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Arrière-scène

Arrière-Scène vous invite à rencontrer ceux qui travaillent dans les coulisses : compositeurs de musique de films, directeurs de tournée, programmateurs, disquaires, réalisateurs, musiciens de bar.

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Les concours : un tremplin

De la pop au classique : le concours provoque des rencontres et permet de se dépasser. Qu’est-ce qui fait courir ceux qui participent aux concours?



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Arrière-Scène part à la rencontre des artisans qui fabriquent de leurs mains notre paysage musical. On y découvre les coulisses de l'industrie musicale en rencontrant ceux qui y travaillent : musiciens de studio, compositeurs, metteurs en scène, producteurs, disquaires, programmateurs et plusieurs autres.

L'émission «Arrière Scène» est ponctuée d'entrevues de journalistes en studio et d'autres intervenants du milieu qui viennent apporter leur expertise et leurs commentaires.

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Arrière-scène— Les concours : un tremplin?

[Fin information à l'écran]

C'est la finale de Francouvertes 2013 à Montréal. 10 minutes avant leur prestation, les membres du groupe Dead Obies sont réunis dans leur loge.


SNAIL KID

Ce qui se passe, c'est qu'on

joue dans une dizaine de minutes

gros, gros max. C'est ça?

Yes Mccan n'est pas encore

sur le spot.

Il est dans un taxi, right?


RCA

Il est dans un taxi,

qu'il me dit.


SNAIL KID

On est bons.

Théoriquement, il a fait

ses étirements dans le taxi.

(Une femme vient annoncer a u groupe qu'ils montent sur scène dans 10 minutes. Cinq minutes plus tard, YES MCCAN entre dans la loge. Il est chaleureusement accueilli par les autres membres du groupe. Un peu plus tard, le groupe monte sur scène et chante une de leurs chansons.)

[Début information à l'écran]

Frédéric Lambert, altiste— Quatuor Molinari, Les violons du Roy; chroniqueur musical— ICI Radio-Canada Première

[Fin information à l'écran]


FRÉDÉRIC LAMBERT

(En studio)

Je me suis toujours dit qu'un

concours c'est fantastique

pour le réseautage parce que

tu rencontres des gens.

Moi-même, j'ai fait tellement

de concours quand j'étais jeune,

des concours de toutes sortes

et je suis chanceux parce qu'il

y a plusieurs gens qui ont

arrêté de faire de la musique

après avoir fait trop

de concours à cause du stress,

et aussi parce qu'ils ont perdu

le goût de jouer parce que

ce n'est pas une vie de faire

du concours. Il faut vraiment

être ouvert et juste apprécier

l'opportunité de jouer devant

plusieurs gens et de peut-être

se faire reconnaître

par certains. Mais c'est

une grave erreur d'y aller

avec une espèce d'idée

de conquérir le monde.

[Début information à l'écran]

Éric Harvey, gérant— Keith Kouna, Chantal Archambault, Les petites tounes, LIMM; président— Ambiances Ambiguës

[Fin information à l'écran]


ÉRIC HARVEY

(En studio)

Je pense qu'il y a des concours

qui peuvent te nuire, aussi.

Tout dépendant de l'image qu'il

va t'apporter, du résultat que

tu vas avoir dans le concours.

Ça peut décourager certains

bons artistes aussi.

Je connais des bons artistes

qui se sont fait refuser

à la base du concours

des Francouvertes, qui n'ont pas

fait les premières rondes.

Tu peux te remettre en question

quand tu te fais sortir dès

le départ. Tu ne te rends

pas à la ronde suivante,

mais peut-être que tu avais

le talent pour aller beaucoup

plus loin que ça.


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Les concours, quand on les

gagne, c'est bien beau. Mais

quand ça ne se passe pas bien,

des fois, ça peut être la fin de

quelque chose. Parce que dans

la salle, oui il y a du public,

mais il y a aussi

des gens de l'industrie:

il y a des journalistes,

il y a des diffuseurs,

il y a souvent des jurys

à ces groupes-là, des gens

de maisons de disques.

Et puis tu peux te faire

un nom, mais le perdre aussi.

Donc, il y a les deux côtés.

(Les membres du groupe Pandaléon, FRÉDÉRIC LEVAC et JEAN-PHILIPPE LEVAC, sont devant le théâtre où a lieu le concours Ontario Pop.)

[Début information à l'écran]

Pandaléon, lauréat— Ontario Pop 2011

[Fin information à l'écran]


FRÉDÉRIC LEVAC

Un concours va faire en sorte

que: "Ah! Tu as rencontré le

gérant de tel artiste, il est

venu nous donner une formation

et lui, il organise un show

et il t'a bien aimé à la finale

et il se cherche une première

partie", alors c'est là que ça

commence. Mais si ce n'était pas

des concours, ces rencontres-là,

avec des gens de l'industrie,

se font plus rares.

[Début information à l'écran]

Olivier Robillard-Laveaux, journaliste et critique musical— Voir, Musique Plus

[Fin information à l'écran]


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(en studio)

Un concours qui a énormément

d'impact va t'amener

de la visibilité, c'est certain.

Même qu'aujourd'hui,

il y a des paris

aux Francouvertes.

Dans les demi-finales, c'est:

"quel groupe va signer

avec quel label".

Les gens s'amusent en ligne

à dire : "Ah! Tel groupe

s'en va là. Tel groupe s'en va

chez telle maison de disques"

et tout ça.

Donc, je pense

qu'il y a un intérêt certain

des compagnies de disques

puis des médias.

Mais il y en a autant

envers un buzz qui va se

partager sur Twitter avec

une bonne page "Bandcamp"

qui est bien foutue

avec des bonnes chansons,

c'est plus le seul moyen.

(Après la prestation des Dead Obies, un homme et une femme discutent avec YES MCCAN dans la loge. L'homme et la femme donnent rendez-vous à YESMCCAN pour la semaine suivante, lui serrent la main et s'en vont.)


YES MCCAN

(Propos en français et en anglais)

Oui, bien ça, c'est le gars de

Bonsound Records qui est une

maison de disques. Ils font le

"all around": édition, booking,

production de disque, whatever.

C'est une des grosses étiquettes

indépendantes et il ne

connaissait pas Dead Obies.

Il est venu et il était charmé,

il était comme "wow!".

Alors il voulait savoir

ce qui se passait avec nous

autres au niveau business.

Ils sont ouverts, ils sont

ouverts à un contrat de disque,

ils sont ouverts à whatever.

Moi, personnellement,

je ne suis pas intéressé par un

contrat de disque, à moins que

tu me dises: "Tu vas être

"fucking" riche".

Puis, s'il y a une maison

de disques qui peut nous offrir

ce qu'on veut puis qu'on peut

"dealer" quelque chose,

bien [propos en anglais]

"so be it", man.

[Début information à l'écran]

Sylvain Cormier, journaliste— Le Devoir; juré—Festival de la chanson de Granby, Ma première Place des Arts, ADISQ

[Fin information à l'écran]


SYLVAIN CORMIER

(En studio)

Comment se rendre à l'autre?

Cet autre-là pourrait être

maintenant directement

le consommateur ou peut être

un des guides qui existent

encore: le critique, le gars

de l'industrie qui va quand

même encore, de temps

en temps,"spotter" quelqu'un

et parfois lui faire

enregistrer un disque.

Ça arrive aussi. Encore.

(Le groupe Les sœurs Boulay sont au festival Pause Guitare d'Albi, en France.)

[Début information à l'écran]

Les sœurs Boulay, lauréates— Francouvertes 2012

[Fin information à l'écran]


MÉLANIE BOULAY

Il y a un an environ, le projet

était vraiment à son tout début.

On a fait un concours

Les Francouvertes à Montréal,

et on a gagné ce concours-là.

Ça nous a vraiment mis

sur la "map".

À partir de ce moment-là,

on a eu une belle place

dans les médias.

C'est là qu'on a rencontré

notre maison de disques.


STÉPHANIE BOULAY

On est notamment ici un peu à

cause des Francouvertes, parce

qu'on avait gagné le prix des

Francofolies de Spa, en Belgique.

Charles Pierné nous a découvertes aux

Francouvertes et c'est lui qui

nous a invitées. Tout gravite

autour des Francouvertes

encore, plus d'un an après.

(Début intertitre)

(Un passage obligé?)

(Fin intertitre)

(À Ottawa, c'est la semaine de la finale du concours Ontario Pop. Sur la scène d'une salle de spectacle, des musiciens répètent.)


FRÉDÉRIC LEVAC

(Narrateur)

Si ça a bien été dans

ton concours, ça t'aide

à passer à une autre étape

dans ta carrière et tu te dis:

"Hey, si c'était pas de ça,

je pense que ça aurait pris

deux ans de plus, finalement!"

[Début information à l'écran]

Martine Groulx, musicienne— Camaromance; présidente, La Meute; copropriétaire, Lazy At Work

[Fin information à l'écran]


MARTINE GROULX

(En studio)

Les concours, c'est sûr que

c'est un tremplin parce que

dans le fond, il y a quand même

une super belle visibilité.

Les médias en parlent

et c'est intéressant.

Mais aussi, je pense que

l'autre avantage de participer

à un concours, c'est le fait

que tu as un jury qui va

te le dire si jamais tu as

des petits ajustements à faire

que personne n'ose te dire;

te donner des commentaires

constructifs, en fait.

(Pendant les préparatifs de la finale d'Ontario Pop, la metteure en scène NATHALIE NADON donne des consignes aux différents participants.)


NATHALIE NADON

(Narratrice)

Je pense que la première idée

de t'inscrire à un concours,

c'est de gagner. Mais j'ose

croire et espérer que quand

tu arrives dans les paramètres

du concours, comme nous,

à Ontario POP, on est ici

cinq jours avec les participants

ils se rendent compte qu'au

bout du compte, gagner c'est

super, mais ils apprennent

énormément parce qu'ils ont

des classes maîtres, parce

qu'ils ont la chance de parler

avec des journalistes peut-être

pour la première fois.

Ils ont la chance de se faire

des contacts, de rencontrer

des gens de l'industrie et là,

soudainement ils font :

"Oh! Attends une minute,

c'est un petit peu plus

gros que juste chanter".

[Début information à l'écran]

Biz, rappeur— Loco Locass; Loco Locass, lauréat— Francouvertes 2000

[Fin information à l'écran]


BIZ

(En studio)

Tu sais, quand tu essaies

de décoller un collant,

faut que tu trouves le petit

coin qui va te permettre

de lever le papier.

Bien le concours, c'est ça

que ça fait. Ça te permet

de décoller le papier

puis après ça, là tu peux

le peler ton collant.


SYLVAIN CORMIER

(En studio)

Quand je pense à Pierre

Lapointe, la première fois que

je l'ai vu à Granby et qu'il

nous faisait Le Columbarium,

là on savait qu'il allait

arriver de quoi.

Il n'avait toujours pas

d'album, il y avait juste

lui et son piano,

puis tout était là.

Lisa Leblanc, à Granby aussi,

quand elle nous a fait

Câlisse-moi là...

Ouf! Il allait y avoir

un album après ça.

(CYNTHIA VEILLEUX et SONIA BROCHET forment le duo Garoche ta sacoche. Elles sont à Granby pour participer au Festival International de la chanson de Granby.)


CYNTHIA VEILLEUX

On commence à avoir la semaine

dans le corps.


SONIA BROCHET

On a beaucoup d'ateliers,

on travaille fort

et c'est super le fun.


CYNTHIA VEILLEUX

Puis on se couche tard, il y a

quand même ça aussi.


SONIA BROCHET

C'est sûr.


CYNTHIA VEILLEUX

Il y a plein de choses, il y a

plein de questions qui "pop" et

il y a plein de choses qu'on ne

sait pas. Il y a plein de choses

que même si on a des ateliers,

je pense qu'on va apprendre

aussi sur le tas, dans le

métier. Mais c'est l'fun d'être

au courant de certaines choses,

au moins d'aller semer quelque

chose puis de faire : "Ah, ah

oui, on en a déjà parlé";

de savoir un peu plus comment

réagir à ce moment-là. C'est

vraiment hyper intéressant.


SONIA BROCHET

C'est une belle vitrine.

C'est une belle vitrine,

c'est des rencontres.

Moi, je vois ça comme ça.


CYNTHIA VEILLEUX

Vraiment.


SONIA BROCHET

En plus, c'est une super scène,

alors on en profite.

C'est une belle façon

de faire connaître le projet.


BIZ

(En studio)

Les concours, c'est très bon

pour les groupes qui commencent.

D'ailleurs, ça arrive souvent

qu'il y a des jeunes qui font

de la musique qui disent:

"Moi je joue de la musique,

j'ai un démo, j'ai un CD,

je veux me faire connaître,

comment je fais?

Je l'ai mis sur Internet,

mais il n'y a personne qui vient

cliquer." Parce qu'Internet,

ce n'est pas parce que tu mets

quelque chose sur Internet que

tu vas avoir un million de clics

demain. Quand tu fais un

spectacle, toi, tu es éclairé,

tu ne vois pas la salle;

tu ne sais jamais qui est

dans la salle: un journaliste,

un directeur artistique d'une

compagnie de disques, un gars

qui a une salle de spectacle,

tu ne le sais pas. Nous, ça a

adonné que sur le jury qui nous

a vus gagner la finale, il y

avait le directeur artistique

d'Audiogram de l'époque, Patrice

Duchesne. On a fait une bonne

prestation, on a enflammé

la salle et il a dit : "OK, eux

autres sont capables de faire

des bons spectacles. Sont-ils

capables de faire des bons

disques? On verra ça plus tard."

Mais, il nous a vus performer

sur scène. Et maintenant, une

compagnie de disques ne signe

plus avec un artiste si elle

ne l'a pas vu sur scène. C'est

grâce, entre autres, au concours

des Francouvertes qu'on s'est

mis au monde. Nous, on dit tout

le temps que les Francouvertes,

c'est l'utérus de Loco Locass.

(Les sœurs Boulay sont à Albi.)


STÉPHANIE BOULAY

C'est tellement formateur,

les concours. Moi, ce que

les concours m'ont appris,

c'est la chute de l'égo.

Comme à Granby, ils te font

faire des affaires: te rouler

à terre, prendre des couvertes,

"pitcher" ça dans les airs.

Si tu as de l'égo, ça ne

marchera pas parce que

tu ne créeras pas de lien

avec les autres, tu ne perdras

pas tes repères et il faut

perdre ses repères,

des fois. Moi, c'est ça que

les concours m'ont appris.

Je ne le sais pas pour toi?


MÉLANIE BOULAY

Aussi, souvent quand on commence

à faire des concours, on n'a pas

beaucoup d'expérience devant

un gros public; on joue dans

des bars, on joue dans

des conditions un peu

plus difficiles. Là, tu arrives

dans un concours comme

les Francouvertes où tu joues

au Lion d'Or ou au Club Soda,

c'est des techniciens,

ils sont pros, tu joues devant

900 personnes, ce qui t'arrive

jamais sinon. Donc, ça te donne

vraiment une expérience.

Tu grandis, là-dedans,

ça n'a pas de bon sens.

Je me rappelle encore, on était

dans les coulisses avant

de faire la finale des

Francouvertes, on "shakait"

tellement on était tellement

nerveuses. Et là, dernièrement

on a fait le Club Soda

pour les Francofolies

et c'était notre public

et j'étais beaucoup

moins nerveuse, un an après,

devant un aussi grand public.

(MATHIEU-PHILIPPE PERRAS et SARAH COCHRANE participent également au Festival International de la chanson de Granby)


MATHIEU-PHILIPPE PERRAS

Aujourd'hui on a eu notre

dernier atelier d'improvisation

théâtrale et technique

de chant. On a eu quatre jours

d'ateliers de ça.


SARAH COCHRANE

(S'adressant au public de l'émission)

Peut-être qu'on pourrait

vous faire un extrait

de "la boule d'énergie".


MATHIEU-PHILIPPE PERRAS

Non.


SARAH COCHRANE

(S'adressant au public de l'émission)

Est-ce que vous aimeriez

ça voir ça? OK.

(SARAH COCHRANE recule de quelques pas.)


MATHIEU-PHILIPPE PERRAS

Hey, câline, tu n'es vraiment

pas pressée, toi.

(SARAH COCHRANE fait mine de lancer une boule d'énergie à MATHIEU-PHILIPPE PERRAS.)


SARAH COCHRANE

Je te lance la boule. Ah!

(MATHIEU-PHILIPPE PERRAS fait mine de recevoir la boule d'énergie et se tortille dans tous les sens.)


SARAH COCHRANE

Avec le corps, avec le corps!

(MATHIEU-PHILIPPE PERRAS fait semblant de relancer la boule à SARAH COCHRANE.)

(Les participants au concours assistent à un atelier théorique qu'ils écoutent attentivement.)


MATHIEU-PHILIPPE PERRAS

(Narrateur)

On a eu des ateliers avec un

gérant, on a eu un petit atelier

avec un auteur-compositeur.

On va avoir Pierre Lapointe

demain soir. On rencontre

tellement de gens du milieu,

des professionnels.

Il va y avoir bien du monde

qui va nous regarder

aux demi-finales. C'est un peu

énervant, mais en même temps,

c'est de la visibilité.

(FRANÇOIS GRÉGOIRE est au Festival d'été de Québec.)

[Début information à l'écran]

François Grégoire, Kodiak— Lauréat, Festival International de la chanson de Granby, 2002

[Fin information à l'écran]

FRANÇOIS GRÉGOIRE

Moi, je peux dire que ça

a mis au monde la carrière

du band de Kodiak.

Vraiment. Ça nous a aidés

beaucoup. Moi ça m'a donné

la piqûre parce que faire

des petits shows à gauche

à droite... C'est sûr que

ce parcours-là, quand j'ai fait

des festivals, je l'avais déjà,

mais c'était rudimentaire.

Là on arrive, on avait

une vraie équipe

technique, des vrais

éclairagistes, on avait un vrai

stage, quelque chose de bien

organisé. Ça donnait une autre

perspective, une autre vision

de ce que ça pouvait être

de faire des shows.

(Début intertitre)

(La face cachée des concours)

(Fin intertitre)

(FRÉDÉRIC LEVAC et JEAN-PHILIPPE LEVAC, sont toujours devant le théâtre.)


JEAN-PHILIPPE LEVAC

Souvent le public a un certain

pourcentage sur les résultats.

Moi, je ne pense pas que c'est

une bonne chose que le public

vote et surtout pas qu'il nous

émette un commentaire

sur "comment il a trouvé

notre show". Honnêtement,

la "matante", admettons,

de l'autre band, je ne pense

pas qu'elle soit vraiment

la bonne personne

pour juger mon band.

Pour me dire que mon "snare"

ne sonne pas bien

ou pour me dire qu'on n'aurait

pas dû mettre nos tuques.

Je pense qu'il y a bien

des commentaires qui sont

vraiment inutiles. Le public

juge; ils sont contents de te

dire qu'ils n'ont pas aimé cette

petite partie-là de ton show.

C'est rare que tu as

des bons commentaires.


MARTINE GROULX

(En studio)

À la base, tu as décidé d'aller

te faire juger, alors il faut

que tu t'attendes à avoir

des commentaires.

Mais ça peut être très dur

pour l'égo de se faire

dire qu'il y a des petits

changements à faire.

Donc, il faut que tu sois

sûr de toi pour avoir

le courage de faire ça.


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

On sait que ce n'est pas

toujours des gens, dans les

concours, qui sont prêts,

qui ont fini leur démarche

pour arriver à un produit

qui est pro ou complet.

Alors il y a comme

une indulgence auprès des gens

qui sont là, mais si c'est

vraiment pourri, ça se peut que

tu viennes de perdre du temps.

Il faut que tu récupères

cette crédibilité que tu avais.


FRÉDÉRIC LAMBERT

(En studio)

Il y a des gens qui ont des

aversions contre les concours.

Il y a des professeurs qui

disent à leurs étudiants qu'ils

refusent qu'ils fassent des

concours parce qu'ils voient que

l'étudiant a un immense talent

et ils ne veulent pas qu'il soit

ruiné par ces pensées-là de

performance ultime, tout ça.

Alors que l'erreur est humaine

et l'erreur est importante,

aussi, je crois, là-dessus.


ÉRIC HARVEY

(En studio)

De plus en plus, il y a cet

espèce de phénomène de

"festival-concours", où quand

tu creuses un peu, tu te rends

compte que ce qu'ils veulent,

c'est que tu t'inscrives pour

peut-être être dans

la programmation pour ne pas

avoir de cachet et qu'il y a

des semi-prix de rattachés

à tout ça.


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

Ils organisent des soirées où

tu as huit groupes qui jouent par

soir, un calendrier super long.

Chaque groupe paye 75 $ et c'est

des concours où on dit : "C'est

au vote du public". Donc,

plus un groupe vend de billets,

plus il a de chances de gagner,

de passer à l'étape suivante.

Donc, si on se dit que

chaque groupe, les 175,

vendent à peu près

une vingtaine de billets à 12 $

et que ces groupes-là ont

tous payé 75 $ pour s'inscrire,

l'organisateur s'en met plein

les poches. Parce que les prix,

souvent, vont être des prix de

commandites. Les prix ne coûtent

rien à l'organisateur, tous les

profits vont dans ses poches.

Ça, moi j'en ai vraiment

contre ces concours-là

et il y en a beaucoup.

Je trouve qu'à la limite,

c'est des "attrape-groupes".

(Début intertitre)

(Qu'est-ce qu'on y gagne vraiment?)

(Fin intertitre)

(C'est le jour des demi-finales au Festival International de la chanson de Granby. Une des participantes, la chanteuse MADMOISELLE, est dans sa loge.)


MADMOISELLE

(S'adressant au public de l'émission)

Est-ce que vous voulez voir

en grande primeur ma robe?

Je l'avais dessinée,

cette robe-là, et j'ai trouvé

une designer du coin.

J'ai un corset si on veut,

un bustier qui va avec ça. Et

ça, c'est la robe que je vais

porter ce soir. C'est un secret.

(MADMOISELLE montre une large robe à damier.)


MADMOISELLE

Moi, je mets le paquet, c'est

certain. Je prends ça très, très

au sérieux. C'est sûr que moi,

quand je visualise,

je me visualise gagnante.

Même si je trouve justement...

Tout le monde dit:

"C'est vrai que tout le monde

est vraiment talentueux".

Je trouve que tout le monde

a sa place en finale,

mais quand tu veux être

une gagnante, tu visualises

que tu es gagnante et à ce

moment-là, je mets tout le

paquet. Il est 17h45? Non! Ah!

Ciboulot, OK! Ayoye! C'est moi

qui casse la glace, j'étais

surprise. J'espérais, on dirait,

être plus en dernier

et finalement je suis contente.

Je me suis comme faite

à l'idée, je me suis dit :

"Regarde, c'est ça.

C'est la première impression

et la foule a hâte, c'est

le premier numéro, c'est l'fun,

c'est bien correct."


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Quand Lisa Leblanc gagne Granby,

personne ne connaît Lisa

Leblanc. C'est le concours qui

lui donne la poussée. Mais après

coup, comme ça va bien, ça fait

comme : "Ah Granby sont

capables! Ils ont trouvé que

cette personne-là était bonne.

Ils ont jugé qu'elle était bonne

et regarde, ça marche."

Donc, si ça marche, en genre

de récompense, l'artiste donne

un peu de sa crédibilité

au concours. Je pense que

c'est du "donnant-donnant".

(Les sœurs Boulay sont à Albi.)


STÉPHANIE BOULAY

On a fait beaucoup de concours

avant les Francouvertes et ces

concours-là, même si on n'a pas

gagné, même si ça n'a pas changé

nos vies à proprement parlé,

ça nous a permis de rencontrer

beaucoup de gens, beaucoup

d'artistes, beaucoup de

professionnels de l'industrie

aussi, qui sont restés près de

nous et qui nous accompagnent

depuis tout ce temps-là.

Je pense à Petite-Vallée

où j'ai rencontré Patrice

Michaud. J'ai rencontré

plein de monde à Granby

aussi: Alex Nevsky, Salomé

Leclerc, d'ailleurs qui

est ici, à Albi, en même temps

que nous. Ces gens-là sont

restés des pairs, des amis...

On s'appelle, on s'invite

sur nos shows.

Je pense que le fait

qu'on avait rencontré beaucoup

de gens dans l'industrie avant

les Francouvertes, ça a comme

été l'aboutissement d'un long

processus, d'un long travail

et je pense que le timing était

bon. Les médias ont embarqué,

tout s'est passé en même temps.

(FRANÇOIS GRÉGOIRE est au Festival d'été de Québec)

FRANÇOIS GRÉGOIRE

Je t'avoue que quand j'ai gagné

à Granby, c'était plus gros que

moi, je ne savais même pas ce

qui se passait. Je m'en allais

faire de la musique, je m'en

allais triper avec mes chums

puis on a gagné. C'est cool, ça

a eu une répercussion sur toute

ma carrière et c'est après que

je m'en suis rendu compte.

Mais après, en y réfléchissant,

c'est encore tous les moments

que j'ai passés avec tous

les artistes "backstage",

tous les techniciens en show,

en tournée; c'est ça qui a

construit mon bagage et non

le résultat de la poignée

de main à la fin.

Ce n'est pas ça. L'événement,

en tant que tel, c'est super

intéressant, mais c'est

le cheminement du point A

au point B et ce que

tu en fais après aussi.

(MADMOISELLE se prépare dans sa loge.)


MADMOISELLE

Depuis que je suis toute petite,

je le sais que je veux conquérir

les grandes scènes, autant au

Québec qu'à l'international. Je

me suis toujours vue faire ça

et j'ai eu de la chance d'avoir

rencontré mon "manager" qui

partage la même vision que moi.

Donc, on fonce là-dedans et dans

10 ans, j'aimerais ça avoir

quelques Grammy Awards.

(Le soir de la finale des Francouvertes, le groupe Les Hay Babies se prépare dans une loge.)


JULIE AUBÉ

(Narratrice)

Juste en se rendant aux finales

on a déjà gagné le plus gros

prix: le prix c'est d'avoir de

"l'exposure", d'avoir de la

publicité. Tantôt on a été

manger au restaurant et la

serveuse a dit: "Hey! Vous êtes

mon groupe francophone préféré."

Et nous autres on vient du

Nouveau-Brunswick, on arrive à

Montréal et quelqu'un nous dit

ça. Juste pour dire que

"l'exposure" que ça t'apporte,

c'est énorme.


VIVIANNE ROY

(Narratrice)

Oui, il y a beaucoup de monde

qui nous a découverts à cause

des Francouvertes ou parce que

leurs amis ont été aux

Francouvertes et qu'ils nous ont

découvert. Ils sont probablement

ici ce soir.

C'est ça qui est

cool! C'est de savoir qu'on

pourrait venir ici dans quelques

mois pour faire un show et qu'il

y aurait peut-être du monde qui

viendrait parce qu'il nous a

entendus déjà avant et qu'on

a fait une vitrine totalement

pour le public.


SYLVAIN CORMIER

(En studio)

Un concours, quand on

y participe, c'est pour

atteindre... Il fut un temps

où il y avait les recruteurs,

des "majors", qui étaient là,

qui regardaient et qui disaient:

"Oh! Lui. Elle. Lui je le veux.

Je l'aurai." Et ça fonctionnait

souvent comme ça. J'ai

l'impression que maintenant

on cherche plus à atteindre

qui on peut atteindre.

Si c'est directement le public

qui vote pour nous, bien c'est

le public qui va nous hisser,

qui va nous propulser.

(Les Hay Babies montent sur la scène des Francouvertes et chantent une de leur chanson.)

(MADMOISELLE se prépare dans sa loge.)


MADMOISELLE

Pierre Lapointe est venu

nous parler. Il a dit :

"Là, des stress comme vous

vivez en ce moment,

dites-vous que ce n'est

pas représentatif de l'industrie

quand vous êtes connus."

Parce que lui, il l'a fait,

le festival. Il a dit : "C'était

horrible le stress que j'avais,

justement, d'être comparé avec

plein d'autre monde qui ne font

pas le même style musical du

tout." Il avait trouvé ça très

difficile et il avait dit:

"C'est bien que vous soyez là et

vous êtes forts d'être capables

de faire ça parce que justement,

c'est très stressant." Mais il

dit: "Après ça, dans le milieu,

les gens viennent voir

tes spectacles, ils connaissent

ton style musical, ils viennent

te voir toi, donc c'est

très différent."

(Début intertitre)

(Qui est le jury?)

(Fin intertitre)


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Ça reste, au bout du compte,

des humains qui écoutent

des humains. Ça, on ne va

pas sortir de ça. C'est moi,

avec mon bagage musical,

avec mes critères, mes goûts,

avec mon intelligence

entre guillemets, mes critères

qui font aussi que je suis

capable de me sortir de moi.

Ce n'est pas parce que je

n'aime pas le post-rock que je

ne trouve pas que c'est bien

fait, que c'est très talentueux

et que ça va marcher. Mais c'est

dur de jauger, effectivement,

de sortir de soi-même pour

savoir ce qui est très bon

et de comparer ensuite,

ces artistes-là souvent très

différents, ensemble. C'est vrai

que c'est ingrat. C'est vrai que

ce n'est peut-être pas juste.


MARTINE GROULX

(En studio)

Souvent les jurés ça va être des

gens qui vont être des experts

dans le style musical de ce

concours-là en particulier.

Donc, ça va être un mélange,

la plupart du temps,

de médias et d'industrie.


ÉRIC HARVEY

(En studio)

Un moment donné, c'est certain

qu'il faut regarder le

potentiel, disons "commercial"

de l'artiste en tant que tel.

Mais quelqu'un qui va me

surprendre par sa mise en scène,

par le spectacle qu'il a

développé, même si, selon moi,

il ne pourra pas vendre 40 000

copies d'albums et tourner

partout, il peut se trouver

une certaine niche.


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Est-ce que ça serait un bon

groupe rock dans une scène rock?

Oui? Bon, c'est bon. Est-ce que

ça ce serait un bon chanteur

folk dans la scène folk? Est-ce

qu'il y a trois, quatre affaires qui

sonnent déjà pareil qui sont

meilleures? Il y a aussi ce

critère-là. On juge aussi dans

le style qu'ils font,

la réaction des gens

et l'énergie qui passe

et encore là, la scène.

Peu importe le genre,

si tu es capable de livrer

ça sur scène très bien,

tu gagnes des points.

(C'est le dévoilement des finalistes au Festival International de la chanson de Granby. Le chanteur DUMAS est sur scène avec une enveloppe dans les mains. Des participants sont invités à monter sur la scène.)

[Début information à l'écran]

Dumas, président du jury— Festival International de la chanson de Granby

[Fin information à l'écran]


DUMAS

(Narrateur)

Premièrement, le rôle c'est

d'être bon public, finalement;

d'écouter et d'y aller au

feeling au départ.

Après ça, bien chacun

a ses goûts, mais on essaie

de passer par-dessus ça,

justement. Passer par-dessus

ses goûts pour vraiment

rendre justice justement

aux demi-finalistes.

Aujourd'hui, on a passé

la journée à réécouter

des performances, à éplucher

les textes. On a fait ça

sérieusement parce que j'avais

peur de passer à côté de

quelqu'un qui méritait d'être

là et que peut-être que dans

la salle, au moment où ça s'est

passé. Donc, on a une certaine

responsabilité, je trouve. Après

ça, le jury à Granby, ce sont

cinq personnes, donc il y a

plusieurs opinions. Mais, on

essaie d'avoir un consensus par

rapport à où ces artistes-là

sont rendus dans leurs parcours

et d'essayer de les aider.

Là, je crois qu'ils ont fait

d'excellentes performances, mais

peut-être que justement ils

n'iront pas en finale. Mais se

réinscrire l'année prochaine,

avec le bagage qu'ils ont appris

cette année, ils vont peut-être

gagner l'année prochaine.

C'est un peu ça, le travail.

(SARAH COCHRANE est en coulisses avec CYNTHIA VEILLEUX et RAPHAËL BUTLER.)


SARAH COCHRANE

On a été six choisis pour passer

à la finale. Donc, la semaine

prochaine, samedi prochain,

on va être là. On vient de

l'apprendre, là. On est tous

sous le choc, on ne sait pas

quoi te dire...


CYNTHIA VEILLEUX

Mais on va être en feu!

RAPHAËL BUTLER

On va être en feu, ça c'est sûr!


SARAH COCHRANE

Ça, c'est sûr, oui!


CYNTHIA VEILLEUX

On va être incroyables.

(Aux Francouvertes, les Hay Babies chantent une autre chanson.)


ÉRIC HARVEY

(En studio)

Aux Francouvertes, le vote est

composé à 50 % du public et à

50 % d'un jury composé de gens

de l'industrie. Tu peux remplir

la salle du Lion d'Or et aller

chercher un bon vote du public,

il va quand même falloir que tu

gagnes le jury. Si tu as rempli

ta salle, mais tu n'as pas donné

le meilleur spectacle,

normalement le vote du jury

va venir contrebalancer ça.

(SYLVIE COURTEMANCHE est sur la scène des Francouvertes et donne un discours.)

[Début information à l'écran]

Sylvie Courtemanche, directrice—Francouvertes

[Fin information à l'écran]


SYLVIE COURTEMANCHE

Donc, un gros merci aux

21 participants qui ont foulé

la scène du Lion d'Or

et ce soir celle du Club Soda.

On espère que ça va

les porter, ça va les aider

à aller de l'avant dans

leurs carrières respectives.

(FRANÇOIS GRÉGOIRE est au festival d'été de Québec)

FRANÇOIS GRÉGOIRE

Tu aurais changé le panel de

juges, ç'aurait peut-être été

une autre personne qui aurait

gagné. Ça, c'est le côté où moi

je ne m'en remets pas trop au

résultat final d'un concours,

mais plus au cheminement et à

l'expérience que tu gagnes en le

faisant. Parce que le vent peut

tourner de bord, il y a des

affaires techniques qui peuvent

jouer contre toi ou pour toi.

Mais bref, ceux qui prennent

la décision, ce sont tous des

humains, autant que les gens qui

critiquent. C'est une opinion.

Ça, c'est à prendre ou à laisser

en même temps.

(SYLVIE COURTEMANCHE invite LOUIS-JEAN CORMIER à monter sur la scène. LOUIS-JEAN CORMIER annonce le gagnant du concours.)


LOUIS-JEAN CORMIER

Le prix est remis

aux Hay Babies.

(La foule applaudit. Les Hay Babies sont sur la scène et se font remettre leur prix.)


FRÉDÉRIC LAMBERT

(En studio)

Au fond, peut-être que le

problème avec les concours,

c'est tout simplement le mot

"concours". Je ne sais pas

comment on pourrait appeler

ça... Un "sprint-marathon

culturel"? Je ne le sais pas...

Mais il y aurait peut-être

une autre façon

de redéfinir le but de ça.

Mais une chose est certaine,

jouer est très important.

(Fin émission)

(Générique de fermeture)

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