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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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Memories of a Street Worker

An ex-plumber, Leon Cardin decided to give it all up to become a street worker in Gatineau, Quebec. Having himself dealt with addiction some years before, he decided to use his experience to share with those who lose themselves in drug or alcohol abuse.

Several nights a week, he walks the streets of Old Hull, a poor, violent neighbourhood of the city, and one that is riddled with bars, to speak and to advise the young and not so young. His punk style doesn`t go unnoticed: Leon truly proves you can`t judge a book by its cover.



Réalisateur: Carine Ouellet
Production year: 2015

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VIDEO TRANSCRIPT

Sur le divan, LÉON CARDIN, travailleur de rue raconte son cheminement et explique sa tenue vestimentaire. L'entrevue est entrecoupée de pauses où on met l'accent sur des éléments spécifiques de son allure générale.


LÉON CARDIN

Mon nom, c'est pas Gaétan,

c'est Léon. Et je sais que si

une personne vient me rejoindre

et elle me dit: "Eille, Gaétan!"

Je le sais que ce gars-là ou

cette fille-là, elle

me connaît pas.


LÉON CARDIN

C'est sûr qu'il y a des gens,

quand ils me voient, ils disent:

"Oh oui, tu es un punk." C'est

quoi un punk? C'est quoi qui est

un faux punk? J'ai pas de

réponse à ça, mais c'est sûr que

j'ai toujours eu des valeurs. Et

ces valeurs-là, j'y tiens. C'est

des valeurs morales et

c'est des valeurs sociales.

Fait qu'il y a tout un langage à

travers la manière dont je

m'habille. Tu vois, le carrelage

noir et blanc, c'est l'unité

entre la race blanche et la race

noire. Ça, ce tatouage-là, ça

s'appelle straight edge. C'est

un mouvement qui veut dire que

je ne consomme aucune

drogue, ni alcool.

J'étais un consommateur

d'héroïne. Et à un moment donné,

je me suis fait "busté",

entre guillemets, et j'ai eu une

ordonnance de cour d'aller dans

une cure de désintoxication pour

six mois avec des tests d'urine

pendant deux ans. Bref, ça a

fonctionné. Après la première

semaine, je me suis dit:

regarde, c'est ici que ça

se passe. Fait que là, c'est ça.

J'ai décidé de travailler

énormément sur moi et sur le

fait que je décidais d'arrêter

de consommer. Fait que c'est

tout un cheminement parce que tu

as une autre qualité de vie

qui s'en vient que tu ne connais

pas, fait que tu travailles dans

l'abstrait. Et tu as du monde

qui est là pour t'aider, pour te

donner des outils, mais eux

autres, ils représentent à peu

près 10% de ta réussite. 90% du

temps, c'est toi qui vis avec ta

tête 24 heures. Fait qu'à ce

moment-là, je me suis mis à

pédaler plus que comme jamais

pour m'en sortir, parce que

j'avais cet objectif-là. Et j'ai

eu un outil qui m'a vraiment

servi qui s'appelle ma tête de

cochon à justement faire le fait

que non, that's it.

Et ça va être that's it.


LÉON CARDIN

J'ai travaillé comme plombier

sur un gros chantier, et à un

moment donné, je me suis posé la

question, j'ai dit: qu'est-ce

que je fais là? Ça faisait dix

ans que justement, j'étais

abstinent. Je suis toujours

abstinent. Et bref, je me suis

dit: Pourquoi je n'aiderais pas

le monde en expliquant ce que

c'est... Pas nécessairement

comment moi j'ai réussi à m'en

sortir, mais plutôt de partager

avec eux autres le fait que

je connais leur misère.

Un travailleur de rue, ce que

c'est, c'est une personne qui

rejoint les gens dans les

quartiers. La meilleure manière

justement de parler des services

auprès des gens qui connaissent

pas les services, c'est surtout

d'avoir un travailleur de rue

qui lui, va être un peu un

généraliste. Il va parler à tout

le monde. Et tout dépend de ce

que c'est que la personne va me

parler comme problématique, je

vais lui parler de la ressource

qui va avec sa problématique. Ça

prend des gens qui vont

dans leur univers.

Les gens vont s'ouvrir comme ils

ne se sont jamais ouverts à

personne. Tu deviens leur

confident et tu deviens un peu

leurs orienteurs en même

temps. Fait que les défis, c'est

surtout que des fois, tu vis

la même misère qu'eux autres.

Autant tu peux être dans

l'empathie que tu peux être dans

la sympathie, fait que c'est

difficile pour un travailleur de rue.


LÉON CARDIN

Sur la construction, je faisais

quasiment trois fois le salaire

que je fais actuellement. Moi,

personnellement, ma paye à moi,

quand tu as une personne qui

vient te revoir trois, quatre

mois après qu'elle ait

complètement disparu, elle

est transformée, elle a eu un

emploi, elle paye ses bills, il

a acheté de l'ameublement, tout

ça, et il a repeinturé chez

eux, ça pour moi, c'est une

réussite. Ça me donne le petit

coup de pied que j'avais pas

dans le cul pour...

Oups, j'ai dit "cul".

Ça me donne le petit coup de

pied à quelque part qui fait

en sorte que j'ai le goût de

rentrer lundi matin. Non,

je travaille pas le lundi.


LÉON CARDIN

Quand j'accompagne les gens et

qu'ils sont dans des situations

problématiques au niveau de la

toxicomanie, ça me rappelle où

j'étais il y a 15 ans passés. Le

passé est garant du futur, fait

qu'en te rappelant de ton passé,

ça te rappelle justement des

problématiques dans

lesquelles tu étais.

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