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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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George Weber : PDG, hôpital Le Royal d'Ottawa

Le PDG de l’hôpital Royal d’Ottawa, George Weber, a toujours eu le même objectif : améliorer les conditions de vie des gens les plus vulnérables.
L’ancien grand patron de la Croix-Rouge a volé au secours des victimes des grandes catastrophes, au Canada comme à l’étranger. Aujourd’hui, ce sont les questions de santé mentale qui le préoccupent. Un problème beaucoup plus répandu qu’on le croit, surtout chez les jeunes.
Voilà pourquoi il est au coeur de projets innovateurs comme celui qui vise à réduire le suicide chez les adolescents.



Réalisateur: Linda Godin
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Début générique d'ouverture


Titre :
Carte de visite


Fin générique d'ouverture


Pendant que DANIEL LESSARD présente son invité, GEORGE WEBER l'ancien patron de la Croix-Rouge, on montre l'homme dans un édifice moderne en verre et dans un hôpital.


DANIEL LESSARD

On dit de George Weber

qu'il a toujours eu le même

grand objectif: améliorer

les conditions de vie

des gens les plus vulnérables.

L'ancien grand patron de

la Croix-Rouge a volé au secours

des victimes des plus grandes

catastrophes au Canada comme à

l'étranger. Aujourd'hui, ce sont

les questions de santé mentale

qui le préoccupent, un problème

beaucoup plus répandu qu'on

ne le croit, surtout chez les

jeunes. Voilà pourquoi le PDG

de l'Hôpital Royal d'Ottawa est

au coeur d'un projet innovateur

comme celui qui vise à réduire

le suicide chez les adolescents.


L'entrevue se déroule dans un bureau. Les deux hommes sont face à face sur de petits fauteuils avec une table basse entre eux.


DANIEL LESSARD

M. Weber, bonjour.


GEORGE WEBER

Bonjour, Daniel.


DANIEL LESSARD

Vous allez bien?


GEORGE WEBER

Mais comme

d'habitude, excellent.


DANIEL LESSARD

Commençons par la Croix-Rouge.

Comment vous êtes arrivé là? Ça

fait quand même très longtemps.


GEORGE WEBER

Oh, ça fait très longtemps.

Je ne vais pas dire la vérité,

mais ça fait plus de 50 ans

que je suis impliqué

dans la Croix-Rouge.

Ma formation à l'école primaire

quand j'étais... Il y avait

des fonds pour la Croix-Rouge

à travers des ventes

de calendriers dans

la cinquième année.


DANIEL LESSARD

Hum, hum.


GEORGE WEBER

Et la sixième. Et ensuite,

j'étais entré dans leur service

de sécurité aquatique quand

j'avais 13, 14 ans et j'ai

continué dans cette ligne.

J'étais un bénévole, je suis

toujours un bénévole maintenant.

J'étais à Genève il y a quelques

semaines et j'ai été toujours

impliqué la plupart de ma vie

avec la Croix-Rouge et

le Croissant-Rouge.


DANIEL LESSARD

La Croix-Rouge, c'est partout

sur la planète, tout le monde

connaît la Croix-Rouge. Vous

êtes allé sur le terrain, vous

avez une très bonne expérience

du terrain. Votre première

grande mission, ça a été quoi?

Le Vietnam à la fin

de la guerre?


GEORGE WEBER

Euh oui, c'était pendant la

guerre jusqu'à la fin de la

guerre. J'appartenais à une

équipe de la Croix-Rouge

canadienne qui était sur

l'accord de paix qui a été signé

à Paris entre Henry Kissinger,

qui était le secrétaire d'État

des États-Unis et Lê Duc Tho,

qui était le ministre des

Affaires étrangères du Vietnam

du Nord. Et dans cet accord,

il y a trois sociétés nationales

qui étaient nommées pour aller

au Vietnam pendant une période

de 120 journées, pour faire

des visites aux prisonniers

du conflit des deux côtés,

au Nord et au Sud. C'était

ma première mission.


DANIEL LESSARD

Et de vous assurer que les

prisonniers étaient bien

traités, qu'on respectait

les traités internationaux.


GEORGE WEBER

C'est ça, exactement,

les niveaux, les standards

internationaux. Mais cette

mission, ce n'était pas réussi,

parce qu'il y avait trop de

négociations, des négociations

prolongées et à la fin, la

mission n'était pas réussie.

Mais entre-temps, quand

les négociations ont continué

au Vietnam, au commencement

de 1973, je suis allé travailler

avec la Croix-Rouge du Vietnam

du Sud avec les jeunes bénévoles

et nous avons fait des

distributions de nourriture

et de secours aux gens blessés

partout, les civils

blessés, partout.


DANIEL LESSARD

Et à cette époque-là, la

Croix-Rouge c'était... Je ne

sais pas si le mot est bien

choisi, mais c'était sacré.

On respectait la Croix-Rouge

beaucoup plus qu'aujourd'hui

où les gens veulent que vous

soyez de leur côté ou pas.


GEORGE WEBER

Oui, oui, c'était bien

respecté. Respecté par tous les

côtés, par les Vietnamiens du

Vietnam du Nord avec les forces

régulières et par les Viêt Cong.

Je n'ai eu aucun problème

pendant les périodes où j'étais

au Vietnam en 1973, et j'étais

retourné en 1974, jusqu'à

presque la fin de 1974.


DANIEL LESSARD

Ça a été plus

difficile au Rwanda?


GEORGE WEBER

Oh ça, c'est... Oui, une autre

chose. Au Rwanda, ça, c'est

maintenant en 1992 et 1993.

J'étais le secrétaire général,

le chef de direction à Genève

à l'époque, et nous avons traité

des milliers et des milliers de

réfugiés qui avaient quitté

le Rwanda pour le Congo,

la Tanzanie, le Burundi.

C'était une situation très,

très difficile à l'époque. Nous

n'avons pas pu travailler au

Rwanda pendant la guerre civile.


DANIEL LESSARD

Pourquoi? C'était

trop dangereux?


GEORGE WEBER

C'était trop dangereux.

Vraiment. Et vous vous rappelez

que les Nations unies, les

forces armées des Nations unies

ne pouvaient pas travailler

aussi. Ils étaient limités dans

une certaine partie du pays,

ils ne pouvaient pas voyager

partout. C'était trop

dangereux pour nos permanents.


DANIEL LESSARD

À ce moment-là, vous étiez le

grand patron de la Croix-Rouge,

le numéro 1. Vous avez été

le premier Canadien à

occuper ce poste-là?


GEORGE WEBER

Je suis le premier Canadien

nommé comme secrétaire général

et chef de direction de la

Croix-Rouge, la Fédération

internationale de la Croix-Rouge

et du Croissant-Rouge de Genève.

Et ça regroupe toutes les

sociétés nationales autour

du monde et maintenant,

il y a une Croix-Rouge

ou un Croissant-Rouge

dans tous les pays du monde.


DANIEL LESSARD

Est-ce que, M. Weber, on

attend trop de la Croix-Rouge?

Est-ce qu'on demande

trop à la Croix-Rouge?


GEORGE WEBER

Ouh, c'est une très bonne

question. Euh... On peut

travailler avec les ressources

qui ont été mises à notre

disposition. Mais il y a

des limites, il y a toujours

des limites. Bien sûr que nos

bénévoles et nos permanents

veulent faire plus, mais nous

sommes limités toujours par les

ressources qui sont mises à

notre disposition. Et pour le

Rwanda, pour d'autres endroits,

l'ex-Yougoslavie, parce que nous

sommes... Pendant la période où

j'étais à Genève, j'ai traité la

situation de l'ex-Yougoslavie et

c'était difficile. Il manque des

ressources toujours, parce que

ce n'est pas seulement...

Vous avez l'ex-Yougoslavie

qui était en Europe.


DANIEL LESSARD

Oui.


GEORGE WEBER

Et c'était vraiment le premier

grand conflit au sud de l'Europe

depuis la Deuxième Guerre

mondiale. Et vous avez le Rwanda

en même temps, et vous avez des

situations toujours au Cambodge,

vous avez plusieurs situations,

partout le monde qui ont besoin.


DANIEL LESSARD

Oui.


GEORGE WEBER

La difficulté, c'était que

quand vous aviez deux, trois

situations graves dans

le monde, le focus

est avec les donateurs,

les bailleurs de fonds, ce sont

ces opérations qui sont dans

les manchettes des journaux

ou dans les télés.


DANIEL LESSARD

Oui.


GEORGE WEBER

Et il y a beaucoup d'autres

besoins dans d'autres pays

affectés par des tremblements de

terre, des inondations, des

conflits armés, mais c'est pas

sur les manchettes et c'est

difficile d'avoir le même

montant des ressources.


DANIEL LESSARD

Au Canada, il y a eu l'épisode

du sang contaminé. Ça n'a

pas été facile, j'imagine.


GEORGE WEBER

Ça a été une période très

difficile pour tout le monde.

C'était pour nous, qui étions

dans la Croix-Rouge à l'époque,

nous avons fait tout ce qui

était possible de faire,

parce que nous dépendons

du gouvernement et spécialement

le gouvernement fédéral

pour réguler les situations.

Pour réguler quand on met les

nouveaux tests, il faut être

licencié par le gouvernement

fédéral. Mais en besoin,

les gouvernements provinciaux

et des territoires qui

payent pour les tests.


DANIEL LESSARD

Oui, oui, oui.


GEORGE WEBER

Et c'était toujours les

"delicacy". Nous avons fait des

apparitions, mais on dépend du

côté d'être en ligne en même

temps et ce n'est pas toujours

arrivé. Et ça a été une période

difficile pour tout le monde.


Ici on montre la ville d'Ottawa vue de l'autre côté de la rivière des Outaouais, le chalet de Monsieur Weber, une affiche d'un restaurant mexicain et une petite marina.


GEORGE WEBER

J'ai deux endroits préférés:

mon chalet près de Wakefield,

mais plus proche, c'est dans un

restaurant, parce que vers la

fin de la journée, tu peux voir

le Parlement, la résidence du

Premier ministre, la résidence

de l'ambassadeur d'Angleterre,

l'ambassadeur de France et la

résidence de l'ambassadeur des

États-Unis tout le long sous la

colline. C'est joli avec le

soleil qui descend et avec les

bateaux devant vous. C'est une

place pour lever un petit verre.

Vers la fin de la journée

en été, c'est précieux.

Ça donne beaucoup de plaisir.


DANIEL LESSARD

M. Weber, vous êtes maintenant

le grand patron de l'Hôpital

Royal d'Ottawa où la santé

mentale est votre préoccupation.

D'où vous est venu cet intérêt

pour la santé mentale?


GEORGE WEBER

Où?... Je n'ai pas réalisé

comment j'ai été touché

par cette maladie.

Quand je suis venu ici pour

l'aider, parce que depuis un

petit moment, c'était en crise,

avec crise financière, crise...

Il y avait des mauvaises

manchettes dans les journaux à

Ottawa, il y avait des tensions

avec les syndicats, tout ça.

Et quand je suis resté ici,

je me suis rappelé l'histoire

de mon beau-frère qui

souffre de schizophrénie.

Et quand j'ai été ici, je l'ai

rencontré et nous avons parlé un

peu de son expérience avec Saint

Thomas, des hôpitaux, même nous

autres, et qu'est-ce qui s'est

passé dans sa vie. Et il était

une personne qui souffrait de

schizophrénie quand il était

jeune, mais il peut travailler,

il peut continuer quand même.


DANIEL LESSARD

À peu près normalement?


GEORGE WEBER

Quand même normalement,

et c'est seulement à 30% que

les gens ont un cas sévère

de schizophrénie. Et l'autre

cas, c'était mon père, qui était

un... Mon père, ses dernières

années, quand j'étais à Genève,

j'étais retourné et il souffrait

de Alzheimer. Et ma femme,

qui était médecin, elle m'a dit:

"George, je pense qu'il souffre

de dépression chronique."

Et c'est dommage, parce que s'il

était venu ici dans notre

programme de gériatrie

de psychiatrie,

sa vie aurait pu être...


DANIEL LESSARD

Changée?


GEORGE WEBER

Aurait pu changer. Il aurait

pu avoir la qualité de vie de

ses dernières années. C'est

dommage. Ces deux cas m'ont

touché. On sait qu'au Canada,

toutes les familles sont...

Quand on dit qu'une sur cinq

souffre de maladie de santé...


DANIEL LESSARD

Une personne sur

cinq au Canada?


GEORGE WEBER

Une personne sur cinq

chaque année au Canada

souffre d'une maladie--


DANIEL LESSARD

C'est beaucoup! On a souvent

l'impression que c'est marginal.


GEORGE WEBER

Oh non, c'est beaucoup de

personnes. Et il y a beaucoup

de personnes qui cachent, qui

font leur autotraitement et qui

cachent leur maladie, parce

qu'il y a encore beaucoup de

stigmates. Ça change beaucoup,

il y a beaucoup de problèmes

d'antistigmates, mais encore,

il y a un peu de stigmates,

spécialement dans le travail.


DANIEL LESSARD

Est-ce qu'on peut guérir d'un

problème de santé mentale?

Est-ce qu'on peut retrouver--


GEORGE WEBER

Oh oui! Je pense... J'ai vu

beaucoup d'avances. Depuis mon

temps ici, ça fait sept ans et

demi, j'ai vu beaucoup d'avances

et spécialement, les gens

parlent beaucoup maintenant.

Avant, dix ans passés,

on n'aurait jamais eu de

conversation sur la santé

mentale. Quand je rencontre les

gens maintenant et qu'ils savent

que je suis au Royal, ils

commencent à parler de ce...


DANIEL LESSARD

Ah oui?


GEORGE WEBER

Ils commencent à parler de ces

situations personnelles ou de la

situation d'un membre de la

famille. Et c'est intéressant.

Il y a beaucoup de gens

maintenant qui parlent, qui sont

ouverts. Ils ont maintenant

en 2015 la permission de parler.

Que vous ayez une schizophrénie

ou de l'anxiété, ou une

dépression, c'est basé sur des

symptômes. Vous n'avez pas,

comme on dit, des marqueurs

biologiques. Par exemple, quand

vous avez un cancer, vous prenez

un peu de sang ou quelque

chose comme ça et vous--


DANIEL LESSARD

Donc la maladie mentale,

c'est difficile à détecter.


GEORGE WEBER

Exactement. Le diagnostic

précis, c'est le plus difficile

parce que c'est basé sur les

symptômes des gens. C'est

l'histoire que les gens te

racontent devant un psychiatre

ou un psychologue

ou un clinicien.


DANIEL LESSARD

Je vois que vous vous occupez

beaucoup des adolescents qui ont

tous les problèmes de suicide,

les cas sont bien connus. Encore

là, c'est si grave que ça?

Il y en a tant que ça

d'adolescents en difficulté?


GEORGE WEBER

Oui, oui, sans aucun doute,

parce que l'évidence, quand

on peut dire que c'était 70% des

maladies de santé mentale ont

commencé dans la jeunesse. Et il

y a toujours des indications,

des symptômes. Et c'est encore

grave qu'on porte les parents

ou d'autres personnes, les

professeurs n'ont pas reconnu

les symptômes. Et c'est

important qu'ils essayent

de faire quelque chose quand

les gens sont jeunes. Parce que

quand ils sont plus âgés,

ça va être plus sévère.

Les jeunes discutent de temps en

temps, spécialement les filles,

discutent avec leurs amis

avant de parler avec

les professeurs ou les parents.


DANIEL LESSARD

Oui.


GEORGE WEBER

Et ça, c'est la raison

pour laquelle nous avons des

programmes pour des amis pour

les jeunes pour voir comment

faire quand vous voyez ça

chez vos amis.


DANIEL LESSARD

Vos programmes dont vous

parlez dans les écoles d'Ottawa,

ça fonctionne bien? Ça fait

quoi, deux ans, je pense

qu'ils sont là?


GEORGE WEBER

Deux, trois ans, oui, mais

nous avons un programme, You

Know Who I Am, "Vous savez qui

je suis". Et il y a beaucoup de

programmes en fait, spécialement

dans les écoles secondaires et

dans les collèges, pour les

collèges et les universités. On

essaye, et nous avons des "apps"

maintenant. Vous avez des "apps"

gratuits pour voir, pour faire

un peu d'autodiagnostic.


DANIEL LESSARD

Ah oui?


GEORGE WEBER

Si vous avez des symptômes,

quelque chose comme ça.


DANIEL LESSARD

S'il y a déjà le symptôme,

ça veut dire que vous

devez peut-être consulter.


GEORGE WEBER

C'est ça, exactement.


DANIEL LESSARD

Ah, je ne savais pas qu'on

était rendu là. C'est

pas scientifique?


GEORGE WEBER

Oh, mais c'est basé sur des

sciences. Mais ce n'est pas

comme un psychiatre. Mais

c'est juste des choses à être

conscients, des alertes.


DANIEL LESSARD

J'ai lu, pour terminer sur

ce chapitre de la santé mentale,

que vous avez un projet pour

les anciens combattants.


GEORGE WEBER

Oui.


DANIEL LESSARD

Il y a beaucoup d'anciens

combattants qui reviennent

de l'ancienne Yougoslavie,

du Rwanda, avec des problèmes

psychologiques majeurs. Encore

là, il y a des cas de suicide.

Comment on traite ces gens-là?

Qu'est-ce qu'on fait avec eux?


GEORGE WEBER

C'est bien que ce soit plus

ouvert maintenant. Et nous avons

lancé un programme fondé

pour les anciens combattants.

Ici maintenant, ça existe

ce programme. C'est un des plus

grands au Canada. Il y a six ans

maintenant, et nous avons traité

les vétérans, les anciens

combattants de la Deuxième

Guerre mondiale, de la Corée.

Et dans beaucoup de pays des

Nations unies maintenant, il y a

une augmentation des gens qui

ont servi en Afghanistan. Et ça

va être commencé. Et en fait,

pas seulement des anciens

combattants, mais les gens de la

GRC aussi, et aussi les soldats

qui sont encore dans l'armée,

dans les forces canadiennes,

qui en sont aux dernières années

de leur service. S'ils sont

malades, ils peuvent être

traités par notre clinique.


On montre des plongeurs et des images sous-marines de poissons, coraux, tortues.


GEORGE WEBER

La plongée sous-marine, c'était

ma grande passion. J'ai commencé

quand j'étais jeune. J'étais

moniteur de plongée sous-marine,

et après, j'ai travaillé comme

plongeur commercial pour payer

mes études et l'université.

Et tous les ans, j'ai fait

maintenant trois, quatre

plongeons au Mexique. J'ai

un partenaire depuis 30 ans.

On plonge ensemble. On cherche

des grandes langoustes. Moi,

j'ai été partout dans le monde,

j'ai fait de la plongée dans le

Bélize, qui a la deuxième plus

grande barrière de corail dans

le monde. Je suis allé à Port

Douglas, qui est la plus grande

barrière de corail, et dans les

parties du monde, Thaïlande, aux

Philippines, partout, aux Fidji,

et les Caraïbes aussi.

Aussi, Martinique, Guadeloupe.

J'ai fait beaucoup de

plongée en Guadeloupe.


DANIEL LESSARD

M. Weber, vous

êtes né à Montréal.


GEORGE WEBER

À Montréal.


DANIEL LESSARD

Vous avez grandi à Montréal.


GEORGE WEBER

Oui.


DANIEL LESSARD

Quel souvenir en gardez-vous?


GEORGE WEBER

Oh, de très bons

souvenirs. C'était...


DANIEL LESSARD

C'était Montréal, Montréal?

Pour bien comprendre.


GEORGE WEBER

Montréal, Montréal,

le centre-ville. Je suis né au

centre-ville sur la rue Jeanne-

Mance, en centre-ville.

Montréal, il y a quelque chose,

hein, cette joie de vivre.


DANIEL LESSARD

Est-ce que vos parents

venaient de Montréal aussi?


GEORGE WEBER

Non, mon père est né en

Russie, mais il était Estonien.

Ma mère est née à Montréal,

mais son père était Grec

et sa mère était Autrichienne.

Donc j'étais un vrai mélange.


DANIEL LESSARD

Les Nations unies?


GEORGE WEBER

Un vrai Canadien,

un vrai Canadien!


DANIEL LESSARD

J'aimerais, M. Weber, profiter

de votre expérience, surtout

à la Croix-Rouge, pour jeter

un oeil sur ce qui se passe

dans le monde en ce moment.


GEORGE WEBER

Oui.


DANIEL LESSARD

Quand vous étiez au sommet de

la Croix-Rouge internationale,

il y a eu la fin de la guerre

froide, ça a été une époque très

intéressante. Aujourd'hui, on a

l'impression qu'il n'y a rien

qui a été réglé, que c'est pire

que ça ne l'a jamais été. Est-ce

que je suis trop pessimiste?


GEORGE WEBER

Ouf... Je suis... Mon point de

vue, je suis toujours un

optimiste au long terme, mais

réaliste à court terme.

Et quand on veut des faits,

qu'il y ait moins de personnes

en pauvreté, il y a

beaucoup de gens en pauvreté,

plus d'un milliard. Mais quand

même, il y a beaucoup de gens

qui sont montés dans la

pauvreté. Il y a toujours depuis

toute ma vie des conflits armés,

et c'est toujours

maintenant des...


DANIEL LESSARD

Des conflits régionaux?


GEORGE WEBER

Des conflits régionaux

et des conflits entre...


DANIEL LESSARD

Très religieux.


GEORGE WEBER

Religieux, mais aussi

qui étaient appuyés par

d'autres pays. Il y a

des conflits internes...


DANIEL LESSARD

Par pays interposés.


GEORGE WEBER

Il y a d'autres pays derrière

les deux, trois, quatre côtés.

Je trouve que la chose qui est

vraiment différente depuis

mon séjour à Genève, c'est le

montant d'extrémisme, et c'est

très difficile de traiter les

gens qui ont un fort point de

vue. Ils n'acceptent pas de

gris. Vous êtes pour eux ou

contre eux. Il n'y a pas de zone

grise qui peut comprendre--


DANIEL LESSARD

Il n'y a pas de

négociation possible.


GEORGE WEBER

La négociation, le respect

pour la Croix-Rouge et le

Croissant-Rouge, qui est placée

sous la Convention de Genève,

qui donne la protection aux gens

qui portent la Croix-Rouge ou

le Croissant-Rouge. C'est plus

difficile de négocier avec

les gens qui sont très extrêmes.


DANIEL LESSARD

Il y a beaucoup d'experts

qui disent qu'autant que

le terrorisme ou l'extrémisme,

ce qui est très inquiétant

aujourd'hui, ce sont

les changements climatiques

extrêmement importants. Il y a

de plus en plus de catastrophes

naturelles. Pour la Croix-Rouge,

ça doit être un défi

considérable. Est-ce

qu'on se préoccupe assez

de l'environnement, M. Weber?


GEORGE WEBER

Oui. Maintenant, nous avons

fait des études il y a peut-être

20 ans, 25 ans. Tandis

qu'avec l'environnement,

le changement de climat, que ça

va causer plus de mouvements de

population. Et ça va mettre du

stress dans les pays vulnérables

au point de vue du climat et

c'est clair que vous avez...

Parce que le plus grand défi

humanitaire dans le monde

maintenant, c'est le

mouvement des populations.


DANIEL LESSARD

Oui, il y a en Europe

des milliers et des milliers

de réfugiés.


GEORGE WEBER

Oui, on voit ça avec les

migrants en Arabie. Maintenant

c'est partout. Tout le monde

veut émigrer pour de

meilleures conditions.

C'est beaucoup de pression. Les

gens veulent bouger parce que

la situation est triste.

C'est difficile de faire une vie

dans une situation où vous avez

de la sécheresse toujours,

des inondations,

des situations précaires.


DANIEL LESSARD

Oui. Mais quand vous regardez,

vous voyez ces bateaux de

migrants qui arrivent en

Italie ou dans d'autres pays.


GEORGE WEBER

En Grèce.


DANIEL LESSARD

Oui, en Grèce. On ne peut

pas les renvoyer, on ne peut pas

leur dire: "Retournez chez

vous." Et à un moment donné, des

pays comme l'Italie ou d'autres

ne sont plus capables de les

accueillir. Comment

on sort de ça?


GEORGE WEBER

C'est difficile. Il n'y pas

seulement une solution. Il y

a toujours trois ou quatre

solutions dans le même sens.

Une, c'est d'essayer d'aider

les pays d'où les gens viennent

du point de vue des capacités,

du développement des gens,

d'augmenter leur capacité à

surmonter leur pauvreté, donner

les moyens pour vivre dans leur

milieu, on peut dire ça. Essayer

d'être plus généreux de point de

vue de l'immigration, ça, c'est

difficile quand vous avez le

chômage à 25%, des choses comme

ça. Ce n'est pas facile pour les

gouvernements. Et aussi, essayer

de traiter les gens qui jouent

dans ce domaine, qui--


DANIEL LESSARD

Qui sont responsables.


GEORGE WEBER

Les responsables qui gagnent

leur vie en faisant

des échanges de gens.


DANIEL LESSARD

En terminant, M. Weber,

vous avez des projets encore?


GEORGE WEBER

Oh oui! Sans aucun doute.


DANIEL LESSARD

À court terme?


GEORGE WEBER

À court terme, oh oui. Pour le

moment, j'aime mon poste ici,

j'aime mon travail dans le

domaine de la santé mentale.

C'est vraiment pour moi...

Je peux vous donner une grande

contribution parce que c'est le

temps pour la santé mentale

au Canada, parce que--


DANIEL LESSARD

Vous ne pouvez pas imaginer la

journée où vous allez rester

assis bien tranquille chez vous

à lire ou à jouer au golf,

je ne sais pas, moi,

à faire de la plongée.


GEORGE WEBER

Oh non, je fais de la plongée

quand même, mais

de temps en temps.

J'étais un plongeur commercial

parce que je devais payer

mes études universitaires,

mais ça, non.


DANIEL LESSARD

Plus maintenant?


GEORGE WEBER

Non. Chercher ma langouste au

Mexique de temps en temps, mais

pas à plein temps. J'aime de

temps en temps faire ces choses.


DANIEL LESSARD

M. Weber, merci infiniment.


GEORGE WEBER

Merci, Daniel.


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