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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Cindy Doire : À genoux

Native de Timmins dans le nord de l’Ontario, Cindy Doire invente les mélodies les plus oniriques et les plus émouvantes. À genoux est un état d’âme de quelqu’un qui fait face à sa réalité financière difficile.



Année de production: 2011

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


Titre :
Cindy Doire «À genoux»


CINDY DOIRE accorde une guitare.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Ça me sauve plein d'argent en

thérapie, la musique!

Au lieu d'être fâchée, c'est

comme avoir cette façon de se

défouler, c'est vraiment génial.

♪ Je suis en train de creuser ♪

♪ Je me laisse tomber ♪

♪ Dans l'espace que j'ai vidé ♪

♪ Je tombe à genoux dans le trou ♪

♪ Je me laisse aller ♪

♪ Je m'enterre dans l'inutilité ♪

♪ Je pense m'en sortir ♪

(S'adressant au public de l'émission)

À genoux, c'est une chanson que

j'ai composée quand j'avais

besoin de me défouler parce que

c'était une journée assez

stressante. J'avais plein de

choses à faire puis c'était

toutes des choses qui me

coûtaient de l'argent et du

temps. Je me sentais comme si

j'avais besoin de me défouler.

J'étais stressée, mais en même

temps, il faut rire de nous-mêmes

dans des situations de même.

Ce que je fais toujours.

C'est une façon de survivre.


Titre narratif

(Timmins, Ontario)


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Je suis small town girl. Je viens

de la campagne et mes parents,

c'est des gens de la ferme.

Puis, je suis franco-ontarienne.

Donc, tu sais, c'est comme...

Je suis une vraie de vraie

franco-ontarienne du nord

de l'Ontario puis je le cache

pas. J'ai eu quand même une

enfance assez géniale parce

qu'on habitait en campagne.

Mes parents étaient toujours en

train de nous forcer d'être créatifs

avec comment on passait notre

temps. Il y avait beaucoup de

arts and crafts chez nous, puis

pas beaucoup de télévision.

Beaucoup de temps dehors. Des

fois, on "baggait" nos parents

de nous emmener en ville.


CINDY DOIRE nous transporte dans la maison familiale pour une rencontre avec sa mère, CARMEN DOIRE.


CARMEN DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

C'est le seul désavantage d'être

en campagne. Tu fais le taxi

souvent quand les enfants

deviennent adolescents. Surtout

quand ils sont dans les sports.

Mais ça, c'est correct.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

C'est pour ça qu'ils nous ont

mis dans les sports, je crois.

Parce que ça faisait les trois

qui s'en allaient tous en même

temps. On était les trois en

natation. Pour longtemps.

(S'adressant à sa mère en regardant des photos)

Ça, c'était avant que tu rases

ma tête.


CARMEN DOIRE

Oui, t'avais des beaux grands

cheveux frisés, te rappelles-tu?

(S'adressant au public de l'émission)

Elle avait ses grands cheveux,

des cheveux frisés. Elle avait

été se faire faire...


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Puis, après, "checke" qu'est-

ce que ma mère m'a fait.

Regarde!


CARMEN DOIRE

Avant puis après.


CINDY DOIRE

Comment traumatiser une

petite jeune de neuf ans!


CARMEN DOIRE

Elle nageait plus vite de

cette manière-là.


CINDY DOIRE et sa mère éclatent de rire.


CINDY DOIRE

Moi, j'étais la pire des

trois mais Stéphane, il avait

des records nationaux.

Nancy, je pense qu'elle aussi a

eu des trophées. Moi, j'étais

comme... Moi, j'avais un bon

esprit d'équipe, tu sais.

(Riant)

C'était ça, ma force.

♪ J'apprends à apprécier ♪

♪ Ceux qui veulent m'affaiblir ♪

♪ Dans ma nature domestiquée ♪

♪ J'apprends comment mentir ♪

♪ Pour des petits plaisirs ♪


CARMEN DOIRE

La première journée où je

l'ai vue en spectacle, c'est

quand elle était à Sudbury. Te

rappelles-tu, tu jouais à...


CINDY DOIRE

Ah, au club-house.


CARMEN DOIRE

Au club-house. Elle m'avait

dit qu'elle jouait au club-

house. Donc, j'ai dit: "OK, je

m'en viens." Je rentre. La

première chose que je vois,

c'est la grosse enseigne dehors!

"Cindy Doire". Là, je suis

devenue toute émotionnelle.

Là, je l'entendais chanter. Elle

venait juste de commencer. Je

rentre, j'avais de la misère à

rentrer parce que j'étais

émotionnelle. J'ai dit: "Faut

pas que je sois émotionnelle."

J'ai pris une grande

respiration. Je sentais que les

larmes me coulaient.


CINDY DOIRE

C'est ma soeur qui m'a forcée

parce que c'est elle qui a

"booké" le show.


CARMEN DOIRE

Ah oui?


CINDY DOIRE

Elle m'a dit: "Cindy, je t'ai

booké un show. Là, t'as pas le

choix."


CARMEN DOIRE

Quand je suis rentrée...

J'essaye de rentrer

discrètement. Elle me voit.

"Hi, mom!"

Là, je suis devenue

encore plus émotionnelle.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Dans le temps, j'avais comme

écrit, je pense, cinq chansons,

puis je savais pas quoi faire.

Je me suis trouvé un band à la

dernière minute qui a décidé de

m'accompagner. Puis j'ai appelé

ma mère, je suis allée à un

magasin de musique. J'ai dit:

"Mom, tu veux-tu être mon

sponsor?" Puis, elle dit: "Bien

oui, of course."J'ai dit: "OK,

cool. J'ai besoin de m'acheter

un petit système de son." Elle a

dit: "Ça coûte combien, ça?" Je

l'ai convaincue de m'acheter un

système de son à 1 000 $.


CARMEN DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

J'étais contente. J'étais fière.

Je pensais pas que ça aurait

été sérieux, son affaire,

mais j'ai dit: "OK, on va

l'encourager." Puis, je regrette

pas mon choix.


CINDY marche dans les rues de Timmins. Puis elle entre dans un bar.


CINDY DOIRE

(Chanson en arrière-plan)

♪ Un coin de ciel ♪

♪ Terni par la fumée ♪

♪ J'apprends à apprécier ♪

♪ Ceux qui veulent m'affaiblir ♪

♪ Dans ma nature domestiquée ♪


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

C'est ici que j'ai joué mon

premier show, à Timmins.

J'ai passé beaucoup de temps

musicalement quand j'avais 18,

19 ans. J'ai même travaillé ici

comme serveuse, dans le temps.

C'est une crowd assez rough,

tu sais. Quand on est une fille

avec juste une guitare acoustique,

c'est pas la meilleure idée.

C'était un peu pour apprendre

comment survivre dans les bars.

Je pense que c'était une des

places où il faut... Je pense

que c'était un peu comme: Wo!

OK, qu'est-ce que c'est ça, faut

jouer de la musique dans un bar?

Mais j'ai appris beaucoup en

jouant ici. J'avais 16 ans.


Retour à la discussion dans la maison familiale...


CARMEN DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

C'était dur, c'était son

choix. Elle le voulait puis si

tu les empêches, ça fait plus de

frictions puis je pense qu'elle

avait besoin de vivre cette

expérience-là. Elle était

responsable et aventureuse donc

elle voulait vivre cette

expérience-là. Je lui ai laissé

son choix.


CINDY DOIRE

(Ouvrant le placard de sa chambre)

Ça, c'est ma robe de

graduation.

(Riant)

Peut-être un jour

j'aurai une raison de la porter

sur la scène. Ça, c'est la

guitare. Mon père, il avait fait

une job pour quelqu'un et cette

personne n'avait pas les moyens

de payer mon père. Donc mon père

a dit: "OK, quand t'as l'argent,

tu me donneras... Prends ton

temps." Finalement, sa business

elle a failli. Donc le gars a

appelé mon père et a dit: "Je

vais pas avoir les moyens de te

repayer, mais si c'est correct,

tu peux venir à mon magasin." Il

avait un magasin de musique.

"Puis tu peux prendre des

guitares."

(Montrant une guitare électrique)

Mon père est arrivé avec cette...

cette guitare pour moi.

Je pense qu'il y avait une flûte

pour ma soeur et une guitare

pour mon frère. J'ai pas

vraiment joué beaucoup, en fait,

mais je l'ai toujours gardée.

Quand j'ai commencé à chanter et

à écrire des chansons, au début,

je m'accompagnais avec. J'avais

même pas d'ampli ou rien.

J'accordais ma guitare

électrique et j'essayais

d'écrire des tounes.

Mais je l'ai toujours gardée et

je vais toujours l'avoir. Si je

peux en jouer? Elle est super

pas accordée.


CINDY DOIRE essaie de jouer avec sa première guitare, devenue dissonante. Elle rit.


CARMEN DOIRE

(Montrant une photo de mariage)

Moi puis Camil, on s'est

rencontrés dans une... Ah, je

sais pas comment on dit ça en

français! Une blind date. Ça a

été le coup de foudre. On s'est

rencontrés puis on est tombés en

amour. On a fait notre petite

famille et puis... C'était un

bon papa, au grand coeur. Ça,

c'est un portrait ancien de

notre petite famille. Cindy est

là, vous la voyez pas, mais elle

est dans ma bedaine.

J'étais comme 8 mois enceinte.

Nancy, Stéphane et puis maman et

papa. C'était très important

pour lui, la vie familiale. Très,

très important. Être avec les

enfants, passer du temps avec

les enfants. Et puis... quand

mes enfants ont perdu leur papa,

je leur ai dit: "Vous l'avez pas

eu longtemps, mais vous avez des

beaux souvenirs."

(Montrant d'autres photos du père de CINDY DOIRE)

C'était la saison qui commençait.

C'est du goudron qu'il "sprayait".

Les pipes ont bloqué. Il y avait

du propane alentour. Donc ça

a fait une grosse explosion.

Avant qu'ils appellent

l'ambulance, mon mari a même

pris le temps d'avancer le

trailer parce que c'était trop

près de la maison, pour pas que

la maison brûle, pour pas que ça

cause d'autres dommages et il a

été brûlé au troisième degré.

C'était une très grosse épreuve.

C'était... C'était... dur à

passer à travers. Mais quand

t'as une grosse famille, puis

j'avais mes trois enfants, il

fallait que je sois forte pour

mes enfants parce qu'ils en

avaient besoin. Ensemble, avec

l'amour de ta famille puis les

amis proches... On avait des

bons amis.

(Montrant d'autres photos)

Ça, c'est encore moi et mon

mari. Ça, c'est quand on était

en Jamaïque. Ça, c'est nos

grands amis avec qui on allait

toujours en voyage. C'est

quasiment comme nos frères et

soeurs et leurs enfants, c'est

comme mes enfants. Mes enfants,

c'est comme leurs enfants.


CINDY DOIRE

C'est ma tante et mon oncle

Jerry.


CARMEN DOIRE

C'est ça.


JERRY, SUE et STÉPHANIE DESHAIES viennent visiter CINDY DOIRE.


STÉPHANIE DESHAIES

(S'adressant à CINDY DOIRE)

Qu'est-ce que tu fais, là?


CINDY DOIRE

Je suis super busy

dernièrement.


JERRY

Good.


SUE

C'est quoi ton prochain projet?


CINDY DOIRE

Je viens de finir un album

avec ma meilleure amie Andrea

Ramolo. On l'a terminé.

(S'adressant au public de l'émission)

Je suis entourée de ma famille,

ma deuxième famille. Ma tante

Sue, mon oncle Jerry. Puis là,

il y a Stéphanie Deshaies.

Tous les Deshaies.

(Regardant des photos)

Ça, c'était comme 7e année.

11 ans, 12 ans.


STÉPHANIE DESHAIES

Ouais, 12.


CINDY DOIRE

Oh boy! Ça, c'était notre

girls night. Je pense que... on

a un vidéo de ça. Ça, c'est...

Moi, j'avais 9 ans. J'étais

grande. Nos parents nous

donnaient des devoirs.

Des "Faut faire ça aujourd'hui".

Cette journée-là, il fallait

faire des costumes avec des sacs

de patates puis il fallait se

débrouiller et s'habiller de même.


STÉPHANIE DESHAIES

Décore-les comme tu

veux puis porte-les après.

(S'adressant au public de l'émission)

Cindy, quand elle était jeune,

elle était très réservée. Elle était

très tranquille. Mais Cindy,

quand elle est devenue plus

grande, c'est elle qui était la

"go get her". Elle était... Elle en

avait beaucoup dans le casque,

elle est passée à travers

beaucoup de différentes choses

Cindy, quand elle a vieilli. Ça

l'a amenée à la personne qu'elle

est rendue, maintenant.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Moi, ça faisait un an que mon

ami était décédé. Un de mes

meilleurs amis à l'école qui est

décédé du cancer. Cette journée-

là, j'ai dit à mon père: "Non,

je veux pas aller à l'école. Je

veux rester chez nous. Je suis

triste..." Mon père était comme:

"Voyons donc! Au moins, prends

l'autobus, va à l'école. Je m'en

fous ce que tu fais une fois que

t'es là-bas, mais... Dans la vie,

tu vas perdre du monde et tu

peux pas juste rester là. Ton

ami Jimmy ne veut pas que tu

sois dans ta chambre toute

seule. Au moins, va célébrer sa

vie." Donc, la dernière

conversation que j'ai eue avec

mon père, c'était au sujet de la

mort et au sujet du fait que

dans la vie, on va perdre du

monde.

Il faut pas s'arrêter là puis il

faut continuer.


STÉPHANIE DESHAIES

(S'adressant au public de l'émission)

Elle a pas fait de choses

extrêmes. Comme "extrêmes", je

veux dire: elle s'est pas jetée

dans la boisson ni dans la

drogue, rien de même. Cindy,

pour exprimer ses émotions, que

ce soient des émotions belles ou

tristes avec, comme elle a dit,

avec son père, elle écrivait des

poèmes et des chansons. Elle

s'exprimait de même et ça avait

l'air de l'aider. Et elle a

essayé de passer à travers tout.

Il y a des hauts et des bas.

Même dans les bas, Cindy est

toujours très positive. Je suis

capable d'entendre qu'elle est

très bonne avec son équipe. Je

suis pas mal certaine qu'elle

leur remonte l'esprit un petit

peu, de temps en temps, quand

ils en ont besoin.


Des images de CINDY DOIRE en prestation avec ses musiciens défilent.


CINDY DOIRE

(S'adressant à ses musiciens)

Un, deux, trois.


CINDY DOIRE et ses musiciens répètent.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Mon père serait vraiment fier.

Surtout que je chante en

français. Parce que c'est

quelque chose que jamais, en me

connaissant jeune, jeune, que

t'aurais pensé non seulement que

je devienne artiste à temps

plein, mais en français. Mon père

était toujours en train de dire:

"Parlez-nous en français! Vous

allez perdre votre français."

C'était vraiment comme: "Pro-

français." Et nous autres, on

était comme: "Whatever, dad!"

Puis là, tout d'un coup, tu

réalises, t'as 20 ans et t'es

comme: "Wow, ça fait des années

que je n'utilise plus la langue

française dans mon quotidien.

Puis, c'est comme..."

Tu te sens pas mal déracinée.

Pour moi, c'était vraiment une

réalisation comme: "Wow.

Ça fait une dizaine d'années que..."

Ça m'intéressait plus, le français,

et je me suis remise là-dedans.

(Riant)

Je pense que mon père serait

très fier et sûrement surpris

aussi.

♪ Je suis en train de creuser ♪

♪ Je me laisse tomber ♪

♪ Dans l'estime que j'évitais ♪

♪ Je tombe à genoux dans le trou ♪

♪ Je me laisse aller ♪

♪ Je m'enterre dans l'inutilité ♪

♪ Je pense m'en sortir ♪

♪ Un jour déguerpir ♪


Texte narratif :
Toronto, Ontario


CINDY DOIRE transporte ses instruments de musique vers son véhicule.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Je vous présente ma van. Faut

pas me juger, mais c'est un peu

un désastre. Il y a des choses...

C'est un peu un désastre.

Perruque. Tu sais jamais quand

tu vas avoir besoin d'une

perruque. Des fois, faut que tu

sois blonde dans la vie, c'est

plus facile. J'ai un oreiller

puis une couverte en avant, si

jamais il faut que... Tu sais,

faire une petite sieste.

C'est mon bureau. Puis quand

t'es en tournée, t'as besoin

d'un van pour te rendre d'une

ville à l'autre. Puis comme ça,

j'ai la liberté. Si jamais je

veux me "booker" un show, je le

sais que j'ai pas besoin de me

louer une voiture ou embarquer

en train avec toutes mes

guitares, amplis et tout ça.

Donc, c'est vraiment une liberté

qui te permet d'aller faire

n'importe quel show qui

t'intéresse.

(Marchant sur le trottoir)

La meilleure technique, c'est la

patience, je crois, et magasiner

quand tu n'as pas d'argent, parce

que pour une raison ou une

autre, tu trouves toujours les

meilleures choses quand t'es

vraiment pauvre.

(Regardant des bottes dans une friperie)

Oh yeah...

Je crois que mon père avait des

bottes comme ça quand il était

plus jeune.

J'ai toujours été attirée par ce

qui se passe ici, musicalement.

Pour moi, Toronto, c'est ici que

j'ai un appartement. Il y a

comme le gros boom qui se passe

et il y a plein de petites

places qui commencent à

s'ouvrir. Donc je pense que ça

devient de plus en plus cher.

Mais c'est Toronto, donc c'est

tout à fait normal. Sauf quand

t'habites comme nous. On est

trois filles dans un appartement

pour deux.


CINDY DOIRE nous transporte dans son appartement, où elle discute avec ANDRÉ RAMOLO, amie et musicienne.


CINDY DOIRE

(S'adressant à ANDREA RAMOLO)

(Propos traduits de l'anglais)

Si deux artistes font don de leur

temps dans une soirée, il semble

ridicule qu'ils ne jouent pas

plus de deux chansons.


ANDREA RAMOLO

(Propos traduits de l'anglais)

Ils nous donnent un reçu d'impôts

pour ça.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Andrea et moi, on s'est

rencontrées il y a 10 ans à peu

près. Dans un petit bar qui est

quand même fameux à Toronto. On

avait des amis en commun puis

c'était comme... La première

fois qu'on s'est vues, il y

avait déjà quelque chose. Et

musicalement, on a commencé à

travailler ensemble dès le

début.

Andrea était en train

d'apprendre à jouer de la

guitare. Puis, je lui ai appris

à jouer Blackbird des Beatles.


ANDREA RAMOLO

Les Beatles!


CINDY DOIRE et ANDREA RAMOLO ont un petit fou rire.


ANDREA RAMOLO

(Propos traduits de l'anglais)

Les chansons que nous écrivons

ont tendance à être dans la même

veine. La poésie et raconter

des histoires, c'est notre fort.

Je crois que nous aimons le

même genre de musique;

c'est un peu comme ça qu'on

est devenues amies.


Les deux amies font des vocalises ensemble.


ANDREA RAMOLO

(Propos traduits de l'anglais)

Nos voix vibrent et résonnent

très bien ensemble; elles se

ressemblent tout en étant assez

différentes pour constituer

les différents degrés d'une voix

plus intense. Quand on chante

ensemble, on sonne souvent

comme une seule personne.

C'est un plaisir de chanter

avec elle.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

On s'encourage dans nos

projets solos puis on travaille

ensemble. Ça rajoute à notre vie

et ça enlève rien au travail

qu'on a déjà fait.

On a tout booké notre tournée

nous-mêmes. On a 35 dates à

travers le Canada. Ensuite, il

faut aller contacter les

journaux de toutes les villes.

Celles que notre relationniste

de presse veut pas faire, parce

qu'on a un budget aussi.


ANDREA RAMOLO téléphone à un journal.


ANDREA RAMOLO

(Propos traduits de l'anglais)

Mon Dieu. Parfois, ces gens

n'aiment pas être dérangés

et ils détestent...


CINDY DOIRE

(S'adressant à ANDREA RAMOLO)

(Propos traduits de l'anglais)

Oh, ils aiment ça. Ils aiment

faire semblant.

(S'adressant au public de l'émission en français)

Tu sais, il y a des choses qu'on

a mises sur nos cartes de

crédit. Moi, j'avais un peu

d'argent en banque que j'ai mis

là-dessus. On a plein de

ressources puis on pige ici et

là puis... On se retrouve avec

une belle grosse dette éparpillée

de plein de différentes façons.

On creuse un trou financièrement

en espérant qu'à un moment

donné, on va s'en sortir. Il y

en a qui achètent des maisons

avec 100 000 $. Il y en a qui

font quatre ou cinq albums.

C'est une business card qui coûte

très cher.

(Propos traduits de l'anglais)

Notre devise est: «L'argent n'est

pas tout...».


ANDREA RAMOLO

(Propos traduits de l'anglais)

(Riant)

On fait ensuite un clin d'oeil.


INTERVIEWER

(S'adressant à CINDY DOIRE)

Tu te sens bien dans tout ça?


CINDY DOIRE

Des fois. Des fois, je me

sens très bien dans ma situation

de vie. C'est clair que c'est

une bonne chose qu'on soit des

êtres humains adaptables. Parce

qu'il me semble que c'est

toujours des transitions. Tu

pars en tournée, tu t'habitues à

être on the road. Puis là tu

reviens de la tournée puis t'es

comme: OK, faut que je m'adapte

que je suis chez nous. Il me

semble que t'es toujours en

train de t'adapter à quelque

chose.

À un moment donné, je crois que

ça va probablement m'épuiser

peut-être. Peut-être que non.

Peut-être dans 20 ans, je vais

peut-être pas vouloir faire

tellement de tournées ou...

Peut-être que non, mais en ce

moment, j'aime beaucoup ça.

Quand je regarde ce que je dois

payer, que je regarde l'argent

qui rentre puis l'argent qui

sort, il faut juste pas calculer

les heures et les heures...

(Riant)

et les heures de travail qu'on met,

puis calculer avec l'argent

qu'on fait parce que c'est pas

pour ça. C'est pas ça qui nous

donne le drive d'être musicien

ou artiste.

♪ J'essaye de m'enfuir ♪

♪ De ceux que j'attire ♪

♪ Paralysée ♪

♪ Corps excités ♪

♪ Je suis déchaussée ♪

♪ Et détachée ♪

♪ J'apprends à apprécier ♪

♪ Ceux qui veulent m'affaiblir ♪

♪ Dans ma nature domestiquée ♪


CINDY DOIRE roule en voiture en direction du Maple Leaf Tavern.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

On est au musée Shania Twain

puis ils ont comme recréé The

Maple Leaf Tavern. Donc, c'est

un endroit qui a existé pendant

très longtemps à Timmins, où il

y avait plein de bands plutôt

country pendant très longtemps.

Tu vois les pancartes qui

expliquent quand les bands

jouaient.

Ça jouait comme quatre parties

de 21 h à 21 h 55. Un petit 5

minutes de pause. Puis ensuite,

de 22 h 05 jusqu'à... Puis quatre

sets. Donc, je pense qu'ils

faisaient travailler les

musiciens assez fort. Je suis

contente de voir que ça a été

préservé dans l'histoire de

Timmins. Parce que je pense que

c'est une place d'importance.

J'ai plein de gratitude.

I'm grateful de venir d'ici et que

j'ai un endroit où je peux aller

reconnecter et me remettre

comme... Trouver un balance

dans moi, si jamais je le perds.


CARMEN DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Sa force de caractère, c'est

qu'elle est très débrouillarde,

positive. Elle n'est pas

négative. C'est une fonceuse.

Quand elle décide qu'elle va

chercher quelque chose, elle met

son coeur dedans.

C'est pas un métier facile, mais

je lui ai dit: "Qui risque rien

n'a rien. Si tu t'essayes pas...

Il faut que tu t'essayes pour

savoir. Donne-toi le temps. Puis

le temps le dira. Puis, si tu

veux revenir, t'as ton

éducation. C'est pas perdu."


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Quand j'étais à l'université, je

travaillais comme serveuse aussi

puis... je me trouvais des

petites jobines ici puis là. Une

fois que j'ai déménagé à Toronto,

je travaillais comme serveuse

aussi. Puis, depuis 2007, j'ai

comme arrêté de travailler.

Aussitôt que j'ai pris la

décision, c'est parce que

j'avais pas assez le temps de

travailler, pas d'argent non

plus. Donc, c'était comme: OK,

est-ce que je le fais ou pas?

Quand j'ai pris cette décision,

c'est comme si ça avait facilité

ma vie côté artistique et les

jobs ont commencé à rentrer. Dès

que j'ai dit: "OK, j'y vais à

100 %", c'est là que les

opportunités se sont... "OK! Là

t'as fait la décision, voilà!"

Je pense que si j'allais faire

autre chose, il faudrait que ce

soit quelque chose qui me

nourrit de la même façon. Je

pense que je travaillerais quand

même pour moi-même. Ça serait un

autre risque, quelque chose

d'autre. Que ma mère et mon père

avaient tous les deux leur

propre business donc je pense

que je travaillerais pour moi-même

d'une façon ou d'une autre.


CARMEN DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

C'est pas toujours facile

d'être un artiste. Des fois, tu

peux creuser puis creuser. Tu

t'embarques puis tu t'embarques,

mais à un moment donné,

t'essayes de sortir du trou.


CINDY DOIRE

(S'adressant au public de l'émission)

Je me sens bizarre. Ça fait

comme un mois que j'ai pas créé

une chanson. On devient

tellement occupé avec toutes les

autres affaires qui viennent

avec une carrière en musique.

Quand j'ai pas le temps, ça me

stresse. Je me sens comme

déplacée, déconnectée

artistiquement, quelque chose.

Donc, je suis toujours en mode

création. C'est surtout que

c'est tout ce qui se passe

autour de moi, qui m'entoure;

tout ce que j'écris, ça vient de

quelque part. Donc, on fait

toujours face à des choses dont

on peut parler dans la musique.

J'ai toujours le goût d'écrire.

Si je pouvais seulement faire

ça, je le ferais.


CINDY DOIRE interprète la chanson À genoux, accompagnée D'ANDREA RAMOLO et de ses musiciens.


CINDY DOIRE

♪ Je suis en train de creuser ♪

♪ Je me laisse tomber ♪

♪ Dans l'espace que j'évitais ♪

♪ Je tombe à genoux dans le trou ♪

♪ Je me laisse aller ♪

♪ Je m'enterre dans l'inutilité ♪

♪ Je pense m'en sortir ♪

♪ Un jour ♪

♪ Je voudrais m'enfuir ♪

♪ De ceux que j'attire ♪

♪ Un coin de ciel ♪

♪ Terni par la fumée ♪

♪ J'apprends à apprécier ♪

♪ Ceux qui veulent m'affaiblir ♪

♪ Dans ma nature domestiquée ♪

♪ Je sais comment mentir ♪

♪ Pour mes petits plaisirs ♪

♪ Je n'aspire qu'à ♪

♪ L'impunité ♪

♪ Je suis en train de creuser ♪

♪ Je me laisse tomber ♪

♪ Dans l'estime que j'évitais ♪

♪ Je tombe à genoux dans le trou ♪

♪ Je me laisse aller ♪

♪ Je m'enterre dans l'inutilité ♪

♪ Je pense m'en sortir ♪

♪ Un jour déguerpir ♪

♪ Je voudrais m'enfuir ♪

♪ De ceux que j'attire ♪

♪ Paralysée ♪

♪ Corps exhibé ♪

♪ Je suis déchaussée ♪

♪ Et détachée ♪

♪ J'apprends à apprécier ♪

♪ Ceux qui veulent m'affaiblir ♪

♪ Dans ma nature domestiquée ♪

♪ Je sais comment mentir ♪

♪ Pour mes petits plaisirs ♪

♪ Je n'aspire qu'à ♪

♪ L'impunité ♪


Générique de fermeture

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