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Arrière-scène

Arrière-Scène vous invite à rencontrer ceux qui travaillent dans les coulisses : compositeurs de musique de films, directeurs de tournée, programmateurs, disquaires, réalisateurs, musiciens de bar.

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Exporter sa musique

La scène musicale d’ici déborde de talents. Pourtant, rayonner à l’extérieur des frontières n’est pas une mince affaire. Plusieurs tentent leur chance, espérant trouver ailleurs dans le monde des opportunités de carrière. Une poignée seulement réussit à se faire connaître, la majorité jouissant au mieux d’un succès confidentiel. D’autres choisissent littéralement de s’expatrier pour vivre de leur musique…



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Arrière-Scène part à la rencontre des artisans qui fabriquent de leurs mains notre paysage musical. On y découvre les coulisses de l'industrie musicale en rencontrant ceux qui y travaillent : musiciens de studio, compositeurs, metteurs en scène, producteurs, disquaires, programmateurs et plusieurs autres.

L'émission «Arrière Scène» est ponctuée d'entrevues de journalistes en studio et d'autres intervenants du milieu qui viennent apporter leur expertise et leurs commentaires.

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Arrière-scène — Exporter sa musique

[Fin information à l'écran]

Dans une petite rue de Québec, le groupe Les Chercheurs d'or remplit une camionnette de valises et d'instruments.

[Début information à l'écran]

Simon Pelletier-Gilbert, batteur-Les chercheurs d'or

[Fin information à l'écran]


SIMON PELLETIER-GILBERT

(en aparté)

On s'en va aux États-Unis

d'Amérique dans le Maine,

New Hampshire.

C'est la première fois

qu'on va jouer aux États-Unis,

qu'on va faire des concerts

là-bas. C'est le fun.

Ça fait longtemps qu'on veut

y aller. C'est un début.

Voilà, on part à la conquête

de nouveaux territoires.

On roule beaucoup

ici au Québec, un peu au Canada,

beaucoup en Europe, en France et

en Suisse principalement. Mais

les États-Unis, c'est un marché

qu'on veut développer.

[Début information à l'écran]

Patrick Baillargeon, journaliste musical— Voir, ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


PATRICK BAILLARGEON

(en studio)

Si ton bassin de population est

beaucoup trop petit ici, puis

surtout dans une niche assez

pointue. Tu te réduis encore

plus. C'est primordial.

Puis c'est pour ça que tu vois

autant d'artistes montréalais

tourner à l'étranger.

[Début information à l'écran]

Philippe Brault, bassiste et directeur musical— Philippe B, Philémon chante, Random Recipe, Hôtel Morphée, Viviane Audet

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE BRAULT

(en studio)

Une fois que t'as fait

ta tournée pendant un an,

ben là tu as toutes fait

les salles. Tu ne peux pas

faire un album par année.

Bien, tu peux. Il y en a

qui arrivent à le faire.

Mais si tu veux faire

un bon disque, il faut que

tu prennes ton temps.

Puis la seule façon

d'étendre l'espèce de moment

de tournée puis de faire vivre

ton album plus longtemps,

c'est d'aller ailleurs

qu'au Québec.

[Début information à l'écran]

Franz Schuller, guitariste et chanteur— Grimskunk; président- Indica records

[Fin information à l'écran]


FRANZ SCHULLER

(en studio)

Il y a une artiste française qui

s'appelle Zaz. Elle a vendu

500 000 albums en Allemagne.

Elle a vendu 23 000 au Québec.

(SÉBASTIEN NASRA est en plein cœur du festival South by Southwest d'Austin, au Texas.)

[Début information à l'écran]

Sébastien Nasra, président et fondateur— M pour Montréal, Avalanche Productions

[Fin information à l'écran]


SÉBASTIEN NASRA

South by South West, c'est

une jungle. Ça roule depuis

longtemps mais ç'a commencé

vraiment comme un petit party

de "showcases", d'une centaine

de bands je pense à l'époque.

Et c'est rendu presque

2 500 groupes qui jouent

ici pendant les cinq jours

du volet musique.

À l'intérieur de ça, M pour

Montréal notamment et d'autres

festivals et d'autres entités

qui sont soit des agences

d'artistes ou des "labels"

de chez nous, présentent

leurs groupes et se présentent

eux-mêmes dans le fond à travers

des rencontres professionnelles.

Pour moi, c'était évident qu'il

fallait faire partie d'un réseau

d'événements qui ont un peu

le même esprit puis aussi

qui sont interconnectés avec

toute la scène internationale.

(GOURMET DÉLICE est au festival South by Southwest)

[Début information à l'écran]

Gourmet Délice, cofondateur— Bonsound; gérant— Bonsound

[Fin information à l'écran]


GOURMET DÉLICE

Quand t'as vu un groupe

cinq fois même si t'aimes ça

beaucoup, si je te demandais

ton groupe préféré, tu l'as vu

combien de fois dans ta vie?

Peut-être quatre fois.

Alors vraiment,

c'est toujours bon

d'aller se promener.

Lisa Leblanc, ça lui tentait

beaucoup de venir ici.

On a décidé que je viendrais

avec elle pour saisir

les opportunités s'il y en a,

de faire les contacts,

réseauter dans le fond.

C'est très dur de savoir

qu'est-ce que ça va donner.

(Sur une petite scène extérieure, LISA LEBLANC chante devant un petit groupe de personnes.)


LISA LEBLANC

♪ Je suis pas un cowboy

mais j'aime ça prétendre

que je le suis.♪♪

(LISA LEBLANC continue de chanter tandis qu'on l'entend en entrevue hors champ.)

[Début information à l'écran]

Lisa Leblanc, auteure-compositeure-interprète

[Fin information à l'écran]


LISA LEBLANC

(hors champ)

On est à Austin, Texas. South by

South West. Je trouvais ça

important de venir parce que je

trouvais que c'était vraiment

comme une formation pour tout

le monde, autant pour moi que

les musiciens. Il y a plein de

journalistes, plein de monde,

en fait plein d'artistes que

j'avais jamais vus. Donc tout

d'un coup à Planète Québec,

j'ai découvert plein de choses

que je n'étais même

pas allée voir à Montréal.

(LISA LEBLANC s'adresse à la foule en anglais.)

(Sur une scène extérieure de South by Southwest, le groupe Folly and the Hunter joue devant une foule. On entend la claviériste du groupe, LAURIE-ANNE TORRES, en entrevue hors champ.)

[Début information à l'écran]

Laurie-Anne Torres, musicienne— Folly and the Hunter

[Fin information à l'écran]


LAURIE-ANNE TORRES

(hors champ)

Je pense que c'est un mal

nécessaire au moins une fois

de participer à des vitrines

importantes, ne serait-ce que

parce que ça permet de

rencontrer des gens, de faire

des contacts, mais aussi les

gens reconnaissent notre nom

beaucoup mieux. Quand ils ont vu

notre nom dans le programme de

South by South West, ça sonne

une cloche. Ils ont entendu

parler de Folly and The Hunter.

C'est quelque chose qui nous

arrive beaucoup. Beaucoup de

gens qui ne nous ont jamais

entendus, qui ne nous ont jamais

vus, mais qui disent:

"Ah oui, j'ai vu votre nom

sur le programme."

C'est soit des gens ici

ou des gens du public. C'est

quelque chose qui, veut, veut

pas, fonctionne et a un impact.

(DYLAN PHILLIPS est au festival South by Southwest.)

[Début information à l'écran]

DYLAN PHILLIPS, musicien— Half Moon Run

[Fin information à l'écran]


DYLAN PHILIPS

(propos traduits de l'anglais)

Ça met ton nom sur le radar.

Ils voient les noms et se disent

que ces groupes s'en vont

quelque part.

Pour certains, ça ne s'est

peut-être pas bien passé

du tout, mais chez eux,

les gens voient qu'ils étaient ici.

Ça a un effet.

Et même pendant South by South

West, dans notre premier show,

on a joué pour six, sept

personnes. Et à la fin, on a

joué pour une salle qui était

pleine de monde. D'avoir la

chance de jouer plusieurs fois,

ça donne la chance aux autres de

parler à leurs amis, leur dire:

"Viens écouter ce show."

Les personnes se parlent et

il y a un "buzz" qui est créé.

(KATHY LECLERC est au festival South by Southwest.)

[Début information à l'écran]

Kathy Leclerc, chargée de projet— Planète Québec; Coordonatrice aux communications, ADISQ

[Fin information à l'écran]


KATHY LECLERC

C'est super utile pour ceux qui

commencent puis qui n'ont

pas encore leurs repères.

Ils n'ont pas créé leur réseau.

Je pense que c'est vraiment

utile pour juste faire un:

"OK, on commence. On présente."

Là tranquillement,

tu tisses des liens.

(Début intertitre)

(Savoir se vendre)

(Fin intertitre)

(Le groupe Les Hay Babies se produit sur une scène du festival Pause Guitare d'Albi, en France. Après leur numéro, elles signent des autographes. On entend deux des membres du groupe, VIVIANE ROY et JULIE AUBÉ en entrevue hors champ.)


VIVIANE ROY

(hors champ)

Une vitrine c'est une place où tu

joues 20 minutes. Ensuite de ça,

tu as des programmateurs.


JULIE AUBE

(hors champ)

Des acheteurs de spectacle.


VIVIANE ROY

(hors champ)

Oui, des "bookers".


JULIE AUBE

(hors champ)

Ils viennent voir les spectacles

justement pour l'année

prochaine: "O.K, qui est-ce

qui va venir jouer

à mon festival, en Belgique."

Il va voir tous les artistes

qui l'intéressent, comme

à ce festival. C'est comme

ça qu'il décide.

S'il aime Les Hay Babies,

il booke une tournée

pour Les Hay Babies en Belgique.

On arrive des États-Unis.

On a joué là parce que pendant

un salon de contacts, on a joué

dans les ascenseurs. Il y a

plein d'acheteurs de spectacles,

puis nous autres dans

ce temps-là, on n'avait pas

beaucoup de shows.


VIVIANE ROY

(hors champ)

Ça faisait trois mois

qu'on était un band.

Il y avait des réalisateurs

et des "bookers" qui se sont

intéressés. Justement

la tournée au Maine, c'est

comme ça que ça c'est passé.

(La camionnette du groupe Les Chercheurs d'or franchit les douanes américaines. On entend SIMON PELLETIER-GILBERT en entrevue hors champ.)


SIMON PELLETIER-GILBERT

(hors champ)

Cette année c'est plus de la

moitié de notre temps qui est à

l'extérieur. Ça adonne comme ça

parce que le premier disque

qu'on a lancé date au Québec.

Ça fait quand même trois ans.

Donc, on a déjà tourné

pas mal au Québec et l'album

peut vivre ailleurs après ça.

(La camionnette du groupe poursuit sa route et se rend jusqu'à Colebrook, au New-Hampshire.)


SIMON PELLETIER-GILBERT

(hors champ)

La barrière de la langue, selon

moi, il n'y en a pas vraiment

parce qu'on a joué devant

un public anglophone. Ce n'est

pas limitatif. On a joué

devant des publics allemands.

Ça marchait au bout.

(Dans une petite salle de spectacle vide, le groupe installe ses instruments.)

[Début information à l'écran]

François Gagnon, auteur— Les Chercheurs d'or

[Fin information à l'écran]

FRANÇOIS GAGNON

Quand on joue en région

au Québec, ça va. Mais dès

qu'on arrive dans les grands

centres, on est comme perdu

un peu dans la masse.

Tandis que quand on arrive

ici, on est comme exotique.

Le fait d'être exotique,

ça fait venir plus de gens

ou les gens ont l'impression

de vivre peut-être un moment

plus particulier en venant

voir un spectacle comme ça.

(Un peu plus tard en soirée, Les Chercheurs d'or jouent devant public.)


FRANZ SCHULLER

(en studio)

On les voit comme Québécois.

Mais c'est du World. Puis ça, ça

tendance à être bien reçu alors

que si tu fais de la pop rock un

peu standardisé pour la radio

ici, ça a tendance à être

beaucoup plus "tough" quand tu

arrives dans des marchés qui ne

sont pas francophones de base.

(LISA LEBLANC est dans la maison de l'équipe de Bande à Part SXSW, à Austin. Elle joue de la guitare devant une équipe de tournage.)


LISA LEBLANC

♪ On s'est aimé pour vrai,

comme on le pouvait.

♪On s'est aimé

pour vrai, mais...♪♪

(LISA LEBLANC continue de chanter tandis qu'on l'entend en entrevue hors champ.)


LISA LEBLANC

Oui, on est ici pour faire

des "showcases". C'est sûr

qu'on fait beaucoup de shows.

Puis le but de faire

des "showcases",

c'est de rencontrer du nouveau

monde puis avoir des acheteurs

de spectacles qui vont acheter

le show. Mais en même temps,

pour moi, ça a vraiment été

les rencontres. J'ai rencontré

vraiment beaucoup de monde du

Canada ici que je n'avais pas

nécessairement eu la chance

de rencontrer à Montréal

ou au ECMA.

C'est drôle que je rencontre

plus de monde du Québec

puis du Canada souvent

que du monde de par ici. C'est

correct parce qu'en même temps,

ça tisse des liens là-bas.

Ce côté-là, je trouve ça super

cool parce qu'il y a plein

d'artistes que je respecte

vraiment beaucoup maintenant

qui viennent du Canada.

J'ai rencontré leur manager

et là je suis : "Ah cool!"

J'ai pu les voir en show.

C'est là que tu vois que c'est

plus accessible aussi parce

qu'on est un peu tous dans le

même bateau. On fait tous des

shows un petit brin partout,

dans les bars. Pour moi, ç'a

vraiment été ça. OK, je voulais

aller à SXSW juste pour éponger

tout ça. Je suis contente de

l'avoir fait parce que j'ai

vraiment vu des affaires folles.

C'est sûr qu'on va sortir

inspiré de plein d'affaires.

[Début information à l'écran]

Sébastien Paquin, batteur— Buddy McNeil and the Magic Mirrors; Comptable— Simone Records

[Fin information à l'écran]


SEBASTIEN PAQUIN

(en studio)

Le South by South West, il y a

des groupes qui vont aller jouer

là puis ça va avoir l'air gros

sur un C.V. de dire que je suis

allé jouer au Texas. Ça va

impressionner beaucoup de gens

ici, mais t'es allé jouer au

Texas devant peu de personnes,

pour une caisse de bière, puis

ç'a t'a coûté quatre billets

d'avion ou des hôtels. C'est

typique d'avoir des groupes qui

commencent, qui sont plus ou

moins connus, qui ont un certain

succès mais pas trop, puis qui

vont aller justement au South by

South West ou qui vont aller en

Europe ou qui vont avoir un peu

de presse, un peu de buzz, qui

vont revenir ici puis qui vont

être accueillis en héros puis

leur carrière va commencer

à fonctionner.

Ça arrive beaucoup.


PHILIPPE BRAULT

(en studio)

Je me souviens dans les premiers

spectacles qu'on est allé faire

de Pierre Lapointe en France,

on savait que ça avait été bien

correct. Y avait juste assez de

monde. On était bien content.

Dans la presse, il était écrit:

"Triomphe à Paris" parce qu'ici,

il y a comme un truc médiatique.

On a envie et je pense que c'est

de la fierté puis c'est

légitime, mais il y a comme une

envie de savoir que les autres

ont réussi ailleurs. Ça vaut

la peine. Tu loues l'Olympia

puis après il est écrit dans

tous les journaux que t'as joué

à l'Olympia. Oui, tu fais

des trucs à l'étranger pour

que ça résonne aussi ici.

Ça sert en promo ici,

puis ça te donne une autre

raison d'aller dans un talk-show

et de dire qu'est-ce

que t'es en train de faire.

"Je m'en vais jouer

à l'Olympia".

C'est correct. Ça fait partie

de tout un truc comme ça.

Mais c'est plus l'aura.

(DYLAN PHILLIPS est au festival South by Southwest.)


DYLAN PHILIPS

(propos traduits de l'anglais)

On fait des entrevues où on

nous présente comme un

groupe ''international''.

Tout ce qu'on a fait, c'est

quelques petits spectacles

en Europe, où on s'est

bien amusé. On jouait dans

des cafés à 20 places et on

était chanceux s'il y avait

10 personnes. On a fait

des plus gros spectacles aussi,

mais on jouait sur un territoire

où personne ne nous connaissait,

dans de petites salles, et on

essayait d'attirer les gens.

C'est tellement difficile

d'avoir notre chanson

à la radio. On a poussé fort

mais ça ne marchait pas

vraiment bien. Mais maintenant

qu'on fait une tournée

avec Mumford and Sons,

toutes les stations

de radio disent:

"C'est qui Half Moon Run?

On a déjà leur album. OK.

Peut-être qu'on va commencer à

jouer quelque chose." C'est pas

qu'ils aiment mieux notre

musique maintenant ou qu'on fait

mieux chez nous. C'est juste

qu'on fait quelque chose

au niveau international.

C'est comme une validité de ce

qu'ils veulent à leur station.

Ils veulent des choses

qui ont une garantie.

De faire quelque chose

au niveau international, ç'a

juste plus de valeur, quelque

chose qui est une garantie.


KATHY LECLERC

Si t'es bien préparé et que t'as

ciblé à qui ça s'adressait,

je pense que ça te prend deux,

trois bonnes critiques. Puis

c'est le fun d'avoir un écho

à l'international, mais ça

reste que les échos au Québec

c'est le fun aussi

de les avoir, de dire

tel artiste est allé à Austin,

il a fait un tabac. Ça va faire

boule de neige. Au Québec, ça va

en parler. Puis tu ne sais pas

après ça. Tu vas être programmé

dans plus de festivals.

C'est une ouverture, je trouve.

Ce sont des tentacules.


SÉBASTIEN NASRA

Il faut se le dire. Ça prend

un certain réseau de contacts

quand même pour attirer

les gens à des activités.

On l'a vécu à Planète Québec,

pas plus tard que ce matin.

C'est la première fois que

j'organisais ça ici dans le

cadre de South by South West,

une activité de "speed

choosing". Les gens faisaient

des rencontres express de cinq

minutes. Je sais à quel point

c'est difficile de rejoindre

les gens ici avec toute

la sollicitation qu'il y a,

avec tous les "panels" qui

se passent en même temps.

Les gens qui veulent

se rencontrer qui se disent:

"Aie, on se fait un meeting

à South de South West."

"Oui, oui. À quatre heures,

à cinq heures, à trois heures".

Ça bouge beaucoup.

Ça va vite.

(Dans une grande salle bondée, on assiste à l'activité de ''speed choosing'' dont parlait SÉBASTIEN NASRA. On entend SÉBASTIEN NASRA en entrevue hors champ.)


SÉBASTIEN NASRA

(hors champ)

Chaque pays qui a un bureau

d'exportation ou une personne

ressource qui s'occupe

de l'exportation de la musique

a invité quelques entrepreneurs

de haut niveau.

Quand tu mets tout

ça ensemble, ça fait un gros

groupe de gens influents,

intéressants, qui peuvent faire

du business ensemble. C'était

un bon moment. Personnellement,

c'est le genre d'activités que

je recherche le plus quand je

viens à South by South West.

Même en cinq minutes, si la

personne te connaît ou a entendu

parler de ce que tu fais ou

d'un artiste ou d'un événement

auquel t'es associé

et vice-versa, là tu fais:

"Ah oui. Aie toi, c'est vrai,

ce serait le fun

de se rencontrer à un moment

donné." C'est assez pour

donner ce petit déclic-là,

d'où la formule "speed dating".

(À Souh by Southwest, le groupe Final State se place devant une file d'attente et joue une de leurs chansons. Un des membres du groupe tient une affiche en carton avec leur nom de groupe écrit dessus. On entend leur gérant, KARL-EMMANUEL PICARD, en entrevue hors champ)


KARL-EMMANUEL PICARD

(hors champ)

Quand t'es ici, c'est de prendre

le temps que t'as et de ne pas

le perdre, de tout faire

pour que ça fonctionne,

d'écrire aux journalistes,

d'aller voir les bonnes

personnes, d'aller manger

avec des agents. Ton groupe,

c'est de ne pas le laisser

dormir puis ne rien faire.

Tantôt, on est allé faire

un truc dans une file.

C'est la première fois

qu'on faisait ça et ç'a

été super positif.


KATHY LECLERC

Quand t'es un artiste puis tu

te dis: "Je vais aller faire un

showcase à South by South West,

la gloire est à moi" c'est faux.

Si tu ne fais rien avant de

partir, si tu n'as pas d'équipe,

si tu n'es pas préparé, tu vas

faire un "showcase" devant

personne. Ça va être la

catastrophe et tu vas retourner

chez vous, puis tu vas

te trouver une autre job.


KARL-EMMANUEL PICARD

On va aller faire notre

spectacle. C'est tout le temps

ça le petit stress que j'ai,

c'est de voir s'il va y avoir du

monde. Ça se peut qu'il n'y ait

pas grand monde mais le monde

qu'il faut qu'il soit là, c'est

du monde de qualité. Ce n'est

pas la quantité, c'est la

qualité qui compte, je pense,

pour des "showcases"

à l'étranger comme ça.


SEBASTIEN PAQUIN

(en studio)

Tu le fais. Il faut que tu

l'essaies. Tu n'as pas le choix

de l'essayer. Mais ça c'est

quand tu es rendu à un stade

dans ta carrière ou t'as les

reins assez solides pour essayer

ces choses-là. Puis c'est très

rare que ça va être l'Italie qui

va t'appeler pour jouer là-bas.

C'est toi qui vas aller jouer

en Italie. C'est un peu toi qui

choisis aussi ce qui va se

passer. Ça n'implique pas que

ton groupe est rendu plus gros

parce que tu t'en vas jouer

en Europe. Ça implique que t'as

un gérant en arrière

qui décide que c'est peut-être

le temps d'essayer de voir

s'il n'y a pas d'autres

marchés qu'on peut

ouvrir ailleurs.

(Début intertitre)

(Trouver son public)

(Fin intertitre)


FRANZ SCHULLER

(en studio)

Il faut absolument que chaque

artiste devienne conscient de

c'est qui son public puis il est

ou son public. Nous autres, dans

le cas de Grimskunk par exemple,

le fan le plus parfait pour

Grimskunk c'est quelqu'un

qui fait un "board sport".

C'est parfait!

La raison pourquoi je dis ça

c'est que quand on est allé

au Brésil, tout le monde

comprenait ce qu'on faisait

instantanément. Ils ont capoté

sur le band. On a joué une note,

puis tout le monde capotait.

Sur la côte en Australie, même

affaire. C'est malade! Aussitôt

que t'arrivais ailleurs,

ça ne comprenait plus rien.

(GOURMET DÉLICE est au festival South by Southwest.)


GOURMET DÉLICE

L'industrie au complet c'est ça,

là! On peut faire toute

la planification qu'on veut,

on peut mettre 250 000 $

en marketing, mais ce sont

les gens qui décident

après ça s'ils aiment

ça puis c'est bon puis

qu'ils veulent en avoir plus.

Je ne peux même pas dire

que j'ai vraiment un résultat

précis qui est arrivé

après toutes les fois

que je suis venu ici. Souvent,

c'est de la consolidation de

relations. Tu revois du monde,

comme ici. C'est une place pour

ça, se rencontrer souvent.


DYLAN PHILIPS

(propos traduits de l'anglais)

L'an dernier, on cherchait à

établir des liens et se faire

entendre pour la première fois.

Notre gérant peut envoyer

notre musique à plein de gens,

mais c'est autre chose de voir

le groupe en spectacle.

C'est un élément décisif,

par rapport aux gens qui

ne font qu'écouter le disque,

apprécier la musique,

puis mettre ça sur une tablette

et passer à autre chose.

La première fois, on a bien joué

et on a créé beaucoup de liens.

Cette année, il s'agit de bâtir là-dessus

et maintenir l'intérêt,

continuer à se faire entendre

et trouver de nouveaux fans.

(La chanteuse GAËLE est au festival Pause Guitare.)

GAËLE

Tu manges du kilomètre pour

aller rencontrer ton public

et puis après t'espères que

le public va être fidèle si tu

viens une fois, deux fois, trois

fois. La première fois, il va

peut-être y avoir cinq personnes

dans la salle. Ça c'est une

réalité. Puis après ça, s'il y a

de la bonne promo, si les gens

ont aimé ça, tu vas faire une

première partie d'un artiste

connu. Puis après ça, peut-être

que tu vas pouvoir être bookée

en double plateau avec deux

artistes presque connus mais pas

tout à fait. C'est quand même un

peu plus vendeur qu'un artiste

tout seul pas connu. Et puis

après ça, une troisième fois,

quand les diffuseurs sont

fidèles et quand tu sais que ça

marche, tu te retrouves à aller

faire ton spectacle et t'es

passé de cinq personnes

à peut-être 120 personnes.


PHILIPPE BRAULT

(en studio)

C'est juste un choix logique

d'essayer d'aller de l'autre

bord. C'est juste que c'est

coûteux, c'est difficile. Si tu

y vas puis que ça ne marche pas,

ça peut te prendre du temps à

te relever. Mais si ça marche,

c'est aussi que tout est mieux

là-bas. Si t'as un hit radio en

France, les droits d'auteur sont

beaucoup mieux payés. C'est sûr

que c'est comme un truc qui est

à portée de main parce que tout

le monde parle français puis que

tout le monde a envie d'essayer

parce que ça peut être plus

payant. En même temps, on l'a

vu, la quantité de monde qui

essaie puis qui finalement,

ils ont fait une couple

de shows et ç'a bien été,

mais c'est tout, ça arrête là.

Elle est vraiment très grande

parce que c'est un marché

qui marche d'une façon

complètement différente que

le nôtre. C'est très difficile

d'arriver là puis s'adapter à

tout, et les médias et la façon

de tourner. C'est une méchante

adaptation. Donc, il faut que

tu sois prêt pour aller

te lancer là-bas.


FRANZ SCHULLER

(en studio)

Je me souviens dans le cas de

Bareaked Ladies, le manager

avait exposé comment il avait

réussi à "breaker" parce que

c'est devenu très gros les

Bareaked Ladies aux États-Unis.

Ce qu'il avait expliqué c'est

plutôt que d'aller jouer un peu

partout aux États-Unis, il a

isolé les endroits où il y avait

de la réaction. À la radio,

les campus, les radios

locales, etc.

Puis il a martelé comme un fou

sur ces endroits-là

pour "builder" le band pour

être gros. Puis éventuellement,

ça "spread" puis ça devient

un peu comme une région

métropolitaine plutôt

qu'un campus ou une ville.

Puis à un moment donné,

t'as une ville. Puis là, ping!

Ça se touche, c'est deux villes,

c'est trois villes.

Tout d'un coup,

t'as un "state" au complet.

(GOURMET DÉLICE est au festival South by Southwest.)


GOURMET DÉLICE

Quand il y a quelque chose qu'on

pense qui est exportable, c'est

sûr qu'il faut regarder de ce

côté-là aussi parce qu'il y a

des opportunités. Souvent, on va

vers la France mais encore là,

ce n'est pas automatique.

On se dit: "Ah, premier marché

important pour nous",

mais ce n'est pas super facile.

(Sur une scène de South by Southwest, LISA LEBLANC chante en anglais devant une foule.)


GOURMET DÉLICE

Le disque de Lisa sort

la semaine prochaine

en France. J'essaie d'avoir

les programmateurs de festivals

de France, j'essaie

qu'ils viennent voir

le spectacle. Donc, ce que

je fais ici, ça n'a pas rapport

aux États-Unis. J'essaie

d'amener les Français que

je connais déjà à venir voir

le show, histoire qu'ils

achètent le spectacle

là-bas. Pas à moi directement,

mais au tourneur qui est

en France. Dans l'export,

le plus gros problème

c'est qu'il faut que tu

t'exportes. Il faut que tu y

ailles. C'est bien beau vouloir

réussir un peu partout mais

il faut que tu te déplaces. Si

tu travailles trois territoires

en même temps, bonne chance

de faire fonctionner ça

financièrement, au niveau de

l'horaire, etc. parce qu'il faut

aussi que tu construises ta base

chez toi. Des fois, on est

limité par la grosseur

du spectacle comme

avec DJ Champion. Le projet

était très exportable.

C'était international.

Mais ça coûtait tellement

cher à déplacer que ç'a été

difficile de faire exposer

ça à l'international.

(À Paris, LARA ORSAL travaille à son bureau)

[Début information à l'écran]

Lara Orsal, fondatrice— IVOX

[Fin information à l'écran]


LARA ORSAL

Les groupes canadiens peuvent

venir tourner en France s'ils

sont capables de financer leur

voyage eux-mêmes parce que les

vols internationaux ne sont

pas pris en charge

par des salles en France.

(LARA ORSAL fouille dans une pile de disques et en sort un.)


LARA ORSAL

J'ai Forêt, je ne travaille

pas avec eux, mais ils passent

bientôt l'épreuve

de la tentative d'exportation

en France et je leur souhaite

le meilleur parce que

c'est très bien.

(LARA ORSAL sort d'autres disques.)


LARA ORSAL

Monogrenade et Malajube.

Un disque qui n'est jamais sorti

en France parce que le groupe

n'était pas disponible pour

venir tourner en France. Alors

effectivement, ça n'aide pas.

C'est juste qu'on n'a pas

intérêt à sortir un album si le

groupe ne vient pas le défendre

sur scène. Voilà.

Tu peux le sortir en digital,

histoire de...

mais à part récolter quelques

chroniques et puis deux, trois

achats "on line", ça ne

déclenchera rien. Donc, ce n'est

pas la peine de recruter

des attachés de presse

et de dépenser de l'argent

pour sortir un album

si derrière, les conditions

ne sont pas réunies à ce

qu'il soit acheté. Et voilà,

c'est oui, la présence du groupe

sur le territoire

est fondamentale.


PHILIPPE BRAULT

(en studio)

Ils demandent toujours

aux artistes:

"Il va falloir que tu viennes

t'installer ici pendant

un moment pour qu'on puisse

faire le développement."

Je comprends. C'est sûr

que pour faire du développement

de carrière quand tu n'es pas

connu, ils arriveront pas

à tout booker tes affaires

en une semaine parce qu'il faut

qu'ils suscitent l'intérêt.

Ceci étant dit,

ce n'est pas un gage que

parce que tu le fais, ça va

marcher non plus.


FRANZ SCHULLER

(en studio)

Il n'y a vraiment pas de lois.

Il y a des artistes qui vont

réussir à être "huge" chez soi

puis ne jamais réussir à

s'exporter. Il y a des artistes

qui vont réussir à faire des

gros scores à l'étranger qui ne

seront jamais reconnus à leur

juste valeur chez eux. Puis tu

as même des artistes qui vont

réussir à finalement attirer

l'attention à l'international

parce qu'ils sont rendus

tellement big chez eux

qu'on ne peut plus les ignorer.


SEBASTIEN PAQUIN

(en studio)

S'exporter, ça dépend.

Les marchés de l'Europe,

tout ça, si ça part,

ça vaut vraiment la peine

parce que c'est vraiment

des trucs qu'on n'a pas ici.

Un band qui va jouer

au Japon, on s'entend

qu'ils sont foutument nombreux.

Un échec au Japon va être

l'équivalent d'un succès

ici pour nous. Quand ils vendent

15 000 disques au Japon,

c'est un échec total.

Mais pour nous, c'est OK Go!

emmène-moi les 15 000.


FRANZ SCHULLER

(en studio)

C'est à peu près impossible pour

n'importe quel artiste sur

la terre de convenablement,

réellement porter son message,

puis faire le travail qu'il faut

faire pour maximiser sa carrière

dans tous les endroits sur la

planète. C'est trop gros. À un

moment donné, ton micro devient

macro. Mais ça prend du temps.

(Après le spectacle des Chercheurs d'or, SIMON PELLETIER GRAVEL signe des autographes.)


SIMON PELLETIER-GILBERT

Un bon show.

Y avait beaucoup de monde.

Je ne sais pas combien mais

je pense que ça vient de sauver

la tournée. C'était une super

soirée, vraiment. Je suis super

content. Une belle énergie,

une vraie réception. Je pense

que la stratégie ça va être

d'avoir un point dans le temps

précis. Je vais travailler fort

pour que ça marche

pour le Festival international

de la Louisiane à Lafayette

pour lequel on a eu l'offre

la semaine dernière.

Puis si je travaille fort pour

avoir cette date-là puis

d'autres dates autour de ça,

ça va être un bon timing pour

inviter des gens à venir

nous voir parce que c'est

un événement qui rassemble

beaucoup de personnes

de l'industrie aussi.

Maintenant, ça va être le temps

de commencer à entrer en

contact avec du monde puis les

inviter éventuellement à venir

nous voir là-bas vraiment.

(Fin émission)

(Générique de fermeture)

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