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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent and Sami are starting high school. Together, they try to ease into a foreign world, full of promise but also fraught with worries!

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Critique

Maude read Mrs. Prefontaine`s manuscript and promised to critique it. Can she admit she didn`t like it? For his part, Francis is shopping for a used scooter. Bastien helps, but maybe a bit too much…



Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

[Début information à l'écran]

La critique

[Fin information à l'écran]

Début générique d'ouverture

Fin du générique d'ouverture

MAUDE est assise sur un banc près des casiers à l'école. MAUDE tient un manuscrit intitulé « Dans la jungle des jeunes ». MADAME PRÉFONTAINE arrive.


MADAME PRÉFONTAINE

Et puis, Maude,

as-tu lu mon roman?


[MAUDE:] Certain que je l'ai lu.

MADAME PRÉFONTAINE

Tu as fait ça vite.

Tu l'as dévoré.


[MAUDE:] Ça se lit très bien.

MADAME PRÉFONTAINE

Bien, alors, comme

on s'était dit, j'aimerais ça

que tu me donnes

tes commentaires,

ce que tu as aimé,

ce que tu as moins aimé.

On peut se voir au dîner?


[MAUDE:] Je ne sais pas

si je suis libre ce midi, madame.


MADAME PRÉFONTAINE

OK, bien...

À la pause de l'après-midi alors.

À tantôt.


MAUDE (Mal-à-l'aise)

Oui.

(MADAME PRÉFONTAINE part. MAUDE se lève et le manuscrit tombe par terre en s'éparpillant. MÉLANIE arrive à cet instant.)


[MÉLANIE:] Tu vois, nos devoirs

sont tellement plates

que même nos sacs

ne veulent pas les prendre.

Je vais t'aider.


[MAUDE:] Non, non, ça va.

Je vais ramasser ça

toute seule.

(MAUDE se dépêche de ramasser avant que MÉLANIE ne l'aide.)


[MÉLANIE:] OK, c'est quoi?
[MAUDE:] Euh... C'est un...

Un travail pour l'école.


MÉLANIE (Sceptique)

J'ai peut-être manqué

quelque chose, mais moi,

je n'ai pas encore eu

de travail de 150 pages à faire.

(MAUDE regarde MÉLANIE sans savoir quoi répondre.)


MAUDE (Dans sa tête)

Pense vite,

pense vite, pense vite!

(S'adressant à MÉLANIE)

C'est une amie

qui m'a demandé de l'aider

à corriger ses fautes.

Bon, il faut vraiment

que j'y aille. Bye!


[MÉLANIE:] OK...

(MAUDE part. MÉLANIE trouve quelques feuilles que MAUDE a oubliées par terre et les ramasse. MÉLANIE commence à les lire en souriant. Pendant ce temps, dans la salle des pas perdus, BASTIEN est assis à une table. FRANCIS arrive et montre un chèque à BASTIEN.)

Voix à l'intercom

Monsieur Maxime Bédard

est demandé à la cafétéria,

s'il vous plaît.


BASTIEN (Admiratif)

250 $!
[FRANCIS:] Deux fins de semaine

à rentrer du bois

et à peinturer les vieux murs à

la cabane à sucre de mon oncle.

Mais ça valait la peine.


[BASTIEN:] Wow!
[FRANCIS:] Tu sais ce que

ça veut dire, hein?


[BASTIEN:] Un nouveau moteur

pour notre avion téléguidé.


[FRANCIS:] Un scooter.
[BASTIEN:] Un scooter?

Sûrement pas un neuf.


[FRANCIS:] Bien non.
[BASTIEN:] Regarde, je ne veux pas

dégonfler ta balloune, Francis,

mais ton permis,

tu vas le payer comment?

Pis l'immatriculation?


[FRANCIS:] Mon grand-père me paye

mon permis et mes cours pour ma fête

et mon oncle me prête de

l'argent pour l'immatriculation.


[BASTIEN:] OK... Brillant!

Bien, on va magasiner

ton nouveau scooter.

Je vais te trouver vraiment

quelque chose de super hot.


[FRANCIS:] Pas besoin, regarde.

J'en ai déjà trouvé un.

(FRANCIS sort son téléphone et montre la photo d'un scooter à BASTIEN.)


[BASTIEN:] Hein, tu vas acheter ça?

(Au même moment, FÉLICIE entre dans le local du journal où se trouve déjà MÉLANIE. MÉLANIE écrit à l'ordinateur.)


[FÉLICIE:] Il me reste

317 cours de maths à suivre

dans ma vie.


[MÉLANIE:] Ils devraient te donner

un crédit juste pour avoir

compté tout ça.


[FÉLICIE:] Qu'est-ce que tu écris?
[MÉLANIE:] C'est un extrait de roman

« pour les jeunes »

écrit par un élève de l'école.

Écoute ça.

(Dramatique)

« Je t'aime, Bryan.

Mais tu es un voyou,

un mauvais garçon. »


FÉLICIE (Perplexe)

Un mauvais garçon?


MÉLANIE (Dramatique)

« Si ma mère savait que je fréquente

un mauvais garnement comme toi,

elle me renierait à jamais. »


FÉLICIE (Perplexe)

Un garnement?


[MÉLANIE:] Oui!
[FÉLICIE:] Il a été écrit quand,

ce roman-là? En 1975?


MÉLANIE (Dramatique)

« Si tu veux me changer,

oublie ça.

Je n'obéis qu'à mes propres lois.

Puis, il l'embrassa,

comme un papillon

embrasse le pare-brise

d'une Ferrari sur l'autoroute. »


FÉLICIE (Riant)

Yark!

Qui a écrit ça?


[MÉLANIE:] Tu ne devineras jamais.

(Entre temps, FRANCIS et BASTIEN discutent toujours du scooter dans la salle des pas perdus. BASTIEN regarde la photo que FRANCIS lui montre sur son téléphone.)


[BASTIEN:] C'est à qui ça?

Ton grand-père?


[FRANCIS:] Bien là, il n'est pas

si vieux que ça.


BASTIEN (Dédaigneux)

Pas si vieux que ça?

On dirait que ce scooter-là

a fait la guerre et qu'il l'a perdue.


[FRANCIS:] Il roule bien.

C'est mon voisin d'en face Nico

qui me le vend

et il me fait vraiment

un prix d'ami.


[BASTIEN:] Je vais te donner

un conseil d'ami, OK?

Achète pas ça!

C'est le scooter le moins cool

de l'histoire de l'humanité.


[FRANCIS:] Il n'est pas cher

et, regarde, il a un siège double.


[BASTIEN:] Oui, mais

il ne servira jamais.

Personne ne va vouloir

embarquer avec toi là-dessus.

On va t'en trouver un

vraiment plus cool, OK?


FRANCIS (Sceptique)

Toi,

tu vas me trouver

quelque chose de cool?


[BASTIEN:] Ouais, pourquoi pas?

(Incertain)

La coolitude, je connais ça.

(FÉLICIE et MÉLANIE sont toujours dans le local du journal.)


[MÉLANIE:] L'auteur de ce roman

plate là, c'est...

(MÉLANIE imite un roulement de tambour.)


[MÉLANIE:] Maude!

FÉLICIE (Déçue)

Tu es sûre?
[MÉLANIE:] Certaine à 100 %.

Je vais publier cet extrait-là

dans le journal.


[FÉLICIE:] Pourquoi tu veux

humilier Maude?


[MÉLANIE:] Mais de quoi tu parles?

Je veux juste faire découvrir

les talents des élèves de l'école.

(MADAME PRÉFONTAINE entre dans le local.)


MADAME PRÉFONTAINE

Que c'est beau de voir

des journalistes

travailler durant leur pause!

Vous nous préparez

un gros scoop?


[MÉLANIE:] En fait, oui, une exclusivité.

MADAME PRÉFONTAINE

Ah bon!

C'est correct si je viens

lire ça plus tard,

avant que vous publiez?

(MÉLANIE est déçue.)


[FÉLICIE:] Bonne idée, ça.

Vous pourriez nous dire

ce que vous en pensez.


MADAME PRÉFONTAINE

Bien. À tantôt, d'abord.

(MADAME PRÉFONTAINE sort du local.)


MÉLANIE (Fâchée)

Pourquoi

tu veux que madame Préfontaine

lise l'extrait du roman?


[FÉLICIE:] Pourquoi tu ne veux pas

qu'elle lise l'extrait du roman?

(MÉLANIE ne répond pas. Plus tard, FRANCIS et BASTIEN dînent chez FRANCIS. BASTIEN montre un scooter à FRANCIS sur son cellulaire.)


[BASTIEN:] Tiens! Ça, c'est

un scooter cool.

Il a un silencieux Heisenberg.


[FRANCIS:] Ça fait quoi, ça?
[BASTIEN:] Bien, c'est meilleur, là.

C'est vraiment meilleur.


[FRANCIS:] Et aussi bien, bien

plus cher. Déjà qu'à 250 $,

je suis comme à la limite

de mon budget.


[BASTIEN:] Un, le prix

est toujours négociable.

Et deux, ça prend

quelque chose de qualité

si on veut le garder longtemps,

notre scooter.


[FRANCIS:] Notre scooter?

(Dans le local du journal, MÉLANIE et FÉLICIE font un remue-méninges en dînant.)


[FÉLICIE:] Il y a déjà

des dizaines de magazines

qui traitent de mode,

de maquillage et de potins.

On va faire quoi

pour être différents?


[MÉLANIE:] On va parler

des potins de l'école.

(MAUDE entre dans le local.)


[MÉLANIE:] Allô, Maude.
[MAUDE:] Salut.
[MÉLANIE:] On pourrait commencer

par un sondage sur les filles

les mieux habillées de l'école.


[MAUDE:] Les filles

les mieux habillées?


[FÉLICIE:] Pour le journal.
[MAUDE:] Ça ne fait pas trop un peu

magazine à potins?


[MÉLANIE:] Ça fait vendre

des copies, aussi.


[MAUDE:] Vendre des copies?

Je te rappelle que le journal

est gratuit, Mélanie.


MÉLANIE (Condescendante)

Je le sais, mais moi,

je te rappelle, Maude,

que dans le jargon des journaux,

on dit « vendre des copies ».

Puis, pour l'instant, bien,

on n'en vend pas beaucoup.


[MAUDE:] Puis, qui va faire ça,

ce sondage-là?


[MÉLANIE:] La meilleure journaliste

de potins au monde.

Félicie Étienne!


FÉLICIE (Perplexe)

Hein?
[MÉLANIE:] Ce n'est pas pour rien

que tu es ma best.


[MAUDE:] Ta best?

FÉLICIE (Sceptique)

Sérieux?
[MÉLANIE:] Bien oui.

On est une équipe de feu,

et pas juste pour le journal.

(MAUDE roule des yeux.)


[MÉLANIE:] Je peux t'aider, Maude?
[MAUDE:] Oui, tu sais ce matin,

quand on se parlait,

est-ce que tu aurais ramassé

deux ou trois feuilles par terre?


[MÉLANIE:] Le... Le truc

que ton amie a écrit?


[MAUDE:] Oui, c'est ça,

tu les as vues?


[MÉLANIE:] Non, mais si je les trouve,

je pourrais peut-être lui donner.

C'est qui, ton amie?


[MAUDE:] C'est la...

La fille de l'amie à ma mère.

C'est vraiment important

que j'aille toutes les feuilles.

Tu comprends?


[MÉLANIE:] Certain que je comprends!

(Pour elle-même)

Plus que tu penses.


[MAUDE:] Pourquoi tu dis ça?
[MÉLANIE:] Hum?
[MAUDE:] Oh! Est-ce que ça se pourrait

que tu aies mis

les feuilles dans ton sac

sans t'en apercevoir?


[MÉLANIE:] Non, je ne pense pas, non.
[MAUDE:] Pourrais-tu aller vérifier,

s'il te plaît?


[MÉLANIE:] Mon sac est dans mon casier.
[MAUDE:] Est-ce que ça te dérangerait

d'aller voir?


[MÉLANIE:] On est super occupées,

Félicie et moi.


MAUDE (Insistante)

Mélanie,

s'il te plaît.


[MÉLANIE:] OK.

(MÉLANIE sort du local.)


[MAUDE:] Est-ce que je peux

te poser une question?

(FÉLICIE regarde MAUDE d'un air inquiet.)

(Chez les Beaucage, la conversation de FRANCIS et BASTIEN continue. )


[FRANCIS:] Comment ça, notre scooter?
[BASTIEN:] Bien, façon de parler.

Je pensais que je pourrais

embarquer avec toi des fois

et, en échange, je te paierais

une partie de l'essence.


[FRANCIS:] Une partie de l'essence,

ce n'est pas grand-chose.


[BASTIEN:] Mais embarquer avec toi,

ce n'est pas grand-chose non plus.

Et ça reste ton scooter.


[FRANCIS:] Oui, OK.
[BASTIEN:] Bon, maintenant, il faut

trouver le bon scooter.

Un scooter, ce n'est pas juste

deux roues et un moteur,

c'est une image, un style de vie.

Il faut que ça reflète

ce que tu veux être dans la vie.


[FRANCIS:] Ce que moi je veux être

dans la vie,

ça ne ressemble pas

à un scooter de 250 $.

Bastien, je te remercie

pour les conseils, mais je pense

que je vais acheter

le scooter de mon voisin.


[BASTIEN:] Euh... Tu...

Tu ne peux pas.

Je lui ai laissé une lettre de ta part.


[FRANCIS:] Une lettre de ma part?

Et qu'est-ce que je lui dis

dans cette lettre de ma part?


[BASTIEN:] Tu lui dis juste

que tu ne l'achèteras pas

et qu'il peut le vendre

à n'importe qui.

Mais tu restes super poli.


FRANCIS (Fâché)

Pourquoi tu as fait ça?


[BASTIEN:] Pour te protéger.

Sinon, je savais que

tu cèderais à la facilité.

Il faut persévérer, Francis.

Je connais ça, les scooters.


[FRANCIS:] Ah oui?

Comme la coolitude, je suppose.

Comment ça tu es devenu

un expert en scooter?


[BASTIEN:] Mon cousin en a eu huit.

Il est mécanicien

spécialisé en scooters.


[FRANCIS:] OK, ça ne veut rien dire.

Ton oncle est dentiste,

mais je ne te laisserais

quand même pas me faire

un traitement de canal.


[BASTIEN:] Ouais, c'est sûr que...

(Pendant ce temps, MAUDE continue sa question à FÉLICIE.)


[MAUDE:] Si quelqu'un

te demandait ton opinion

sur quelque chose

de vraiment mauvais,

est-ce que tu serais franche?


FÉLICIE (Mal-à-l'aise)

Euh...

Ce n'est vraiment pas à moi

que tu devrais demander ça.

Je ne suis pas vraiment bonne

pour donner des conseils.


[MAUDE:] Bien oui, tu es bonne.

Et ce n'est pas un conseil que je veux,

c'est juste ton opinion.

S'il te plaît.


[FÉLICIE:] Moi, je ne le sais pas,

mais ma mère m'a toujours dit

que la vérité apporte moins

de problèmes que le mensonge.

Ça fait que je serais franche.


[MAUDE:] Même si ça risque

d'insulter l'autre personne?


[FÉLICIE:] Elle va finir par le savoir

un jour, non?

Puis là, la personne va

t'en vouloir pour deux raisons:

parce que tu n'aimes pas

ce qu'elle a fait

et parce que tu lui as menti.


[MAUDE:] Oui, ça reste moins pire

qu'elle t'en veuille

seulement parce que tu n'aimes

pas ce qu'elle a fait.

Tu as raison, je vais être

franche et directe avec m...

bien, la personne, là.

Merci!

(Plus tard, aux casiers, MAUDE pose une question à FRANCIS.)


[MAUDE:] Euh... Francis?

Est-ce que je peux

te poser une question?


[FRANCIS:] Certain.
[MAUDE:] Si quelqu'un te demandait

ton opinion sur quelque chose,

comment tu lui dirais

que ce n'est pas bon?


[FRANCIS:] Que quoi n'est pas bon,

que la personne

te demande ton opinion?


[MAUDE:] Non, l'opinion que tu aurais

sur quelque chose.


[FRANCIS:] Ton opinion serait mauvaise?
[MAUDE:] Non, ce sur quoi

elle te demande ton opinion

ne serait pas bon.


[FRANCIS:] Je ne comprends

vraiment pas de quoi tu parles.

Peux-tu l'expliquer en moins

de 200 mots, s'il te plaît?


[MAUDE:] OK, je vais être plus claire,

mais garde ça secret, je t'en supplie.


[FRANCIS:] Juré!
[MAUDE:] Madame Préfontaine

a écrit un roman

et elle me l'a fait lire

pour savoir ce que j'en pense.


[FRANCIS:] OK, et t'en penses...
[MAUDE:] Pas grand-chose de bon.

Mais comment je fais

pour lui dire sans la blesser

ou l'insulter?


[FRANCIS:] Moi, je lui ferais

une critique par écrit.

Là, tu ne l'auras pas

en face de toi

quand elle va savoir

que tu n'as pas aimé ça.

Elle aura le temps de défâcher

un peu avant de t'en parler.


[MAUDE:] Tu as raison!

Une critique écrite, c'est parfait.

Comme si je l'écrivais

pour le journal.


[FRANCIS:] C'est un roman comique

qu'elle a écrit?


[MAUDE:] Madame Préfontaine comique?

Pas du tout!

Ce n'est pas drôle

volontairement, en tout cas.


[FRANCIS:] Parce que j'ai vu Mélanie

qui lisait quelque chose tantôt

et ça avait l'air drôle.

Je pensais que c'était ça.


MAUDE (Fâchée)

C'est elle qui a les pages!

(MAUDE part. FRANCIS la suit.)


[FRANCIS:] Eille, Maude!

Attends, attends.

Moi aussi,

j'ai une question pour toi.


[MAUDE:] Vas-y.
[FRANCIS:] Le scooter de notre voisin

Nico, comment tu le trouves?

(FRANCIS sort son cellulaire et montre la photo du scooter à MAUDE.)


[MAUDE:] Bien, c'est un scooter

comme mille autres scooters.

Je sais que ma soeur

le trouve cool, mais moi...


[FRANCIS:] Audrey a dit ça?
[MAUDE:] Oui, oui, elle trouve

que ce genre de vieux scooter là,

ça fait hipster.


[FRANCIS:] OK, merci.

Eille, puis bonne chance

avec madame Préfontaine.


[MAUDE:] Merci, je vais

en avoir besoin.

(MAUDE part. FRANCIS s'assoit à la salle des pas perdus et compose un numéro sur son téléphone. BASTIEN arrive.)


[BASTIEN:] Regarde

ce que j'ai trouvé.


[FRANCIS:] Chut, arrête.

(Parlant au téléphone)

Oui, allô, Nico?

C'est Francis.

Finalement, j'ai changé d'idée

et je vais l'acheter ton scooter.

Quoi?

Tu l'as vendu! À qui?

Oui, je la connais.

Je ne savais pas

qu'elle se cherchait un scooter.

OK, bien... Bye.

(S'adressant à BASTIEN)

Il l'a vendu à Elizabeth Labelle.

Tu m'as fait manquer

une super bonne affaire.


[BASTIEN:] C'est pour le mieux.

Je suis certain qu'on va trouver

quelque chose d'encore meilleur.


[FRANCIS:] En trois heures de recherche,

on n'a rien trouvé de meilleur.


[BASTIEN:] On en a trouvé

plein de meilleurs.


[FRANCIS:] Pour 250 $, je veux dire.
[BASTIEN:] OK, tu as raison,

mais je suis certain

qu'il y a moyen de trouver mieux

même à ce prix-là.


[FRANCIS:] Regarde, c'est celui-là

que je voulais.

Pourquoi tu lui as écrit

pour lui dire tout de suite

que je ne voulais plus?

Tu aurais pu attendre.


[BASTIEN:] C'est vrai. Je m'excuse.

Je vais trouver un moyen

de réparer mon erreur, promis.

(Tout en parlant, BASTIEN et FRANCIS marchent dans le couloir où ils rencontrent FÉLICIE.)


[FÉLICIE:] Eille, les gars.

Je fais un sondage pour le journal.

Selon vous, qui est la fille

la mieux habillée de l'école?


[BASTIEN:] Oh! Euh...

Tu ne demandes pas

aux bons gars, là.


[FÉLICIE:] Je veux avoir l'opinion

de tout le monde,

pas juste ceux qui ont du goût.

(BASTIEN et FRANCIS regardent leurs vêtements.)


[FÉLICIE:] Hum... Quand vous pensez

belle et bien habillée,

quel nom vous vient

en tête en premier?


[FRANCIS:] Audrey.
[BASTIEN:] Julie-Pier.

(FÉLICIE note leurs réponses. Ailleurs dans l'école, MAUDE attend MADAME PRÉFONTAINE assise sur un banc. MADAME PRÉFONTAINE arrive.)


MADAME PRÉFONTAINE

Maude!

Excuse-moi si je t'ai fait peur.

C'est parce que j'ai hâte d'entendre

ce que tu penses de mon roman.


[MAUDE:] Vous ne l'entendrez pas.

MADAME PRÉFONTAINE

Ah non?


[MAUDE:] Vous allez le lire.

(MAUDE remet une enveloppe à MADAME PRÉFONTAINE.)


MADAME PRÉFONTAINE

Tu m'as fait ça par écrit?

Comme une vraie journaliste!

(MAUDE baisse les yeux vers le sol.)


MADAME PRÉFONTAINE

Ah! C'est vrai que tu n'es plus

dans le journal.

Excuse-moi, je ne voulais pas

retourner le fer dans la plaie.


[MAUDE:] C'est correct.

J'aime mieux écrire mes commentaires.

Comme ça, c'est plus structuré,

plus clair.


MADAME PRÉFONTAINE

Très juste!

Quand on écrit, on a deux fois

plus le temps pour y penser.


[MAUDE:] Je me demande

si deux fois, c'est assez.


MADAME PRÉFONTAINE

En tout cas, merci.

J'ai très, très hâte de lire ça.

Bye!

(MADAME PRÉFONTAINE met l'enveloppe dans son sac à main et part. MAUDE reste assise, l'air anxieux. MADAME PRÉFONTAINE revient.)


MADAME PRÉFONTAINE

Maude! Je voulais juste

te demander de ne pas oublier

de me rapporter mon manuscrit.


MAUDE (Mal-à-l'aise)

Vous n'avez pas

une autre copie?


MADAME PRÉFONTAINE

Oui, mais je ne voudrais pas

que mon roman traîne dans l'école.

Il y a des professeurs

qui pourraient penser

que je joue à la vedette.

(Riant)

Tu sais comment c'est!


[MAUDE:] Bon, bien, je vais

vous le donner demain matin.


MADAME PRÉFONTAINE

J'aimerais mieux cet après-midi.

Maude...

Tu ne l'as pas perdu, toujours?


[MAUDE:] Non! Il ne manque pas

une page.


MADAME PRÉFONTAINE

Fiou!

Ce n'est pas que j'inquiétais,

mais...


[MAUDE:] Il faut vraiment

que j'y aille. Bonne journée.

(MAUDE quitte précipitamment. Pendant ce temps, BASTIEN et FRANCIS retournent à la salle des pas perdus.)


[FRANCIS:] Tu veux réparer ton erreur?

Fais ça vite et avant la pause.

Tu as juste à appeler Elizabeth

et lui dire de ne pas acheter

mon scooter de mon voisin.


BASTIEN (Gêné)

On parle bien

de la belle...

la belle Elizabeth Labelle?


[FRANCIS:] Oui, ne fais pas semblant,

tu la connais.

OK, regarde,

Il faut juste que tu lui dises

que le scooter n'est pas fiable

parce que mon voisin a fait

plein d'accidents avec.

(FRANCIS compose un numéro sur son téléphone et le donne à BASTIEN.)


[BASTIEN:] Oui, oui, oui...

(Parlant au téléphone)

Elizabeth Labelle?

Oui, c'est Bastien...

Bastien Jacques.

Oui, de la piscine, c'est ça.

Hein? Oui, c'est moi

qui ai perdu mon maillot

en essayant de plonger,

merci de me le rappeler.

J'ai entendu dire

que tu t'achetais un scooter.

Qui m'a dit ça?

(FRANCIS fait signe à BASTIEN de ne pas parler de lui.)


BASTIEN (Parlant au téléphone)

Non, non, ce n'est pas Francis.

Ce n'est pas Francis.

Non, c'est le voisin de Francis,

Nico. Oui, c'est ça, Nico.

À vrai dire, j'ai juste un conseil.

Ne l'achète pas.

Oui, c'est un très bon scooter.

(Pendant que BASTIEN parle, FRANCIS lui fait des signes pour lui montrer quoi dire.)


BASTIEN (Parlant au téléphone)

Non, ce n'est vraiment pas

un bon scooter.

Le guidon est tout pété

parce qu'il donnait

des coups de poing dedans.

Non, à vrai dire, il a eu plein

d'accidents avec, c'est pour ça.

Exactement, parce que le châssis

est un peu fragile.

Moi, je pense à ta sécurité.

Ah! OK, bien parfait.

Bienvenue. Merci.

(BASTIEN raccroche et redonne le téléphone à FRANCIS.)


[FRANCIS:] Puis?
[BASTIEN:] Elle ne l'achètera pas.
[FRANCIS:] Yes!
[BASTIEN:] Bon, moi, je vais appeler

ton voisin pour négocier le prix.


[FRANCIS:] Non, tu as assez fait

de dommages, je m'en occupe.


[BASTIEN:] On peut au moins

négocier deux casques.

Ça fait deux personnes

qui annulent leur achat.

C'est sûr qu'il pense

qu'il ne le vendra jamais.

C'est une belle opportunité

pour négocier.


[FRANCIS:] Pas fou ça.

Pis avec deux casques,

je vais pouvoir amener Audrey

à tous les soirs.

(BASTIEN regarde FRANCIS d'un air sceptique.)


[FRANCIS:] OK, peut-être

quelques soirs.

(BASTIEN lance à nouveau un regard sceptique à FRANCIS.)


[FRANCIS:] Peut-être juste une fois.

BASTIEN (Incertain)

Ouais...

(Entre temps, dans le local du journal, MÉLANIE et FÉLICIE lisent quelque chose de drôle sur l'écran de l'ordinateur de MÉLANIE. MAUDE entre dans le local.)


[MAUDE:] Alors, Mélanie as-tu retrouvé

les pages que j'ai perdues ce matin?


MÉLANIE (Innocente)

C'est quoi donc que tu cherchais?

J'ai oublié.

(MADAME PRÉFONTAINE entre aussi dans le local.)


MADAME PRÉFONTAINE

Alors, les filles,

le gros scoop dont vous parliez

ce matin, c'est quoi?


[MÉLANIE:] On va publier

un extrait exclusif d'un roman écrit

par une élève de l'école.


MAUDE (Inquiète)

Une élève?
[FÉLICIE:] Ou un élève,

c'était anonyme.


MAUDE (Nerveuse)

Bien voyons,

ça n'intéresse personne,

ce genre d'affaires là.


[MÉLANIE:] Crois-moi,

c'est très intéressant.


MADAME PRÉFONTAINE

Qu'est-ce qui est

si intéressant?

Est-ce que l'extrait

est si bon que ça?

Parce que si c'est juste le fait

de publier une primeur,

ça ne vaut peut-être pas la peine.


[FÉLICIE:] On veut seulement

le partager avec nos lecteurs.


MADAME PRÉFONTAINE

Vous avez quand même le mandat

de publier quelque chose de qualité,

pas n'importe quoi juste

pour faire rire les lecteurs

ou, pire encore, pour rire de l'auteur.


[FÉLICIE:] On ne veut rire de personne,

nous, madame Préfontaine.

On va laisser le public juger.


MADAME PRÉFONTAINE

N'oubliez pas que, peu importe

ce que vous publiez,

il faut toujours tirer les aspects positifs.

Quand une critique est

uniquement négative,

ce n'est pas constructif.

Ça ne sert pas à grand-chose.


[MAUDE:] Euh... Madame Préfontaine.

Vous savez, le... le travail

que je viens de vous remettre,

est-ce que je pourrais le reprendre?

J'aimerais mieux qu'on s'en

parle en personne finalement.


MADAME PRÉFONTAINE

Pas du tout!

Comme tu le disais toi-même,

on est mieux organisés

quand on écrit que quand on parle.

Et puis, moi, je vais pouvoir

lire et relire ton travail

pour bien en saisir tout le sens.

(MADAME PRÉFONTAINE se dirige vers la sortie du local.)


MAUDE

(S'adressant à MÉLANIE et FÉLICIE)

Est-ce que vous avez

la permission de l'auteur

pour publier les extraits?

(MADAME PRÉFONTAINE se retourne avant de sortir.)


MADAME PRÉFONTAINE

Ah bien, j'espère bien, hein!

Ça serait malhonnête de publier

sans l'accord de l'auteur,

c'est évident.

Madame Milani, votre superviseure,

n'accepterait jamais ça.

Bon, bonne chance, les filles.

Et n'oubliez pas

de me faire lire l'extrait.

(MADAME PRÉFONTAINE sort.)


[MAUDE:] Puis, Mélanie,

les pages que je lisais

ce matin aux casiers?


[MÉLANIE:] Bien... Tu sais quoi.

Je les ai retrouvées finalement.

(MÉLANIE prend les feuilles sur son bureau et les redonne à MAUDE.)


[MÉLANIE:] J'ai dû les glisser

dans mon sac sans m'en apercevoir.


[MAUDE:] Puis, quand tu me mens

en pleine face, ça aussi,

tu le fais sans t'en apercevoir?

(MAUDE prend les feuilles et sort du local. Peu de temps après, aux casiers, MAUDE va voir FRANCIS.)


[MAUDE:] Francis, j'ai besoin de toi.
[FRANCIS:] C'est drôle, je rêve souvent

qu'une fille me dit ça.

Mais dans mes rêves,

ce n'est jamais toi.


[MAUDE:] Arrête de niaiser.

Il faut que tu ailles

récupérer une enveloppe

dans le sac de madame Préfontaine.


[FRANCIS:] Que je lui demande

une enveloppe?


[MAUDE:] Non, il faut que tu la prennes

sans qu'elle s'en rende compte.


[FRANCIS:] Tu veux que j'aille

voler quelque chose

dans le sac à main

d'une prof de l'école?


[MAUDE:] Hum, hum.
[FRANCIS:] Juste ça?

Tant qu'à y être, veux-tu que j'aille

pirater l'ordi du directeur?


[MAUDE:] Sérieux, Francis.

C'est la critique du roman

que je lui ai écrite.

Je l'ai faite sur un coup de tête

et c'est juste des trucs négatifs.

J'aimerais au point lui donner

des points positifs.

Bien, les inventer, en fait.


[FRANCIS:] Désolé, ce n'est pas

mon problème.


[MAUDE:] Mais c'était ta suggestion.

C'est parce que je t'ai écouté,

toi, que c'est arrivé.


[FRANCIS:] C'est cool, ça!

Tu me demandes conseil

et c'est de ma faute si ça ne

fonctionne pas comme tu voulais.


[MAUDE:] Sérieux, Francis,

j'ai vraiment besoin de ton aide.

Si madame Préfontaine

ne le prend pas, elle va peut-être

me donner une mauvaise note

ou même me faire couler un cours.


[FRANCIS:] Même si tu essayais,

tu ne pourrais jamais

couler un cours.


MAUDE (Suppliante)

S'il te plaît, Francis.


[FRANCIS:] Regarde, tu as été franche

et honnête dans ta critique.

Assume tes opinions.

Désolé.

(FRANCIS part. Après les cours, MÉLANIE et FÉLICIE entrent dans le local du journal.)


[MÉLANIE:] Finir la journée en maths,

ça devrait être interdit

par la Charte des droits de la personne.

Bon! As-tu les résultats du sondage

sur les filles

les mieux habillées de l'école?


[FÉLICIE:] Je ne suis pas sûre

que ce soit une bonne idée,

ce sondage-là.

Mieux habillée, c'est très subjectif.


[MÉLANIE:] On le sait, ça.

La mode, ça a toujours été

et ça sera toujours subjectif.

Est-ce que je suis dans le top 3?

(FÉLICIE ne répond pas.)


[MÉLANIE:] Dans le top 5?

(FÉLICIE fait non de la tête, mal-à-l'aise. Ailleurs dans l'école, MAUDE espionne MADAME PRÉFONTAINE qui parle avec un autre élève. FRANCIS arrive derrière MAUDE.)


[MAUDE:] C'est ma chance, Francis.

Tout ce que tu as à faire,

c'est aller chercher l'enveloppe

dans son sac pendant que je lui parle.


[FRANCIS:] Je t'ai dit non tantôt, OK?

Elle le tient, son sac.

Je ne suis quand même pas

un pickpocket.


[MAUDE:] Je vais trouver une idée

pour qu'elle dépose son sac.

Je vais l'occuper et tu vas aller

chercher l'enveloppe dedans.

(MAUDE commence à avancer en tirant FRANCIS par le chandail. FRANCIS l'arrête.)


FRANCIS (Chuchotant)

Non, arrête.

J'ai dit non, OK?

Je peux t'aider avec plein

d'affaires, mais voler, non.

(MAUDE repousse les objections de FRANCIS de la main et s'avance en le tirant plus fort. Dans le local du journal, MÉLANIE et FÉLICIE parlent de leur sondage.)


MÉLANIE (Insultée)

Je ne suis

même pas dans le top 5?


[FÉLICIE:] Tu es une recrue.

Tu n'es pas encore assez connue.


[MÉLANIE:] Puis... Qui est première?
[FÉLICIE:] À égalité,

Audrey et Julie-Pier.


[MÉLANIE:] Tu sais, des sondages,

ça vaut ce que ça vaut, hein!

Moi, je dis que ce qu'il nous faudrait,

c'est l'opinion des expertes.


[FÉLICIE:] Ah oui, certain!

En plus, dans les journaux,

après les galas,

c'est des experts en mode

qui classent les mieux et

les moins bien habillés.


[MÉLANIE:] Exactement!

Donc, celles qui vont classer

les cinq filles

les mieux habillées de l'école,

ça va être toi et moi.


[FÉLICIE:] Il y en a

qui vont être frustrées

de ne pas être sur la liste.

Puis, si on ne s'entend pas

sur le top 5?


[MÉLANIE:] Bien, on fait chacune

notre top 5.

Comme ça, il y en a qui vont

être complètement

en désaccord avec une liste,

et d'autres, avec l'autre liste.


[FÉLICIE:] Oh! Controverse!

Toutes les filles vont parler de ça.


[MÉLANIE:] Mets-en!

Tout le monde va vouloir

une copie de notre journal.

(FRANCIS marche dans l'école en se tenant le nez. MAUDE le suit.)


[MAUDE:] Francis, es-tu correct?

Francis?


[FRANCIS:] Oui, j'ai besoin d'un mouchoir.

(MADAME PRÉFONTAINE, qui passait par là, se précipite pour aider FRANCIS.)


MADAME PRÉFONTAINE

Attends, Francis, j'ai ce qu'il faut.

(MADAME PRÉFONTAINE pose son sac à main sur une table et sort un paquet de mouchoirs.)


[FRANCIS:] Ah, merci.

MADAME PRÉFONTAINE

Tiens.


[FRANCIS:] Merci.

Plus, s'il te plaît.

Je peux en avoir plus?

(Pendant que MADAME PRÉFONTAINE sort plus de mouchoirs de son paquet pour FRANCIS, MAUDE prend l'enveloppe contenant sa critique dans le sac à main de MADAME PRÉFONTAINE.)


MADAME PRÉFONTAINE

Tiens!


[FRANCIS:] Merci.

Ça m'arrive des fois.

Ce n'est pas grave.


MADAME PRÉFONTAINE

Tu devrais quand même

aller voir l'infirmière.


[FRANCIS:] Non, non,

c'est correct, ça va.

(MADAME PRÉFONTAINE tend plus de mouchoirs à FRANCIS.)


MADAME PRÉFONTAINE

En veux-tu?


[FRANCIS:] Oui.

Merci.

(Plus tard ce jour-là, BASTIEN se rend chez FRANCIS qui est en train de laver son nouveau scooter.)


[BASTIEN:] Oh! Félicitations, man!

Bel achat!

En tout cas, être une fille,

c'est pas mal sûr

que je voudrais sortir avec toi.


[FRANCIS:] J'espère que tu ne serais pas

la seule fille à penser ça.


[BASTIEN:] On l'essaye?
[FRANCIS:] Non, j'ai promis à Audrey

qu'elle serait la première à l'essayer.


[BASTIEN:] Tu lui as parlé?

(Le téléphone de FRANCIS sonne à cet instant.)


[FRANCIS:] Non, je l'ai textée.
[BASTIEN:] C'est elle

qui vient de répondre?


[FRANCIS:] Oui.

(FRANCIS lit le texto d'Audrey.)


[FRANCIS:] Elle ne peut pas.

Elle s'occupe de sa soeur,

elle est malade.


BASTIEN (Perplexe)

Maude est malade?

Première nouvelle.


[FRANCIS:] Ça se peut.

Les filles, ça peut

tomber malade très vite.

Elle a peut-être attrapé

mon saignement de nez de tantôt.

Envoye, embarque!

(FRANCIS donne un casque bleu poudre avec des papillons dessus à BASTIEN.)


[BASTIEN:] Eille, c'est quoi ça?
[FRANCIS:] C'est le deuxième casque

que tu m'as dit de négocier.

C'est la seule bonne idée

que tu as eue de la journée.


[BASTIEN:] Bon! Demain,

je vais prendre un petit congé

de bonnes idées.

(FRANCIS et BASTIEN embarquent sur le scooter qui démarre. Plus tard, MAUDE est à son casier et MADAME PRÉFONTAINE arrive.)


MAUDE (Mal-à-l'aise)

Euh...

Madame Préfontaine,

je n'ai pas le temps de vous parler.

J'ai plein de devoirs.

(MAUDE essaie de se sauver mais MADAME PRÉFONTAINE l'interpelle.)


MADAME PRÉFONTAINE

Maude, attends. J'ai lu ta critique.

D'ailleurs, une chance que je l'ai lue

un petit peu plus tôt

parce que je l'ai égarée.

Je ne sais plus du tout où elle est.

Hum... Maude.

Tu sais que tu es

une élève exceptionnelle,

une des meilleures que j'ai eues.

Je t'avoue que,

quand j'ai lu ta critique,

j'étais amèrement déçue,

j'étais sous le choc et je l'ai relue,

puis là, j'ai vu que tu avais raison

d'être aussi sévère.

J'étais tellement absorbée

par l'écriture de mon roman

que je ne voyais pas les faiblesses.

Tu les as soulevées de façon précise.

C'était exactement ce qu'il me fallait.


MAUDE (Soulagée)

Ah...

Bien, j'ai juste fait

ce que vous m'avez demandé de faire.


MADAME PRÉFONTAINE

Maintenant, j'aimerais ça

que tu me redonnes mon manuscrit,

s'il te plaît.

Je ne voudrais pas que quelqu'un

d'autre tombe dessus.


[MAUDE:] Bien... Quelqu'un

est tombé dessus.

J'ai laissé tomber deux

ou trois pages ce matin.

Mélanie les a ramassées

et les a sûrement lues.


MADAME PRÉFONTAINE

Mais je t'avais dit

que c'était juste pour toi!


[MAUDE:] Je sais, je suis

vraiment désolée.


MADAME PRÉFONTAINE

Bon, au moins tu me le dis.

Tu es aussi franche

que pour ta critique.


[MAUDE:] Il y a aussi plein

de bonnes choses dans votre roman,

hein!

Par exemple, le passage

où le gars parle à la fille.


MADAME PRÉFONTAINE

(Impatiente)

Les points positifs,

c'est beau, je les connais.

C'est les faiblesses

que je dois corriger.

Et je vais continuer

à travailler mon roman.


[MAUDE:] Vous faites bien,

c'est plein de potentiel.


MADAME PRÉFONTAINE

Je vais le travailler avec toi.

(MAUDE, qui s'apprêtait à partir en souriant, perd son sourire aussitôt.)


MADAME PRÉFONTAINE

Tu vas être ma coach d'écriture.


[MAUDE:] Moi? Coach d'écriture?

MADAME PRÉFONTAINE

Il n'y a personne de mieux placé

pour me donner le point de vue

des jeunes lecteurs.

Je vais faire deux, trois...

huit versions s'il faut,

mais je vais y arriver.

Tu vas voir, on va faire

une fichue de belle équipe.

Merci, Maude!

(MADAME PRÉFONTAINE part. Dans son énervement, MADAME PRÉFONTAINE est partie dans la mauvaise direction. MADAME PRÉFONTAINE repasse devant MAUDE.)


MADAME PRÉFONTAINE

Excuse-moi.


MAUDE (Découragée)

Une autre version!

(Générique de fermeture)

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