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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Jacinthe Tremblay : rédactrice en chef, journal Le Gaboteur

Séduite par Terre-Neuve dès sa première visite, il y a une quarantaine d’années, Jacinthe Tremblay y est retournée à plusieurs reprises par affaire et par plaisir. Puis, après plusieurs années passées comme journaliste à la pige pour différentes publications au Québec telles que Le Devoir, La Gazette des femmes, HEC Mag ou Les Affaires, Jacinthe Tremblay décide de s’établir à Saint-Jean, où elle est aujourd’hui rédactrice en chef du seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, Le Gaboteur.



Réalisateur: Charles Pepin
Année de production: 2016

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Carte de visite


JACINTHE TREMBLAY, rédactrice en chef, Journal Le Gaboteur, lit un journal local, assise sur une marche d'escalier dans une vieille maison.


JACINTHE TREMBLAY (Narratrice)

Je m'appelle Jacinthe Tremblay.

Je suis née à Sayabec

dans la Vallée de la

Matapédia, au Québec. J'habite

à Terre-Neuve depuis cinq ans,

je suis journaliste.


On présente différents aspects de Terre-Neuve, la mer, les ports, les villes.


JACINTHE TREMBLAY (Narratrice)

Je suis venue à Terre-Neuve la

première fois pour visiter une

amie qui étudiait à l'Université

Memorial. C'est presque une

quarantaine d'années? J'ai eu un

coup de foudre pour les gens,

pour les paysages, pour la

culture, pour un environnement

qui ressemblait à rien

de ce que j'avais connu.

Je suis revenue à plusieurs

reprises après cette première

visite-là, je dirais par

affaires et par plaisir.

Par plaisir en vacances, par

affaires parce que j'étais

journaliste à la pige et donc,

je proposais des sujets aux

magazines sur Terre-Neuve,

ce qui me permettait de revenir.

Eh bien, un jour, j'ai eu une

proposition de faire un contrat

de six mois pour remplacer

quelqu'un. Je suis venue,

et de contrat en contrat,

je suis restée.


GISÈLE QUENNEVILLE


L'animatrice GISÈLE QUENNEVILLE rencontre JACINTHE TREMBLAY dans un pub à St-John, Terre-Neuve.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe Tremblay, bonjour.


JACINTHE TREMBLAY

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe, racontez-moi

la première fois que vous avez

mis les pieds à Terre-Neuve.


JACINTHE TREMBLAY

C'était, je pense, en 1975. Je

me rappelle encore quand l'avion

est atterri et que j'ai pris

la route, il y avait pas

grand-chose autour de

l'aéroport. Il y avait beaucoup

de carcasses d'autos derrière

les maisons. Et là,

je me suis dit: Aaah!


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce que je fais là?


JACINTHE TREMBLAY

Je vais pas venir passer 15

jours dans cet environnement-là.

Et puis, on est arrivé...

près des maisons historiques,

Circular Road. Ensuite,

je suis arrivée chez

mon amie qui restait

dans un magnifique appartement

au troisième étage, avec vue sur

l'entrée du port. Alors là, j'ai

tout de suite été séduite par

cet environnement-là. Et elle

m'a dit: "Bien, ce soir, il y a

un de mes amis qui fait un

spectacle. On pourrait peut-être

aller le voir. Il commence

à écrire des chansons. C'est pas

mal bon. Alors, est-ce que ça

te tente?" J'ai dit oui. Et on

s'est retrouvées chez Bridget,

qui était à l'époque, l'endroit

où tout le monde lançait

des carrières, des musiciens

du renouveau de la musique

terre-neuvienne se présentaient.

Et là, il y avait autour de

la table où on était, peut-être

une douzaine de personnes, des

anglophones, des francophones,

des gens qui venaient de

partout, et pendant tout

mon séjour, le matin, elle

travaillait et j'avais des

téléphones: "Est que tu veux

venir à Quidi Vidi?" "Est-ce

que tu veux venir te baigner?"

"Est-ce que tu veux venir

avec nous à Petty Harbour?"

Et les gens s'occupaient de moi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et je pense que c'est ça

quelque part qui fait la

particularité de cette province,

c'est l'accueil des gens.

Pourquoi les gens ici sont

tellement accueillants?


JACINTHE TREMBLAY

Je pense que le fait que

c'est une île, on aime beaucoup

découvrir l'extérieur. Il y a

des îles fermées et je pense que

Terre-Neuve, historiquement, ça

a toujours été une île ouverte

à cause de l'importance des

pêcheurs, des marins de partout,

qui venaient ici. Et les gens

étaient curieux parce que

c'était... Rencontrer

l'étranger, c'est une façon

d'apprendre, c'est une façon

de voyager, finalement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous, vous êtes Québecoise.

Est-ce que Terre-Neuve

ressemble au Québec?


JACINTHE TREMBLAY

D'une certaine façon, oui.

Par exemple, historiquement,

les francophones sur la côte

Ouest, sur la péninsule de

Port-au-Port, ça ressemble

beaucoup à la Gaspésie.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et les gens? Est-ce

qu'il y a des similarités?


JACINTHE TREMBLAY

Oui. Même si Terre-Neuve

est anglophone, selon moi,

c'est aussi différent du reste

du Canada anglais que le Québec

l'est. Oublions la langue,

c'est des sociétés différentes.


GISÈLE QUENNEVILLE

Par l'entremise de vos

reportages, ça vous permettait

de venir faire un petit tour

à Terre-Neuve. Et à un moment

donné, vous avez trouvé une

astuce assez originale, n'est-ce

pas? Pour financer vos voyages

ici à Terre-Neuve. Il faut

absolument raconter

cette histoire-là.


JACINTHE TREMBLAY

J'ai tenu une chronique

consommation dans

La Presse pendant un an

et j'avais fait une chronique

sur les gens qui accumulaient

des primes, soit en

achetant des produits de beauté,

ou de différentes façons.

Et moi, j'aime beaucoup voyager,

tout ce qui peut permettre

d'avoir des primes de miles

aériens, ça m'intéresse. Et il y

a quelques années, Tropicana...


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça, c'est le jus d'orange?


JACINTHE TREMBLAY

Le jus d'orange Tropicana

avait sur ses 2 litres de jus,

20 miles Aéroplan. En entrant un

code, il y avait un système...

J'ai un chien et j'ai découvert

que dans les bacs de recyclage,

il y avait beaucoup de gens

qui mettaient des contenants

de Tropicana. Alors j'ai dit:

"La belle affaire, je vais les

prendre et je vais ouvrir un

compte et je vais entrer des

codes." Et j'ai créé un blogue

autour de ce projet, et il y a

des gens qui se sont mis

à me suivre. Je racontais

l'évolution de mes collectes

et je me suis développé un

club d'amis qui ont fait la même

chose. Alors, j'ai réussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça a marché?


JACINTHE TREMBLAY

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe, en 2011, vous avez

décidé de vous installer ici.

Pourquoi? Qu'est-ce qui

vous a poussée à faire

ce geste définitif?


JACINTHE TREMBLAY

Eh bien, deux choses.

J'avais... Au départ,

je suis venue pour un contrat

de six mois qui s'est prolongé,

prolongé, prolongé. Donc, il y

avait la possibilité pour moi

de travailler ici dans

un environnement intéressant

et de--


GISÈLE QUENNEVILLE

Comme journaliste?


JACINTHE TREMBLAY

Comme journaliste. J'adore

Montréal, je continue à

adorer Montréal, mais ici, je

retrouvais, dans une ville comme

Saint-Jean, ce que je suis.

Je suis née dans un village en

Gaspésie, d'un père gaspésien et

d'une mère montréalaise. Je suis

une hybride. Alors j'ai passé

mon enfance dans un village,

dans la nature. J'étais très

attirée par la ville, je suis

allée vivre à Montréal, j'ai

adoré ça. Mais avec les années,

mes enfants devenus adultes,

j'ai eu besoin de retrouver cet

équilibre-là, et c'est pas un

retour dans un village qui peut

me l'apporter. Donc Saint-Jean

offre... C'est une ville

où il est possible d'avoir

de la culture, mais on a

la nature à proximité.


On présente le port de Saint-Jean sous différents angles.


JACINTHE TREMBLAY (Narratrice)

À Saint-Jean, bien, je me lasse

jamais de voir l'entrée du port.

À partir des collines, peu

importe le temps, même à la

pluie ou à la brume, c'est

fascinant de voir les bateaux

entrer et sortir, les différents

aspects du climat,

les couleurs, la lumière.

C'est que la vie est facile.

Les relations avec les gens sont

faciles, peut-être parce que

c'est une île, peut-être parce

que c'est pas une très grande

ville. On n'est pas obligé

d'avoir un agenda pour

rencontrer ses amis...

qui est une des choses que

je trouvais très, très difficile

à Montréal et que je trouve

encore difficile quand j'y vais.

J'étais sans doute comme ça

quand j'y habitais, c'est-à-dire

qu'il fallait prendre des

rendez-vous trois mois à

l'avance pour aller manger au

restaurant. Ici, c'est facile.

Et pourtant, mes amis sont

des gens très occupés.


On reprend l'entrevue de JACINTHE TREMBLAY dans un pub de St-Jean, Terre-Neuve.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe, vous êtes

journaliste, journaliste depuis?

Un bon bout de temps maintenant!

Est-ce que c'est quelque chose

que vous aviez toujours

voulu faire dans la vie?


JACINTHE TREMBLAY

Non, j'y suis arrivée par

hasard. On m'a offert de faire

des critiques de cinéma dans

le journal de Rimouski quand

j'étudiais au cégep. J'ai fait

ça et puis, bien, après j'ai

continué à l'actualité

générale, et voilà.


GISÈLE QUENNEVILLE

Beaucoup à la pige.


JACINTHE TREMBLAY

Oui. Eh bien en fait, j'ai été

salariée dans des hebdos

régionaux à Rimouski, à Sorel,

dans l'est de Montréal. Mais

quand j'ai commencé à écrire

pour des magazines, j'ai

écrit au départ pour l'Agence

Hebdo-Science aussi. Donc j'ai

été principalement à la pige.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'à la pige, ça donne

beaucoup de liberté ou ça

donne plutôt des contraintes?


JACINTHE TREMBLAY

Bien, la pige permet de faire

des sujets qui nous intéressent,

parce qu'on propose des sujets.

Quand on devient régulier,

on a des commandes auxquelles

on peut dire oui ou non,

mais généralement,

quand on a des bonnes

collaborations avec les

rédacteurs en chef, ils nous

proposent des sujets qui nous

intéressent. J'ai différentes

périodes de pige. J'ai été sept

ans à

La Presse, j'écrivais

dans la section Affaires une

chronique sur le travail. Là, je

choisissais mes sujets. C'était

génial. Ça, c'est le côté

intéressant. Le côté moins

intéressant, c'est les conditions

actuelles de la pige,

où les tarifs ont pas augmenté,

où on demande aussi des textes

de plus en plus courts. Et comme

les pigistes sont payés au mot,

bien, moins il y a de mots,

moins on est payé. Et dans les

années plus récentes, on aime

beaucoup ce qui est léger.

Alors, c'est pas tout à

fait ma spécialité.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes rédactrice en

chef du Gaboteur, qui est

le journal francophone de

Terre-Neuve-et-Labrador.

Est-ce qu'il y a une demande

pour un journal en français

ici dans cette province?


JACINTHE TREMBLAY

Il y a des gens qui se sont

battus très fort pour que

ce journal existe depuis 30 ans.

Est-ce que les gens recréeraient

un journal francophone en 2016

s'il y en avait pas? Je peux pas

répondre à cette question-là.

J'aime croire qu'il y a un

besoin d'un journal francophone,

parce qu'il y a des

francophones, parce que

les francophones sont dispersés

dans cette immense province-là

et qu'un journal permet d'une

certaine façon de les réunir.

J'espère aussi qu'il y a un

besoin parce qu'il y a des gens

qui apprennent le français et

que c'est le seul outil, le seul

objet en français qui est créé

ici qu'ils peuvent se mettre

sous la dent ou sous les

yeux et dans leurs mains.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et comment vous choisissez

vos histoires? Comment vous

choisissez les sujets, les

dossiers que vous allez publier?


JACINTHE TREMBLAY

On est un journal de niche,

donc on choisit de ne pas tenter

de couvrir l'actualité parce

qu'on sait que nos lecteurs

suivent l'actualité autrement,

soit en français ou en anglais.

On n'a pas les ressources,

on n'a pas les ressources

financières et humaines pour

couvrir l'actualité, donc on

choisit nos sujets. On tient

compte de ce qui se passe dans

les associations francophones,

on est aux aguets de tout ce qui

peut être intéressant fait par

des francophones. Et peut-être

depuis un an, un an et demi,

on conçoit plus le journal comme

un magazine où on traite des

thèmes. Par exemple, on a fait

un dossier sur le coût

du panier d'épicerie et là,

on a demandé à des gens

qui collaborent avec nous un peu

partout dans toutes les régions,

d'aller calculer la liste,

avec la même liste, combien

coûte un brocoli à Nain.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'était

très différent?


JACINTHE TREMBLAY

Oui, énormément plus cher au

Labrador. Ça, on le savait déjà,

mais jusqu'à quel point,

on n'en avait aucune idée. Donc,

on essaye de prendre des thèmes

intéressants et d'avoir

des regards de différentes

régions de la province.


GISÈLE QUENNEVILLE

La francophonie à Terre-Neuve,

elle est petite. Dans votre rôle

de journaliste, est-ce que

vous pouvez vous permettre

de critiquer cette francophonie,

ou de jeter un regard sur cette

francophonie qui est peut-être

pas toujours favorable?


JACINTHE TREMBLAY

Oui. Euh...


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est dur?


JACINTHE TREMBLAY

C'est pas facile et ça nous

apporte autant de félicitations

que de gros mots. C'est le cas

ici, c'est le cas partout.

J'ai travaillé dans des médias

régionaux au Québec, à Rimouski,

par exemple, ou à Sorel, bien,

il y a des gens qui pensent

qu'un journal devrait juste

parler des bons coups et donner

les bonnes nouvelles et ne

critiquer personne. Moi,

je pense que le journalisme,

c'est un travail d'observation,

de rapporter les faits,

et je pense que les controverses

ou les débats font partie

des faits qu'on doit rapporter.


GISÈLE QUENNEVILLE

Le Gaboteur en ligne, il est

payant jusqu'à un certain point.


JACINTHE TREMBLAY

Oui, oui, il est payant.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ça, je pense que c'est

nouveau ça pour vous?


JACINTHE TREMBLAY

Ça a toujours été disponible

par abonnement seulement. Et on

a adopté cette ligne dure là,

je dirais, avec le Web. Donc,

notre site Web est une vitrine

assez fermée. Donc, on donne

les aperçus des éditions,

mais on donne pas de contenu,

d'articles gratuitement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et vous avez pris cette

décision pour quelle raison?


JACINTHE TREMBLAY

Au départ, c'est qu'on

a adopté la même

approche que le journal.


GISÈLE QUENNEVILLE

Un abonnement.


JACINTHE TREMBLAY

Un abonnement, parce que

sinon, on se finance comment? Il

y a toute une réflexion qui est

actuellement en cours au conseil

d'administration et avec

d'autres personnes

qu'on invite à se joindre

à la réflexion. Donc...


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que le fait d'être

payants en ligne, est-ce que

c'est rentable pour vous par

exemple? Est-ce que ça vous

rapporte beaucoup d'argent?


JACINTHE TREMBLAY

On a des abonnés numériques

qui veulent la version

numérique, principalement des

gens qui vivent à l'étranger ou

dans d'autres provinces. Est-ce

que les revenus du numérique

compensent les coûts du

numérique? La réponse est non.

Et est-ce que le numérique peut

apporter autant de revenus

publicitaires que le papier?

La réponse est non.


KEITH VOKEY se présente et témoigne pendant qu'on assiste à la cérémonie du Screech-in dont il est le maître de cérémonie.


KEITH VOKEY

(Propos traduits de l'anglais)

Mon nom est Keith Vokey

et je préside la cérémonie

du Screech-In au Christian's Pub.

À la fin des années 60

début 70, mon père faisait

cette cérémonie qui, au départ,

n'avait aucun lien avec le rhum

Screech. C'était simplement

pour faire des touristes,

des Terre-Neuviens d'honneur.

Ça faisait partie d'une conférence

qu'il donnait aux enseignants.

Puis ensuite, ça s'est transformé

en Screech-In et les deux événements

se sont jumelés.

(Pendant la cérémonie.)

Bouh!


Dans un costume de pêcheur, KEITH VOKEY, chante en frappant dans ses mains avec une rame.


KEITH VOKEY

(propos traduits de l'anglais)

En résumé, je demande d'où

vient chaque participant.

Ensuite on fait la fête.

Je demande aux gens

de répéter des phrases

en patois terre-neuvien.

Je raconte quelques blagues

au passage.


KEITH VOKEY fait répéter des mots à des touristes.


KEITH VOKEY témoigne avant la cérémonie.


KEITH VOKEY

(Propos traduits de l'anglais)

Ensuite, les participants se mettent

à genoux pour embrasser la morue

et on boit le Screech.


KEITH VOKEY fait le tour des participants et leur fait embrasser une morue.


KEITH VOKEY (Narrateur)

(Propos traduits de l'anglais)

Pourquoi la morue?

Et bien, c,est le roi des

poissons, ici.

C'etait incrusté dans notre

culture. C'était notre principale

source de revenu et c'est ce

qui a amené les gens ici,

au tout début.

C'est le symbole le plus

important de notre culture

je pense.

L'origine de cette cérémonie

remonte au début des

années 1900.

Les locaux ajoutaient des

choses au rhum pour

le préserver.


On retourne au témoignage de KEITH.


KEITH VOKEY

La qualité était discutable

et c'est de là que le Screech

a eu sa réputation.

Le rhum était tellement fort,

tellement mauvais, que les

gens hurlaient en le buvant.


Les participants à la fête boivent le rhum et poussent un cri.


KEITH VOKEY (Narrateur)

Dans les années 60,

le Newfoundland Liquor Board

a commencé à commercialiser

le Screech. Il a perdu

de son mordant et aujourd'hui,

c'est un très bon rhum à déguster.

(Propos en anglais)

I declare you all Screechers

welcome to Newfoundland. Nice!


Les participants et les spectateurs applaudissent.


On revient à l'entrevue de JACINTHE TREMBLAY au pub.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe Tremblay, le Screech

à Terre-Neuve, ça a l'air

d'être très populaire. Il y

en a partout, on en fait de la

publicité partout. Est-ce que

c'est quelque chose que

les Terre-Neuviens boivent?


JACINTHE TREMBLAY

Euh...


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous en buvez pas, vous?


JACINTHE TREMBLAY

Bien... Quand il y a de

la visite, oui, on se sert

un petit verre de Screech,

juste pour que les gens aient

le sentiment que ça existe.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'ils sont ici!


JACINTHE TREMBLAY

Qu'ils sont ici.

Mais non, je pense pas. Je pense

que c'est beaucoup plus

les touristes qui boivent

du Screech.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlons un peu de la

francophonie terre-neuvienne. Où

sont ces francophones dans cette

province? On a dit tantôt qu'ils

étaient dispersés. Ils sont

où et qu'est-ce qu'ils

font là où ils sont?


JACINTHE TREMBLAY

Il y a quatre... localités ou

régions où on... Où il y a des

écoles! Faisons simple. Il y a

la péninsule de Port-au-Port

sur la côte ouest, où les

francophones sont là depuis plus

d'un siècle. On parle des vrais

Franco-Terre-Neuviens qui sont là

depuis le plus longtemps.

Ils sont sur la côte ouest.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est des pêcheurs?


JACINTHE TREMBLAY

C'était des pêcheurs. C'est

une région qui a été très

affectée par le moratoire de la

pêche à la morue. Il y a eu

beaucoup d'assimilation par

les prêtres. Il y avait une base

militaire à Stephenville pendant

la Deuxième Guerre, où les gens

allaient travailler, donc...


GISÈLE QUENNEVILLE

Ils perdaient leur français.


JACINTHE TREMBLAY

Ils pouvaient pas parler français.


GISÈLE QUENNEVILLE

Donc j'imagine que les

gens quittent la région.


JACINTHE TREMBLAY

Beaucoup de gens

quittent la région.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ça doit être difficile

de garder le français

dans cette région.


JACINTHE TREMBLAY

Oui, c'est une bataille héroïque

de garder le français.

Bon, ça, c'est la région plus

traditionnelle. Au Labrador, il

y a des gens... Un groupe assez

important à Labrador City...


GISÈLE QUENNEVILLE

Bien, c'est sur la frontière

du Québec.


JACINTHE TREMBLAY

Oui, plusieurs sont

originaires du Québec. Mais

il y a à Labrador City des

Franco-Labradoriens de deuxième,

troisième génération qui

habitent là. Il y a une école

à Goose Bay, il y a des

francophones à Gosse Bay.

À Goose Bay, il y a la base

militaire, donc il y a des gens

qui travaillent sur la base,

mais c'est une francophonie

mobile.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est ça, ils sont de passage.

Oui. Et maintenant, le groupe le

plus nombreux est dans la région

de Saint-Jean, des gens,

je parle, qui ont le français

comme langue maternelle.

Il y en a qui viennent

travailler à l'université.

L'université attire beaucoup de

gens, et il y a beaucoup de gens

qui travaillent dans les

services liés à l'industrie

minière et pétrolière.


JACINTHE TREMBLAY

Comment les francophones

sont-ils perçus de la part

des anglophones à Terre-Neuve?


GISÈLE QUENNEVILLE

Pour eux, il y a des francophones

à Terre-Neuve sur la côte ouest.

Ils sont souvent très,

très surpris quand ils

apprennent que le plus grand

nombre de francophones est

actuellement dans la région de

Saint-Jean. Quand ils entendent

un accent francophone, ils

nous baragouinent tout ce qu'ils

peuvent en français, ils

s'excusent de pas parler

français, aimeraient parler

français. Ou nous parlent en

français parce qu'à cause de

l'immersion, il y a de plus

en plus de Terre-Neuviens, je

dirais de 30 ans et moins, qui

sont capables de bien s'exprimer

en français, qui comprennent

le français, peut-être qui vont

moins le parler. J'ai jamais

senti de discrimination ou de...

... de sentiment anti-francophone.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il y a combien de francophones

ici à Terre-Neuve?


JACINTHE TREMBLAY

Au dernier recensement,

on parlait de 3000 qui

ont dit avoir le français

comme langue maternelle.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes arrivée ici pour

la première fois il y a une

quarantaine d'années. Il y a

quelques années à peine, vous

avez décidé de jeter l'ancre

de façon plus définitive.

Êtes-vous ici pour rester?


JACINTHE TREMBLAY

Je le sais pas. Je suis un peu

comme un marin qui a des...

Qui peut avoir des pieds

à terre dans différents ports.

Je pense pas que je vais jamais

vraiment quitter Terre-Neuve,

mais je pense pas non plus que

je vais y rester pour toujours.

On sait jamais. Mes racines

sont quand même au Québec,

mes enfants sont au Québec,

j'ai beaucoup d'amis au

Québec, donc on verra.


GISÈLE QUENNEVILLE

Je sens des allers-retours

encore pendant un bout de temps.


JACINTHE TREMBLAY

Des allers-retours,

certainement des allers-retours.


GISÈLE QUENNEVILLE

Jacinthe Tremblay,

merci beaucoup.


JACINTHE TREMBLAY

Merci.


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