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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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Le Divan: Regulation 17

François Charbonneau is an Associate Professor at the School of Political Studies at the University of Ottawa. He is primarily interested in the history of political ideas and matters of identity. Along with Professor Michel Bock, he wrote Le Siècle du Règlement 17, released in June 2015. François Charbonneau discusses the eventuality of an official apology from the Government of Ontario for the adoption of Regulation 17 in 1912. This regulation, which was abrogated in 1927, was primarily aimed at forbidding French in schools.



Réalisateur: Carine Ouellet
Production year: 2015

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VIDEO TRANSCRIPT

Titre :
TFO 24.7


FRANÇOIS CHARBONNEAU, codirecteur du livre Le siècle de Règlement 17 s'assoit sur le Divan en tenant son livre à la main.


Sur une image de Kathleen Wynne et quatre autres personnes dans une salle de conférence, on peut lire : Règlement 17 « La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne pourrait présenter des excuses officielles aux Franco-Ontariens ».


Durant l'élocution de FRANÇOIS CHARBONNEAU, des documents anciens ainsi que des photos d'archives illustrent son propos.


FRANÇOIS CHARBONNEAU

Évidemment, il y a toujours

moyen d'être cyniques quand

un gouvernement affirme vouloir

s'excuser d'une erreur passée.

On peut se demander: "Est-ce

qu'ils cherchent des votes?"

Enfin, peu importe. Mais

essayons de ne pas être cyniques

un moment, essayer de comprendre

l'impact que ça peut avoir.

Le Règlement 17, c'est une

disposition qui est prise par

le ministère de l'Éducation

de l'Ontario pour la rentrée

scolaire 1912 qui vise

essentiellement à interdire

l'utilisation du français

dans les écoles en Ontario.

Ça veut dire l'enseignement,

principalement, mais aussi

le droit de parler français

à l'école, par exemple. Et ça,

c'est l'objectif principal

du ministère de l'Ontario,

qui est celui... essentiellement

d'avoir "une" langue

pour l'enseignement.

C'est que les francophones

de l'Ontario, à l'époque, sont

souvent des francophones, qui

proviennent du Québec, qui se

sont déplacés vers l'Ontario, et

donc, la population francophone

va croître beaucoup au XIXe

siècle. Ça inquiète beaucoup

d'anglophones de l'Ontario qui

souhaitent mettre fin à ça,

notamment en s'assurant

de l'assimilation

des jeunes francophones.

Le règlement va être

en vigueur de 1912 à 1927.

Il va tomber en désuétude,

définitivement abrogé en 1944.

Il faut voir qu'entre 1912 et

1927, on a donc la résistance,

des manifestations,

des campagnes de lettres.

Il y a aussi les francophones du

Québec qui vont beaucoup aider,

envoyer de l'argent aux écoles

en Ontario qui contestent la loi

pour permettre de payer les

enseignantes qui ne sont plus

payées, évidemment, parce que

les commissions scolaires qui

se conforment pas à la loi

n'ont plus le financement

de la part de l'Ontario.

Clairement, la mobilisation a

créé, finalement, le réseau

institutionnel francophone

de l'Ontario tel qu'on

le connaît aujourd'hui.

Le journal Le Droit,

carrément créé pour s'assurer

de défendre les intérêts

des francophones en Ontario.

L'Association canadienne-française

d'éducation de l'Ontario, l'ACFÉO,

qui va devenir l'AFO aujourd'hui,

provient directement, créée dans

la foulée de ces événements-là.

C'est ce qui va permettre

la mobilisation sur plus

d'une centaine d'années,

jusqu'au moment où, en 1982,

on va enchâsser le principe

du droit à l'éducation

en langue française en Ontario.

Il y a plein d'Ontariens, qui

ne parlent pas le français,

qui l'auraient peut-être parlé,

mais c'est trop difficile

à déterminer, et donc, on mesure

mal le préjudice qui est

causé aujourd'hui pour

les francophones de l'Ontario.

Mais ça ne doit pas nous faire

oublier que ça a été quand

même un événement extrêmement

traumatisant pour les

communautés francophones

de l'époque et ça a eu un impact

profond sur la réflexion de

toute une génération sur c'est

quoi la place, finalement,

du fait français au Canada.

On a appris récemment que la

première ministre Kathleen Wynne

souhaite présenter des excuses

aux francophones de l'Ontario

pour le Règlement 17.

Je dois admettre que j'ai

trouvé ça un peu surprenant,

tout simplement, parce que les

francophones de l'Ontario, à

ma connaissance, ne demandaient

pas de telles excuses...

sans doute parce que les

francophones jouissent depuis au

moins 1982, alors là il faudrait

nuancer, mais d'un système

scolaire primaire et secondaire

complet, et donc, on se demande

bien à quoi peuvent servir des

excuses pour quelque chose

qui s'est passé il y a

une centaine d'années.

En même temps, il faut pas

négliger l'aspect symbolique

fort d'une telle présentation

d'excuses. Parce que ce qu'il

faut voir, c'est que quand

un gouvernement reconnaît

qu'il a causé un préjudice

par une politique, par une loi,

il reconnaît au fond que les

francophones de l'époque se

trompaient pas, qu'il y a eu

préjudice et qu'ils ont été,

d'une certaine façon, les

victimes. En plus, ça suppose

que, ce genre de choses là,

le gouvernement de l'Ontario va

essayer d'éviter de le faire

à l'avenir, ou quoi que ce soit.

Mais je dirais donc que d'un

point de vue symbolique,

c'est très fort. Après,

il faut voir ce que ça peut

bien changer concrètement pour

les francophones en Ontario.

Probablement strictement rien,

mais c'est pas grave.

Les francophones vont

pouvoir avoir le sentiment

qu'effectivement un tort leur a

été causé et que le gouvernement

reconnaît que ce genre de

choses là, ça ne se fait pas.


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