Image univers La portée des mots Image univers La portée des mots

La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Radio Radio : Rum Runner

Baie Ste-Marie, Nouvelle-Écosse
À travers leur composition sur un rythme de rap et de musique électronique, Jacques Doucet et Alexandre Bilodeau nous font découvrir une page d’histoire sur la contrebande et la fabrication du rhum à Baie Ste-Marie.



Année de production: 2011

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


Titre :
Radio Radio «Rum Runner»


Texte narratif :
Baie Sainte-Marie, Nouvelle-Écosse


Des images d'un port de bord de mer défilent. JACQUES DOUCET monte à bord d'un bateau de pêche conduit par ALFRED COMEAU, un pêcheur local.


ALFRED COMEAU

On s'en va pêcher une cargaison

de rhum!


JACQUES DOUCET

♪ On est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪

♪ On est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪


Texte narratif :
Smuggler's Cove


JACQUES DOUCET

Ouais, bien Smuggler's Cove,

c'est juste là, la petite

caverne. Quand j'étais jeune,

mon grand-père m'apportait ici.

Mon grand-père habitait juste à

côté, à deux minutes de voiture.

Et s'il faisait beau, il

m'apportait ici. On tirait des

roches, on recherchait pour des

petits morceaux de vitre cassée,

polis par la mer. Et là, ça fait

des petits trésors. Et puis il

raconte toujours l'histoire du

rum running.Le monde, soit ils

faisaient leur propre rhum ou

ils achetaient ou ils

s'arrangeaient pour mettre des

barils de rhum là-dedans et là

il y avait un bateau qui

arrivait dans ce coin-ci. Et là,

ils ramaient jusqu'à tant qu'ils

se rendions là, ils mettaient

tous les barils dans le petit

bateau, ils transféraient ça au

gros bateau. Et après ça, ils

s'en allions aux États-Unis,

dans différents ports, pour

vendre ça illégalement dans les

speakeasy.

Je trouve que c'est

une cool place. Ça me fait penser à

l'époque des pirates, tout ça.

C'est une place où se cacher. Tu

veux te cacher de la loi, tu vas là.


JACQUES DOUCET discute avec ALFRED COMEAU.


JACQUES DOUCET

Toi, le rum running et tout

ça, c'était avant ton temps?


ALFRED COMEAU

C'était avant mon temps. Dans ce

temps-là, il y avait beaucoup de

monde qui buvait du rhum et du

whisky. Astheure, il n'y en a

pas si tant. C'était un gros

business, le rum running.Il y

avait rien qu'un police pour

quasiment tout Digby County. Ça

fait que les rum runners,ceux

qui avions du rhum, avions pas

mal de chance à le cacher.


JACQUES DOUCET

(Montrant la caverne)

Là, ils "storaient" ça là

dedans?


ALFRED COMEAU

Non, non. Ils l'ont jamais

"storé" là.


JACQUES DOUCET

C'est une légende?


ALFRED COMEAU éclate de rire.


JACQUES DOUCET

C'est une fun légende.


ALFRED COMEAU

On peut rien cacher là-dedans

parce que la marée monte, et ça

ferait des dégâts.


JACQUES DOUCET

OK!


ALFRED COMEAU

Il y avait des bootleggers

partout, quasiment tous les

bootleggers sont tous morts

astheure. Y a plus de

bootleggers.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Tous les bootleggers faisions

des partys. Et les musiciens

venaient, et moi, mon premier

goût à la musique, c'était quand

j'allais chez mon autre grand-

père. Et il y avait... Comme

tous les musiciens allions de

bootleggers en bootleggers. Ils

jouaient de la musique et

buvaient de l'alcool. La chasse

aux rum runners,c'est plus

about du bootlegging que

du rum running.

Mais vu qu'on vient des

Maritimes et qu'on a Smuggler's

Cove, on a pris le nom rum

runners.


JACQUES DOUCET nous transporte dans sa maison au bord de l'eau.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

On était bloqués sur une

chanson. On n'avait qu'une

couple de chansons, mais on

était bloqués sur... sortir.

Comme on était au Liquor's

Store, on a acheté une bouteille

de rhum un peu cheap et là, on

dit: "OK! On finit soit la

bouteille ou on finit la

chanson."


ALEXANDRE BILODEAU, claviériste de Radio Radio, joue de son instrument dans la maison de JACQUES DOUCET.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Et Alexandre commence avec un

beat bien simple. Et là, après

ça, le beat te parle, ça dit

quelque chose. Le beat te parle,

ça veut dire que t'entends

quelque chose dans le beat qui

te fait penser à un sujet.

Souvent, quand j'arrive avec un

sujet avant de faire la chanson,

souvent ça fonctionne pas si

bien. Mais quand le beat est

déjà un peu commencé,

pratiquement... "Ah! Ce serait

cool de parler de ça." Là, on va

dans notre propre direction. On

travaille un peu de notre propre

façon, et là, quelqu'un dit:

"Ah, je l'ai, c'est ce sujet-là.

OK, Cool! OK! J'ai le refrain."

Après que le refrain est fait,

le reste de la chanson, c'est

simple.


JACQUES DOUCET prend son micro et chante sur les rythmes électroniques d'ALEXANDRE BILODEAU.


JACQUES DOUCET

♪ Yo man, les bars sont fermés

so ousque tu vas? ♪

♪ Now, les bars sont fermés so

ousque tu vas? ♪

♪ Je m'en vais aux bootleggers

what the fuck tu crois? ♪

♪ Non, je sais pas! Pourquoi pas

chez moi? ♪

♪ On a de la bière, en masse à

boire et des filles qui viennent

de soir ♪

♪ So téléphone l'autre bord on

peut leur laisser savoir ♪

♪ Que la fête a finit pas

jusqu'à tant que tu viens pas me

regarder ça ♪

♪ Regarder quoi? Ce qui vient!

Là je la vois ♪


JACQUES DOUCET entre au Liquor Store.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Ouais! Bien c'est la section

rhum. Plus blanc que c'est, plus

pur que c'est.

T'esstilly rapidement.

Là, t'arrives dans les spiced

rum. C'est pas âgé.

Un rhum âgé, par exemple... Ça,

c'est un rhum âgé de 5 ans. Le

plus âgé qu'il va être, souvent,

le plus foncé qu'il est, mais

c'est pas garanti. Tandis qu'un

spiced, vraiment, t'ajoutes des

épices pour donner la couleur.

Là, t'arrives dans

des premium rums.

Jamaica, Cuba... C'est

quoi? Ça me paraît intéressant.

C'est un black stripe rum's navy

tradition. Je pense que je vais

peut-être essayer ça rien que

pour y goûter. C'est un dark

rum, mais c'est pas âgé.

Sinon, t'as Smuggler's Cove. Du

45 %. C'est...


JACQUES DOUCET revient chez lui avec des bouteilles de rhum.


JACQUES DOUCET

(Agitant son verre)

Tu fais un tour, un peu comme tu

fais avec ton vin, cognac,

whisky, rhum. C'est la même

chose.

(Reniflant le rhum)

Shit! Euh...


ALEXANDRE BILODEAU

C'est le Smuggler's Cove?


JACQUES DOUCET

(Goûtant le rhum)

Je m'attendais pas à ça. Bien,

ça a un peu le goût de réglisse

noire. C'est quelque chose que

c'est plus un desert type rum.

On va goûter à ça. Il est plus

foncé. Mais ça veut pas dire

qu'il est plus âgé.

Mmm! C'est plus doux, sucré un

peu, à la mélasse ou euh... Ça,

c'est vraiment bon.


ALEXANDRE BILODEAU

Si jamais que tu bois un rhum

et qu'il est pas assez doux,

faut pas te gêner de mettre

une miette de mélasse

là-dedans. Crosby's.


JACQUES DOUCET

Pas du sirop d'érable?


ALEXANDRE BILODEAU

Le sirop d'érable, tu ruines

les deux. C'est ça qui le

faisons sauver.


JACQUES DOUCET

Oui, je sais, mais si tu veux

le même effet sans la mélasse...


ALEXANDRE BILODEAU

Ça, c'est comme...


JACQUES DOUCET

Ça sent bon.


ALEXANDRE BILODEAU

T'as mis la mélasse et tout?


JACQUES DOUCET

Ouais! Là, ça goûte un peu

comme un porto.


ALEXANDRE BILODEAU

(Reniflant et affichant un air de dégoût)

Ah oui!


JACQUES DOUCET

Goûte à ça!


ALEXANDRE BILODEAU

Shit!


JACQUES DOUCET

(Insistant)

Ça goûte mieux que

ça sent.

C'est comme le fromage. Ça goûte

mieux que ça sent.


ALEXANDRE BILODEAU

(Goûtant)

Ça goûte mieux que ça sent.

(S'adressant au public de l'émission)

Le concept des rum runners

d'antan, ça, basically, ça fait

partie de l'histoire, apparemment.

Les légendes qu'on a entendues,

les bateaux... Et à l'époque de la voile,

en Nouvelle-Écosse, c'était comme

un «heaven» de l'activité.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Les pirates, tout ce qui se

passe avec les choses illégales,

mais en même temps, il y a comme

quelque chose à la fin qui est

rentable.


ALEXANDRE BILODEAU

(Riant)

Obviously!


JACQUES DOUCET

Bien là, attends! C'est comme...

C'est pas de l'or, mais en même

temps, ça faisait de l'argent.

C'est aussi bon que l'or.


JACQUES DOUCET retourne à Smuggler's Cove, en compagnie de DENIS COMEAU, auteur de «Tous les ch'monnes m'nont au rhum».


JACQUES DOUCET

(S'adressant à DENIS COMEAU)

Je venais tout le temps avec mon

grand-père. Mon père et ma mère.


DENIS COMEAU

Qui c'était, ton grand-père?


JACQUES DOUCET

Léo.


DENIS COMEAU

Léo?


JACQUES DOUCET

Ouais, tu sais, dans l'armée,

et là...

(propos inaudibles)


DENIS COMEAU

(En aparté)

En grandissant, il y avait de

temps en temps... On entendait

parler d'une petite chose,

quelques mots ici et là,

que ça parlait soit de la

boisson qu'ils buvaient, dans le

temps du rum running, ou celui-

ci ou celui-là était peut-être

impliqué d'une façon ou d'une

autre dans le rum running.

(S'adressant à JACQUES DOUCET)

On voulait faire une ligue de

théâtre pour attirer des

touristes. Et le monde de la

région. Et moi, j'avais dit:

"Bien, peut-être que le rum

running, ça serait intéressant

de faire une pièce sur

le rum running!"

Tous les ch'monnes m'nont

au rhum. C'est de même qu'on

parle, par icitte!

Et puis, c'est l'histoire d'une

famille qui "bootleggue". Le

monde du voisinage qui vient

pour une bière ou qui vient...

Ça se déroule comme ça. C'est

dans le temps du rum running

et il y a des officiers qui

essaient d'attraper ceux-là qui

vont chercher le rhum sur le

bord de la côte et tout ça.


Au port, JACQUES DOUCET s'entretient avec JEAN-PIERRE ANDRIEUX, auteur et historien.


JEAN-PIERRE ANDRIEUX

(S'adressant à JACQUES DOUCET)

Tout ce qui touche le maritime

m'intéresse. Il y avait

énormément de transport par les

bateaux, alors je me suis

intéressé à ce trafic. On

m'invite à aller n'importe où

dans le monde, sur des sujets

comme la prohibition.

Beaucoup d'argent a été gagné

par des résidents de Nouvelle-

Écosse en trafiquant cet alcool

précieux pendant cette grande

époque de la prohibition.

(Montrant des photos)

Alors ça, bien, c'est le type de

goélette qui était utilisé pour

transporter l'alcool jusqu'en

Nouvelle-Écosse, ici. Bon, alors

le début de la prohibition,

c'est les États-Unis. Où vous

aviez des mouvements anti-

alcooliques depuis de très

nombreuses années. Et donc on

donnait aux troupes, dans les

tranchées en Europe, des rations

d'alcool assez importantes

chaque jour, quand ils allaient

revenir au pays, après la

guerre, que ces pays-là, tout le

monde serait pas mal dans la

consommation d'alcool.

On buvait dans ces régions,

selon l'ethnicité de la

population... C'est-à-dire que

si vous étiez anglophone, on

voulait boire du rhum. Et le

plus noir il était, le meilleur

il était. Alors c'était du rhum,

essentiellement, qui venait de

Guyane anglaise, qui s'appelait

du Black Diamond.

Personne ne voulait autre chose

que cette marque de rhum.

C'était la plus prisée que l'on

envoyait chercher de Nouvelle-

Écosse par des bateaux, des

goélettes qui descendaient avec

des barils vides. Et ces barils,

on les faisait remplir à la

distillerie. C'était rechargé

sur les bateaux qui venaient et

qui débarquaient ça le long des

côtes. À ce moment-là, c'était

redistribué chez des bootleggers

qui revendaient ça

individuellement à des

personnes. Il y avait un système

parallèle de distribution.

L'expression "bootlegger" venait

de l'expression où on mettait

une paire de bottes et on

transportait des flasques à

l'intérieur des bottes.


DENIS COMEAU

(S'adressant au public de l'émission)

J'ai trouvé les codes que les

rum runners utilisaient pour

communiquer et puis, par

exemple, s'ils avaient du rye à

bord du boat, ils signalaient

FOB. S'ils voulaient dire "Are

you all right?" Ils envoyaient

"Asparagus".

Je connaissais des vieux

pêcheurs et des enfants de vieux

pêcheurs qui avaient peut-être

entendu... C'était des

bootleggers, des enfants de

bootleggers. C'était difficile

de découvrir aucune chose à

propos du rum running en détail,

parce qu'il y avait assez de

monde qui était impliqué dedans,

d'une façon ou d'une autre, soit

un rôle mineur ou majeur, que

personne ne parlait. C'était le

secret.

Ça aurait été plus facile si le

monde avait voulu parler plus.

Mais ils ne voulaient pas parler

parce que c'était quelque chose

d'illégal. Et puis, c'était le

secret sur les choses illégales.

Si tu veux que quelqu'un garde

un secret, une famille

acadienne peut garder des

secrets, et puis je me demande

si ça avait quelque chose à voir

avec toute l'histoire de la

déportation et tout ça. C'est

possible. Je sais pas. Dans mon

idée, je pense que c'est peut-

être quelque chose qui est venu

de là, cette chose-là, ce

secret. "Tu le dis pas. Tu sais

pas à qui ce que tu le dis.

C'est peut-être un Anglais!" Et

dans ce temps-là, les Anglais...

Comme, par exemple, il y a une

femme qui me contait une

histoire que quand elle était

petite, s'il rentrait un

étranger, on soupçonnait que

c'était un Anglais.

Parce que c'était des Anglais

partout. Il n'y avait pas de

téléphone, dans ce temps-là. Ça

fait que la femme, ce qu'elle

faisait, elle allait et sur la

corde à linge, elle mettait un

morceau... N'importe quoi! De

rouge. Et puis le voisin voyait

du rouge sur la corde à linge.

Ah! Il mettait un morceau de

rouge. Et comme de suite et

comme de suite. Ça fait que

c'était tout, cette affaire-là,

peur des Anglais, peur de dire

quelque chose. On avait déjà

passé à travers d'une

déportation. C'était illégal. Il

fallait rien dire, tu sais?

Et même au jour d'aujourd'hui,

si tu peux trouver quelqu'un qui

est vieux assez, qui était en

vie ou qui était au courant de

ce qui se passait dans ce temps-

là, si tu peux le faire parler,

tu fais bien.


JACQUES DOUCET reçoit chez lui son cousin JEAN-GUY FORD.


JEAN-GUY FORD

(S'adressant à JACQUES DOUCET)

Ça commence icitte.

(Propos en anglais)

All right!

C'est le disinfectant stuff.

A capfull!


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

C'est un cousin. Lui a appris

à faire du rhum du côté à sa

mère. Il fait du bon rhum!

Comparé à l'autre rhum qui était

fait maison, ça goûtait comme de

l'alcool...

Du rubbing alcohol,

pas buvable. Ça goûtait un peu

ça. J'ai pris des sips, je l'ai

craché et je l'ai vidé parce que

ça se buvait pas. Mais lui,

c'est vraiment un bon rhum.


JEAN-GUY FORD

(S'adressant au public de l'émission)

Quand j'étais dessous l'âge

de 19, j'avais un oncle qui

faisait du rhum.

Et puis il me "buyait" une

bouteille, il me "buyait" une

bouteille, et puis là, mes amis

en voulaient. Ça fait qu'ils

étaient là tout le temps... Et

là, il a dit: "Je vais rien que

te montrer comment faire".

(S'adressant à JACQUES DOUCET)

Ça prend de l'eau. Ça prend

du sucre. Ça prend du...

(S'adressant au public de l'émission)

C'est ça que je bois. C'est la

seule raison. C'est ça que je

bois. C'est ça mes amis boivent.

C'est ça que je fais.

(S'adressant à JACQUES DOUCET)

La première affaire que tu vas

faire, c'est remplir ton baril

avec de l'eau chaude. La raison

que tu veux de l'eau chaude,

pour commencer, c'est que tu

veux dissoudre tout ton sucre.


JACQUES DOUCET

Combien de barils de même?

Rien qu'un?


JEAN-GUY FORD

On va en mettre trois et

demi.

(S'adressant au public de l'émission)

Ça, c'est point du moonshine

comme nous le faisions dans le

vieux temps. Quand moi, j'étais

jeune, ils levions un baril

comme ça et ils mettions des

grapes, des fruits dedans.

Yeast! Moi, je use du herbal

yeast.Tu peux avoir

du super yeast express, tu peux

avoir différents types.

T'en mets rien qu'un peu à la

fois à cause que si t'en mets

trop, ça fait des clamps. Quand

j'avais moins que 16 et que je

rentrais chez mes parents, le

soir, et j'avais pas la

permission de boire de l'alcool,

j'ai acheté une 24. Et là,

t'avais besoin de mettre des

bouteilles partout dans tes

vêtements, dans tes bas, un sac.

Et là, c'était trop! Tu

marchais, cling! cling! cling!

So... Après un moment, j'ai

décidé de m'acheter une

bouteille de rhum. Tu mets ça

dans ta poche, tu rentres en

dedans: fini!

Ça va rester ici pour 7 à 10

jours. C'te rhum, icitte, ça,

c'est du rhum pur que j'ai fait

une couple de semaines passées.

On va voir... Je suis point sûr,

pour le pourcentage.

On verra!

J'essaye de le faire toujours à

40 %. Comme tu vois là,

la ligne est sur le 40.

Here we go!

Ça va être une industrielle

bouteille de spiced! Par rapport

à ça, tu peux voir quelle marque

que je fais le plus.


JACQUES DOUCET

(Montrant des mini-bouteilles)

So, tu mets ça dans ton rhum,

t'as un Tequila Gold Flavor,

basically. Et là, c'est ton

Orange Brandy Liquor.

Ton Mexican Coffee!

Et là, on va boire du spiced.


JEAN-GUY FORD

Premium Spiced Rhum. On va

en mettre une shot, environ!

Mettre une shot de ça.

Le big bottle, icitte.

Et on va mixer ça là-dedans.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Pour Éduc'Alcool, là, ça,

c'est une consommation.

Ça, c'est deux consommations.

(Levant son verre)

Cheers! Merci beaucoup.

Ah, il est bon!


JEAN-GUY FORD

A1.


JACQUES DOUCET

Yeah!


JEAN-GUY FORD

(S'adressant au public de l'émission)

Beaucoup de monde

peut pas dire que c'est moi qui

l'ai fait. Ils pensent qu'il est

acheté au Liquor Store.

On va peut-être en boire plus

qu'une!


Des images de JACQUES DOUCET chantant Rum Runner défilent.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

L'histoire de la chanson, les

paroles, ça traite d'une soirée

de sortir au bar, et après ça,

tu veux... Tu vois, on sortait,

on voulait faire le party. Il y

avait un autre party après le

party. Mais le bar ferme à 2.

OK, on va aller chez Rose qui

était une bootlegger. Rose,

c'était une bootlegger à

Moncton. Elle est décédée,

maintenant. Tu prenais ton taxi,

t'arrêtais là, tu rentrais en

dedans, t'achetais une couple de

bières. Une bière, une caisse de

bières, du rhum, n'importe quoi.

Elle faisait un prix par rapport

à ce que tu voulais acheter. Et

après ça, tu mettais ça dans ton

coffre et t'allais à ton party.

So, la chanson s'appelle Rum

Runner. J'aime beaucoup

le rhum, mais en même temps,

c'est plus about les bootleggers.

On va la commencer, la chanson,

avec un peu comme, tu sais,

plusieurs saouls autour

d'une table ou comme dans un

bateau, dans le vieux temps.

(Imitant un rum runner ivre qui chante)

♪ On est partis voir le rum

runner! ♪

♪ Si tu veux de quoi à boire tu

peux venir si que tu veux ♪

ENSEMBLE

♪ On est partis voir le rum

runner! ♪

♪ Si tu veux de quoi à boire tu

peux venir si que tu veux ♪


JACQUES DOUCET roule maintenant en voiture vers un bootlegger.


JACQUES DOUCET

Il y a rien comme aller au

bootlegger, comme dans le temps,

au fond des bois, là! Un bon

petit chemin de terre, t'arrives

là, tu sais pas où que t'es,

t'es rendu dans une weird place

avec plein de monde... C'est

bien le fun.


JACQUES DOUCET s'arrête devant ce qui ressemble à un camp de chasse.


JACQUES DOUCET

(Montrant l'intérieur)

Il y a les essentials. La cuisine.

Il y a quelque chose qui

ressemble à un lit. Ha, ha!


JACQUES DOUCET s'entretient avec MICHEL GAUDET, ami et musicien.


MICHEL GAUDET

(S'adressant au public de l'émission)

Et tous les boys venions

s'asseoir ici dedans et ça

fêtait. Et là, astheure, c'est

là que tout le monde va. Tout le

monde sait que ça, c'était le

gazebo. Le mental health center.

Moi, je suis... Je suis beaucoup

de choses. C'est comme ça que

t'appelais Jack au World Trade.

J'ai été à Dalhousie University.

J'ai étudié le théâtre. Le

acting. Et je suis un musicien.

J'ai commencé quand j'avais 14.

C'est important pour des

artistes acadiens, je pense, à

sortir, parce qu'icitte, dans

Clare... on peut rien faire so much.


JACQUES DOUCET

C'est ça. Nous autres, il

fallait aller à l'extérieur.

(Montrant un objet suspendu au plafond à l'intérieur du bootlegger)

Bien, ça, je veux pas le

toucher, parce qu'apparemment,

c'est pour couvrir la souris.


Un homme vient appuyer sur la «souris», générant un cri électronique. Tous les hommes présents éclatent de rire.


MICHEL GAUDET

(S'adressant au public de l'émission)

L'autre monde qui venait

icitte, pour le mental help,

c'est des pêcheurs, des

"loggueux", toutes sortes de

femmes, de toutes les modes. Il

y a des choses qu'on voit

icitte, des fois, un samedi

soir, vers 2 h du matin, que tu

voirais point dans la ville de

Montréal ou à Toronto.


ENSEMBLE

♪ On est partis voir le rum

runner! ♪

♪ Si tu veux de quoi à boire tu

peux venir si que tu veux ♪


MICHEL GAUDET

(S'adressant au public de l'émission)

Ma grand-mère pis mon grand-

père, c'étaient des bootleggers.

Icitte, on appelait ça des

bootleggers, mais rum runners,

c'est la même chose. J'allais là

les dimanches. Et ça venions de

l'église! Tout le monde venait.

De la râpure dans le poêle à

bois, les gens de la baie qui

venaient, ça jouait de la

musique et ils vendions de

l'alcool! Et ça a été de même

pour des années et des années.

Quand mes grands-parents vont

quitter ce monde icitte, on va

continuer la tradition aller.

(Montrant une photo)

Ça, c'est mon père. Quand mon

père était jeune, c'était un

moonshiner. Il avait commencé

une «still» là-bas, en bas de la

butte. Il y a comme une souche.

Et il avait commencé une «still» là.

Et lui et Ray! Ray avait 14

ans de vieux. Ils faisions du

moonshine et allions vendre ça

là-bas à Weymouth, Digby,

Pubnico... C'était venu qu'ils

amenions des truck loads.

C'était comme une mini mafia.


JACQUES DOUCET discute avec RUGGED RAY, bootlegger.


JACQUES DOUCET

(S'adressant à RUGGED RAY)

Avant que t'étais retiré,

qu'est-ce que tu faisais, avant?


RUGGED RAY

Ah, je faisais de la pêche.


JACQUES DOUCET

De la pêche?


RUGGED RAY

Oui, je faisais de la pêche,

j'étais bûcheron.

Et puis j'ai vu que c'était

une bonne idée de «bootlegger».

Mon père c'était un «bootlegger»

à côté. Quand j'ai perdu mes

parents, on n'avait plus de

compagnie... On a ouvert ça ici,

moi puis mon ami. Mets un frigo,

mets de la bière dedans,

puis tes amis vont venir.

Si tu as de l'argent, c'est bon.

Si t'en n'a pas, c'est encore bon.


JACQUES DOUCET

Basically, le monde paie pour

remplir le fridge?


RUGGED RAY

Légalement, oui.

Si t'es bon, y a pas de problème.

La bière est là.

Pourquoi est-ce qu'il y a

un cadenas?


VOIX D'HOMME AU LOIN

À cause qu'il y a des

voleurs.


RUGGED RAY

(Acquiesçant)

Y a des voleurs!


VOIX D'HOMME AU LOIN

Quand on se couche le soir,

on barre la porte.


RUGGED RAY

Ouais!


MICHEL GAUDET

Il y avait beaucoup de

"loggueurs" qui coupions du

bois. Ils travaillions dans le

fond des bois. Ils pouvions pas

sortir aller s'acheter de

l'alcool. Ça fait qu'ils avions

des cabanes dans les bois et ils

vendions du rhum et du whisky.

Et ils vendions ça pis là, c'est

devenu une culture. Et là, le

monde a commencé à le faire dans

leurs maisons, parce qu'ils

voyaient qu'il y avait une

petite piasse à se faire.

Et c'est là.


JACQUES DOUCET

♪ On est parti voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪

♪ On arrive au bootlegger et le

vieux a encore deux bout' ♪

♪ J'ai besoin d'une caisse de

bière comment ça coûte?♪

♪ La soirée est encore jeune

♪ Plus jeune que cette femme

icitte ♪


JEAN-PIERRE ANDRIEUX

(S'adressant au public de l'émission)

L'alcoolisme, c'est pas plus

que ce que vous aviez

aujourd'hui ou avant. Je pense

que celui qui avait envie de

boire à cette époque ou celui

qui a envie de boire

aujourd'hui, il le fait. Et tout

ce qui est interdit a toujours

meilleur goût. Alors de savoir

qu'il y a encore un bootlegger,

ici, en Nouvelle-Écosse, dans

cette période du XXIe siècle,

c'est tout à fait surprenant.

Parce que c'est... On se demande

pourquoi! Il y a tout ce qu'il

faut.


DENIS COMEAU

(S'adressant au public de l'émission)

Ça existe encore et moi, j'ai

bu ma part de bière, chez les

bootleggers. Quand j'étais

jeune, il y avait des

bootleggers dans tous les

villages. Des villages, il y en

avait 2-3.

C'est beau de parler des

bootleggers et du rum running,

la fantaisie qui entoure ça et tout

ça, mais il y a une partie

réelle qui affecte du monde

personnellement dans leur vie,

de jour en jour, qui n'est pas

si belle.


JACQUES DOUCET

(S'adressant au public de l'émission)

Ça fait partie de notre

histoire. C'est plus le

bootlegging et le rum running

qu'on essaie pas de glorifier,

mais pas de parler seulement de

l'affaire de boisson. Je pense

que quand tu vois le bootlegger,

bien, est-ce que ça glorifie

l'alcool? Je pense pas. Le gars

est passed out avec sa bière! Il

se réveille, la première chose

qu'il fait, il a soif, il boit

de la bière. Misère à marcher,

en train d'uriner dehors... Ça,

c'est pas aucunement glorifier

l'alcool.


JACQUES DOUCET chante devant le Mental Health Centre.


JACQUES DOUCET

♪ All right! Meet the bootlegger.

Meet the rum runner!

Meet the party,les amis!

Faire la fête, s'amuser.

Yes sir! All right! ♪


ENSEMBLE

♪ So on est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪

♪ So on est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪


JACQUES DOUCET

♪ Yo man, so! Les bars sont

fermés so ousque tu vas? ♪

♪ Les bars sont fermés so ousque

tu vas? ♪

♪ Bien je m'en vas au bootlegger

what the fuck ♪

♪ Si tu sais pas on s'en va chez

moi ♪

♪ On a de la bière en masse à

boire et des filles qui viennent

de soir ♪

♪ So téléphone au bar pour leur

laisser savoir ♪

La fête finit pas jusqu'à tant

que tu viens pas regarder ça ♪

♪ Regarder quoi? Ça qui vient,

là je la vois ♪

♪ A porte des tight jeans,

♪ God damn ça fitte bien, des

gros seins ♪

♪ Dis rien, demande si qu'a

vient ♪

♪ Moi je la connais pas, moi je

pense qu'a croonait mon cousin ♪

♪ So qu'a vienne ou vienne pas

moi je suis parti là-bas ♪

♪ C'est comme à 20 minutes avant

que t'arrives au rum runner ♪

♪ Rum runner, merci, le rum

runner! ♪

♪ Si ça ferait pas de toi, on

ferait tous des dry runner ♪

♪ Rum runner, merci, le rum

runner!

Si ça ferait pas de toi, on

ferait tous des dry runner ♪

♪ So cours faut juste pas que tu

penses ♪

♪ Si que t'es parti quelque part ♪

♪ Il faut que tu trouves un autre

sens ♪

♪ Sorry, Jacobus, je pense pas

que j'aie compris ♪

♪ On n'est pas même rendus ♪

♪ On arrive au bootlegger, on

n'est pas même rendus ♪


ENSEMBLE

♪ On est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪

♪ On est partis voir le rum

runner ♪

♪ Si que tu veux de quoi à boire

tu peux venir si que tu veux ♪


JACQUES DOUCET

♪ On arrive au bootlegger et le

vieux est encore debout ♪

♪ J'ai besoin d'une caisse de

bière et du rhum, combien ça

coûte? ♪

♪ J'ai que 40 $ sur moi as-tu une

miette de change? ♪

♪ Never mind comment ça coûte,

charge, parce que pour l'avoir ♪

♪ La soirée est encore jeune,

plus jeune que cette femme

icitte ♪

♪ OK! Allez, faut "câler" un

taxi ♪

♪ Roule quoi? Never mind, le

taxi est là ♪

♪ J'câle shotgun pis mon

téléphone sonne ♪

♪ Rum runner, merci, le rum

runner, si c'était pas de toi,

on serait tous des dry runner ♪

(S'adressant au public de l'émission)

All right!

Sinon, il y a le bootlegger. On

s'amuse bien. Bonne soirée!

Bonne journée. Bonne semaine!

C'est un bon mois. C'est une

bonne année. La vie est belle.

Merci beaucoup.


Générique de fermeture

Épisodes

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Saison

Résultats filtrés par