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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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Désiré Kaboré, Portrait of an Immigrant

Désiré Kaboré immigrated to Canada 23 years ago. Originally from Burkina Faso, he talks about the difficulties he faced when he arrived in Canada and the enormous differences between both countries, in terms of community living and the French language.



Réalisateur: Chantal Villemaire
Production year: 2014

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VIDEO TRANSCRIPT

Dans cette capsule, DÉSIRÉ KABOURÉ nous parle de son expérience d'immigration. Défilent des images pour illustrer ses propos.


DÉSIRÉ KABORÉ

Je suis né au Burkina. Ma mère

est toujours au Burkina Faso,

mes frères, mes soeurs. C'est

une grande famille. Nous sommes

au nombre de neuf. Et moi,

je suis la seule personne

qui est allée au Canada.

Moi, en partant, l'objectif

premier, c'était de pouvoir

supporter ma famille.

Donc, ça allait être une

opportunité pour moi et pour la

famille. Une fois que je suis

bien installé et que je peux

aider, j'allais contribuer

financièrement pour pouvoir

aider les autres petits frères

et soeurs. La vie au Burkina

Faso à l'époque, il faut dire

qu'il y a 20 ans quand même,

c'était difficile. Les études,

il faut payer. Pour aller à

l'université, les conditions

étaient très, très difficiles.

C'est très sélectif, et tout le

monde n'a pas la chance d'y

aller. Je suis parti du Burkina,

d'abord parce que j'avais des

amis qui sont venus plusieurs

fois au Canada, alors qui m'ont

toujours parlé du Canada. Les

opportunités pour apprendre,

pour aller à l'école et pour

réussir dans la vie.

Pour arriver ici, j'ai eu des

difficultés dès le début.

Choc climatique d'abord,

et il y a le choc culturel.

Il y a tellement de différences

au niveau comportement des gens.

La vie au Canada, ici, est

complètement différente de chez

moi. Les gens sont plus réservés

ici, et ils sont plus

individuels. Chez nous, c'est

plutôt la vie en communauté,

la vie en famille tous les

jours. Et aussi, il y avait le

langage. Parce que je parle

français, mais le québécois,

c'est du français, mais c'est un

peu différend quand même du

français que nous connaissons.

C'est des expressions qui m'ont

permis de comprendre que le

français est très différent.

Quand je suis arrivé, j'habitais

dans un appartement où une fois,

je suis allé pour payer mon

loyer en liquidité. Il m'a dit:

"Si je suis là, tu peux me payer

en liquidité." Mais si c'est son

fils qui est là, il faut le

payer par chèque. Je dis: "Mais

pourquoi?" Il dit: "Que je le

crosse pas pantoute." Moi, je

n'ai rien compris parce que...

Pour moi, je pensais que je

portais des pantoufles.

Je pensais qu'il parlait plus

de mes pantoufles.

Au niveau alimentaire, chez

nous, on mange plus sec. Étant

donné que c'est un pays chaud,

alors on conserve moins.

On conserve moins, on mange

frais, ou on sèche. Ce qui m'a

beaucoup marqué sur le plan

alimentaire, c'est que tout est

conservé, tout est gelé. J'ai

découvert quand même quelques

plats ici, comme la tourtière et

le pâté chinois. à l'aéroport,

les gens étaient très organisés.

Il y avait pas le désordre comme

je connaissais. Par exemple, en

Afrique, tu arrives, les gens

sont toujours ensemble, etc.

Ici, les gens étaient alignés,

et chacun avait son passeport à

lui et on attendait de parler

avec les officiers. Moi, je

voulais toujours ouvrir ma

propre entreprise. Donc, j'ai

travaillé pendant longtemps dans

des grosses corporations, et je

me suis jamais senti comme si

j'étais productif.

Ma femme a dit un jour: "Mais

écoute, je pense que tu peux

ouvrir un restaurant et puis ça

va très bien marcher." Donc,

c'est ainsi qu'on a pris quand

même le risque d'ouvrir un petit

restaurant, tout petit. Nous

faisons la grillade au charbon

de bois. On a ouvert la première

succursale sur le chemin de

Montréal, et petit à petit on

s'est dit que c'est mieux de

trouver un endroit où on peut

avoir quelques places assises.

Je suis très content parce

maintenant, j'arrive à faire ce

que je veux faire. Et j'ai

toujours voulu avoir une

activité où je peux améliorer,

et puis grandir. Et j'ai pu

m'intégrer, construire quelque

chose ici. Et j'ai eu la chance

et l'opportunité d'apporter ce

que je connais de chez moi pour

contribuer, pour créer quelque

chose de nouveau, et offrir à ma

communauté ici et à la

communauté qui m'a accueilli.

Donc, je crois que quand je

pense à ça, j'ai une

satisfaction en moi.

Tout ce que j'ai à dire aux gens

qui veulent venir ici, c'est

d'être très ouvert, d'accepter

la différence et de faire en

sorte qu'ils puissent apprendre,

et puis faire un équilibre avec

ce qu'ils connaissent déjà.

Et ça va donner quelque chose.

On y gagne en faisant ça.



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