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Arrière-scène

Arrière-Scène vous invite à rencontrer ceux qui travaillent dans les coulisses : compositeurs de musique de films, directeurs de tournée, programmateurs, disquaires, réalisateurs, musiciens de bar.

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De l'idée au lancement

On analyse le processus complet de la création d’un album. De l’idée musicale à la composition, de l’arrangement à l’enregistrement, puis du mix au lancement, le travail et le temps nécessaires
pour émettre une nouvelle proposition artistique est surprenant. Et une fois l’album lancé, comment sera-t-il reçu ?



Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Arrière-Scène part à la rencontre des artisans qui fabriquent de leurs mains notre paysage musical. On y découvre les coulisses de l'industrie musicale en rencontrant ceux qui y travaillent : musiciens de studio, compositeurs, metteurs en scène, producteurs, disquaires, programmateurs et plusieurs autres.

L'émission «Arrière Scène» est ponctuée d'entrevues de journalistes en studio et d'autres intervenants du milieu qui viennent apporter leur expertise et leurs commentaires.

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Arrière-scène— De l'idée au lancement

[Fin information à l'écran]

Le chanteur STEFIE SHOCK est dans son studio maison.

[Début information à l'écran]

Stefie Shock, auteur-compositeur-interprète

[Fin information à l'écran]


STEFIE SHOCK

On sort un disque quand il y a

un disque de prêt à sortir, ça

ne sert à rien de le forcer, ça

ne sert à rien de le précipiter.

Ça sort quand c'est prêt pis

quand c'est prêt ben, on le

sait. Des fois, on voudrait que

ce soit prêt plus tôt mais les

idées ne viennent pas pis, il

faut attendre les idées. Ce sont

les idées qui décident, ce ne

sont pas les producteurs, ce ne

sont pas les comptes en banque.

On y pense mais... faire le

disque pour le compte en

banque, sans idées, ça

s'entend.

[Début information à l'écran]

Domlebo, auteur-compositeur-interprète

[Fin information à l'écran]


DOMLEBO

(En studio)

Bien avant de dire: "Voici des

étapes de la production d'un

disque comme on l'entendait

avant et on l'entend parfois

encore aujourd'hui, est-ce que

c'est adapté à ton genre, là ou

t'es rendu, le nombre de

personnes qui te suivent? Est-ce

que tu veux vraiment le sortir

physique? Est-ce que c'est

seulement en ligne? Est-ce que

t'as une exclusivité en quelque

part?" Il y a beaucoup beaucoup

de travail avant d'oser être

devant un micro je pense.

[Début information à l'écran]

Olivier Robillard-Laveaux, journaliste et critique musical— Voir, Musique Plus, ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

Il y a moyen de faire un album

avec très peu de sous.

Tu trouves un ami qui a un

ordinateur, quelques bons

micros, on s'installe dans le

local, pis ce n'est pas grave si

votre premier disque ou votre

premier démo que vous allez

mettre sur Bandcamp sonne un peu

tout croche.

L'important c'est qu'on aille

saisir l'énergie de vos pièces,

l'identité de votre groupe.

(FÉLIX DYOTTE est devant son ordinateur, une guitare entre les mains.)

[Début information à l'écran]

Félix Dyotte, auteur-compositeur-interprète; musicien—Pierre Lapointe, Kandle; ex-membre— Chinatown

[Fin information à l'écran]


FÉLIX DYOTTE

Là je suis dedans là, je suis en

train d'enregistrer mon album,

pis vu que c'est une initiative

solo, je n'avais vraiment pas le

goût de faire comme d'habitude

pis...

je me suis dit: "Je vais

faire vraiment ce que je veux ,

je vais enregistrer au rythme

que je veux, avec qui que je

veux pis dans les studios que je

veux pis, il n'y a vraiment

personne qui va me...

qui, je ne veux pas avoir de

contraintes, je n'ai pas le

goût d'être pogné mettons 15

jours en studio, pis là il faut

qu'après 15 jours l'album soit

fini parce qu'on a un budget

"tight" pis qu'on utilise des

gros studios chers pis tout

ça..." Mais évidemment j'ai un

budget là, j'ai ramassé des

sous avec le temps. Moi, mon

but justement, ça vient avec

l'indépendance aussi là, quand

tu veux être indépendant ben tu

t'arranges pour avoir ton propre

budget pis ne pas dépendre trop

trop des autres là.


DOMLEBO

(En studio)

Ç'a tellement changé. C'est

tellement possible de faire

beaucoup d'étapes chez soi ou

avec peu de moyens. C'est une

question d'objectif aussi. Pour

sonner FM pff... de même, ça ne

se fait pas chez vous avec les

moyens du bord.

(FÉLIX DYOTTE est devant son ordinateur.)


FÉLIX DYOTTE

Là, vu que je suis rendu à ma

12e ou 13e toune, j'essaie de

faire un peu comme ce qui manque

sur mon album, pis les tounes

qui font le pont entre certains

sons, qui sont opposées là, fait

que, oui ça va genre de

l'instrumentation genre rock là,

basse, drum, synthé, guitare à

quatuor à cordes, guitare

acoustique, mais il faut qu'il y

ait un certain sens là-dedans

pis que ça donne une certaine

unité là. Quoique le médium de

l'album est quand même un peu à

requestionner aujourd'hui mais

en même temps il faut qu'il y

ait un certain son qui vienne

avec ce que moi j'ai à proposer

là.

(STEFIE SHOCK est dans son studio maison.)


STEFIE SHOCK

Je ne compose pas des chansons

pour un disque en particulier,

je fais juste composer des

chansons, les meilleures que je

peux. Quand je suis certain d'en

avoir assez pour faire le

disque, ben là je garde les

meilleures puis, je ne me

demande pas si ça fait un disque

cohérent. J'ai mon identité

qui... c'est ça le fil

conducteur dans le fond.

[Début information à l'écran]

Philippe Papineau, journaliste— Le Devoir; animateur radio— CIBL

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Il y a des artistes qui ont une

vision, des artistes

complets là, on pourrait dire,

ou ont une collusion totale de

leur oeuvre, il n'y en a pas

tant que ça. C'est très très

très intangible le chemin de la

création entre l'idée pis le

résultat final.


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

Moi, le disque, je le vois comme

un tout, comme un ensemble qui

doit se tenir et qui doit être

réfléchi. C'est un concept de

disque là, on n'est pas en train

de faire un "Best of" de tes 12

meilleures compositions depuis

les trois dernières années.

(Début intertitre)

(À chaque album sa méthode)

(Fin intertitre)

(JÉRÔME MINIÈRE est au local de répétition Coop Le Symphonique avec ses musiciens.)

[Début information à l'écran]

Jérôme Minière, auteur-compositeur-interprète

[Fin information à l'écran]

JÉRÔME MINIÈRE

Ça fait à peu près 15 ans que je

fais des disques, puis, même

sans le faire exprès on finit

par faire un peu toujours de la

même manière des disques. Pour

ce projet-là j'ai voulu procéder

un peu autrement.

Naturellement, pour des raisons

à la fois artistiques et

économiques, souvent je

travaille un peu en autarcie,

j'ai un petit local de

travail, puis je peux passer des

mois à fignoler les chansons

presque seul. Et là j'ai voulu

casser un peu ça donc j'ai fait

des démos très rapidement, je

les présente au groupe et on les

monte ensemble tout de suite

alors qu'elles sont encore des

chansons "bébés" disons.

C'est sûr qu'on n'est pas dans

les années 30 mais, c'était

les années 30 mais, c'était

quand même cette idée d'être un

peu plus direct pis de jouer

avec le groupe pis de faire des

prises sur certaines chansons,

presque "live". Puis, dans mon

cas, vu que je suis quelqu'un de

très "bidouilleux" et... en

électronique pis qui passe des

mois c'est... pour moi ça fait

un peu d'air frais là, ça fait

du bien.

(STEFIE SHOCK est devant son ordinateur et parle d'une de ses compositions.)


STEFIE SHOCK

Cette chanson-là, je cherchais

un son, une façon là de... de

lui donner quelque chose

d'inhabituel, pis j'ai trouvé un

truc que je fais jouer à

l'envers, fait qu'au lieu juste

de faire un "riff" de guitare

t'sais comme... qu'on a entendu

un million de fois, j'ai parti

la chanson comme ça...

(STEFIE SHOCK fait jouer le début de sa chanson.)


STEFIE SHOCK

Ça c'est la démo en passant, on

n'a pas encore travaillé la

version telle qu'elle va être

sur le disque. Peut-être que ça

va ressembler beaucoup à ça,

mais peut-être que non, mais ça

c'est ma version de travail

qu'il y a juste moi qui est

là-dessus. Ça c'est vraiment, ce

que vous entendez c'est ce qu'on

n'entend jamais là c'est...

c'est vraiment la démo.

(JÉRÔME MINIÈRE est dans le local de répétition.)

JÉRÔME MINIÈRE

Moi, les dernières années,

particulièrement depuis deux

ans, j'avais beaucoup de

contrats, bon, j'ai fait musique

de film, musique de théâtre,

réal d'album pour d'autres

artistes. Et là, ce qui est

arrivé c'est que je n'avais pas

de temps pour écrire des

chansons. Admettons que je

travaillais sur une pièce de

théâtre, puis à un moment j'ai

un flash d'une ligne de guitare

ou de quelque chose... Donc ça,

il y en a plein qui s'étaient

accumulés mais je n'avais pas

remarqué que j'en avais accumulé

autant. Je n'avais pas

l'impression d'écrire de

chansons. Et puis finalement en

recollant tous ces petits

bouts-là, il y avait quelques

petites idées de textes aussi

mais assez vagues, et finalement

quand j'ai ramassé tout ça en

février, il y avait un

disque en fait, c'est ça qui est

très très bizarre. Donc

celui-là, il s'est fait un peu

presque à mon insu.

(STEFIE SHOCK est devant son ordinateur.)


STEFIE SHOCK

Il reste un mois et demi. À

partir de la semaine prochaine

c'est là que les choses vont

aller plus vite. Le plus intense

s'en vient au niveau des tâches.

La partie de la torture mentale,

de l'écriture, où il fallait que

je génère des idées, celle-là

est passée cette phase-là. Là

maintenant c'est plus les tâches

physiques.

(JÉRÔME MINIÈRE est dans le local de répétition.)

JÉRÔME MINIÈRE

Moi ça fait des années que j'ai

fait des projets sans mettre les

pieds dans un gros studio. Donc

là, dans ce cas-ci c'est un peu

plus particulier vu que c'est

collégial, qu'on est un groupe,

qu'on est cinq, pis qu'on

voulait jouer ensemble, ça prend

d'aller dans un vrai gros

studio. Donc l'idée, c'est de

passer peu de temps là-bas et

d'arriver très préparés. Ce que

je ne veux pas en fait c'est

arriver dans un gros studio et

chercher trop. C'est-à-dire que,

chercher, il faut être dans un

endroit ou l'on ne pense pas à

l'horloge et il n'y a pas de

stress de "OK, on est trois

jours dans cette place-là

pis..." Donc là on s'est donné

quand même du temps sur trois

mois pour, par étape, chercher,

donc là on va arriver là-bas, on

va encore chercher parce que ça

fait partie du processus, mais

un petit peu moins. Donc ça

c'est bon, c'est rassurant.

(Début intertitre)

(Du démo au studio)

(Fin intertitre)

(STEFIE SHOCK est au Studio Mixart avec MATHIEU DANDURAND.)

[Début information à l'écran]

Mathieu Dandurand, coréalisateur—Stefie Shock; musicien—Raoûl Duguay, Alfa Rococo; compositeur

[Fin information à l'écran]


MATHIEU DANDURAND

Stefie, de la façon qu'il

travaille c'est qu'il fait déjà

des maquettes, super évoluées,

super avancées, parce que Stefie

c'est comme ça là, ce n'est pas

un gars qui va arriver avec

guitare-voix.

Lui, il arrive avec des

maquettes, il y a une ambiance,

il y a une direction, il y a un

tempo, il y a une direction

artistique, que ce soit une

reprise ou une composition fait

qu'à partir de là moi je peux

prendre ça pis souvent, Stefie

a dit beaucoup là-dedans déjà

donc là c'est un peu à mon

tour de prendre ça pis d'amener

du nouveau là-dedans pis de

boucher des trous pis de

m'assurer que tout marche bien.

(FÉLIX DYOTTE sort de chez lui et se dirige vers le Studio 7032.)


FÉLIX DYOTTE

Je n'espère pas là en priant le

soir que je vais avoir un

immense succès là, si c'est pour

venir ben ça viendra pis ça sera

ça. Mais moi ce que je prie, ce

pour quoi je prie le soir

mettons c'est de peut-être enfin

finir ma maudite toune sur

laquelle je travaille depuis des

années là.

Ma joie est plus intrinsèque au

processus que extrinsèque là,

elle ne dépend pas d'une

éventuelle retombée ou d'un

succès là.

(FÉLIX DYOTTE se rend au Studio 7032 où l'attend Francis Beaulieu, son ingénieur de son.)

[Début information à l'écran]

Francis Beaulieu, ingénieur de son— Keith Kouna, Les sœurs Boulay, Monogrenade

[Fin information à l'écran]

FÉLIX DYOTTE et Francis Beaulieu font quelques tests de son à la guitare. Puis, FÉLIX DYOTTE commence l'enregistrement de sa chanson.


FÉLIX DYOTTE

(Narrateur)

Je pense que garder le même

ingénieur de son à travers tout

le processus c'est comme

devenu important pour moi, parce

que c'est le fun pis parce que,

en fait, pour moi c'est

principalement, numéro un, c'est

pour l'esprit de la chose là,

c'est pour l'ambiance pis le fun

qu'on se fait pis je ne me

sentirai pas déstabilisé à

travailler avec un ingénieur de

son que je ne connais pas

nécessairement ou avec qui je

n'ai pas testé de travailler

avec. Pis l'autre affaire c'est

que je pense que ça donne une

certaine cohésion aussi, parce

qu'un ingénieur de son va avoir

sa vision de comment il veut

"taper" pis avec quel "gear" il

veut "taper" pis là il va

pouvoir parfaire un peu son...

il va pouvoir parfaire sa vision

à travers tout l'album.


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

Je pense que pour arriver à ce

concept-là d'album, il faut

avoir réfléchi pis il faut avoir

discuté où on veut aller,

qu'est-ce qu'on veut faire comme

musique, avoir écouté beaucoup

de disques aussi. "Ah, ce

disque-là je l'aime beaucoup,

qui l'a réalisé? Comment ç’a été

fait? OK." Moi je pense qu'il y

a un travail de création à faire

là.


DOMLEBO

(En studio)

Pis après ça, c'est la partie

facile d'enregistrer les

chansons là, c'est la partie le

fun là. "Là finalement je vis

mon rêve là, pis là là c'est

"pané" gauche-droite, pis là ma

voix est ici pis il y a un effet

dans le drum pour qu'il soit

là-bas... pis, les "strings"

rentrent pis là c'est magique

pis là j'écoute juste les

"strings". Ah que c'est de la

bonne musique que j'ai écrite."

(FÉLIX DYOTTE s'apprête à entrer au Studio Victor.)


FÉLIX DYOTTE

On est à Saint-Henri, juste en

avant du Studio Victor. C'est là

que je vais enregistrer mes

cordes et j'ai choisi le Studio

Victor parce qu'ils ont une très

très belle pièce avec des murs

en bois qui résonnent exactement

comme je veux.

(FÉLIX DYOTTE entre au studio Victor. Il discute avec une des violonistes. Plus tard, un quatuor à cordes s'installe pour l'enregistrement.)


FÉLIX DYOTTE

Le mieux que je puisse faire

pour que cette chanson-là soit

bonne c'est de mettre des

violons. T'sais c'est une

impulsion du moment qu'il a

fallu que je suive jusqu'au bout

parce que si je ne le faisais

pas, je n'allais pas au bout

de mon album, c'est simple comme

ça. Pis, oui là ça coûte cher

pis oui c'est compliqué pis oui

c'est beaucoup de travail mais

c'est ça que je fais dans la

vie, c'est ça que j'aime faire,

après ça... il y a peut-être des

gens qui font des albums pour

d'autres raisons que la musique

qui en résulte là, mais moi je

ne fais pas partie de cette

gang-là, moi je fais un album

pour l'écouter pis dire: "Ben

c'est la meilleure affaire que

j'aurais pu faire à ce moment-là

pis là c'est fait."

(FÉLIX DYOTTE est dans la régie du studio Victor, avec PHILIPPE BRAULT, le réalisateur. Ils s'apprêtent à enregistrer le quatuor à cordes.)

[Début information à l'écran]

Philippe Brault, réalisateur de la session de cordes; bassiste & directeur musical— Salomé Leclerc, Philippe B, réalisateur— Philémon Cimon, Random Recipe

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE BRAULT

On va en essayer une première,

on va partir deux mesures avant

l'entrée de tout le monde au

fond. Donc on va partir ça.

(L'enregistrement du quatuor à corde commence. FÉLIX DYOTTE écoute avec émotion. À la fin de du morceau, FÉLIX DYOTTE est très ému.)


FÉLIX DYOTTE

J'aurais vraiment facilement pu

brailler, je me suis retenu en

criss. Sacramant!

(L'enregistrement du quatuor se poursuit.)


FÉLIX DYOTTE

(Narrateur)

C'est principalement une

notion de "trip", je ne vois

même pas ça comme un

investissement, je vois ça comme

une vraiment bonne façon de

dépenser mon argent. Moi je

n'enregistre pas tout ici là

j'enregistre des cordes pis

j'enregistre des instruments

qui, je considère, peuvent

bénéficier d'une grosse pièce.

Je ne me paie pas une espèce de

luxe "glam" là ou est-ce que

j'irais enregistrer toutes mes

affaires dans un beau studio

pour le principe d'enregistrer

dans un studio. Mes voix je les

enregistre dans mon appartement.

Pis ce ne seront pas les voix

qui sonnent le mieux au monde

mais moi c'est un choix

esthétique que j'ai fait, pis la

qualité du micro ou la qualité

de l'enregistrement, à un moment

donné il ne faut pas que ça

bouffe sur les dispositions dans

lesquelles t'es pour exprimer ce

que t'as à exprimer.

(JÉRÔME MINIÈRE est aux studios Piccolo avec ses musiciens.)

JÉRÔME MINIÈRE

C'est notre troisième jour de

studio, on a donc justement loué

trois jours. C'est un temps

assez court pour faire un album,

en fait on ne fait pas tout

l'album mais disons le noyau, le

centre de l'album. Ceci dit,

moi, rien ne m'empêche, avec ce

noyau-là qu'on a enregistré, de

bricoler là-dedans ou de passer

deux mois à bricoler des sons.

C'est juste que, le plus

possible je vais essayer de

rester avec ce qu'on a là.

Pour moi l'avantage, là je ne

compare pas la qualité, mais si

on pense à la vieille méthode

admettons des Beatles, Abbey

Road, c'est un peu ça, il y

avait une grande pièce, des

espaces séparés, mais tout le

monde se voit, tout le monde est

ensemble, tout est là, OK on

veut changer de piano, on va sur

le piano à queue après on va sur

le piano droit, sur le "Wurli",

(Wurlitzer) on peut se promener.

C'était un peu ça que je

voulais, c'est-à-dire un vrai

atelier agréable pour cinq

personnes. Puis les choses que

j'imaginais qui pourraient se

passer, à mon avis, se sont

passées. Donc ça c'est le plus

chouette.


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

C'est extrêmement long pour

faire les chansons, placer tous

les micros, les jouer, ensuite

ce n'est pas fini, ensuite il

faut mixer l'album, il faut

placer pis ce n'est pas juste

régler le volume là, ce n'est

pas juste mettre...

"Ah, cette guitare-là je la

veux un peu plus forte que

l'autre." C'est beaucoup plus

que ça, c'est ajouter de la

réverbération, c'est ajouter

des filtres aussi, c'est jouer

avec le son pour essayer

d'avoir le meilleur impact

possible.

(FANNY BLOOM marche sur une rue. Elle se dirige vers le Studio Pierre Marchand)

[Début information à l'écran]

Fanny Bloom, auteure-compositrice-interprète; ex-membre—La Patère Rose

[Fin information à l'écran]


FANNY BLOOM

Ce soir on va finaliser les

derniers "cues" qu'on a avec les

chansons, donc, c'est-à-dire

l'équipe de Dare to Care, moi,

Étienne le réalisateur, mes

amis, mon chum, tout le monde...

qui ont mis leur grain de sel.

On a pris des notes, ça fait une

semaine qu'on est là-dessus à

peu près. Pis là ben c'est ça,

ça fait trois jours et trois

nuits qu'on est aussi sur les

"cues" qu'on veut changer,

améliorer et peaufiner et mettre

parfaits avant d'aller au

"mastering", qui est l'étape

finale.

(FANNY BLOOM entre au Studio Pierre Marchand.)


FANNY BLOOM

Mon objectif en ce moment

parce que je suis vraiment

là-dedans c'est juste de finir

le mix... pis de juste être

contente pis mon objectif c'est

de juste de n'avoir rien à

redire.

(FANNY BLOOM est dans la régie du studio. Avec le réalisateur et ses amis, elle écoute à plusieurs reprises un extrait d'une de ses chansons et discute avec les autres des différents arrangements.)


FANNY BLOOM

(Narratrice)

Moi j'avais vraiment peur

aussi parce qu'au début j'étais

comme: "Hé, là là, ce n'est pas

vrai que je vais enlever ce

bout-là!" J'étais un peu fâchée,

t'sais là... Finalement je me

suis dit: "Ben, le but c'est

d'essayer d'intégrer ces

"cues-là" mais en étant en même

temps complètement satisfaite

des décisions qui ont été prises

pis, ça vraiment été du

décorticage d'équipe là je te

dirais. Tout le monde a mis son

petit grain de sel pis tout le

monde a fait en sorte qu'on est

arrivés au résultat pis,

finalement les radios ont

vraiment bien embarqué. Preuve

que le travail d'équipe là ça

paye.

(Début intertitre)

(Au-delà de la musique)

(Fin intertitre)


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Si ta pochette est laide, parce

que quand même l'image a une

force assez puissante dans notre

société en ce moment, si tu

rates ton coup ben c'est sûr que

déjà tu perds des gens, déjà tu

perds un impact possible.

Après il y a des excellents

disques dont on trouve que les

pochettes sont hyper laides

mais, souvent ce sont des gens

qui ont vraiment un bon disque

parce qu'il faut que ça passe

par-dessus le premier frein

superficiel, qui est quand même

assez important.

(STEFIE shock est avec SIMON DUPUIS. Devant un ordinateur, ils travaillent sur la pochette de l'album de STEFIE SHOCK.)

[Début information à l'écran]

Simon Dupuis, graphiste— Betty Bonifassi, Éric Goulet

[Fin information à l'écran]


STEFIE SHOCK

On s'est parlé beaucoup pis

Simon m'envoyait des références.

Moi je lui parlais un peu de

l'album pis des choses que

j'avais en tête. Et puis en

premier on avait un concept très

coloré, qui, finalement a été

éliminé au profit d'un concept

sans aucune couleur. Simon me

montre quelque chose, ça me

rappelle un film ou ça me

rappelle un livre, n'importe

quoi, ça donne ma plus belle

pochette à date.


SIMON DUPUIS

Il y en a qui veulent vraiment

avoir plein d'options

différentes pis choisir, il y en

a d'autres qui me laissent un

peu plus aller pis... il y en a

d'autres où est-ce qu'on

construit vraiment quelque chose

à deux ou en groupe si on veut.

T'sais c'est tout le temps une

collaboration, je veux dire,

regarde, le photographe est très

important là-dedans, l'artiste

évidemment. Moi j'ai mon mot à

dire mais souvent ce n'est pas

ma décision, ce n'est pas mon

oeuvre entière.

(AUDREY CANUEL est dans un restaurant avec FANNY BLOOM.)

[Début information à l'écran]

Audrey Canuel, gérante d'artiste— Dare To Care Records et Grosse Boîte

[Fin information à l'écran]


AUDREY CANUEL

Vu que Fanny sort dans deux

semaines, toutes nos énergies

sont sur elle. Avec la promo on

a organisé toute la journée

d'aujourd'hui qui est toute la

journée promo pis toutes les

entrevues qu'on va avoir en

amont du lancement mais aussi

tous les médias qui vont être

présents au lancement, donc tout

le bureau promo s'occupe de ça

en ce moment.

Aussi, il faut faire tout ce

qui est photos promo, aussi,

pis ça c'est en lien direct

avec le visuel que Fanny veut

pour son album, donc on s'est

assis avec la graphiste

pour voir justement ces photos

promo là comment on les

inscrivait dans le visuel de

Pan.

(FANNY BLOOM se fait photographier pour la couverture de son album.)


AUDREY CANUEL

Les lancements d'albums c'est

tellement important, puis à

toutes les fois on se demande

sous quelle formule on va

présenter ça, est-ce que c'est

un concert complet payant? Il y

a vraiment plusieurs formules

qu'on peut utiliser. Mais oui

c'est une soirée qui est

cruciale. Parce que c'est le

premier contact qu'on a entre la

musique puis les auditeurs de

façon "live".


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

On sait ce qui va sortir pas mal

quatre, cinq mois

à l'avance ou, en tout

cas, les gros trucs là, il y a

des trucs, évidemment, qui vont

s'insérer, un peu imprévus,

selon certaines opportunités

dans les agendas de sorties,

"OK, bon, on le sort là!" Mais

en général il y a des trucs qui

seront très prévus mais il y a

des gens aussi qui disent: "Bon

ben, je ne veux pas créer

d'attentes, je veux que ça soit

très intuitif comme réception."

Ça peut être bien, ça peut être

difficile, ne serait-ce que par

l'implacable loi de l'espace

dans les médias ou... si je sors

un album mais que toutes les

pages sont déjà prévues, sont

bouclées, toutes les minutes

d'antenne, les reportages sont

prévus puis... "Oh, ben

excuse-moi mais t'aurais

peut-être dû nous le dire avant

parce qu'on ne pourra pas en

parler ou alors on en parlera

plus tard ou alors on va

vraiment faire un mini truc..."

Ça c'est aussi un risque à

prendre quand on ne prévoit pas

ses sorties d'albums.

(STEFIE SHOCK est dans une salle de spectacle pour le lancement de son album. Des techniciens commencent à installer les instruments sur la scène. STEFIE SHOCK est en compagnie de MATHIEU DANDURAND)


STEFIE SHOCK

(Blaguant)

Ce soir c'est la fondue,

c'est... oui, c'est une soirée

de fondue.

Ça vient vraiment mettre un

terme à tout le processus de

création d'album pis de la

fabrication du disque pis la...

Et là, on célèbre ça.

Je l'ai fait écouter à des gens

en direct, je l'ai écouté aussi

dans deux super systèmes de

son, pour être vraiment

impressionné là par le son,

pis...


MATHIEU DANDURAND

Ah oui? Ça se défendait bien

dans le Hi-Fi?


STEFIE SHOCK

Ah oui, ah oui, tout est bien

équilibré.


MATHIEU DANDURAND

(Blaguant)

Ça ne "distortionnait" pas

trop?


STEFIE SHOCK

Juste comme il faut. Juste à

mon goût.


MATHIEU DANDURAND

Juste à ton goût. Ça

"distortionnait" juste correct.


STEFIE SHOCK

Oui. Ça "distortionne" comme

j'aime.


MATHIEU DANDURAND

Moi, il y a peut-être deux,

trois affaires qu'à la fin je me

suis dit, je me suis fait

surprendre, j'ai fait: "OK, ça

l'aurait pu aller là, ça

l'aurait pu aller là..." Pis là,

il fallait "closer" alors que

tout le temps du procédé on

avait quand même du temps pour

penser à notre affaire.


STEFIE SHOCK

Oui, ben moi je ne les

referais pas, seulement il y a

toujours deux, trois affaires

qui... c'est plus des volumes:

"Ah, la voix aurait dû être un

peu plus forte ici..." Mais on

ne peut pas toujours s'attarder

à des détails comme ça parce

que sinon on ne les sortirait

jamais les disques.

(Plus tard, STEFIE SHOCK et ses musiciens s'encouragent et montent sur scène. STEFIE SHOCK chante une de ses chansons.)


STEFIE SHOCK

♪Alors que je sentais tes yeux

sur ma personne

Je me suis mis à marcher mal

J'ai senti une chaleur au front

J'ai regardé n'importe quoi

sans aucun naturel♪♪

(À la fin du spectacle, STEFIE SHOCK est dans sa loge.)


STEFIE SHOCK

J'ai essayé de garder le

meilleur puis éliminer ce qui

n'était pas prêt. À un moment

donné, frappe les roches, le feu

prend là, tant que le feu ne

prend pas ça sert à rien. Fait

que ce sont des chansons issues

du feu que... une étincelle qui

a comme jailli, sans quoi les

chansons sont toujours dans le

tiroir.

(Fin émission)

(Générique de fermeture)

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