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Arrière-scène

Arrière-Scène vous invite à rencontrer ceux qui travaillent dans les coulisses : compositeurs de musique de films, directeurs de tournée, programmateurs, disquaires, réalisateurs, musiciens de bar.

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La programmation musicale

Partout où il y a de la musique, il y a quelqu’un qui a décidé ce qu’on allait entendre. La programmation musicale est un art. Les programmateurs jouent un rôle primordial dans l’évolution des tendances et des ventes musicales. C’est grâce à l’audace de ces derniers que la musique évolue.



Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Arrière-Scène part à la rencontre des artisans qui fabriquent de leurs mains notre paysage musical. On y découvre les coulisses de l'industrie musicale en rencontrant ceux qui y travaillent : musiciens de studio, compositeurs, metteurs en scène, producteurs, disquaires, programmateurs et plusieurs autres.

L'émission «Arrière Scène» est ponctuée d'entrevues de journalistes en studio et d'autres intervenants du milieu qui viennent apporter leur expertise et leurs commentaires.

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Arrière-scène— La programmation musicale

[Fin information à l'écran]

LAURENT SAULNIER marche dans une rue piétonne, en plein cœur des Francofolies de Montréal.

[Début information à l'écran]

Laurent Saulnier, vice-président- programmation et production— L'Équipe Spectra; directeur de la programmation— Francofolies de Montréal, Festival International de Jazz de Montréal, Montréal en lumière

[Fin information à l'écran]


LAURENT SAULNIER

On fait, grosso modo, mettons

300 shows pendant les Francos.

Donc, on a la "liberté" de

programmer toutes sortes

d'affaires. Mais on est là aussi

pour être rassembleurs. C'est

important d'avoir du monde sur

le site, c'est important pour

l'artiste, c'est important pour

le public de voir aussi les gens

qu'il aime.

[Début information à l'écran]

T'Cha Dunlevy, journaliste culturel— Montreal Gazette

[Fin information à l'écran]


T'CHA DUNLEVY

(En studio)

Les programmateurs sont très

importants dans le monde de la

musique et même, ils touchent un

peu partout comme à plein de

différents domaines dans

l'industrie de la musique, des

festivals. Les programmateurs

qui font les émissions de télé

ou pour la radio, etc., etc.,

c'est tout plein de différents

lieux où la musique est choisie

pour nous.

[Début information à l'écran]

Stanley Péan, journaliste, animateur radio— ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


STANLEY PÉAN

(En studio)

Le programmateur c'est pour moi

quelqu'un d'essentiel et

quelqu'un de curieux. Quelqu'un

qui est assis sur ses lauriers

puis qui se contente de toujours

faire tourner les mêmes noms,

puis s'assurer que les salles

soient pleines, ce n'est pas

tout à fait ça qu'on attend d'un

programmateur. Il faut qu'il ait

un rapport de confiance aussi

avec le public, que le public

dise: "S'ils ont programmé ça

que je ne connais pas et qu'ils

me garantissent que je vais y

trouver mon compte..." Il faut

qu'il ressorte de là ayant

trouvé son compte.

Plus un programmateur, me

semble, a l'oreille pour la

bonne musique, l'intérêt de

voir émerger les nouvelles

musiques, plus il est

intéressant.

[Début information à l'écran]

Philippe Papineau, journaliste— Le Devoir; animateur radio—CIBL

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

La programmation c'est un art

assez difficile parce que plus

il y a d'offres musicales, plus

c'est difficile de faire des

choix, puis en même temps les

publics sont un peu friables,

sont volatiles aussi alors,

comment on définit sa

programmation, sous quels

critères, avec quels types de

sons, avec quels types

d'artistes, dans un but qui est

artistique, dans un but qui est

économique?

Chaque entité va avoir sa façon

de la voir cette

programmation-là mais quand

même, dans chacune de ces

sphères-là il va y avoir un

travail de tri et ça, c'est

essentiel.

(Début intertitre)

(Bâtir une programmation)

(Fin intertitre)

(LAURENT SAULNIER est aux Francofolies de Montréal.)


LAURENT SAULNIER

Il faut que j'aille voir un bout

du show d'Émilie Simon.

Idéalement un bout de Peter

Peter, mais je pense que ça je

n'y arriverai pas. Dans un monde

idéal, j'aimerais ça aller voir

un bout du show des Lost Bayou

Ramblers, mais il y a comme trop

d'affaires en même temps.

On fait ce job-là à l'année

longue. Il n'y a pas un moment

précis où on se dit: "Bon! Là on

commence." On est tout le temps

là-dedans. Parce qu'on sait que

certains groupes, certains

artistes vont avoir des nouveaux

disques. Il y a du monde déjà

qui me disent, plutôt que de me

parler de nouveaux disques, ils

me disent déjà: "Hé, j'ai pensé

à une affaire qu'on pourrait

peut-être faire l'année

prochaine."

Je vais dans d'autres festivals,

je vais dans des congrès, des

conventions, etc., etc., puis je

vois le plus de groupes possible

et je parle au plus de monde

possible. On est dans l'humain

et dans le relationnel.

[Début information à l'écran]

Monique Giroux, productrice et animatrice radio— ICI Musique

[Fin information à l'écran]


MONIQUE GIROUX

(En studio)

Les programmateurs de festivals

vont aussi tenir compte de leur

clientèle, de leur région et

aussi, il faut le dire, ça

repose beaucoup sur l'humanité,

en fait. Ça repose beaucoup sur

les amitiés, sur les pots qu'on

partage, sur les verres qu'on

boit, sur les histoires qu'on se

raconte, sur le vécu qu'on a en

commun, on finit par développer,

affiner nos goûts et avoir envie

de les partager non seulement

avec ceux qui sont susceptibles

de la consommer.

[Début information à l'écran]

Yann Perreau, auteur-compositeur-interprète

[Fin information à l'écran]


YANN PERREAU

(En studio)

Ce n'est pas aussi facile que

les gens peuvent le penser.

C'est pour ça que le milieu de

la diffusion, de la

programmation, moi, à mon point

de vue c'est le nerf de la

guerre, parce que, tu peux ne

pas jouer à la radio mais tu

peux être programmé pareil, pis

c'est un peu mon cas, je ne suis

pas un gars qui joue beaucoup

dans les radios, mais les

festivals, les diffuseurs me...

et puis je touche du bois... oh

c'était du plastic. Je touche

du bois, je veux dire, je suis

programmé, ça va, ça court.

Puis c'est là aussi qu'on trouve

notre... moi, mon plaisir c'est

beaucoup là, dans les shows, les

festivals.

[Début information à l'écran]

Olivier Robillard-Laveaux, journaliste et critique musical— Voir, Musique Plus, ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


OLIVIER ROBILLARD-LAVEAUX

(En studio)

Le but du programmateur d'une

radio commerciale par exemple,

son seul but, c'est de s'assurer

qu'au prochain spot

publicitaire, il y a le maximum

d'auditeurs possible parce que

la radio fait ses profits en

vendant ses spots publicitaires

en disant: "Bon, il va y avoir

100 000 personnes qui vont

l'écouter" par exemple, "je le

vends tant." Donc, il met des

chansons, qui oui, sonnent un

peu toutes pareil, qui, pour

être sûr que ça ne dérange pas,

qu'il n'y a rien qui ressort.

La batterie n'est pas trop

forte, les guitares, le

solo n'est pas trop long, le

refrain arrive vite dans la

chanson, donc oui il y a une

recette qui se crée parce qu'on

veut garder les gens à l'écoute

du poste de radio.

(GENEVIÈVE MOREAU est dans les locaux de Bell Média.)

[Début information à l'écran]

Stations de Bell Média : CHOM 97.7, CHAD 800 AM, NRJ, Rouge FM, TSN Radio, Virgin Radio, Boom,

[Fin information à l'écran]


GENEVIÈVE MOREAU

Ici, dans le fond, on a accès

aux six stations de radio de

Bell Média, que ce soit

anglophone ou francophone.

L'univers franco et l'univers

anglo qui se croisent aussi,

c'est vraiment intéressant,

c'est le fun d'apprendre un peu

comment les autres fonctionnent

aussi. Il y a beaucoup de

produits francophones et

anglophones qui sortent à chaque

semaine, mais on n'écoute pas

tout en comité parce que sinon

on va passer dix heures en

comité...

[Début information à l'écran]

Geneviève Moreau, directrice musicale—NRJ

[Fin information à l'écran]


GENEVIÈVE MOREAU

Donc on fait une présélection

des choses qui ont un son NRJ,

ou des artistes qui ont un

historique, puis on regarde

s'il y a des rotations dans le

marché ou dans nos marchés du

Québec. Puis après ça, quand on

fait une sélection, mettons, je

dis un chiffre, sur 40 produits

écoutés, il y en a peut-être

dix qui vont se rendre en

comité.

(Début intertitre)

(Choisir la musique de demain)

(Fin intertitre)

(MATHIEU BEAUREGARD est avec GENEVIÈVE MOREAU dans les locaux de NRJ.)

[Début information à l'écran]

Mathieu Beauregard, programmateur musical— NRJ

[Fin information à l'écran]


MATHIEU BEAUREGARD

Effectivement, des fois il y a

des chansons dont on est

certains, ou on pense que

l'artiste va exploser, puis on

se dit qu'il a vraiment du

potentiel, mais ça n'arrive

jamais.

C'est plate pour lui et

c'est plate pour nous parce que

nous on avait vraiment confiance

en lui. Mais des fois c'est le

bon moment, la bonne place,

dépendamment des courants

musicaux. Il y a un million de

personnes qui écoutent la

station, c'est pour eux, on ne

se prend pas pour d'autres qui

connaissent la musique...

Non, ce n'est vraiment pas ça

là, ça fait plusieurs années

qu'on s'occupe de la station,

on connaît nos auditeurs, on

sait qui on veut aller chercher

de plus, de différent, donc,

c'est là-dessus qu'on juge sa

"toune" et non pas sur nos

goûts, dans le fond.


GENEVIÈVE MOREAU

Il n'y a pas de chicane entre

les diffuseurs, que ce soit

comme des radios communautaires,

des radios étudiantes, mais nous

on est une radio commerciale,

fait qu'au bout de la ligne

quand même on a une réalité qui

est de... il y a des revenus

quand même au bout de la ligne.

Ça fait que c'est sûr qu'on est

peut-être parfois moins osés

dans les choix qui se font.

[Début information à l'écran]

Émilie Côté, journaliste culturelle— La Presse

[Fin information à l'écran]

ÉMILIE CÔTÉ

(En studio)

Les choses sont quand même en

train de changer au Québec; il y

a CHOM avec Picard, le nouveau

directeur musical. Il faut se

rappeler que lui, il a fait les

belles années de Buzz. Ils n'ont

pas été précurseurs du son, ils

ont été à la remorque, ils se

sont dit: "Mon dieu, il se passe

quelque chose à Montréal, nous

on est traditionnellement une

station rock, je veux dire, il y

a plein de musique ici qui se

fait, notre auditoire est un peu

vieillissant...

À un moment donné "Stairway to

heaven" de Led Zepplin, ça

suffit!" Ils ont donné carte

blanche à des animateurs, Jay

Walker par exemple, et il y a

aussi Randy Renaud.

[Début information à l'écran]

Philippe Renaud, journaliste culturel— Musique Plus, ICI Radio-Canada, RFI Musique

[Fin information à l'écran]


PHILIPPE RENAUD

(En studio)

Alors CHOM remonte dans les

sondages parce qu'ils ont un

nouveau directeur musical

là-dessus, et c'est vrai que

l'identité sonore de CHOM a

changé; on ne fait plus juste

entendre du CCR pis du April

Wine. Tu vas entendre du Arcade

Fire... Alors, ce n'est pas de

la grande audace.

Ils n'ont pas inventé un

nouveau style musical. Il y a

juste un programmateur musical

qui a dit que "la personne qui

fait jouer le bon rock, ici, la

relève, on est capable de faire

jouer ça en même temps que de

sortir une vieille "toune"

d'Alice in Chains, let's go on

le fait!" Et ça marche.

(JAY WALKER est devant son ordinateur.)

[Début information à l'écran]

Jay Walker, animateur radio— Montreal Rocks, CHOM 97.7

[Fin information à l'écran]


JAY WALKER

Avec Montreal Rock, le but a

vraiment été de découvrir des

bands. Quand j'ai commencé à

faire ce show-là, je me suis

assis ici chaque jour, pour

regarder chaque nouvelle, puis

lire chaque histoire, puis

écouter à peu près chaque

affaire.

C'était vraiment une maladie

mentale peut-être, mais je

voulais m'assurer qu'on offrait

le meilleur produit.

Des fois on trouve des bands,

puis il n'y a même pas de bio,

il n'y a pas de label, il n'y a

rien. C'est vraiment la

recherche totale. Facebook a

été très utile pour moi. Je peux aller

sur Facebook pour consulter

la page de Uncle Bad Touch,

par exemple. C'est un groupe

montréalais et on peut voir

ce qu'ils ont aimé sur leur page.

Ça me permet de découvrir

les groupes qu'ils aiment.

Ty Segall est un artiste

exceptionnel, qu'est-ce qui

lui plaît? On finit par se

perdre sur internet, mais

en réalité, c'était le but.

C'est en faisant ça que tu

commences à découvrir des bands.

Claude Rajotte faisait ça sans

avoir l'internet.

(Propos en anglais et en français)

Cudos to him.

Ça, c'est vraiment difficile à

faire, de programmer toutes ces

affaires-là tout seul. Mais

vraiment en ce moment c'est

qu'il faut que tu saches quel

band est en train de "blower

up", who's talking about what?

Tout se passe sur les médias

sociaux et on est "addicts". On

est toujours sur nos téléphones,

on est toujours en train

d'envoyer des liens: "Ah, as-tu

vu ça? As-tu vu ça? As-tu vu

ça?" Et là, à la fin on regarde

tout ça, puis on est comme:

"O.K., ça, ça, ça, ça, ça..." Ça

donne un show de deux heures de

temps.

(LAURENT SAULNIER est aux Francofolies de Montréal.)


LAURENT SAULNIER

La première priorité, quand je

programme, j'essaie de penser

aux festivaliers. Qu'est-ce que

ces gens-là auraient envie de

voir, pis comment on enrobe

cette affaire-là pour que ce

même public-là puisse faire des

découvertes aussi?

(LAURENT SAULNIER se rend au spectacle d'Émilie Simon.)


LAURENT SAULNIER

T'as beau faire la meilleure

programmation du monde, si tu

n'es pas capable de la vendre,

ça ne donne rien.

Parce que remplir les petites

cases, c'est super le fun, mais

après ça, il faut que tu

l'expliques. Il faut que tu

dises pourquoi telle personne

est là. Il faut que tu

présentes les nouveaux groupes.

Il faut que tes découvertes...

il faut que les gens sortent de

leur maison, lâchent leur TV et

viennent les voir en vrai.

C'est important que chaque

artiste trouve son public. Moi,

je ne suis pas le public de

tout le monde. C'est correct.

Ce n'est pas grave. Ce n'est

vraiment pas grave. Là où c'est

important, c'est de reconnaître

le talent de chacun.


T'CHA DUNLEVY

(En studio)

Tout le monde ne peut pas

écouter de la musique tout le

temps, sinon... on n'aurait pas

besoin de maisons de disque ou

de personne pour nous amener la

musique, tout le monde se la

trouveraient eux-mêmes.

Les gens ont besoin de

personnes pour programmer un

peu leur vie, alors les

programmateurs sont un

peu un lien pour choisir un peu

la musique, pour aider le monde

à trouver leur chemin un peu.


PHILIPPE PAPINEAU

(En studio)

Il ne faut pas le faire pour

soi-même. Cool! Moi j'ai fait

jouer 22 nouveautés, je suis

content, je l'ai fait parce que

toi, tu les connais les

nouvelles chansons, tu les fais

jouer.

Mais les gens, ce n'est pas

toi, les gens à qui tu parles

il faut que tu les accompagnes,

que tu les tiennes par la main.

À un moment donné, il faut

aussi aider les gens à

découvrir.

(MATHIEU BEAUREGARD et GENEVIÈVE MOREAU écoutent la chanson d'un nouvel artiste.)


MATHIEU BEAUREGARD

Peut-être montréalais... Ça,

c'est très dans le son actuel...


GENEVIÈVE MOREAU

Oui. Mon seul bémol, je trouve

ça bon, mais dans le même genre

on a The Franklin Electric un

peu... qui commence à lever, on

commence à avoir de la demande.

C'est un peu le même tempo, mais

j'irais comme... je la garderais

pour plus tard... Oui, oui, oui.


MATHIEU BEAUREGARD

Je veux dire, il perd sa chance,

oui, mais surtout parce que

c'est en anglais, puis en

anglais, on a la belle réalité

de jouer seulement 35% et ça on

s'entend que c'est vraiment

trois chansons sur dix en

anglais. Alors ce n'est vraiment

pas beaucoup. Donc, imagine que

tes trois chansons, tu mets

Franklin Electric et ça, bien je

pense qu'on se limite dans le

son. Ce serait mieux que les

trois aient un style musical

dans le monde du rock

évidemment, mais un style

musical un peu plus différent.

En français, on est plus ouverts

parce qu'il faut en jouer plus.

Ça, c'est sûr.

(Dans les studios de NRJ, TOBY BUREAU-HUOT anime son émission.)

(TOBY BUREAU-HUOT)

(Au micro)

Le premier extrait, c'est

certain qu'il ne passera pas

inaperçu. C'est certain que si

vous l'avez déjà entendu, vous

savez de quoi je parle, il

s'appelle "I want to get

better". C'est ce que je vous

envoie, tout comme des souvenirs

de Marcy Playground au retour il

y aura Milky Chance, une des

très, très grosses "tounes" de

l'été, Stolen Dance s'en vient,

mais tout d'abord flash info

NRJ, Étienne Félix est là.

(GENEVIÈVE HUOT est avec TOBY BUREAU-HUOT dans le studio.)


GENEVIÈVE MOREAU

Toby, à un moment donné, a dit:

"Regarde, j'ai plein de messages

textes, j'ai plein, plein, plein

de demandes" fait que dans ce

temps-là, il nous passe la

"puck" aussi, alors on prend une

décision, on embarque une

chanson, mais après ça

eux autres nous disent: "Regarde

j'ai plein plein, plein, plein,

plein de réactions", ce qui fait

qu'on va ouvrir la diffusion.

Parce que maintenant, avec les

messages textes, c'est

instantané.


TOBY BUREAU-HUOT

Quelqu'un dit: "Jouez Toune

d'Automne des Cowboys

Fringants". Il y a quelqu'un qui

m'a juste dit: "Toby merci pour

Toune d'Automne." La discussion

avec l'auditeur se passe

beaucoup sur le "61212" qui est

notre numéro de texto, beaucoup,

beaucoup, plus que jamais.

N'importe quel artiste qui a

commencé par ne pas jouer à la

radio pour ensuite y jouer ou

l'inverse, qui était à la radio

et qui n'y joue plus, ne pourra

jamais nier l'influence que ça a

sur les ventes de disques, de

concerts ou quoi que ce soit.

C'est vraiment une collaboration

parce qu'on a besoin de la

musique des artistes, ils ont

besoin de la vitrine qu'on peut

leur donner. Ultimement,

cependant, même si on leur donne

une vitrine mais que l'auditoire

décide que lui, n'est pas au

rendez-vous, il n'y a rien qu'on

puisse faire, ce n'est pas du

"brainwashing" qu'on fait.

(Début intertitre)

(L'impact de la programmation)

(Fin intertitre)

(Jay Walker est dans sa voiture.)


JAY WALKER

(Propos en anglais et en français)

Pour "stay true to a band",

c'est vraiment il faut que tu le

sentes, il faut que tu "believe

in the band", puis la musique,

tu commences à connaître ça. Tu

n'as pas besoin d'écouter une

chanson au complet pour savoir

si c'est un hit.

Nous, on a la chance d'écouter

plusieurs fois, pas comme la

personne qui va l'écouter la

première fois, fait que des

fois on va dire même: "Ça,

c'est un peu différent de ce

que tu as entendu d'eux autres

avant, mais tu vas aimer ça à

un moment donné."

Puis c'est une façon de rejouer

cette "toune-là" plusieurs

semaines une après l'autre, une

après l'autre, une après

l'autre. C'est parce que nous

autres on est un... tu sais

Montreal Rocks, c'est une fois

par semaine, c'est le dimanche.

Pour convaincre notre

"audience", il faut qu'on fasse

ça par semaine. À la base c'est

support, support, support,

support, support, parce que, ce

n'est pas que la radio va faire

leur carrière pour ces artistes,

mais c'est un beau début, c'est

une introduction.


MONIQUE GIROUX

(En studio)

Il faut mettre les artistes dans

un contexte, il faut savoir les

présenter. Ce n'est pas tout de

programmer des chansons, les

unes derrière les autres, 24

heures par jour, ce n'est guère

mieux, ça ne sert pas plus.

Il faut mettre en contexte, il

faut favoriser, il faut

proposer un écrin. Et je pense

que pour bien présenter, il

faut connaître la personne, il

faut connaître l'artiste.

(PÉNÉLOPE MCQUADE est seule sur le plateau de son émission.)

[Début information à l'écran]

Pénélope McQuade, animatrice télé— ICI Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


PÉNÉLOPE MCQUADE

On s'est rendu compte, au fur et

à mesure des émissions des

années passées, en fait, que

quand c'était personnalisé,

quand je présentais des gens

comme un coup de coeur ou comme,

si je prends Joseph de Forêt par

exemple, Joseph c'est aussi lui

qui a fait la musique pour 30

vies, c'est aussi lui qui a fait

les arrangements pour Trauma,

deux séries de Fabienne

Larouche, alors que c'est comme

une façon de le présenter: "Vous

connaissez sa musique, mais là

je vais vous présenter autre

chose."

C'est comme dire aux

téléspectateurs: "Là, je prends

ton attention deux secondes en

te disant que moi, je l'aime

beaucoup, en te disant qu'on a

"trippé" dans l'équipe à le

découvrir." Ou en disant: "Je

suis allée dans un festival de

musique il y a trois semaines,

je ne les connaissais pas, je

viens de les découvrir." Comme

ça là, tout d'un coup, ça saisit

puis ça rend juste plus curieux.

Je pense qu'il y a beaucoup de

façons de présenter les choses,

c'est comme un "sweetener", si

tu veux.

(S'ensuit une série d'extraits de l'émission de PÉNÉLOPE MCQUADE, où elle présente différents artistes.)


PÉNÉLOPE MCQUADE

On se laisse avec un autre de

mes coups de coeur. Voici Salomé

Leclerc.


PÉNÉLOPE MCQUADE

Ils nous font l'excellente

Full Circle, voici Half Moon

Run.


PÉNÉLOPE MCQUADE

J'ai choisi la pièce "This is

how I let you down" du groupe

The Franklin Electric.

(Le montage se termine. PÉNÉLOPE MCQUADE est à nouveau seule sur le plateau de son émission.)


PÉNÉLOPE MCQUADE

On a vraiment un mandat d'être

grand public mais le mandat de

Radio-Canada, c'est aussi

d'aiguiser la curiosité, de

nourrir autre chose que juste du

divertissement ou juste en

terrain connu, nous on fait

beaucoup de choses ici qui sont

hors des sentiers battus, on

aime surprendre, on aime brasser

fait que ça, ça va là-dedans.

Mais sur quatre prestations par

semaine, il y en a une ou deux

qui sont champ gauche sur quatre

peut-être, puis ça dépend aussi,

les deux, trois premières semaines on va

mettre des gros noms que tout le

monde connaît.

Les deux dernières semaines de

la saison aussi parce que ce

sont des grosses semaines de

cotes d'écoute aussi, on va

mettre du gros monde mais

sinon, pendant les 18-19 autres

semaines, on se permet d'aller

pas mal loin et les chiffres

prouvent, quand on regarde le

minute à minute du show, je

pense que c'est arrivé une fois

en quatre ans que les

téléspectateurs ont massivement

changé de poste ou fermé la télé

à cause d'un groupe qui n'était

pas connu, puis on en a passé du

monde pas connu. Fait que c'est

prouvé que ce n'est pas un

"tune-out factor", ce n'est pas

un facteur de décrochage si les

gens ne connaissent pas la

musique.


STANLEY PÉAN

(En studio)

On éduque le public. Un

programmateur a cette

responsabilité d'éduquer le

public, de dire: "Regardez, je

vous dis venez entendre ça,

cette musique est importante."

En autant qu'on le fasse encore

pour le bien de la musique, ce

n'est pas seulement de dire: "On

va "booker" une vedette pis la

place va être pleine." Avant

d'être une vedette, il a fallu

que ces musiciens-là, ces

chanteurs, aient quelque chose à

offrir, quelque chose qui soit

distinctif, quelque chose qui

nous fasse entendre la musique

et le monde de manière

différente.

(Début intertitre)

(Prendre des risques)

(Fin intertitre)


YANN PERREAU

(En studio)

Si t'as une profondeur, si t'as

vraiment de quoi à dire, si t'as

une "groove", t'es capable de

défendre une oeuvre, aussi jeune

et petite soit-elle, je pense

que c'est là que les gens vont

être sensibles, ils vont dire:

"OK, ce n'est peut-être pas

encore prêt, mais je vais le

programmer parce que j'y crois,

puis je pense que ça, ça va être

peut-être le "step" qui va

l'amener au prochain, au

prochain, au prochain. Donc, moi

c'est de cette façon-là que...

que ça commencé.


PHILIPPE RENAUD

(En studio)

Je pense qu'il faut prendre des

risques. Il faut trouver

l'équilibre entre être capable

de donner des trucs qui vont

satisfaire le monde, qui vont

remplir ta grande place quand ça

va être le temps...

Des artistes qui sont assez

rassembleurs, fédérateurs. Mais

il faut aussi prendre des

risques. Parce que si tu

découvres un artiste, même s'il

n'a pas joué devant des

centaines de milliers de

personnes, si toi en tant que

programmateur t'as le "gut

feeling" que ça, ça va être une

star à un moment donné, puis

qu'elle a 17 ans pis elle

s'appelle Amy Whinehouse, puis

tu la places à six heures dans

un Club Soda à moitié plein,

puis que tu te dis: "Bien

câline, elle quand elle va

revenir dans deux ans, puis que

ça va avoir "breaké" je vais

pouvoir l'avoir moi." Donc,

prendre le risque, c'est de

t'assurer une partie de ton

renouvellement.

(LAURENT SAULNIER est aux Francofolies de Montréal)


LAURENT SAULNIER

En 2004, il y avait un jeune

chanteur qui est arrivé, qu'on

avait vu au Festival de la

Chanson à Granby, que personne

ne connaissait, ou à peu près,

qui faisait de la chanson.

Puis même s'il faisait de la

chanson assez traditionnelle,

la façon dont lui la faisait,

ça nous amenait ailleurs. Puis

ce gars-là s'appelle Pierre

Lapointe. Puis, il n'y a

personne à ce moment-là qui

savait que Pierre était pour

devenir ce qu'il est devenu

maintenant. Mais nous autres,

notre "challenge", c'était de

dire: "Ce gars-là, on détecte

quelque chose là-dedans, on ne

sait pas trop quoi, on ne sait

pas ce qui va arriver." Ça

aurait pu se planter royalement

ce projet-là, ça aurait pu.

Puis, heureusement il a eu une

accroche avec le public, il a eu

une accroche avec les médias, il

a eu une accroche avec un paquet

de monde parce qu'on n'est pas

tout seuls là-dedans. Ça prend

bien des maillons à la chaîne

pour que les affaires se

passent. Donc, on a vu, on a

constaté à ce moment-là qu'il se

passait quelque chose avec ce

gars-là, puis, on a décidé de le

suivre. Ce qui fait que Pierre a

fait souvent des créations

pendant les Francos.


YANN PERREAU

(En studio)

C'est sûr que... autant les

programmateurs de festivals que

les diffuseurs en salle sont des

alliés, ce sont des gens qui

vont t'aider à développer ta

carrière. Eux autres, si toi

éventuellement tu leur amènes

plein de monde, tu deviens un

allié parce qu'eux autres n'ont

pas intérêt à programmer juste

des inconnus ou des gens qui

vont merder un show. Ça reste

des artistes dans leur domaine

ou en tout cas, ce sont des

créateurs à leur façon. Ces

programmateurs-là, ces

diffuseurs-là créent une

programmation, ils créent un

programme pour des abonnés dans

leurs salles, mettons, à Matane

ou peu importe où... Liverpool

si on veut parler international.

Les gars sont là, j'arrive de

Coachella, le programmateur si

ça fonctionne, il se pète les

bretelles, même s'il n'a pas

chanté une note, c'est lui qui a

programmé Beck, Lana Del Rey,

Arcade Fire... Si ça pogne en

feu c'est un peu de sa faute,

c'est beaucoup de... Donc

ces gars-là, c'est sûr que...

ou ces femmes-là, on est des

collaborateurs, on est des...

oui on est affiliés.

(JAY WALKER est dans les studios de CHOM. Il anime son émission.)


JAY WALKER

(Propos traduits de l'anglais)

Bienvenue à

CHOM Montreal Rocks,

la nouvelle émission musicale

de CHOM, 120 minutes allant

de la meilleure musique

indépendante aux nouvelles

des dernières parutions,

et tout ce qui se trouve

entre les deux. Ce soir, on a

de la nouvelle musique de

Likke Li, qui fera, bien sûr, une

prestation cette année

au Festival de musique et arts

Osheaga. On vous présentera

aussi le groupe montréalais

The Trouble et Wolf Alice,

puis une nouvelle chanson

qui ne suit pas le style

de cette émission, mais

Grimes est une artiste

montréalaise, alors elle mérite

notre soutien, peu importe.

(MATHIEU GIBEAULT et MARC AFLALO accompagnent JAY WALKER dans le studio de radio.)

[Début information à l'écran]

Mathieu Gibeault, collaborateur— Montreal Rocks, CHOM 97.7

[Fin information à l'écran]


MATHIEU GIBEAULT

Ç'a commencé à un moment donné

il y avait une "toune" d'Arcade

Fire dans la rotation, mais là

t'avais toujours la même

chanson. Mais là maintenant si

t'écoutes ça, des fois tu vas

tomber sur une "toune" de "We

are Wolves", tu vas être comme:

"Ah! Ça n'a pas de..." On dirait

que ça n'a pas de rapport

mais...


JAY WALKER

(Propos en anglais et en français)

Ou Courtney Barnett, c'est comme

wow, "solid names"...


MATHIEU GIBEAULT

Oui, "Solid", Half Moon Run, ce

sont des bands qu'il y a deux

ans, il n'y avait pas de place à

ça, puis là maintenant,

tranquillement pas vite, la

révolution se fait.

[Début information à l'écran]

Marc Aflalo, réalisateur— Montreal Rocks, CHOM 97.7

[Fin information à l'écran]


MARCO AFLALO

C'est difficile parce que le

marché à Montréal fait un

"focus" sur les gros bands.

Vraiment, on n'entend pas les

nouveaux bands qui sont...

(propos en anglais)

"up-and-comers". Ce sont des

hits, des hits, des hits, des

hits, des hits, ça marche, ça

marche, ça marche, mais où est

l'atout pour les artistes qui

habitent ici à Montréal?

On veut vraiment donner une

voix aux artistes de Montréal

sur CHOM.


JAY WALKER

Ça fait quatre ans et demi qu'on

fait ce show-là, puis on n'a pas

eu de mauvais commentaires. Les

gens aiment ça le "new music".

Mais c'est sûr qu'on aimerait

plus d'espace. C'est sûr qu'on

aimerait faire un show chaque

soir, parce qu'on a assez de

matériel pour faire ça. En ce

moment ça reste ou ça reste

parce que ça reste là.

(LAURENT SAULNIER est aux Francofolies de Montréal)


LAURENT SAULNIER

Moi je fais ça pour le monde, je

ne fais pas ça pour moi. Si je

le faisais pour moi le festival

durerait 24 heures, puis ça

finirait là, puis on s'en irait

tous chez nous.

J'aime l'idée que le monde, les

festivaliers "trippent". Ma job

c'est ça, moi: faire en sorte

que les festivaliers

"trippent".

Ça nous prend onze mois et demi

grosso modo pour faire dix

jours d'événements. Puis, je

tiens fermement à profiter de

chacune de ces journées-là.

C'est un esprit. C'est

l'adrénaline.

L'adrénaline, dans le tapis.

Le défi pour nous autres,

c'est de trouver c'est qui les

prochains Karkwa, c'est qui les

prochains Pierre Lapointe, c'est

qui les prochains Koriass? C'est

ça le plaisir de cette

affaire-là, de regarder ce

monde-là évoluer, grandir.

(Fin émission)

(Générique de fermeture)

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