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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Paulette Gagnon : administratrice en milieu culturel

Paulette Gagnon oeuvre dans le milieu du théâtre depuis plus de 40 ans, mais jamais sur les planches, toujours derrière les rideaux.
Pourtant, elle a laissé sa marque partout où elle est passée, que ce soit à Sudbury au Théâtre du Nouvel-Ontario ou à Ottawa à La Nouvelle Scène.
Et, si les francophones de ces deux villes ont des salles de spectacle, c´est en grande partie grâce à elle.
À l’aube de la soixantaine, Paulette Gagnon n’est pas prête à ralentir. Elle est de retour à Sudbury, avec une Place des Arts à construire…



Réalisateur: Charles Pepin
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
Carte de visite


On se promène dans la ville de Sudbury, en hiver.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Elle travaille dans le milieu du

théâtre depuis plus de 40 ans.

Jamais sur les planches,

toujours dans l'ombre. Pourtant,

elle a laissé sa marque partout

où elle est passée, que ce

soit à Sudbury, au Théâtre

du Nouvel-Ontario, ou à

Ottawa, à la Nouvelle Scène.

Et si les francophones de ces

deux villes ont des salles

de spectacles, c'est en grande

partie grâce à elle.

Aujourd'hui, Paulette Gagnon

n'est pas prête à ralentir. Elle

est de retour à Sudbury avec

de nouveaux défis devant elle.


Dans la salle d'accueil du théâtre du Nouvel-Ontario, des affiches de spectacles ornent les murs.


PAULETTE GAGNON (Narratrice)

Quand même, quand je regarde

le chemin qu'on a parcouru

en 40 ans seulement,

bien, je nous lève notre

chapeau.


PAULETTE GAGNON pose dans un couloir qui mène à la salle de spectacle.


PAULETTE GAGNON (Narratrice)

Je pense qu'on a des

assises quand même solides

aujourd'hui, puis bien là,

on continue à bâtir là-dessus.


GISÈLE QUENNEVILLE et PAULETTE GAGNON, administratrice en milieu culturel, sont assises face à face sur la scène du théâtre.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paulette Gagnon, bonjour.


PAULETTE GAGNON

Bonjour, Gisèle.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quand je dis le mot

"théâtre", qu'est-ce que

ça représente pour vous?


PAULETTE GAGNON

C'est un peu le début de ma

vie en fait. Je dis toujours

que je suis née à la Pitoune.


GISÈLE QUENNEVILLE

À Hearst?


PAULETTE GAGNON

(Riant)

Où c'était le Centre culturel

qui a été créé à Hearst,

quand moi j'avais 16 ans,

par des artistes qu'on connaît bien

en Ontario français: Donald Poliquin,

Louise Tanguay, mon frère Alain,

Richard Lachappelle et plusieurs

autres. Alors, bien, justement,

moi, c'est un peu par le théâtre

que j'ai pris contact avec les

arts, avec l'expression de soi.

Théâtre Action venait d'être

fondé et il avait envoyé dans

le Nord une équipe d'animateurs,

Pierre Beaulne et Jacques

Desnoyers. Et puis ils avaient

fait un long séjour de plusieurs

semaines à Hearst et on avait

eu la chance de faire

beaucoup d'improvisation

et de saynètes...


GISÈLE QUENNEVILLE

Quand vous êtes allée

à l'extérieur des limites

de la ville ou du village

de Hearst, qu'est-ce que

vous avez découvert en

tant que francophone?


PAULETTE GAGNON

Ah, mais ça, c'est intéressant

parce que quand j'avais 19 ans,

Direction Jeunesse m'embauche

comme animatrice régionale

dans le nord de l'Ontario.

Bon, j'avais sorti un petit peu,

j'étais venue à Sudbury pour

La Nuit sur l'étang. Mais tu

sais, tu viens à Sudbury pour

La Nuit sur l'étang, donc là,

t'as l'impression que tout le

monde parle français, puis c'est

la fête. Mais c'est quand j'ai

commencé à circuler dans le nord

de l'Ontario, puis à visiter

d'autres communautés... Je

me rappelle en particulier

Kirkland Lake.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qui est quand même

assez francophone.


PAULETTE GAGNON

Bien, pour moi, venant de

Hearst, gros choc culturel,

parce que mon emploi à Direction

Jeunesse, je devais former des

groupes dans chacune des villes

du Nord, autant que possible,

puis monter des projets. Mais

ça, ça m'avait vraiment marquée

parce que là, j'avais réalisé

qu'est-ce que ça voulait

dire grandir en situation

minoritaire. Parce que tu sais,

à Hearst, comme tu le disais,

c'est le petit village des

Gaulois du nord de l'Ontario.

On n’a jamais vécu ça. Moi, j'ai

jamais vécu ça comme enfant

à avoir à parler anglais ou,

en tout cas, très rarement.

Mais c'est vraiment avec mon

emploi à Direction Jeunesse,

début vingtaine, que j'ai

réalisé qu'ailleurs, c'était

pas le cas. Les industries

forestières étaient souvent

américaines ou, en tout cas,

anglaises, et les gens

travaillaient en anglais.

Et ça, ça avait un impact sur

toute la vie communautaire

des francophones.


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc, ça vous a choquée.

Est-ce que ça vous a fâchée?


PAULETTE GAGNON

Ça m'a pas fâchée, ça m'a plus

attristée, je pense, que fâchée.

Parce que là, je me rendais

compte comment choyée j'avais

été de vivre en français de la

façon que je l'avais fait. Parce

que, tu sais, l'identité, c'est

quand même vraiment important

dans notre façon d'être au

monde, hein. Quand on n’a pas

une identité claire, ça fait de

nous des êtres plus fragiles,

il me semble. Dans ce sens-là,

je trouve que... Tu sais, on dit

souvent: "Ah, Hearst, il y a

tellement de gens qui sont

sortis de Hearst, leadership",

ta, ta, ta. Mais je pense que

c'est beaucoup lié au fait qu'on

est choyés à Hearst parce qu'on

peut vraiment grandir avec

un sens de soi, une identité

culturelle qui est forte et

qui est pas remise en question.


GISÈLE QUENNEVILLE

À quoi ressemblait le milieu

théâtral en Ontario français

à cette époque-là?


PAULETTE GAGNON

Ah, bien, c'était tout jeune,

évidemment.

Au début des années 70,

il y a le Théâtre du Nouvel-Ontario

qui est fondé ici, à Sudbury,

par André Paiement et

plusieurs de ses amis.

Quelques années plus tard,

il y a la Vieille 17, qui est

créée à Rockland avec

Jean-Marc Dalpé, Robert Bellefeuille.

Et il y a, à peu près au même

moment, t'as la Corvée qu'on

connaît aujourd'hui sous le nom

du Théâtre du Trillium qui prend

naissance à Vanier, donc un

théâtre très engagé qui fait des

spectacles de nature... tu sais,

intervention de politique,

qui crée des spectacles-choc

ou qui invite, en tout cas,

la communauté à s'engager.

Donc, c'était vraiment les tout

débuts des jeunes artistes

qui sortaient des écoles qui

revenaient chez eux. La plupart

sont allés étudier au Québec,

soit au Conservatoire de

Québec ou à l'École nationale

de théâtre. Et là, ils

revenaient chez eux

pour créer ces compagnies,

ces premières compagnies

franco-ontariennes. Puis dans la

foulée, les troupes étudiantes

ont commencé à prendre naissance

dans les écoles secondaires, des

troupes communautaires aussi.

Je veux dire, je dis pas qu'il

y avait pas eu de théâtre

auparavant. Il y en avait

certainement eu, entre autres

dans les collèges classiques.

On avait tendance à monter les

grands classiques. Mais là, on

parle d'un théâtre de création,

on parle d'un théâtre qui parle

de nous, qui parle comme nous.

Alors, c'était un peu la

révolution, hein. C'était notre

petite révolution tranquille.

Je pense que le théâtre a

joué quand même un rôle très

important au début des années

70, justement, pour animer

ce mouvement artistique qui

n’a jamais cessé depuis, là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Le TNO, vous y avez travaillé

pendant plusieurs années. Je

sais que vers la fin, vous

étiez quand même directrice

administrative du TNO,

mais vous avez fait plein

d'affaires du début jusqu'à

la fin, n'est-ce pas?


PAULETTE GAGNON

Oh oui, j'ai passé 14 ans...


GISÈLE QUENNEVILLE

La femme à tout faire au TNO?


PAULETTE GAGNON

Bien, "la femme à tout

faire"... En fait, c'est que

j'ai grandi avec la compagnie.

Tu sais, vraiment, quand je suis

arrivée, Brigitte Haentjens

et Jean-Marc Dalpé venaient de

reprendre le TNO, qui avait vécu

des années difficiles. Il avait

même fermé ses portes pendant

toute une saison. Et là,

Jean-Marc et Brigitte viennent

s'installer à Sudbury,

reprennent la compagnie,

m'invitent à me joindre à

eux parce qu'on s'était connus

à Ottawa quelques années

auparavant, alors que

j'étais au bureau provincial

de Direction Jeunesse.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quels sont les souvenirs que

vous gardez de cette époque-là?


PAULETTE GAGNON

Ah, de très, très bons souvenirs.

Évidemment, on bossait très,

très fort, on travaillait beaucoup.

On gelait dans l'édifice.

C'était épouvantable, surtout

les premières années avant qu'on

le rénove. C'était un édifice, à

toute fin pratique, qui avait

été abandonné et qui était

vraiment délabré, mal isolé,

du plastique dans les fenêtres,

même pas de fenêtres. Les

premières années, c'était

assez... Mais dans le fond,

c'est pas le froid dont je me

souviens, c'est le plaisir.

Je courais le matin pour aller

travailler tellement j'aimais

ça. Non, c'était vraiment

très dynamique et j'ai tellement

appris, tu sais, à côtoyer ces

gens-là. Pour moi, ça a été

vraiment une période très,

très riche de ma vie.


FÉLIX TANGUAY-GAGNON, réalisateur-auteur, témoigne, assis dans la salle de spectacle.


FÉLIX-TANGUAY GAGNON

Je m'appelle Félix Tanguay-Gagnon,

je suis réalisateur, auteur et le

fils de Paulette Gagnon.

Ce que je me souviens surtout,

une bonne période de ma vie,

après l'école, j'allais la rejoindre

au bureau, parce qu'elle fait toujours

de longues heures,

puis je m'installais

et je regardais des répétitions

et je finissais par un peu connaître

les pièces par coeur.

Puis je pense qu'on m'a

dit que j'émettais parfois mes

commentaires aux comédiens.

Bien, du genre: "Ah, la fois

d'avant, c'était mieux." Puis,

oui, je gagne ma vie à dire

ça à du monde aujourd'hui.

"Ouais, c'était mieux tantôt."


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que les comédiens

appréciaient tes commentaires

alors que t'avais,

je sais pas, disons, 7 ans?


FÉLIX-TANGUAY GAGNON

Je pense qu'ils étaient polis.


On visite la Fromagerie Elgin, à Sudbury et ensuite, on se déplace au Café Petit Gâteau.


PAULETTE GAGNON (Narratrice)

Mais moi, il y a un endroit

que j'aime beaucoup à Sudbury et où je

passe régulièrement, parce que

c'est un peu comme mon bureau

en ville. Comme j'ai mon bureau

chez moi, je fixe souvent

rendez-vous à la Fromagerie Elgin,

parce que c'est un lieu

que je trouve chaleureux, puis

il y a toujours du monde, il y a

toujours de l'activité, il y a

souvent des artistes qui

se présentent d'ailleurs, ils

font du bon café. Alors, je suis

régulièrement à la Fromagerie,

où j'aime toujours me retrouver.

Puis l'autre endroit que j'aime

beaucoup au centre-ville, c'est

Café Petit Gâteau, une toute

petite pâtisserie, mais qui fait

les meilleurs desserts. Yoshi

cuisine beaucoup des desserts

français, puis c'est toujours

super joli, ce qu'elle fait.

Alors, ça, c'est ma petite

traite. Je m'arrête là au

moins une fois semaine pour

me ramasser des gâteries.


On retourne au théâtre, où GISÈLE QUENNEVILLE poursuit l'entretien avec PAULETTE GAGNON.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paulette Gagnon, quand on

regarde votre feuille de route,

là où vous passez, vous bâtissez

des choses, puis pas juste au

sens figuratif, là. Vous passez

en quelque part, puis vous

laissez une bâtisse derrière

vous, tant ici avec la salle

de spectacle du TNO qu'avec

la Nouvelle Scène d'Ottawa.

Ce n'est jamais facile de faire

construire des choses, encore

moins des salles de spectacle de

théâtre. Quel est votre secret?

Est-ce qu'il y a un secret?


PAULETTE GAGNON

Ah, mon Dieu... Hum...

De la persévérance, je dirais,

parce que ce sont de

très longs projets.

On dit que dans le secteur

culturel canadien, ça prend

dix ans à développer un projet de

lieu. Puis quand je regarde ici,

à Sudbury, ça fait cinq ans

qu'on travaille sur le projet

Place des arts et on sait qu'on

est à peu près à mi-chemin.

Si tout va bien, l'ouverture

pourrait avoir lieu en 2020.

Alors, ça va nous avoir pris

dix ans, effectivement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlez-moi un peu de ce

projet-là. C'est quoi, cette

Place des arts là? À quoi ça

va ressembler? Qui sera là?


PAULETTE GAGNON

Bien, écoutez, c'est le projet

du Regroupement des organismes

culturels de Sudbury, le ROCS,

comme on dit. Alors, le ROCS--


GISÈLE QUENNEVILLE

C'était voulu, ça, ce nom-là?


PAULETTE GAGNON

Oui, oui, oui. Oui, je pense

qu'ils ont choisi ROCS, puis

après ça, ils ont trouvé

qu'est-ce que ça voulait dire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça marchait.


PAULETTE GAGNON

Alors, le ROCS regroupe sept

organismes professionnels dans

les arts, dans toutes sortes

de disciplines, le Théâtre du

Nouvel-Ontario, bien sûr, le

Carrefour et La Slague, le

diffuseur musique, les Éditions

Prise de parole, la Galerie

du Nouvel-Ontario, le Centre

franco-ontarien de folklore,

le Salon du livre et puis

j'en oublie, je suis certaine.

Bref, toute cette belle famille

d'organismes artistiques

francophones qui ont entre 50

ans et le bébé est né en 2004,

le Salon du livre. Donc,

une vaste expérience et disons

que c'est pas la première fois

qu'on parle, à Sudbury,

de créer un lieu commun pour ces

organismes-là. Il y a eu des

tentatives dans le passé.

La première remonte aux années 60,

quand le Père Régimbald,

le fondateur du Centre des jeunes

qu'on connaît aujourd'hui sous

le nom du Carrefour, avait fait

faire des plans pour un centre

culturel qui n'a jamais été

construit malheureusement.

Donc, en 2008, la communauté

francophone tient les États

généraux pour établir un

premier plan de développement

communautaire, faire le point,

où est-ce que nous en sommes,

comme communauté francophone,

avec le développement de nos

différentes institutions.

Et ce qui ressort des États généraux,

c'est le désir des 150 leaders

réunis à cette occasion de se

doter de ce qu'ils appellent

à ce moment-là un lieu

rassembleur. Donc, le ROCS,

depuis 2010, travaille

au développement

du lieu rassembleur que la

communauté a souhaité en 2008.

Et là, on a terminé l'étude

de faisabilité l'été dernier,

et on parle d'un complexe

culturel assez important: 60 000

pieds carrés, répartis sur cinq

étages, comprenant quatre lieux

de diffusion, un lieu dédié

aux arts visuels, la galerie,

qui sera le lieu permanent de

la Galerie du Nouvel-Ontario,

et trois salles de spectacle

de dimensions et de types

différents, un bistro avec une scène,

qui va rappeler un peu

les boîtes à chansons des années 70;

une salle de spectacle de

300 places et une boîte noire,

un studio multifonctionnel

qui va être très polyvalent.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est votre troisième projet

d'envergure de construction

après la salle de spectacle

du TNO, puis la Nouvelle Scène à

Ottawa, maintenant la Place des

arts à Sudbury. Est-ce que le

deuxième est plus facile que

le premier, puis le troisième

va être plus facile

que le deuxième?


PAULETTE GAGNON

Bien, c'est sûr qu'on apprend

que c'est normal que ce soit long.

(Riant)

Que ce sont des projets qui

nécessitent beaucoup, beaucoup

d'efforts. Comme, là, on a sept

conseils d'administration

qui travaillent de façon collaborative.

Justement, hier soir,

on avait une rencontre des

sept conseils d'administration

parce qu'il faut prendre

des décisions importantes.

Évidemment, on gère des risques,

on gère des risques financiers

à ce moment-ci du projet,

parce que là, nous, on doit s'investir,

on doit assumer certains frais

pour réaliser notre campagne

de financement pour continuer

à faire avancer le projet.

Donc, c'est sûr, peut-être,

que ce que j'ai appris au fil des ans,

c'est comment on peut arriver

à travailler à plusieurs

organismes comme ça et comment

on doit procéder pour s'assurer

de garder une solidarité, une

cohésion; qu'on ait tous la même

vision du projet. Au ROCS, on

dit toujours: "L'équité malgré

l'inégalité des moyens." Parce

que c'est ça, dans le fond,

notre défi. On a des organismes

considérablement plus gros que

les autres, comme le Carrefour

francophone, par exemple,

qui a 80 employés, à côté de

La Nuit sur l'étang, qui a un

demi-employé. La capacité de ces

organismes-là n'est pas la même

à toutes sortes d'égards, pas

juste financièrement. En terme

d'investissements, comment

l'organisme peut faire pour

siéger à certains comités. On

a six comités de travail, on a

le conseil d'administration,

ensuite on a ce qu'on appelle

le CA 7, qui est ce qu'on a

fait hier soir quand les sept

conseils d'administration

se réunissent pour faire

le point, discuter, valider

une décision importante

qui va permettre de

poursuivre le projet.


GISÈLE QUENNEVILLE et PAULETTE GAGNON poursuivent leur discussion à l'extérieur.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paulette, en ce moment, on

est dans un stationnement,

mais si on se ferme les yeux,

puis on se projette dans

quelques années, on serait où?


PAULETTE GAGNON

On serait dans le hall

d'entrée de la Place des arts,

qui est une rue intérieure

qui va traverser l'immeuble,

de la rue Elgin vers la

rue Larch, juste à côté

de notre beau bistro.


On présente des plans et des représentations 3D de la future Place des Arts.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Qu'est-ce qu'il y a

au menu aujourd'hui?


PAULETTE GAGNON (Narratrice)

Ah, une bonne soupe maison.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Une soupe chaude, j'espère.

Alors, tout ça, on peut

s'imaginer ça quand?


On retourne au stationnement


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'on peut avancer

une date à ce stade-ci?


PAULETTE GAGNON

Bien, on a un calendrier

qui vise à mettre... à ouvrir

le chantier à l'été 2018, ce qui

nous permettrait d'ouvrir nos

portes au début de l'année 2020.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et pourquoi cet emplacement

ici, en particulier?


PAULETTE GAGNON

Hum... Bien, pour plusieurs

raisons. On en a examiné

sept sites potentiels au centre-ville.

Celui-ci a l'avantage d'avoir

deux façades sur la rue.

Donc, évidemment,

puisqu'on a plusieurs

endroits publics pour qui

c'est bon d'avoir ce genre de

visibilité... On peut penser à

la Galerie du Nouvel-Ontario,

qui va être par là-bas. On peut

penser au bistro et ainsi de

suite. Donc, ça, c'était un des

gros atouts, si vous voulez,

de ce site-ci. En plus, la proximité

avec l'École d'architecture,

qui est toujours en construction,

mais qui sera terminée bientôt,

où il y aura jusqu'à 400 étudiants et

professeurs. Alors, un peu

pour toutes ces raisons-là.

Ça a été notre choix

préféré dès le début.


GISÈLE QUENNEVILLE

Bien, on a hâte de voir

ça dans quelques années.

Et la prochaine fois, il

y aura du chauffage, hein.


PAULETTE GAGNON

Oui! Oui, définitivement.

Définitivement. Il est un peu

bas ce matin, hein... cet

après-midi, le chauffage.


GISÈLE QUENNEVILLE poursuit l'entretien sur la scène du Théâtre du Nouvel-Ontario avec PAULETTE GAGNON.


GISÈLE QUENNEVILLE

Paulette Gagnon, vous êtes une

gestionnaire des arts. Quel est

le plus gros défi, diriez-vous,

pour un gestionnaire des arts

en Ontario?


PAULETTE GAGNON

Bien, je pense que c'est

l'éternel problème... Bien,

problème, en tout cas, défi du

financement, hein. C'est certain

qu'au Canada, il y a un soutien

public aux arts et à la culture,

et heureusement. Ça permet

la réalisation de beaucoup de choses.

Ça permet aux artistes de gagner

au moins en partie leur vie à

travers la pratique de leurs arts.

Ça permet à des organismes

artistiques, comme des

compagnies de théâtre, des

diffuseurs d'exister, puis

d'offrir une programmation.

Le milieu fait face quand même

à des ressources très, très limitées.

On est dans une situation

où il y a eu un développement

artistique assez formidable.

Au Canada, on a un grand nombre

d'artistes qui ont du talent,

qui crée des œuvres importantes,

on est reconnus à l'international.

Mais quand on regarde le soutien

aux arts et à la culture, ici en Ontario,

par exemple, le budget du Conseil

des arts de l'Ontario n'a

pas été augmenté depuis déjà

quelques années alors qu'il y a

de plus en plus d'artistes

et d'organismes qui se partagent

les budgets disponibles dans

ces conseils des arts là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez travaillé également

à l'échelle nationale, à

la Fédération culturelle

canadienne-française, que vous

avez présidée, et l'Association

des théâtres francophones du

Canada. Est-ce qu'il y a une

ville modèle pour les arts,

que ce soit les arts en anglais

ou les arts en français?


PAULETTE GAGNON

Une ville modèle?

Je l'ai pas encore découverte.

Parce que, bon, tu sais, quand

j'ai oeuvré justement dans les

organismes nationaux, j'ai eu

la chance un peu de voyager, de

visiter différentes communautés.

Ce que j'ai vu, c'est qu'à peu

près partout, on fait face

aux mêmes défis, le financement,

bien sûr, parce que, bon...

Les gens dans le secteur culturel,

c'est des gens ambitieux,

c'est des gens qui ont beaucoup

d'appétit, on veut toujours faire plus,

on veut toujours faire mieux. Quand

on regarde juste en 40 ans, on a

su quand même développer toute

une infrastructure culturelle

à travers le pays. On a des

organismes artistiques dans

chaque province, même dans les

territoires, qui se développent

peut-être un petit peu après les

provinces, mais quand même, ça

s'en vient. On a mis sur pied

un réseau de tournées qui est

maintenant pancanadien.

Les oeuvres peuvent circuler d'une

province à l'autre, d'un bout

à l'autre du pays, parce qu'on a

des diffuseurs professionnels

dans plusieurs milieux. Tu sais,

c'est pas parfait. C'est sûr que

dépendant où on vit... Tu sais,

ici, à Sudbury, on est comblés

d'une certaine façon. On a une

famille d'organismes artistiques

dans toutes les disciplines.

C'est pas le cas de toutes les

communautés dans le Nord, bien

sûr. Donc, c'est certain qu'on

peut vivre dans des communautés

plus isolées où il y a une

offre moins active à cause de

l'éloignement. Mais quand même,

quand je regarde le chemin qu'on

a parcouru en 40 ans seulement,

bien, je nous lève notre

chapeau. Je nous lève un chapeau

parce que je trouve qu'on a fait

du beau travail. Je dis "on"

parce que, évidemment, on est

une grande famille de gens

qui oeuvrent dans le domaine

des arts et de la culture,

puis on a des assises quand

même solides aujourd'hui,

et bien, là, on continue

à bâtir là-dessus.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quand vous vous embarquez dans

un projet, est-ce que vous avez

des doutes que ça va marcher,

ou est-ce que vous êtes certaine

que le projet va voir le jour?


PAULETTE GAGNON

Je pense qu'on a toujours des

doutes, hein. On a toujours des

moments de fatigue ou, tu sais,

des journées plus difficiles

où on se dit: Ah, mon Dieu! on

n’y arrivera pas! Mais en même

temps, je pense qu'en vieillissant,

hein, on s'assagit, puis on a une

plus grande expérience de la vie

et... Comme là, pour le projet

Place des arts, je le sais, en

quelque part, que ça va être

long et que c'est tout à fait

normal qu'on soit rendus où on

est rendus. Puis en fait, on

a super bien travaillé, on a

vraiment franchi déjà plusieurs

étapes importantes du projet.

Parce qu'évidemment, un projet

de 30 millions, on se lance pas

là-dedans en criant "bine".

Il y a beaucoup d'exercices

de planification, beaucoup

d'examens, d'analyses, d'études

à faire. On les a tous faits et

là, on arrive à l'étape la plus

intéressante, la réalisation du

projet. Bon, qui passe par une

période de montage financier,

évidemment, qui est le nerf

de la guerre. Mais je suis

confiante. Le projet arrive à

un moment dans l'histoire de

Sudbury et de notre pays où il

y a un intérêt marqué pour les

arts et la culture, parce qu'on

reconnaît toutes les retombées

dont je me plaignais un peu

tantôt, mais des fois, ça fait

notre affaire. Et puis on sent

qu'il y a de l'intérêt, en tout

cas, un grand intérêt pour

le projet des trois paliers

de gouvernement. Donc, là,

il faut simplement continuer

à faire notre boulot de façon

consistante et être persévérant

pour réunir 30 millions d'ici

l'été 2018, et on pourra mettre

la pelle dans la terre.


GISÈLE QUENNEVILLE

Bien, Paulette Gagnon,

bonne chance.


PAULETTE GAGNON

Merci beaucoup.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et merci beaucoup à vous.


PAULETTE GAGNON

Merci.


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