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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Geneviève Toupin : Plus les années passent

Pour l’auteure-compositrice-interprète Geneviève Toupin, la chanson « Plus les années passent » est comme un mantra. Elle rappelle l’importance de continuer à évoluer et à ouvrir son coeur. En compagnie de sa mère et de sa grand-mère, on découvre les différences et les similitudes de femmes venant de différentes générations. Geneviève aimerait dédier cet épisode à la mémoire de sa grand-mère.



Année de production: 2011

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


Titre :
Geneviève Toupin «Plus les années passent»


GENEVIÈVE TOUPIN interprète sa chanson en s'accompagnant au piano.


GENEVIÈVE TOUPIN

♪ Plus les années passent ♪

♪ Plus le temps va vite ♪

♪ Je me demande ♪

♪ On s'en va où ♪

(S'adressant au public de l'émission)

Ça m'a pris un peu de temps

avant de trouver le thème. Je

savais que je voulais quelque

chose de plus universel, mais je

ne savais pas trop quoi. Et là,

à un moment donné, je lisais un

magazine, une revue de femmes et

de mode, tout ça. Il y avait un

article de Mitsou. Moi, j'ai

beaucoup écouté Mitsou quand

j'étais adolescente. Je l'ai lu.

Elle avait une phrase au sujet

des poupées russes. Ça m'a

inspirée et ça m'a fait imaginer

tout comment on vieillit,

comment on change, et tous les

différents chemins qu'on peut

prendre dans une vie et les

différents rêves qu'on peut

avoir et les différentes

versions de nous-mêmes aussi

qu'on devient ou qu'on essaie.

Mais au fond, c'est tout le

temps la même personne.


Texte narratif :
Somerset, Manitoba


GENEVIÈVE TOUPIN roule en voiture. Chez sa grand-mère, elle s'installe devant un harmonium et en joue.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

C'est l'harmonium à ma grand-

mère. C'est dans la famille

depuis plusieurs années. Un

jour, quand j'aurai une maison,

ça va être chez moi.


Dans les pièces de la maison, des boîtes remplies de souvenirs sont empilées.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Il y a une partie de moi qui

trouve que c'est triste, mais la

maison reste dans la famille.

Ça, ça fait que c'est moins

triste en quelque part, parce

que c'est quand même une maison

qui a beaucoup de vécu et qui

est très symbolique pour ma

famille, je pense.


GENEVIÈVE TOUPIN est en compagnie de sa grand-mère ANITA POIRON, et de sa mère DIANE POIRON-TOUPIN.


ANITA POIRON

(S'adressant à sa petite-fille)

On a déménagé ici la journée

du mariage de la princesse Diana.

Je me souviens

parce qu'aussitôt qu'on a

déménagé, on a mis la télévision

et on voulait la voir un petit

peu, pas trop manquer toutes les

cérémonies.

(S'adressant au public de l'émission)

C'est certain que je n'ai plus

la santé que j'avais, alors je

sens que je vieillis. Mais je

pense que je n'ai pas vraiment

de regrets dans ma vie, alors je

me dis: je vais vivre le temps

que le Bon Dieu me laisse vivre.

Et là, je vais avoir 80 au mois

de décembre. Et puis, je me dis,

je vais peut-être encore vivre

4-5 ans, et c'est correct.

Ici, c'est grand et je suis

seule, tandis qu'au manoir, j'ai

beaucoup d'amis qui restent là

et je vais manger avec les

autres au dîner, je vais prendre

mes dîners à la cuisine, avec

ceux qui vont là. Alors, je vais

rencontrer du monde.

Quand j'ai perdu mon mari,

c'était un gros morceau, et je

me suis bien ennuyée, toute

seule dans ma maison. Les

enfants viennent se promener,

mais ils repartent. Ils ont leur

famille.


GENEVIÈVE TOUPIN

Grand-mère, je t'ai amené

quelque chose pour ta nouvelle

maison.


ANITA POIRON

Tu m'as apporté quelque

chose! T'es-tu fine! Oh!


DIANE POIRON-TOUPIN

C'est des poupées russes.


GENEVIÈVE TOUPIN

Oui!


ANITA POIRON

Des poupées russes!

Si c'est beau!

Je vais mettre ça dans ma

nouvelle... dans ma nouvelle

suite, pis je pense que je vais

être la seule qui va en avoir.


GENEVIÈVE TOUPIN, sa mère et sa grand-mère se rendent au Manoir où déménagera bientôt ANITA POIRON.


GENEVIÈVE TOUPIN

(Entrant dans la suite)

C'est beau, hein!


DIANE POIRON-TOUPIN

C'est beau!


GENEVIÈVE TOUPIN

(Visitant la suite)

Wow!


DIANE POIRON-TOUPIN

C'est beau, hein!


GENEVIÈVE TOUPIN

Oui, c'est vraiment beau.


ANITA POIRON

Je vais pouvoir mettre mon

lit comme ça, ici, ou comme ça.


GENEVIÈVE TOUPIN

C'est beau, ça!


ANITA POIRON

Oui. Je commence à avoir hâte

de déménager.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Je trouve que c'est une bonne

chose pour ma grand-mère. C'est

quelqu'un de très sociable, et

j'aime mieux ça savoir qu'elle

va être entourée de personnes

que de rester ici et de se

sentir seule.

Je pense que c'est normal, et

j'ai beaucoup d'admiration et de

respect pour l'attitude de ma

grand-mère face à ça. C'est

positif. Elle regarde vers le

futur. Et ça, je trouve ça

inspirant, parce que souvent,

quand on entend parler de

personnes âgées qui quittent

leur maison dans laquelle ils

ont habité pendant tellement

d'années, souvent, c'est quelque

chose de très triste et

difficile, mais je ne vois pas

ce côté-là. En tout cas, si elle

ressent ça, c'est pas ça qu'elle

nous fait voir.

(S'accompagnant à l'harmonium)

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Oh je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Je grandis ♪


Texte narratif :
Montréal, Québec


GENEVIÈVE TOUPIN est dans son appartement de Montréal.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Ma mère m'a poussée à m'en

aller. J'avais à peu près 20

ans. Je pense que j'avais le

goût de m'en aller, mais c'était

pas clair où et quand.

Moi, j'ai 32 ans, et quand elle,

elle avait 32 ans, elle avait

déjà 3 enfants. Fait que c'est

sûr que nos choix de vie sont

très différents. Des fois, je

trouve ça tough ,parce que

j'aimerais ça avoir plus de

choses en commun avec elle à ce

stade-ci dans ma vie. Mais ça va

venir.


Retour dans la maison familiale de sa grand-mère, où GENEVIÈVE TOUPIN regarde des photos...


ANITA POIRON

Ça, c'était en soixante...


DIANE POIRON-TOUPIN

77.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

J'ai fait des études

en sciences infirmières. J'ai

travaillé comme infirmière

pendant environ 10 ans. Mais

moi, j'aimais beaucoup plus la

partie qu'on travaillait dans

les écoles, où on travaillait

auprès des enfants pour faire de

l'éducation.

J'ai décidé que j'allais

retourner faire ça. J'aurais

plus le même genre d'horaire que

les enfants. Dans ce temps-là,

j'avais trois enfants.

Ensuite, on a eu deux autres

enfants, et ensuite, j'ai

continué. J'ai un certificat en

éducation inclusive.


GENEVIÈVE TOUPIN est dans son appartement de Montréal.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

C'est difficile de faire ce

qu'on fait avec des enfants,

surtout en temps que femme. Je

sais pas... Je ne sais pas si je

serais capable de continuer

vraiment à mettre autant

d'efforts et autant d'énergie

dans ma carrière, avec des

enfants. Je ne sais pas. Ça

changerait sûrement les choses.


INTERVIEWER

(S'adressant à GENEVIÈVE TOUPIN)

Comment tu te vois, plus vieille?


GENEVIÈVE TOUPIN

Euh...

(Riant)

Je me vois...

Comment je me vois?

Je me vois...


INTERVIEWER

Est-ce que ça te fait peur?


GENEVIÈVE TOUPIN

Ça ne me fait pas peur. Non,

ça ne me fait pas peur. J'ai

juste... Il y a tellement de

choses que je veux faire dans ma

vie que j'espère que je vais

avoir assez de temps pour tout

faire ce que j'ai envie de

faire.

Je suis en train de suivre un

cours pour devenir prof de yoga,

alors c'est assez intense, et

puis, on parle beaucoup de la

vie, de vieillir, de trouver le

yoga, qui est l'union du corps

et de l'âme.

Fait que je réfléchissais

beaucoup à ça et à comment moi,

j'avais envie de vieillir. Je

pense que le refrain, c'est un

peu mon mantra personnel. C'est

de continuer à grandir tout en

vieillissant. De pas... Je sais

pas, de ne jamais arrêter

d'apprendre et de m'améliorer,

de devenir une meilleure

personne et d'essayer des

nouvelles affaires.

La première ligne de la chanson,

c'est "plus les années passent,

plus le temps va vite". Mais à

un moment donné, j'ai vraiment,

vraiment senti ça, que le temps

passe tellement vite. Je me

rappelle, quand j'avais 13-14

ans, j'avais tellement hâte de

finir l'école et d'habiter seule

dans mon appart et de voyager,

de faire tout ce que je voulais

faire. Ça semblait prendre

tellement longtemps... C'était

tellement loin dans ma tête.

Et là, c'est comme,

oh my god,

je suis déjà rendue là.

(Interprétant sa chanson)

♪ Le temps laisse ses traces ♪

♪ Pose son aiguille ♪

♪ Sur ma peau ♪

♪ Comme un tatou ♪

♪ Gravé en surface ♪

♪ Des lignes qui retracent ♪

♪ Les points tournants ♪

♪ De chaque année ♪

♪ Les rêves frêles ♪

♪ Presque brisés ♪

♪ Et l'espoir fou ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪


GENEVIÈVE TOUPIN regarde des photos dans la maison familiale de sa grand-mère.


GENEVIÈVE TOUPIN

Oh! Ça, c'est une belle photo.

Ça, c'est vraiment une belle

photo.


ANITA POIRON

Il y avait des gars qui

voulaient que... J'avais eu des

demandes en mariage. J'avais 18

ans. J'ai dit: "Non. Il n'est

pas question que je me marie

tout de suite. Je veux vivre un

peu ma vie." Ça fait que,

finalement, je me suis mariée à

22 ans.


GENEVIÈVE TOUPIN

Ça, c'était des roses?


DIANE POIRON-TOUPIN

C'était des vraies?


ANITA POIRON

Sais-tu qu'est-ce qui est

arrivé? Ça, ça a été pris un

mois après. On était revenus de

voyage de noces. Ils nous ont

dit que toutes nos photos

étaient gaspillées. Ça avait mal

tourné. Alors, on est retournés.

Ça, c'était un bouquet qu'il m'a

juste prêté. Fait que ça, ça a

été pris à peu près un mois

après.


GENEVIÈVE TOUPIN

C'est une belle photo.


ANITA POIRON

(Montrant un berceau)

Ça, c'est le petit lit où

tous mes enfants ont couché

quand ils étaient bébés.

Toi aussi et les enfants de tout

le monde. Et quand... Ils les

ont ramenés, parce que

"astheure", ce n'est plus légal.

Je me suis mariée en 55. Comme

tout le monde, en 56, j'avais un

bébé. Alors ça, ça date de 1956.

Et je n'ose pas le jeter.


GENEVIÈVE TOUPIN

Non!


ANITA POIRON

Je m'étais dit: j'aimerais ça

avoir neuf enfants. Mais au bout de

sept, là, j'ai trouvé que

c'était assez.

(Riant)

Moi, ma plus grande joie,

c'était toujours quand je les

emmenais à la maison. Je

rentrais à la maison avec mon

petit bébé neuf. Oui.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Être mère de famille, c'est

la joie. Tu ressens tellement

une fierté dans tous les

accomplissements de tes enfants.

Tout à coup, quelque chose qui

semble banal devient un

accomplissement tout à fait

précieux.

(Montrant une photo)

Moi, j'avais à peu près neuf mois

ou un an.


ANITA POIRON

(S'adressant à sa fille)

Oui. Je t'avais fait cette petite

robe-là, tu avais neuf mois.

Tu ne marchais pas encore. Je

t'avais juste accotée sur le

sofa. Ça paraissait comme si

elle marchait.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant à sa mère)

T'es toute cute.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant à sa fille)

T'avais des cheveux pareils.

Ça, ici, tu avais à peu près un

an. Probablement autour d'un an.


Les trois femmes vont ensemble à l'épicerie.


GENEVIÈVE TOUPIN

(Devant une étagère)

Tu veux une can? Juste une?


DIANE POIRON-TOUPIN

Oui. Il y en a faible en sel?

Les oeufs, ici.


GENEVIÈVE TOUPIN

(Prenant un sac de pain)

Ça, c'est trop?

C'est beaucoup.


DIANE POIRON-TOUPIN

Je vais les mettre au

congélateur, ceux qu'on

n'utilise pas.


ANITA POIRON

Je m'en vais te montrer

quelque chose.


GENEVIÈVE TOUPIN

Quoi?


ANITA POIRON

Mangez-vous de ça, vous

autres, des choux de...


DIANE POIRON-TOUPIN

Oui. Moi, j'aime ça.


ANITA POIRON

(S'adressant à sa petite-fille)

T'aimes pas ça?


GENEVIÈVE TOUPIN

Moi, j'aime pas ça.


DIANE POIRON-TOUPIN

Moi, je les adore.


Les trois femmes sont de retour à la maison familiale.


GENEVIÈVE TOUPIN

(Servant une coupe de vin à sa mère)

Tiens, maman.


DIANE POIRON-TOUPIN

Ah! Merci! Merci!


GENEVIÈVE TOUPIN

(Servant une coupe de vin à sa mère)

Grand-maman.


ANITA POIRON

Oh! Merci.


DIANE POIRON-TOUPIN

On va trinquer.


ANITA POIRON

À la santé de Geneviève.


Les femmes font cuire une pièce de viande.


ANITA POIRON

Il est peut-être un petit peu

rose.


DIANE POIRON-TOUPIN

Oui, on va le laisser.


Les femmes discutent en cuisinant.


ANITA POIRON

(S'adressant à sa fille et à sa petite-fille)

Chez nous, quand on avait de

la visite et les dimanches,

j'aimais faire le rôti de boeuf

de même avec les patates et les

carottes dedans, parce que ça me

laissait libre quand le monde

arrivait. Ça cuisait

tranquillement, et moi, je

pouvais recevoir mon monde et

jaser avec. À 6 h, tout était

cuit. Je pouvais mettre ma

table. C'était un peu pour ça

que je faisais ça quand j'avais

de la visite.


DIANE POIRON-TOUPIN

Geneviève, quand elle était

petite, elle, elle faisait de la

cuisine.

(S'adressant à sa fille)

Je me souviens une fois,

tu étais avec ton amie Nadia.

"Mom!On peut-tu faire

quelque chose? On peut-tu cuire

quelque chose?" J'ai dit: "Oui,

sure, OK. Là, vous allez prendre

une recette." Les filles ne

voulaient pas prendre une

recette.

"Non, non! On a une idée." J'ai

dit: "Oui, et là, vous allez

voir qu'est-ce que ça fait de la

poudre à pâte et qu'est-ce que

ça fait du baking soda et les

différents ingrédients. Il faut

que vous sachiez ça pour créer."

Vous étiez d'accord. Vous aviez

fait des biscuits. Je ne me

rappelle pas quelle sorte de

biscuits. C'était bon.

(Riant)

Cette fois-là, c'était bon. Te

rappelles-tu?


GENEVIÈVE TOUPIN

(Riant)

Oui, je me rappelle, mais

c'était pas le fun autant.


DIANE POIRON-TOUPIN

Non, je le sais, mais...

Quand j'ai commencé à coudre,

j'étais un peu comme toi. Je ne

voulais pas suivre de patron. Je

voulais juste faire mon idée, ce

que j'avais en tête. Une fois,

ma mère m'a dit: "Tiens, tu vas

prendre un patron, et là, mets-

toi à terre, là, et suis le

patron. Tu vas voir comment ça

marche."


ANITA POIRON

(S'adressant à sa fille)

Mais tu n'as pas voulu.


DIANE POIRON-TOUPIN

Non, je le sais. Je ne voulais pas.


ANITA POIRON

(S'adressant à sa petite-fille)

Elle a mis son linge à terre.

Elle s'est couchée dessus

et elle a dit:

"Passe autour de moi pour

trouver... Pour faire mon

patron." Je l'ai laissée faire.


GENEVIÈVE TOUPIN

(Regardant sa mère en riant)

Je ne savais pas ça.


DIANE POIRON-TOUPIN

Après, finalement, je l'ai

suivi, le patron, pour en finir.

Là, j'ai compris comment ça

marchait.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Ce que je remarque quand je

passe du temps avec ma mère et

ma grand-mère, c'est qu'entre

elles, je vois le respect que ma

mère a pour ma grand-mère. Elle

est super respectueuse envers ma

grand-mère. Je vois tout l'amour

qui est là.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Je pense que j'ai un peu la

même sensibilité qu'elle. J'ai

le souci des autres aussi, comme

elle. Et puis, j'aime être

authentique.


Les trois femmes discutent à table, en mangeant.


ANITA POIRON

Moi, j'avais trouvé qu'on

était élevés trop sévère sur

beaucoup de points, malgré que

nos parents étaient bons.

Plus tard, j'ai été enseigner

dans le nord. Là, je sortais

avec un gars vraiment

sérieusement. Et puis, il était

gentil et tout. J'avais été dans

sa famille. Il était un Métis,

mais pour moi, c'était un homme

comme les autres.

Mon père et ma mère n'ont pas

voulu me voir sortir avec ce

gars-là de la maison. Ça fait

que maman a dit: "On ne veut pas

que le monde te voit avec ce

Métis-là."

C'était cut and dry de même.


DIANE POIRON-TOUPIN

Il y avait beaucoup de

discrimination.


ANITA POIRON

Depuis toute jeune, il y

avait beaucoup de

discrimination.

Moi, j'ai été bien retenue dans

ma jeunesse. Je ne pouvais pas

sortir, jeune. Je me disais: je

ne vais pas retenir mes enfants

tant que ça. Je vais les laisser

s'amuser, parce qu'ils n'ont

rien qu'une jeunesse.

C'est les curés qui prêchaient

ça. C'était tout des péchés

mortels. Tout ce qui concernait

le sexe, c'était tout péché

mortel. Fait que tu comprends

bien, on avait l'enfer à notre

portée toujours. On avait

toujours peur.

Ils nous disaient: "Si vous

commettez des péchés mortels

avec votre ami et que vous

mourez dans la nuit, vous allez

aller en enfer." Ils nous

disaient ça, les curés. Alors,

on prenait ça au sérieux comme

on avait pris tout le reste au

sérieux dans notre catéchisme.

Et puis, moi, quand j'ai élevé

mes enfants, je ne pensais plus

comme ça. J'ai dit: on a perdu

bien du beau temps pour rien.


DIANE POIRON-TOUPIN

Je vais dire que je suis

catholique quand on me demande

quelle religion, mais je ne suis

plus tellement pratiquante. Moi,

je trouve qu'il manque beaucoup.

Il y a eu beaucoup d'erreurs.

Je trouve qu'il manque 51 % de

l'humanité dans cette Église-là

et c'est le côté féminin.


GENEVIÈVE TOUPIN

Ça ne reflète pas beaucoup où

en est rendu aujourd'hui en tant

que société. Mais moi, je suis

croyante et je crois que tous

les êtres, les humains et

aussi... Je suis peut-être un

peu hippie, mais tout ce qui est

vivant, les plantes et tout, on

est tous reliés par une énergie

commune.


ANITA POIRON

Je n'ai plus beaucoup de

confiance en l'Église.


GENEVIÈVE TOUPIN

Comment tu peux continuer?


ANITA POIRON

Sais-tu, je crois en Dieu et

je prie. Alors, l'église...

Sais-tu ce qu'il y a dans

l'église? Le rassemblement,

c'est une force pour notre foi.

Si tu es toute seule dans ton

coin et que tu n'as rien pour

renforcer ta foi, t'as pas de

cérémonie... Il faut qu'on aille

quelque chose pareil, comme

n'importe quelle organisation

qui se rencontre, pour se

parler, pour avancer et

s'encourager. C'est de même que

je prends ça. Je ne trouve pas

que c'est péché de ne pas aller

à la messe.


DIANE POIRON-TOUPIN

Chez nous, quand on était

petits, on avait beaucoup ce

genre de discussions. Tout était

permis. Moi, j'ai été élevée

avec l'esprit ouvert.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Je n'ai jamais vu ma mère

tout raconter ses secrets à ma

grand-mère. Peut-être que ça se

passe, mais que je n'ai juste

jamais vu. Moi, ce que je vois,

c'est juste comme...

Je sais pas. Moi, j'ai

l'impression que je ne parle pas

à ma mère de la même façon.

Moi, je vais lui dire toutes sortes

d'affaires. Peut-être qu'au fur

et à mesure que je vieillis, que

je vais peut-être avoir moins

envie ou moins avoir besoin ou,

je ne sais pas, peut-être que

notre relation ne changera pas.

Je ne sais pas. Mais ce n'est

pas la même sorte de relation en

ce moment. C'est différent.

(Interprétant sa chanson)

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Oh je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Je grandis ♪


INTERVIEWER

(S'adressant à DIANE POIRON-TOUPIN)

C'est quoi, les avantages de

vieillir?


DIANE POIRON-TOUPIN

Pour moi, c'est de se connaître,

de devenir de plus en plus

à l'aise avec soi-même,

de se connaître, d'évoluer, de

se donner la permission de

toujours apprendre, de faire des

erreurs, des plus grandes

erreurs et c'est plus

pardonnable. Je ne sais pas. Tu

n'arrêtes jamais de grandir.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant à sa mère et à sa grand-mère)

La culture, surtout en

Amérique du Nord, la femme,

il faut qu'elle reste jeune,

il faut qu'elle ait l'air jeune,

il faut qu'elle ait le Botox, tous

les traitements, toutes les

chirurgies, tout ça. Juste le

fait que le Botox devienne

accessible partout, dans toutes

les villes, et que c'est comme

surtout dans l'industrie de la

musique ou de l'entertainment,

c'est normal qu'une femme,

éventuellement, elle va se faire

faire ça. C'est quelque chose

qu'on voit souvent dans notre

milieu.


ANITA POIRON

J'ai entendu une femme, une

fois, en parler. Elle a dit:

"Rendues à un certain âge, si on

a trop de rides, on n'a plus

autant la chance d'avoir du

travail, surtout quand tu es en

vue à la télévision, ne serait-ce

que pour dire les nouvelles."

Alors, c'est quasiment comme si

la société ne voulait pas qu'on

vieillisse.


GENEVIÈVE TOUPIN

Mais les hommes, c'est

différent. On a un regard

différent sur les hommes.


ANITA POIRON

Je trouve que les hommes

vieillissent mieux que les

femmes.


GENEVIÈVE TOUPIN

Pas moi. Moi, je pense qu'on

a été conditionné à penser que

les hommes vieillissent mieux

que les femmes, parce qu'ils

vieillissent de la même façon

que nous. Ils ont les cheveux

gris, ils ont des bedaines, ils

ont des rides.


DIANE POIRON-TOUPIN

Mais ça, c'est des symboles

plus de pouvoir. Quand un homme

va vieillir, il est plus

respecté, il est plus écouté, il

devient plus puissant.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

J'espère devenir quelqu'un

qui sera plus capable de prendre

sa place et de dire vraiment ce

que je pense et ne pas toujours

avoir si peur de blesser tout le

monde autour de moi. Ça, c'est

comme quelque chose qui vient

avec la sensibilité. C'est

difficile, parce que j'ai tout

le temps peur que je vais

blesser. J'espère que je vais un

peu me défaire de ça.

(S'adressant à sa mère et à sa grand-mère)

C'est aussi qu'une femme, en

vieillissant, elle ne peut plus

avoir d'enfants. Elle commence à

perdre certaines choses qu'elle

avait dans sa jeunesse. Ça,

c'est la nature. On voit la

femme différemment que l'homme

en vieillissant.


DIANE POIRON-TOUPIN

C'est sûr qu'on voit la femme

différemment en vieillissant.

C'est sûr. Mais on ne se voit

pas différemment.


GENEVIÈVE TOUPIN

Non?


DIANE POIRON-TOUPIN

Non.

(S'adressant au public de l'émission)

Je suis une personne plutôt

optimiste, je dirais. Et puis,

je regarde en avant. J'aime la

vie. J'aime toutes les étapes de

la vie. J'aime ça, vieillir. Je

ne suis pas vraiment... Ça ne me

fait pas peur. Je trouve qu'il y

a quelque chose de beau et

d'intéressant à chaque étape.

Alors, puisque je suis comme ça,

je ne sais pas qu'est-ce qui

m'inspire. Je pense que c'est

juste la vie.


GENEVIÈVE TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

C'est vraiment quelqu'un de

très, très positif et elle

devient de plus en plus

positive, je pense, aussi. C'est

comme, elle vieillit et je

trouve qu'elle devient de plus

en plus belle aussi, comme la

façon dont elle voit la vie et

les choix qu'elle fait, la façon

que je la vois, la façon qu'elle

est avec mes petits frères

aussi. Je redécouvre ma mère.

Ça, c'est vraiment le fun.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant à sa fille)

C'est libérant aussi,

vieillir. Tu n'as plus à

t'expliquer. Tu te connais.


ANITA POIRON

Je n'ai rien à prouver à

personne.


DIANE POIRON-TOUPIN

Ça ne me fait rien ce que les

gens pensent de moi.


ANITA POIRON

Je ne dis pas que je me

laisse aller, là, mais peut-être

qu'on se soucie moins.

(S'adressant au public de l'émission)

Ce qui m'inspire à continuer,

c'est, premièrement, ma famille

et puis ma vie de communauté.

Là, je n'ai plus mon mari, mais

j'ai encore des amis. C'est un

peu pour ça que je déménage là

où il y aura de la vie. C'est un

petit peu comme une communauté,

le manoir.


DIANE POIRON-TOUPIN

(S'adressant au public de l'émission)

Elle comprend les autres. Et

puis, on voit qu'elle a un grand

souci du prochain.


ANITA POIRON

(S'adressant au public de l'émission)

Je ne regarde pas en arrière.

Je suis un peu comme ma mère. Ma

mère disait toujours ça: "Il ne

faut pas voir les papillons

gris, il faut voir les papillons

roses." Je n'ai pas grand

regrets quant à la vie que j'ai

menée.

(Riant)

J'aurais toujours voulu avoir

des cheveux longs et je n'ai

jamais pu.


Avec ses musiciens et s'accompagnant au piano, GENEVIÈVE TOUPIN interprète Plus les années passent.


GENEVIÈVE TOUPIN

♪ Plus les années passent ♪

♪ Plus le temps va vite ♪

♪ Je me demande ♪

♪ On s'en va où ♪

♪ Le futur dépasse ♪

♪ Le passé en poursuite ♪

♪ Et là où ils se touchent ♪

♪ Je me couche ♪

♪ Quand la course ♪

♪ Coupe le souffle ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪

♪ Le temps laisse ses traces ♪

♪ Pose son aiguille ♪

♪ Sur ma peau ♪

♪ Comme un tatou ♪

♪ Gravées en surface ♪

♪ Des lignes qui retracent ♪

♪ Les points tournants ♪

♪ De chaque année ♪

♪ Les rêves frêles ♪

♪ Presque brisés ♪

♪ Et l'espoir fou ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪

♪ L'espoir fou ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪

♪ Fou ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Oh je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Je grandis ♪

♪ Regarde en dedans ♪

♪ Et vois les poupées russes ♪

♪ Pour chaque femme ♪

♪ Que j'ai été ♪

♪ Sur le parcours ♪

♪ Soit t'es out, soit t'es in ♪

♪ C'est pas grave ♪

♪ C'est pas la vie ♪

♪ Qui t'illumine ♪

♪ Au fond de ces poupées ♪

♪ Il y a une âme ♪

♪ Laisse-la briller ♪

♪ à tous les jours ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪

♪ à tous les jours ♪

♪ Ouh ouh ouh ♪

♪ Jours ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Vers l'avant, vers demain ♪

♪ Oh je vieillis ♪

♪ Mais vers le haut, l'infini ♪

♪ Je grandis ♪

♪ Tululu tululu tululu ♪

♪ Tululu tululu tululu ♪

♪ Ouh ♪

♪ Ouh ouh ♪

♪ Ouh ouh ♪

♪ Ouh ouh ouh ouh ♪

♪ Ouh ouh ♪

♪ Ouh ouh ouh ouh ♪

♪ Ouh ouh ♪


Générique de fermeture

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