

Ça fait que c'est pour ça que

là, les lézards... il est plus

craintif avec les lézards.


JULIE

(À la caméra)

Honnêtement, ils vont me

surprendre à tous les jours.

Laurence, qu'elle, elle a peur

des animaux, elle veut tout

toucher, elle veut tout voir.

Puis là, une fois qu'elle a

touché, c'est là qu'elle a peur,

mais au moins elle essaie.


PASCAL

Moi, ce que j'ai surtout

retenu, surtout quand Magalie

a parlé, c'est d'arrêter de

paniquer avec les peurs des

enfants puis d'y aller au jour

le jour. Puis un enfant c'est

normal que ça ait peur, donc

c'est notre travail à nous

de réconforter, de travailler

là-dessus, mais de ne pas

brusquer les choses puis de

ne pas paniquer, c'est normal.


JOLIANNE

Des fois, sur le coup, agir

sur le coup, des fois on est

toujours aussi bien de prendre

un petit peu de recul puis

recommencer. Puis que c'est

plus une intervention qu'une

réaction. Ça fait que je

trouvais ça le

fun de voir

le point de vue des autres.


JOËL

On attend qu'elle

se calme avant d'essayer

de faire de quoi.


JOLIANNE

Oui, c'est quelque chose qu'on

ne pense pas à faire. Tu sais,

c'est un réflexe de dire :

« Bien non, ça va. Bien non, il

n'y a rien là. » Tu sais, pour

nous il n'y a rien là. Mais

j'ai trouvé ça le

fun de voir

ça de l'autre côté... tu sais,

de se mettre à la place de

l'enfant. Je trouve que c'est

un bon truc puis c'est vraiment

ce qui m'est le plus resté.


Les membres des deux familles se remercient, se saluent et se disent au revoir.


NARRATEUR

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