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Parent un jour, parent toujours

Tips and tricks that help us reflect on what it takes to raise children, while shedding light on the experience of today's parents. Two likeable families meet for a weekend to join in all sorts of activities that will allow them to share insights on a specific theme linked to raising small children. A specialist joins the group to further the conversation on the subject and to suggest other solutions to daily challenges.

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To Each His Own

A pink blanket, dolls and dresses for little girls, and blue clothes, trucks and short hair for boys. Some stereotypes are stubborn and sometimes influence our choices as parents.



Production year: 2012

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VIDEO TRANSCRIPT

Intertitre :
Album de familles


NARRATEUR

Voici la famille

Boulard-Martin: maman

Marianik, papa Sylvain

et leurs deux bambins.


SYLVAIN présente ses deux enfants.


SYLVAIN

Je vous présente ma petite

famille. Fanny, dit Bouboune,

elle a 2 1/2 ans. Coco, bien

Lucas en fait son prénom, dit

Coco, qui a 6 mois bientôt.


NARRATEUR

Voici la famille

Clermont-Roy: maman Julie,

papa Christian et leurs

quatre beaux enfants.


JULIE présente ses enfants.


JULIE

Noémie, ma plus grande,

qui a 7 ans. Nathan, mon plus

grand, qui a 6 ans. Antonin,

le garçon du milieu, qui a

5 ans. Et mon petit dernier,

Alexis, qui a 4 ans.


NARRATEUR

Ces parents, qui ne

se connaissent pas, ont accepté

de passer une fin de semaine

ensemble pour réfléchir, se

donner des trucs, échanger sur

l'art d'éduquer un garçon et

une fille. Comment favoriser

le développement moteur, verbal,

émotif et social de nos enfants

en tenant compte du genre,

sans toutefois tomber dans

les stéréotypes? Chaque enfant

a sa personnalité propre,

mais il existe des différences

fondamentales entre les

garçons et les filles qui

doivent être prises en

considération dans l'éducation.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: À chacun son genre!


Sur une rue, MARIANIK pose une couverture sur la poussette de LUCAS.


MARIANIK

Lucas a une couverture rose

parce que sa soeur est venue

en premier en fait. C'est sûr

que si lui était né avant,

il aurait une couverture bleue

automatiquement. Je ne sais pas

profondément pourquoi, mais

c'est ça, quand les gens me

disent: « Ah, la belle petite

fille! », j'ai un petit quelque

chose. Tu sais, j'aime ça

rapidement rectifier puis

dire: « Non, non, c'est

un petit garçon. C'est juste

qu'il a une soeur avant lui. »


Sur la rue, une passante se penche vers LUCAS.


La PASSANTE témoigne.


PASSANTE

Ah, c'est une fille! Là, on

me dit: « Non, non, c'est

un garçon. » On se fit sur

les couleurs pour distinguer

parce qu'à cet âge-là on ne

sait pas si c'est une fille

ou un garçon.


SYLVAIN entre chez lui. Il embrasse MARIANIK et ses enfants.


MARIANIK et SYLVAIN témoignent.


MARIANIK

Fanny adore le rose,

elle adore... comme sa

maman. Quand j'étais jeune,

j'étais pareil en fait.

Donc elle adore tout ce qui

est princesse, les poupées.


SYLVAIN

Elle tripe sur

les vêtements. C'est elle

qui choisit ses vêtements.


MARIANIK

Comme sa robe

coccinelle, mon Dieu, elle

l'a mise... elle voulait la

mettre tous les jours cet

été. Tu sais, comme, elle

adore ça se mettre en robe.


SYLVAIN joue avec FANNY.


MARIANIK joue avec LUCAS.


MARIANIK

Oh, le

beau camion rouge!


MARIANIK (Narratrice)

J'ai un petit garçon, donc je

m'en vais maintenant dans le

rayon des gars pour lui acheter

des vêtements. Puis notre

garderie aussi a fermé et elle

vendait des jouets et ça été

automatique, j'ai vu un camion,

une grosse pelle mécanique,

j'ai sauté dessus parce que

je savais qu'un jour mon garçon

voudrait sûrement jouer avec.


SYLVAIN soulève FANNY et la retourne.


MARIANIK

Au début, quand on a eu Fanny,

je voyais Sylvain lui faire

faire des pirouettes et tout

ça, puis à chaque fois j'avais

comme le coeur qui m'arrêtait.

Je fais : « Doucement,

je n'aime pas ça. » Puis je me

rends compte qu'avec Lucas ça

ne me fait pas du tout le même

effet. Mais lui, il pense que

c'est le fait que je me sois

habituée à le voir faire faire

des pirouettes, mais je pense

que moi, j'attribue ça plus

au fait que ce soit un garçon.

Puis tu sais, juste à le

regarder, il est fait plus

costaud, donc j'ai comme

moins peur qu'il lui fasse

mal. Ou je ne sais pas,

c'est psychologique.


SYLVAIN

Depuis qu'ils sont tout-petits

puis jusqu'à tant qu'ils

sortent de la maison, bien,

je vais essayer de les outiller

pour qu'ils puissent être

autonomes, faire leurs choix,

aimer des choses et puis

essayer de se dépasser

dans ces choses-là.

Donc ou Fanny, ou Lucas. Puis

après le sexe fait que ça va

peut-être les amener dans une

direction différente, mais

ce n'est pas ça qui va

guider mon éducation, c'est

plus bonheur et confiance.


MARIANIK

C'est de leur donner

les mêmes valeurs dans le fond.


SYLVAIN

Oui.


Dans une chambre, GENEVIÈVE LABELLE joue avec des enfants. Elle tient une poupée.


GENEVIÈVE LABELLE

Il s'appelle Coquin?

Ah oui, pourquoi?


NOÉMIE

Parce qu'il est coquin.


NARRATEUR

Geneviève Labelle

est sexologue. Elle s'intéresse

au développement sexuel

des enfants et depuis

2009, elle anime des

ateliers sur le sujet.


GENEVIÈVE LABELLE sexologue, explique.


GENEVIÈVE LABELLE

Ce serait difficile de penser

qu'on pourrait élever des

enfants de sexe différent de la

même façon parce qu'il y a des

différences gars/fille, il y

a des différences homme/femme.

Est-ce que les deux sexes sont

égaux? Bien sûr. Mais est-ce

qu'ils sont pareils? Non, pas

du tout. On arrive de loin.

On a été vraiment vraiment

stéréotypé: les garçons d'un

côté, les filles de l'autre,

avec des métiers, avec des

rôles, avec des choses très très

fermées pour chacun des sexes.

On est en train d'ouvrir ça.

Il y a quelque chose de beau

qui se passe là-dedans, mais

il y a quelque chose aussi de

paniquant, hein, parce qu'on ne

sait plus. Il y a quelque chose

d'intéressant dans le fait de

pouvoir être différent comme

homme, être différente comme

femme. Il y a quelque chose de

paniquant parce qu'on ne sait

plus être homme, on ne sait

plus être femme. Il faut faire

attention aussi parce qu'on

a tendance des fois à vouloir

tomber dans l'autre extrême.

Quand on fait un changement, ce

n'est pas rare qu'on passe d'un

extrême pour aller à l'autre.

L'autre extrême ce serait de

nier qu'il y a des différences

homme/femme. Ce qui serait

souhaitable ce serait que

le balancier se positionne

au milieu entre ces deux

extrêmes-là.


Sur une animation, on voit un personnage de garçon mettre une poupée dans un camion jouet.


Dans un salon, NOÉMIE et NATHAN jouent.


NOÉMIE

Bien, celui qui aime

le plus les colliers puis

les Barbies, bien c'est

le plus grand frère, Nathan.


NATHAN

C'est ma Barbie préférée,

elle s'appelle Jasmine.

Parce que je la trouve belle.


ANTONIN s'amuse avec des petites voitures jouets.


JULIE et CHRISTIAN témoignent.


JULIE

Ils font beaucoup de mixtes

aussi, gars/fille, c'est ça.

Des autos dans un château

de princesse, des Barbies

puis des super héros.

Tu sais, ils viennent sauver

la princesse. Ça fait qu'on

dirait que le mixte se fait.


NOÉMIE

Des fois je mets

des colliers à mes petits

frères pour le

fun ou

pour jouer aux Barbies.


JULIE

Quand ils étaient plus petits,

les gars, elle pouvait les

déguiser en n'importe quoi

puis leur faire n'importe quoi

puis c'était drôle puis c'était

le fun,

les talons hauts,

clac clac clac clac partout.


CHRISTIAN

La première fois je vois

arriver mes trois gars

habillés en princesse, tous

en talons hauts, c'est comme...


CHRISTIAN mime l'étonnement.


CHRISTIAN

C'est bizarre, hein.


Il rit.


CHRISTIAN

Puis tu sais, en plus ils

n'ont pas des traits féminins,

ça fait que ça fait comme...

hi... méchantes princesses.


JULIE

Bien oui, ils font

de la danse. Bien oui, ils

se déguisent, on leur met du

Cutex. Bien pour moi c'était

toutes des choses un peu comme

normales parce que je me dis...

tu sais, c'est toujours... le

gars ne peut jamais rien faire

puis la fille, elle a le droit

aux barrettes, aux élastiques,

au maquillage...


GENEVIÈVE LABELLE

Il y a des garçons qui vont

être plus féminins que d'autres.

Il y a des garçons qui vont

aimer jouer aux poupées.

Pour plusieurs ça va être une

période de leur développement.

Ils vont passer six mois à

se costumer en princesse, un

moment donné ils vont passer à

d'autres choses. Ce n'est pas

nécessairement inquiétant, ça

fait partie de qui ils sont.

Hein, la masculinité ça va

s'exprimer sur un continuum

aussi, ce n'est pas tout le

monde qui est à 100% masculin,

puis c'est très bien comme

ça aussi. Un petit garçon par

exemple qui dirait: « Je suis

une fille et moi plus tard...

je n'ai pas le bon corps, plus

tard je veux être une femme. »

Qui dirait ça passé 3 ans,

parce que jusqu'à 3 ans un

enfant peut penser qu'il va

changer de sexe, là, oui, on

pourrait se poser des questions.


JULIE fait des tresses aux cheveux de NOÉMIE.


JULIE

Nathan avait les cheveux longs

avant. Quand il était petit,

il frisait en plus, il avait

les cheveux frisés tout

blonds, il avait l'air

d'un petit

beach boy.


NOÉMIE

Mais il a décidé de

se les faire couper.


JULIE

Oui, parce que

les amis, ils disaient

quoi à l'école?


NOÉMIE

Ah, parce que les

amis, ils disaient: « T'as

l'air d'une fille. » À cause

qu'il avait les cheveux longs.


JULIE

J'ai attendu peut-être un mois,

voir s'il changeait pas d'idée.

Puis là, il dit: « Non,

là, moi aussi je veux

que tu passes le... »


CHRISTIAN

Le clipper.


JULIE

... le clipper. Il disait:

« Le... comme Antonin. » J'ai

dit: « Ah oui, pour de vrai,

jusque-là? »


Elle rit.


JULIE

Puis là,

il dit: « Oui. » Puis là,

j'ai dit: « On va aller chez

la coiffeuse Nathan, parce que

moi, je ne suis pas coiffeuse,

tu sais. » Il dit: « Non, non,

c'est toi. » Ah, c'est moi!


CHRISTIAN

Ça faisait mal au coeur à

maman, à papa aussi. Les petits

cheveux blonds frisés qui

remontaient un petit peu. Ça

lui faisait super bien en plus.


Dans une chambre, NOÉMIE montre une robe.


NOÉMIE

Bien ça c'est une robe de

princesse que ma voisine

m'a donnée parce qu'elle

était bouquetière. Puis

elle m'a donné sa robe

puis je l'aime beaucoup.


JULIE coiffe et maquille NOÉMIE.


JULIE

C'est une vraie

princesse. Tous les matins,

il faut que je la peigne.

Je prends au moins 15-20 minutes

pour la peigner tous les

matins. Puis c'est ça,

elle aime beaucoup ça se

déguiser puis se maquiller.


GENEVIÈVE LABELLE

Je ne dirais pas qu'on a besoin

de pousser une fillette à être

coquette, à se mettre belle,

etc., mais que si elle le fait,

de savoir que c'est bénéfique

et qu'on peut l'accueillir

là-dedans, qu'on peut

l'encourager quand ça

part d'elle.


NOÉMIE

Je me trouve belle, oui.

Je me trouve beaucoup belle.


JULIE

Beaucoup belle. Là, qui on

va voir comme ça, maintenant

qu'on t'a toute habillée puis

maquillée?


NOÉMIE

Papa.


JULIE

Oui?


NOÉMIE

Oui.


GENEVIÈVE LABELLE

Bon, il y a des femmes des fois

peut-être qui sont un peu plus

insécures, peut-être qu'elles

ont justement un petit problème

d'estime d'elles-mêmes et qui

vont vouloir, à travers leur

fille, plaire et transmettre

tout ça. Il faut faire

attention, si on nourrit que

la coquille de notre petite

fille, après il lui manque

d'outils pour exister.


Dans le salon, NOÉMIE montre sa robe à son père.


NOÉMIE

Papa, j'ai mis la robe

que Rachel m'a donnée.


CHRISTIAN

Oui, elle te fait bien, hien?


NOÉMIE

Oui.


GENEVIÈVE LABELLE

C'est très

important pour un papa de dire à

sa fille qu'il la trouve jolie.

Souvent, les papas vont être

mal à l'aise avec tout ce

qu'on entend, avec les messages

d'hypersexualisation et ils

n'oseront plus dire à leur

fille qu'ils les trouvent jolie.

Pourtant, dans le développement

d'une petite fille, exister

dans le regard de son père

c'est quelque chose de majeur.

Il faut savoir qu'il y a une

différence entre trouver sa

fille sexy et la trouver jolie.


Dans une animation, un personnage de fille laisse tomber une poupée pour monter dans un arbre.


MARIANIK, SYLVAIN et leurs enfants arrivent chez JULIE et CHRISTIAN. Ils se saluent et se présentent.


Sur une table, SYLVAIN joue avec des poupées et des figurines avec les enfants.


SYLVAIN

Arrêtez

de faire la guerre, on

va se faire des bisous.

(À la caméra)

Là, on est en train de jouer

aux superhéros. Moi, je casse

les mythes avec les grandes

filles qui cassent...


NOÉMIE

Des monstres.


SYLVAIN

Quoi, c'est des monstres?

Ah, moi, je trouve que c'est...

c'est des monstres filles,

mais peu importe, c'est

des filles puis elles cassent

les superhéros comme ça.

Tak!


GENEVIÈVE LABELLE

Qu'on élève une fille ou un

garçon, je ne serais pas prête

à dire qu'il y a une marche à

suivre vraiment claire. Dans

le sens où chaque enfant aussi

est différent au-delà de son

sexe. Ce qui va être intéressant

par exemple c'est d'être

ouvert à ce qui est présent

et de laisser émerger

ce qu'il y a à émerger.


ALEXIS

Je vais me déguiser

en Spider-Man parce que

Spider-Man est un garçon.


GENEVIÈVE LABELLE

On parle beaucoup des Barbies,

des princesses, des poupées.

Est-ce qu'on devrait laisser nos

filles jouer avec ça ou pas?

Est-ce que c'est possible que

nos enfants ne soient jamais

exposés à la société dans

laquelle on vit? Je pense que

c'est utopique. Donc une enfant

qui aurait une, deux Barbies,

qui joue avec, qui va faire

autre chose que de se

maquiller et s'habiller.


NOÉMIE

FANNY)

Regarde, tu pourrais

prendre le stéthoscope,

le mettre à ton prince,

puis le mettre sur le coeur.


GENEVIÈVE LABELLE

On peut lui faire soigner des

toutous, elle peut construire

des maisons, elle peut inventer

des remèdes miracles. Ça

peut être une belle façon de

transmettre d'autres modèles

aussi. Donc on peut choisir

de ne pas laisser notre enfant

jouer avec Barbie. On peut

aussi choisir de l'encadrer

puis de la guider, de la

questionner. De lui dire:

« Bien, pourquoi Barbie,

elle fait ça? Pourquoi elle

a besoin de se faire belle?

Est-ce qu'elle est capable

de faire d'autres choses

que se faire belle? »


MARIANIK joue avec une poupée avec FANNY.


MARIANIK

(Avec une voix de poupée)

Ah mon Dieu,

ça prend des antibiotiques.


FANNY

On fait le docteur avec

Barbie. Tu examines Barbie et

puis Barbie, elle est malade.


CHRISTIAN enlace ALEXIS qui pleure.


CHRISTIAN

Il pleure parce qu'on lui a

enlevé la fusée parce qu'il

tirait sur les gens. Mais je

pense qu'il est fatigué aussi.


GENEVIÈVE LABELLE

Garçon ou fille, un enfant

c'est un enfant et un enfant ça

pleure. Ce serait de retomber

dans de vieux stéréotypes

que d'empêcher nos garçons

de pleurer, hein. Bien tout

comme des fois on va décourager

certaines filles de pleurer

aussi. Quand on pleure,

c'est qu'on a quelque chose à

exprimer et ça, c'est important

de laisser de la place pour ça.


CHRISTIAN

Non, je ne l'empêcherai pas

de pleurer. La seule chose que

je vais peut-être lui demander

c'est si... surtout quand on est

en visite, souvent c'est qu'il

va en mettre un peu plus. Comme

là, il en met un petit peu

plus que le client en demande.

Si on était à la maison, je

l'enverrais dans sa chambre

pour qu'il aille pleurer dans

sa chambre, pas qu'il arrête

de pleurer. « Si tu veux

pleurer, va dans ta chambre. »

Parce que regarde, là, il

cherche à jouer. Donc c'est

pour ça que je sais qu'il

en met plus que le client en

demande.

ALEXIS)

Hein mon petit coeur?

Est-ce que tu leur dis c'est

lequel ton héros préféré?


GENEVIÈVE LABELLE

On peut observer que dans

plusieurs cas les garçons

vont parler plus tard. C'est

une question de développement

du système nerveux. Donc

ils vont souvent mettre

plus d'énergie à développer

leur motricité en premier et

ensuite le langage va pouvoir

s'installer aussi. Ce n'est pas

qu'ils sont moins intelligents

ou pas, c'est vraiment

une question d'ordre de

développement. Comme parent,

on a beaucoup tendance

à vouloir favoriser chez

nos enfants des choses qui

ne sont pas là pour l'instant.

Si on les aide à laisser émerger

ce qui est là, le reste va

suivre après. Donc pour pouvoir

parler, il faut avoir rampé

avant, il faut avoir marché à

quatre pattes avant, il faut

avoir marché avant. Et ensuite,

on va pouvoir mieux parler et

ensuite on va pouvoir mieux

penser. Donc au lieu de mettre

de l'énergie à développer le

langage, on peut tout simplement

encourager notre enfant à

l'étape de développement où

il est rendu. Et l'autre étape

de développement, en général,

elle va finir par arriver.

C'est important d'être près de

ses enfants, mais il faut faire

attention pour ne pas exister

à travers eux. Hein, des fois

c'est tentant, des fois on

s'en rend même pas compte.

Mais c'est comme si notre enfant

allait réaliser des choses que

nous on n'allait pas réaliser.

Donc moi, mon fils, il va

tellement être un homme

merveilleux. Bien moi,

mon fils, il va être doux,

il va être attentionné, mais

il va être fort, mais il va

être viril, mais il va être

celui que je n'ai jamais

rencontré. Il faut être

prudent avec ça. Notre

fils, il va être qui il a

à être, ni plus, ni moins.


JULIE met ses enfants au lit.


NARRATEUR

Après avoir bordé

les enfants, c'est maintenant

autour des parents de poser

leurs questions à Geneviève

Labelle qui les a rejoints

pour le repas.


Autour d'une table, SYLVAIN, MARIANIK, JULIE, CHRISTIAN et GENEVIÈVE LABELLE mangent et discutent.


JULIE

Noémie, elle fait des cours de

danse depuis qu'elle a 3 ans.

Puis quand Nathan a vu le

petit spectacle de Noël,

lui, il a dit: « Moi

aussi, je veux faire ça. »

Puis tu sais, il va y avoir des

jugements. Comment on va gérer

ça par rapport... parce que,

tu sais, nous je pense qu'on

assume nos choix, on n'a pas

de problème à ce qu'il fasse de

la danse. Mais c'est difficile,

je trouve, de lui faire subir

ça sur les petites épaules

d'un petit garçon de 5 ans.


GENEVIÈVE LABELLE

On aimerait donc ça les

protéger de tout et on ne

pourra pas les protéger de tout.


JULIE

Mais pas des expériences

comme des gens qui ont des

préjugés gros comme la Terre.


GENEVIÈVE LABELLE

Ils vont en vivre des préjugés

aussi. Mais ce qu'on souhaite

c'est quand ils reviennent à la

maison avec ça, qu'ils puissent

en parler, qu'ils puissent se

faire recadrer, qu'ils puissent

ressortir de là un peu plus

solides. Est-ce qu'on jour

Nathan va lâcher la danse parce

qu'il n'en pourra plus de la

pression des autres? Peut-être

que oui. Est-ce qu'il va

persévérer? Peut-être que oui.

Est-ce qu'il va rater une grande

carrière à cause de ça? On ne

sait pas. Mais tout ce qu'on

peut faire c'est accueillir ce

qui est là, valider, envoyer

un message pour nuancer ce

que lui reçoit comme message.


SYLVAIN

En ce moment, ma fille, depuis

l'arrivée de notre fils il y a

six mois, c'est que le matin

c'est juste maman qui a le

droit d'aller la voir pour

lui faire des... pour la lever.

Ou je reviens le soir puis

j'aimerais ça lui faire un

bisou puis elle ne veut pas.


MARIANIK

Elle est très maman. Bien,

de toute façon un moment donné

ça va en venir au complexe

d'OEdipe puis elle va être...

tu sais, elle va aller juste

vers papa un moment donné ou...


GENEVIÈVE LABELLE

Bien le complexe d'OEdipe,

là, ça va être vers...

peut-être entre 3 et 5 ans,

dépendant des enfants.


MARIANIK

Ah, OK.


GENEVIÈVE LABELLE

Ça va être à peu près donc

dans... ça devrait s'en venir

dans ces âges-là. Où l'enfant

va vraiment être littéralement

amoureux du parent du sexe

opposé. Puis c'est quelque

chose de bénéfique dans le

développement, mais c'est

quelque chose de bénéfique

si on y met une limite.


SYLVAIN

Puis ça, ça va se matérialiser

comment le comportement

de Fanny vis-à-vis de moi?


GENEVIÈVE LABELLE

Bien elle pourrait... ce n'est

pas tous les enfants qui vont le

vivre d'une façon flamboyante,

hein, des fois c'est très

subtil. Mais ça peut être des:

« Ah, mon beau papa d'amour! »

De se coller. Puis là, tout

à coup, ce n'est plus la même

façon de se coller, hein,

il y a quelque chose qui

est un petit peu plus dans

la séduction. Puis: « Moi

et papa on va se marier plus

tard. » Puis: « Va-t'en maman,

laisse-nous nous coller nous

deux. » Tu sais. Ça fait que

c'est important que l'enfant se

sente reçu là-dedans, qu'elle

sente que oui, elle peut être...

elle peut être belle, elle peut

être attirante... attirante

comme un enfant. Mais il faut

un moment donné que ce soit

très clair de: « Bien non,

on ne se mariera pas parce

que moi, je suis avec maman. »


MARIANIK

Il ne faut

pas embarquer dans son...


GENEVIÈVE LABELLE

« C'est maman mon amoureuse,

je l'ai choisie. Puis toi plus

tard, tu vas choisir un autre

amoureux. » Tu sais, puis là,

ça va se placer, mais ça

se manifeste à peu près...


SYLVAIN

OK, puis ça se manifeste

pareil garçon...


MARIANIK

Oui, c'était

ma question aussi.


GENEVIÈVE LABELLE

Oui. Oui.


MARIANIK

Les garçons aussi vivent

le complexe d'OEdipe?


GENEVIÈVE LABELLE

Oui, même chose. Donc

la rivalité avec le père

et ma belle maman d'amour.

Oui, il y a quelque chose qui...


CHRISTIAN

Bien c'est

quelque chose qui se développe,

ça, naturellement ou il y

a-tu un pourcentage de...


JULIE

Comme nous, on ne l'a pas

vécu. On ne l'a pas vécu.

Est-ce que l'affection...

tu sais, on se le fait toujours

dire que nos enfants sont très

affectueux puis qu'on en donne

aussi beaucoup. Est-ce que

ça peut faire une différence

sur le complexe d'OEdipe?


GENEVIÈVE LABELLE

Oui. Oui, ça peut vouloir

faire... ça peut faire une

différence parce que s'il y

a déjà beaucoup de contacts

physiques, déjà beaucoup

d'affection, bien peut-être

que l'enfant va aller chercher

ce qu'il a à chercher là puis

qu'il va saisir... si la

relation entre les parents est

claire aussi, il va saisir la

limite aussi. C'est pour ça que

je disais que ce n'est pas

toujours flamboyant, ce

n'est pas toujours évident.


SYLVAIN

Est-ce que c'est

juste le rôle du conjoint

qui vit le complexe d'OEdipe

avec son enfant à mettre les

limites?


GENEVIÈVE LABELLE

C'est une responsabilité qui

est partagée. Donc oui c'est

aux deux à placer les choses.

Et c'est pour ça aussi qu'on dit

que c'est possible de bien le

vivre, même dans des familles

par exemple qui seraient

monoparentales. Donc une mère

toute seule avec un petit

garçon serait capable de mettre

la limite en disant: « Non,

ce n'est pas toi mon amoureux

même si pour l'instant dans

mon lit la place est libre. »


CHRISTIAN et JULIE s'embrassent. MARIANIK se tourne vers SYLVAIN.


MARIANIK

Moi aussi.


Les convives rient.


NARRATEUR

Le lendemain matin

chez les Clermont-Roy, c'est

la journée des cours de danse.

Tout le monde y participe,

garçon comme fille.


Dans une salle de danse, des enfants répètent des mouvements de danse.


JULIE

Ils aiment danser. Ils aiment

danser à la maison, ils aiment

danser à l'école. Ils aiment

ça jouer sur la musique, si

on veut. C'est jouer sur la

musique. Puis même apprendre

les chorégraphies puis le

spectacle de fin d'année avec

la grosse scène, les lumières

dans le noir. C'est vraiment

beau de les voir puis ils sont

heureux.

C'est plus associé aux filles la

danse parce que toute petites,

je pense que c'est surtout eux

autres, c'est les petites filles

qui le demandent. Puis si on

a juste des gars, bien on se

retrouve rarement dans une

école de danse parce que ce

n'est pas... Même moi, je ne

serais pas allée vers une école

de danse si je n'avais pas

eu une fille en premier. Mais

pour moi la danse ce n'est pas

plus un sport de filles que de

garçons.


GENEVIÈVE LABELLE

Il ne

faut pas confondre non plus

l'identité sexuelle avec les

stéréotypes. Donc un petit

garçon qui ferait de la danse,

ça ne serait pas nécessairement

un petit garçon qui ne serait

pas masculin, qui ne serait

pas en train de développer

sa masculinité.


CHRISTIAN

Moi, j'ai fait du karaté

puis du taekwondo longtemps

quand j'étais plus jeune,

puis j'aurais aimé en

faire avec eux autres.

Ça ne veut pas dire que

ça n'arrivera pas un jour.

De toute façon, ils sont petits

encore, mais regarde, si ça

n'arrive pas, ce n'est pas

grave. On jouera au badminton

avec, j'aime ça jouer au

badminton aussi.


Il rit.


JULIE

Mais il est plein

d'espoir encore.


CHRISTIAN

Mais la danse...

(En riant)

Je ne suis pas un grand danseur.


NARRATEUR

Plus tard, nos

deux familles se sont donné

rendez-vous au théâtre de

marionnettes. Ils assistent

à un spectacle tout en

simplicité qui charme autant

les petits que les grands.


Sur une scène, une actrice joue avec des marionnettes. Les deux familles regardent le spectacle. Les parents enlacent leurs enfants.


GENEVIÈVE LABELLE

Tous les

enfants ont besoin de tendresse.

Ils ont besoin de tendresse de

la part de toutes les personnes

significatives dans leur

entourage, de leur mère,

mais aussi de leur père.

La tendresse,

c'est une des choses

qui fait qu'on se sent reconnu

de la part de nos parents.

C'est une des choses qui

fait qu'on arrive à exister.

Le toucher

c'est majeur aussi dans comment

on va se construire, c'est un

des besoins de base. Un enfant

qui ne serait jamais touché

ne pourrait pas survivre.

Donc ils ont besoin, les

enfants, que les deux

parents les touchent,

garçon comme fille.

Si on a un papa qui est hyper

masculin, ça va avoir un impact

sur le rôle du petit garçon,

mais ça va avoir un impact

dans les deux côtés.

Donc un papa qui a trop besoin

de démontrer une masculinité,

l'enfant va peut-être sentir

qu'il y a une fragilité.

Un papa pour qui c'est plus

difficile d'être un homme,

l'enfant va le ressentir aussi.

Mais l'idéal c'est toujours

de trouver l'équilibre.


Après le spectacle de marionnettes, les enfants examinent les personnages de la pièce.


GENEVIÈVE LABELLE

On ne

veut pas un papa qui ne pleure

jamais, qui parle fort, qui n'a

pas d'émotion. Être masculin

ce n'est pas ça non plus.


CHRISTIAN et SYLVAIN discutent.


CHRISTIAN

Toi, comment t'as commencé avec

tes enfants? Moi, le début, les

câlins avec ma fille c'était

un peu plus compliqué. Tu

sais, c'est une petite fille,

t'es pas trop sûr comment

faire, mais avec le temps

tu développes, mais toi...


SYLVAIN

Bien moi, je n'ai pas eu

vraiment de souci particulier

parce que je suis quelqu'un

de... même avec ma blonde,

elle trouve que je suis trop

tendre ou que je donne trop de

bisous. Ça fait que quand on a

eu les enfants, bien Fanny la

première, tu sais, ça été genre

génial. C'était comme: « OK,

tu ne veux pas de bisou, toi?

Bien, elle, elle en veut c'est

clair. » Toi, avec tes enfants,

c'est quoi le modèle d'homme

que tu projettes puis comment

tu fais pour le projeter ce

modèle?


CHRISTIAN

Moi, ce que j'essaie de montrer

c'est le respect. Ça fait que

c'est sûr qu'en tant qu'homme

c'est d'être respecté des

enfants, de respecter les

enfants. C'est plus de

ce côté-là que de dire,

tu sais, dans le genre:

« Wah, c'est moi l'homme! »


SYLVAIN

Oui, oui oui. Avec mes

enfants je ne fais... tu sais,

je n'essaie pas de projeter

un modèle d'homme. C'est ça,

j'essaie de projeter un modèle

de papa qui aime ses enfants

dépendamment du fait qu'ils

soient un garçon ou une fille.

Par contre, bien, mon rôle

d'homme que j'ai ça va

plus être avec ma femme

que je vais le démontrer.


Sur une animation, un personnage de garçon tond la pelouse derrière un personnage d'homme.


Dans une maison, FANNY mange et parle.


FANNY

J'aimerais ça être une maman

comme ma maman plus tard.


GENEVIÈVE LABELLE

On s'identifie toujours à

nos parents. On s'identifie

ou on se contre-identifie,

mais ce que nos parents sont

ça a vraiment une grande grande

place dans comment on va se

construire. Donc les fillettes

vont souvent s'identifier

à leur mère puisqu'elles

se reconnaissent, elles

reconnaissent qu'elles ont

quelque chose de pareil.

Donc la façon dont la mère va se

comporter, comment elle va vivre

sa propre féminité, ça va avoir

un impact sur le développement

de la féminité de la fillette.

Une maman qui ferait beaucoup

de diètes, de régimes, qui se

préoccuperait sans cesse de son

apparence, c'est sûr que ça va

avoir un impact sur sa fillette

parce que les enfants sont

toujours attentifs à ce

qu'on fait, à ce qu'on dit,

mais surtout à ce qu'on fait.

Donc il faut être prudent

avec ça.


Dans une cour, les enfants jouent dans un tas de feuilles d'arbres.


GENEVIÈVE LABELLE

En général, les garçons vont

avoir besoin de se dépenser

physiquement. C'est comme

ça, ils ont plus de muscles,

ils ont souvent plus envie

de bouger. L'important c'est

d'être attentif: est-ce que

mon garçon a besoin de bouger?

Est-ce que c'est quelque chose

qui est important pour lui, même

si présentement dans le monde

dans lequel on vit il y a peu

d'espaces pour ça? Et si c'est

le cas, c'est important de

faire de la place à ce besoin

de bouger là. Les jeux

de lutte, de chamaillage,

de tiraillage, père-fils,

c'est quelque chose

d'extraordinaire parce que

ça leur permet de se toucher.

Ça leur permet de partager une

certaine forme de tendresse.

Ça permet aussi au père de

réguler son enfant. Hein, on se

chamaille ensemble,

oups!, là,

tu m'as fait mal. Je vais te

faire sentir physiquement que

là, t'es allé trop loin. Donc

c'est une belle façon pour

l'enfant d'apprendre à se

réguler tout en passant un

bon moment avec son père.


CHRISTIAN

Ç'a été vraiment enrichissant.

Bien, l'experte m'a surtout

confirmé notre pensée sur notre

façon d'élever les enfants pour

les élever vraiment gars-fille,

mais d'avoir les mêmes règles

pour les deux.


JULIE

Qu'il n'y ait pas vraiment

de différence, qu'on les élève

la même affaire, les punitions

c'est la même chose.


SYLVAIN

Grâce à cette famille-là,

et puis le fait que j'ai pu

me projeter, je me suis rendu

compte que je n'aurai pas le

choix de respecter un certain

équilibre entre le besoin de mon

enfant et finalement ses limites

aussi. Ses limites à accepter le

regard de la société. Je prends

l'exemple du petit garçon

qui fait de la danse et puis

qui avait les cheveux longs.

Bien finalement les cheveux

longs, lui, il n'a pas été

capable de soutenir le regard

de ses copains ou des autres.

Et en tant que parent, tu sais,

on pourrait très bien se dire:

« Si, si, si, ça te va bien,

t'es beau, garde ça. » Mais si

ça lui fait du mal finalement,

bien on perd le côté:

je développe ta confiance.

Donc on est obligé de garder

un équilibre entre développer

la personnalité de son enfant

plutôt masculine ou plutôt

féminine, mais en même temps

de se conforter dans la vision

et dans le construit social

de ce qu'est un garçon et de

ce que devrait être une fille.


MARIANIK

Je ne m'étais jamais fait la

réflexion, mais tu sais, je me

rends compte qu'il y a d'autres

parents qui s'en vont vraiment

dans la même direction que

nous. Puis, bien, ça me

rassure en même temps aussi.


GENEVIÈVE LABELLE

Ce qui est le plus important

c'est de laisser nos enfants

être qui ils sont, en sachant

qu'à travers qui ils sont

va s'exprimer leur identité

sexuelle.


Les membres des deux familles se disent au revoir.


NARRATEUR

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