Universe image Raphaël, citoyen du monde Universe image Raphaël, citoyen du monde

Raphaël, citoyen du monde

Dans cette série, Raphaël Grenier-Benoît, 17 ans, va à la rencontre de jeunes qui ont décidé d'agir et faire une différence dans le monde. Du nord de l'Ontario au Pérou, en passant par le Burkina Faso, la Floride et Montréal, Raphaël expérimente aux côtés de ces jeunes, diverses formes d'engagement social. Il découvre au passage de nouvelles cultures et des réalités Ces rencontres l'amènent à se questionner, à partager son regard et ses réflexions face aux enjeux mis en cause.

Official sitefor Raphaël, citoyen du monde
Share

A plugin is needed to display this content

https://get.adobe.com/flashplayer/

Hope in Shea Butter - Burkina Faso

Raphael meets a group of six interns who have come to help three cooperative societies working with shea. Shea butter is a synonym of hope for many Burkinan women.



Production year: 2013

Accessibility
Change the behavior of the player

VIDEO TRANSCRIPT

RAPHAËL

(Marchant dehors avec des enfants)

Présentement, je suis au

Burkina Faso, je me suis fait

plein de nouveaux amis. Je m'en

vais rencontrer des coopérants

qui sont ici avec l'organisme

Buayaba. Ça fait déjà deux mois

qu'ils sont en sol burkinabé,

donc j'ai très hâte d'entendre

ce qu'ils ont à me dire.

J'entends de la musique,

je pense que je suis

au bon endroit.


Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Je sais que le monde peut changer Je ne suis pas le seul Raphaël, citoyen du monde Ouagadougou, Burkina Faso, Afrique

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

RAPHAËL (Narrateur)

Je suis en Afrique depuis une

semaine, mais chaque jour est

tellement rempli de nouveautés

que j'ai l'impression d'être

ici depuis un mois. Le temps a

véritablement une autre saveur

quand on est en voyage si loin

de chez soi, et j'aime beaucoup

ça. Ouagadougou, ou Ouaga comme

on dit ici, ça bouge, c'est

chaleureux, et je m'y sens à ma

place.

RAPHAËL

(Prenant des photos avec des enfants)

Je vais me mettre avec

vous dans la photo comme ça.

Comme ça, c'est bon.

On fait un beau sourire. Un...

Comment tu t'appelles?


JEAN-PAUL

Jean-Paul.

RAPHAËL

Jean-Paul? Raphaël. Raphaël.

RAPHAËL

(Prenant une autre photo avec les enfants)

Est-ce que vous voyez tous bien?


UN ENFANT

Oui.

RAPHAËL

Faites une grimace.

RAPHAËL (Narrateur)

Le Burkina Faso est un pays

de l'Afrique de l'Ouest où on

parle le moré, le dioula et le

français. Burkina Faso, ça veut

dire "pays des hommes intègres".

La situation économique du pays

est difficile. C'est clair qu'en

général, les gens n'ont pas

beaucoup d'argent, mais je suis

quand même loin des images de

famine qu'on me propose souvent

à la télévision.

(RAPHAËL est maintenant avec des enfants devant un parcours à obstacles installé pour jouer)

RAPHAËL

Il faut

traverser sans renverser l'eau?


UN ENFANT

Oui.

RAPHAËL

Je vais essayer. Est-ce que tu

avais réussi à ta première fois?


UN ENFANT

Oui.

RAPHAËL

Oui?

(RAPHAËL essaie le parcours sous les yeux des enfants.)

(Transition)

RAPHAËL (Narrateur)

La première chose qui me

frappe, c'est la facilité avec

laquelle je peux créer des liens

avec des gens d'ici. En plus,

j'arrive en pleine fête.


Des musiciens locaux jouent des percussions.

RAPHAËL (Narrateur)

C'est la semaine commerciale

de l'organisation Buayaba, qui

souligne entre autres le travail

des volontaires que je vais

rencontrer. Ce sont sept jeunes

Canadiens qui sont sur place

depuis deux mois et demi: Anne-

Marie, Guillaume, Éli, Imma,

Vincent et Chelsea. Ils sont ici

grâce à Québec sans frontières

et Uniterra. Mais d'abord,

je rencontre Émilie, leur

accompagnatrice. C'est elle qui

est responsable des stagiaires.

RAPHAËL

Est-ce que c'est ta première

expérience en tant

qu'accompagnatrice d'un groupe?


ÉMILIE

En tant qu'accompagnatrice,

oui. Au début, j'étais vraiment

stressée, mais ce n'est pas ma

première expérience en Afrique,

donc de gérer un groupe dans des

conditions que tu ne connais pas

trop, ça se fait

assez facilement.

RAPHAËL

Qu'est-ce que les stagiaires

sont venus faire ici? Est-ce

que tu peux me résumer?


ÉMILIE

Ils sont venus faire plusieurs

choses. à la base, quand ils

sont arrivés au Burkina Faso,

ils étaient chapeautés par un

organisme qui s'appelle la TFK,

la Table Filière Karité. Par

la suite, cette organisation-

là regroupe différentes

associations qui travaillent

dans le domaine du beurre de

karité, donc les stagiaires

ont été divisés dans trois

organisations, dont Buayaba,

qui a organisé la semaine

commerciale. Dans toutes les

organisations dans lesquelles

les stagiaires se trouvent,

ils sont venus appuyer les

associations dans le domaine de

la commercialisation du beurre

de karité. On parle autant au

niveau de la traduction d'outils

promotionnels, du développement

d'outils promotionnels, on peut

parler aussi de marketing,

de publicité, de gestion

d'inventaire, de l'aide aussi

au niveau de l'organisation dans

l'administration. Ils sont venus

s'impliquer dans différentes

sphères, tout simplement.

(On voit des fruits de karité et des produits de beurre de karité.)

RAPHAËL (Narrateur)

Le karité, c'est un arbre

local qui produit des fruits qui

ressemblent à des amandes. Ces

fruits peuvent servir à faire du

beurre de cuisson ou à fabriquer

des produits de beauté.

RAPHAËL

Ton groupe, comment tu trouves qu'il

s'en sort jusqu'à maintenant?


ÉMILIE

Il s'en sort très bien, très

bien. Il y a eu des hauts et

des bas, au niveau des maladies

aussi, il y en a quelques-uns

qui ont été malades, mais au

niveau du travail, des familles

d'accueil, ils se sont vraiment

bien adaptés. Ils sont faciles

d'approche, donc on peut parler

facilement avec eux, et ils ont

transmis ça à leurs familles

d'accueil, donc rapidement ils

se sont fait des amis de leurs

voisins et ils se débrouillent

très, très bien.

RAPHAËL

Et toi, en tant que jeune

femme, quand tu es arrivée ici,

qu'est-ce qui t'a frappée

par rapport à la position

des femmes au Burkina Faso?


ÉMILIE

Ce dont je me suis rendu

compte en parlant avec les gens,

c'est que malgré l'impression

un peu négative que j'avais

de la situation des femmes,

il y a énormément d'actions qui

sont mises en place justement

pour augmenter leur pouvoir

économique, pour qu'elles aient

un droit de parole, parce que

sans pouvoir économique, les

femmes n'ont pas le droit de

parole, donc en les impliquant

justement dans le domaine du

beurre de karité, elles sont en

train de produire quelque chose

qu'on peut commercialiser, qu'on

peut vendre; là, elles ont un

pouvoir. De plus en plus, il y a

des associations, des activités

qui sont faites justement pour

que ces femmes-là développent un

pouvoir économique et qu'elles

aient un plus grand droit

de parole pour prendre des

décisions qui ont un impact

sur la vie au Burkina Faso.

RAPHAËL

Quand on arrive au Burkina

Faso, du Canada, on arrive

souvent avec des choses à

améliorer au Burkina. Est-ce que

tu penses qu'il y a des choses à

améliorer au Canada qu'on peut

retirer du Burkina Faso ?


ÉMILIE

De prendre ça plus relax,

vraiment. C'est les gens, en

fait. La priorité, c'est les

gens, tandis qu'au Québec,

souvent, on va être pris par

notre travail, mais ce n'est pas

normal. On devrait prendre en

considération les gens avec qui

on vit et tout, parce que l'être

humain, c'est quand même quelque

chose qui a de l'importance,

donc je pense d'essayer de...

pas de mettre le travail de

côté, mais de prendre ça un peu

plus relax, de replacer un peu

nos priorités, parce que ce

n'est pas normal qu'on mette le

travail en premier et les gens,

que ce soit nos familles,

nos amis, après.

RAPHAËL (Narrateur)

Émilie m'invite à aller dîner

dans un petit restaurant typique

pour me permettre de rencontrer

les stagiaires dans un contexte

vraiment burkinabé. Les

stagiaires vont me parler de la

vie dans leur famille d'accueil.

Ils appellent déjà leurs parents

africains papa et maman.

RAPHAËL

(Au restaurant avec les jeunes bénévoles)

On est tous dans un maquis, c'est comme

des petits cafés de quartier

et là, la mère de Vincent m'a

préparé du tô, qui est le plat

typique du Burkina Faso.


VINCENT

C'est de l'eau et de la

farine, tout simplement,

à la sauce gombo. C'est fait

avec du gombo. Je ne peux pas

vraiment te dire c'est quoi.

RAPHAËL

C'est très gélatineux.


VINCENT

Est-ce que tu es un vrai

Africain ou non?

RAPHAËL

C'est ça qu'il faut que

j'essaie de voir.... Non?


VINCENT

(Retirant ses ustensiles à RAPHAËL)

Non, ça va être avec les

doigts, tout simplement.

Je l'ai laissé refroidir

justement pour que tu puisses

attaquer avec la main droite.

RAPHAËL

Pas la main gauche.

(Prenant la nourriture avec sa main)

Donc c'est comme ça...


ÉMILIE

Avec la main, tu prends...


VINCENT

Tu fais une boule.

RAPHAËL

Veux-tu prendre une bouchée

pour me montrer comment

ça se passe?

(Ils rient.)


VINCENT

Ce n'est pas mon plat préféré.

Tu le coupes un peu comme ça,

hop, avec la sauce.

Tu fais une boule.

RAPHAËL

C'est comme ça que

ça se mange en Afrique.


VINCENT

Voilà, c'est à ton tour.

Mets bien de la sauce.

(RAPHAËL goûte.)

RAPHAËL

C'est particulier, quand même.


VINCENT

Il faut nous décrire le goût.

C'est ta première expérience.

RAPHAËL

Quand j'ai demandé à quelqu'un

de me décrire du tô, on m'a dit:

"C'est comme du riz au broyeur,

mais plus gélatineux, pas

vraiment cuit." C'est à peu près

ça. Est-ce que je peux me...

(RAPHAËL fait signe de se débarrasser de son plat.)


ÉMILIE

Non, en fait, maintenant que

tu as rempli ton assiette, il

faut que tu finisses ton plat.

RAPHAËL

OK, je pensais que je

partageais. Je suis comme

un vrai Burkinabé qui...


VINCENT

Spécialement pour toi

par ma maman.

(Le taquinant)

Elle a dit qu'elle serait

insultée si tu ne finis pas ton

assiette. Il ne faut pas que je

lui dise tout à l'heure que tu

n'as pas terminé ton assiette.

RAPHAËL

(À une bénévole autour de la table)

Qu'est-ce qui t'a frappée

quand tu es arrivée au Burkina

Faso? La première chose

qui t'a frappée.


ANNE-MARIE

En premier, c'est la chaleur

et la circulation. Il y a

tellement de motos ici.

RAPHAËL

Et dans les familles

d'accueil, comment ça se passe,

cette adaptation-là?

Respectivement, dans quelle

famille est-ce que vous êtes

et comment ça se déroule?


ANNE-MARIE

Je pense que ça diffère

vraiment dépendamment des

familles. Moi, ma mère est

vraiment impliquée dans tout

ce qui est au niveau des femmes,

donc elle aime sortir, me sortir

et tout ça, et dépendamment de

s'il y a des frères et soeurs,

la dynamique va être différente

dans la famille. Moi, j'ai une

soeur et un frère, donc je peux

faire des activités avec eux, et

il y a beaucoup d'enfants dans

mon quartier, donc ils viennent

chez moi, ils sont habitués à

moi maintenant, ils connaissent

mon nom, donc je dirais

que je me suis beaucoup

rapprochée des enfants.

RAPHAËL

Qu'est-ce que vous prévoyez

manger à votre retour

au Québec, au Canada?


CHELSEA

Moi, ça va être une salade.

On ne peut pas manger les

légumes crus comme ça ou on ne

peut pas trop en manger, parce

que ça va donner mal au ventre,

alors ça fait presque deux mois

et demi qu'on n'a pas mangé de

légumes frais et qu'on ne mange

que des féculents, alors je

pense que nos ventres vont avoir

besoin d'un petit repos de

féculents pour dégonfler un peu.

RAPHAËL

(À un bénévole)

Et sinon, toi, ta famille,

comment ça se passe?


GUILLAUME

Ça bouge beaucoup,

mais sinon, ça va bien.

RAPHAËL

Est-ce que tu étais le premier

étranger à être accueilli

dans cette famille-là?


GUILLAUME

Non, il y avait une Nasara

qui était là l'an passé aussi.

RAPHAËL

Qu'est-ce que

ça veut dire, Nasara?



GUILLAUME

C'est grosso modo l'équivalent

du blanc-bec, du Blanc.


CHELSEA

Je parlais avec un Burkinabé

et je lui disais que je n'aimais

vraiment pas me faire appeler

"le Blanc" ou "le Nasara" et

il a dit qu'ici, ça n'a pas

une connotation raciste du tout.

Ta peau est blanche, alors

tu es un Blanc. C'est aussi

simple que ça.

RAPHAËL (Narrateur)

Pour digérer le tô que je

viens de manger, Chelsea et

Vincent me proposent de passer

l'après-midi avec eux. Je vais

partager leur quotidien.

(Début segment)

«À qui ai-je affaire?»

où RAPHAËL pose

des questions en rafale

aux bénévoles qu'il rencontre.]

RAPHAËL

Ta plus grande qualité?


VINCENT

Je dirais mon authenticité.


CHELSEA

Je suis toujours

très optimiste.

RAPHAËL

Ton plus grand défaut?


CHELSEA

Je manque de patience.


VINCENT

Je suis extrêmement

impatient et orgueilleux.

RAPHAËL

Le dernier rêve

que tu as fait?


CHELSEA

J'étais au Canada

dans mon lit.


VINCENT

Une engueulade avec

un type du quartier.

RAPHAËL

Si tu devais te transformer

en un animal, lequel ce serait?


VINCENT

Un chat pour dormir

toute la journée.

RAPHAËL

La dernière chanson

qui a joué dans ton iPod?


CHELSEA

Poussière d'ange

d'Ariane Moffatt.

RAPHAËL

Où est-ce que tu te vois

dans dix ans?


CHELSEA

Travailler dans une ONG

comme chargée de projet.


VINCENT

Avoir un bon emploi

qui me permet de voyager.

RAPHAËL

Où est-ce que tu te vois

dans vingt ans?


VINCENT

Avoir un très, très bon emploi

qui me permet de voyager

et avoir des enfants.

RAPHAËL

Une valeur que tu voudrais

changer dans la société?


CHELSEA

Le racisme.


VINCENT

L'égoïsme. Je voudrais

que ce soit un peu plus comme

la mentalité en Afrique, du fait

qu'on peut donner à n'importe

qui sans rien attendre

en retour.

RAPHAËL

Si tu pouvais faire apparaître

un objet ici immédiatement,

lequel ce serait?


CHELSEA

Une salade.


VINCENT

Des côtes levées.

RAPHAËL

Si tu pouvais avoir un

superpouvoir, lequel ce serait?


CHELSEA

De pouvoir voler.

RAPHAËL

Le film qui t'a

le plus marqué?


VINCENT

Drôle de père d'Adam Sandler.

RAPHAËL

Pourquoi?


VINCENT

Je ne peux pas dire

qu'il m'a marqué, mais c'est

de loin mon film préféré.

RAPHAËL

OK. Ton mot préféré?


CHELSEA

Kayak.

RAPHAËL

Ta voiture de rêve?


VINCENT

Porsche Cayenne Turbo.

RAPHAËL

Voiture rouge ou bleue?


VINCENT

Noire.

RAPHAËL

Ton équipe de sport préférée?


CHELSEA

Chelsea.

RAPHAËL

Pourquoi?


CHELSEA

Parce que c'est mon nom

et c'est une excellente

équipe de foot.

(Fin segment «À qui ai-je affaire?»)

(RAPHAËL est devant une maison avec VINCENT)

RAPHAËL

Vincent, tu nous présentes...


VINCENT

Je vous présente ma maison,

en fait. On va commencer avec

l'essentiel: ça, c'est notre

élevage de moutons.

(Touchant un agneau)

C'est le nouveau-né. Il est né ça fait

trois jours. Dans la journée,

dans le fond, ils se promènent

toute la journée comme ça..

(VINCENT montre la rue où se promènent les moutons.)


VINCENT

...et à 5h tapantes tous les jours,

ils reviennent.

(Ils entrent dans une pièce sans toit.)


VINCENT

Ça, si tu veux

rentrer, c'est un trou et on a

mis une bécosse par-dessus. On

s'habitue, mais disons que quand

il pleut, tu oublies la salle

de bain. Ça, c'est le salon.

Normalement, il y a du monde qui

dort ici, mais là, je suis seul.

Ça, c'est ma chambre, mais

je ne dors pas ici présentement

parce que j'ai un lit double

de l'autre côté. Voilà, des

pantalons typiquement africains

qui ont un look d'enfer. Ça,

c'est la chambre où je dors.

Il n'y a pas de fenêtre, alors

je dors ici quand il ne fait pas

trop chaud. Là, c'est la saison

des pluies, alors ça va.

RAPHAËL

Tu dis "han-han". Est-ce

que tu as pris ça ici?


VINCENT

Oui, c'est typiquement

africain, quand quelqu'un parle,

même s'il n'a pas terminé, tout

le monde va acquiescer et faire

"han-han, mm-hmm, han-han".

S'ils ne sont pas d'accord,

ils vont faire "tss-tss".

(Présentant une enfant)

Ça, c'est Malika.

RAPHAËL

Salut, Malika!


VINCENT

Elle est sourde et muette,

par contre, alors elle ne peut

pas parler.

(présentant une autre enfant)

Ça, c'est Peggy.

Peggy. Allô, Peggy!

(PEGGY fait un salut de la main.)


VINCENT

(présentant une femme)

Ça, c'est la maman, Aminata.

C'est elle qui vous a préparé

le tô de tout à l'heure, alors

il faut lui dire merci.

(RAPHAËL serre la main d'AMINATA.)


VINCENT

(Présentant une jeune femme)

La plus vieille, Nafi.

RAPHAËL

(Lui serrant la main)

Nafi, bonjour, enchanté.


VINCENT

Ici, c'est encore une autre

pièce d'invité. Tu vas voir

des frigidaires un peu partout.

Ce sont tous des vieux frigos,

mais il n'y en a pas un qui

fonctionne. Les trucs frais,

ici, tu oublies ça. Voilà, ça,

c'est la chambre des filles,

Nafi et Rosine, qui dorment ici.

(Montrant un poulailler extérieur)

Le coq et ses nombreuses femmes.

RAPHAËL

C'est le poulailler.


VINCENT

Avant, ils étaient en liberté,

mais ils sont allés bouffer

toute la farine du voisin. Mon

père s'est fait chicoter à cause

de ça, alors on est obligés de

les enfermer pour un mois, parce

que normalement, il y a des coqs

partout dans la cour qui se

promènent. Dans le fond, on

se rend compte que les biens

matériels et tout ça, ce n'est

pas vraiment important, parce

que si je compare avec la

majorité des autres stagiaires

qu'il y a eu, notre famille

c'est peut-être la moins riche,

mais c'est vraiment la famille

qui est la plus unie, c'est moi

qui ai été le plus diverti

parce qu'on est dans un vieux

quartier, tout le monde se

connaît, tu dis bonjour. S'il y

a un décès ou quoi que ce soit,

tout le monde va venir aider.

Tu vois, la cour, ce n'est pas

très grand; on a fait la fête

de famille et il y a peut-être

250 personnes qui sont passées

dans la journée et c'est notre

famille qui a tout préparé la

bouffe à ce moment-là. Tu vois

que les gens sont vraiment unis,

ils sont partis de Bobo,

d'autres villages, et tout le

monde est venu, tout le monde a

dormi dans la cour, il y avait

des gens cordés un après

l'autre. L'important, c'est

d'être en famille et de profiter

de la vie et tout ce qui vient

avec. Vraiment, au niveau de

la mentalité, c'est pour ça que

je suis vraiment content d'être

tombé dans une famille comme ça,

typiquement africaine, dans un

vieux quartier. Ce n'est pas

beaucoup, mais c'est en masse

pour survivre et il y a vraiment

moyen d'être heureux ici. C'est

une belle expérience d'être ici.

Il reste douze jours; on va être

un peu nostalgiques quand

on va devoir quitter.

RAPHAËL

J'imagine.

Tu comptes les dodos.


VINCENT

Douze dodos,

je te l'ai dit tantôt.

(Un homme tient une petite fille dans ses bras et parle en langue étrangère.)


VINCENT

Je te les présente. Ça, c'est

Amidoula, mon papa d'accueil.

RAPHAËL

Bonjour.


AMIDOULA

Bonjour.

RAPHAËL

Il a été super

tout au long du voyage.


AMIDOULA

Je vous en prie.


VINCENT

On a eu des bonnes soirées

dans les maquis et tout.

On a bien profité du temps

qu'on a eu ensemble.

RAPHAËL

Comment vous l'avez

trouvé, Vincent?


AMIDOULA

Vincent, c'est un Africain.

(Riant)

Ce n'est pas un Américain,

c'est un Africain, parce qu'il

aime carrément l'Afrique.

Apparemment, il épouse vite

notre culture. C'est le premier

étranger blanc.

RAPHAËL

Qui vient habiter chez vous?


AMIDOULA

Qui vient habiter chez nous.

Réellement, il va nous manquer,

beaucoup trop. Je prie qu'après

son départ, il puisse nous faire

toujours des petits glyphes

pour qu'on ne l'oublie pas.

(L'équipe de bénévole boit du thé dehors avec des gens du village.)

RAPHAËL (Narrateur)

Une journée au Burkina n'est

pas complète sans la pause du

thé. Vincent me présente les

amis qu'il s'est fait dans le

quartier. On va faire le grain.

Ici, c'est comme ça qu'on

appelle la pause de l'après-

midi. Le thé est très sucré et

très chaud. Traditionnellement,

on le verse de très haut

pour le refroidir un peu.


PREMIER HOMME DU VILLAGE

Le thé, ici, ça permet aux

gens de se réunir et échanger

sur plusieurs plans dans le

cadre de projets ou peut-être

où chacun est rendu dans son

métier. Tu es artiste, tu as

fait un sonnet, ou simplement

pour se regrouper, quoi.

RAPHAËL

Des fois, est-ce qu'il y a

des gens que vous ne connaissez

pas qui se joignent à vous

pour le thé?


PREMIER HOMME DU VILLAGE

Oui. Peut-être un passant.

Souvent, on peut inviter un

passant, même. Ils s'arrêtent.

RAPHAËL

Et c'est vraiment important

dans votre semaine,

c'est immanquable.

(PREMIER HOMME DU VILLAGE)

Voilà. Ça fait partie

de la culture.

RAPHAËL

Et vous discutez vraiment

de tout, comme la politique,

la vie de chacun...

(PREMIER HOMME DU VILLAGE)

Voilà. Autour du thé, il y a

des débats. Même quand tu veux

passer un message, quand tu

arrives dans le coin où sont

regroupés les jeunes, tu peux

facilement passer un message.

Les messages de sensibilisation,

même les histoires de VIH/sida,

c'est des trucs que les gens...

profitent de ça pour avoir la

jeunesse, pour pouvoir... même

des conseils, tout, tout, tout.

On retrouve tout, en fait,

dans les soirs de grain.

RAPHAËL

Et Vincent, il s'est adapté

facilement à votre tradition

de prendre le thé tous

les dimanches et...

(DEUXIÈME HOMME DU VILLAGE)

Avec Vincent, on s'adapte

bien, parce que nous, ici,

on ne regarde pas la peau. Ce

n'est pas la peau qu'on regarde,

c'est la courtoisie. Tu viens

vers nous, on vient vers toi.

On te prend comme un frère.

Déjà, Vincent, on le prend

comme un frère.

RAPHAËL (Narrateur)

C'est vraiment frappant de

voir à quel point c'est facile

de nouer des liens ici. Le

quotidien est vraiment teinté

par les relations humaines.

Je me rends sur les lieux du

stage de Chelsea et Vincent,

où je verrai enfin ce qu'est

le fameux karité.


ASSETOU

(Les acceuillant)

Bonjour!

RAPHAËL

(Lui serrant la main)

Bonjour.


ASSETOU

Soyez les bienvenus.

RAPHAËL

Raphaël, enchanté.


ASSETOU

Enchantée.


CHELSEA

Ça va?



ASSETOU

Bonjour, Chelsea.

Bonjour, Vincent!


VINCENT

Ça va?



ASSETOU

Oui, ça va.

[Début information à l'écran]

Assetou Nikiema, fondatrice Table Filière Karité

[Fin information à l'écran]


ASSETOU

Le beurre de

karité, c'est du beurre naturel

produit à base des amandes

et c'est un beurre

aux multiples vertus. On dit

que le karité, c'est l'or vert

des femmes en Afrique,

parce que l'arbre de karité

pousse spontanément dans la

savane, et les femmes dans

les champs vont collecter. Ce

qu'elles gagnent en vendant les

amandes, ça, c'est pour elles-

mêmes. Elles peuvent dire: "Ça,

c'est mon argent et j'en fais ce

que je veux" et elles utilisent

ça au profit de leur famille.

Donc avec maintenant le

beurre... elles utilisent les

amandes pour produire le beurre,

elles font le savon avec, et

c'est utilisé aussi dans la

pharmaceutique traditionnelle,

donc c'est utilisé à plus d'un

titre. On dit que le beurre,

c'est vraiment un produit

aux multiples vertus.

RAPHAËL

Même si c'est une entreprise,

vous gardez quand même votre

mission de protéger les femmes,

protéger leurs droits.


ASSETOU

Absolument, absolument.

Nous, on a préféré travailler

dans la promotion de la jeune

fille. Ça veut dire que toutes

les difficultés et les problèmes

que nous, étant femmes, on a

rencontrés, on ne veut pas

que nos filles rencontrent

encore ces mêmes problèmes.

(Une jeune femme transporte un paquet sur sa tête.)


JOSIANE

(À un homme qui lui donne le panier)

Très bien, tu es fort, là!



VINCENT

JOSIANE, la jeune femme qui transporte le panier)

On dirait que tu ne fais pas

la paresseuse aujourd'hui, là.

Tu dors normalement à cette

heure-là, Josiane.

RAPHAËL

VINCENT)

Elle a dit:

"Je ne suis pas comme toi!"


VINCENT

Oui, mais normalement,

elle dort à cette heure-là.


JOSIANE

Je m'appelle Zoungrana

Pâques-Antoine Josiane.

RAPHAËL

Zoungrana Pâques-Antoine

Josiane?


JOSIANE

Oui.

RAPHAËL

Mais les gens

t'appellent Josiane.


JOSIANE

Oui. C'est le plus

reconnu, en fait.

RAPHAËL

OK. Et tu as quel âge?


JOSIANE

J'ai 21 ans.

RAPHAËL

21 ans. Est-ce que ça fait

longtemps que tu travailles ici?


JOSIANE

Environ trois mois.

RAPHAËL

Est-ce que tu penses qu'il y a

beaucoup de jeunes filles qui

sont comme tu étais il y a trois

mois et qui bénéficieraient

de l'expérience de venir ici?


JOSIANE

Oui. Je pensais même, en fait,

à mobiliser ces jeunes filles

qui n'ont pas une notion du

labeur à venir, même si c'est

chaque week-end les samedis,

dimanches, venir passer un tout

petit temps avec les mamans

pour savoir réellement

ce que les mamans font pour nous

scolariser et pour s'occuper de

nous pour qu'on ne manque de

rien. Les mamans, elles sont

prêtes à se battre pour cela.

Ce sont les seules qui savent

tellement se battre pour nous.

Seules les mamans

savent se battre.

RAPHAËL

Pour la jeune génération.


JOSIANE

Oui, pour la jeune génération.

Seules les mamans savent se

battre et elles sont prêtes

à tout pour nous.

RAPHAËL

Est-ce que tu as l'impression

d'avoir trouvé ta place?


JOSIANE

Oui. Oui. Dès que tu viens,

tu es timide, les mamans te font

comprendre qu'ici, tu es avec

tes mamans, tu n'as pas de

raison d'être triste ni rien.

Tu es là, c'est comme si

tu étais à la maison.

(RAPHAËL discute maintenant avec CHELSEA et VINCENT.)

RAPHAËL

Votre travail ici,

concrètement, qu'est-ce

que vous avez fait?


CHELSEA

Le premier projet, c'était

de développer un système

d'inventaire, parce qu'il y a

une boutique où ils font les

livraisons dans les magasins,

mais il n'y a aucun contrôle

des produits qui entrent et

qui sortent de la boutique,

alors on a développé un système

d'inventaire, comme ça ils

peuvent toujours savoir combien

de produits il y a dans la

boutique et à l'extérieur.

Ensuite, puisque Vincent est

un peu dans la comptabilité,

Mme Nikiema nous a demandé

de faire un projet comptable.

Est-ce que tu peux en parler?


VINCENT

Encore là, ça n'a pas été

facile parce que ce ne sont pas

les mêmes normes comptables ici

qu'au Canada. Comme ici ils ne

suivent pas la comptabilité du

tout, elle nous a refilé une

énorme pile de factures, mais on

a quand même réussi à voir les

dépenses qui ont été faites pour

comparer avec les rentrées

d'argent et tout, faire un petit

bilan financier à Mme Nikiema.

RAPHAËL

J'imagine que ce que tu as

fait, ça a pris beaucoup plus

de temps ici que de le faire

au Canada.


VINCENT

C'est ça la problématique,

en fait, c'est qu'ici, même si

le centre est quand même riche,

on n'avait pas accès à Internet

au début, alors pour faire des

recherches, ça n'a pas aidé.

Tout est fait manuellement,

alors c'est vraiment... Mais

ici, on dit que peu importe ce

que tu fais, ça va être beaucoup

plus long que ce qu'on peut

faire au Canada, mais on est

quand même satisfait; avec

de la créativité et de la

débrouillardise, on réussit

quand même à s'en sortir et à

rendre un produit final qui est

intéressant au bout de la ligne.

RAPHAËL

Est-ce que tu penses que

tout ce que tu as fait ici

va te servir plus tard?


VINCENT

Ça va me servir du fait que

j'ai appris d'une autre façon à

travailler. Au Canada, quand je

travaillais, c'était à la Caisse

centrale Desjardins. J'ai appris

à travailler avec Excel, mon

ordinateur et avec des logiciels

qui étaient vraiment développés.

Ici, avec aucun moyen, j'ai

appris à retravailler avec

la calculatrice, à la main,

à classer manuellement et tout,

mais il reste qu'en termes de

PME, je dirais qu'aujourd'hui,

je suis beaucoup mieux outillé

pour répondre à une demande,

alors à ce niveau-là, je peux

dire que j'ai vraiment appris

en étant ici, d'une façon

différente, mais c'est sûr

que ça va m'être bénéfique

dans le futur.

RAPHAËL

Et toi, Chelsea,

ce que tu as fait, est-ce

que tu penses que tu vas

pouvoir l'appliquer ailleurs?


CHELSEA

Oui, sûrement. Sinon,

j'ai surtout appris des valeurs

comme pratiquer la patience, la

capacité d'adaptation et le sens

de la débrouillardise, alors je

pense que c'est plus des choses

comme ça qui vont m'être utiles.

(RAPHAËL appuyé sur une auto, entouré de chèvres, écrit des messages textes sur son cellulaire.)

RAPHAËL

(Par message texte)

Hey frérôt!

Je vais faire du beurre de karité!

FRÈRE DE RAPHAËL

(Par message texte)

Cool! Ça se manges-tu sur des toasts ça?

RAPHAËL

(Par message texte)

Non, mais ça hydrate la peau

quand tu vas faire du snow.

FRÈRE DE RAPHAËL

(Par message texte)

Cool! Tu m'en rapporteras un pot.

RAPHAËL

(Par message texte)

Ok. Veux-tu que je te rapporte

des bébés chèvres aussi?

FRÈRE DE RAPHAËL

(Par message texte)

C'est quoi le rapport???

RAPHAËL

(Par message texte)

Oublie ça...

(RAPHAËL se trouve maintenant devant de grands contenants extérieurs remplis de noix de karité)

RAPHAËL

Est-ce que je peux

contribuer d'une manière...


CHELSEA

Han-han, on peut vous montrer.

Ça, c'est les noix déjà séchées.

Là, il faut les laver pour qu'on

puisse faire le beurre avec.



VINCENT

(Tenant un long bâton dans ses mains)

C'est juste en frappant

la noix, ce que ça va faire,

c'est que ça va la laver

automatiquement Si on veut

vraiment être burkinabé, moi

j'y vais, toi tu y vas, moi j'y

vais. Il faut avoir le rythme.

Il faut nous donner le rythme,

Chels. Commence. Il faut

chanter, Chels.

(CHELSEA frappe dans ses mains alors que VINCENT et RAPHAËL écrasent les noix avec leurs bâtons.)


CHELSEA

Ah, je ne connais pas

les chansons.


VINCENT

Mme Nikiema! Mme Nikiema,

il faut chanter une chanson

pendant qu'on lave les noix.

(ASSETOU et d'autres femmes chantent en langue étrangère.)


VINCENT

(Écrasant les noix avec son bâton)

Il faut continuer.


RAPHAËL (Narrateur)

Entouré de ces mamans,

je comprends l'admiration

de Josiane pour ces femmes.

Leur sens de la solidarité

est communicatif et tellement

essentiel pour les jeunes

générations de femmes

africaines. Ce qui me frappe,

c'est qu'elles sont à la fois

très fortes et très douces.


CHELSEA

(Montrant des femmes qui nettoient les noix)

Après ça, elles prennent les

noix et les mettent dans l'eau.

Il y a trois bassins d'eau,

alors à chaque bassin, c'est de

plus en plus propre. Tu vois,

là, l'eau est plus foncée.

à chaque fois, on fait

le lavage comme ça.


ASSETOU

(Aidant RAPHAËL et VINCENT à étaler les noix au sol)

Il faut les étaler, voilà.

Il faut les étaler. Voilà, c'est

ça. Ça, c'est l'étape du séchage

comme ça. On passe maintenant au

triage des amandes moisies, tout

ce qui est noir, tu vois, comme

ça. Voilà, on trie ces amandes.

C'est bien vu.

RAPHAËL

On les met...


ASSETOU

On les met de côté, ensuite

on va les ramasser, donc tu les

tries et tu les mets de côté.

Voilà. Voilà, c'est ça. Ces

amandes moisies servent pour le

combustible. On doit les brûler

au feu pour faire cuire le

beurre, donc elles ne seront pas

jetées, on les sèche aussi, mais

pour les utiliser dans le feu.


VINCENT

Tu vois, les amandes qui sont

noires, ça fait un peu partie

de notre travail, parce que

dans le fond, un des trucs

qu'on est venus faire ici,

c'est de travailler sur un plan

environnemental. Quand ils font

des trucs comme ça, réutiliser

tous les déchets et tout,

c'est ça qui leur permet

d'avoir les certifications

après et de pouvoir vendre,

que ce soit aux clients nord-

américains, européens et tout.

RAPHAËL

Pour pouvoir dire que c'est

un produit qui est biologique,

responsable et...


VINCENT

Voilà. Comme L'Occitane, un

gros client, un des défis qu'ils

ont, c'est de réutiliser 80%

des déchets produits dans la

production. En faisant brûler

ça, ça réduit la consommation de

bois, et du même coup, ça fait

que ça valorise les déchets

aussi. C'est un des projets sur

lesquels on a travaillé cet été

et tout et qu'on compte bien...


CHELSEA

Au Burkina Faso, il y a un

gros problème de déforestation,

alors il faut arrêter la coupe

de bois, parce qu'on en fait

beaucoup. Comme les gens n'ont

pas beaucoup d'argent, ils

utilisent le bois pour faire la

cuisson et tout au lieu du gaz,

alors on a beaucoup travaillé

sur un plan environnemental

pour trouver des alternatives

au bois, et ça, c'en est une.


ASSETOU

Raphaël, tu vois, c'est un

travail passionnant, n'est-ce

pas, qui procure des revenus aux

dames pour qu'elles puissent

prendre en charge leur famille

et prendre soin de toute

leur communauté.

RAPHAËL

Qu'est-ce qui, par exemple,

diffère beaucoup entre le Canada

et le Burkina Faso?


CHELSEA

Je pense que c'est la chaleur

des gens ici. Tout le monde est

vraiment accueillant, tout le

monde se salue... en fait, si tu

habites dans le même quartier,

c'est ton frère et ta soeur.

On a eu un peu de misère en

arrivant parce que tout le monde

se dit frère et soeur, alors

quand je suis arrivée, ma mère

a dit: "Ça, c'est mon frère",

alors pendant longtemps, je

pensais que c'était mon oncle,

mais en fait, ce n'est pas mon

oncle du tout. Si tu habites

dans le même quartier, c'est ton

frère ou ta soeur, alors j'ai

appris... je pense que c'était

trois semaines après, que le

gars que j'appelais mon oncle

n'était pas du tout mon oncle,

c'était seulement un ami de

la famille. Tout le monde ici,

c'est une grande famille. Ils

vivent tous les mêmes enjeux

et ils sont tous dans la même

situation, alors tout le monde

est frère et soeur.

RAPHAËL

Et ils sont solidaires.


CHELSEA

Han-han.


RAPHAËL traverse le village en autobus et regarde par la fenêtre.


RAPHAËL (Narrateur)

J'ai adoré mon moment passé à

Ouagadougou avec les stagiaires.

Ce qui m'a impressionné, c'est

que le travail qu'ils ont

accompli, ce n'est pas un

travail que n'importe qui aurait

pu faire. Ils ont apporté avec

eux des spécialités et ils

ont travaillé en finance, en

communication, en marketing;

c'est vraiment impressionnant,

tout ce qu'ils ont fait, mais

en même temps, je pense qu'ils

ont retiré beaucoup de cette

expérience de travail, parce

qu'en Amérique du Nord, on est

habitués à se fier à la machine,

au logiciel, et à négliger les

contacts humains. Ici, vraiment,

ce ne sont pas les mêmes moyens,

pas les mêmes méthodes, et on

est forcés de tendre la main

vers l'autre pour travailler

et faire quelque chose, pour

accomplir quelque chose, et

je pense que ça permet à tout

le monde de remettre les valeurs

à la bonne place et je pense

que ce sont des expériences

qu'ils vont vraiment apprécier

plus tard.

RAPHAËL (Narrateur)

Pour télécharger l'application

Raphaël, citoyen du monde,

rendez-vous sur tfo.org/raphael.

(Générique de fermeture)

Episodes

Choose a filtering option by age, fiction or season

  • Category Age
  • Category Documentary

Résultats filtrés par