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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Christiane Guérette : PDG, Saskatoon and Region Home Builders' Association

Quand Christiane Guérette s’est retrouvée à Saskatoon, elle s’est basée sur son expérience acadienne pour trouver sa place. Ayant grandi à Fredericton, elle avait vu comment ses parents s’étaient impliqués dans la communauté francophone de la ville. Christiane travaille donc au sein de la francophonie de Saskatoon, mais ce sont les affaires qui la passionnent aussi. En février 2016, Christiane devient la présidente-directrice générale de l’Association des constructeurs d’habitations de Saskatoon, qui représente 300 entreprises et qui conseille la Ville sur différents sujets comme le développement et la planification urbaine. Mais son implication communautaire se poursuit – cette fois-ci, au niveau politique comme conseillère scolaire.



Réalisateurs: Charles Pepin, Joanne Belluco
Année de production: 2016

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
Carte de visite


Des images de Saskatoon défilent.


CHRISTIANE GUÉRETTE (Narratrice)

Être francophone à Saskatoon,

c'est quelque chose qui est spécial,

c'est unique, mais il faut pas

le prendre pour acquis non plus.

C'est différent qu'au

Nouveau-Brunswick parce qu'on

n'est pas une province qui est

bilingue. Le Nouveau-Brunswick

est reconnu comme une province

bilingue. Et donc, ça veut dire

qu'à tous les jours, il faut

faire un effort conscient,

comme vie de famille,

de vivre en français.

Est-ce que les maisons

sont abordables à Saskatoon?

Je dirais que oui parce qu'il y

a encore un gros choix

de maisons à Saskatoon.

Les plus gros défis

présentement, dans ma carrière

ou dans mon domaine, ce serait

peut-être le manque de diversité

à la table. Puis, je dis manque

de diversité parce qu'il y a pas

beaucoup de femmes dans

mon domaine. Je suis consciente

de ça tous les jours.

Je suis CEO du Saskatoon

& Region Home Builders'

Association.


CHRISTIANE GUÉRETTE et LINDA GODIN sont assises dans une maison.


LINDA GODIN

Christiane Guérette, bonjour.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Bonjour.


LINDA GODIN

Qu'est-ce que le Saskatoon

& Region Home Builders'

Association?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Bien, c'est une association

professionnelle qui représente

la grande région métropolitaine

de Saskatoon.

Et puis, on représente les

entreprises, les entrepreneurs

qui travaillent dans

la construction résidentielle.

Donc, c'est à peu près,

dépendant de l'année,

entre 280 et 300 compagnies

qui opèrent dans ce domaine-là.


LINDA GODIN

Et vous, votre rôle, c'est...

comme PDG? Qu'est-ce que

vous faites exactement?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Écoute, le rôle de PDG

dans une petite association

professionnelle, c'est un peu

de tout. On bouche

les trous ici et là.

On bouche les trous à l'interne

avec l'équipe pour bien

les appuyer, mais en même temps,

on bouche les trous aussi

avec le travail du gouvernement,

avec le conseil municipal.

Quand que nous, on pense

qu'on devrait regarder certains

dossiers ou certaines directions

ou qu'il y a un manque, nous,

on va être souvent

les premiers à les identifier

et travailler avec nos élus

dans ces directions-là.


LINDA GODIN

Et comment se porte,

justement, la construction

résidentielle à Saskatoon?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je pense qu'on est vraiment

choyé à Saskatoon avec

le domaine de la construction

résidentielle. Puis quand on dit

la construction résidentielle,

on veut dire la construction

de nouvelles demeures,

de nouvelles maisons, mais aussi

la rénovation et la réparation

du stock actuel de maisons.

Donc, c'est vraiment un secteur

qui est assez large, qui a

un impact économique énorme et

puis elle se porte assez bien.

La question d'abordabilité

des maisons, c'est toujours

une question qui nous concerne

parce qu'on veut garder

le prix des maisons abordable

et on veut garder un choix

important dans la ville.


LINDA GODIN

Mais donc, il se construit

quand même pas mal

de maisons neuves, oui?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Il s'en construit pas mal. À

peu près... En 2015, il y avait

près de 3000 nouvelles maisons

qui ont été construites.


LINDA GODIN

Quels sont les défis

dans ce secteur-là présentement?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Bien, à Saskatoon, nos défis,

c'est tout le temps de s'assurer

qu'il y a des constructeurs

d'habitation qui sont

professionnels, que le produit

est de qualité et puis que les

gens ont accès à ces maisons-là.

Donc, quand on parle

de choix et d'abordabilité,

on veut faire sûr que les gens

qui veulent acheter les maisons,

veulent se retrouver avec

cet investissement-là, en tant

que famille, soient capables

d'entrer dans le marché

et acheter une maison.


LINDA GODIN

Saskatoon, c'est une ville qui

a une croissance démographique

d'à peu près 3% par année,

dépendant des années évidemment.

C'est une population qui est

assez jeune, parmi les plus

jeunes au pays: 35 ans.

Est-ce que vous, vous le voyez,

ça, cet effet-là? C'est-à-dire

une croissance démographique

qui est assez stable, une jeune

population. Vous le voyez

dans la construction

de nouvelles maisons?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Oui, c'est intéressant dans

notre domaine, on a vraiment

des compagnies que ça fait

des années qu'elles sont dans

la construction résidentielle et

puis qui sont en train de passer

le flambeau aux générations plus

jeunes. Et donc, on a vraiment

une diversité intéressante

d'âges à la table. On représente

vraiment l'entrepreneur

qui est plus jeune, qui rentre

et qui est en train de mettre

sa marque sur son entreprise.

Et il y a aussi l'autre

génération, qui est un petit peu

plus vieille, qui est en train

de passer le flambeau, disons,

au sein de la famille. Donc oui,

on le voit. Absolument.


LINDA GODIN

Donc, beaucoup de compagnies,

d'entreprises familiales,

c'est ça?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Il y a aussi une bonne

diversité à ce niveau-là. Il y a

des entreprises familiales

et puis, il y a aussi

des entreprises qui viennent

d'ailleurs et qui viennent

s'essayer à Saskatoon.


LINDA GODIN

Et donc, cet effet-là,

c'est-à-dire de jeunes, de

population jeune, vous le voyez

chez vos membres, mais

est-ce que vous le voyez sur

le terrain? Comme, est-ce que

par exemple, il y a plus de

constructions neuves qui se font

justement parce qu'il y a

des jeunes qui viennent

s'installer à Saskatoon?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je pourrais pas dire s'il y a

une relation entre le nombre de

maisons et l'âge moyen dans la

ville. Par contre, on sait qu'il

y a plus de gens qui reviennent

dans la province. La population

de la province est en train

d'augmenter. C'est pas souvent

qu'on peut dire ça

dans l'historique

de la Saskatchewan, qu'on ait

une population croissante.

Donc, c'est une période

qui est excitante pour nous.

Malgré que l'économie

est peut-être pas aussi forte

qu'elle l'était il y a peut-être

un ou deux ans, on voit quand

même une diversité importante

au sein de la communauté avec

d'autres secteurs et tout ça.

Et le secteur de la construction

résidentielle est

encore très sain.


LINDA GODIN

Est-ce que c'est un gros

moteur économique,

ça, pour la ville?


CHRISTIANE GUÉRETTE

C'est un gros moteur

économique. Je crois qu'en

général, les gens savent que

le domaine de la construction

résidentielle, l'immobilier,

c'est un gros secteur, mais je

pense qu'on oublie à quel degré

ça l'est. à Saskatoon, en 2015

par exemple, c'est le secteur

qui a le plus gros impact

économique, pas seulement en

terme de dollars dans la région,

mais aussi en terme d'emplois.

Donc, en 2015, juste pour

la construction de nouvelles

habitations dans la ville, il y

a près de 3000 emplois, puis ça,

c'est des salaires de 175

millions et des investissements

de 675 millions. Mais une fois

que tu ajoutes à ce secteur-là

aussi la section de rénovation

de domiciles et de réparation

du stock actuel de maisons, bien

là, ça augmente... Ça double.

L'investissement total est

1,4 billion et puis c'est des

salaires de 675 millions dans la

ville. Donc, c'est incroyable.

C'est plus que le secteur

pétrolier, plus que le bois,

la restauration, le tourisme...


LINDA GODIN

Le prix du pétrole a baissé.

Ça a affecté l'économie et de

l'Alberta et de la Saskatchewan.

Jusqu'à quel point vous, ça vous

affecte dans votre industrie?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Bien, je crois

que ça a affecté tout le monde

à un certain niveau. Nous,

je crois qu'on est chanceux,

en Saskatchewan, parce qu'on est

un petit peu plus diversifié que

disons l'Alberta, si on fait une

comparaison. On a quand même vu

un petit peu moins de maisons

se faire construire. Par contre,

c'est un marché qui est

quand même très actif.


LINDA GODIN

La ville de Saskatoon

a un grand projet

d'augmenter la population.


CHRISTIANE GUÉRETTE

À un demi-million.


LINDA GODIN

C'est ça. C'est à peu près 222

000 présentement, la population

de Saskatoon... à 500 000

d'ici 2050. Est-ce que vous,

ça vous donne des ailes

ou ça vous plombe les ailes?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Les deux, je dirais.

C'est excitant, c'est absolument

excitant parce qu'il faut bien

planifier la croissance d'une

ville. Absolument. Puis ça,

ça nous donne les outils et

la vision, et le vouloir de bien

planifier. Par contre, il faut

le faire. Donc, le rapport

pour une croissance jusqu'à

un demi-million a été approuvé

en principe par le conseil

de ville. Là, il faut vraiment

parler des détails.

Parce que quand on parle

de planification d'une ville

et d'une croissance, c'est un

concept que les gens de tous les

jours, on n'est pas vraiment...

Les gens sont pas au courant

de qu'est-ce que ça veut dire

pour le prix d'une maison.


LINDA GODIN

Hum-hum.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Donc, quand on achète

une nouvelle maison, les gens le

réalisent probablement pas, mais

le prix d'une maison comprend

le nouveau développement.

Donc, vous avez payé

pour les rues, vous avez payé

pour le trottoir, vous avez payé

pour le parc, vous avez payé

pour les lumières...


LINDA GODIN

Les services publics...


CHRISTIANE GUÉRETTE

Vous avez payé

pour le développement

du nouveau voisinage.

Les gens ne comprennent pas ça.

Donc, si ça, ce n'est pas bien

fait, il va y avoir un impact

sur le prix de la maison.

Donc, si c'est pas fait de façon

efficace, ton prix de maison

va être plus cher et donc, ça va

affecter le prix des maisons

dans la région, dans la ville

telle quelle. Les prix vont

commencer à augmenter peut-être

plus vite qu'ils devraient.

Donc, c'est pour ça que c'est

important de bien planifier,

d'être conscient de qu'est-ce

qu'on développe, pourquoi...

Puis ça, il y a toutes sortes de

dossiers à ce niveau-là, mais...

Nous, on a un travail à faire du

côté éducation avec le public.

Je crois que les gens sont

plus au courant quand ils vont

à l'épicerie, acheter l'épicerie

parce qu'on fait ça, si pas

tous les jours, à toutes les

semaines. Puis, quand on sait,

on entend parler du fermier qui

a de la difficulté ou qu'il y a

quelque chose qui est

arrivé à la météo, c'est pas

l'entrepreneur qui a l'épicerie

qui va payer pour

la différence du prix:

on va payer plus cher pour notre

chou-fleur. On l'a vu il y a

déjà quelques mois. C'est la

même chose avec les maisons.

Si c'est pas bien fait dès

le début, et la relation entre

les développeurs et la ville,

tous les détails ne sont pas

bien établis et bien préparés,

il y a plus de coûts et le coût

des maisons va augmenter aussi.

Donc, il y a un travail à faire

au niveau de la ville puis je

pense que ça, c'est une occasion

idéale avec notre plan

de croissance. On a engagé

la communauté pour avoir

un plan de croissance, ce n'est

qu'un début. Il faut engager

la communauté pour bien

qu'ils comprennent c'est quoi

les politiques autour de notre

ville. Et chaque décision qu'on

prend au sujet de la croissance,

ça peut affecter le prix

de nos maisons et l'abordabilité

de notre communauté.


Des images du parc de Wanuskewin Heritage défilent.


CHRISTIANE GUÉRETTE (Narratrice)

Un des endroits que je préfère

à Saskatoon, c'est Wanuskewin

Heritage Park. On aime passer

beaucoup de temps dehors comme

famille et puis c'est un beau

petit parc qui prend pas

beaucoup de temps.

Puis, on y retourne souvent.

Il y a un petit centre

d'interprétation, là, qui est

tout petit, où on peut avoir

l'historique de la culture

des Premières Nations dans

les Prairies: qu'est-ce qu'il

fallait faire pour chasser

le bison, pour survivre l'hiver?

On peut assister à des petits

spectacles de danse et il y a

vraiment des gens sur place

des Premières Nations,

de la communauté qui sont là

pour démontrer la fierté

autochtone de leur région.

C'est vraiment un petit

bijou caché, je dirais.


LINDA GODIN et CHRISTIANE GUÉRETTE sont dans une cuisine.


LINDA GODIN

Christiane, qu'est-ce qui

a amené l'Acadienne

en Saskatchewan?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je pense que je voulais partir

à l'aventure pour le travail,

carrière, amour,

tout ce que tu veux.

En tout cas, je suis partie.

Et puis, je suis retournée

au Nouveau-Brunswick d'ailleurs

pour un peu, puis ensuite,

je suis revenue en Saskatchewan.

C'est beau, à Saskatoon,

puis j'adore ça.


LINDA GODIN

Très, très rapidement,

quand vous êtes arrivée ici,

vous vous êtes impliquée

dans la communauté francophone.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Oui.


LINDA GODIN

C'était important, ça,

pour vous, de tisser

ces liens-là en particulier?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Absolument. Puis c'est vaste,

la francophonie, mais en même

temps, c'est un petit monde

aussi. Et puis, je connaissais

personne à Saskatoon.

Mais moi, j'ai grandi dans une

famille où le bénévolat était

très important. Le bénévolat

en francophonie était

très important. Mes parents

ont toujours oeuvré au sein

de la francophonie. Et puis,

mes parents avaient fait

du bénévolat avec des gens de

la Saskatchewan. Donc, ils m'ont

mis en contact avec ces gens-là

et puis c'est là

que j'ai commencé.

Puis là, j'ai retrouvé la petite

communauté francophone à

Saskatoon. Il y avait les mêmes

5 à 7 les vendredis soirs,

la même petite école, le même

petit centre communautaire.

Puis il y avait des différences,

mais quand on se retrouve

dans une nouvelle communauté,

on cherche les ressemblances

au début puis en francophonie,

je me retrouvais partout, là.

Donc, c'était comme un petit

chez moi loin de l'Acadie.


LINDA GODIN

À Saskatoon, il y a combien

de francophones à peu près?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Vous savez, c'est semblable

à Fredericton où je suis née.

Donc, je crois que les gens qui

parlent français à Saskatoon,

c'est à peu près 5%, langue

maternelle ou langue seconde.

Et puis, à Fredericton,

c'est pas mal la même chose.

Malgré que Fredericton,

c'est pas mal plus petit,

mais bon, c'est semblable.

Et puis, il y a beaucoup

de différences, mais il y a

beaucoup de similarités aussi.


LINDA GODIN

Et vous êtes devenue,

à un moment donné,

la présidente de l'Association

des francophones de Saskatoon?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Pour un bref moment, oui,

j'ai fait du bénévolat avec la

Fédération des francophones de

Saskatoon. J'ai été au bureau de

direction pour quelques années.

Avant de devenir présidente,

j'ai passé plusieurs années

avec l'Assemblée communautaire

fransaskoise comme la députée

communautaire pour la région

de Saskatoon. J'ai passé

deux termes, là, à représenter

la ville au niveau provincial

et national aussi.

Et puis, quand j'avais fini avec

ça, je suis revenue localement

et puis j'ai été la présidente

à la Fédération un peu.


LINDA GODIN

Quels sont les défis, alors,

des francophones de Saskatoon?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Il y a plusieurs défis. On

peut regarder tous les secteurs

puis il y a des défis partout.

Il y a des défis en santé, il y

a des défis avec l'éducation, il

y a des défis avec la diversité

qu'on a... Puis d'ailleurs, je

dirais pas que c'est un défi. On

a beaucoup d'immigration aussi

à Saskatoon aussi, puis ça fait

une diversité... C'est tellement

beau, la diversité qu'on a

dans nos écoles, d'ailleurs,

avec des gens qui viennent

d'un peu partout.

Donc, on a... Dans pas mal tous

les secteurs, on a des défis.

C'est l'accès aux services

de base. Pareil comme un petit

peu les autres communautés

francophones en situation

minoritaire aussi.


LINDA GODIN

Mais quels sont les plus

grands défis, tu dirais,

de la communauté? C'est quoi

le plus grand problème,

si je peux dire, présentement?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Le plus grand défi, puis pour

moi, c'est quelque chose qui me

touche plus parce que j'ai deux

jeunes enfants, c'est vraiment

la petite enfance et nos écoles:

de bien les préparer, de bien...

Avoir un système en place

qui n'est plus vulnérable,

qui est fort.

Malgré les défis, c'est un

système qui peut fournir ce

que nos communautés ont besoin.

C'est vraiment le coeur de

nos communautés. Et puis, on a

des écoles communautaires, donc

c'est plus que juste une école.

On appuie une communauté à ça.

Et puis, le défi, là, c'est

de vraiment outiller nos écoles

avec le bon financement. Parce

que ça prend plus de financement

qu'une école régulière.

Les ressources, c'est différent,

les réalités sont différentes.

On n'a pas les nombres

que peut-être les autres écoles

auraient et donc, il y a

des réalités qui sont absolument

différentes et puis ça prend

un financement différent, ça

prend des mécanismes différents.


LINDA GODIN

Puis là, présentement,

il y a pas assez d'argent,

pas assez de ressources, donc,

dans les écoles, c'est ça?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Il y a une combinaison

de tout ça. Définitivement,

le financement est un problème.

Mais est-ce qu'on a

les meilleurs systèmes en place?

Ça, c'est des questions

que je me pose souvent.

On a une division scolaire

qui recouvre toute la province.


LINDA GODIN

C'est ça, il y a

une commission scolaire

pour la Saskatchewan.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Pour toute la Saskatchewan. Et

puis, dans le temps, c'était un

gros succès. C'était important

d'avoir ça. Puis les gens

qui ont oeuvré pour avoir

la division scolaire francophone

ont travaillé fort pour ça. Puis

je les félicite puis je me sens

très chanceuse que mes enfants

puissent profiter

de cette division scolaire-là.

Mais je pense qu'on est rendu

à un point où il faut commencer

à analyser comment est-ce qu'on

peut mieux faire les choses.

Ça prend peut-être

un renouvellement à un certain

niveau. On a bâti... Comment

est-ce qu'on peut bâtir sur

nos acquis? Donc, on a certains

acquis, on a des forces,

et puis, il y a aucun temps

de faire une réévaluation de

comment est-ce qu'on peut mieux

opérer comme division scolaire.


LINDA GODIN

D'ailleurs, vous, avec

d'autres parents, vous avez

critiqué ouvertement le conseil

scolaire, la gestion, entre

autres, du conseil scolaire

et vous avez reçu

une mise en demeure.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Oui. J'étais pas seule, puis

je pense que c'est pour ça que

ça fait moins peur. Parce qu'on

n'est pas seul, il y en a

tout le temps d'autres dans

la communauté pour nous appuyer,

mais je crois que c'est correct

de critiquer et de demander

mieux. Et puis, d'ailleurs,

c'est ça que nous,

en francophonie, on a fait,

plusieurs communautés partout:

on veut mieux et puis on voit

des occasions qui se présentent

pour offrir de plus grandes

opportunités à nos enfants.

Et puis oui, on a critiqué

ouvertement notre

division scolaire.


LINDA GODIN

Qu'est-ce que vous leur

reprochiez, dans le fond,

à la commission scolaire?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je crois qu'on peut mieux

opérer. Je crois qu'on peut

offrir mieux que qu'est-ce qu'on

offre tout de suite à nos

enfants. Puis, ça me fait gros

au coeur de dire ça, j'aime pas

ça dire ça, parce que je veux

que mes enfants soient

à la meilleure division scolaire

qu'il y a possible

en Saskatchewan. Puis c'est

possible. Juste parce qu'on est

francophone, ça veut pas

dire que c'est pas possible.


LINDA GODIN

Et donc, juste pour bien

comprendre, vous reprochez

au conseil scolaire de mal gérer

le conseil et donc les écoles.

Et donc, ça a un impact

sur la qualité de l'éducation

que les enfants, les vôtres

comme ceux des autres parents,

qui critiquent le conseil

scolaire, c'est ça?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Absolument.


LINDA GODIN

Ça a un impact sur la qualité

de l'enseignement qu'eux

autres reçoivent.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Ça a un impact sur

qu'est-ce qu'on peut offrir pour

nos enfants dans nos écoles.

Puis, il faut pas avoir peur

de regarder ailleurs, qu'est-ce

qui s'offre ailleurs, c'est

quoi les meilleures pratiques

dans d'autres communautés, dans

d'autres écoles? Puis, je crois

que c'est plus facile d'être

confortable dans notre petit

noyau que de regarder ailleurs

et de vouloir mieux. Puis, c'est

pour bâtir sur ce qu'on a déjà.

On devrait être fier

de notre division scolaire.

Puis, les élus ne devraient pas

avoir peur d'embarquer dans

ce processus-là. Les élus ne

devraient pas avoir peur de la

critique et de l'engagement des

parents. Et puis, c'est un petit

peu cette impression-là

qu'on a en ce moment.


LINDA GODIN

J'aimerais parler

d'immigration francophone.

La ville s'est diversifiée.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Oui.


LINDA GODIN

Est-ce que vous trouvez

que l'intégration des immigrants

francophones se fait bien?

Est-ce qu'il y a un bon accueil

de la part de la communauté

francophone de Saskatoon

pour eux?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Bien, j'avoue que je suis pas

l'experte là-dessus, mais

c'est absolument une force dans

notre communauté. C'est vraiment

une des grosses différences

entre peut-être

le Nouveau-Brunswick

et la Saskatchewan, que

c'est un atout pour mes enfants.

C'est important pour mes enfants

qu'ils voient la diversité

possible dans une communauté

puis comment c'est facile puis

la beauté que ça ajoute, même

l'éducation de tous les jours

dans notre école. On a vraiment

une belle école qui est très

diversifiée puis c'est pas

quelque chose que je peux

leur offrir s'ils allaient

à l'école au Nouveau-Brunswick,

malheureusement.


LINDA GODIN

Christiane, vous travaillez

dans un monde d'hommes, dans

le domaine de la construction.

Est-ce que ça, c'est difficile

pour vous, pour une femme?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Écoute, je crois que

c'est difficile si je me dis que

c'est difficile. Mais je crois

qu'il faut identifier c'est quoi

les défis puis il faut être

conscient de c'est quoi

les défis. Je le sais que

je devrais peut-être me prouver

de façon différente à certains

niveaux, mais je veux pas aussi

me mettre dans une position

où je me dis que je suis

différente et puis que...


LINDA GODIN

Que ça, ça devrait

faire une différence?


CHRISTIANE GUÉRETTE

C'est important pour moi

de faire le travail que je fais.

Puis, je crois que n'importe

quelle femme qui voudrait le

faire devrait essayer. Mais je

ne veux pas me mettre dans une

position où je me dis: Ah, bien

c'est comme ça parce que je suis

une femme. Je crois qu'il est

important d'identifier qu'est-ce

qui va être difficile pour moi

et de m'attaquer à ça, de...

J'ai des plans de carrière

personnels que je vise,

mais oui, absolument,

c'est quelque chose...

J'ai des défis que je dois...

Que je dois travailler avec tous

les jours, mais d'un autre côté,

c'est vraiment excitant

puis j'aime ça.


LINDA GODIN

Puis donc, vous avez jamais eu

de commentaires désobligeants

ou des choses comme ça

que vous avez dû,

comment dire, redresser?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je crois qu'une fois qu'on

arrive à un certain niveau dans

sa carrière ou dans un certain

poste de leadership...


LINDA GODIN

Ça, ça arrive pas?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Ça va arriver partout.


LINDA GODIN

Ah oui? OK.


CHRISTIANE GUÉRETTE

À certains niveaux. Puis, dans

certains niveaux, les gens vont

peut-être être plus polis. Mais

c'est le jeu de la politique,

c'est le jeu de la diplomatie

puis il faut apprendre

à le jouer. Puis, je pense que

j'ai été chanceuse d'avoir des

bons mentors. Très, très, très

chanceuse. Et puis d'ailleurs,

je m'entoure toujours

de gens à qui je peux téléphoner

si j'ai de la difficulté.

Et puis ça, c'est important.

Il faut que je continue à me

retrouver au sein d'une bonne

équipe, parce que je suis pas

toute seule. Puis, une fois que

tu commences à regarder ça comme

un système... Je suis pas toute

seule là-dedans. Oui, je suis

le chef d'une équipe, mais

je crée vraiment un système,

à l'interne, sur le côté

opérationnel, mais aussi au

niveau de la table décisionnelle

avec mon bureau de direction.

Et puis, c'est un travail qui se

fait petit à petit puis on peut

seulement faire des changements

une fois qu'on est à l'interne.

Donc, c'est pour ça, je fais

toujours la promotion... Il faut

plus de diversité à la table.

Oui, ça comprend les femmes,

mais ça comprend les nouveaux

arrivants, ça comprend

la jeunesse, ça comprend

un nombre de représentations

dans la communauté. Puis,

je vais continuer à faire ça.


LINDA GODIN

Les femmes en politique...


CHRISTIANE GUÉRETTE

Oui?


LINDA GODIN

Qu'est-ce que vous pensez,

présentement, de la place,

du rôle des femmes en politique?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Je trouve que c'est un moment

excitant. Quoique le dernier

changement avec le Premier

ministre Trudeau avec avoir

un cabinet qui est vraiment 50%

femmes et 50% hommes, je crois

que c'est un moment excitant.

C'est à ce moment-là, je pense,

qu'on va commencer à voir qu'il

faut moins convaincre les femmes

de se présenter en politique.

On sait que les femmes, une fois

qu'elles se présentent aux

élections, c'est pas l'électorat

qui est sexiste, absolument pas.

Si tu as cinq femmes qui vont se

présenter puis tu as cinq hommes

qui vont se présenter, puis il y

a deux postes, statistiquement,

ça va être 50-50%. L'électorat

n'est pas sexiste. C'est se

rendre à ce point-là qui est

difficile. Puis on voit ça

de la même façon

dans les entreprises...


LINDA GODIN

C'est encore là où on dit

toujours, les femmes sont, par

exemple... sont présentes dans

le domaine financier, mais dès

que tu arrives dans les hauts

échelons, elles sont plus là,

ou très, très sporadiquement.

Un peu comme en politique:

oui, elles sont là,

mais elles devraient être

encore plus présentes.

C'est ça, le parallèle est...


CHRISTIANE GUÉRETTE

Une des critiques du

gouvernement présentement, c'est

qu'il y a pas beaucoup de femmes

au niveau des comités. Donc,

c'est la même chose. Je vois ça

de deux façons. Je vois souvent,

souvent des femmes qui ont

pas assez la confiance en soi

de dire que je peux faire ça,

qui se critiquent beaucoup plus

que les hommes. Puis, je le vois

tout le temps. Puis, peut-être

que je le vois plus dernièrement

parce que je suis

très consciente de ça.

Puis, on dirait que

les femmes ont besoin plus de ce

coaching-là présentement parce

qu'elles ont pas eu l'occasion

de grandir dans une culture où

tu devrais t'attendre à devenir

Premier ministre un jour. C'est

pas un acquis pour une femme de

penser comme ça, mais un homme

pourrait penser ça puis...

Sans aucun problème.

Puis, c'est pour ça,

d'ailleurs, que j'ai toujours

de la difficulté quand quelqu'un

me dit: "Tu vas-tu te présenter

en politique? Tu vas-tu faire

quelque chose?" Puis, je dis:

"Bien, j'ai des jeunes enfants."

Je réalise que c'est

problématique pour moi de dire

ça. C'est pas problématique pour

un homme de dire ça, mais c'est

problématique pour moi de dire

ça. Puis, j'ai de la difficulté

à verbaliser ça des fois,

mais je me dis:

Non, c'est une priorité

que j'ai, j'ai des objectifs

de carrière que je veux avoir

puis j'ai aussi des priorités

familiales que c'est important

pour moi. Puis, j'ai été maman

unique pendant longtemps puis

je me suis dit: Non, je vais pas

m'excuser parce que je veux

passer du temps avec ma famille.

Par contre, je vais continuer

à promouvoir la place

de la femme où je peux.

Donc, je vais me retrouver dans

un rôle où je vais appuyer les

femmes qui veulent se présenter

en politique puis je vais jouer

mon rôle de cette façon-là.


LINDA GODIN

Parlons pour parler, là...

Si jamais tu te présentais

en politique, qu'est-ce que

tu voudrais faire? Qu'est-ce que

tu voudrais changer?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Tout dépend d'où on est rendu.

Mais moi, je peux te dire

qu'est-ce qui est important

pour moi. Je trouve

que l'engagement de la jeunesse,

c'est extrêmement important,

l'engagement des femmes,

c'est très important,

avoir un gouvernement

qui représente vraiment

le peuple qu'il représente, ça,

c'est quelque chose qui est

très important pour moi.

Parce que la recherche démontre

que les décisions sont plus

efficaces, c'est des meilleures

décisions quand tu as des gens

autour de la table...

Une diversité d'opinions et de

perspectives autour de la table.

Puis, on n'est pas rendu là

encore. On n'est vraiment pas

rendu là. Je pense qu'on fait

des bons efforts pour se rendre

là, puis ça m'encourage

qu'on fasse ces efforts-là,

mais on n'est pas rendu là.

D'ailleurs, avec les Premières

Nations, moi, je suis pas d'avis

qu'on les a engagés assez

à ce niveau-là. Encore, il y a

des efforts qui se font, mais on

n'est pas rendu là. Puis, il y a

une raison pourquoi la jeunesse

vote pas au niveau qu'elle

devrait voter, à mon avis.

Donc ça, c'est quelque chose

qui me touche énormément. Il y a

des questions internationales

qui me touchent. Écoute, si

c'est au provincial, l'éducation

est très importante pour moi,

puis l'économie aussi.

Fait que j'ai plusieurs

dossiers qui m'excitent.


LINDA GODIN

Oui, pourquoi pas?


CHRISTIANE GUÉRETTE

Pourquoi pas?


LINDA GODIN

Christiane Guérette,

merci beaucoup.


CHRISTIANE GUÉRETTE

Merci.


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