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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Viviane Gosselin : conservatrice de musée

Vancouver est aussi une ville culturelle avec sa musique, du théâtre, de la danse et plusieurs musées. L’un de ces musées, le Musée de Vancouver, sort de l’ordinaire.
C’est un lieu de rencontre qui met en vedette la ville elle-même; son passé, bien sûr, mais depuis quelques années, son présent et son avenir.
Et au coeur de l’action, il y a Viviane Gosselin, conservatrice aux affaires contemporaines au Musée de Vancouver.
Cette québécoise est arrivée à Vancouver pour y planter des arbres, il y a une trentaine d’années; elle y a maintenant ses racines…



Réalisateur: Joanne Belluco
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION


Générique d'ouverture


[Début information à l'écran]

Carte de visite

[Fin information à l'écran]


Pendant que GISÈLE QUENNEVILLE présente son invitée, VIVIANE GOSSELIN, on montre des images de la ville de Vancouver ainsi que du Musée de Vancouver.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vancouver, c'est une grande

ville, la troisième

en importance au Canada.

Il y a la mer et les montagnes,

une population très diversifiée

et des maisons qui coûtent cher.

Mais Vancouver est aussi une

ville culturelle, avec musique,

théâtre, danse et musées. Un de

ces musées sort de l'ordinaire.

Le Musée de Vancouver est

un lieu de rencontres qui met en

vedette la ville. Son passé,

bien sûr, mais depuis quelques

années, son présent et son

futur. Au coeur de l'action,

Viviane Gosselin, la

conservatrice des affaires

contemporaine du Musée de

Vancouver. Cette Québécoise est

venue à Vancouver pour planter

des arbres il y a une trentaine

d'années. Depuis, elle y

a planté des racines.


VIVIANE GOSSELIN

(Citation tirée de l'entrevue)

On essaye

de briser un peu l'idée que

les musées, c'est des espaces

poussiéreux avec des

panneaux didactiques.


L'entrevue suivante se déroule dans une salle d'exposition du Musée de Vancouver.


GISÈLE QUENNEVILLE

Viviane Gosselin, bonjour.


VIVIANE GOSSELIN

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Viviane, parlez-moi de

ce musée, le Musée de Vancouver.

J'ai l'impression que ce n'est

vraiment pas un musée

comme les autres ici.


VIVIANE GOSSELIN

Bien, on aime penser ça

qu'on est un musée novateur.

Alors, on est un musée qui nous

parle, qui aide les gens à

connaître la ville de Vancouver,

qui s'intéresse aux enjeux

d'urbanité, qu'est-ce que

c'est la ville, comment les gens

peuvent participer, et en fait,

participer à l'élaboration de la

ville. Parce que la ville, c'est

quelque chose d'hyper dynamique,

et chacun a la possibilité

d'ajouter son grain de sel. Et

donc, on parle de la ville

sous plusieurs facettes.


GISÈLE QUENNEVILLE

Un musée qui parle de

Vancouver, alors est-ce que ce

sont les locaux qui viennent

ici, ou est-ce que ce sont

plutôt des touristes?


VIVIANE GOSSELIN

En fait, c'est un mélange.

L'été, c'est sûr qu'il y a plus

de touristes. La plupart des

gens le savent. Il y a une

saison de pluie à Vancouver,

alors la saison musées pour les

gens de Vancouver, et dès que la

saison est plus belle, les gens

essayant d'explorer l'extérieur,

bien sûr, la côte étant

magnifique. Alors on a beaucoup

de touristes en été et donc, on

s'adresse à eux aussi, parce

qu'on ne veut pas prendre pour

acquis qu'ils connaissent la

ville et c'est ça. Donc il y

a un mélange en tout

temps à peu près.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce que les gens de

Vancouver ne savent

pas de leur ville?


VIVIANE GOSSELIN

Bien en fait, plein de choses.

On se rend compte que les

gens... Par exemple, on se

retrouve ici dans l'exposition

des néons et on voit des néons

un petit peu partout dans

la ville, mais on ne connaît pas

l'origine et le fait que la

ville était "la" ville du néon à

un moment donné dans les années

50. Alors, ça nous permet, je

pense, de ne pas prendre

la ville pour acquis et de

s'investir un peu dans son

histoire pour après ça,

penser à son futur.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ici au musée, vous êtes la

conservatrice de la culture

contemporaine. Qu'est-ce

que ça veut dire ça?


VIVIANE GOSSELIN

Bien en fait, la culture

contemporaine, ce que ça veut

dire de se concentrer sur la

culture contemporaine, on fait

toujours ça même en histoire,

c'est toujours d'avoir un point

d'une perspective sur, comme je

disais, de faire des points

entre le passé, le présent et où

on s'en va. Et donc, toujours on

prend un angle où on parle de la

pertinence contemporaine de tels

ou tels enjeux, des questions

sur la sexualité par exemple.

Oui, on parle de ce qui se

passait en 1900, mais aussi,

comme je disais, on tisse les

liens avec ce qui se

passe aujourd'hui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est courant

d'avoir un poste de

conservatrice de culture

contemporaine dans un musée ou

est-ce que c'est

unique à ce musée?


VIVIANE GOSSELIN

Oui, les musées depuis les

10, 15 dernières années se

concentrent sur s'assurer que ce

dont ils parlent, même si ce

sont des faits ou des événements

historiques, de toujours

voir ça à travers des yeux

d'aujourd'hui. Et en mettant le

titre, je pense que les gens

nous posent des questions.

Alors, pourquoi est-ce que

tu parles de la condition

contemporaine? Tu travailles

dans un musée, tu devrais parler

d'Histoire. Si on veut parler de

la culture contemporaine, on

écoute l'actualité. Et donc,

nous, on essaierait un petit peu

plus en profondeur et c'est ça.

Donc le titre comme tel, ça

signale essaye de se réinventer,

donc en 2008. Et oui, je fais de

la recherche en Histoire, mais

avec l'idée de penser comment

est-ce que ça peut nous aider à

repenser la ville pour le futur.

Par exemple, Sex Talk in the

City, on avait une chronologie

sur les vibrateurs de 1850

jusqu'à aujourd'hui. Et on

travaillait avec des designers

industriels qui se spécialisent

dans la création de jouets

sexuels et aussi avec des

historiens. Et donc, on voulait

que tout le monde se retrouve

là-dedans et aussi, on utilise

de l'humour. Dès qu'il y a des

questions sensibles, la façon de

bien faire passer ces... Avec

l'humour, je pense

qu'on a réussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais justement, en me

promenant dans les quelques

salles que j'ai vues jusqu'à

maintenant, on sent qu'il y a de

l'humour un peu partout dans ce

musée. Quelle est l'importance

de l'humour dans

vos expositions?


VIVIANE GOSSELIN

Les gens viennent ici après le

travail, en fin de semaine. Les

gens ont des horaires chargés.

On ne veut pas faire avaler

une pilule. C'est pas l'idée que

quand tu vas faire

une visite de musée,

on veut que ça se passe dans

le plaisir, c'est ludique. Et en

même temps, on essaye de

communiquer des

choses sérieuses.

Donc on voudrait que les gens,

par exemple, deviennent des

acteurs sociaux peut-être plus

actifs. Comment est-ce qu'on

peut les encourager? C'est

ça. Donc dans l'humour, on pense

qu'on passe le message d'une

façon plus efficace et puis

d'ailleurs, notre équipe aussi

s'amuse beaucoup plus. Et c'est

ça. Je pense qu'aussi, on essaye

de briser un peu l'idée que

les musées, c'est des espaces

poussiéreux avec des panneaux

didactiques et tout ce que tu

fais, il faut que ça soit dans

le silence. On veut que les gens

rient, que ça se promène

en groupes, que ça se déplace et

que les gens aussi fassent des

liens ensemble. Parce que

c'est plutôt rare que les gens

visitent seuls. Alors, on est un

lieu où les gens se donnent une

espèce de... Encore là, c'est un

catalyseur pour que les gens se

retrouvent ensemble, mais ne se

regardent pas dans le blanc des

yeux. On se parle, mais avec par

intermédiaire, un objet,

une idée, une thématique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'un musée, c'est pour

divertir ou pour instruire?


VIVIANE GOSSELIN

Moi, je pense que c'est pour

les deux, pour instruire, pour

divertir, pour se retrouver en

fait, parce que les gens ont un

grand besoin d'appartenir à un

groupe, à une collectivité. Donc

pour les Vancouvérois, ils ont

l'impression de plus connaître

la ville. En fait, plus on a

l'impression de s'identifier,

de se reconnaître, on veut

participer. Et donc oui, c'est

un but identitaire, mais aussi

plus léger. Les gens veulent

être dans l'espace pour

peut-être se rafraîchir, se

réénergiser et oublier aussi

le quotidien. Il y a ça.


On montre des images de la plage Wreck Beach.


VIVIANE GOSSELIN

Il y a une plage qui s'appelle

Wreck Beach et c'est une plage

de nudistes. Quand les jeunes

arrivent à Vancouver, c'est

un des premiers lieux où on veut

aller. Il faut passer par le

campus universitaire et on

descend. Il y a un escalier très

escarpé et là, on se retrouve

sur la plage de nudistes qui est

là depuis les années 70. Encore

c'est magnifique parce qu'on

voit les montagnes, on voit

les voiliers qui se promènent.

Il y a des plages qui sont très

publiques, si on veut. Celle-là

est un peu plus cachée, alors on

a l'impression d'être sur

une île au trésor.

Disons que j'essaye d'éviter le

temps de grande affluence,

mais ça peut être très, très

tranquille et on se

retrouve seul facilement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Viviane, vous avez grandi à

Granby au Québec. Est-ce que

vous avez visité beaucoup de

musées dans votre jeunesse?


VIVIANE GOSSELIN

Oui, très jeune on a voyagé.

Mon père est géographe de

formation et puis, pendant

les étés, on voyageait beaucoup.

Et c'est sûr que ça fait partie

de l'expérience de voyage. Alors

en fait, souvent les villes en

Europe, c'était comme

des grands musées

aussi dans lesquels on marche.

Et j'étais pas particulièrement

férue des musées. Je me souviens

souvent d'avoir voulu sortir et

dire: bon, maman, est-ce que je

peux avoir de l'argent? Je

vais aller m'acheter de la crème

glacée. On sort du Louvre,

j'en peux plus! J'ai passé une

demi-heure, c'est assez. Mais

quand même, on voit qu'après

plusieurs années, c'est quelque

chose dont j'ai pris goût

et oui, ça fait partie

de l'expérience.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'il y a un

musée qui vous a marqué?


VIVIANE GOSSELIN

Oui en fait, c'est le musée

des enfants à Boston. Je me

souviens, j'avais 12 ans et

c'était la première fois en

fait, que c'était un musée qui

s'adressait à moi. Et donc,

comme enfant, j'avais

l'impression que c'était mon

royaume, que tout était fait,

que le peu de textes qui

étaient là étaient pour moi.

C'était drôle, c'était vivant.

Disons que c'était pas sérieux

et ça, ça m'avait surpris. Et je

me souviens avoir adoré et ne

pas vouloir en sortir. Je pense

que trois heures, c'était trop

court. Alors oui, ça, ça

m'avait bien marquée.


GISÈLE QUENNEVILLE

Avant d'étudier en muséologie,

vous avez étudié en

design graphique, crois.


VIVIANE GOSSELIN

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est un parcours

traditionnel, courant pour

se rendre en muséologie.


VIVIANE GOSSELIN

Je dirais que la constante, si

on regarde le profil des gens

qui travaillent dans les musées,

c'est la diversité. Alors, il y

a des gens qui ont été formés en

journalisme, en communication,

d'autres en design. Donc

l'équipe de marketing, c'est

sûr, c'est un profil plus

marketing, donc c'est très, très

varié. Et en fait, je dirais que

les gens s'attendent à ce qu'on

ait un parcours riche et le mien

a donc commencé en design.

J'aimais le design, en fait, de

l'objet, donc je faisais des

chaises, des tables pour les

restaurants, les cafés. Donc

pendant quelques années,

j'ai fait ça et donc à un moment

donné, je suis arrivée ici,

j'ai travaillé au Musée

d'Anthropologie dans le

département design. Et c'est là

que j'ai fait le pont. Je

me suis intéressée à l'idée plus

large de la mise en scène, de

l'interprétation du

commissariat d'exposition.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors vous êtes venue à

Vancouver pour le

travail essentiellement?


VIVIANE GOSSELIN

En fait, non. Mon anglais

était terrible dans les années

90 et quand je voyageais, je

voyais que l'anglais était

nécessaire et j'étais très

médiocre. Et l'été où je n'ai

pas pu aller en Europe parce

qu'il fallait que je fasse

des sous, je me suis dit

que Vancouver, c'était une

destination intéressante et

donc, je suis venue pour

travailler. Et en fait, j'étais

venue aussi... Je m'étais dit

que j'allais planter des arbres.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ouh!


VIVIANE GOSSELIN

En atterrissant à Vancouver,

j'ai senti l'air de la mer et je

me suis dirigée vers l'auberge

de jeunesse pour un court séjour

avant d'aller dans le nord et là

j'ai dit: non, moi, je reste

ici, c'est trop beau. Et fait,

j'ai trouvé, j'ai décroché un

petit emploi à la cafétéria de

l'auberge de jeunesse, parce que

c'est tout ce que je pouvais

faire, couper des carottes à peu

près, parce que c'est ça, je

pouvais pas converser en anglais

très, très bien. Et donc, j'ai

habité quelques mois à Vancouver

de cette façon-là et après ça,

j'ai fait transférer mes crédits

universitaires du Québec à la

Colombie-Britannique pour avoir

une vraie immersion anglophone

au niveau universitaire. Ça a

été un peu pénible au début,

mais bon, ça s'est fait et c'est

à ce moment-là que j'ai commencé

à travailler au département de

design au Musée d'Anthropologie.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et est-ce qu'il était question

de rentrer au Québec à un moment

donné ou vous saviez que c'était

ici que vous alliez

faire votre vie?


VIVIANE GOSSELIN

Bien, à cette époque-là,

j'étais en début de vingtaine,

c'était beaucoup au présent, on

vivait beaucoup au présent. Donc

moi, je m'étais dit: Bon, je

peux passer une année, après ça,

on verra. Après c'était une

autre année et après, je

suis retournée au Québec en fait

faire une maîtrise en

muséologie parce que c'était

vraiment là, ça se définissait

de plus en plus où je pouvais

aller, plusieurs bagages,

donc de design et après ça

d'histoire de l'art et de

muséologie. Donc j'ai fait une

maîtrise dans le domaine et en

me concentrant sur la gestion de

projet, donc à l'École

de gestion à l'UQÀM.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais j'ai l'impression que

la mer et les montagnes

vous ont rappelée

en Colombie-Britannique.


VIVIANE GOSSELIN

Exactement. Une fois

qu'on commence à habiter en

Colombie-Britannique, c'est

l'espace, la ville, la relation

avec la nature. Je pense que

c'est unique au monde et j'ai de

la difficulté à

quitter ces lieux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est dur d'être

francophone à Vancouver,

de garder son français, de

maintenir son français.


VIVIANE GOSSELIN

Oui, dans ce sens-là, parce

que la question peut être vue de

deux façons. Mais de maintenir

son français, c'est difficile,

les enfants vont... Moi, je

parle français à la maison, mais

ils sont, bon là, ils

sont ados mes garçons.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez deux garçons.


VIVIANE GOSSELIN

J'ai deux garçons, 14 et

15 ans. Alors on se parle en

français, mais bon, c'est

franglais, donc il y a une

espèce de triangle. Mon mari ne

parle pas le français, mais

il le comprend. Donc je parle en

français, les enfants répondent

en franglais. Mais je pense

que c'est l'expérience

des francophones en

Colombie-Britannique. Donc on

est en minorité, on se retrouve

des fois en petits groupes et on

peut parler. Mais en général, la

vie au quotidien, ça se déroule

en anglais. Alors c'est certain

que mon français en a pris un

coup au fil des années, mais

j'essaye de continuer à garder

des contacts. Et c'est sûr, bon,

avec la famille, ça se

passe toujours en français.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quelles sont les choses que

vous aimez le plus de Vancouver?


VIVIANE GOSSELIN

Ce que j'aime le plus? La

capacité de voir les montagnes à

peu près en tout temps. Donc la

montagne, sentir l'océan et...

d'être capable de se déplacer.

En fait, la densité de la

population, on ne sent pas... Si

je compare à Montréal et à

Toronto, on respire bien.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'il y a des choses

que Vancouver pourrait

apprendre d'autres villes?


VIVIANE GOSSELIN

Oui. Les passions en fait, ça

change tranquillement pas vite.

Donc, les heures d'ouverture.

Moi, quand j'ai des gens qui

arrivent à Vancouver, on va dans

un petit café à 10h. En plein

milieu de la semaine, tout ferme

à 10h. C'est incompréhensible

pour les gens qui viennent

d'ailleurs. Et donc la vie en

soirée, c'est quelque chose

disons un peu tranquille.


On montre des images de la bande dessinée « Persepolis », de l'auteur Marjane Satrapi.


VIVIANE GOSSELIN

Un livre que j'ai beaucoup

aimé, c'est Persepolis.

Une auteure d'origine iranienne,

mais qui est maintenant à Paris.

Elle a sorti ce livre-là au

début des années 2000 en quatre

tomes et ça parle de son

expérience comme adolescente en

Iran alors qu'il y avait des

bouleversements politiques. Et

donc, il y a eu la rentrée des

fondamentalistes, si on veut,

des radicaux, et on observe

l'impact de ces bouleversements

politiques-là au quotidien. Et

donc, j'ai un peu l'impression

de rentrer dans son histoire

comme si je la vivais.


On présente un extrait du film « La mauvaise éducation », du réalisateur Pedro Almodóvar.


VIVIANE GOSSELIN

Moi, j'aime beaucoup Pedro

Almodóvar, qui est un

cinématographe qui est espagnol.

Donc il a fait toute une série

de films, je pense qu'il n'y a

pas un film qu'il a fait que je

n'aime pas. Donc

La Mauvaise

Éducation, Tout sur ma mère,

ça, c'est des films qui ont été

faits dans les années 90 et les

années 2000 et il produit

encore énormément.

Ce que j'aime de ses films,

c'est qu'on devient familier

avec des lieux qui nous sont

étrangers. Donc on rentre dans

des univers de marginaux, si

on veut et donc, on essuie et on

voit comment ça se passe dans le

quotidien, mais il y a toujours

des tournures surprenantes et

quelque chose de flamboyant

dans son histoire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Viviane, on disait que le

musée de Vancouver, c'est un

musée pas comme les autres.

J'aimerais qu'on parle un peu

des expositions. Commençons avec

la salle où on est en ce moment.

C'est une exposition qui est

intitulée Neon Vancouver/Ugly

Vancouver et c'est ce qu'on

voit, ce sont des néons. Alors

comment est-ce que tous ces

néons ici ce sont

trouvés au musée?


VIVIANE GOSSELIN

OK, alors ça, la plupart des

néons ici font partie de la

collection permanente et

on en a fait l'acquisition

depuis les années 70. L'histoire

des néons à Vancouver est

intéressante dans le sens que

c'était "la" ville du néon en

Amérique du Nord dans les années

50. On a retrouvé jusqu'à 19 000

néons dans la ville. Alors on

s'imagine, c'est pas une ville

qui est énorme quand même. On

peut s'imaginer 19 000 néons

un peu partout. Et donc le titre

Néons de Vancouver vient du

fait... En fait, on voulait

provoquer parce que bon, les

Vancouvérois aiment savoir, se

dire à quel point la ville est

belle et l'histoire du néon nous

rappelle qu'à un moment donné,

avec ses 19 000 néons, panneaux

partout dans la ville, il y a

des citoyens qui se sont plaints

et qui ont demandé au conseil

municipal de créer des

règlements pour en fait, les

ôter ces néons-là parce que

ça venait cacher la vue, les

montagnes, la mer, on les voyait

pas. Et donc, ce qui est arrivé,

c'est que de petit peu par petit

peu, les lois se sont modifiées,

et à partir de la fin des années

70, on ne pouvait plus installer

de panneaux. Et à un moment

donné, dès qu'il y avait des

néons qui étaient défectueux,

on les ôtait et on ne les

remplaçait pas et c'est ça. Donc

il y a eu vraiment une espèce de

croisade contre les néons à

Vancouver parce qu'autant

les gens s'identifiaient avec le

look Las Vegas pendant les

années 50, autant dans les

années 60, c'était trop. Il y a

eu un trop-plein. Et ce qui nous

reste à Vancouver, c'est sur la

rue Granville au centre-ville.

Et l'exposition nous rappelle un

peu comment on a toujours

une relation d'amour

et de haine avec le néon

et que la définition de ce

qu'est une belle ville, ça

change. Autant c'était beau dans

les années 50, autant les gens

se sont mis à les détester, les

néons, dans les années 60 et là,

c'est sûr que ça revient.

Ça fait très vintage et les gens

les achètent et les

remettent sur leur façade.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez dit tantôt que le

titre, c'était un peu pour

provoquer, Ugly Vancouver.

Est-ce que ça a provoqué?

Est-ce que des gens ont réagi?


VIVIANE GOSSELIN

Oui, les Vancouvérois ont été

un peu perplexes. Comment est-ce

qu'on peut avoir "Ugly" et

"Vancouver" dans la même phrase?

Mais les gens ont pris ça avec

un sourire, parce qu'ils se sont

rendu compte très vite que ça

faisait partie de l'Histoire. Et

comme je le disais, les gens

marchent, voient des néons et ne

connaissent pas l'histoire

derrière ça donc c'est charmant.


GISÈLE QUENNEVILLE

L'exposition qui a lieu en

ce moment, c'est The Happy Show.

Alors j'imagine que The Happy

Show, c'est qu'à Vancouver,

on est très heureux, c'est ça?


VIVIANE GOSSELIN

En fait, oui et non dans le

sens que les gens aiment la

ville. Les gens, en général,

sont heureux. Mais bon, il y a

eu un sondage qui a été passé à

travers le Canada et disons

que les Vancouvérois se sont

retrouvés les moins heureux

au Canada. La raison disait:

l'isolement social. Donc les

gens vivent seuls, les gens

aussi passent beaucoup de temps

à travailler énormément, parce

que, bon, le prix des maisons,

c'est énorme ici, de vivre ici

ça coûte très, très cher. Alors

donc, il y a un certain poids

qui vient avec ça. C'est beau,

mais c'est une ville qui est

très coûteuse, donc il y a des

insatisfactions de ce côté-là.

The Happy Show, c'est une

exposition qui a voyagé. C'est

une exposition qui a été conçue

par Stefan Sagmeister, qui

est un designer très, très connu

d'origine autrichienne, mais qui

habite maintenant à New York. Et

donc, lui même partage avec

le public le fait qu'il a eu des

problèmes de dépression et de

consommation avec l'alcool et la

drogue abusive. Mais je veux

dire, c'est quelqu'un qui est

célèbre dans son domaine. Donc

ce qu'il a décidé de faire parce

qu'il est très discipliné, c'est

qu'il travaille pendant un an et

pendant une autre année, il fait

une sabbatique où il pense à des

sujets qui sont importants pour

lui. Et un sujet bien important,

c'est qu'est-ce qui me rend

heureux et quelle est la place,

le rôle du design d'objet pour

rendre les gens plus heureux. Et

donc, The Happy Show c'est le

fruit d'une de ces années-là

qu'il a passée à réfléchir sur

ce qui le rend heureux. Et

ça, c'est tout un travail

introspectif, mais qu'il partage

avec les gens. Et dans sa

réflexion, il y a comme des

grandes vérités qui font que les

gens peuvent se retrouver

là-dedans. Donc en dix temps, on

voit dix grandes vérités. Par

exemple, pour moi, prendre des

risques, ça finit toujours par

être gratifiant. Donc j'ai peur

au début, mais ça vaut la peine.

Et là, il y a une

installation autour de ça.

Aller au-devant des gens, ce

n'est pas quelque chose qui...

Lui, il a une personnalité

plutôt réservée.

D'aller au-devant des gens,

c'est quelque chose qui lui

demande beaucoup, mais il dit

que: "Quand je le fais, il y a

quelque chose qui se passe, il y

a une chimie qui se passe entre

les gens et encore là, c'est

un élément qui me rend heureux."

Mais pour chaque vérité, il y a

comme un interactif et les

gens sont invités à participer

là-dedans. Donc il y a quelque

chose de très ludique là-dedans,

et en même temps, on parle de

choses très sérieuses, parce que

l'idée du bonheur, c'est quelque

chose que je pense qu'à peu près

tout le monde espère, voudrait

être heureux ou plus heureux. Et

c'est ça aussi la chose. Vivre

dans le présent, c'est quelque

chose dont il parle, parce que

quand on est toujours en train

de regarder dans... Comment

dire? De penser que le moment

maintenant n'est pas assez

bon... On est insatisfaits de

façon éternelle, alors voilà, ce

sont de grandes vérités qui nous

parlent qu'il met en espace et

les gens, ce qu'on espère, c'est

que ces dix grandes vérités-là,

même si elles sont pas... Je

veux dire, c'est quelque chose

de très biographique en fait

cette exposition-là. Mais on

pense que la façon dont ça a été

fait, que les gens peuvent

s'imaginer: "Moi, si j'avais

à penser quelles sont les

choses qui me rendent heureux,

qu'est-ce que ça serait? Si

j'avais à mettre ça dans

l'espace, sur le mur, qu'est-ce

que ce serait ces images-là?" Et

je pense que c'est très bien.


GISÈLE QUENNEVILLE

En me promenant dans ce musée,

j'ai l'impression que vous, vous

avez une grande satisfaction et

un grand bonheur à faire ce

que vous faites. Est-ce

que j'ai raison?


VIVIANE GOSSELIN

Eh oui. Bien oui. Parce

que un: on travaille sur

des thématiques qui sont

intéressantes, mais surtout,

c'est des équipes. On passe

beaucoup de temps ensemble.

Donc pendant deux ans, on se

retrouve, peut-être pas à tous

les jours, parce que bon,

l'équipe du musée, c'est

l'équipe qui travaille le

plus ensemble, mais on a des

designers, des illustrateurs, le

comité d'experts. Et on part

avec une page, un scénario après

ça qui fait six pages et après

ça, on se retrouve avec 10 000

pieds carrés de scénographie, et

on espère faire vivre des

moments dits enchanteurs au

public et c'est quelque

chose de très satisfaisant.


GISÈLE QUENNEVILLE

Viviane Gosselin,

merci beaucoup.


VIVIANE GOSSELIN

Merci, c'est moi

qui te remercie, Gisèle.


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