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Arrière-scène

Arrière-Scène vous invite à rencontrer ceux qui travaillent dans les coulisses : compositeurs de musique de films, directeurs de tournée, programmateurs, disquaires, réalisateurs, musiciens de bar.

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La mise en marché de l'artiste

Avec la quantité de musique et de musiciens auxquels on est exposé,
comment une vedette montante fait-elle pour réussir à percer ? Oui, la
musiquejoue évidemment un rôle important dans l’équation. Mais pour
faire la unedes journaux, pour être invité partout, pour faire partie du star
système, unmusicien devra nécessairement travailler son image. Certains
vont d’ailleursmême jusqu’à dire que la mise en marché de l’artiste a plus
d’importance quesa musique… Est-ce encore vrai ? Combien faut-il investir
pour lancer un carrier ? De quelle façon cela doit-il se faire ?



Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

​[Arrière-Scène part à la rencontre

des artisans qui fabriquent de leurs

mains notre paysage musical.

On y découvre les coulisses

de l'industrie musicale en

rencontrant ceux qui y travaillent :

musiciens de studio, compositeurs,

metteurs en scène, producteurs,

disquaires, programmateurs

et plusieurs autres.]

(L'émission «Arrière Scène» est ponctuée d'entrevues de journalistes en studio et d'autres intervenants du milieu qui viennent apporter leur expertise et leurs commentaires.)

(Générique d'ouverture)

[Début information à l'écran]

Arrière-scène— La mise en marché de l'artiste

[Fin information à l'écran]

À Londres, en Angleterre, FRANZ SCHULLER embarque dans un taxi.

[Début information à l'écran]

Franz Schuller, président— Indica records

[Fin information à l'écran]


FRANZ SCHULLER

On s'en va au Sebright Arms pour

voir un "showcase" de Franklin

Electric. J'ai invité presque

tout le monde que je connais à

Londres, pour venir voir le

groupe pour la première fois.

C'est un groupe qu'on a signé il

n'y a pas très très longtemps,

on a sorti l'album il y a six

semaines, puis la réaction du

public était vraiment très

forte, alors je me suis dit que

ce serait une bonne idée que les

gens ici en Europe puissent voir

et entendre le groupe

maintenant, plutôt que

d'attendre un autre quatre, cinq, six

mois. Puis en général, avec le

monde un peu sans frontières

Internet qu'on connaît

aujourd'hui, c'est souvent mieux

d'essayer de synchroniser

l'intérêt des gens, le plus

possible partout sur la planète,

dans un temps le plus compressé

possible. Puis c'est vraiment un

genre de "all in" or "all or

nothing" là, mais c'est vraiment

une situation où tu présentes le

groupe aux gens très tôt dans

leur carrière... tu n'as qu'une seule

chance avec eux.

Les gens vont venir puis ça va

collectivement faire: "Hum, wow!

Ça sent bon, ça goûte bon, on

aime ça, c'est cool!" Ou

collectivement ils vont faire:

"Na... na..." Puis une fois que

c'est "na", c'est "forget it"!

Fait que... j'ai la foi

(FRANZ SCHULLER rit.)

[Début information à l'écran]

Marie-Christine Blais, journaliste et critique— La Presse

[Fin information à l'écran]


MARIE-CHRISTINE BLAIS

(En studio)

La mise en marché permet à ton

produit, réellement ce que tu as

produit, d'être peut-être vu et

connu par un plus grand nombre

de personnes.

[Début information à l'écran]

Nicolas Tittley journaliste—, Musique Plus, Musimax, ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


NICOLAS TITTLEY

(En studio)

C'est drôle parce qu'il y a

quelque chose de sale un peu,

d'associé à cette idée de

vouloir rejoindre le plus grand

nombre. Certains artistes, en

fait, considèrent que c'est même

impur de vouloir le succès

commercial, en quelque part, ça

entache la démarche artistique

et c'est quelque chose de pas

noble. Pourtant, s'il n'y a pas

de public, il n'y a pas d'art,

ça c'est une espèce de

tautologie, il faut qu'on trouve

en quelque part son public.

(À Montréal, au Studio Planète , JOSEPH MARCHAND et ÉMILIE LAFOREST, les deux membres du groupe Forêt, installent leurs instruments.)


JOSEPH MARCHAND

On ne fait pas de la musique

pour que ça reste dans notre

chambre à coucher ou dans notre

salon là, on fait de la musique

pour la diffuser pis pour que

les gens l'entendent, pis ça

c'est hyper important pour nous.


ÉMILIE LAFOREST

Ce qui se passe ce soir, c'est

qu'on enregistre une chanson qui

s'appelle "Un secret" pis,

l'affaire c'est qu'on s'en

allait jouer dans une émission

de télévision, et il fallait

qu'on parle de qu'est-ce qui

s'en vient pour nous, pis ce qui

s'en vient pour nous ce ne sont

pas des shows, ce ne sont pas

des gros festivals, c'est plus

comme on travaille sur le

prochain EP, probablement. Et je

me disais: "Ben, on n'a rien à

présenter, fait que là, go! On a

une toune qui est prête, donc,

faisons-là! Vite, vite!"


JOSEPH MARCHAND

Vite, vite, rapidement.


ÉMILIE LAFOREST

Ben j'ai pensé à ça il y a comme

une semaine.


JOSEPH MARCHAND

Oui. ÉMILIE est allée chanter

avec Pierre Lapointe à

l'émission et Pénélope a

remarqué Émilie en disant: Hé!

C'est le fun! Wow!...


ÉMILIE LAFOREST

Elle avait déjà entendu parler

un peu de notre disque mais là,

elle l'a écouté vraiment je

pense, je ne veux pas affirmer

quoi que ce soit là...


JOSEPH MARCHAND

Pis là elle nous a demandé de

venir dans ses coups de coeur...

du jeudi je pense, ou un truc

comme ça. Pis, je pense que

c'est ça aussi, à un moment

donné c'est de saisir des

occasions pour faire des choses

aussi, sans penser

nécessairement que ça va avoir

une portée monumentale, mais le

faire, juste parce que,

"regarde, là il y a une

occasion, on a cette toune-là,

on a envie de la faire, on a

envie de faire un EP, il faut

commencer quelque part, let's go

on le fait!"


MARIE-CHRISTINE BLAIS

(En studio)

Je dirais que la mise en marché

c'est tout ce qui est mis en

place de façon volontaire et

calculée, pour qu'un artiste se

démarque en temps de médias, en

temps écoute, en temps

visibilité. Tout ce qui est fait

pour qu'on le remarque.

(FRANZ SCHULLER est dans une petite salle de spectacle à Londres. Assis à une table de marchandises, il distribue des albums du groupe The Franklin Electric.)


FRANZ SCHULLER

(Narrateur)

D'avoir une salle plus ou moins

pleine un lundi soir, ton

premier show à vie à Londres,

c'est un bon résultat, parce que

les gens qui sont dans

l'industrie, les médias, etc.,

ont très très peu de temps, pis

ils sont sursollicités, donc

quand t'arrives à avoir leur

attention fixée sur toi pendant

même 15-20 minutes ou plus,

c'est précieux. C'est précieux

parce qu'ensuite ces gens-là

peuvent parler de ce que tu

fais. C'est le contraire du

"t'es jamais mieux servi que par

toi-même", quand tu fais la

promotion de ta musique, c'est

toujours mieux quand c'est

quelqu'un d'autre qui en parle.

(Début intertitre)

(Se faire remarquer)

(Fin intertitre)

[Début information à l'écran]

Philippe Papineau, journaliste— Le Devoir; animateur radio—CIBL

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

C'est drôle parce que l'autre

jour j'ai reçu un album, t'sais

c'est un band que je ne

connaissais pas, un petit disque

de six chansons, pis il y avait

un mot écrit à la main dessus

genre: "Bonjour Philippe", déjà

ils savent un petit peu à qui

ils l'envoient. Il y avait un

mot, avec beaucoup d'esprit,

assez drôle, pis je suis parti à

rire, c'était excellent, t'sais

je l'ai mis dans le lecteur CD,

parce qu'il y a une autre pile

de disques à côté, mais il n'y a

rien qui ressemble plus à un

disque emballé qu'un disque

emballé alors, il y a des

efforts qui sont mis souvent

pour nous inciter à les écouter,

à les déballer, à porter

attention.

(Au Jardin botanique de Montréal, PIERRE LAPOINTE est en compagnie de MICHEL SÉGUIN pour la préparation d'un spectacle.)

[Début information à l'écran]

Pierre Lapointe et Michel Séguin, artiste et gérant

[Fin information à l'écran]


PIERRE LAPOINTE

Moi je me souviens, une des

premières conversations qu'on

avait eues, Michel et moi à

l'époque de Granby, j'avais dit:

"Moi je ne veux pas faire des

spectacles, je veux créer des

événements. Je veux que les gens

s'habituent à venir sans savoir

ce qu'ils vont voir, par plaisir

de découvrir quelque chose, de

voir un artiste qui va peut-être

se péter la gueule mais qui va

créer quelque chose."


MICHEL SÉGUIN

On fait souvent des événements

puis on ne les télédiffuse pas,

on ne les enregistre pas, c'est

unique, pour la plupart. Parce

que ça fait partie un peu du

marketing si on veut, de la

promotion. Mais ce n'est pas

nécessairement voulu juste dans

ce sens-là, ça fait partie de

tout ça.

(PIERRE LAPOINTE et ses musiciens font des tests de son sur une scène.)


PIERRE LAPOINTE

(Narrateur)

Même quand est venu le temps

de faire Mutantès, il y avait

des demandes pour filmer le

show. C'était pas un spectacle

qui était intéressant à voir

filmé, c'était un spectacle qui

était intéressant à être vécu.

Quand on venait voir le show,

on participait à quelque chose

qui était momentané, donc de le

faire vivre ce n'était pas

intéressant, donc, ce qu'on a

fait, qui pourrait s'apparenter

à un exercice de promotion

déguisé, qui ne l'était pas mais

qui l'est devenu un peu, on est

allés voir Éric Morin, qui, à

l'époque réalisait "Mange ta

ville" et on lui a demandé de

faire un documentaire autour de

toute la production de ce

spectacle-là. Donc ça c'est des

exercices qui font vivre le

moment sans aller dans un

"achetez le DVD du spectacle

qu'on a présenté quatre fois en

disant que ça allait être un

événement unique mais que vous

pouvez revoir dans votre salon

tant que vous voulez." T'sais,

si on sort un CD d'édition

limitée, c'est vraiment une

édition limitée, si on le

ressort après, ce n'est plus le

même visuel, on change des trucs

pour que les gens qui se sont

"garrochés" au magasin de

disques pour acheter le truc,

les gens qui ont acheté des

billets vite pour venir voir le

show, qu'ils ne se sentent pas

bernés là-dedans, qu'ils sentent

qu'on les remercie en leur

donnant le plaisir d'avoir un

objet rare.

(Le groupe Forêt enregistre sa chanson dans le studio.)


ÉMILIE LAFOREST

♪J'ai quelque chose qui s'enfuit

entre mes doigts

Comme le sens de la vie...♪♪

(La chanson de Forêt se poursuit.)


JOSEPH MARCHAND

(Narrateur)

C'est une jungle de se faire

remarquer, moi je pense que,

oui, il y a tout le côté

médiatique, oui, il y a tout le

côté des réseaux sociaux pis

tout ça, mais je suis encore un

de ceux qui pensent que

l'important, c'est de faire un

produit le plus honnête pis

personnel possible. Il y a

encore quelque chose qui

surpasse les relationnistes de

presse, pis les gens, pis

l'argent pis tout ça, je pense

qu'il y a aussi que si tu fais

un produit qui va intéresser les

gens pis que les gens vont

faire: "Hé! As-tu entendu ça?

C'est vraiment le fun!" Juste

l'aspect bouche-à-oreille est

hyper important, mais vraiment

beaucoup. Moi, dans mon cas à

moi, avec mes amis pis tout ça,

c'est beaucoup ça, t'sais je

veux dire... oui, je consulte

des blogues comme tout le monde,

pis oui je vais lire des

critiques, tout ça, mais il

reste que, c'est beaucoup aussi

de parler: "Hé, as-tu entendu

parler de tel projet? C'est

vraiment le fun, va écouter

ça..." Pis, ça, ça reste quand

même quelque chose sur lequel je

compte, moi, personnellement.

(Début intertitre)

(Trouver son image)

(Fin intertitre)

(SIMON LANDRY et ANNE-MARIE CAMPBELL, les membres du groupe Secret Sun, sont à Longueuil.)


SIMON LANDRY

On est au Motel Oscar, on est en

train de "shooter" un paquet de

photos pour la pochette de notre

album qui s'en vient bientôt.

Pourquoi le Motel Oscar? Parce

qu'on trouvait que ça

représentait plutôt bien ce

qu'on a voulu faire en musique.

(SIMON LANDRY et ANNE-MARIE CAMPBELL se rendent à la piscine extérieure derrière le motel et rejoignent Hervé Baillargeon, leur photographe.)


SIMON LANDRY

On crée une espèce

d'environnement dans la piscine

même si c'est la piscine la plus

sauvage en ville. Pis Hervé

c'est un collaborateur... depuis

ce printemps on travaille

ensemble.

(Hervé Baillargeon montre au groupe quelques photos qu'il a prises jusqu'à présent. La séance photo se poursuit.)


ANNE-MARIE CAMPBELL

(Narratrice)

Il faut savoir qu'on a signé

avec Bonsound en mars, là on est

en août, pis on a commencé à

parler de mise en marché pas mal

dès la signature là, mais en

fait, l'affaire c'est que

l'album on l'avait terminé à

l'hiver, pis qu'ils nous ont dit

on devrait le sortir à l'automne

parce que justement on va

pouvoir nous donner des outils,

visuels surtout là, quand même,

pour qu'on puisse lancer l'album

de façon plus percutante, en

fait.


SIMON LANDRY

(Narrateur)

Si tu veux obtenir un certain

rayonnement, je pense que ça va

de pair d'être capable de

développer un univers visuel

intéressant, pour attirer les

gens, parce qu'il y a plein de

belle musique qui se fait, pis

je pense que ceux qui en plus

arrivent avec un univers visuel

fort, ça donne un meilleur élan

pour attirer les gens à venir...

parce qu'ultimement, on veut que

les gens écoutent notre truc, je

pense que ça attire plus les

gens, fait que le clip c'était

la première étape, le "shooting"

photo pour se bâtir une pochette

après. Et pis on avait un

deuxième clip à la fin de l'été,

on s'est dit: "Un mois avant on

lance un autre clip." Et puis

voilà!

[Début information à l'écran]

Patrick Baillargeon, journaliste musical— Voir, ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


PATRICK BAILLARGEON

(En studio)

Ce n'est pas important, t'sais

quand tu fais juste entendre la

musique, tu sais pas de quoi ont

l'air ces gens-là, ceux qui la

font. Mais tu n'as pas le choix

de présenter, de projeter une

image, parce qu'autrement ben,

t'es quoi? T'existes pas.


MARIE-CHRISTINE BLAIS

(En studio)

La première chose que les gens

font, c'est de te détailler.

Actuellement vous m'écoutez,

mais ce que vous faites, c'est

que vous regardez comment mes

cheveux sont placés pis comment

ma robe tombe... avant

d'entendre la moindre chose

réellement, que je dis. Donc

c'est la même chose pour la

musique. Ce que tu vois d'abord

c'est quelqu'un qui arrive avec

les cheveux comme ça ou comme ça

ou comme ça, qui est habillé

comme ci ou comme ça. Est-ce que

ça me ressemble? Est-ce que

c'est quelque chose qui

m'attire? Qui me rebute? Donc je

vais l'écouter parce que ça me

rebute. Il y a tout un jeu assez

fascinant là-dedans.

(PIERRE LAPOINTE répète sur la scène du Jardin Botanique.)


PIERRE LAPOINTE

Quand je commence à faire un

projet, je me vois plus comme un

directeur artistique qu'un

chanteur. Avant même que les

gens aient acheté le disque ou

l'aient eu en main, je veux que

les gens aient déjà une image

dans la tête, très claire, sur

ce que j'ai eu envie de dire,

même dans le choix des

vêtements, le niveau d'humour

que je vais avoir, tout

dépendant du contexte autour.

C'est comme si il faut toujours

avoir des antennes, tout le

tour, pour un peu diriger

l'attention des auditeurs pis du

public vers un certain point

d'orgue.

[Début information à l'écran]

Domlebo, auteur-compositeur-interprète

[Fin information à l'écran]


DOMLEBO

(En studio)

Si l'artiste n'est pas capable

lui-même de se définir en trois

mots, ou en deux phrases, ou en

deux paragraphes, ça va être

bien dur pour son équipe et son

entourage d'expliquer ce qu'il

fait pis qui il est. Il faut

qu'en 30 secondes les gens

comprennent un peu ce que tu

fais pis qui t'es.

Je pense que juste ça là, c'est

une règle très générale, peu

importe le domaine. Tu peux

vendre des aspirateurs, si tu

ne peux pas faire un pitch

clair dans l'ascenseur, tu ne

te donnes déjà pas de chances.

(Dans une gare de Londres, FRANZ SCHULLER monte dans un train avec JON MATTE. Le train part en direction de Paris.)

[Début information à l'écran]

Jon Matte, auteur et chanteur— The Franklin Electric

[Fin information à l'écran]


JON MATTE

(propos traduits de l'anglais)

En tant qu'artiste, c'est

ce qui m'obsédait au début.

Je voulais que les gens comprennent

où on s'en allait, la nature

de notre musique, les émotions

qu'on veut véhiculer dans nos chansons

et notre image. Il faut penser à ça.

Et c'est quelque chose qu'on ressent.

En regardant un groupe, on ressent

quelque chose. Qu'es-ce qu'on ressent?

Ça ne peut venir que du cœur du projet.

Puis d'autres gens vont venir bâtir

sur cette idée que tu as initiée,

que tu voyais et que tu ressentais.


DOMLEBO

(En studio)

Klô Pelgag, je la connais pas

beaucoup, je ne pense pas

qu'elle s'est dit: "Hum, je vais

avoir l'air d'une vraie folle,

qu'on ne comprend rien de ce que

je dis et de ce que je fais, pis

ça va être ça, c'est de même que

je vais vendre pis avoir un

succès." C'est sûr que non.

Est-ce qu'elle s'est dit: "Je

vais être plus bizarre que les

autres pour me démarquer."? Je

pense pas. C'est son trip, elle

est de même, elle écrit de même,

elle joue de même, elle est

éclatée... Pis ce n'est pas

faux, ça ne peut pas être faux.

Si t'es faussement éclaté, au

bout de six mois, un an, t'es

fatigué là c'est sûr. T'es

contre ta propre nature encore

une fois, tu vas te tanner.


NICOLAS TITTLEY

(En studio)

La musique n'est pas un médium

qui se prive du visuel, bien au

contraire. On fait des pochettes

de disques depuis toujours,

c'est une partie importante du

marketing. Qu'on soit ou non sur

la pochette, c'est un choix

déjà. Il y a des artistes qui

préfèrent ne pas montrer leur

visage, mais de livrer quand

même une image qui va donner une

idée, quand même, de ce qu'ils

essaient de faire, et il y a

beaucoup d'artistes qui

préfèrent de loin ne pas se

montrer. Ça, encore là, c'est un

choix d'identité, c'est un choix

de mise en marché.

(À Longueuil, la séance photo du groupe Secret Sun se poursuit.)


ANNE-MARIE CAMPBELL

Une des raisons pour lesquelles

on a choisi de ne pas être sur

la pochette, c'est que quand on

a lancé notre EP on l'a lancé

avec une photo de nous, et je

pense que ç’a été efficace, en

fait. Parce que tout de suite tu

voyais: "OK. c'est eux le

band." Après ça on a fait un

premier clip, ou on était dans

le clip, là on va faire un

deuxième clip ou on va aussi

être dans le clip, fait qu'on

s'est dit aussi qu'on était

suffisamment présents dans notre

mise en marché.


SIMON LANDRY

Je pense qu'on avait envie de

développer un univers qui était

plus abstrait que concret:

"voici deux artistes qui

proposent de la musique."


ANNE-MARIE CAMPBELL

Là on est en train de réfléchir

à la mise en scène de notre

spectacle. Il n'y en avait pas

vraiment avant, avant on faisait

juste monter sur la scène pis

faire nos "tounes" pis descendre

de la scène.

Là, maintenant, on a fait

venir un metteur en scène, il

est venu voir une de nos répètes

la semaine dernière, il est venu

voir un de nos shows aussi, la

semaine dernière, pis il nous a

donné des petits "cues", pis là

on a "brainstormé" quelques

d'éclairages qu'on pourrait

faire, des sortes de visuels

qu'on pourrait mettre en

"backdrop", etc.

(PIERRE LAPOINTE s'apprête à monter sur la scène du Jardin botanique..)


PIERRE LAPOINTE

(Narrateur)

On ne voulait pas se développer

des gros personnages, peut-être

avoir une approche plus effacée,

très musicale, mais très

romantique aussi finalement.

(PIERRE LAPOINTE monte sur scène. La foule applaudit. Assis devant son piano, il s'adresse à son public.)


PIERRE LAPOINTE

(À la foule)

Punkt, Punkt, un spectacle

extraordinaire qui risque de

changer vos vies, puisque la

majorité des gens qui l'ont vu

souvent ont vu leurs vies

transformées: il y a même des

gens qui ont changé de sexe

suite à leur

assistance... oui, ça arrive. Et

puis bon, là je vois qu'il y a

des enfants, les parents, ça se

peut qu'il y ait des bouts dans

le spectacle où je dise des

choses qui vous obligent face à

vos enfants à faire des petits

cours d'éducation sexuelle

"rushés"... Je suis désolé mais

c'est aussi ça venir voir Pierre

Lapointe en spectacle avec des

enfants, ça vous apprendra.

Alors...

(Le spectacle de PIERRE LAPOINTE se poursuit.)


MICHEL SÉGUIN

(Narrateur)

Au début, Pierre avait un

personnage, bon, c'est un

personnage qui a évolué, et là

les gens, à un moment donné,

s'attendaient toujours à voir le

personnage, et tout à coup, en

vieillissant le personnage et

Pierre Lapointe se sont mariés.


PIERRE LAPOINTE

(Narrateur)

Ça s'est comme confondu.


MICHEL SÉGUIN

(Narrateur)

Et là, ça a créé un autre Pierre

Lapointe si on veut, qui,

justement aujourd'hui nous amène

ailleurs. Ça crée aujourd'hui

une personne qui a beaucoup de

liberté, qui peut faire

énormément de choses et que les

gens acceptent. Des fois on se

dit: "Non, il va trop loin."

Mais finalement c'est ça,

Pierre. Ça ne m'empêche pas de

lui dire aussi, c'est ce qu'il y

a de merveilleux, je peux lui

dire: "Tel veston, franchement

là, il fait dur..."

(PIERRE LAPOINTE rit.)


PIERRE LAPOINTE

Je suis le premier à dire: "Je

te comprends" quand il dit ça:

"Mais c'est hot!"


MICHEL SÉGUIN

T'sais, c'est ça...


PIERRE LAPOINTE

Ça arrive...

Mais dans ma tête, un artiste

dans une société est là pour

être un peu un précurseur, c'est

pour semer des doutes dans la

tête des gens, c'est pour

brasser des idées avant que les

gens les aient eues. Pis des

fois on le fait même sans s'en

rendre compte, tellement on est

dedans. Même chez Audiogram,

quand je fais les pochettes je

travaille avec les graphistes,

on choisit les sons, les mots

que je choisis, j'ai toujours

senti une grande, grande

liberté. Il y a des fois où ils

m'ont dit carrément: "Cette

chanson-là avec cette phrase-là,

nous on pense que ça va faire

des vagues pis que ce n'est pas

nécessaire. On l'enlèverait."

Pis je l'ai laissée parce que

Michel et moi on en parlait, on

riait, on y pensait une semaine

pis on finissait en disant: "Ah,

on laisse ça là!"


MARIE-CHRISTINE BLAIS

(En studio)

Les gens sont capables,

maintenant les artistes

eux-mêmes sont capables de voir

qu'est-ce que ça prend. Il n'y a

plus nécessairement le faiseur

d'images absolument à côté qui

lui dit: "Bon, quand t'as fait

ça là, c'était pas fort." Ce

n'est plus fait dans des

bureaux, c'est fait sur internet

là, c'est fait sous nos yeux

maintenant, la musique. Ce

n'est plus l'artiste

nécessairement, dans sa tour

d'ivoire, un peu mystérieux. Ce

qui marche, je pense, c'est des

musiciens qui donnent

l'impression qu'ils pourraient

être tes amis, ou tes proches,

qui sont conscients que tu es

là. Il n'y a pas de quatrième

mur. Il y en a un, mais il n'y

a pas de quatrième mur, c'est

ce que je te dis, c'est ce que

je te répète et c'est ce que je

te montre.

(Le groupe Forêt est au Studio Planète.)


ÉMILIE LAFOREST

Maintenant on a un contact

vraiment direct avec des gens

qui nous apprécient pis qu'on

intéresse, fait que c'est le fun

des fois de juste leur parler,

quand t'as un instinct de le

faire, comme moi ça m'est

arrivé, ben de juste leur dire

quelque chose pis leur dire: "Ah

ben là y arrive ça, pis c'est le

fun." Pis les gens te suivent

pis ils te regardent pis, je ne

sais pas, ça rend vivant aussi

le...


JOSEPH MARCHAND

Ça c'est le côté positif puis je

trouve qu'il y a un envers aussi

de la médaille, c'est-à-dire

que, moi ce qui m'intéresse

c'est vraiment la musique là, en

premier là, t'sais c'est ça que

j'aime...


ÉMILIE LAFOREST

T'es pas un chanteur!


JOSEPH MARCHAND

Non mais c'est ça que j'aime,

pis la course, des fois la

course aux "likes" là mettons

sur Facebook pis tout ça... Je

trouve ça correct, c'est bien et

c'est normal que ça existe pis

tout ça mais... Je ne sais pas.

En fait...


ÉMILIE LAFOREST

T'es juste ben content que je me

charge de ça.


JOSEPH MARCHAND

Oui, exactement!

(PIERRE LAPOINTE et MICHEL SÉGUIN sont au Jardin botanique.)


PIERRE LAPOINTE

Je dis toujours qu'être chanteur

ce n'est pas juste apprendre à

utiliser sa voix pis à être sur

scène, c'est aussi socialement

accepter, comprendre une

situation aussi et sa place

socialement. C'est aussi d'avoir

un sens des relations publiques

qui se développe doucement

aussi, parce qu'il faut se

familiariser avec tout. T'sais

juste si je pense à... on allait

dans des cocktails, le premier

soir de Tadoussac ou des

événements aux Francos, je

voulais mourir là, je me cachais

en dessous des chaises puis...

je n'aimais pas ça. Aujourd'hui

je me retrouve dans ces

contextes-là, je trouve ça

drôle, je discute avec les gens

pis quand je suis tanné, je m'en

vais.

(On voit un extrait du spectacle de PIERRE LAPOINTE, qui chante une de ses chansons devant la foule.)


PIERRE LAPOINTE

♪On a appris à sourire comme

des hommes bien élevés

Pour détourner l'attention de

nos sexes souillés

Mais on a oublié de nous

montrer comment faire

Pour trouver l'amour et lui

prouver qu'on peut lui plaire♪♪


NICOLAS TITTLEY

(En studio)

Les gens qui sont passés par

Star Académie ont eu quand même

un média "training" assez

important parce qu'on leur dit:

"Quand tu vas dans des

entrevues, quand tu te présentes

sur un plateau de télé, il faut

que t'aies quelque chose à

raconter." Regardez Marie-Mai,

Marie-Mai a toujours quelque

chose à dire. On peut se dire:

"Ça ressemble à une cassette,

j'ai déjà entendu ce qu'elle a

dit" mais elle est toujours

disponible, elle est toujours

consciente, s'il y a une caméra

qui est allumée, elle voit le

petit voyant rouge, elle sait

quand elle est "on". Il n'y a

pas un moment où vous allez

trouver Marie-Mai, vous allez la

prendre de court, ou tout d'un

coup elle va sembler

déstabilisée, non, elle sait

jouer avec les médias, elle est

habituée, elle est née

là-dedans.

(Début intertitre)

(La recette du succès?)

(Fin intertitre)

(FRANZ SCHULLER est toujours dans le train avec JON MATTE.)


FRANZ SCHULLER

Dans un marché comme le UK, et

beaucoup de marchés

internationaux, si tu penses que

tu vas pogner pis tu vas réussir

à lancer ton projet la première

fois que tu y vas, t'es

complètement malade mental.

C'est à coups de répétitions que

ça marche. Mon analyse par

rapport à Londres hier, c'était

qu'il faut faire revenir le

groupe en Angleterre le plus

rapidement possible pis les

faire jouer le plus de shows

possible avant la fin de

l'année, pour créer un "fan

base" en 2014, pour pouvoir

attaquer en 2015 de manière plus

grandiose. C'est mon "guess",

pis ce sont tous des "guess".

Est-ce que je sais ce que je

fais? Pantoute! Est-ce que j'ai

une formule ou une logique qui

détermine, même une théorie qui

détermine pourquoi j'évalue et

je porte des jugements comme ça?

Aucune. C'est que de

l'expérience et de l'instinct,

"that's it! " Pis, on peut

facilement se tromper, parce

qu'on n'a aucune idée de ce

qu'on fait.

(FRANZ SCHULLER et JON MATTE sont arrivés à Paris. Ils débarquent du train.)


FRANZ SCHULLER

(propos en anglais)

Back in Paris...


DOMLEBO

(En studio)

Il n'y a pas de recette au

succès. Il y a des raisons qui

expliquent pourquoi telle chose,

tel projet, telle chanteuse avec

des tatous, blonde, qui chante

de cette façon-là, a fonctionné.

On peut dire: "Ben oui, c'était

le bon moment. Ben oui, elle

répond à tel goût. Ben oui, son

marketing est bon, sa

personnalité est intéressante."

Tu me demandes entre quatre

groupes équivalents, aussi bons,

que le chanteur est aussi "cute"

pis que les photos sont aussi

championnes pis que le nom sonne

pis que les synthés sont

écoeurants là, pis que le beat

est bon, qu'est-ce qui fait

qu'un des quatre va se

démarquer? Les quatre groupes

sortent une "toune", lundi,

mardi, mercredi, jeudi, mais ça

se trouve que mercredi, il y a

une bombe qui a explosé en

quelque part, pis ils ont manqué

la fenêtre de visibilité qu'ils

auraient pu avoir. Ça peut être

bête de même.

(Le groupe Forêt se rend aux studios de Radio-Canada à Montréal pour l'enregistrement de l'émission ''Pénélope McQuade''.)


ÉMILIE LAFOREST

Tu ne peux jamais savoir comment

les gens vont réagir, donc,

aussi bien écouter nos pulsions,

dans le fond. Je veux dire la

"toune", une chose est certaine,

même si elle n'est pas

nécessairement si virale que ça,

ben, les personnes qui aiment

Forêt pis qui ont aimé notre

album pis qui nous suivent, ben

déjà eux, ils vont être contents

d'avoir quelque chose à se

mettre sous la dent... aussi.


JOSEPH MARCHAND

Oui.


ÉMILIE LAFOREST

C'est pour eux aussi qu'on fait

ça.


JOSEPH MARCHAND

Mets-en!


ÉMILIE LAFOREST

On a mixé hier soir, on a fini

ça vers minuit et demi, une

heure, pis ça sort à 2 h de

l'après-midi.

Le groupe Forêt est sur le plateau de l'émission Pénélope McQuade. Le réalisateur donne le signal au groupe pour commencer leur chanson. JOSEPH MARCHAND entame quelques notes de guitare. [PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Il y a moyen de faire les choses

différemment, je pense que c'est

un bon moment pour essayer des

affaires, pour essayer de faire

un lancement, une promotion

différente. Je pense qu'on va

voir naître ce genre

d'initiative-là de plus en plus

là, d'audace là.

(La chanson de Forêt se poursuit sur le plateau de télévision.)


ÉMILIE LAFOREST

♪Il neige et l'ombre immense

défait parmi les branches

J'essaie de naître

ailleurs avec ma cage au pied du

vent.♪♪

(On voit le groupe Forêt se faire maquiller dans une loge.)


ÉMILIE LAFOREST

On n'en avait pas parlé avant

qu'on ferait ça aussi, fait que

ça créé... je pense que des

fois, c'est intéressant ça, t'en

parles pas pis tu fais ça, pis

là, deux jours avant, tu dis que

tu sors quelque chose pis là le

monde est comme: "Hein!" On

dirait que maintenant tout est

tellement beaucoup moussé au

niveau de la promo, que quand tu

mousses zéro, pis que la veille

tu dis que tu fais de quoi, là

ça crée quelque chose.

(Son téléphone en main, ÉMILIE LAFOREST lit à voix haute un commentaire sur les médias sociaux.)


ÉMILIE LAFOREST

''Je découvre votre musique en

ce moment mon dieu, c'est beau!''

Bon, tu vois, c'est exactement

ce qui est souhaité dans tout

ça.

(Dans les coulisses du plateau de l'émission, ÉMILIE LAFOREST discute avec un HOMME.)


ÉMILIE LAFOREST

On vient juste de lancer notre

single aujourd'hui. Juste

s'assurer, si vous pouviez le

tweeter ça serait vraiment

apprécié.


HOMME

Je suis sûr qu'on va trouver une

place sur le site mais de toute

façon, on va le mentionner.


ÉMILIE LAFOREST

Super! Je voulais juste

m'assurer de ça.

(Un peu plus tard, le groupe Forêt est à nouveau sur le plateau de l'émission, tournée en direct. Ils sont en compagnie de l'animatrice PÉNÉLOPE MCQUADE.)


ÉMILIE LAFOREST

Aujourd'hui on a sorti une

nouvelle chanson...


PÉNÉLOPE MCQUADE

OK.


ÉMILIE LAFOREST

"Un secret", et puis elle est

disponible aujourd'hui, on la

donne aux gens.


PÉNÉLOPE MCQUADE

(S'adressant au public de son émission)

Ben on va donner le lien pour

aller vers cette chanson, et ce

soir, avec la pièce "Après la

guerre", voici Forêt.

(Le public en studio applaudit. Le groupe Forêt commence à jouer.)

(Dans une salle de spectacle de Paris, le groupe Franklin Electric joue devant public. Après la représentation, JON MATTE et FRANZ SCHULLER discutent.)


FRANZ SCHULLER

(propos traduits de l'anglais)

T'en penses quoi?


JON MATTE

(propos traduits de l'anglais)

C'était cool!


FRANZ SCHULLER

(propos traduits de l'anglais)

T'as aimé ça?


JON MATTE

(propos traduits de l'anglais)

Oui. Et le groupe connectait

de plus en plus. C'était

un petit spectacle, mais

le public a bien réagi.


FRANZ SCHULLER

On a eu des beaux retours, des

commentaires, des gens qui sont

intéressés à poursuivre

l'aventure. Je te dirais que

l'engouement des médias, des

pros de l'industrie de la

musique ne vaut rien si

l'enthousiasme des fans n'est

pas là.


JON MATTE

(propos traduits de l'anglais)

Le plus important,ce sont

les fans. Que les gens connectent

avec la musique.


FRANZ SCHULLER

Les fans, c'est comme vraiment

la chose de loin la plus

importante. Les gens de

l'industrie pis des médias

deviennent importants quand ils

ont un rôle à jouer pour

permettre à la musique d'être

entendue et vue par plus de

fans.

(Fin émission)

(Générique de fermeture)

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