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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Bernard Derome : présentateur, Le Téléjournal

Animateur du Téléjournal de Radio-Canada à 26 ans seulement, Bernard Derome nous a fait vivre en direct tous les grands événements qui ont secoué notre planète, de la crise d’octobre aux deux référendums québécois, en passant par 24 élections fédérales et provinciales. Il aura passé 33 ans à la barre du Téléjournal.
Sa phrase est restée célèbre : «Si la tendance se maintient…»
Fait rare, l’équipe de Carte de visite l’a rencontré chez lui…



Réalisateur: Alexandra Levert
Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

DANIEL LESSARD rencontre des personnalités francophones et francophiles: des politiciens, des artistes, des entrepreneurs ou des scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Carte de visite

Fin formation à l'écran

Fin générique d'ouverture


BERNARD DEROME

(hors champ)

Bonsoir, mesdames et

messieurs. Ici Bernard Derome.

(Pendant que DANIEL LESSARD présente son invité, on montre des images qui illustrent différents moments de la carrière de BERNARD DEROME.)


DANIEL LESSARD

Animateur du Téléjournal de

Radio-Canada à 26 ans

seulement, Bernard Derome nous

a fait vivre en direct tous les

grands événements qui ont

secoué notre planète, de la

Crise d'octobre 70 jusqu'aux

référendums, en passant par 24

élections fédérales et

provinciales. Sa phrase est

restée célèbre.

(On présente différents extraits du Téléjournal, alors que BERNARD DEROME s'apprête à annoncer le résultat anticipé des élections.)

(Début extrait vidéo)


BERNARD DEROME

Si la tendance du vote se

maintient...

(Fin extrait vidéo)

(Début extrait vidéo)


BERNARD DEROME

Si la tendance se maintient...

(Fin extrait vidéo)

(Début extrait vidéo)


BERNARD DEROME

Si la tendance du vote

se maintient...

(Fin extrait vidéo)

(Début extrait vidéo)


BERNARD DEROME

Si la tendance du vote

se maintient...

(Fin extrait vidéo)


DANIEL LESSARD

Bernard Derome, c'est monsieur

Crédibilité. C'est la rigueur,

l'impartialité. On n'a jamais

su où il logeait.

En 33 ans à barre de son cher

TJ, il a inventé le direct et

il a tracé la route pour les

générations de journalistes qui

l'ont suivi.

(On présente un extrait de la conclusion d'une édition du Téléjournal.)

(Début extrait vidéo)


BERNARD DEROME

Bonsoir, et merci.

(Fin extrait vidéo)

(DANIEL LESSARD et BERNARD DEROME sont assis l'un face à l'autre, dans la demeure de ce dernier.)


DANIEL LESSARD

Bernard Derome, salut.


BERNARD DEROME

Salut, Daniel. Comme on

disait dans le bon vieux temps.


DANIEL LESSARD

Ouais. Comme on est un vieux

couple, on peut se dire « tu ».


BERNARD DEROME

Oh ouais! On va se faire

« vous », par exemple!


DANIEL LESSARD

Dis-moi, les gens s'ennuient

de toi en ce moment?

Qu'est-ce qui t'arrive?


BERNARD DEROME

On s'ennuie de moi!


DANIEL LESSARD

On s'ennuie de toi. On te

voit pas. On t'entend pas.

Ou très peu.


BERNARD DEROME

Ouais. Mais je fais encore

un peu de télé, quand même!

Je fais encore un peu de...

On peut pas laisser tomber ça.

On sort pas la télé du gars.

On me voit moins souvent parce

que je fais du documentaire,

beaucoup plus. Et donc, il faut

un certain temps, et on connaît

les... les difficultés de

parvenir au bout du produit.

Alors, c'est ça, écoute: je

m'occupe beaucoup. Et ça me

permet, évidemment, de sortir

de l'actualité quotidienne,

bien que je la suive. Mais je

ne la commente plus. Enfin, je

la commente pour moi ou pour

mes proches, et ça me permet de

dire à peu près tout ce que

j'ai envie de dire. Ce qui est

pas toujours possible lorsqu'on

est en ondes. En tournant la

page du quotidien, que j'ai

fait quand même pendant 34 ans,

quelque chose d'exigeant,

ça me permet de faire des choses

et de m'arrêter sur certains...

sur certains sujets en

particulier. Et... mais je suis

assez heureux de pouvoir

prendre le temps de prendre le

temps, souvent, de... de

préparer des choses.


DANIEL LESSARD

Et de réfléchir.


BERNARD DEROME

Ouais. Voilà.


DANIEL LESSARD

Quand... quand t'es arrivé

dans le métier, bon,

Miville-Dechêne, Sandy Burgess.


BERNARD DEROME

Miville Couture.


DANIEL LESSARD

Miville Couture, pardon.

Sandy Burgess. Les deux ont joué

des rôles importants au début.


BERNARD DEROME

Bien, Miville Couture, moi,

je l'entendais quand j'étais

petit bonhomme, évidemment,

celui qui faisait le

radiojournal de Radio-Canada,

les midis, etc., et surtout son

émission du matin. Et Miville

était le chef annonceur à

Radio-Canada. Donc tout le

monde passait par là. Et, un

moment donné, moi, mon père,

qui avait connu Miville, qui le

croisait à la banque, des fois:

« J'ai un fils qui veut faire de

la radio. Il m'ennuie un peu

avec ça. » D'autant plus que mon

père, lui, avait fait de la

radio, lui, durant la Crise, à

CKAC. Et... déjà, je sais que

mon père, même s'il y a passé

deux ans, trouvait que c'était

un milieu qui était assez dur.

Ça... ça jouait en bas de la

ceinture souvent. Donc, enfin,

il dit: « Mon fils veut

absolument faire de la radio, de

la télé, etc. » Il a dit:

« Envoie-le-moi, ton fils, et

puis on va voir ce qu'on peut

faire. » Alors, j'ai passé

l'audition et, finalement, j'ai

eu la chance, je dirais, et

c'est Miville qui a jugé, il a

dit: « Je pense que ton fils

a... a suffisamment de talent.

On va l'envoyer à Rimouski »,

qui était la grande école, avec

CKCH, pour faire le saut à

Radio-Canada. L'objectif,

c'était...


DANIEL LESSARD

CKCH à Hull, à l'époque.


BERNARD DEROME

À Hull. C'était le réseau.

L'objectif, c'était le réseau.

Et... Sandy s'était occupée de

Pierre Nadeau. Donc il avait mis

au monde Pierre en radio, c'est

pas compliqué. Et moi, j'ai

vécu pendant des années,

pendant le temps que j'ai été à

Rimouski, vraiment dans l'ombre

de Pierre. « Écoute, tu veux

aller au réseau, Pierre faisait

ci, Pierre fait ça, Pierre fait

ça. Il faut que tu fasses ci,

il faut que tu fasses ça. »

Et vraiment, ça a été... ça a

été... une icône. Et quand je

l'ai connu, évidemment, je

l'admirais beaucoup, parce que

déjà, il était connu à

Radio-Canada, et il a fait ses

preuves. Et... finalement, un

jour, je me suis retrouvé à

Montréal avec lui. Au point où

la première élection que j'ai

faite, que j'ai animée, c'était

en compagnie de Pierre,

en 1972.


DANIEL LESSARD

À Radio-Canada, chef du...

chef d'antenne du Téléjournal

à 26 ans, c'était très jeune,

mais avant ça, y avait eu

Aujourd'hui, avec Lemoine et

Michelle Tisseyre, qui vient de

nous quitter. Ça a été une

étape importante.


BERNARD DEROME

Ça a été une étape extrêmement

importante, parce que moi,

quand... de Rimouski, je suis

allé à Ottawa, à Radio-Canada

Ottawa, dont je conserve un

excellent souvenir, où j'ai

découvert le Parlement. Enfin...

j'aimais la politique déjà,

mais... je vivais au parlement.

Et c'était le début des

émissions Présent, qui ont duré

pendant des années. C'était le

tout début. Moi, je faisais

trois... trois entrevues par

jour, beaucoup au parlement.

Le soir, je présentais le... le

journal télévisé, le téléjournal

local, à Ottawa, Hull-Ottawa.

Et... donc, ça a duré un

certain... nombre d'années.

Et ensuite, je suis revenu à

Montréal, faire des émissions

Présent.

Et là, un jour, moi, je

souhaitais aller à Aujourd'hui,

qui était la grande émission. La

grande émission, je veux dire...

crée par Marc Thibault, ce génie

qui a vraiment, je dirais,

posé les balises de ce que doit

être le... le journalisme en

information, en affaires

publiques. Donc Aujourd'hui

était l'émission qui permettait

à nos dirigeants de s'exprimer

en direct. Donc, c'était à

l'époque des Lesage, des

Gérin-Lajoie, il nous parlait

d'éducation, Lévesque,

des richesses naturelles, un peu

de souveraineté éventuellement.

Alors moi, j'ai vécu ces

choses-là et j'ai vécu aussi

toute cette période du début de

l'effervescence du mouvement de

souveraineté-association. C'est

moi qui ai couvert ça pour

Aujourd'hui. La création du

PQ, du Parti Québécois, j'ai

vécu ça. Et on arrivait vraiment

avec... y avait une équipe

formidable de recherchistes, à

l'époque. Y avait même une

fille, au fond de la salle, qui

commençait à passer ses

commentaires haut et fort, qui

s'appelait Denise Bombardier.

Et... bon! Alors, moi, j'ai vécu

dans ce milieu de... de culture

absolument extraordinaire. Et ça

avait beaucoup d'impact, ça

avait beaucoup, beaucoup

d'impact. Donc j'ai appris et

j'ai... Bien, c'est là que

j'ai appris le métier beaucoup,

sur le tas.

(On présente un extrait de l'émission Aujourd’hui, dans laquelle BERNARD DEROME interviewe un homme qui a été emprisonné.)

(Début extrait vidéo)

[Début information à l'écran]

Extrait: AUJOURD'HUI. Avril 1969. Archives Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


BERNARD DEROME

Ça a facilité votre... votre...

réhabilitation dans la société,

votre... l'acclimatation, ça

peut pas être assez pénible.

Un gars qui perd ses droits

pendant huit ans puis qui les

retrouve du jour au lendemain...

(Fin extrait vidéo)


DANIEL LESSARD

Chef d'antenne du Téléjournal

à 26 ans. C'est arrivé... tu

l'as sollicité, on t'a

sollicité, concours de

circonstances?


BERNARD DEROME

Non, je l'ai pas sollicité,

parce que... à la fin

d'Aujourd'hui, moi, je

voulais... mon objectif était

d'aller comme correspondant à

l'étranger, éventuellement.

Je me suis dit: il faudrait que

je passe au service des

nouvelles, parce qu'à l'époque,

c'était vraiment deux services

tout à fait distincts. Et j'ai

dit à... j'avais parlé à Marc

Thibault, j'ai dit: « Un jour,

ça m'intéresserait, évidemment.

Et puis... » Finalement, il m'a

dit: « Écoute. Vas-y et,

entre-temps... » C'était qui?

C'était le frère de Roger

Baulu, c'était Jean Baulu, je

crois, qui était... qui était à

la tête du service. Y avait

Pierre Charbonneau aussi, qui

m'avait dit: « Écoute, peut-être

que tu serais bon pour

présenter le Téléjournal. »

Évidemment, dans mon esprit,

j'avais une approche de

journaliste, hein? Je veux dire:

c'était pas... c'était pas le

lecteur de nouvelles.


DANIEL LESSARD

L'annonceur.


BERNARD DEROME

J'avais quand même...

j'avais... j'avais quand même

un passé d'interviews, à

Présent, à Aujourd'hui et tout.

Et puis le Téléjournal à 26

ans, c'est certain que c'était

un très grand risque. C'était

un très grand risque.

Aujourd'hui, c'est bien sûr

que... je pense qu'on pourrait

peut-être pas recommencer ça.

Je pense, est-ce que j'aurais...

la formation voulue, la

préparation voulue pour assumer

une chose comme celle-là?

Mais ça a marché.

Merci, mon Dieu!


DANIEL LESSARD

Bernard, cet accident, en

Espagne, qui aurait pu avoir des

conséquences désastreuses. Dans

quel contexte ça s'est produit?


BERNARD DEROME

J'en ai encore des frissons,

quatre ans après, cinq ans

après. Bon, en vacances, en

Espagne, évidemment, je fais

beaucoup de vélo. Et... on

avait des vélos avec nous.

Et... Là, il a commencé à

pleuvoir. Et... J'avais dit à

ma femme, qui était assez

téméraire, je dirais, en vélo,

j'ai dit: « Écoute, fais

attention, ça peut... ça peut

déraper avec la pluie. » Alors

bref, on continue un certain

temps, et puis, un moment donné,

on arrive près d'un petit

village, et là, y a une boucle à

360. Et... parallèlement, y a

un camion vingt-roues rempli de

ciment, qui... qui est à côté de

moi. Et moi, je me tasse. Et là,

je « déclipe » pour... comme dirait

Bossuet. Et là, évidemment, j'ai

glissé et pouf! j'ai été projeté

sous le camion. En plus, j'avais

pas de casque. Évidemment, c'est

irresponsable, merci. Et là,

j'étais complètement immobilisé.

Et heureusement qu'on était dans

une boucle complète, parce que

le camion allait à une vitesse

très réduite. Mais là, j'étais

complètement paralysé, et je me

disais: est-ce qu'il me passe

sur la tête, sur le corps ou je

vais être dû pour avoir les

jambes amputées! Je veux dire,

je te jure! Et j'ai senti

vraiment mes derniers moments.

Et... tout à coup, oups!

Le camion s'est immobilisé, et

j'avais une roue qui était à...

je sais pas, moi, à quelques

centimètres de... de ma tête.

Et quand je suis revenu au

pays, le lendemain, je suis

allé voir ma fille, qui m'a

annoncé qu'elle était enceinte,

de son premier enfant. Alors,

tu vois un peu: la vie et la

mort, la vie et la mort...

La vie continue.

(On présente un extrait d'une édition du Téléjournal.)

(Début extrait vidéo)

[Début information à l'écran]

Bulletin spécial

[Fin information à l'écran]

[Début information à l'écran]

Extrait: LE TÉLÉJOURNAL. 10 octobre 1970. Archives Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


BERNARD DEROME

Relativement à l'enlèvement de

M. Pierre Laporte, nous avons

un développement qui survient

à l'instant.

Donc un communiqué

accompagné d'une lettre

adressée, de la main de

M. Pierre Laporte, adressée à

M. Bourassa, ainsi qu'une série

de cartes de crédit appartenant

à M. Laporte,

qui prouvent évidemment que

M. Laporte est entre les mains

de cette cellule de financement

Chénier.

(Fin extrait vidéo)


DANIEL LESSARD

Bernard, Téléjournal à 26 ans,

statut de journaliste, qui a

été gagné de haute lutte. Et

tout de suite, un grand coup,

la Crise d'octobre, en 70,

où, là, il ne s'agit plus

seulement de lire des nouvelles,

il s'agit de raconter des

événements en direct. T'étais

préparé pour ça?


BERNARD DEROME

Euh... non. Y a personne

qui l'était, d'ailleurs.

Enfin, moi, je ne l'étais

surtout pas, mais je pense

qu'il y a personne. Pas plus

que les journalistes, pas plus

que le monde politique, pas

plus que les citoyens.

On disait: c'est pas dans notre

cour, des choses comme celle-là,

mais c'est arrivé, bon. Et je

crois que c'est la première

fois que les caméras entraient

dans la salle des nouvelles.

à l'époque, on était... rue

Dorchester, c'était pas

René-Lévesque encore, dans

l'ouest de Montréal, au 5e

étage, petite salle de

nouvelles. Mais des grosses

caméras, évidemment, qui ont pas

la mobilité de celles

d'aujourd'hui. Et qui étaient

là jour et nuit, finalement.

C'était ça. Donc, c'était du

RDI avant le temps, c'était de

l'information continue avant le

temps. Et... bien, c'était ça.

Et il y avait des risques de

dérapage. C'est certain que

c'était pas évident. Moi, je

sais que, un soir, Robert

Bourassa... c'était pas

télévisé, c'était

radiodiffusé, mais on

retransmettait évidemment son

discours, parce qu'il répondait

à l'ultimatum lancé par une des

cellules du FLQ, dans un style

très bourassien. C'était pas

clair, clair. Moi, j'en avais

conclu, j'en avais déduit que

c'était un non à toute

négociation. Évidemment, ça a

duré... ça a duré le temps que

ça a duré, jusqu'au moment où

on a appris la mort de Pierre

Laporte, etc., etc. Et plusieurs

années par la suite, Bourassa,

Robert Bourassa, dans ses

mémoires, et j'ai fait

confirmer par... Jérôme

Choquette, même, il y a pas très

longtemps, dans une entrevue

qu'il me donnait: est-ce que

vous avez déjà voulu négocier?

Il dit: « Jamais on n'avait voulu

négocier ça. » Choquette l'a...

Jérôme Choquette l'a confirmé.

Et Robert Bourassa, lui, encore

à la bourassienne, disait...

Évidemment, Radio-Canada disait

que c'était non; CBC disait

qu'il y avait peut-être une

ouverture. Il dit: « J'avais

ma marge de manoeuvre. »


DANIEL LESSARD

Et Bourassa était pas facile

à décoder.


BERNARD DEROME

Pas facile à décoder. Voilà.


DANIEL LESSARD

Une question que je t'ai

jamais posée, que je te pose

aujourd'hui: « Si la tendance se

maintient », d'où ça vient?

C'est arrivé par hasard?


BERNARD DEROME

Ah mon Dieu! Ça! Ah là là!

« La tendance se maintient... »,

c'est lorsque l'informatique est

intervenue dans les soirées

électorales. Et, évidemment,

l'informatique faisait quoi?

C'est pas l'informatique qui

élisait? Y a toujours eu un

bureau de décision autour de ça.

Mais on savait que

l'informatique calculait

beaucoup vite que l'être

humain. Et là, on s'est mis à

concocter une phrase, en

disait, bon, qu'est-ce qui peut

advenir lorsqu'on annoncera?

Probablement qu'on fera ce

qu'on appelait, tu te souviens,

le « call ». On dit: « Attention,

on « call » dans 30 secondes.

C'était pour annoncer,

c'est-à-dire soit un

gouvernement majoritaire,

minoritaire, ou enfin on ne le

sait pas. Et... et c'est là que

la... la phrase a été

concoctée. Avoir su que tout le

monde l'emprunterait, j'aurais

peut-être... je me serais

peut-être organisé pour avoir

des droits là-dessus!


DANIEL LESSARD

Soirées électorales, soirées

référendaires, émissions

spéciales. T'en as fait des

centaines. Et t'es en direct.


BERNARD DEROME

Ce sont des moments

de télévision.


DANIEL LESSARD

Ce sont des moments

extrêmement importants, mais

où il faut une rigueur absolue

et... bon, sans être

complaisant, tu t'es jamais

vraiment cassé la gueule.


BERNARD DEROME

Euh... une fois, on a...


DANIEL LESSARD

Bien y a eu des petits...

bon. Rien de grave.


BERNARD DEROME

Mais c'est certain. Je veux

dire: moi, ce qui était

important, c'est que... tu sais,

ça peut être très... très...

très... Enfin, suivre une

soirée électorale, je veux dire,

maintenant, on met peu de temps

avant d'annoncer la formation du

gouvernement, à moins que ce ne

soit vraiment très, très, très

serré. Indépendamment de ça, ce

sont des moments, vraiment des

moments... Prenez le soir du...

du deuxième référendum, par

exemple. Le premier, je m'en

souviens. Le premier résultat

qu'on a donné, c'était dans

Pontiac, c'était 49-51. Premier

résultat. On dit toujours: faut

faire attention. Et c'était pour

le... c'était pour le non. Bon,

un résultat préliminaire. Pas

de conclusion à la légère,

mais, finalement, ça a fini

49-51 quand même! Bon. Alors,

c'est un peu amusant. Mais au

deuxième référendum, je me

souviendrai toujours la tension

dans le studio. On était...

dans le grand studio, près du

port de Montréal. Et... deux

minutes avant d'aller en ondes.

D'ailleurs, la fin de semaine

avait été assez sombre, assez

lourde. C'était pas seulement

la température, on sentait qu'il

y avait une pression, là. Et...

deux minutes, trois minutes

avant d'aller en ondes, je me

souviens, dans ce très grand

studio, on entendait le silence.

On entendait le silence. Les

papillons, là, je veux dire...

Bon! Dring! Dring! L'indicatif

commence, et puis on part!

Puis... on prend pas panique.

Mais je veux dire: ce sont des

moments de télévision, ça.

Y en a quelques-uns comme ça.

Et... je dirais, au fond, des

moments... tu sais... Moi, la

question la plus difficile qu'on

peut me poser, puis je voudrais

pas que tu me la poses, parce

que: quel est le plus beau

moment? Quelle est la personne

la plus extraordinaire que tu as

rencontrée? C'est difficile!

à chaque fois, c'est un moment

intéressant. Aujourd'hui, j'ai

du plaisir à parler avec toi.

Évidemment, je suis habitué à

être plus de ton côté, mais je

veux dire: ce sont... c'est

formidable. C'est ça, la beauté

de ce métier-là, de découvrir,

de jeter un regard, de voir...

de faire découvrir, de partager

des choses comme ça avec les

gens, c'est formidable!


DANIEL LESSARD

Je sais que, comme bien

d'autres, t'as eu des... des

politiciens qui t'ont appelé,

des chefs de parti, des

premiers ministres, qui ont dit:

« Derome! Pourquoi tu serais pas

candidat pour nous? »

Et ça t'a jamais intéressé.


BERNARD DEROME

Tous les partis, sauf le

Crédit social puis l'ADQ.


DANIEL LESSARD

Ah! Oui?

Le chef d'antenne dans un poste

aussi... aussi important que

celui du Téléjournal, quelle

sorte de relations il établit

avec les politiciens?


BERNARD DEROME

Comme pour toi, je veux dire.


DANIEL LESSARD

Surtout avec les chefs

de parti.


BERNARD DEROME

Non, mais je pense qu'il faut

entretenir, je veux dire: il

faut avoir de bonnes relations.

Bon, je pense que c'est

important. Mais il ne faut

jamais oublier une chose, c'est

que... que tu sois... enfin,

que tu aies une bonne relation

avec un Premier ministre ou avec

un ministre ou n'importe quoi,

c'est qu'on n'est jamais du

même côté, veux, veux pas.

Et ça, je veux dire, c'est

l'essence même du métier que

l'on pratique, qui est le

journalisme, c'est-à-dire qu'il

faut toujours entretenir le

doute, à quelque part. On n'est

pas du même côté, qu'on le

veuille ou pas! Lui a quelque

chose à me vendre, c'est

certain! Il peut le faire de

façon plus... plus correcte,

plus directe, avec une certaine

transparence. Mais encore!

Je pense qu'il faut continuer

de douter. Bon, ça empêche pas,

je veux dire, une bonne

poignée de main, d'avoir des

échanges, mais parfois, je veux

dire, ça peut être assez

personnel, mais il faut faire

bien attention de pas tomber

dans...


DANIEL LESSARD

De façon très précise, d'avoir

une relation à peu près normale

avec un Robert Bourassa ou un

Brian Mulroney, c'était

relativement facile.


BERNARD DEROME

Bien sûr. Mais Mulroney,

M. Mulroney, je l'ai connu

bien avant qu'il soit en

politique. Je l'ai connu...

un hiver, il avait loué un

chalet avec Bernard Roy et

Michel Cogger. Puis je me

souviens qu'on a eu des

soirées... c'est comme ça qu'on

s'est connu. Il est venu chez

moi, on a eu des soirées

fort intéressantes

sur le plan politique, bien

arrosées à certains moments.

Ça a été... non, mais c'est

vrai! C'est un être humain

formidable que M. Mulroney,

je veux dire... je veux pas

passer à côté de ça, veux, veux

pas. N'empêche que moi, j'ai

fait des « hot seats » avec

M. Mulroney, et je pense que ça

fait partie du métier. C'est

pas seulement pour le jeu, c'est

simplement... bon. Alors. Quand

on fait le métier, on met ses

opinions de côté. Ça va de soi!

Je pense que ça fait partie de

l'ABC, de l'ADN du métier.


DANIEL LESSARD

Bernard, la chapelle Sixtine,

ça t'a impressionné beaucoup?

Dans quel contexte t'es allé là?


BERNARD DEROME

On m'a demandé de préparer

un documentaire sur les...

Jésus-Christ et l'an 2000, donc

pour montrer que... les valeurs

de ce monde sont encore des

valeurs chrétiennes,

indépendamment de la confession

de chacun. Alors là, entre

autres, on était allé à Rome,

bien sûr. On avait le cardinal

Turcotte avec nous. Et nous

avions accès, pour la première

télévision au monde à avoir

accès à la chapelle Sixtine

depuis les travaux de

restauration qui avaient été

défrayés par la NHK, la

télévision nationale du Japon.

Et puis, bon, on tourne des

images. Un moment donné, une

petite pièce attenante, dont

j'avais jamais entendu parler.

Le cardinal Turcotte dit: « Ça,

ça s'appelle la Salle des

Pleurs. » « Ah bon? » La Salle des

Pleurs, c'est... l'endroit

où... parce que la chapelle

Sixtine, c'est là qu'on choisit

le pape. Alors celui qui est

désigné, qui est choisi par ses

pairs, se retrouve dans cette

petite pièce, où il y a un

prie-Dieu, y a une table de

travail et puis un petit divan,

il revêt la soutane blanche

avant d'aller donner sa grande

bénédiction. Un moment donné,

Turcotte, il est sept heures le

soir, il dit: « Écoute... »

Le cardinal Turcotte dit:

« Tu sais que je fais du

diabète. » Je dis oui. Il dit:

« Faudrait que je mange un peu,

parce que c'est sérieux. »

J'appelle les gens des relations

publiques: « Le cardinal a faim. »

Alors... on est dans la

chapelle Sixtine, là, il fait

venir des paninis et des

pizzas avec du Coke et du Brio,

que nous avons mangés dans la

chapelle Sixtine... dans la

Salle des Pleurs. Alors,

évidemment, avec interdiction

de tourner, mais c'est quand

même un précédent. Je pense

que c'est assez extraordinaire.


DANIEL LESSARD

Bernard, un peu de...

perspective et de réflexion sur

ce métier-là, qui est

probablement le plus beau

métier du monde. C'est ce que

je dis à mes fils, en tout cas.

Comment on dure

dans ce métier-là?


BERNARD DEROME

Je pense qu'il y a la passion,

beaucoup. Y a pas d'erreur.

La passion, comme dans n'importe

quoi, au fond. La passion,

c'est important dans la vie.

C'est... c'est ça. Il s'agit

de... de le faire, et puis, ce

qui est formidable là-dedans...

Moi, je suis né avec ce qu'on

appelle le journalisme

électronique, un peu comme toi

aussi. Ça a amené beaucoup de

changements. Et puis ça évolue

encore, on le sait. Mais, en

même temps, ce qui est

merveilleux là-dedans, c'est de

bâtir, c'est de construire.

C'est ça, c'est une époque

extraordinaire. Et c'est ça.

C'est pas parce que... on dit

que le journalisme est en crise

en ce moment. Faut faire

attention, parce qu'il y a des

crises partout, des crises

économiques, des crises de la

laïcité, des crises

financières, etc. Je veux dire:

ça, c'est une autre façon de

voir les choses. Je pense

qu'on finit toujours par s'en

sortir, mais je pense qu'il...

ce qui est important, c'est de

surprendre, mais faut être sûr

de ses assises, et ce qui est

important aussi, c'est vraiment

de bâtir des choses. Et je pense

qu'on n'arrêtera jamais de

bâtir, c'est la seule façon de

se renouveler et c'est la seule

façon, probablement, de... de

gérer le métier que nous

faisons, finalement.


DANIEL LESSARD

Mais il faut aussi... il faut

aussi des tribunes pour faire

ce métier-là, il faut des

plates-formes pour faire ce

métier-là, et Radio-Canada a

été, pour toi et pour moi, une

plate-forme absolument

extraordinaire. Est-ce que...

Radio-Canada mérite qu'on se

batte pour la sauver?


BERNARD DEROME

Bien oui, c'est évident.

Le service public, voyons,

c'est fondamental! C'est bien

sûr. Radio-Canada est quand même

la référence, LA référence,

le maintien... Je comprends

qu'il y ait des difficultés,

je comprends... mais il faut

tenir le fort... mais très

haut! Le service public,

qu'est-ce que c'est? Mais ça dit

ce que c'est, le service

public! C'est comme la liberté

d'expression, je veux dire:

ce sont des choses

élémentaires, je veux dire.

Et Radio-Canada, je pense, va

survivre, va trouver des façons

de... de continuer. Et ça se

fait aujourd'hui dans des

circonstances qui sont

extrêmement difficiles.

Sur le plan politique, là...


DANIEL LESSARD

La volonté politique

n'est pas là?


BERNARD DEROME

Non, mais c'est pas facile.

La cueillette politique est pas

facile en ce moment. Les

gouvernements, tout est

concentré autour des bureaux du

premier ministre, pas seulement

à Ottawa, c'est partout comme

ça! Et puis, on sort

l'information au compte-goutte.

Bon, c'est pas évident!

Et puis, bon, y a toute...

J'ai parlé de vélocité, un petit

peu plus tôt, de la vitesse,

au point où on en perd nos

repères. On est bombardé...


DANIEL LESSARD

Les médias sociaux...


BERNARD DEROME

Non, mais on est bombardé par

l'information. Au point où on

en perd presque l'historicité,

l'antériorité. Une nouvelle

tombe, c'est fini! On passe au

suivant, comme disait Brel.

Je veux dire: ça, c'est bon.

Moi, ça me semble...

Et puis la tâche des

journalistes aujourd'hui est

bien plus difficile que...


DANIEL LESSARD

La polyvalence qu'on leur

demande. D'être à peu près sur

toutes les plates-formes!


BERNARD DEROME

Radio, télé, un peu de web,

quelques interventions.


DANIEL LESSARD

Facebook, Twitter...


BERNARD DEROME

Bon. La réflexion, dedans,

qu'est-ce que c'est? Et,

effectivement, si on s'en va

vers le numérique, je veux dire,

il faut s'assurer qu'il va y

avoir une médiation

journalistique avec un peu

d'éthique, là-dedans.

Ça, c'est très important.


DANIEL LESSARD

T'es pas sur Facebook. À ma

connaissance, t'es pas sur

Twitter. Tu n'y crois pas?


BERNARD DEROME

C'est pas que j'y croie pas.

Peut-être que, si j'étais dans

le quotidien, je le serais.

Peut-être. Twitter, lorsque

j'ai fait mon émission sur...

sur l'argent, avec les gens

fortunés, Télé-Québec m'avait

demandé de tweeter. Alors, j'ai

tweeté un peu, à ce moment-là.


DANIEL LESSARD

T'as aimé ça?


BERNARD DEROME

Bien entouré... Bien ouais...

Mais, tu sais, je veux dire,

tweeter, je veux dire, tweeter,

tweeter, c'est de l'humeur.

Facebook, c'est le paraître.

Alors, je veux dire... pour

l'instant, je... je suis comme

je suis, puis, si les gens

veulent me trouver, ils me

trouveront.


DANIEL LESSARD

Mais les médias sociaux,

tu trouves que ça prend

trop de place?


BERNARD DEROME

Non, pas trop de place, mais

je veux dire: il faut pas

oublier l'ADN, à quelque part,

de ce qu'est l'information.

C'est pas parce qu'on s'en va

vers le numérique et tout, y a

des éléments de base en

information, ça s'appelle des

faits, les faits, des faits.

Vient ensuite l'analyse, puis

l'opinion, c'est beaucoup plus

loin, beaucoup plus loin, puis

ça s'adresse pas à tout le

monde. Moi, je pense que la

roue, tu comprends... Si on veut

changer la... la forme de la

roue, quand ça va être carré,

ça ne tournera plus rond.

Tout ce qu'on peut faire avec la

roue, c'est d'en changer les

matériaux. Alors, il faut... il

faut... être conscient de ça.


DANIEL LESSARD

L'information change,

le monde change. Je regarde des

fois nos amis journalistes,

je regarde une journée comme

celle où il y a eu l'attentat

contre Charlie Hebdo, puis je

me dis: Merde! C'est pas

facile de faire ce métier-là

aujourd'hui. Est-ce que c'est

plus difficile aujourd'hui,

tu penses?


BERNARD DEROME

Bien oui, je pense que c'est

plus dur. L'accès à

l'information est plus

difficile. Je veux dire...

les risques. L'histoire de

Charlie Hebdo, évidemment, c'est

un truc assez... assez

exceptionnel. Je veux dire:

c'est horrible. Mais on n'a pas

fini de voir des choses

horribles, je veux dire, bon...

Et sur le plan domestique,

politique nationale ou

canadienne, la transparence est

pas toujours évidente, hein?

Elle n'est pas toujours

évidente, la transparence.

Il faut... il faut... il faut

trouver des façons de... d'aller

cueillir cette information-là

puis de... enfin, de savoir de

quoi il en retourne. Mais c'est

beaucoup plus difficile.


DANIEL LESSARD

Est-ce qu'il est possible

de faire ce métier-là au niveau

où tu l'as fait... et avoir une

vie familiale à peu

près normale?


BERNARD DEROME

Tu sais, c'est difficile.

C'est certain que c'est...

Je pense que mes enfants ont

écopé beaucoup. Ça, j'en suis

très conscient. Bon, on se

reprend, on les voit le matin,

on leur téléphone beaucoup.

Les week-ends, on le fait.

Mais c'est très difficile.

Mais, évidemment, y a des choix

qu'il faut faire quelque part,

et puis on n'a rien sans rien.

Mes enfants... Ouais, moi, j'ai

culpabilisé beaucoup avec ça.

Et même quand j'ai quitté le

Téléjournal, j'avais fait

allusion à mes... à mes

enfants, puis j'avais un

trémolo dans la voix. Ça, je...

je m'en cache pas. Mes

enfants... enfin, ils me

pardonnent... ils le

comprennent, puis, bon, ils

aiment leur papa, puis leur papa

leur dit qu'il les

aime beaucoup.

(On présente un extrait de la dernière édition du Téléjournal animée par BERNARD DEROME.)

(Début extrait vidéo)

[Début information à l'écran]

Extrait: LE TÉLÉJOURNAL. 18 décembre 2008. Archives Radio-Canada

[Fin information à l'écran]


BERNARD DEROME

Merci à mes enfants

qui ont su comprendre que le

métier de leur père pouvait

parfois aussi être exigeant.

Quant à ce... pincement au

coeur, le temps saura bien

l'adoucir.

(Fin extrait vidéo)


DANIEL LESSARD

T'es, bon, officiellement

à la retraite de Radio-Canada,

comme moi. Mais tu t'es pas

arrêté complètement, t'as

encore des projets, t'as encore

le goût de faire des choses,

t'as encore beaucoup de choses

à apporter. Sans entrer dans les

détails, t'as encore des

projets, tu vas pas... tu vas

pas rester assis chez toi.


BERNARD DEROME

Non, non, mais alors là,

je veux dire, y a, bon...

sur le plan télévision, y a eu

ce documentaire dont j'ai parlé.

Y a eu quelque chose sur les

religions, un moment donné,

l'islam.


DANIEL LESSARD

Ouais.


BERNARD DEROME

Et ensuite, là, je fais

quelque chose sur les valeurs

identitaires. On est là-dedans.

Et puis... bon, je suis associé

à l'Université du Québec à

Montréal, à l'UQAM, à l'Institut

d'études internationales de

Montréal. Beaucoup de plaisir

à prêter mon concours, en

autant que je puisse... les

aider un peu. Et puis... bien,

c'est ça. Puis, des fois,

parler du métier, parler de...


DANIEL LESSARD

Conférences.


BERNARD DEROME

Conférences, des choses comme

ça. Oui, ça me plaît bien. Et

puis, je sais pas, y a peut-être

un autre gros projet. On verra

ce que ça donnera. C'est vrai

qu'il faut avoir des projets.

Autrement, c'est, comme disait

Mulroney, si les

« ball bearings »

ne fonctionnent pas, je veux

dire, c'est... c'est triste,

c'est triste.


DANIEL LESSARD

Bernard, merci mille fois.


BERNARD DEROME

C'est moi qui te remercie.


DANIEL LESSARD

Ça a été un grand plaisir.


BERNARD DEROME

Et ça a été un très grand

plaisir, tout ce qu'on a pu

échanger tout le temps qu'on

était dans le métier, ça a

été... je me souviens que

t'avais déjà dit une chose:

« Nous, on n'a pas à se parler,

mais on se comprend sans se

parler. » C'est encore le cas.

Merci beaucoup, Daniel.


DANIEL LESSARD

Merci.

(Générique de fermeture)

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