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Parent un jour, parent toujours

Tips and tricks that help us reflect on what it takes to raise children, while shedding light on the experience of today's parents. Two likeable families meet for a weekend to join in all sorts of activities that will allow them to share insights on a specific theme linked to raising small children. A specialist joins the group to further the conversation on the subject and to suggest other solutions to daily challenges.

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Pride

Whether they were the subject of mockery, failed an exam or fell while skating, our kids are all eventually forced to face difficulties that make them question their self-worth.



Production year: 2012

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VIDEO TRANSCRIPT

Intertitre :
Album de familles


La photo d’une famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille Lebel-Turenne :

maman Nicole,

papa Francis, et leurs trois

beaux enfants.


FRANCIS TURENNE

On a Eva, 11 ans, Jasmine 8 ans

maintenant, il ne faut pas que

je me trompe. Et Colin, 3 ans.


COLIN LEBEL-TURENNE applaudit.


FRANCIS TURENNE

Yes!


La photo d’une autre famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille Lamothe-Brodeur :

maman Nadine,

papa David, et leur tribu.


DAVID BRODEUR

Ici on a Maélie, 5 ans.

On a Zachaël qui a bientôt

4 ans. On a Samantha qui

vient d’avoir 10 ans.

On a Thomas qui a 8 ans.


NARRATEUR

Ces parents

partagent la même passion pour

l’éducation de leurs enfants.

Ils se questionnent, entre

autres, sur les meilleures

méthodes à employer pour

favoriser l’estime de soi chez

leurs bambins. C’est pourquoi,

même s’ils ne se connaissent

pas, les deux familles ont

accepté de passer une fin

de semaine complète ensemble

pour échanger, réfléchir,

et se donner des trucs pour

favoriser l’estime de soi chez

leurs petits amours. D’autant

qu’il est désormais prouvé

qu’une bonne estime de soi

est le principal facteur de

prévention des difficultés

d’adaptation, d’apprentissage,

de dépression et de maladie

mentale chez l’enfant.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: Amour propre.


La famille Lebel-Turenne est à la maison et joue avec de la pâte à modeler.


NICOLE LEBEL donne une entrevue.


NICOLE LEBEL

C’est une énorme responsabilité

de leur transmettre la confiance

en soi parce qu’on sait que même

si on fait tout ce qu’on pense

qui est le meilleur, on risque

de faire des gaffes quand même,

tu sais.


JASMINE LEBEL-TURENNE

Moi aussi, je veux faire ça.


FRANCIS TURENNE donne une entrevue.


FRANCIS TURENNE

Avec nos enfants ce qu’on

essaie de transmettre

c’est d’oublier l’ego

le plus possible.

Ça fait que quand il

n’y a pas d’ego, t’as pas de

retiens bien qui t’empêche de

dire ce que tu penses au cas

que... Ça fait que ça laisse

aller les émotions, les

sentiments puis ce qu’ils

vivent.

Ils s’expriment parce

qu’ils n’ont pas trop

peur d’être jugés.


La famille est ensuite dans la cuisine et s’apprête à manger.


NICOLE LEBEL

(Poursuivant l’entrevue)

En général, je dirais qu’ils

ont une bonne estime d’eux.

C’est sûr qu’Eva, elle arrive

à l’âge où est-ce que, tu sais,

il y a beaucoup de... tu sais,

les filles c’est l’apparence.

Elle est plus vieille un petit

peu puis, tu sais, ça des fois

c’est plus difficile.


FRANCIS TURENNE

(Poursuivant l’entrevue)

Si t’es à l’écoute de ce qui

se passe puis de leurs humeurs,

puis que t’es présent avec ça,

bien tu composes avec ce qui

t’arrive puis tu réagis en

fonction. Tu sais, quand ils

sont de bonne humeur, bien on

est content puis on veut encore

savoir pourquoi qu’ils sont

de bonne humeur, tu sais.

Mais quand ils ne feelent pas,

on veut aussi crever l’abcès

puis aller voir c’est quoi

la souche en dessous de ça.


NICOLE LEBEL

Toi, Colin, aujourd’hui à

la garderie qu’est-ce que

t’as fait?


FRANCIS TURENNE

Qu’est-ce que t’as détruit?


NICOLE LEBEL

(Poursuivant l’entrevue)

J’ai trouvé ça vraiment

incroyable dernièrement.

Colin un moment donné, une

journée, il est revenu un soir

puis, tu sais, il ne feelait

pas. Puis j’ai dit : « Mais

qu’est-ce qui se passe? »

Puis je ne sais plus c’est

quel ami qui t’avait dit ça,

mais il disait que son quatre

roues, à son père, il allait

plus vite que celui à son...

tu sais. Ça fait que là, ils se

jugeaient selon la vitesse du

quatre roues du papa, tu sais.

Puis là, je lui ai expliqué à

Colin, j’ai dit : « C’est pas...

ça ne dérange rien le quatre

roues, tu sais, ce n’est pas

toi qui se fait attaquer, c’est

juste... c’est une machine.

Tu sais, ça n’a rien à voir

avec toi. »


GERMAIN DUCLOS, psychoéducateur, jouent avec les enfants des deux familles.


GERMAIN DUCLOS

Puis les singes, on

les met où les singes?


JASMINE LEBEL-TURENNE

Ici.


GERMAIN DUCLOS

Je suis certain que t’es

bonne, toi, là-dedans.


NARRATEUR

Germain Duclos est

psychoéducateur, orthopédagogue

et conférencier de renom.

Depuis plus de 40 ans, ce grand

homme se consacre au bien-être

des tout-petits. Son sujet de

prédilection : l’estime de soi.


GERMAIN DUCLOS

Là, ça va

être à toi à brasser tantôt.


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

Deux éléphants,

deux girafes.


GERMAIN DUCLOS donne une entrevue.


GERMAIN DUCLOS

C’est vague comme concept et

très peu de personnes savent

vraiment c’est quoi le sens

profond de l’estime de soi.

Pour donner une définition

simple, c’est comment je me

juge, quelle est ma valeur,

qu’est-ce que je vaux comme

personne.

Est-ce que je juge ma valeur

selon mon être, selon ma

personnalité, de ce que je suis?

Ou je juge ma valeur selon mon

apparence, selon mon rendement

ou selon la réputation que

j’ai? Le concept le plus

proche de l’estime de soi c’est

l’amour-propre. L’amour-propre

est un peu comme la composante

affective de l’estime de soi.

Alors amour-propre, estime

de soi, c’est très semblable.


La famille Lamothe-Brodeur joue à un jeu en famille.


DAVID BRODEUR donne une entrevue.


DAVID BRODEUR

Sam, j’ai l’impression, elle,

qu’elle a peut-être un petit

peu de misère, qu’elle se

sous-estime peut-être un peu.

Elle a... dans certains

domaines, mettons à l’école,

elle a plus de misère, elle va

se sous-estimer puis elle va

peut-être oser moins. Thomas,

lui, ça va peut-être être plus

le type qui va se surestimer

un peu.

Lui, il est capable, il est bon,

il court vite, il est bon à

l’école, il est bon dans à peu

près tout. Le petit Zachaël,

lui, il est comme trop petit,

je pense. À 4 ans, encore,

il n’a pas vraiment conscience

de rien. Maélie...


NADINE LAMOTHE

Maélie c’est plus un besoin...

besoin de se faire dire qu’elle

est bonne, je pense. Tu sais :

« Regarde maman, je fais ça.

Viens voir maman. »


DAVID BRODEUR

Oui, elle est peut-être

en quête d’identifier...

Justement, elle est peut-être

à faire son estime d’elle.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Le noyau de l’estime de

soi ça vient de la relation

d’attachement. Ça, c’est un

concept excessivement important

alors dans le développement

de l’être humain. Et quand le

jeune enfant ou l’enfant s’est

senti aimé, alors comment qu’il

l’interprète : si j’ai été aimé

comme personne, j’ai une valeur.

Donc je suis aimable, alors je

peux me permettre à ce moment-là

d’aimer d’autres personnes.


NADINE LAMOTHE aide THOMAS LAMOTHE-BRODEUR avec ses devoirs.


NADINE LAMOTHE

Une fée?


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

F-É-E.


NADINE LAMOTHE

Fumée?


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

F-U-M-É-E.


NADINE LAMOTHE

Fusée?


NADINE LAMOTHE

(Poursuivant l’entrevue)

Ce qui caractérise Thomas au

niveau de l’estime, c’est...

Thomas, c’est les extrêmes.

Quand il est bon dans quelque

chose, il aime qu’on le sache,

puis là, il va être très très

fier de lui, il va se valoriser

énormément. Mais Thomas a peur

de la nouveauté un petit peu.

Donc si on lui propose quelque

chose de relativement nouveau et

qu’il n’est pas certain, souvent

il va préférer se retirer, il va

préférer refuser de le faire,

de l’essayer. Donc s’il risque

d’échouer, de ne pas l’avoir

du premier coup, là, ça ne fera

pas son affaire et là, il va

dire : « Bien, moi, je ne

suis pas bon là-dedans. Moi,

je suis poche. » Ça fait que

plutôt que de vivre l’échec,

il va préférer se retirer

puis refuser de le faire.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Ce qui est important de

savoir, il faut que les enfants

deviennent des apprentis sages.

Très peu de personnes sont

conscientes d’où vient le

mot apprentissage. Le mot

apprentissage vient du

Moyen-Âge. Au Moyen-Âge, il y

avait des grands maîtres qui

construisaient des cathédrales

puis des châteaux en Europe,

d’un pays à l’autre. Ces

grands maîtres-là aujourd’hui

qu’on nommerait ingénieurs

ou architectes, ils

engageaient des apprentis. Mais

l’apprenti qui est ambitieux,

perfectionniste, qui veut être

compétent dès le début, il

était congédié très rapidement.

Ce n’était pas un apprenti sage.

L’apprenti qui était sage,

c’était celui qui acceptait de

faire des erreurs. Puis c’est

justement en faisant des

erreurs qu’il pouvait regarder

les autres ouvriers, essayer

leurs moyens, les évaluer,

accepter qu’on m’enseigne

des choses. Et par essais

et erreurs, avec les années,

il intégrait des compétences,

puis un jour il pouvait devenir

un maître, c’était un apprenti

sage. Moi, j’ai tellement vu

d’enfants qui étaient exigeants

vis-à-vis eux-mêmes ou

perfectionnistes. Et en début

de carrière je me disais :

« Ils doivent avoir des

parents exigeants vis-à-vis

de l’enfant. » Parfois oui,

mais parfois non. Puis je

ne comprenais pas pourquoi.

Pour comprendre, c’était des

parents souvent exigeants

vis-à-vis eux-mêmes, sans

l’être vis-à-vis l’enfant.

Tout enfant, par processus

d’identification, se sent

l’obligation d’être le digne

fils ou la digne fille d’un

parent si parfait. Alors je

dis à des parents : « De toute

façon, dites-leur, devant

vos enfants, que vous faites

des erreurs. Puis ce n’est

pas plus grave que ça. »


La famille Lamothe-Brodeur rend visite à la famille Lebel-Turenne.


DAVID BRODEUR

Bonjour!


NICOLE LEBEL

Bonjour!


NADINE LAMOTHE

Allo! Allo!


NARRATEUR

Quoi de mieux pour

faire plus ample connaissance

que de partager ses passions.

Les enfants ont préparé

un spectacle en donnant

la responsabilité à leurs

parents de les présenter.


NICOLE LEBEL

Je vais vous présenter le

danseur Colin qui a un sens

du rythme incroyable. Dès

qu’il entend de la musique,

il se déhanche. Il fait

des mouvements vraiment

acrobatiques.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

L’estime de soi d’un jeune enfant est

dépendante des feedbacks

ou des rétroactions ou des

jugements de l’extérieur.

Ça veut dire que plus vous êtes

important ou importante pour

un enfant, plus vos propos, vos

commentaires à son égard, vous

pouvez beaucoup favoriser son

estime d’elle-même, comme aussi

vous pouvez être destructeur.

Parce que la relation

d’attachement, c’est une

arme à deux tranchants.


NICOLE LEBEL

(Commentant l’activité)

Je trouve ça fabuleux de voir

leurs yeux briller. Autant

avant de commencer, ils

sentent comme que l’attention

est sur eux, puis ça c’est

extraordinaire. Ils ont toute

l’énergie de ceux qui les

regardent. Puis après, quand

on les applaudit, c’est...

En même temps, ils sont...

c’est un peu une preuve de

courage. Tu sais, de passer

par-dessus ses peurs, bien

ça nous donne encore plus

confiance en nous après.

Je trouve ça super beau.


DAVID BRODEUR

Alors je vous présente

Zachaël, notre petit clown,

notre petit boute-en-train

qui aime prendre la place,

faire le petit comique.

Ah, oui, t’es capable.

Allez, viens.


ENSEMBLE

Zachaël! Zachaël! Zachaël!

Zachaël! Zachaël!


DAVID BRODEUR

Regarde maman, elle te parle.


NADINE LAMOTHE

Zachaël, est-ce

que tu veux que Maélie

fasse la sienne avant toi?


ZACHAËL LAMOTHE-BRODEUR

Oui.


NADINE LAMOTHE

Après, tu vas-tu la faire?


ZACHAËL LAMOTHE-BRODEUR

Oui.


DAVID BRODEUR

Alors je vous présente

Maélie. Maélie c’est la

petite vedette. OK, je te

laisse chanter ta chanson.


MAÉLI LAMOTHE-BRODEUR

♪ Au clair de la lune ♪

♪ Mon ami Pierrot ♪


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Développer

l’estime de soi d’un enfant

ce n’est pas de lui dire :

« Tu es fin, tu es gentil,

tu es intelligent. » Vous

pouvez le dire si ça vous

tente, mais ce n’est pas ça

qui travaille l’estime de soi

parce que c’est un jugement

tout à fait arbitraire.


MAÉLI LAMOTHE-BRODEUR

♪ Pour l’amour de Dieu ♪


GERMAIN DUCLOS

Si on dit par exemple : « T’es

débrouillard. » Je ne travaille

pas l’estime de soi. Si je lui

dis : « Te souviens-tu, quand

t’es arrivé de l’école, tes

parents n’étaient pas arrivés,

la porte était barrée à la

maison, et t’as été chercher

la clé chez le voisin? Puis

une autre fois, il te manquait

un livre pour faire un devoir

et t’as appelé un copain.

Cette action-là veut dire

débrouillard. » Ça, ça du sens.

C’est de dire en parole des

gestes concrets qu’il a fait.

Alors ce n’est pas le fait qu’un

enfant fasse quelque chose de

positif ou qu’il vive un petit

succès qui est important,

c’est de le dire. Autrement,

il ne le saurait jamais.

Parce qu’écoutez, il y a

des personnes qui ont...

il y a des enfants, il y a

des adultes aussi, qui ont

des belles qualités, qui ont

des compétences observables,

tout le monde le voit,

tout le monde le constate,

sauf la personne elle-même.


ZACHAËL LAMOTHE-BRODEUR finit par chanter sa comptine.


NADINE LAMOTHE

Bravo!

(Commentant par la suite)

Quand Zachaël ne voulait pas le

faire, c’est sûr qu’on a essayé

un petit peu parce que des fois

je pense qu’il faut aller

vérifier : c’est-tu parce qu’il

veut se laisser désirer aussi?

Tu sais, ça aurait pu, tu sais,

surtout connaissant nos enfants

aussi, Zachaël aime ça un petit

peu jouer là-dessus, aller avec

la contradiction. Mais là, on a

vu que non, il y avait vraiment

une gêne, il y avait vraiment

un blocage. Donc là, je pense

qu’insister ça n’aurait pas été

la bonne attitude à adopter.

On serait allés vers le négatif

puis ce n’était pas ça le

but, c’était de les remonter

par ce petit spectacle-là.


Plus tard, les deux familles se rendent à l’aréna pour patiner.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Un moment donné lorsque

l’enfant on lui présente quelque

chose puis qu’il ne veut pas

le faire, il faut essayer de

décoder. Si c’est l’enfant

qui juge qu’il n’a pas les

capacités, ça va être important

que le parent lui souligne

les succès qu’il a vécus dans

le passé. « Te souviens-tu,

tu ne voulais pas faire quelque

chose, tu disais que tu n’étais

pas capable. Mais t’as réussi

quand même à le faire. » On

réactive le souvenir de ses

succès passés pour lui donner

l’espoir de réussir. Si c’est

un enfant qui est trop exigeant

vis-à-vis lui-même, alors à ce

moment-là c’est parce que c’est

l’enfant qui vit un stress

de performance. Alors tu vas

dire : « Écoute, ça se peut que

tu fasses des erreurs, mais

ce n’est pas grave ça. Alors

n’importe qui fait des erreurs. »


DAVID BRODEUR

(S’adressant à MAÉLI LAMOTHE-BRODEUR)

L’année passée, tu te

rappelles, tu te tenais

tout seul?


SAMANTHA LAMOTHE-BRODEUR

Je suis plus habituée de faire

du patin à roues alignées fait

que j’ai l’impression que je

freine en pliant mon genou puis

mettre mon pied dans les airs.

Mais ça ne marche pas avec

les patins à glace. Je ne suis

pas bien bonne, j’ai peur.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Par exemple, une petite fille

de 8 ans : « Je ne suis pas

bonne. Je ne suis pas belle.

J’ai des boutons. Je n’ai pas

d’amis... » Puis tout ça. Bon,

le parent entend cette petite

fille-là dire ça, se déprécier

comme ça verbalement. Il dit :

« Écoute, je te défends de

parler contre ma fille. »

Alors finalement les enfants

sont un peu comme surpris.

« Alors si tu parles contre un

de mes amis de façon injuste,

ça va me fâcher, je vais le

défendre. Tu parles contre

ma propre fille. Moi, je ne

peux pas l’accepter que tu

te détruises devant moi. »

Ça, c’est bien important.


FRANCIS TURENNE

C’est beau Jasmine!

Wow! C’est super ça!

Championne. On continue.

Wow! Tu prends

vraiment de la vitesse.


DAVID BRODEUR

Ça va bien. Ça va bien. Maélie

est bonne. Si elle veut lâcher

la... Tu veux-tu essayer de

patiner pas avec l’appui?


MAÉLI LAMOTHE-BRODEUR

Non.


DAVID BRODEUR

Un petit bout.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Il faut dire que l’enfant

va beaucoup plus facilement

accepter qu’il a des difficultés

quand ils se rendent compte que

tout le monde a des difficultés.

Alors d’autres enfants ont

des difficultés. Toi, t’as

des difficultés à partager.

Mais un autre, sa difficulté

c’est dans les sports. Un

autre, sa difficulté c’est

d’attendre son tour... Alors,

on a tous des difficultés.

Alors finalement... mais ce

qu’ils disent : « Oui, t’as une

difficulté. Moi, comme parent,

j’ai la difficulté des fois à

arriver à temps, des fois à...

Mais qu’est-ce que tu vas faire

pour surmonter ta difficulté? »

C’est qu’on fait un acte de foi

dans la capacité de l’enfant.


Les enfants patinent, tombent et se relèvent.


GERMAIN DUCLOS

​[Poursuivant l’entrevue]

Il faut avoir des attentes

vis-à-vis des enfants. Parce

que si on n’a aucune attente,

c’est comme un jugement des

compétences. Alors ça veut dire

que si on n’a aucune attente,

comment l’enfant le ressent :

on ne me considère pas assez

intelligent pour relever des

défis. Alors l’important c’est

d’avoir des attentes qui sont

réalistes. Mais il faut situer

l’enfant pour qu’il devienne

grand. Élever un enfant, moi,

c’est ça que ça veut dire :

l’élever.


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

Je ne suis pas très bon.


DAVID BRODEUR

(Commentant l’activité)

Je pense que c’est

juste d’essayer de l’aider à

aimer l’activité,

that's it.

Tu sais, quand même qu’il ne

patinerait pas la première

année, ce n’est pas grave,

ce n’est pas une compétition.

Il ne faut pas qu’il soit bon

tout de suite. Juste d’aimer le

sport puis il va le développer

par lui-même après. On est

tous tombés en commençant

nous autres aussi.


Plus tard, les parents font des massages à leurs enfants.


NADINE LAMOTHE

Qu’est-ce qui fait du bien?


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

Dans le milieu du dos.


NADINE LAMOTHE

Ça fait du bien

dans le milieu du dos?


THOMAS LAMOTHE-BRODEUR

Oui.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Chez l’enfant, de 0 à 7 ans,

l’estime de soi est dépendante

des relations que l’enfant

vit avec l’extérieur. Mais

après ça c’est l’estime de

soi corporelle.

Quand l’enfant s’est senti aimé

dans son corps : il avait froid,

on l’a réchauffé. Il était

mouillé, on a changé de

couche. Il avait faim...

Alors comment il le ressent,

c’est que mon corps a une valeur

parce qu’on s’en est occupé.

Mais si je me suis senti négligé

dans mon corps, à ce moment-là

les personnes les plus

importantes dans ma vie n’ont

pas donné de valeur, ils l’ont

négligé. Et ça, ça va être plus

difficile.


NARRATEUR

Les enfants au

lit, épuisés après une journée

d’activités, les parents se

retrouvent entre adultes pour

le repas afin de poursuivre

leur échange sur l’estime

de soi avec Germain Duclos.


FRANCIS TURENNE

Ça me fait plaisir de

vous accueillir à la maison.


NADINE LAMOTHE

Bien, merci!


DAVID BRODEUR

Bien, merci beaucoup!


NADINE LAMOTHE

Monsieur Duclos, moi, j’avais

une question. Je me demandais,

nous, vous savez, on a quatre

enfants, et on parlait de

l’estime de soi. Ce que

je trouve difficile c’est,

par exemple, valoriser un

de mes enfants sur quelque

chose qu’il a fait de bien,

quand je le sais que pour

un autre de mes enfants

c’est quelque chose

de plus difficile.

Tu sais, je trouve qu’à

ce moment-là c’est dur que

l’autre entende puis qu’il

fasse : « Bien, c’est ça, moi,

je ne suis pas bon là-dedans

puis l’autre est bon. »

Ça amène, veut veut pas,

une comparaison que je n’aime

pas. Mais en même temps, celui

qui a fait quelque chose de

bien, bien il faut que je le

récompense, puis je ne veux

pas le faire en cachette,

ça mérite d’être récompensé.

C’est difficile, je trouve,

avec la famille nombreuse

d’éviter ces comparaisons-là.


GERMAIN DUCLOS

Ah, bien ça c’est tout à

fait... Écoutez, c’est tout

à fait classique ce que vous

me posez comme question. Dans

les familles, lorsqu’il y a

plus que deux enfants, comme

si le fait de féliciter, ça

enlevait quelque chose à

l’autre. OK, bon. Alors à ce

moment-là, les enfants vont

facilement accepter qu’on

félicite un enfant si lui-même

on lui a reconnu des forces

dans d’autres circonstances

ou dans d’autres... Alors qu’on

lui a souligné ses capacités

puis tout ça. Mais la façon

la plus efficace de créer la

compétition entre les enfants,

c’est donner toujours les

choses égales aux enfants.

On confond justice et équité.

Ce qu’un enfant a besoin,

dans le fond, c’est équité.

En autant qu’il n’y ait pas

d’injustice importante. Vous

savez, il y a deux catégories

de personnes dans la société

qui ont plus de difficulté

à développer leur estime

d’elle-même comme personne.

D’abord, les personnes qui

vivent des échecs régulièrement.

Ça, on peut facilement

comprendre. Mais un autre

type de personnes, c’est les

personnes perfectionnistes.

Moi, je ne connais personne

perfectionniste qui a une bonne

estime de soi. Pourquoi? Parce

que ces personnes-là jouissent

rarement d’un succès. Elles

sont toujours déçues d’elles-mêmes.

« J’ai fait une erreur.

Ça aurait pu être mieux.

Pourquoi... » Alors ça veut

dire à ce moment-là qu’elles

courent toujours après la lune,

mais elles n’atteignent jamais

la lune, tu sais. Alors en quoi

la personne perfectionniste

juge de sa valeur? C’est

l’apparence, qu’est-ce

que les autres vont dire,

qu’est-ce que ça aura l’air.


NICOLE LEBEL

Il arrive des fois des

situations à l’école avec

les autres dans l’entourage

où est-ce que les enfants sont

confrontés au regard d’autrui,

où est-ce qu’ils se font dire

quelque chose comme : « Ah,

je n’aime pas tes pantalons

ou t’es pas bonne pour faire

ça ou t’es trop petite. »

Jasmine, elle s’est fait dire

par exemple : « T’es trop

petite pour aller dans cette

glissade-là, tu n’as pas le

droit d’y aller. » Puis ça

l’a blessée. Puis j’essaie

de lui faire comprendre que

le regard des autres n’est

pas important. Ça n’enlève

pas de valeur à ce qu’elle est.

Ce que les autres pensent,

ça ne la concerne pas dans le

fond. Puis je veux lui faire

comprendre ça, mais des fois

je suis à court d’arguments.

Avez-vous des bons arguments

pour que je la convainque de

ça?


GERMAIN DUCLOS

OK. L’estime de soi, jusqu’à

7, 8 ans, ou la base d’estime

de soi ou les préalables de

l’estime de soi est tout à

fait dépendante du regard

des autres, du feedback

qu’on leur donne et tout ça.

Mais la vraie estime de soi, qui

est un jugement, qu’est-ce que

je vaux comme personne, quelle

est ma valeur, c’est à partir

de 7, 8 ans avec l’apparition

du jugement logique.

Parce qu’il est capable

de se regarder aller

et poser un jugement.


NADINE LAMOTHE

Dans le fond, quelles sont

les erreurs? Qu’elles sont les

choses qu’il ne faut pas faire

qui seraient susceptibles de

vraiment nuire à l’estime

de soi de nos enfants?

Les pièges dans lesquels

il ne faut pas tomber.


GERMAIN DUCLOS

Je suis vraiment fondamental,

moi, bien sûr. Alors ce qui

nuit le plus à l’estime de

soi c’est la négligence.

C’est-à-dire que si on le

néglige au niveau psychologique,

quand par exemple un parent qui

n’est pas assez présent, qui

n’est pas assez... qui ne donne

pas assez de temps à l’enfant.

Négligence corporelle aussi.

C’est-à-dire qu’il n’est pas

habillé convenablement, il

n’a pas... Ça veut dire à ce

moment-là si un enfant est

négligé, comment il le

ressent : « Je n’ai pas

assez d’importance pour

qu’on s’occupe de moi. »


NADINE LAMOTHE

OK.


GERMAIN DUCLOS

Alors aussi qu’est-ce qui est

nuit à l’estime de soi c’est

comparer un enfant à un autre

à son désavantage. Nommer des

notes devant tout le monde.

C’est tout ce qui touche à

la fierté.


Le lendemain, les parents affrontent les enfants dans un jeu qui consiste à coller une nageoire sur une baleine au mur en ayant les yeux bandés.


NADINE LAMOTHE

OK, attention.


PARENTS

Les meilleurs c’est

les parents!

Vous allez perdre!

Vous allez perdre!


ENFANTS

On va gagner!


DAVID BRODEUR

On va bander nos yeux, on

va vous faire tourner. On va

viser, là, pour les points

ça va être la zone du milieu.

Celui qui sera le plus près

du centre va gagner.


NICOLE LEBEL

Ah, Colin!


FRANCIS TURENNE

Colin, c’est à

ton tour de venir le coller.


COLIN LAMOTHE-BRODEUR

Bien moi, je ne voulais pas.


NADINE LAMOTHE

Colin, tu ne veux pas

essayer de coller la nageoire

sur la grosse baleine?


DAVID BRODEUR

On va gagner

par défaut.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Vous avez le choix de

travailler l’estime de soi de

votre enfant, ça vous regarde.

Mais si vous ne cherchez pas à

développer l’estime de soi de

votre enfant, au moins il faut

faire attention pour travailler

contre l’estime de soi.

Travailler contre l’estime de

soi, le principal facteur c’est

les mots qui blessent : « T’es

paresseux, t’es lent, t’es têtu,

t’es sans dessein... » Ce n’est

pas dire un mot blessant qui

perturbe un enfant. Écoutez, on

n’est pas des robots, on peut

avoir des paroles qui dépassent

parfois notre pensée. C’est

lorsque c’est fréquent. Alors

les mots blessants c’est de

la violence verbale. On viole

la dignité, la fierté et

surtout l’estime de soi,

le sentiment de sa valeur.


NARRATEUR

Après avoir

développé une profonde relation

d’attachement avec nous, les

parents, ce qui est la base de

l’estime de soi, notre enfant,

en vieillissant, s’ouvrent

au monde social. En vivant

d’autres relations avec des

amis, il prend conscience de

sa valeur. Et c’est en nous

observant dans nos propres

relations avec les autres

que notre petit développe

ses habiletés sociales.


FRANCIS TURENNE

Il y a deux adultes

et puis il y a Jasmine aussi

qui est pas mal dessus.


NICOLE LEBEL

Alors le verdict?


FRANCIS TURENNE

Bien, je pense que

les parents ont gagné.


DAVID BRODEUR

(Commentant l’activité)

De se sentir accepté puis

apprécié de ses pairs, ça va

aider l’enfant à se valoriser

lui-même. De savoir, tu sais,

qu’il est capable dans la

société d’avancer puis de se

faire accepter par les autres.


FRANCIS TURENNE

(Commentant l’activité)

Puis aussi c’est le support des

autres. Les autres sont là pour

te supporter, même des fois

dans la défaite, mais

ils sont quand même là.

Puis dans les succès, bien

tu peux célébrer le succès d’un

autre aussi dans ton groupe,

qui n’est pas nécessairement

le tien, mais qu’en faisant

partie du même groupe, ça

devient ton succès aussi.


Plus tard, les deux familles font du bricolage.


NADINE LAMOTHE

Papa, moi et les parents

des autres amis, on a cherché

des petits moments qui étaient

importants pour vous parce

que vous vivez des belles

choses, vous faites des belles

réussites. Des choses dont on

sait, en tant que parent, qui

ont été importantes pour vous,

dont vous êtes fiers. Alors

on va vous présenter la photo

qu’on a choisie. Après ça,

on va décorer notre carton.

Alors c’est un petit peu notre

bricolage des réussites. Ça va?


NARRATEUR

Quatre ingrédients

de base composent l’estime de

soi : le sentiment de sécurité

et de confiance, la connaissance

de soi, le sentiment

d’appartenance et le

sentiment de compétence.


NICOLE LEBEL

Bien, aujourd’hui on tient

à souligner une des belles

réussites de Jasmine. En

fait, c’est une de ses belles

qualités. Jasmine est très

curieuse de tout ce qui touche

la nature. Puis cet été, quand

on était en vacances à la mer,

on a découvert les petits

bernard-l’hermite. Puis Jasmine

s’est mise à vraiment les

chasser, les poursuivre

et s’amuser follement avec

ces petites bibittes-là qui

étaient quand même un petit

peu bizarres. Puis elle est

très délicate aussi, elle fait

vraiment attention pour ne pas

les blesser, pour ne pas les

tuer puis qu’ils retournent

après dans leur habitat

naturel. Fait que je suis

très fière de toi.


GERMAIN DUCLOS

(Poursuivant l’entrevue)

Quand un enfant intègre

l’estime de soi dans ses

relations avec ses parents

puis l’entourage, c’est le

plus précieux héritage qu’on

peut donner à un enfant. Parce

que qu’on le veuille ou non,

plus tard l’enfant va vivre des

difficultés, va peut-être vivre

des échecs ou des épreuves.

Et pour surmonter une épreuve ou

pour surmonter une difficulté,

il faut qu’il aille chercher

ses ressources, ses forces, ses

capacités, mais il faut qu’il

en soit conscient. Et il en

sera conscient si on lui dit,

si on lui confirme et s’il

est capable de se le dire

lui-même, de s’autogratifier

et de se confirmer ses

propres compétences.


Dans une animation, un bébé grandit, sa mère lui prend la main et l’embrasse. Le bébé, devenu enfant, devient adulte, prend sa valise et quitte la maison.


NADINE LAMOTHE

(Commentant par la suite)

L’expérience a passé très vite.

Je pense que le message qu’on

a retenu c’est qu’on sert de

modèle à nos enfants, que ça

part de nous l’estime de soi.

Les enfants nous regardent

aller. Si nous, on se

fait confiance dans nos

interventions, bien je pense

qu’ils vont un petit peu

prendre ce modèle-là puis

ils vont foncer là-dedans.

Mais que si nous on n’est

pas sûr, c’est un peu l’image

d’incertitude qu’on va laisser

aux enfants. Donc c’est

d’abord de se faire confiance,

hein, puis de complimenter.

Je pense que c’est un des

mots qui est revenu aussi...


DAVID BRODEUR

(Commentant par la suite)

De ne pas avoir peur de les

soutenir dans l’erreur, mais

de ne pas avoir peur de les

féliciter non plus quand

ils font des bons coups.


NICOLE LEBEL

(Commentant par la suite)

Moi, ce que j’ai beaucoup

apprécié c’est l’importance de

la façon de le dire aux enfants.

Tu sais, déjà on les récompense

beaucoup, on fait attention de

vraiment toujours leur dire

leurs bons coups, mais là,

vraiment de concrétiser.

Tu sais, de dire : « Je suis

fière de toi parce que t’as fait

ça, ça, ça, de telle façon. »

Tu sais, de continuer

dans l’idée... pour moi,

ça, je pense que c’est la

partie que je vais faire

le plus attention.


FRANCIS TURENNE

(Commentant par la suite)

Il faut laisser la chance aux

enfants de se reprendre puis de

prendre le temps qu’ils ont de

besoin pour accomplir ce qu’ils

ont à accomplir. De ne pas

vouloir aller trop vite, de ne

pas les bousculer là-dedans.


Les deux familles se saluent et se quittent ensuite.


NADINE LAMOTHE

Hé, bye bye!


FRANCIS TURENNE

À la prochaine!


NADINE LAMOTHE

À la prochaine!

C’était vraiment le

fun.


DAVID BRODEUR

Vas-tu revenir chez nous?


FRANCIS TURENNE

Bye bye!

À la prochaine!


NADINE LAMOTHE

Bye!


NICOLE LEBEL

Salut!


NARRATEUR

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d’apprentissage simple d’accès

pour apprendre à vos enfants

les mesures de sécurité les

plus courantes, rendez-vous

sur le site de

Parent un jour

parent toujours à l’adresse :

tfo.org/parent. Nous vous

invitons aussi à télécharger

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