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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Louis-Jean Cormier : Un refrain trop long

Chanteur et compositeur du groupe Karkwa, Louis-Jean Cormier décide de composer son premier album solo. Un refrain trop long, questionne le rôle de l’artiste dans les grands débats de société.



Année de production: 2011

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


Titre :
Louis-Jean Cormier «Un refrain trop long»


Texte narratif :
Laval, Québec


LOUIS-JEAN CORMIER est sur un terrain de golf.


LOUIS-JEAN CORMIER

(S'adressant au public de l'émission)

À 215... 200...

C'est loin. Je vais être obligé

de prendre un outil de

destruction massive.

(Frappant la balle de golf au loin avec son bâton)

Je l'ai pas vue! Je pense

qu'elle est correcte. Y a

quelqu'un qui l'a vue?

Ça a marché?

Yeah!


LOUIS-JEAN CORMIER se déplace en cart sur le terrain de golf.


LOUIS-JEAN CORMIER

(S'adressant au public de l'émission)

Je sais pas où ce qu'elle est,

hein! Elle est là-bas. C'est

gênant... C'est gênant de dire

que je joue au golf et en même

temps, ça ne l'est pas. Je veux

dire, j'assume ma passion pour

le golf.

C'est pas très rock. Non, c'est

pas très rock, mais en même

temps, ça me permet de

décrocher. Là, je suis sûr qu'en

ce moment, les jeunes qui

entendent ça, tous les gars qui

aiment vraiment le golf, ils

font comme: "Oh, yes! Je suis

content, je suis pas tout seul."

Mais c'est vraiment l'endroit où

je pense plus à rien. Je suis

vraiment focus sur ma

game. Je pense que c'est

une discipline qui demande

tellement d'attention et de

concentration que t'as pas le choix

de décrocher du reste.


Des images du quartier où habite LOUIS-JEAN CORMIER défilent.


LOUIS-JEAN CORMIER

(S'adressant au public de l'émission)

Moi, je sentais l'appel de la

petite maison avec la grande

cour puis...

Tu sais, ça fait vraiment

bizarre, le set-up de banlieusard

avec la piscine et tout ça. Mais

ça fait bien, bien du bonheur

dans la maison. Je vois mes

enfants jouer dans la rue en

avant avec les voisins d'en

face, les voisins d'à côté, les

voisins de l'autre bord au

hockey. Il n'y a presque

personne qui passe, c'est une

petite rue tranquille. Je me

dis: bon, pour être à 20, 25

minutes ou presque du centre-

ville, je suis quand même bien.


Avec ses musiciens, LOUIS-JEAN CORMIER chantonne et joue de la guitare.


LOUIS-JEAN CORMIER

Un, deux, trois, quatre, cinq,

six...

♪ Oh oh ♪

♪ Oh oh ♪

♪ Oh oh ♪

♪ Oh oh ♪

♪ Oh oh ♪

(S'adressant au public de l'émission)

Moi et Jim Corcoran, on est

assez proches. On s'est fait une

espèce de discussion à la blague,

mais avec un fond de sérieux

comme quoi lui pouvait écrire

des textes en anglais puis moi,

j'allais composer des hits et on

allait mettre ça ensemble pour

donner à des artistes connus.

J'ai commencé à composer plein

de tounes très pop. Je me suis

dit: es-tu capable, toi,

d'écrire des tounes pop?

Puis... Décidément, j'étais pas

vraiment capable, mais je me suis

mis à aimer ces tounes-là.

♪ L'étau se resserre ♪

♪ Les rivières débordent ♪

♪ De mesures de guerre ♪

♪ De souvenirs d'octobre ♪

♪ C'est con et contraire ♪

♪ Contraire au bon sens ♪

♪ L'impression que la Terre ♪

♪ Tourne à contresens ♪

(S'adressant au public de l'émission)

Cette chanson-là donne un

sentiment d'urgence à tout le

monde en disant: "Faudrait qu'on

se bouge. Ça commence à être

plus qu'important." Au moment où

on travaillait sur cette

chanson-là, il y avait le

printemps québécois qui sortait

puis les étudiants, la grève

étudiante et tout ça... C'était

vraiment comme... C'était

"thrillant" de travailler sur

cette chanson-là au printemps

2012.


Des images du Printemps Érable défilent.


LOUIS-JEAN CORMIER

(S'adressant au public de l'émission)

J'étais avec Jérôme Minière puis

Stéphane Archambault, puis on a

commencé à parler politique. La

prise de position des artistes,

la prise de position de la

population en général, ça m'a

comme rentré dedans.


L'acteur et chanteur STÉPHANE ARCHAMBAULT discute avec l'auteur-compositeur- interprète JÉRÔME MINIÈRE et LOUIS-JEAN CORMIER.


STÉPHANE ARCHAMBAULT

Ce que je me souviens

d'avoir dit lors de cette

journée-là, c'est que...

Étant donné que le 22 s'en venait,

je pense que je vous ai demandé

si vous alliez vous impliquer

parce que ce que j'ai dit,

c'est qu'au Québec, historiquement,

les mouvements de masse

sont issus des artistes.

On serait resté dans la grande

noirceur s'il y avait pas eu des

sculpteurs et des peintres qui

ont écrit

Le Refus Global

qui nous a sortis de ça.

Chaque mouvement a été un peu

initié par les artistes. Puis,

là, je disais: "Là, y a quoi qui

est en train de... Y a comme un

feu qui couve, là. Puis, c'est

notre job d'aller souffler

dessus."


LOUIS-JEAN CORMIER

On s'est mis à parler

de l'engagement des artistes.

Puis le degré d'engagement

de chaque artiste et est-ce que,

en ce moment, on est un peu

paresseux?

On a-tu une petite carapace et

on veut pas se mouiller? Y en a

qui se mouillent, y en a qui se

mouillent pas. Moi, ça a

commencé à me brasser en dedans.

Ça transcendait même plus que la

petite politique provinciale

qu'on a en ce moment. Ça

devenait comme une prise de

position de l'être humain sur la

Terre. Le Jour de la Terre puis

nos valeurs, nos ressources.


JÉRÔME MINIÈRE

Moi, ce qui m'a frappé, au fond,

c'est comme si ça prenait juste

l'étincelle... C'était là,

c'était vraiment là et moi, ça

s'est confirmé après dans les

mois suivants, dans le sens que

c'était là pour beaucoup,

beaucoup de gens. C'est comme

si ce matin-là, au fond, comme

artiste, on n'invente rien, on a

des antennes, puis on l'avait

tous senti et en se parlant, on

le sentait les uns les autres.

Au fond, y avait un écho.


LOUIS-JEAN CORMIER

Y avait une onde, là...


Des images des manifestations étudiantes de 2012 défilent. La journaliste et spécialiste en musique GUYLAINE MAROIST s'exprime sur cette période.


GUYLAINE MAROIST

Je pense que tu peux pas avoir

meilleur outil pour rassembler

les gens autour d'une cause

qu'une chanson. Juste le fait de

chanter français au Canada, ça

symbolise une forme de

résistance par rapport à

l'hégémonie anglo-saxonne.

On sent qu'on est dans une

période où il va y avoir des

changements sociaux. Il y a une

jeunesse qui veut se révolter

contre des modèles aussi, contre

le modèle du capitalisme qui est

imposé et qui est assez, quand

même, très à droite depuis les

années 1990, en fait. Y a beaucoup

de pression sur les artistes

pour qu'ils prennent position.

On sent qu'il y a certains

artistes qui sont très engagés,

qui sont sortis dehors aussi.


Dans une galerie d'art, LOUIS -JEAN CORMIER regarde des tableaux peints par l'artiste-peintre ALEXANDRE CHARTRAND.


ALEXANDRE CHARTRAND

Un des avantages de l'artiste

sur d'autres types de métiers,

c'est qu'on est naturellement porté

vers le devant de la scène,

ce qui nous amène à nous adresser

à une foule de gens qui...

Y a plein d'autres métiers où c'est

pas le cas. Les médecins n'ont pas

à donner leur opinion sur des

choses.

Étrangement, les artistes, c'est

un métier qui nous amène à nous

prononcer sur plein de choses.

Ça, c'est mes plus grandes

toiles. Celle-là, c'est la plus

grande de la série

On se fait tous fourrer.

Celle-ci s'appelle

Dieu est un banquier.

Au début, c'était

beaucoup des thèmes économiques

qui étaient pour moi une grande

frustration parce que j'ai eu

quelques mauvaises expériences

avec des banques que je ne

nommerai pas, mais que... Tu

sais, elles veulent pas te faire

de prêt... Je me suis mis dans

la merde une couple de fois avec

des cartes de crédit et des

trucs comme ça et ça m'a

vraiment enragé, comment le

système est vraiment pensé pour

qu'on se mette dans la merde et

qu'après ça, on soit pris à se

débattre avec ça.

Huffington Post/AOL, c'est un

commentaire que je voulais par

rapport à la vente de Huffington Post

au méga AOL, America Online.

Mon hommage aux travailleurs

du Huffington Post qui se sont

fait fourrer.

C'était juste de dénoncer le fait

qu'on dit que le capitalisme

est le système le plus libre au monde,

mais pour moi, c'est le système

le plus totalitaire parce qu'on vient

nous chercher jusque chez nous

de façon super subtile ou

détournée. On est vraiment

soumis au capital de façon

intense.

Y a quelque chose d'un peu

contradictoire, effectivement,

parce que ceux qui ont les

moyens d'acheter des toiles

comme ça, effectivement, ne sont

pas nécessairement de mon point

de vue. Y a quelque chose du

tour de force dans ça. Mais non,

les gens qui m'achètent des

tableaux, généralement, c'est

pas des banquiers.


LOUIS-JEAN CORMIER

(Lisant le titre d'une toile)

On se fait tous...


ALEXANDRE CHARTRAND

On se fait tous fourrer,

c'est le nom de la série.

(Montrant une autre toile)

Puis, celle-là, c'est

Monarchie

constitutionnelle.


LOUIS-JEAN CORMIER

OK.


ALEXANDRE CHARTRAND

Parce que ça fait mal, ça

aussi. Faut que je le rattache à

la réalité. Je sais qu'il y a

bien des artistes qui sont

vraiment à l'opposé de ça, qui

veulent absolument pas se dire

artistes engagés, comme si

c'était quelque chose de

mauvais. Pour moi, l'art,

surtout l'art visuel, où ce sont

des images qui sont fixes... Il

y a tellement d'images! On est

bombardés d'images à tous les

jours. Puis comme artiste

visuel, tu sais, y a du

graphisme, y a la publicité,

toutes sortes de types d'images

qu'on voit tous les jours.

Comme artiste visuel, si je me

consacre juste à faire des

images qui veulent rien dire,

bien, je trouve ça un peu...

Pour moi, je passerais à côté du

sujet...


LOUIS-JEAN CORMIER

Il me semble que c'est un peu

comme en musique. Faire des

tounes pour faire des tounes, ça

va, mais faire des tounes avec

des mots porteurs ou avec des

idées derrière tout ça...

Pour moi, faire que des images

qui n'ont pas de ligne

directrice et qui n'ont pas de

sens, ça représenterait plus la

pop cheap qu'on entend à la

radio commerciale à longueur de

journée. Des refrains qui mènent

à rien et des affaires qui te

passent à travers la tête. Des

fois qui restent pognées dans ta

tête au détriment de...


ALEXANDRE CHARTRAND

Effectivement, il y a des

artistes qui sont très forts

graphiquement, qui vont te faire

une image qui peut être très

interpellante au niveau visuel

puis...


LOUIS-JEAN CORMIER

Ça va être que ça.


ALEXANDRE CHARTRAND

Oui, c'est ça.


LOUIS-JEAN CORMIER

♪ L'étau se resserre ♪

♪ Et lance un cri de détresse ♪

♪ Vers les coeurs de pierre ♪

♪ Des foreurs de l'Ouest ♪

♪ Ça tort c'est tordu ♪

♪ Tordu de te lever ♪

♪ Un beau jour avec trois ♪

♪ Poids lourds ♪

♪ parqués dans ta cour ♪

♪ Refrain pour que les gens

♪ se rapprochent ♪

♪ Refrain pour

♪ qu'ils se décrochent ♪

♪ Une place qui

♪ leur appartienne ♪

♪ Au bout du monde ♪

♪ Où le symbole est un poumon ♪

♪ Où il y a des fleurs

♪ dans les canons ♪

♪ Où l'avenir est un refrain ♪


STÉPHANE ARCHAMBAULT

Quand les gens sont sortis

avec les casseroles, il s'est

passé quelque chose où, d'un

coup, tout le monde, tout plein

de catégories, des jeunes, des

vieux, des familles se

ramassaient à faire la même

chose, à dire: "Wow! On existe

et on n'aime pas par où ça s'en

va."


ALEXANDRE CHARTRAND

Toutes les thématiques

que j'ai abordées dans ma

peinture depuis cinq, six ans se

sont toutes retrouvées à

l'avant-plan dans les

manifestations qui ont eu cours.

Par exemple, le 22 avril, il y a

plein de gens qui se sont

retrouvés, c'était le Jour de la

Terre. On a parlé de minières,

de pétrole, d'économie,

d'éducation...

Et puis je me suis rendu compte

qu'il y a plein de gens qui

pensaient de la même façon que

moi, qui avaient le désir

tellement grand de l'exprimer

qu'ils se retrouvaient dans la

rue. C'est un tour de force de

ramasser 200 000, 300 000

personnes qui viennent dans la

rue marcher pour une cause.

Ça veut dire que tous ces gens-là

ont fait l'effort de partir de

chez eux et d'aller dans la rue.

Des fois, des journées où il

pleuvait et il y avait quand

même du monde dehors.

Moi, je trouve ça magnifique.


LOUIS-JEAN CORMIER

J'ai cette espèce de désir là

que la chanson soit porteuse

peut-être d'intemporalité aussi.


GUYLAINE MAROIST

Y a eu des périodes... Bon,

on a vécu deux référendums au

Québec. Le premier référendum où

les artistes étaient très

engagés. Le deuxième référendum,

c'était moins évident parce

qu'on voyait que les artistes

calculaient le risque. C'est à

dire que si t'as la moitié de la

population qui est contre la

cause, tu risques de perdre la

moitié de ton public potentiel.

C'est un peu la même chose avec

le Printemps Érable parce que la

question des droits des

étudiants, des droits de

scolarité, ça a divisé

profondément la population

québécoise.

Y a à peu près la moitié de la

population qui est vraiment

contre, qui est pas très

sympathique à la cause des

étudiants. Donc, c'est vraiment

50-50. C'est un risque de la

part des artistes, finalement,

de s'engager.


LOUIS-JEAN CORMIER

(S'adressant à JÉRÔME MINIÈRE et STÉPHANE ARCHAMBAULT)

Ça a mis place à bien des

discussions du genre: est-ce que

les artistes sont frileux à

l'idée de s'engager parce qu'ils

vont perdre quelque chose

d'autre ou ils vont diviser la

population qui pourrait les

aimer?


STÉPHANE ARCHAMBAULT

En fait, le risque, c'est toi

qui le calcules... Le risque que

certaines personnes ne prennent

pas, c'est de ne pas se faire

aimer par une partie de la

population. Parce qu'à partir du

moment où tu as une opinion qui

est tranchée, y a une partie de

la population qui va être

d'accord avec toi. Il y en a une

autre qui le sera pas. Puis, on

est dans une industrie où pour

survivre, faut que tu te vendes

toi-même en tant que produit.

Si tu te coupes des parts de

marché, à un moment donné, tu

vas te ramasser tout seul dans

ton... Si tu te mets à tirer sur

le monde, à un moment donné, tu

vas tirer...


LOUIS-JEAN CORMIER

Tu vas te tirer dessus.


STÉPHANE ARCHAMBAULT

Voilà, tu vas te tirer dans

le pied.


LOUIS-JEAN CORMIER

La chanson

Un refrain trop long

est porteuse de cette espèce

de vision d'engagement social,

mais qui peut être appliqué

par n'importe quelle allégeance

politique.


ALEXANDRE CHARTRAND

(Parlant de sa toile «La Reine» à LOUIS-JEAN CORMIER)

Ma reine qui a causé un peu

de controverse quand ça a été

présenté ici.


LOUIS-JEAN CORMIER

Oui, c'est ça. Je l'ai vu ce

topo-là. Je pense que c'était au

Téléjournal.


ALEXANDRE CHARTRAND

Oui, oui. Il y a un risque

dans la mesure où, effectivement,

le milieu des arts est un milieu

qui est quand même subventionné

au Québec. On est dans un

univers de subventions. Y a des

risques de froisser des gens qui

sont bien placés et de ne pas

être éligible à certaines

bourses ou de se faire refuser

certains avantages. Un exemple.

Il y a un organisme public

qui voulait installer ma toile,

La Reine,

dans un parc, et le comité a refusé

parce que c'était choquant.

C'est une toile qui était choquante.

Donc la toile n'a pas fait partie

de cette exposition-là du fait

qu'il y a un comité de sélection

qui a jugé que ma peinture était

choquante.


LOUIS-JEAN CORMIER

Là, t'es en train de faire

une nouvelle série?


ALEXANDRE CHARTRAND

Oui, une nouvelle série. J'en ai une

en vitrine, de ma nouvelle série.

Ma nouvelle série, c'est

Les Chialeux.

Parce que je trouve qu'il manque

peu d'expression pour changer

une expression d'extase à une

expression d'une face qui est en

train de se plaindre.

Donc, je vais encore chercher

des gros plans de visages. Entre

autres, pour moi, d'abord, c'est

un hommage à mon père... Pas

parce que mon père, c'est un

chialeux, mais parce qu'il a

fait lui-même une série de

sculptures dans les années 80

qui s'appelait

Les Chialeux.

(Montrant des sculptures)

Ça, c'est deux Chialeux.

Il en a fait une série peut-être...

J'ai de la difficulté à estimer,

mais facilement une centaine si

c'est pas 200.

Le thème Les Chialeux, je

trouve que c'est exactement ça.

C'est un terme qu'on emploie

pour dire "C'est un maudit

chialeux", tu sais... Pour moi,

Falardeau, le premier que j'ai

fait, c'est l'incarnation même

de ce que les gens disent... Il

s'est tellement faire dire

souvent: "Ferme donc ta gueule.

Si t'es pas content, reste chez

vous, on veut pas t'entendre."

C'est par ce type de gens là,

à un moment donné, que les

changements surviennent parce

que si on était tous chez nous à

la maison, à pas se préoccuper

de comment on est gérés et

comment on est gouvernés, à un

moment donné, on perdrait

carrément notre démocratie qu'on

a déjà en portion très minime.


LOUIS-JEAN CORMIER

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai mal à ma mère aussi ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai mal à mon frère aussi ♪

♪ Aussi ♪

(S'adressant au public de l'émission)

Ce qui se passe, c'est que ça

glisse, on glisse... Une petite

pente douce, mais tout ça glisse

vers quelque chose qu'on ne veut

peut-être pas. Puis, c'est

sournois parce que tout le monde

se dit... Tout le monde est

"focusé"... En ce moment, il y a

la campagne électorale. Faudrait

changer de gouvernement, mais

est-ce qu'on va changer de

gouvernement pour vrai ou est-ce

qu'on va juste changer de

dirigeants, mais avec les mêmes

cocktails, tu sais?

Avec les mêmes... Les mêmes

cocktails dînatoires et les

mêmes ingénieurs et les mêmes

contracteurs et lobbyistes, tout

ça.

Je sais pas. J'ai vraiment

l'impression qu'en ce moment, on

est en train d'échapper le bien

commun.

(S'adressant à STÉPHANE ARCHAMBAULT et JÉRÔME MINIÈRE)

On dirait que ça fait un

bout que j'esquive ces affaires-

là. Tu sais, de prendre position

puis... Oui, quand j'écris des

tounes, bien souvent, je vais me

servir des fois de petites

pointes d'engagement social.

Mais là, je me disais: crisse...

Moi, j'étais dans mon mode aussi

d'écriture de...


STÉPHANE ARCHAMBAULT

C'est ça, t'es en ébullition.


LOUIS-JEAN CORMIER

Y a peut-être moyen que je...

En plus, je veux m'affirmer en

tant que chanteur solo.

Je pourrais me forcer, là. J'ai

été poussé par une espèce de

pulsion. Il y avait une musique

qui me tournait dans la tête

depuis un petit bout... Je me

suis couché le soir en rentrant.

Ça s'est mis à "popper" dans ma

tête. Je sais pas pourquoi. Tu

sais, on sait jamais quand ça

arrive ces affaires-là.

Tout est devenu clair. J'ai eu

comme une vision. L'étau se

resserre, faut se dépêcher, faut

faire de quoi... J'ai pris mon

iPhone, j'ai écrit sur la petite

application Notes...

du iPhone.


STÉPHANE ARCHAMBAULT

(Riant)

Le petit fond jaune avec les

lignes?


LOUIS-JEAN CORMIER

Oui, oui, fond jaune.

Drôlement écrit. J'ai déposé mon

téléphone, je me suis endormi

puis le lendemain, je me suis

réveillé et j'ai dit: "Ah, c'est

vrai, j'ai écrit de quoi hier."

J'ai pris la guitare.


LOUIS-JEAN CORMIER discute avec ses musiciens MARC-ANDRÉ LAROCQUE et ADÈLE TROTTIER-RIVARD.


MARC-ANDRÉ LAROCQUE

T'es arrivé ici une couple de

jours après la rencontre, la

discussion à l'aéroport. Je

pense que t'arrivais d'une

petite nuit d'insomnie.

Avec le sourire... Tu venais de

trouver... Tu venais de trouver

une toune, puis c'est ça.


LOUIS-JEAN CORMIER

Adèle, elle était gréviste,

activiste et dans ce temps-là,

pour vrai, dans ce temps-là,

elle rentrait au studio pétée

comme ça... "On a marché toute

la nuit jusqu'à 4 h du matin."


ADÈLE TROTTIER-RIVARD

Le matin, on se rencontrait ici

puis moi, le soir d'avant,

j'avais marché pendant comme

quatre heures dans les rues

de Montréal...


LOUIS-JEAN CORMIER

Sous la pluie.


ADÈLE TROTTIER-RIVARD

Sous la pluie battante.

Fait que j'étais un peu écorchée

des fois...


LOUIS-JEAN CORMIER

Je chantais quelque chose

qu'ils répètent sans cesse:

l'étau se resserre...

Fuck! Ça va vite. Là, on vient

de se rendre compte finalement

qu'on est en retard un peu.


ADÈLE TROTTIER-RIVARD

Et aussi le chanter avec

douceur. Tu sais, c'est pas une

toune enragée non plus. C'est...


LOUIS-JEAN CORMIER

C'est une petite toune douce.


ADÈLE TROTTIER-RIVARD

Ça vient apaiser.


LOUIS-JEAN CORMIER

Moi, j'ai pas de malaise à

chanter que je rêve d'un pays où

l'avenir est un refrain trop

long pour jouer à la radio. Le

sentiment d'urgence, ce qui se

passe en politique, ça nous

touche et on est chanceux de

connaître une espèce de réveil

de la population comme ça.

Parce que ça nous influence,

ça nous inspire.


LOUIS-JEAN CORMIER interprète la chanson L'étau se resserre, accompagné par ADÈLE TROTTIER-RIVARD et MARC-ANDRÉ LAROCQUE.


LOUIS-JEAN CORMIER

♪ L'étau se resserre ♪

♪ Les rivières débordent ♪

♪ De mesures de guerre ♪

♪ De souvenirs d'octobre ♪

♪ C'est con et contraire ♪

♪ Contraire au bon sens ♪

♪ L'impression que la Terre ♪

♪ Tourne à contresens ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ Il lance un cri de détresse ♪

♪ Vers les coeurs de pierre ♪

♪ Des foreurs de l'Ouest ♪

♪ Ça tort c'est tordu

♪ Tordu de te lever ♪

♪ un beau jour ♪

♪ Avec trois poids lourds ♪

♪ Parqués dans ta cour ♪

LOUIS-JEAN CORMIER ET ADÈLE TROTTIER-RIVARD

♪ Refrain pour que les gens ♪

♪ Se rapprochent ♪

♪ Refrain pour ♪

♪ qu'ils se décrochent ♪

♪ Et parce

♪ qu'il leur appartient ♪

♪ Un bout du monde ♪

♪ Où le symbole est un poumon ♪

♪ Où il y a des fleurs ♪

♪ dans les canons ♪

♪ Où l'avenir ♪

♪ est un refrain trop long ♪

♪ Pour jouer à la radio ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai le mal du pays ♪

♪ J'ai mal à mes pères ♪

♪ Qui vieillissent aussi ♪

♪ J'ai mal au malaise ♪

♪ Malaise dans la foule ♪

♪ Sentiment qui presse ♪

♪ Du bateau qui coule ♪

♪ Refrain pour que les gens ♪

♪ se rapprochent ♪

♪ Refrain pour ♪

♪ qu'ils se décrochent ♪

♪ Et parce ♪

♪ qu'il leur appartient ♪

♪ Un bout du monde ♪

♪ Où le symbole est un poumon ♪

♪ Où il y a des fleurs ♪

♪ dans les canons ♪

♪ Où l'avenir ♪

♪ est un refrain trop long ♪

(Chantonnant sur fond d'images de manifestations)

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai mal à ma mère aussi ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai mal à mon frère aussi ♪

♪ Aussi ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai mal à ma soeur aussi ♪

♪ Aussi ♪

♪ L'étau se resserre ♪

♪ J'ai peur et mon père aussi ♪

♪ Aussi ♪


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