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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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Le Divan: Care for Sick Loved Ones

Hôpital Montfort volunteer Marie-Josée Martel has become the go-to person for those attained by a grave illness. She benefited from the kind ear of Hôpital Montfort volunteers at the time of her own mother´s death, and it is then that she decided to join their ranks. Since then, she has learned to understand and support those at the end of their lives and help them prepare for the final stage. She tries to provide comfort to terminal patients and help them get their affairs in order so that their families are not overwhelmed by the paperwork involved following a death.



Réalisateur: Caroline Leal
Production year: 2015

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VIDEO TRANSCRIPT

Titre :
TFO 24.7


MARIE-JOSÉE MARTEL, bénévole à l'hôpital Montfort ajuste le petit téléviseur et va s'asseoir sur le Divan.


MARIE-JOSÉE MARTEL

Un des commentaires que

j'entends le plus souvent quand

quelqu'un perd un être cher,

c'est: "Je pensais que

j'avais plus de temps."

On devrait pouvoir être à

l'écoute de la personne qui

est malade et s'il ou elle veut

en parler, d'être une grosse

oreille et d'en parler nie pas

l'espoir d'en guérir non plus.

J'ai été en contact avec la mort

assez jeune. Dans la vingtaine,

j'ai perdu une soeur qui est

décédée lors d'un accident.

Mais ça, c'est très différent quand

on perd quelqu'un dans un moment

d'accident comme ça, violent. Il

y a pas de préparatifs. Puisque

la médecine a fait tellement

de progrès, 90% des gens vont

mourir après une longue maladie,

beaucoup, beaucoup plus âgés.

Quand c'est une maladie qui est

plus longue, on devrait avoir le

temps de se préparer, on devrait

se donner le pouvoir d'en parler.

Maman a souffert de plusieurs

cancers. Toujours, toujours,

ma mère a gardé l'espoir.

Je pense que c'est pour ça

qu'elle a vécu pendant 12 ans.

Et elle appelait pas ça

son cancer, elle appelait ça

le cancer, parce que ça lui

appartenait pas. Jusqu'à la fin,

elle me disait: "Je suis prête,

je suis vraiment prête, mais je

suis pas prête à vous quitter.

Je veux pas vous laisser."

Et je me souviendrai toujours

du Dr Pereira, qui l'a pris par

les mains. Et qui l'a regardée

dans les yeux et il lui a dit:

"Est-ce que vos choses sont

en ordre, Mme Martel?

Avez-vous pris soin de tout ça?"

Et elle s'est tournée vers moi

et elle a dit: "Oui. J'ai ma secrétaire

ici, celle qui prend des notes

À tous mes rendez-vous et on a

fait tout ça. On s'est occupé

d'un testament, on s'est

occupé de ça, mais Dr Pereira,

j'aimerais avoir plus de temps."

"J'aimerais avoir plus de temps

avec mes enfants et avec mes

petits-enfants." Alors, j'ai

commencé à faire du bénévolat

À l'hôpital Montfort, suite au

décès de ma mère, parce que j'ai

été en contact avec l'équipe

des bénévoles de Montfort, qui

était formidable. À l'hôpital

Montfort, on a décidé d'intégrer

les soins palliatifs dans tout

l'hôpital, parce qu'un décès

peut arriver aussi bien à

l'urgence qu'en aile de médecine,

ou ailleurs.

Une de mes inspirations, vous

allez trouver ça comique,

c'est Le Petit Prince.

Et un des personnages que

j'aime, bien, je les aime tous,

c'est l'allumeur de réverbères.

Celui qu'il fallait qu'il allume

et qu'il éteigne si souvent dans

la journée, parce que sa planète

était toute petite. Et le Petit

Prince, quand il l'a quitté, il

lui a dit: "J'aurais pu habiter

avec lui, mais sa planète était

trop petite, par contre,

il était la personne qui

était le plus au service."

Alors, quelque part, je me dis

que je suis un allumeur ou une

allumeuse de réverbères, que je

me rends disponible aux gens

et ça a l'air curieux de dire

que l'accompagnement, c'est

un service, mais d'une

certaine façon, ce l'est.

Je pense que les gens viennent

vers moi dans certaines

circonstances, parce que j'ai

pas peur de parler de mes

expériences. Et je me souviens

très bien, que ce soit pour

la campagne de levée de fonds

du gouvernement fédéral, je

participais et je racontais

l'histoire de ma mère et comment

c'était important de faire des

dons et puis l'accompagnement

que je faisais.

Ça fait que des gens vont venir

vers moi pour me dire: Bien

moi aussi, ça m'est arrivé.

Et qu'est-ce que tu as fait dans

telles circonstances? Le fait

d'en parler donne confiance

aux gens et démontre peut-être

de mon ouverture, alors les gens

vont venir plus facilement

vers moi me poser des questions.

C'est pas des moments faciles

à partager, l'expérience

que j'ai vécue avec ma mère

ou avec mon père.

Mais c'est quelque chose qui

me fait sentir quand ils nous

quittent, que j'ai aucun regret.

Je veux bannir de mon

vocabulaire l'expression

"j'aurais donc dû". Non. Moi,

j'en veux pas, de "j'aurais

donc dû", alors quand les gens

viennent vers moi, je me sens

privilégiée qu'ils me démontrent

leur confiance et puis

qu'ils se confient à moi.


MARIE-JOSÉE MARTEL se lève et sort.


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