Universe image Subito Texto Universe image Subito Texto

Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent and Sami are starting high school. Together, they try to ease into a foreign world, full of promise but also fraught with worries!

Official sitefor Subito Texto
Share

A plugin is needed to display this content

https://get.adobe.com/flashplayer/

Clue-less

Jennifer learns that Maude´s novel has been picked up by a publisher. So that their friend can enjoy this moment to its fullest, she and Stéphanie decide to keep the news from Maude and organize a party to celebrate. When they get to school, the girls find out that someone filled Maude´s bag with paint, and now it´s dripping all over the place. Mona is furious, and Maude ends up getting detention. Tonight´s party is hanging by a thread.



Production year: 2015

Accessibility
Change the behavior of the player

VIDEO TRANSCRIPT

Début générique d'ouverture


Subito texto


Fin générique d'ouverture


Chez les Allard-Fraser, STÉPHANIE est au téléphone.


STÉPHANIE

Si vous pouviez patienter

juste deux minutes.


On sonne à la porte. STÉPHANIE va ouvrir.


STÉPHANIE

(Au téléphone)

Ah...

Non, c'est beau.

Je vais lui faire

le message sans faute.


STÉPHANIE ouvre la porte à JENNIFER.


JENNIFER

C'est qui?


STÉPHANIE

(Au téléphone)

Et vos félicitations,

bien sûr.

Oui, merci encore.

Au revoir.


JENNIFER

Qu'est-ce qui se passe?


STÉPHANIE

J'en connais une qui va vivre

la journée de sa vie.


À Victoire-Desmarais, AUDREY fouille dans son casier. MADAME CARDINAL vient à sa rencontre.


MADAME CARDINAL

Audrey!


AUDREY

Ah, j'allais à votre bureau,


MADAME CARDINAL

Qu'est-ce qui s'est passé

avec ton travail

sur le pont des générations?


AUDREY

Rien, je l'ai remis au début

du cours comme tout le monde.


MADAME CARDINAL

Oui, Audrey, j'ai même eu

le temps de le lire.


AUDREY

C'était pas correct?


Pendant ce temps, chez les Allard-Fraser, STÉPHANIE vient d'annoncer une nouvelle à JENNIFER.


JENNIFER

Hein? T'es sure, sure, sure?

Pour de vrai?


STÉPHANIE

Ça a l'air.

C'est un vrai éditeur.

Il a dit qu'il lui enverrait

un vrai contrat par la poste.


JENNIFER

Elle va capoter!


STÉPHANIE

Je n'entends plus la douche.

Viens.

On va lui annoncer

la bonne nouvelle.


JENNIFER

Tout de suite?


STÉPHANIE

Bien... oui.

Pourquoi on attendrait?


JENNIFER

Vous trouvez pas ça

un peu... ordinaire?


STÉPHANIE

Que ma fille de 14 ans soit

publiée pas un éditeur français?

Vraiment pas, non.


JENNIFER

Non, mais je veux dire

ça fait plus qu'un an que

Maude travaille sur son roman,

puis elle s'est fait refuser

par genre 50 éditeurs.

C'était tellement décourageant

qu'elle ne voulait plus écrire

à un moment donné.


STÉPHANIE

Raison de plus pour ne pas

attendre! Allez, viens!


JENNIFER

Mais vous trouvez pas

qu'après tant d'efforts,

c'est peut-être un peu moyen

de se faire annoncer

qu'elle a enfin réussi

par sa mère, un mardi matin,

avant d'aller à l'école?


STÉPHANIE

C'est certain que

ça serait mieux qu'elle

l'apprenne directement

de l'éditeur,

mais il voulait pas attendre.


À Victoire-Desmarais, AUDREY et MADAME CARDINAL poursuivent leur discussion à propos du travail d'AUDREY.


MADAME CARDINAL

T'as complètement passé à côté

de ce qu'il fallait faire.

T'as pas du tout suivi

la grille de questions.


AUDREY

Quelle grille

de questions?

J'ai jamais eu

de grille de questions.

J'étais absente au cours quand

vous avez remis le travail.

Ma mère m'a signé un mot,

j'étais à une compétition.


MADAME CARDINAL

T'as pas pensé que c'était TA

responsabilité de venir me voir

pour être sure que tu comprenais

ce qu'il fallait faire?


AUDREY

Qu'est-ce que j'ai fait

de pas correct?


MADAME CARDINAL

D'abord, interroger Hugo

comme représentant d'une autre

génération, ça marche pas.


AUDREY

Bien... il est pas né

la même année que moi.


MADAME CARDINAL

Une génération, Audrey,

c'est entre 15 et 30 ans.

Tu le saurais si t'avais eu

la grille de questions.


AUDREY

Que j'ai pas eue!

Est-ce que je vais avoir zéro?


MADAME CARDINAL

Le travail compte

pour 30 % de l'étape, hein.


AUDREY

Bien, là...


Chez les Allard-Fraser, JENNIFER et STÉPHANIE poursuivent leur discussion.


JENNIFER

Je trouve que ça prendrait

plus de...

tambour puis de trompette.


STÉPHANIE

OK, vendu. T'as raison, il

faut célébrer ça comme du monde.

C'est quoi le plan?


JENNIFER

Euh... pendant que moi, je

retiens Maude dans sa chambre...


STÉPHANIE

Moi, je vais commencer

à faire des appels

pour organiser quelque chose.


JENNIFER

OK. Puis il faut que

ça se fasse aujourd'hui

parce que je serai pas capable

de me retenir

d'en parler à Maude

pour plus longtemps.


STÉPHANIE

Moi non plus!

Donc, ta mission,

c'est de t'arranger

pour que Maude revienne ici

directement après l'école.


JENNIFER

OK.


STÉPHANIE

Maximum...

16 h 45. Sinon, la surprise

va être gâchée.


JENNIFER

OK. Puis c'est quoi,

la surprise?


STÉPHANIE

Bien...


JENNIFER

Non, je veux pas le savoir.

Ça va être dur de me retenir

pour le secret.


JENNIFER et STÉPHANIE rient à voix basse.


À Victoire-Desmarais, MME CARDINAL donne une permission spéciale à AUDREY.


MADAME CARDINAL

Je vais te permettre

de recommencer.

Pas besoin de tout faire,

mais fais l'effort

de suivre la démarche.

Je veux que tu trouves

une personne

qui représente une autre

génération que la tienne.


AUDREY

Genre une personne âgée?


MADAME CARDINAL

C'est ça!

Je veux que t'ailles

poser des questions.

Le but, c'est de faire

un pont entre les générations,

trouver ce qui les réunit.

Tu comprends?


AUDREY

Oui, oui, j'ai compris,

madame Cardinal, merci beaucoup.


MADAME CARDINAL

T'as jusqu'à la fin de

la journée pour m'amener ça

sur mon bureau.


AUDREY

Bien, j'aurai jamais le temps

de trouver une personne âgée,

je passe la journée

à l'école, moi.


MADAME CARDINAL

Si tu cherches bien,

tu vas trouver.


MAUDE et JENNIFER se rendent à leur casier. JENNIFER tient un grand carton avec du texte coloré écrit dessus.


MAUDE

Pour notre présentation orale,

quand je finis ma partie

sur les roches ignées,

toi, t'enchaînes avec les roches

sédimentaires détritiques.


JENNIFER

(Distraite)

OK.


MAUDE

Ça va?


JENNIFER

Oui, c'est parce que

c'est vraiment cool, les roches.


MAUDE

(Sarcastique)

Bien oui.


MAUDE fouille dans son sac. Sa main en ressort couverte de peinture rouge.


MAUDE

(Affolée)

Ark!


AUDREY est au salon étudiant. Elle entend quelqu'un hurler dans le corridor. AUDREY prend son travail et lit les consignes à voix haute.


AUDREY

"Demande à ton représentant

d'une autre génération

"de te parler des changements

technologiques

qui ont marqué son époque."


On entend une fille hurler dans le corridor. MONA entre au salon étudiant.


MONA

Suis-je la seule à avoir

entendu un cri de mort?


AUDREY

Non.


MONA

Mais ça venait d'où?

Des cris de même, ça me fait

faire de l'acouphène.


AUDREY

C'est du premier étage.

Mais c'est quoi, de l'acouphène?

C'est une maladie?


MONA

Des bourdonnements aigus

dans les oreilles.


AUDREY

(Criant)

Êtes-vous en train

de devenir sourde?


MONA

Non, non. J'imagine

qu'il me reste encore

une couple de bonnes années

avant d'en arriver là.


AUDREY

Bien, oui, Mona,

encore plein de bonnes années.

Vous êtes en pleine forme.

Euh, à propos,

je me demandais...

Auriez-vous le temps de répondre

à quelques questions?

C'est pour le cours

de Mme Cardinal.

Ça sera vraiment pas long.


Un autre cri aigu provient du corridor.


MONA

Voyons!

J'ai pas le temps, là!

Tu reviendras me voir

à l'heure du dîner.


AUDREY

Même pas besoin d'aller

à la résidence

pour personnes âgées.


Au casier de MAUDE ET JENNIFER, MAUDE pousse un cri aigu, puis ricane. BRANDON-LEE pointe la main toute rouge de MAUDE.


BRANDON-LEE

De loin, ça avait

vraiment l'air d'autre chose.


MAUDE

Tu pensais que je venais

d'assassiner quelqu'un

avec mon livre de sciences

puis des ciseaux à bouts ronds?


BRANDON-LEE

Je sais-tu?

T'as vraiment mauvais

caractère, des fois.


MONA

Voulez-vous me dire

c'est quoi l'idée

de hurler comme des hyènes

devant un plateau de sushis?


MONA hurle de terreur en voyant la main de MAUDE.


BRANDON-LEE

Je vous l'avais dit:

N'importe qui penserait

que c'est du sang.


MAUDE

C'est pas du sang.


MONA

C'est quoi, ces niaiseries-là?


MAUDE

Je sais pas.


MONA

Tu sais pas, mais

c'est ton sang qui dégouline

de partout.


MAUDE

Bien oui...


MONA

Arrête de m'interrompre.


JENNIFER

Elle répond à vos questions.


MONA

Un avertissement.


JENNIFER

Hein?


MAUDE

Il faut une bonne raison

pour donner un avertissement.


MONA

Insubordination.


JENNIFER

J'ai même pas été impolie.


MONA

Essaye pas ça avec moi,

mademoiselle.

T'as été impertinente

et tu le sais très bien.


MAUDE

Techniquement,

si c'est pertinent,

on remet en question...


MONA pousse un cri aigu en se tenant la joue.


MONA

Ah!

MAUDE)

OK, ça fera.

T'es rendue

à deux avertissements.


MAUDE

J'ai jamais eu

deux avertissements!


MONA

Salir, mes planchers,

crier dans le corridor,

insubordination,

impertinence...

... empirer mon mal de tête.

Bien, coudonc, je pense

que vous avez

atteint votre quota,

toutes les deux.

Retenue ce soir.


JENNIFER

(Paniquée)

Non, non, ce soir,

on peut vraiment pas.


MONA

Si j'entends

un mot de plus,

c'est double retenue.


MONA s'éloigne, la main sur la joue, en gémissant.


Plus tard, BRANDON-LEE s'aventure discrètement dans les casiers déserts de Victoire-Desmarais. Avec sa main, il étend de la gouache rouge sur un casier et se prend en photo à côté.


Plus tard, MONA se rend à son bureau au salon étudiant, où l'attend AUDREY avec son travail dans les mains.


MONA

Bon...

une autre affaire.

Qu'est-ce que tu veux?


AUDREY

Bien, mon questionnaire.

Ce matin, vous m'avez dit

que vous pourriez répondre.


MONA

Hein? J'ai dit ça, moi?


AUDREY

Oui, vous m'avez dit de venir

vous voir ce midi.


MONA

Je te donne dix minutes.


AUDREY

OK, euh... selon vous,

le changement technologique

le plus important de

votre temps, c'est quoi?


MONA

Euh... l'Internet.


AUDREY

L'Internet existait

dans votre temps?


MONA

Bien, là, mon temps,

c'est aujourd'hui.

T'es drôle, toi.


AUDREY

Je veux dire,

quand vous étiez jeune.


MONA lance un regard sévère à AUDREY.


AUDREY

Euh... bien...

plus jeune, je veux dire.

OK, alors, pour le changement

technologique, on écrit quoi?

L'arrivée de la télé?


MONA

Bien, là...

Les télés... Es-tu en train

de me niaiser, toi?


AUDREY

Ça a fait un gros changement,

quand même.


MONA

Les premières télés,

c'était en 1950, Audrey.


AUDREY

Ah, en 1950, OK.

C'est bon.

Est-ce que votre famille

en a eu une tout de suite?


MONA

Hé!

Est-ce que j'ai l'air

d'avoir 65 ans?


MONA prend une gorgée de salon et se prend aussitôt la joue en hurlant de douleur.


MONA

Ah! Ah!


AUDREY

Ah, mais là, je comprends!

C'est pas mon questionnaire qui

vous met de mauvaise humeur,

c'est vos dents.


MONA

Ah, c'est toi...

tes questions, ta soeur...


AUDREY

Ma soeur?


Une voix dans l'interphone appelle MONA.


VOIX DE L'INTERPHONE

Mona, votre présence serait

appréciée

dans les toilettes des filles.

Le plus urgent possible,

ça urge.


MONA

Ah, une autre affaire.


VOIX DE L'INTERPHONE

Vraiment, vraiment. 10-4.


MONA

(Découragée)

Ah!


Au local du journal, MAUDE et JENNIFER nettoient les objets dans le sac de MAUDE.


JENNIFER

Pas question qu'on aille en

retenue, c'est pas de ta faute.


MAUDE

Je comprends pas

comment la gouache

est arrivée dans mon sac.


JENNIFER

Julien?


MAUDE

Non.


JENNIFER reçoit un texto de STÉPHANIE.


STÉPHANIE (Par message texte)

C'est officiel!

L'éditeur va rappeler à

16h45!


JENNIFER

Ça serait son genre.


MAUDE

C'est complètement son genre.

Sauf qu'il a dormi

à l'appartement avec mon père.

Il y avait comme un gros match

de lutte à regarder...


JENNIFER

Bien, il aurait pu...

verser la gouache

dans ton sac, avant

de partir, hier soir.


MAUDE

Non.


JENNIFER reçoit un autre message texte de STÉPHANIE.


STÉPHANIE (Par message texte)

Y'a un problème?

Maude a des doutes?


MAUDE

T'as vu comment

ça sèche vite?

La gouache était

fraîche, ce matin.


JENNIFER

OK, mais là, au moins, on sait

que c'est quelqu'un de l'école.


JENNIFER répond au message texte de STÉPHANIE.


JENNIFER (Par message texte)

Non, mais Mona nous

a donn


Avant d'envoyer le message, JENNIFER décide de l'effacer et de ne garder que le premier mot.


JENNIFER (Par message texte)

Non.


MAUDE

Mon livre de sciences

est foutu,

je me suis fait crier

dessus par Mona,

puis j'ai une double retenue

pour la première fois de ma vie.

J'ai tellement hâte

que la journée finisse.

Qui arrête pas

de te texter comme ça?


JENNIFER

Euh... Sami.


MAUDE

Qu'est qu'il y a?


JENNIFER

Rien. Il dit juste

de pas te laisser faire

puis que ça a pas de sens

que Mona donne

trois avertissements juste

parce qu'elle est énervée.


STÉPHANIE (Par message texte)

OK! Fiou! Super!


MAUDE

Oui. Peut-être que si on va

la voir, qu'on la supplie,

qu'on est super gentilles...


JENNIFER

Et qu'on lui rappelle

que t'es une élève modèle,

on a peut-être une chance

pour qu'elle annule la retenue.


MAUDE

Ouais. Je sais pas ce

qu'elle a mangé ce matin,

mais elle s'est calmée depuis.


MONA entre au local du journal en furie.


MONA

Maude Allard-Fraser, t'es

à deux doigts de la suspension.


MAUDE

Une suspension?

Pourquoi?


MONA

Il y a de la gouache

absolument partout dans l'école.


MAUDE

Mais...


MONA

Non, pas d'excuses.

Tu prends tes affaires,

tu viens avec moi,

puis tu aides le concierge

à nettoyer

pour tout le reste de l'heure

du dîner. Envoye!

Puis tu peux compter sur moi

que tu vas rester laver

jusqu'à minuit,

si c'est ça que ça prend!


JENNIFER

Mais elle a rien fait!


MONA

Bien, non, c'est pas elle.

C'est la fée des dents

qui a arrosé mes murs

avec son fluor

aux fraises.


MONA a une autre rage de dents.


MONA

Ah!


JENNIFER

MAUDE, discrètement)

Provoque-la pas, moi,

je vais trouver le coupable.


MONA

Envoye! Marche,

marche, marche!


Plus tard, MONA s'assoit à son bureau, où l'attend AUDREY.


MONA

(Lasse)

Ah. Est-ce qu'on peut

remettre ça à plus tard?


AUDREY

C'est parce qu'il me

reste encore plein

de questions à vous poser.


MONA

Ah...

C'est comme si mes dents

m'éclataient dans la bouche,

à chaque battement de coeur.

Ah, juste parler,

ça me donne mal aux dents.


AUDREY

Peut-être que le dentiste...


MONA

Non!


AUDREY

Mais si ça fait mal...


MONA

Chut.


AUDREY

OK, si je trouve une solution

pour vos dents,

est-ce qu'on peut s'occuper

de mon questionnaire après?


MONA

Ça dépend.

C'est quoi ta solution?


AUDREY

Bien, je fais

du patinage artistique...


MONA

Chut...


AUDREY

(À voix basse)

Quand je fais du patinage

artistique,

je tombe souvent

puis ça fait mal en maudit.

Il faut que je me relève,

que je sourie

puis que je fasse

comme si de rien n'était.

Savez-vous ce que je fais?


MONA

Non.


AUDREY

Je relaxe tous les muscles

qui entourent l'endroit

où c'est très douloureux

puis je me concentre très fort;

ça fait moins mal.


MONA

Hein?

Donc, si j'ai mal aux dents...


MONA relaxe les muscles de sa bouche et de sa langue.


MONA

Comme ça?


AUDREY

Oui, c'est ça, concentrez-vous

sur votre langue.


MONA

(La langue sortie)

OK.

Hum!

Ça aide.


AUDREY

Super.

Avez-vous le temps de répondre

à deux-trois petites questions?


MONA

Non, non.


MONA parle avec la langue sortie. AUDREY ne comprend rien de ce qu'elle dit.


AUDREY

Hein?


MONA

(La langue sortie)

J'ai juste trop mal.


AUDREY

OK.

Bon, on va s'aider un peu,

je vais écrire que...

vous êtes bien impressionnée par

l'utilité des médias sociaux.

Dans votre temps, il fallait

écrire les lettres, les poster.

C'était lent, même.

Je peux écrire ça?


MONA

Si tu veux.


AUDREY

Exactement.

Euh... puis dans la section

des métiers, je pourrais parler

de votre grande audace!

Être la principale surveillante

d'une école secondaire,

c'est un métier non traditionnel

pour une femme.


MONA remet sa langue dans sa bouche.


MONA

C'est vrai que c'était pas

populaire

comme choix de carrière.

Quand j'ai fini mon cégep,

en 1983...


Une cloche retentit. MONA hurle de douleur.


AUDREY

Ne vous en faites pas,

c'est juste la première cloche.

On a le temps de continuer.


MONA se lève et s'adresse aux élèves dans le salon étudiant.


MONA

OK!

Tout le monde!

On ramasse nos affaires

puis on vide le salon étudiant,

dans le calme

et le silence!

S'il vous plaît.


De son côté, JENNIFER observe une tache de gouache rouge laissée sur une fontaine d'eau.


BRANDON-LEE

C'est fou, hein.


JENNIFER

Mets-en.


BRANDON-LEE

Ouais, c'est vraiment

une dure journée pour Mona.


JENNIFER

C'est en train de la rendre

à moitié folle.

Il n'y a même plus moyen

de lui parler.

C'est rendu

qu'elle accuse Maude

d'avoir mis de la gouache

partout dans l'école.


BRANDON-LEE

Oui, elle a vraiment l'air

au bord de la crise de nerfs.

Tantôt, je pensais

qu'elle allait se mettre

à pleurer, tellement

elle avait peur.


JENNIFER

Peur de quoi?


BRANDON-LEE

Ça a vraiment l'air

du sang.


JENNIFER

Euh, non...


BRANDON-LEE

Bien oui, regarde.


BRANDON-LEE se prend en photo à côté de la tache de gouache.


JENNIFER

Montre.


BRANDON-LEE

Avoue, on dirait vraiment que je suis

devant une scène de crime.


JENNIFER

Hum...


JENNIFER regarde les autres photos sur le téléphone de BRANDON-LEE.


BRANDON-LEE

Hé, c'est mes photos

personnelles, ça, donne.


JENNIFER

OK... Ça, c'est toi

devant...

Est-ce que c'est de la gouache

dans les toilettes, ça?


BRANDON-LEE

Ouais.


JENNIFER

Ah! C'est toi devant la porte

du local du journal.


BRANDON-LEE

Je voulais... documenter.


JENNIFER

Toi devant toutes les tables

dégueulasses

que Maude est obligée de laver

en ce moment même!


BRANDON-LEE

Redonne-moi ça.


JENNIFER

Non.


JENNIFER s'enfuit en courant.


BRANDON-LEE

Hé!


Plus tard, JENNIFER, MAUDE, BRANDON-LEE et MADAME CARDINAL sont au local du journal.


MONA

Elle est où, Mona?


MADAME CARDINAL

Elle m'a chargé

de régler ça avec vous.

Il semblerait que c'est devenu

un cas de juge Jasmine.


MAUDE

Avez-vous vu nos photos?


MADAME CARDINAL

Oui, on les a vues.


JENNIFER

Est-ce que notre retenue

est annulée?


MADAME CARDINAL

Ça va dépendre. Quelque chose

à dire pour ta défense?


BRANDON-LEE

Non. J'avoue, c'est moi.

J'ai pris un pot de gouache

dans le local d'arts

puis j'en ai mis partout

où je pouvais.


JENNIFER

Bon, enfin!

Est-ce que notre retenue

est annulée, finalement?


MADAME CARDINAL

Oui. Vous pourrez partir

après votre dernier cours.


MAUDE

BRANDON-LEE)

Je peux au moins savoir

ce que je t'ai fait?


BRANDON-LEE

Rien.


MAUDE

Ok, mais

pourquoi MON sac et pas...

celui de quelqu'un qui se

considère pas comme ton ami?


BRANDON-LEE

Ne prends pas ça personnel.

Quand tu vas comprendre...


JENNIFER

Comprendre?

Tu t'es même pas excusé.


MADAME CARDINAL

Bon, Brandon Lee, viens-t'en;

on va aller parler avec Mona.


MADAME CARDINAL et BRANDON-LEE quittent le local. BRANDON-LEE salue MAUDE d'un air malicieux.


JENNIFER

Bon débarras!

C'était simple, finalement.

On devrait arrêter

de se poser la question.

C'est toujours la faute

de Brandon Lee.


MAUDE

Tu trouves pas ça un peu trop

simple, justement?

T'as pas trouvé qu'il

a avoué vite?

Il s'est même pas défendu.


JENNIFER

Il avait pas bien

le choix, Maude.


MAUDE

Se prendre en photo partout

avec des traces de doigts,

c'est comme s'il voulait

se faire prendre.


JENNIFER

On sait jamais, peut-être

qu'il voulait une retenue.


MAUDE

Pourquoi? Et pourquoi

mon sac?

Quand il est parti,

il m'a fait un petit "hum"...

Non, c'est louche.

Il nous prépare quelque chose.


MONA et BRANDON-LEE sont dans le corridor.


MONA

Brandon Lee, si tu veux pas

une retenue demain

et après-demain, je te conseille

d'y aller en courant.

Envoye!

Marche! Marche.


MONA retourne à son bureau, où l'attend AUDREY.


MONA

Ah... ah.

Peux-tu croire qu'il a essayé

de s'en sortir?

Encore!


MONA se donne des coups d'agrafeuse sur la main et hurle de douleur.


MONA

C'est une petite modification

à la technique.

Au lieu de me concentrer

sur ce qui fait moins mal,

je me concentre

sur ce qui fait plus mal.

C'est plus rapide, puis...

j'ai trop mal à la tête pour

me concentrer sur ma langue.


AUDREY

J'y pense: je pourrais vous

accompagner chez le dentiste.


MONA

Non! Pas le dentiste.


AUDREY

Il me reste ma conclusion

à faire.

Ce serait super concret

comme pont de génération.

J'aurais aidé une personne âgée

à vaincre sa "dentophobie".


MONA

Pardon?


AUDREY

C'est comme ça

que ça s'appelle

avoir peur du dentiste.


MONA

Je suis pas une personne âgée!


AUDREY

Non, non, je voulais dire

"plus âgée",

comme plus vieille que moi.

Pas dans le sens

de vieille.


MONA

Je suis pas "dentophobe"

non plus.

C'est même le contraire.

(Les larmes aux yeux)

Puis c'est ça, mon problème!


MONA pleure.


Pendant ce temps, MAUDE et JENNIFER discutent dans le corridor.


JENNIFER

Maude, c'est absurde, on réussit

à faire annuler notre retenue.

Et comment on en profite?

En restant à l'école...


MAUDE

Je veux savoir

le fond de l'histoire,

être sure qu'il prépare pas

autre chose.


JENNIFER

Il est en retenue, tu vas pas

l'attendre jusqu'à 5 h 30.


MAUDE

Si je règle pas ça

aujourd'hui,

j'aurai peut-être du ketchup

dans mon sac de gym ou pire.

T'es pas obligée

de m'attendre.


JENNIFER reçoit un autre message texte de STÉPHANIE.


STÉPHANIE (Par message texte)

Êtes-vous en route?


MAUDE

C'est Sami qui

te texte encore?


JENNIFER

(Distraite)

Non, c'est ta mère.


MAUDE

Hein? Pourquoi ma mère te texte?


JENNIFER

Euh... parce qu'elle veut

savoir si...

ma mère vend des savons

à la cannelle.


MAUDE

Elle en fait?


JENNIFER

De quoi?


MAUDE

Des savons à la cannelle.


JENNIFER répond au texto de STÉPHANIE.


JENNIFER

Euh, oui, oui.


STÉPHANIE (Par message texte)

??? Vous avez 20 minutes!


MAUDE

Coudonc,

est-elle en train de

te passer une commande?


JENNIFER

Euh, non, non,

elle dit...

Maude, j'ai une mauvaise

nouvelle.


Pendant ce temps, au salon étudiant, AUDREY et MONA poursuivent leur discussion.


AUDREY

Je comprends pas.


MONA

Bien, c'est normal.


AUDREY

C'est quoi le contraire

d'avoir peur du dentiste?

Avoir hâte au dentiste?

C'est quoi le problème?


MONA

C'est un peu personnel,

Audrey.


AUDREY

Hon...

Mona, êtes-vous

en train de me dire

que vous avez un faible

pour votre dentiste?


MONA émet un petit rire gêné.


MONA

La dernière fois,

il arrêtait pas de me faire des

compliments sur mes gencives.


AUDREY

C'est cute.


MONA

Il m'a dit...

que j'avais...

une excellente hygiène buccale.


AUDREY

Cool!

Mais s'il est si fin que ça,

pourquoi vous l'appelez pas

pour prendre un rendez-vous

avec lui

au lieu de vous détruire

les jointures

avec une brocheuse?


MONA

Bien, non!

Qu'est-ce qu'il va penser

de moi

si j'arrive là avec une carie

ou pire encore, un abcès?


AUDREY

Ça arrive

à tout le monde.


MONA

(Secouant la tête)

Hum, hum.


MAUDE

Quoi?


JENNIFER

Brandon Lee est chez vous.


MAUDE

Brandon-Lee?

Qu'est-ce qu'il fait là?

Comment ça se fait

qu' on l'a pas vu passer!


JENNIFER

Je sais pas.

Ta mère m'a dit qu'il

t'attendait dans ta chambre.


MAUDE

Quoi?


JENNIFER

Hum-hum.


MAUDE

Il est pas allé à sa retenue?


JENNIFER

Tu connais Brandon Lee...


MAUDE

Je le savais tellement

qu'il préparait quelque chose.


JENNIFER

Il faudrait y aller avant

qu'il fouille dans tes affaires.


MAUDE

Fouiller, il y a

rien là. Imagine

s'il a apporté

du ketchup.


MAUDE part en courant.


JENNIFER

Maude, attends!


AUDREY est toujours au salon étudiant avec MONA.


AUDREY

Voulez-vous que je vous donne

le numéro de mon dentiste?


MONA

Bien, non! S'il me fait

une réparation,

quand je vais retourner voir

mon dentiste,

il va le savoir que je l'ai

trompé avec un autre.

(Les larmes aux yeux)

J'ai pas le choix.

Il faut que j'appelle

mon dentiste.


AUDREY

Bien oui.


MONA

Mais j'arrive pas

à trouver le courage.

Je suis tellement

mortifiée!


AUDREY

Je suis désolée, Mona,

mais je comprends

toujours pas.

C'est pas logique,

votre affaire.


MONA

Bien, c'est ça!

Je comprends pas les jeunes

puis les jeunes

me comprennent pas.

Tiens, c'est ça,

la conclusion de ton travail:

personne se comprend.

Il y en aura pas,

de pont des générations.


AUDREY

(Fâchée)

Je vais chercher ce qu'il faut

pour régler votre problème.

Vous allez voir que les jeunes

sont pas si bouchés que ça.

Bougez pas.


AUDREY sort du local en vitesse.


Un peu plus tard, MAUDE entre chez elle avec JENNIFER. Elle s'adresse à STÉPHANIE.


MAUDE

(En colère)

Est-ce qu'il est encore

dans ma chambre?


STÉPHANIE

Qui ça?


MAUDE

Brandon Lee!

S'il a touché à mes affaires,

je l'étrangle.


STÉPHANIE

Attends, il y a quelqu'un

pour toi au téléphone.


MAUDE

Maman, c'est pas le temps!


STÉPHANIE

Maude, tu réponds

au téléphone.


MAUDE

OK!

(Au téléphone)

Oui, allô.

(Impatiente)

Oui, c'est moi,

Mlle Maude Allard-Fraser.

Oui.

OK.

Oui, moi aussi, je suis contente

que vous soyez heureux

de m'accueillir.

OK, merci.


MAUDE raccroche et reste silencieuse.


JENNIFER

Maude?


STÉPHANIE

Maude, t'as pas

quelque chose à nous annoncer?


MAUDE

Oui... j'ai un éditeur.

J'ai un éditeur.


STÉPHANIE retourne MAUDE pour lui montrer une banderole accrochée au plafond, sur laquelle il est écrit:« Bravo Maude!»


MAUDE

J'ai un éditeur!!!


MAUDE, JENNIFER et STÉPHANIE sautent en criant de joie.


Pendant ce temps, au salon étudiant, AUDREY fait un résumé de son travail devant MONA et MADAME CARDINAL. MONA mange de la crème glacée en grimaçant de douleur.


AUDREY

Pour la génération de Mona

comme pour la mienne,

allez chez le dentiste

peut être stressant.

Voilà un pont entre

les générations.


MADAME CARDINAL

Les dents? C'est ça,

ton élément rassembleur?


MONA

C'est très sérieux.

On a échangé toute la journée!


MADAME CARDINAL

Je comprends que

c'est un sujet qui

vous touche.


MONA

Ça ne me touche pas;

je suis complètement à bout!


AUDREY

Grâce à moi.

MONA)

Continuez, ça

doit être de la vraie torture.


MONA prend une autre bouchée de crème glacée et crie de douleur.


MONA

Ah!


AUDREY

Vous allez voir tellement mal

que ça ne vous gênera plus

d'appeler votre dentiste.


MONA

Si c'est pas un exemple

concret de pont des générations,

je sais pas ce que c'est.


AUDREY

MADAME CARDINAL)

Il faut lire mon travail

pour comprendre.

Tenez!


MONA ne supporte plus la douleur.


MONA

Ah! OK!

On l'appelle!


AUDREY

Oui? Oh,

yes!


AUDREY tend son téléphone à MONA.


AUDREY

Tiens. Allez!


Plus tard, AUDREY est de retour chez elle et trinque avec MAUDE, JENNIFER et STÉPHANIE.


AUDREY

Quand tu seras plus populaire

qu'India Desjardins, oublie pas

que je t'ai aidée à apprendre

à écrire.


JENNIFER

Puis que moi, je

t'encourageais à continuer

même si tu voulais

tout abandonner.


AUDREY

Bravo!


BRANDON-LEE entre chez les Allard-Fraser.


BRANDON-LEE

Euh, la porte était ouverte.


JENNIFER

Qu'est-ce que tu veux?


BRANDON-LEE

Tiens, c'est mon geste

de réparation.

Mona a dit qu'il fallait.


BRANDON-LEE tend son téléphone à MAUDE, qui y lit un article sur internet à voix haute.


MAUDE

"Niaisemoidonc.com décerne titre

de King de la semaine

à l'auteur de la niaiserie

intitulée "trace de sang,

Maude-Brandon Lee-Afraser".


BRANDON-LEE

On avait juste le droit

d'inscrire un nom.


JENNIFER

" Maude-Brandon Lee-

Afraser"...


BRANDON-LEE

C'était ça ou "Maudonlee

St-Pierreallamartinfraser".


MAUDE

OK, donc...

tout ça, c'était juste

pour être King de la semaine?


BRANDON-LEE

Hum-hum.


MAUDE

Mais c'est donc bien niaiseux!

Combien ça va me coûter,

remplacer mon livre de sciences?


STÉPHANIE

Pourquoi tu remplacerais

ton livre de sciences?


MAUDE

Parce que Brandon Lee

a renversé

un litre de gouache rouge

dans mon sac.

Puis grâce à lui, Mona pensait

que c'était de ma faute

si tous les planchers de l'école

étaient collants.


STÉPHANIE

Ah, mon Dieu.


BRANDON-LEE

Le sac, c'était pas moi.

Vous le savez, vous

m'avez entendu crier.

J'aurais pas crié de même.


AUDREY

Si c'était pas toi,

pourquoi c'est toi, le King

de la semaine?


BRANDON-LEE

Bien, pour tout

le reste!

C'était de la grosse job,

mettre de la peinture partout.

Mais ça me dérange pas trop

de partager mon titre.

Sans toi,

j'aurais jamais eu l'idée.

C'est toi qui as parti l'affaire

avec ton sac.


MAUDE

J'ai rien parti, maman,

je te jure.


STÉPHANIE

Ah... je te crois.

Il était où, ce matin, ton sac?


MAUDE

Ici, au pied de la chaise.


STÉPHANIE

Ah. Quand j'ai fait

la banderole,

j'ai renversé le pot de gouache.

J'ai tout ramassé.

le plus rapidement possible,

mais je me suis pas rendu compte

que la gouache

était tombée dans ton sac.

Je suis désolée, ma fille.


BRANDON-LEE

Bon, tu vois,

c'est pas de ma faute.

Maintenant, t'es le King

de la semaine.

Est-ce que tu te sens réparée?

Mona voudrait savoir.


MAUDE

Bien... vu que, maintenant,

j'ai un éditeur pour mon roman,

je me sens généreuse.


BRANDON-LEE

Wow! King de la semaine

et un éditeur.

Il y en a qui sont gâtés,

dans la vie.

Est-ce que c'est du gâteau

au chocolat?


STÉPHANIE

Mais certainement!


MAUDE

Oh, attention, Brandon Lee!

Le rouge au milieu,

c'est du sang coagulé.


BRANDON-LEE

Hein?


MAUDE

Bien, non!


MAUDE écrase du gâteau au visage de BRANDON-LEE. Tout le monde rit.


STÉPHANIE

(Reproche)

Maude...


Fin de l'épisode


MAUDE

Des jeux, des défis

et des missions

t'attendent sur notre site.


L'adresse internet suivante apparaît: «tfo.org/subitotexto».


Générique de fermeture

Episodes

Choose a filtering option by age, fiction or season

  • Category Season

Résultats filtrés par