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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Alex Munter : Président du CHEO

Alex Munter a fondé avec succès le Kanata Kourier, un journal communautaire, à l’âge de… 14 ans. À 23 ans, il est élu pour la première fois au conseil municipal d’Ottawa. Son leadership s’est rapidement affirmé, notamment en matière d’amélioration des services communautaires et des services de santé.
Il est aujourd’hui PDG du Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario.



Réalisateurs: Alexandra Levert, Simon Madore
Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Dans le cadre de l'émission Carte de visite, la journaliste LINDA GODIN rencontre ALEX MUNTER, le président-directeur général du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, ou CHEO. L'entrevue se déroule dans le bureau d'ALEX MUNTER et elle est précédée de photographies du parcours professionnel de M. MUNTER ainsi que d'images du CHEO.


LINDA GODIN (Narratrice)

En

règle

générale, les gens qui entrent

au CHEO, le Centre hospitalier

pour enfants de l’est

de l’Ontario, n'y vont pas de

gaieté de coeur. Sauf peut-être

ceux qui y travaillent, comme la

personne que je vais rencontrer,

son PDG, Alex Munter.

Son "jeune" PDG, pourrait-on

dire, puisqu'il n'a que 46 ans.

Et il occupe ce poste

depuis trois ans déjà.

Mais ça fait partie du

parcours de vie d'Alex Munter,

c'est-à-dire d'être plus jeune

que les autres dans les postes

qu'il occupe.

Par exemple, à 14 ans,

il crée le Kanata Kourier,

un journal mensuel.

Quand il le vend, sept ans

plus tard, le journal est

hebdomadaire, emploie sept

personnes et est imprimé

à plus de 16 000 exemplaires.

Il poursuit sa carrière de

journaliste au Ottawa Citizen

pendant quelques années.

Il délaisse le journalisme

pour la politique et devient

conseiller municipal à 23 ans.

Il est d'ailleurs le premier

conseiller à s'afficher

ouvertement gai. En 2006, il se

présente à la mairie d'Ottawa

et arrive en deuxième place.

Depuis, il occupe des postes

de gestionnaire dans divers

organismes publics.

Alex Munter, bonjour.


[ALEX MUNTER:] Bonjour.
[LINDA GODIN:] Vous êtes né à

Montréal

et quand vous êtes déménagé

à Ottawa, vous ne parliez

pas français. Comment ça?


[ALEX MUNTER:] Bien ni français

ni anglais,

en effet, parce que, bien,

mon père est Allemand,

ma mère, elle a appris

l'allemand comme enfant.

Donc quand j'avais 4 ans,

mes parents ont décidé

d'aller en Allemagne

et j'ai fait la maternelle...

en Allemagne. Donc j'ai eu,

un peu, l'expérience immigrante

en revenant au Canada.

Même si j'étais né ici,

je suis arrivé d'un autre pays

et en ne parlant pas

ni l'anglais ni le français.

Donc j'ai fait

cette expérience-là

ça fait déjà 40 ans.


[LINDA GODIN:] Mais comment

c'était

à l'école, alors? Parce que

vous êtes entré à l'école

et vous ne parliez ni l'anglais

ni le français.


[ALEX MUNTER:] C'était

difficile. Et...

j'ose espérer qu'aujourd'hui,

avec beaucoup plus de familles

immigrantes et enfants issus

de l'immigration, que les

enseignants et les enseignantes

sont un peu plus sensibilisés

au besoin et à la nécessité

d'intégrer les nouveaux venus.

Mais à cette époque-là, c'était

Ottawa, il n'y en avait pas

beaucoup et l'expérience que

j'ai eue, ces premières années,

c'était, en effet, que...

des enseignantes frustrées

qui, dans une certaine mesure,

m'ont isolé. On a arrêté de

parler l'allemand chez nous.

Et mes parents m'ont obligé...

Ils m'ont lu et ils m'ont

obligé à faire de la lecture.

Et donc, au fil des ans,

j'ai rattrapé les autres.


[LINDA GODIN:] Oui. Il y a même

une

enseignante qui vous avait

traité de "stupide" je crois?


[ALEX MUNTER:] Oui, oui, oui. En

première

année, qui me disait que j'étais

stupide. En... Elle était

frustrée, hein, par ce garçon

qui comprenait pas et elle

me disait que j'étais stupide,

un mot que je n'ai pas reconnu.

Donc je suis allé chez nous

pour demander à ma mère:

"L'enseignante a dit que j'étais

stupide. Ça veut dire quoi?"

Et ma mère a dit: "Ça veut

dire que je dois parler

à ton enseignante."


[LINDA GODIN:] C'était une très

bonne réponse.


[ALEX MUNTER:] Oui.
[LINDA GODIN:] Donc vous avez

appris

l'anglais d'abord. Comment

le français et quand le français

est-il arrivé dans votre vie?


[ALEX MUNTER:] Il y avait

du français à l'école.

C'est une école anglaise,

mais il y avait des cours

de français. Mais...

En septième année, j'ai commencé

un programme d'immersion

tardive, puis ensuite,

l'école secondaire...

Et j'ai fait mon bac

à l'Université d'Ottawa surtout

en français. Ma mère, elle,

parle français. Elle parle cinq

langues. Donc elle était une

personne ressource pour moi,

avec mes devoirs, par exemple.

Mais on ne parlait pas

français ensemble.


[LINDA GODIN:] Mais pourquoi

avoir voulu

apprendre le français?

Parce que vous aviez déjà appris

l'anglais. Ça avait été un peu

laborieux, difficile à l'école.

Pourquoi avoir voulu apprendre,

dans le fond, pour vous,

une troisième langue?


[ALEX MUNTER:] Une langue, c'est

pas

seulement un moyen

de s'exprimer, c'est aussi

une façon de penser, hein.

Une langue, c'est une richesse.

Mes parents sont des immigrants

et comme beaucoup d'immigrants,

ils sont des "hyper Canadiens".

Ce sont des gens

qui ont choisi le Canada,

qui ont voulu venir ici.

Et pour eux, le bilinguisme,

c'est un aspect fondamental

du Canada. Donc, le français

est devenu naturellement

une priorité pour moi

et pour mes parents.

Et ma mère a été embauchée

pour enseigner le français

aux immigrants et mon père était

un des immigrants qui s'était

inscrit dans ce cours

de français. C'est là

où ils se sont rencontrés.


[LINDA GODIN:] Oui. Quand vous

aviez 14 ans,

vous avez décidé de vous lancer

en affaires, dans le fond,

et de créer votre propre

journal, le Kanata Kourier.

Pourquoi? Comment?


[ALEX MUNTER:] C'était un peu un

accident,

dans le sens que la chose qui

m'intéressait, c'était d'écrire.

Je me suis porté bénévole

au journal hebdomadaire

qui existait à cette époque-là.

Donc moi, je pensais que j'étais

en train d'aider. Un moment

donné, j'ai appelé pour

organiser ma prochaine visite

et la dame, de façon très

polie a suggéré que peut-être

qu'ils n'avaient pas

le temps de me

superviser et de me gérer.

"OK." Donc, j'ai enquêté

un peu comment... ça voulait

dire quoi commencer un journal

et avec l'appui de mes parents,

dans le sous-sol de notre

maison, j'ai mis en page

ce premier journal de huit

pages. J'ai obligé mon petit

frère à m'aider à le distribuer

dans le quartier et au fil

des ans, c'est devenu un journal

hebdomadaire. On avait

20 employés.

C'était une entreprise

avec beaucoup de succès.


[LINDA GODIN:] Et après ça, ça

vous a donné

le goût du journalisme? Parce

que vous avez été journaliste

au Ottawa Citizen, aussi--


[ALEX MUNTER:] Un peu, oui--
[LINDA GODIN:] Pendant une

courte période.

Pourquoi si court?


[ALEX MUNTER:] Oui, à peu

près un ans. Après avoir vendu

le journal à Kanata,

ça m'intéressait de continuer

à écrire. Le journalisme,

ça m'intéressait. Donc, je me

suis retrouvé au Citizen.

À cause du fait qu'un journal

communautaire, c'est vraiment

enraciné dans la communauté,

on connaît vraiment très, très

bien. Et après huit ans

dans la communauté,

dans ce rôle-là, je connaissais

quasiment tout ce qu'il y avait

à connaître...


[LINDA GODIN:] À Kanata.
[ALEX MUNTER:] À Kanata. Et je

me rappelle

très bien... En quittant le

journal, ce dernier jour-là,

en pensant: Il y a aucune

job au monde où toutes ces

connaissances de Kanata

sont utiles. Mais j'ai trouvé

la seule job où c'était

totalement utile et c'était

de représenter les gens

de Kanata au Conseil municipal.

Donc deux ans après avoir quitté

le journal, je me suis présenté

aux élections municipales

à Kanata et j'ai été élu.

Et ensuite, j'ai été là

pendant quatre mandats.

(L'entrevue se poursuit dans le laboratoire de l'hôpital, entrecoupée de scènes de chercheurs affairés à leurs recherches.)


[LINDA GODIN:] M. Munter, il se

fait beaucoup

de recherche, au CHEO.

C'est quelque chose qui vous

a d'ailleurs étonné quand vous

êtes arrivé ici. Qu'est-ce

qui se fait comme recherche?


[ALEX MUNTER:] Les gens

connaissent le CHEO

en terme des soins de qualité

qui sont offerts ici. Les gens

ne savent pas toujours que le

CHEO est l'hôpital numéro 3

au Canada en pédiatrie,

en termes de recherche.

En génétique, par exemple,

en cancer, cancérologie,

santé mentale, obésité,

les services d'urgence.

Il y a eu beaucoup de

développements, d'améliorations

dans la façon que les services

d'urgence sont offerts,

qui ont été développés ici.

Donc maintenant, il y a beaucoup

qui se passe ici.

C'est vraiment impressionnant.

(L'entrevue revient à l'intérieur, dans le bureau d'ALEX MUNTER.)


[LINDA GODIN:] M. Munter,

pourquoi vous

êtes-vous présenté

en politique à 23 ans,

comme conseiller municipal?


[ALEX MUNTER:] J'avais, en tant

que journaliste qui allait

chaque semaine à l'hôtel

de ville pour observer

le conseil municipal.

Après, un moment donné, on

commence à former des opinions.


[LINDA GODIN:] Hum-hum.
[ALEX MUNTER:] Je dois dire qu'à

ce moment-là, il y avait

beaucoup de mécontentement

envers le conseil municipal.

Je connaissais la communauté,

c'était "ma" communauté,

c'était là où j'avais grandi--


[LINDA GODIN:] Et elle, elle

vous

connaissait aussi.


[ALEX MUNTER:] Oui, mais c'était

une

communauté qui a toujours été,

jusqu'à ce moment-là, mais après

aussi, très... Une communauté

qui était très généreuse

envers moi, qui m'avait

appuyé beaucoup. Et...

j'ai beaucoup apprécié l'appui

de la communauté et donc, toute

ma vie, j'ai voulu faire

des choses qui ont un impact,

qui vont faire avancer les

choses, qui vont améliorer

les choses et à ce moment-là,

entrer en politique, c'était

un moyen d'avancer

cette ambition-là.


[LINDA GODIN:] Vous étiez jeune,

la première

fois que vous vous êtes fait

élire, vous aviez 23 ans. Est-ce

que ça, ça a été une embûche,

un peu? Comment réagissaient

les gens à votre jeunesse?


[ALEX MUNTER:] Jusqu'à date,

normalement,

je suis le plus jeune. Même

en arrivant ici, j'étais parmi

les plus jeunes directeurs

d'hôpitaux en Ontario. Donc...

L'expérience que j'ai eue

tout au fil de ma carrière,

c'est que les gens

qui me connaissaient

étaient pas vraiment surpris.

En quittant Kanata, allant à

des réunions des municipalités,

par exemple, où les gens

me connaissaient pas, bon, là,

il fallait établir une...

une crédibilité.


[LINDA GODIN:] Mais là, vous

avez quitté

la politique quelques années

plus tard. Pourquoi?


[ALEX MUNTER:] À ce moment-là,

ça faisait

quatre mandats. Des mandats,

à ce moment-là, de trois ans.

Donc 12 ans, quatre mandats.

J'étais satisfait du progrès

qu'on avait fait et je voulais

faire d'autres choses.

C'était un peu comme avoir vendu

le journal après huit ans.

Je l'ai bâti, j'ai fait,

je crois, une contribution.

Je peux laisser ça à d'autres

à évaluer. Et rendu à 12 ans

et quatre mandats,

je croyais que c'était

le temps d'apprendre

des nouvelles choses.

Et pour la municipalité

et pour la communauté, d'avoir

des nouvelles personnes

dans ces postes-là.


[LINDA GODIN:] Vous êtes allé

enseigner

à l'Université d'Ottawa

et vous êtes revenu en politique

vous présenter à la mairie.


[ALEX MUNTER:] Oui.
[LINDA GODIN:] Comme candidat à

la mairie

en 2006, donc trois ans après,

dans le fond, après avoir quitté

le Conseil municipal. Pourquoi,

à ce moment-là, avoir voulu

vous présenter comme maire?


[ALEX MUNTER:] Bien... je crois

que c'était le moment, hein.

Le pouls de la communauté,

à ce moment-là, c'était clair

qu'il y aurait du changement,

que les gens voulaient

du changement de leadership,

du renouvellement, beaucoup

de gens qui m'ont approché...

Et j'ai décidé que le moment

était propice pour moi

en termes de ma vie, où j'étais.

Pour moi, prendre le risque

d'essayer pour... Et j'avais

une très belle équipe,

beaucoup d'appui. C'était

une expérience formidable.


[LINDA GODIN:] Vous avez été

défait. Vous

êtes arrivé en deuxième place.


[ALEX MUNTER:] Oui.
[LINDA GODIN:] Vous qui aviez

connu

pas mal de réussites avant, pas

beaucoup d'échecs à ce que je

sache. Est-ce que ça, ça a été

difficile, pour vous, à digérer?


[ALEX MUNTER:] Bien oui et non.

J'ai toujours travaillé avec

des communautés, avec des gens

qui font face

à beaucoup de défis.

Donc, si la pire chose

qui m'arrive dans ma vie, c'est

que 110 000 personnes croyaient

que je devrais être maire

d'Ottawa, c'est quand même...

pas vraiment... Quand même...

Je suis une personne

très chanceuse.

Donc j'ai eu l'occasion,

je me suis exprimé,

je me suis présenté. Beaucoup

de gens ont voté pour moi.

Beaucoup plus de gens

ont voté pour quelqu'un d'autre.

Et on continue.


[LINDA GODIN:] Oui. Marion

Dewar, une

ancienne mairesse de la ville

d'Ottawa, a joué un rôle

important dans votre vie.

Parlez-m'en un peu.


[ALEX MUNTER:] C'était un

mentor, une amie,

quelqu'un qui m'a beaucoup

soutenu, une femme qui était

infirmière, élue au conseil

municipal comme conseillère,

ensuite, comme mairesse

d'Ottawa. Pour moi,

quand j'avais besoin de

conseils, quand j'avais besoin

de soutien, c'était vraiment,

pour moi,

quelqu'un de vraiment

très important. Et ça fait

six ans, maintenant,

qu'elle n'est plus ici

et je pense souvent à elle.


[LINDA GODIN:] Elle vous a aidé

particulièrement à un moment

donné, si je me souviens bien,

alors que vous étiez adolescent.

Vous êtes homosexuel,

vous l'avez jamais caché.


[ALEX MUNTER:] Bien à ce

moment-là,

je le cachais.


[LINDA GODIN:] Mais vous vous

posiez alors

des questions sur votre avenir.

Quelles allaient être vos

possibilités de carrière en tant

qu'homosexuel, n'est-ce pas?


[ALEX MUNTER:] Oui, mais on

parle maintenant

du début des années 80. Donc,

en termes de l'esprit social,

de l'ouverture,

c'était complètement

différent que ces jours-ci.

Et je me rappelle

encore où j'étais.

J'étais dans le sous-sol

de mes parents où il y avait

la télévision. Et Marion

était à la télévision

en tant que mairesse d'Ottawa,

et parlait de l'importance

de la dignité et du respect

pour les gais et les lesbiennes

à un moment où presque aucun

politicien parlait

de telle façon. C'était rare

et c'était un gros risque,

mais elle était là. Elle le

faisait et pour moi, c'était

un encouragement personnel,

pour un adolescent isolé.


[LINDA GODIN:] Qui se posait

des questions.


[ALEX MUNTER:] Qui se posait des

questions,

qui était pas tout à fait

certain de ce que la vie

allait porter.


[LINDA GODIN:] Oui.

Est-ce que vous avez

l'impression que ça vous a coûté

votre poste à la mairie, ça?

Le fait que vous...

Parce que vous... vous

l'avez.... Vous l'avez pas

caché, quand vous étiez

conseiller municipal, que vous

étiez gai. C'était connu.

Est-ce que ça vous

a coûté ces élections-là?


[ALEX MUNTER:] Je crois pas que

ça m'a coûté

les élections. Ça a eu

un impact, mais il y a

du progrès, hein. Donc

moi, je me suis présenté

en 2006. C'était beaucoup

plus facile, en 2006, d'être

un candidat ouvertement gai

à la mairie que ça

l'aurait été en 1996.

Et comme on a vu cette année,

en Ontario, avec l'élection

d'une première ministre

ouvertement lesbienne,

c'est devenu encore plus facile.

Donc je crois que c'est clair,

la tendance est claire.

(L'entrevue se poursuit à l'extérieur, dans le terrain de jeu des enfants du CHEO.)


[LINDA GODIN:] Vous aimez

beaucoup le camping

il paraît. Ça vient d'où, ça?


[ALEX MUNTER:] Bien c'est assez

récent.

C'est depuis que j'ai rencontré

mon conjoint.

Donc, ça fait huit ans à peu

près. C'est pas quelque chose

que j'ai vraiment

fait beaucoup auparavant.

Donc aller avec quelqu'un

qui est vraiment expert

et qui le fait bien,

c'est toujours rassurant.

C'est des occasions pour être

avec des amis, pour relaxer.

Mais oui, c'est vraiment

pour s'éloigner

de la pression quotidienne.

(L'entrevue revient à l'intérieur, dans le bureau d'ALEX MUNTER.)


[LINDA GODIN:] M. Munter, vous

avez dirigé

le Bureau des services

à la jeunesse d'Ottawa,

le RLISS, c'est-à-dire le Réseau

local d'intégration des services

de santé. Ça fait longtemps

que vous vous intéressez à la

santé et aux services sociaux.

Qu'est-ce qui vous attire

là-dedans?


[ALEX MUNTER:] Donc à la Ville

d'Ottawa, il y

a des services de santé publics,

services ambulanciers,

soins de longue durée,

des services sociaux,

des services sociaux reliés

à la santé. Donc je me suis

vraiment beaucoup impliqué

dans ces services-là pendant

que j'étais à la Ville d'Ottawa.

J'étais responsable de la

santé et des services sociaux

au Conseil municipal.

Donc, mon implication a commencé

là. J'ai eu l'occasion

de travailler ces dossiers

et de vraiment voir l'impact que

ces organismes ont dans notre

communauté et jusqu'à quel point

ils font partie

de l'infrastructure essentielle

d'une communauté et de "notre"

communauté. Après, j'ai quitté

la Ville et l'Université. Je me

suis vraiment tourné vers ce

secteur-là et j'ai eu l'occasion

de me joindre au Bureau

des services à la jeunesse,

qui est un organisme, dans notre

communauté, qui change vraiment

des vies. Et comme

le CHEO aussi.


[LINDA GODIN:] Oui.

Quand vous avez quitté

la politique, est-ce que vous

avez dû faire un ajustement dans

votre façon de travailler, façon

de faire entre le politicien

que vous étiez et

le gestionnaire que vous étiez

en train de devenir?


[ALEX MUNTER:] Oui et non.

En politique, ce qui compte

parfois... souvent, le plus,

c'est ce que vous dites.

Pas ce que vous faites.

Et c'est l'inverse en gestion.

J'ai aussi pu apprendre

qu'en politique, la cause, c'est

tout. En gestion, la cause, dans

un endroit comme le CHEO, est

très, très importante, mais ce

n'est pas assez. On doit aussi

s'assurer que les gens

qui travaillent soient

bien appuyés et qu'ils soient

bien organisés.


[LINDA GODIN:] Vous êtes le

président-directeur général du

CHEO, le Centre hospitalier pour

enfants de l'est de l'Ontario

depuis quelques années déjà.

Qu'est-ce que c'est, diriger

un hôpital pour enfants,

comparativement à un autre genre

d'organisme ou d'entreprise?

C'est pas la même chose,

parce qu'il y a des

enfants qui sont--


[ALEX MUNTER:] Il y a des

enfants.

Et... Vous savez,

les gens, ici, les gens

qui travaillent au CHEO,

c'est vraiment un groupe

de personnes que j'admire

beaucoup. Ce sont des gens

vraiment dévoués, qui ont choisi

comme carrière de faire une

différence, d'aider les enfants.

Et donc tout l'organisme,

l'hôpital... ça a cet esprit-là.

Le CHEO est différent. On peut

le sentir dans les couloirs.

Donc pour moi, ma job

principale, c'est de soutenir

ces gens-là. De trouver les

ressources dont ils ont besoin,

d'assurer que les systèmes sont

là, afin qu'ils puissent faire

cette chose qui est la plus

importante, c'est d'aider

nos jeunes, nos enfants,

nos familles à être en santé.

Les enfants qui sont venus ici,

très malades avec de très

grands défis, qui quittent

avec une vie devant eux

remplie de possibilités.

Et c'est ça, c'est ça, vraiment,

la chose qui est tellement...

Il y a tellement de

puissance là-dedans, hein.

Et c'est ça qui motive les gens

à venir au travail chaque jour,

c'est l'occasion de pouvoir

avoir ce genre d'impact.


[LINDA GODIN:] Vous allez,

parfois,

à la rencontre de ces enfants

malades-là. Qu'est-ce qu'ils

vous apprennent de la vie?


[ALEX MUNTER:] Ces enfants,

surtout

les enfants qui gèrent

des maladies chroniques

ou des maladies vraiment...

Qui mettent en cause leur vie,

hein, il y a un optimisme,

il y a de la perspective,

il y a de la résilience,

il y a de la maturité.

Une des façons que le modèle ici

est différent d'autres hôpitaux,

c'est vraiment que c'est

un partenariat, à part

les adolescents, qui sont

plus indépendants et qui gèrent,

souvent, leurs propres soins,

pour la grande majorité de nos

patients, c'est un partenariat.

L'expert sur l'enfant,

c'est le parent.

Et l'expert clinique,

c'est le médecin ou l'infirmière

ou l'autre professionnel

ou professionnelle de la santé.

Et c'est un partenariat;

travailler ensemble.


[LINDA GODIN:] Comme PDG, vous

vous êtes

donné le défi de réduire de 20%

le nombre d'enfants

qui a un surpoids.

Comment voulez-vous y arriver?


[ALEX MUNTER:] La ministre de la

Santé

m'a approché, il y a quelques

années, pour me demander de

coprésider un panel en Ontario;

Enfants en santé. Et donc

on a produit un rapport

pour le gouvernement avec

23 recommandations. La question

de l'obésité des enfants, c'est

une question sociale. Il s'agit

de facteurs économiques,

le soutien des familles,

des parents, l'environnement

en termes de la nutrition.

Donc, c'était un plan d'action.

Et si la tendance

continue, on a le risque que

les enfants d'aujourd'hui, qu'en

tant qu'adultes, 70% d'entre eux

auront des problèmes d'obésité

ou d'embonpoint. Et ça apporte

beaucoup de problèmes

de santé chroniques surtout.


[LINDA GODIN:] Oui.

Est-ce qu'un jour, vous allez

retourner à la politique?


[ALEX MUNTER:] Non. Je suis

certain que non,

parce que j'adore ce que

je fais. Pour moi,

être en politique,

c'était pas pour être quelqu'un,

c'était pour faire quelque

chose. C'était pour avoir

de l'impact. Et moi,

j'ai eu la grande chance,

après la politique,

d'avoir des postes,

des occasions, l'opportunité

d'avoir ce genre d'impact,

de faire

quelque chose. Et j'aime

beaucoup ce que je fais.


[LINDA GODIN:] Alex Munter,

merci

beaucoup de cette entrevue.


[ALEX MUNTER:] Merci à vous.

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