Image univers Carte de visite Image univers Carte de visite

Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Madeleine Meilleur : procureure générale de l'Ontario

Madeleine Meilleur a pratiquement gravi tous les échelons de la fonction publique ontarienne. Depuis 13 ans, elle se promène dans les corridors du pouvoir à Queen’s Park. Déterminée, fonceuse, directe, la députée d’Ottawa-Vanier n’a jamais eu froid aux yeux. Elle a été ministre de la Culture, ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, ainsi que ministre des Services sociaux et communautaires, mais il y a toujours eu une constante dans la carrière politique de Madeleine Meilleur : les Affaires francophones, le portefeuille qu’elle conserve depuis les tout premiers débuts.



Réalisateurs: Joanne Belluco, Charles Pepin
Année de production: 2016

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
Carte de visite


Pendant qu'on visite le parlement de Queen's Park, GISÈLE QUENNEVILLE fait une brève présentation biographique de la Procureure générale de l'Ontario et ministre déléguée aux Affaires francophones, MADELEINE MEILLEUR.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Depuis plus d'une décennie, elle

se promène dans les corridors

du pouvoir à Queen's Park.

Déterminée, fonceuse, directe,

la députée d'Ottawa-Vanier n'a

jamais froid aux yeux. Une

petite dame qui en a toujours

mené large. Comme ministre de la

Culture, ministre des Services

sociaux, ministre de la Sécurité

communautaire et comme

procureure générale.

Mais il y a eu une constante

dans la carrière politique

de Madeleine Meilleur:

les affaires francophones.

Le portefeuille qu'elle

conserve depuis le début.


MADELEINE MEILLEUR est assise dans son bureau de Queen's Park.


MADELEINE MEILLEUR (Narratrice)

Je m'assure qu'on voit les

changements de programme ou

les changements de loi avec

la lentille francophone.


GISÈLE QUENNEVILLE

Madeleine Meilleur, bonjour.


MADELEINE MEILLEUR

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mme Meilleur, ça fait presque

13 ans que vous êtes ministre

déléguée aux Affaires

francophones. Treize ans dans

un même portefeuille, ça me

paraît assez inhabituel.

C'est effectivement inhabituel?


MADELEINE MEILLEUR

Oui, en fait, je suis

la ministre qui aurait été

le plus longtemps dans ce

portefeuille-là, probablement

aussi dans n'importe

quel portefeuille.

Mais j'adore ça, alors

ça me fait plaisir d'y rester.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est vous qui souhaitiez

rester aux affaires francophones

ou c'est parce que personne

d'autre voulait la job?


MADELEINE MEILLEUR

Eh bien, non, c'est parce que

je dois demander: "Est-ce que

je continue?" Parce que lorsque

je change de portefeuille, de

ministère, je dois toujours

demander au premier ministre ou

à la première ministre:

"Est-ce que je demeure

aux affaires francophones?"

"Oh, bien, oui. Oui, oui."

Ça, c'est comme:

"Pose pas la question,

c'est pris pour acquis."


GISÈLE QUENNEVILLE

Quelle est, selon vous, la

plus belle réalisation, jusqu'à

maintenant, de votre mandat?


MADELEINE MEILLEUR

Je pense la création du poste

de commissaire aux services en

français. Je pense que ça a été

un point tournant. On a eu la loi.

Alors, je n'y étais pas

lorsqu'on a voté la loi sur les

services en français, mais après

ça, je pense que c'est le poste

de commissaire, parce qu'il

nous aide à améliorer.

Moi, je le vois comme un allié

pour m'aider à améliorer les

services en français puis

aussi à être à l'écoute.

Je pense qu'il est très généreux,

le commissaire Boileau.

Il se promène partout en Ontario.

Il est de toutes les

célébrations et de toutes les

luttes, alors... ça demeurera

pour moi, en tout cas, une chose

dont je suis très fière.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous devez sans doute recevoir

beaucoup de demandes. Vous

êtes sans doute sollicitée de

partout, sur plusieurs dossiers,

plusieurs projets, par exemple.

Comment est-ce que vous

choisissez les causes que vous

allez épouser ou les dossiers

que vous allez faire avancer?


MADELEINE MEILLEUR

Oui, je dis souvent: "Je ne

prends pas toutes les causes.

Je ne prends pas toutes les

batailles." Parce que si je

prenais toutes les causes

et toutes les batailles,

je perdrais la crédibilité

que j'ai, qui me permet de

faire avancer les dossiers.

Est-ce que la cause est légitime?

Elle est peut-être légitime

pour une personne, mais

peut-être pas pour l'ensemble de

la communauté. Est-ce que ça va

avoir un impact vraiment positif

maintenant et plus tard?

Aussi, est-ce que c'est le bon

moment? Parce que ça aussi...

Est-ce que c'est le bon moment

politiquement de prendre

cette cause-là ou de faire

avancer ce dossier-là.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum.


MADELEINE MEILLEUR

Alors, c'est... Je te dirais

que c'est probablement les trois

aspects que je regarde avant de

dire. Puis je suis très honnête,

je vais dire: "Je décide pour

telle et telle raison de ne pas

prendre cette cause-là ou

de ne pas prendre cette

cause-là pour le moment."


GISÈLE QUENNEVILLE

Et justement, comment vous

vous y prenez pour défendre les

intérêts des Franco-Ontariens ou

de faire valoir des intérêts de

cette communauté, qui est...

Je pense qu'on peut dire qu'elle

est parfois mal comprise en

Ontario. Comment vous faites

valoir ça auprès de vos

collègues autour de la table

du cabinet? Parce que ça doit

pas toujours être évident,

quand même.


MADELEINE MEILLEUR

Eh bien, écoutez, je dois vous

dire que j'avais deux bons

alliés: le premier ministre McGuinty

et la première ministre Wynne.

Alors, ça, c'est déjà gagnant

en partant. C'est des gens

qui ont pas peur de dire:

"Les francophones ont des

droits, et puis ce sont des

droits raisonnables et on

va aller de l'avant avec."

Alors, moi, la façon dont je m'y

prends, c'est premièrement

bien connaître mon dossier.

J'ai un comité aviseur, présidé

par Guy Matte. Un comité aviseur

exceptionnel de gens qui

viennent de partout en province.

Alors, j'ai vraiment le pouls de

la province. Je me promène en

province aussi. J'essaie

d'aller à la plupart des conférences

ou des assemblées générales

annuelles ou j'envoie quelqu'un

de mon bureau.

Alors, je connais bien le

dossier, on le prépare bien.

On parle aussi à ceux qu'on sait

que c'est des alliés naturels

autour de la table. Et on

essaie aussi de répondre aux

inquiétudes, aux préoccupations

avant que ça arrive au cabinet.


GISÈLE QUENNEVILLE

Au sein du cabinet, les

affaires francophones, c'est un

peu quelque chose d'à côté, si

vous voulez. Je pense qu'à peu

près tous les ministres délégués

aux affaires francophones

avaient un autre portefeuille

qu'ils devaient gérer également.

Dans votre cas, vous avez eu

la culture, vous avez eu les

services sociaux communautaires,

sécurité publique et maintenant,

vous êtes procureure générale

de l'Ontario.

Comment est-ce qu'on arrive à

gérer, à s'organiser, à gérer

toutes les balles que vous devez

sans doute avoir dans les

airs en même temps?


MADELEINE MEILLEUR

Bien, je pense que la force

que j'ai comme ministres des

Affaires francophones, c'est

parce que j'ai justement

un autre portefeuille.

Alors, bon... La ministre

des Services sociaux et

communautaires, qui a le

troisième plus gros budget au

Conseil du trésor, je pense

qu'elle a du poids quand elle parle.

Elle a du poids quand elle parle

au nom des francophones.

Procureure générale, c'est la

même chose. Mais après presque

13 ans comme ministre des

Affaires francophones, j'ai

la mémoire corporative.

Je pense qu'il y a personne,

même à l'Office des affaires

francophones, qui a été là aussi

longtemps. Alors, j'ai cette

mémoire corporative. Je connais

les gens. Je connais les enjeux

et je m'assure qu'on voie les

changements de programme ou

les changements de loi avec

la lentille francophone.

Je leur dis toujours: "N'oubliez

pas de mettre votre lentille

francophone." Et bien sûr,

je suis très bien appuyée

par l'Office des affaires francophones.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum.


MADELEINE MEILLEUR

Procureure générale, je sais

que vous êtes avocate de formation,

est-ce que pour vous,

c'était un summum dans votre

carrière? C'est-à-dire,

j'imagine que tous les avocats

veulent devenir procureur

général un jour.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'ai toujours dit ça, oui.

C'est le rêve de tous les

avocats politiciens d'être

procureur général un jour.

Mais moi, je ne m'y attendais

pas, parce qu'en Ontario, c'est

le common law, qui est la loi

de la province. Et moi, je suis

une civiliste. Alors, je suis

graduée en droit civil, alors,

côté droit privé, le...

la loi du Québec. Alors,

je m'y attendais pas du tout.

Lorsque la première ministre

m'a demandé de prendre ce

portefeuille-là, je ne pouvais

pas croire qu'elle me demandait

ça. Elle avait un petit peu...

Elle hésitait un petit peu parce

qu'elle savait que j'aimais

beaucoup mon ministère que

j'avais avant: la Sécurité

publique et Service correctionnel.

Lorsqu'elle m'a demandé ça, elle

m'a demandé d'y penser. Alors,

j'ai dit tout de suite:

"J'ai pas besoin d'y penser.

J'accepte. Et quel beau

cadeau vous me faites!"

Et c'est... Autant j'ai aimé

tous mes autres ministères

avant, j'adore ce que je fais

ici. Je travaille avec une

équipe extraordinaire. Et aussi,

on met l'accent sur les services

en français devant les tribunaux,

dans les palais de justice.

Alors, c'est un beau travail.

Je vois ça un grand projet que

j'espère qu'on va pouvoir

réaliser très bientôt d'avoir

des services en français pour

tous les gens qui se présentent

devant les tribunaux en Ontario,

que ce soit civil ou que

ce soit criminel.


On se retrouve à l'extérieur d'une cabane à sucre, en compagnie de MADELEINE MEILLEUR.


MADELEINE MEILLEUR

Alors, moi, un lieu que

j'affectionne beaucoup, c'est la

cabane à sucre à Vanier, parce

que, historiquement, c'était la

cabane à sucre des Pères blancs,

qui étaient les propriétaires

de l'ancien hôtel de ville de Vanier,

tout le terrain.

J'aime bien la cabane à sucre,

parce que c'est un lieu de

rassemblement et puis ça

fait vivre aux gens de la ville,

hein, la cabane à sucre.

Chacun d'entre nous, nous avons

connu la cabane à sucre, mais

il y en a qui n'ont pas connu.

Puis c'est visité par beaucoup

d'immigrants. Alors, l'immigrant

qui arrive à Ottawa veut venir

à la cabane à sucre, parce que

c'est vraiment différent.


De retour dans son bureau à Queen's Park, MADELEINE MEILLEUR poursuit la conversation avec GISÈLE QUENNEVILLE.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mme Meilleur, je vous parle

aujourd'hui comme députée,

comme ministre, mais tous les quatre

ans, des fois moins, vous êtes

politicienne, dans le sens que

vous devez demander un mandat

auprès de vos électeurs. Vous

devez cogner aux portes.

Est-ce qu'il y a une différence

entre le rôle de ministre

et le rôle de politicienne?


MADELEINE MEILLEUR

Eh bien, il y a une différence

entre le rôle de ministre,

bien sûr, et le rôle de

politicienne, de députée.

Mais c'est deux rôles que je

cumule, trois rôles que je

cumule en même temps, parce

que le jeudi soir, je retourne

dans ma circonscription,

et je suis députée et je suis

présente dans la communauté.

Je vais au festival des sucres,

je vais au festival de la

Saint-Jean, je vais à des concerts,

à l'école secondaire de La Salle,

je vais à La Nouvelle Scène,

alors je suis présente dans

la communauté aussi.

Rencontrer les gens qui ont

besoin de me rencontrer. Je

vais rencontrer les élèves dans

les écoles, parler aux élèves

dans les écoles. La semaine

dernière, je donnais un cours

à l'université d'Ottawa.

Alors, c'est... Je suis

présente, les gens me voient,

les gens m'invitent et

je dis rarement non.

Je pense que c'est ça

qui est le secret aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est la clé de votre

succès, vous diriez?


MADELEINE MEILLEUR

Je pense que oui. Parce que

oui, les gens aiment peut-être

ça, que je sois la procureure

générale, la ministre de la

Justice et la ministre des

Affaires francophones, mais ils

veulent être servis, puis ils

veulent que leurs besoins soient

écoutés et qu'on essaie ou

on travaille avec eux pour

régler les problèmes,

trouver les solutions, amener

les services qu'ils ont besoin.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez quitté la maison

pour devenir infirmière,

quand même. Ça, c'est un métier

traditionnel pour une femme,

à cette époque-là. Vous avez

quitté la maison pour aller à

Ottawa, pour l'Hôpital Montfort.

Pourquoi quitter Kiamika

pour Ottawa?


MADELEINE MEILLEUR

Mon père est un homme d'affaires.

Il parlait pas anglais.

Il trouvait qu'il avait un handicap

de ne pas parler anglais.

Alors, il voulait que ses enfants

apprennent l'anglais. C'est pour ça

que je suis venue

à Ottawa, à l'Hôpital Montfort,

faire mon cours d'infirmière.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes pas restée très

longtemps dans le nursing,

pourquoi pas?


MADELEINE MEILLEUR

Bien, en fait, j'ai fait

14 ans dans le nursing.

J'ai travaillé dix ans à temps plein

et ensuite, je suis allée

faire mon cours de droit à

l'université d'Ottawa et je

continuais à travailler

à l'Hôpital Montfort.

Mais en fait, je retournerais

comme infirmière. J'ai adoré

travailler comme infirmière,

mais je pensais qu'il était

temps pour moi de

changer de carrière.

Je vais vous dire, je

travaillais à la salle

d'accouchement, et puis la

position d'infirmière,

la profession d'infirmière,

c'est très demandant physiquement.

Puis je voyais des infirmières

qui étaient avec moi, qui

étaient rendues dans la

cinquantaine avancée et je

voyais qu'elles avaient de

la misère à faire leur quart

de travail. Je me disais: Moi,

quand je vais arriver à leur

âge, je vais être pareille.

Alors, peut-être que je devrais

changer de carrière.

J'avais jamais pensé d'aller en

droit. C'est juste un accident

de parcours. J'étais la

présidente du syndicat à

l'Hôpital Montfort, puis une

de mes collègues au conseil

d'administration syndical, elle

étudiait en droit et elle m'a

dit: "Bien, pourquoi tu viens

pas faire ton cours de droit?"

Alors, c'est aussi simple que

ça. J'ai personne dans ma

famille qui était avocat

ou quoi. Je suis allée en droit,

puis la première journée à la

faculté de droit, j'ai trouvé

ça tellement extraordinaire.

En fait, j'ai eu le même

sentiment que quand j'ai été

nommée procureure générale et je

suis arrivée ici. C'est comme

retourner à la faculté de droit,

parce que quand tu es avocat,

tu travailles dans un domaine

particulier: soit en droit

de la famille, criminel.

Moi, j'étais en droit du

travail. Mais t'arrives ici

comme procureure générale, c'est

tout le droit, n'importe quel

domaine, un peu comme

à la faculté de droit.

J'ai adoré ma première journée

à la faculté de droit. Ce fut

une très, très belle

expérience pour moi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Laquelle de vos deux

professions, le nursing

ou le droit, vous a le plus

servie en politique?


MADELEINE MEILLEUR

Je vais vous faire rire,

parce qu'en politique, quand

tu frappes à la porte, tu dis pas

que t'es avocate,

tu dis que t'es infirmière.

Alors, les infirmières, elles

ont une réputation intouchable.

Comme on dit en anglais:

"A nurse can do no wrong."

Ça a été ça. Bien sûr que le

droit m'aidait beaucoup. Il m'a

toujours aidé en politique.

Ça t'apprend à analyser,

à écouter... Aussi comme

la profession d'infirmière.

Je trouve qu'elles sont très,

très similaires. On est là en

relation d'aide. On veut aider

les gens. Il faut aimer

aider les gens. Alors, à la porte,

infirmière. Le reste, les deux m'aident

beaucoup, puis comme je vous

disais, je retournerais

travailler à la salle

d'accouchement, parce que ce

qu'il y a de beau, travailler

à la salle d'accouchement, c'est

que les femmes accouchent de la

même façon qu'elles accouchaient

il y a 20 ans ou 25 ans passés.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça change pas.


MADELEINE MEILLEUR

Ça change pas. Alors...


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous vous êtes lancée en

politique municipale avant de

venir à Queen's Park. Qu'est-ce

qui vous a attirée à la politique?


MADELEINE MEILLEUR

À la politique municipale,

c'est arrivé par accident, parce

que j'étais... Alors, vous voyez

qu'il y a des accidents

dans mon parcours.

Je suis allée en droit par

accident et je suis allée en

politique par accident. J'étais

présidente de la Commission

de logement de Vanier, une

commission de logement qui

avait comme mission de

construire du logement

pour les gens moins fortunés.

Je terminais mon mandat et le

conseil d'administration me

disait: "Bien, Madeleine, il y a

une élection municipale qui s'en

vient, pourquoi tu te présentes pas?"

"Oh, non, non. Oh, non, non."

Mais en disant non, j'essayais

de me convaincre non, mais dans

le fin fond, la politique,

j'avais encore la piqûre

de la politique.

Et la dernière journée, à

midi, je suis allée poser ma

candidature. La dernière journée

où on pouvait poser notre

candidature. Et puis, écoutez,

j'étais pas connue, ça faisait

pas longtemps que j'habitais

Vanier et aussi que j'étais

impliquée dans la politique,

en ce sens, la présidente de

la Commission de logement

de Vanier. Alors, je suis allée

me vendre aux portes.

Et le soir des élections,

la personne la plus surprise

d'avoir gagné ces élections,

c'était moi.

J'avais presque pas d'équipe,

pas de financement, ma famille

m'aidait. Je mettais un petit

peu d'argent. On m'avait fait

faire des pancartes qui étaient

laides, ça avait pas de bon

sens. On m'avait dit: "Jaune

foncé avec du noir, puis ça, les

gens vont voit les campagnes."

Je passais, vis-à-vis de mes

pancartes, je me tournais la

tête parce que je les trouvais

tellement laides. Mais en tout

cas, tout ça pour vous dire:

le soir des élections,

je gagne mes élections.

Alors, j'appelle mes parents

et le quartier général.

Mon quartier général,

c'était ma maison.

Alors, j'appelle mes parents

pour leur dire ça, mais je

parlais pas fort. C'était comme

si c'était: "Bien, il vient de

se passer quelque chose ici,

j'ai gagné mes élections."

Et lorsque le poste... plus

tard, le poste de candidat

libéral dans Ottawa-Vanier a été

ouvert, eh bien, j'ai posé ma

candidature. J'ai été nommée

comme candidate libérale

dans Ottawa-Vanier et puis,

moi, j'aime beaucoup

frapper aux portes.

Ça, dans une campagne

électorale, demandez-moi pas

de faire rien d'autre. Même

quand je vais aider d'autres

candidats, moi, c'est d'aller

frapper aux portes. J'aime

ça aller frapper aux portes,

écouter les gens.

T'as à peu près, dans le plus,

cinq minutes pour parler

aux gens parce qu'ils sont

occupés, ils n’ont pas le temps

de t'écouter longtemps, alors

il faut que ton message soit

court, précis, clair.

Et j'ai toujours adoré frapper

aux portes. J'en ai fait,

des campagnes. J'en ai

fait beaucoup et j'adore.

Les élections... Oui, j'aime les

élections, mais ce que j'aime,

c'est aller frapper aux

portes et parler aux gens.


Un article de journal apparaît avec la photo de MADELEINE MEILLEUR. Un extrait d'archives du moment où MADELEINE MEILLEUR a reçu la Légion d'honneur est diffusé.


UN HOMME

Mme Madeleine Meilleur, au nom

du président de la République,

nous vous remettons les insignes

de chevalier de la

Légion d'honneur.


GISÈLE QUENNEVILLE

Chaque fois que la France

remet les insignes de chevalier

de la Légion d'honneur,

la France encourage la

participation citoyenne dans les

institutions démocratiques de

son pays et de la francophonie

internationale.


Un extrait d'archives des débats aux élections en Ontario en 2014, montre MADELEINE MEILLEUR qui se présente pour le parti Libéral.


MADELEINE MEILLEUR

On a donné à l'Hôpital Montfort

la désignation d'hôpital

d'enseignement. On a doublé

son volume, parce que c'est

l'hôpital qui fait la formation

des professionnels de la santé.

Alors, c'est important.


Quelques extraits montrent MADELEINE MEILLEUR qui répond aux journalistes.


MADELEINE MEILLEUR

Bien, j'écoute, parce qu'on

n'a pas écouté les étudiants

lorsqu'on a ouvert le collège

des Grands-Lacs et vous avez

vu les résultats. Alors, je pense

qu'il faut écouter les étudiants.

Alors, aujourd'hui, on est

très heureux, parce que dans

l'avenir, on devra s'arrêter

le 25 septembre pour célébrer

la journée franco-ontarienne.


Un extrait des débats à Queen's Park montre une intervention de MADELEINE MEILLEUR.


MADELEINE MEILLEUR

Monsieur le président, depuis

2003, ce gouvernement a fait

beaucoup par l'entremise de

différentes initiatives pour

améliorer les services en français.


Quelques extraits de conférences de presse de MADELEINE MEILLEUR sont présentés.


MADELEINE MEILLEUR

Je pense qu'ensemble, on a fait

beaucoup de grands pas. On

a fait beaucoup d'avancées.

Il y en reste à faire,

mais je compte sur vous.

Alors, encore une fois, merci

d'avoir été ici et je vous

souhaite tout le succès...

Je nous souhaite tout le succès

nécessaire dans cette

belle aventure. Merci.


On retourne à Queen's Park ou l'entretien entre GISÈLE QUENNEVILLE et MADELEINE MEILLEUR se poursuit.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mme Meilleur, pour les femmes

en politique, on parle souvent,

c'est devenu cliché, mais

on parle beaucoup de

conciliation travail-famille.

Vous, vous n'avez pas eu

d'enfants et ça fait pas très

longtemps que vous êtes mariée,

en fait. Vous avez donc pu

vous consacrer à 100% à

votre carrière. Conciliation

travail-famille, est-ce que

c'était même sur votre radar?


MADELEINE MEILLEUR

Eh bien, pour moi, non, pas

vraiment. Puis mon mari, il est

très occupé. Il est le PDG

de l'hôpital d'Hawkesbury,

alors lui s'en va le matin travailler

à Hawkesbury, souvent

il reste là le soir, parce qu'il

a des réunions le soir.

Alors, pour nous, non,

les enfants sont partis de la

maison. Alors, j'ai pas vraiment

eu à concilier famille-travail.

Mais le temps que l'on passe

ensemble, c'est du temps de

qualité et je pense que c'est

ça qui est très important.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je l'ai dit, vous vous êtes

mariée il y a quelques années

à peine. Vous étiez déjà dans

la soixantaine, c'est assez

inusité, ça. Est-ce que c'était

une belle surprise, est-ce que

c'était inespéré pour vous?


MADELEINE MEILLEUR

Eh bien, écoutez, c'est pas,

je pense, espéré ou inespéré,

c'est pas dans mon langage,

parce que j'avais une vie très

remplie, un beau cercle d'amis.

Et, bien, Marc et moi, nous nous

sommes rencontrés par pur hasard,

lorsque j'organisais la fête

des 70 ans de ma voisine.

Et puis on s'est rencontrés.

Mais ça a pris du temps avant

qu'on commence à sortir

ensemble. On s'est rencontrés

au mois de mai, puis on a

commencé à sortir ensemble...

On s'entend pas sur la date

qu'on a commencé à sortir

ensemble, mais en tout cas,

moi je dis que c'est après ma fête,

au mois de novembre.

Alors, oui, c'est arrivé

par surprise, mais un homme

extraordinaire, alors

je suis très choyée.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que vous auriez eu

la carrière que vous avez eue,

que vous avez en ce moment, si

vous aviez eu un parcours plus

traditionnel? Dans le sens que

si vous vous étiez mariée,

mise en couple, si vous aviez

eu des enfants fin vingtaine,

début trentaine?


MADELEINE MEILLEUR

Je vais être très honnête avec

vous: non. Parce que je me vois

pas ici, à Toronto. Peut-être

que d'autres se voient puis ils

le font très bien, mais moi, je

me vois pas, ici, à Toronto,

avec des jeunes enfants à

Ottawa, puis d'avoir une nanny

à la maison.

Il y en a qui peuvent le faire,

puis je les applaudis. Mais moi,

personnellement, je le sais

que j'aurais pas été capable

de composer.

J'ai composé avec beaucoup de

choses, mais composer avec être

la maman... Parce que même si

tu as un conjoint... Moi, mon

conjoint, il a été longtemps

seul avec les enfants, alors

je dis: il a toujours été

un bon père et une bonne

mère en même temps.

Il l'a fait, lui. Je sais pas comment

il a pu composer tout ça,

mais moi, d'être partie à

Toronto quatre jours semaine, et

de me préoccuper des enfants qui

ont besoin de moi ou qui...

Je... Non, je pense pas

que j'aurais été capable

de le faire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Dans votre lettre de mandat de

la Première ministre, on vous

demande d'augmenter l'accès aux

programmes postsecondaires

en français, dans le sud de l'Ontario.

Il y en a qui traduisent ça,

évidemment, par une université

franco-ontarienne.

Vous, à ce moment-ci, vous ne

semblez pas vouloir aller jusque

là. Qu'est-ce qui vous inquiète

à ce moment-ci, de franchir

ce pas à l'université?


MADELEINE MEILLEUR

Écoutez, oui, je suis tout

à fait d'accord. D'ailleurs,

on y travaille. Je pense

que je me suis prononcée

très clairement sur

l'université francophone.

Qu'est-ce que l'université

francophone? Quel modèle

d'université francophone?

Parce qu'à Toronto et dans le

Sud-ouest, les francophones sont

mal servis et la population

francophone grandit ici,

à travers l'immigration.

Alors, on y travaille. Je dis:

restez à l'écoute. Je reconnais

que les étudiants sont impatients.

On voit aussi que

les universités et collèges...

Les universités bilingues

et collèges francophones sont

un peu inquiets, parce

qu'ils ont peur que la tarte

soit divisée trop mince.

Et puis... Je pense que...

Écoutez, si la Nouvelle-Écosse

ont leur université francophone,

au Manitoba, la même chose,

en Alberta, alors je pense qu'il y

a lieu, ici, en Ontario, d'avoir

notre université francophone.


GISÈLE QUENNEVILLE

À quoi ressemble la vie après

la politique, Mme Meilleur?


MADELEINE MEILLEUR

Je vais vous avouer que ça

me fait peur, parce que j'ai

toujours eu une vie très active.

Deux, trois responsabilités en

même temps. De me retrouver,

un jour, à la maison, ça

m'inquiète. Je devrais préparer

ma retraite. C'est pas pour demain,

alors s'il y a des gens

qui attendant en coulisses,

c'est pas pour demain.

J'adore ce que je fais et

la retraite m'inquiète.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mme Meilleur, merci beaucoup.


MADELEINE MEILLEUR

Ça me fait plaisir, Gisèle.


Générique de fermeture

Épisodes

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Saison
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par