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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Vincent Vallières - Tom

Au moment où Vincent Vallières a écrit , Tom, il était à la croisée des chemins. La chanson se veut une ode à la jeunesse, à la liberté personnelle et au pouvoir de la musique. Tom, c’est le portrait d’un personnage qui, de loin, ressemble peut-être à l’auteur-compositeur-interprète. Mais vu de l’intérieur, les visages se confondent.



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Vincent Vallières «Tom»

[Fin information à l'écran]

MAKSYM, un musicien du groupe A Hitman's Business, arrive avec une caisse de bières dans un local de répétition.


[TOUS:] Hé!

(MAKSYM)

Allô!

(Le groupe de musiciens se met à jouer de la musique deathcore. Sur des images du bassiste MAKSYM, suivies d'images de la ville de Sherbrooke, VINCENT VALLIÈRES chante et joue de la guitare.)


VINCENT VALLIÈRES

♪ Tom vit à temps partiel

entre ses 3 jobs ♪

♪ Ses temps libres,

il les passe sur un buzz ♪

♪ Il prend son pied avec son ex

qui vit à côté d'un duplex ♪

♪ C'est pas parfait,

mais c'est moins frette ♪

♪ Qu'une branlette

su' l'Internet ♪


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Je pense que

Tom,c'est avant tout une

chanson qui raconte l'histoire

d'un gars qui est peut-être,

lui... peut avoir l'air un peu,

en fait, désengagé.

Tom est pas nécessairement le

gars qui rêve de se marier ou

qui rêve d'avoir le char de

l'année. Mais en même temps,

c'est pas le gars qui s'en fait

passer une si facilement que ça,

au sens il est pas dupe par

rapport à ce qui se passe, mais

en même temps, il est capable de

mettre ça de côté pour dire: "Je

vais trouver mon bonheur", tu

sais.

Le personnage de Tom trouve ça

quand il jamme avec ses amis,

qu'il fait du métal, puis

qu'après ça ils prennent une

bière puis ils fument un joint.

C'est un moment pour lui où

c'est comme: "Moi, je t'ai donné

ma journée de job, puis là, je

m'en vais avec mes chums à soir,

puis écoeurez-moi pas, tu sais.

C'est comme mon moment."

(VINCENT VALLIÈRES marche dans la rue Island, une rue résidentielle de Sherbrooke.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

À ma dernière année

universitaire, j'ai emménagé

avec ma blonde sur la rue

Island, à Sherbrooke. Au 2e, un

petit appart passablement poche.

C'était un coin... Tu sais, on

appelait ça le Bronx de

Sherbrooke. C'était un coin

quand même un peu mal famé.

Puis en dessous de chez nous, il

y avait une gang de gars qui

avaient des coupes Longueuil,

solides coupes Longueuil, puis

qui écoutaient du heavy métal.

Je pensais que j'écrivais une

chanson qui parlait de ces gars-

là qui habitaient en dessous de

chez nous, puis là, en t'en

parlant aujourd'hui, je pense

que c'est beaucoup une chanson

qui parlait de moi. C'est

étrange de dire ça. Mais en

fait, c'est comme si je

constatais... Moi, j'avais pas

constaté à l'époque que c'était

moi qui habitais au-dessus, là.

J'habitais dans la même bâtisse

qu'eux autres, comprends-tu?

Dans ce quartier-là. Donc, je

menais cette vie-là en ne le

sachant pas vraiment, en fait.

C'est vraiment étrange à dire.

(VINCENT VALLIÈRES poursuit l'entrevue devant la maison où il a jadis habité.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

La rue ici, j'ai comme le

feeling, pour moi, que ce bout-

là de rue, il a été figé dans le

temps, tu sais. Les premières

lignes sont venues assez vite.

Tu sais, comme "Tom vit à temps

partiel entre ses 3 jobs"...

Parce que souvent, pour arriver,

moi, j'avais besoin de cumuler

2-3 métiers puis de "jober" à

gauche, à droite pour payer mon

loyer, puis la bouffe puis tout.

Puis le reste du temps, ben le

temps libre, c'était l'évasion,

tu sais. Ça fait que tu sais,

ses temps libres, il les passe

sur un buzz.

à toutes les fois que je chante

Tom, je pense à cet appart-là,

qu'on avait en arrière puis je

pense à cette rue-là. Puis

j'imagine Tom vivre juste en bas

ici. C'est là que je...

Dans mon imaginaire personnel,

c'est là que Tom habite. Puis je

me demande souvent aujourd'hui,

10 ans plus tard, si Tom habite

encore ici, tu sais.

(Le réalisateur ÉRIC GOULET parle de VINCENT VALLIÈRES, depuis son studio de production.)


ÉRIC GOULET (en aparté)

Quand on a commencé

à travailler sur l'album

Chacun dans son espace,

ç'a commencé par Vincent qui m'a

apporté un CD avec des maquettes

des chansons qu'il avait faites,

principalement des versions

acoustiques. Il y en avait

quelques-unes qu'il avait

travaillées avec son groupe de

l'époque.

Ça fait que c'était un petit peu

plus lent, un petit peu plus...

(ÉRIC GOULET fait jouer la première version de la chanson de VINCENT VALLIÈRES.)

♪Tom vit à temps partiel ♪

♪entre ses 3 jobs ♪

♪Ses temps libres ♪

♪Il les passe sur un buzz ♪


ÉRIC GOULET (en aparté)

Assez rapidement, il fallait

quand même commencer à préparer

la session d'enregistrement, ça

fait que là, j'avais organisé

une session de préproduction à

mon chalet. Ça fait qu'on est

montés là-bas lui, son

guitariste de l'époque,

Philibert, et moi-même. Pour une

couple de jours, on s'est

installés dans mon chalet pour

enregistrer les chansons.

En tout cas, toutes les chansons

qui étaient prêtes à présenter,

dont Tom,

encore une fois, qu'on

a retravaillée, qui avait au

début peut-être un

feel un petit

peu plus folk, chanson, tout ça,

puis que j'ai essayé de ramener

à quelque chose d'un petit peu

plus, si on peut dire, country

pop.

(ÉRIC GOULET fait jouer une autre version de la chanson.)


ÉRIC GOULET (en aparté)

C'est un arrangement qu'on a

gardé, dans le fond, pour le

reste de la chanson.

C'était une chanson là-dedans

qui se glissait, qui était un

peu plus neutre, si je peux

dire, dans le sens où c'était

plus un portrait à la 3e

personne. C'était pas une

chanson où Vincent, mettons,

semblait parler de sa vie ou de

quoi ce soit du genre.

On sentait vraiment que c'était

un portrait d'un personnage.

Puis moi, je trouvais que dans

tout ça, il y avait quand même

l'évocation d'un monde, un peu

des kids de banlieue qui passent

leurs fins de semaine dans leur

sous-sol, comme ici, à fumer du

pot puis à jammer des tounes.

Ce qui était marquant pour moi

dans cette chanson et ce qui

l'est encore, c'est que c'est un

portrait qui juge pas. Il y a

bien des affaires qui sont

dites, mais en même temps, on

sent pas un jugement de valeur

ou sur la personne. C'est

vraiment juste un portrait...

Puis en même temps, il y a plein

de choses qui sont dites là

dedans. Tu sais, il parle des

décisions qui sont prises au

congrès libéral.

En tout cas, tu sais, il y a des

petites pointes ici et là, mais

c'est fait sans l'air d'y

toucher.

(Rencontre avec le bassiste MICHEL-OLIVIER GASSE.)


MICHEL-OLIVIER GASSE (en aparté)

Vincent, c'est pas un écrivain

engagé. C'est quelqu'un qui sait

rapporter de façon merveilleuse

la beauté ou la laideur de

petites affaires, surtout dans

les relations interpersonnelles.

Moi, au départ, une chanson

sociale ou engagée, ça part à -

5, tu sais. Je vais comme...

(expression de doute)

Mais quand c'est inséré dans une

chanson qui a un autre contexte,

ça peut aller semer là où

c'était pas censé, tu sais.

(MICHEL-OLIVIER GASSE écoute une chanson de VINCENT VALLIÈRES avec ÉRIC GOULET.)


MICHEL-OLIVIER GASSE

Ben ça, ce qui s'en vient, c'est

vraiment cool, là.

(ÉRIC GOULET acquiesce.)


MICHEL-OLIVIER GASSE

C'est comme criant de vérité

plus que jamais.


ÉRIC GOULET

Encore aujourd'hui d'actualité.


MICHEL-OLIVIER GASSE

Oui.


ÉRIC GOULET

Ça change pas ben, ben.


MICHEL-OLIVIER GASSE

Le mot "paillasse", quand

même. Le mot "paillasse".


ÉRIC GOULET

Ben, c'est ça.


MICHEL-OLIVIER GASSE

Ah oui, ça!

"Ouais, Gasse, nomme-moi donc

des bands de métal, là.

Des gros bands, là,

des bons bands, là,

tu sais, genre, que le monde

tripe dessus, là."

(ÉRIC GOULET rit en voyant MICHEL-OLIVIER GASSE imiter VINCENT VALLIÈRES parlant au téléphone.)


MICHEL-OLIVIER GASSE

"Ben, je sais pas...

Slayer, Metallica..." "Ouais,

pas Metallica." "Ben Anthrax,

Megadeth." "OK, c'est cool."

(Les deux amis de VINCENT VALLIÈRES rigolent.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

J'ai passé 4 années de ma vie

à l'Université de Sherbrooke.

J'ai fait un bac en

enseignement.

(VINCENT VALLIÈRES se promène sur le campus de l'Université de Sherbrooke.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Je chantais déjà, puis j'avais

déjà le rêve de faire de la

musique dans la vie, puis en

même temps, c'était vraiment pas

clair que j'allais gagner ma vie

avec ça. Il y avait pas

d'indices clairs qui laissaient

sous-entendre ça.

Et donc, je me suis lancé là

dedans, dans mes études, en

continuant en parallèle la

musique, qui était un peu ma job

étudiante. Pour moi, c'était

comme arriver à la croisée des

chemins. Ma vie aurait pu

tourner à gauche ou à droite,

continuer tout droit. Tu sais,

je savais pas pantoute ce que

j'allais devenir.

(Dans un couloir de l'université, VINCENT VALLIÈRES rencontre un ancien enseignant.)


VINCENT VALLIÈRES

C'est Christian Tremblay!


CHRISTIAN TREMBLAY (en riant)

Hé!


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Christian Tremblay, c'était mon enseignant.

Je pense que c'est à la première session

d'université que j'ai eue, il m'a donné

un cours... Lui poussait beaucoup,

justement, pour faire en sorte

que nous devenions des êtres

imaginatifs qui n'avaient pas

peur de repousser les limites,

d'aller plus loin, de remettre

en question l'ordre établi puis

tout ça.

Puis ça, c'est quelque chose qui

me... Tu sais, quand tu es au...

J'avais pas encore 20 ans, puis

je me disais que c'était

exactement comme ça qu'il

fallait concevoir le monde, puis

je trouvais ça intéressant que

quelqu'un qui était au début de

sa quarantaine ait encore cette

vision-là, qui est en fait une

vision très rock'n'roll de la

vie. Il y a une porte, bien il

faut toujours garder en tête

qu'on peut la défoncer. Il y a

toujours cette possibilité-là.


CHRISTIAN TREMBLAY (en aparté)

Quand j'ai relu le texte de Tom,

ce qui m'a frappé, c'est tout

d'abord, comme je le disais

tantôt... C'est pas Vincent.

En tant que tel, l'image que

j'ai de Vincent, c'est un petit

gars réservé qui avait déjà eu

un succès.

Donc, Vincent qui compose ça,

pour moi, il peut pas parler de

lui à 100 %. Ç'a pas de sens.

Vincent était pas le gars assis

chez lui en train de fumer, puis

d'attendre... Mais il y avait

quelque chose, probablement, là

dedans, de lui. Dans le sens que

pour Vincent, cette image-là

d'une espèce d'intégrité même

dans la passivité le fascinait

probablement.

Parce que c'est probablement,

selon moi, déjà à ça qu'il était

confronté à l'époque.

(VINCENT VALLIERES et CHRISTIAN TREMBLAY discutent dans une salle de classe.)


CHRISTIAN TREMBLAY

"L'ami Tom

rêvasse"... Là, t'es ailleurs,

là.


CHRISTIAN TREMBLAY (en aparté)

Donc, moi, ce que je lis là

dedans, c'est autant le portrait

de ce qu'il aurait peut-être pu

être si c'était pas arrivé. S'il

y avait pas eu ce premier hit-

là, est-ce que Vincent aurait

été là-dedans? Mais en même

temps, il est plus travaillant

que ça puis il est plus là.

Puis d'un autre côté, est-ce que

Vincent aurait pu perdre son

âme, comme il semble le

condamner, si on veut, là, a

contrario, dans cette chanson-

là, quand l'autre dit que lui,

il est pas dupe, etc. Est-ce que

lui devenait dupe de toutes ces

games-là,et finalement, il

montait dedans?

Ça fait que je pense qu'il était

là-dedans, à l'époque, dans cet

espèce d'entre-deux.

Puis moi, ce que j'ai vu de sa

carrière par après, c'est que ça

s'est confirmé. C'est après,

vraiment, qu'il est devenu

Vincent Vallières.


CHRISTIAN TREMBLAY

(s'adressant à VINCENT VALLIÈRES)

Puis moi, ce que j'aime là

dedans, c'est que la façon dont

tu parles du Tom, là où il est

admirable et où tu sembles

l'admirer, c'est qu'il est

absolument insouciant.


VINCENT VALLIÈRES

C'est ça.


CHRISTIAN TREMBLAY

Il a un mode de vie

probablement destructeur.

Il ne restera plus grand-chose

de Tom dans 5 ans.


VINCENT VALLIÈRES

Ben, on le sait pas.


CHRISTIAN TREMBLAY

Ben, on le sait pas.

Peut-être qu'il va trouver.


VINCENT VALLIÈRES

C'est drôle que tu... Parce

que souvent, quand je chante

Tom, je jalouse son insouciance.


CHRISTIAN TREMBLAY (en aparté)

Pour moi, les paroles...

- et je discutais beaucoup du

point avec Vincent - au bout de

la ligne, on se rappelle des

paroles. D'où le fait que je lui

parlais beaucoup de Bob Dylan en

lui disant: "Il y a pas un gars

qui a eu plus de

covers dans sa

vie que Bob Dylan." Tout le

monde a voulu faire ses

chansons.

Parce que les textes, même si

t'enlèves la musique, il te

reste encore quelque chose.

Et si tu rajoutes la musique,

t'as encore quelque chose de

plus. Pour moi, c'était le

meilleur exemple de quelqu'un

qui veut faire dans le folk,

rock, pop un peu. De dire: "Tu

vas quand même pogner.

Ça enlève pas le fait que tes

chansons, on va avoir le goût de

les fredonner. Mais il va y

avoir du texte." Puis au bout de

la ligne, souvent, c'est tout ce

qui reste. Des années après,

quand ta technique

d'enregistrement est devenue

vétuste, quand on rigole à

entendre ton son, il reste ça.

(À la Taverne Alexandre, VINCENT VALLIÈRES discute avec des amis autour d'une table.)


VINCENT VALLIÈRES

Oui, c'est ça, mais 10-12

ans... Je sais pas comment ça

fait de temps qu'on est sortis

de là, tu sais. Qu'est-ce qui

vous reste, vous autres, de ces

années-là, tu sais?


[AMI D'UNIVERSITÉ:] Il reste toi.

(TOUS éclatent de rire.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Je me suis fait des amitiés

qui ont duré, ici, à

l'université. Entre autres, 5

gars avec qui, bon, j'étudiais à

l'époque, puis que je côtoie

encore aujourd'hui plusieurs

fois par année pour faire des

partys ou pour aller à la pêche

ou faire une activité X ou Y.


AMI D'UNIVERSITÉ

Tu repartais, on sait pas

trop quand, mais tu repartais.

Puis là, en fonction de ce que

t'avais oublié, tu revenais plus

ou moins vite le lendemain.

(TOUS éclatent de rire.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Moi, j'ai toujours aimé

passer du temps avec des gens

qui faisaient pas de métier en

lien avec la musique dans la

vie. Parce qu'eux m'ont toujours

ramené à l'essentiel, à...

Parce que des fois, quand on est

avec des musiciens, ben on parle

de musique puis on parle de

certains disques qui sortent,

qui nous fascinent. Tandis que

là, on parlait de plein d'autres

affaires que de musique, puis

leur perception aussi de la

musique puis d'une chanson, dans

leur vie, c'est pas du tout la

même que la mienne, qui peut

passer 8 mois à écrire une

chanson, tu sais.


VINCENT VALLIÈRES

(conversant avec ses amis autour de la table)

C'était pas encore écrit sur mon

permis...


AMI D'UNIVERSITÉ (en aparté)

Vincent, la force qu'il a,

c'est d'aller chercher un

moment, une histoire, un

personnage, puis d'en faire une

belle chanson, qui nous raconte

ce qui est arrivé.

Dans le cas de Tom, c'est quand

même un peu... Tu sais, on a le

même âge, Vincent et moi, puis

c'est notre adolescence ou

milieu d'adolescence.

Il y en a qui sont restés figés

là. Puis pourquoi il a décidé de

l'écrire, il faudrait lui

demander à lui, mais moi, j'aime

l'idée du personnage.


AMI D'UNIVERSITÉ (en aparté)

Vincent, est-ce qu'il

s'identifie à Tom? Je pense

qu'on peut tous s'identifier à

ce personnage-là à 20 ans.


VINCENT VALLIÈRES

(conversant avec ses amis autour de la table)

Ouais, c'est ça!

(TOUS éclatent de rire.])


AMI D'UNIVERSITÉ (en aparté)

C'est certain qu'il y a une

grosse part de... Quand on est

plus jeune, on se cherche

beaucoup, puis bon, qu'est-ce

qu'on va faire dans la vie, puis

c'est quoi notre place, puis

bon...


AUTRE AMI D'UNIVERSITÉ (en aparté)

T'es à la croisée des

chemins, tu fais des

apprentissages, tu fais des

expériences de vie.

Ben Tom, justement, s'en va...

Est-ce qu'à 35 ans, comme on a

maintenant, est-ce que Tom est

rendu à la même place que nous

autres? Peut-être. Mais à 20

ans, on n'est pas la même

personne qu'on l'est maintenant.

Donc, c'est au moment où tu fais

des choix, à la croisée des

chemins.

(Retour au campus de l'Université de Sherbrooke.)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Suite à mes études

universitaires, j'avais 2 albums

à mon actif, puis j'étais resté

sur mon appétit par rapport à ce

que j'avais fait comme disques.

Je sentais que la musique que je

faisais ne me représentait pas

encore très bien, que j'avais

comme pas mis le doigt dessus.

En fait, je trouvais pas ça très

bon, ce que je faisais, puis ça

me décevait de moi, puis je me

demandais si je devais pas faire

d'autre chose dans la vie.

Est-ce que c'est le moment dans

ma vie où je me range puis que

je deviens un prof ou que je me

trouve un emploi, disons,

"normal", entre guillemets.

Puis c'est à ce moment-là que ma

blonde m'a dit: "On devrait

déménager à Montréal. Tu devrais

te donner une vraie chance."

(Diffusion d'images de la ville de Montréal)


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Je suis content de m'être donné

cette chance-là dans la vie,

parce que sinon, je pense que

facilement, j'aurais pu devenir

amer ou une personne déçue. Puis

le fait d'avoir pris ce risque-

là... En y repensant, c'est

vraiment pas un risque démesuré

pour moi, tu sais. Parce que

bon, j'avais rien dans la vie.

J'avais pas d'enfant, puis

j'avais pas de char...

Ça fait que le fait de me lancer

puis de prendre 6 mois, un an de

ma vie pour réaliser un disque,

dans un sens, c'était pas grand-

chose, mais pour moi, c'était

quelque chose. C'était beaucoup.

C'était un peu une façon de se

lancer dans le vide, tu sais,

puis dire: "Go, fais-le.

On verra après ce que ça va

donner."

(Retour aux musiciens deathcore. MAKSYM, le bassiste du groupe deathcore A Hitman's Business, raconte son vécu.)


[MAKSYM:] On n'a pas beaucoup de

shows à l'extérieur.

Je te dirais qu'on reste

vraiment plus dans la région

centrale du Québec, entre Québec

et Montréal, Sherbrooke.

On commence à essayer d'aller un

peu plus vers l'Ontario, mais

c'est sûr que de ce côté- là,

surtout au niveau des shows,

d'essayer de se faire connaître

ailleurs, c'est toujours plus

difficile au début.

Parce que veut veut pas, c'est

un monde où il te faut des

contacts, il te faut des

plogues. Il faut que tu

connaisses quelqu'un qui

connaisse quelqu'un qui

connaisse quelqu'un qui,

finalement, va te "booker" à

Toronto, ou à Ottawa, ou peu

importe.


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Ce qu'on peut dire par

rapport au métal, c'est qu'il y

a là certainement une grande

source de défoulement à cause du

bruit puis de l'énergie que ça

prend pour faire cette musique-

là. C'est comme un

fuck you au monde,

de faire autant de vacarme.

Puis il y a quelque

chose qui me touche là-dedans.

Et les gars qui font du métal,

souvent, ont une très grande

maîtrise de leur instrument.

C'est probablement dans la

culture rock les musiciens les

plus virtuoses.


MAKSYM (en aparté)

Quand tu donnes un show, tu

vois que le monde aime ça.

Puis tu le sais qu'ils sont

heureux d'être là, puis que ça

leur a fait du bien, soit,

mettons, d'aller marcher pour

évacuer leur frustration ou pour

passer leur semaine de marde, ou

peu importe. Tu vois que le

monde, il est vraiment content

d'être là, qu'il est bien, qu'il

aime ce qu'il entend.

Puis moi, de mon côté, ben c'est

vraiment, comme, le plus beau

cadeau que je peux avoir de voir

que ce que moi, je fais, de mon

côté, rend les autres heureux.


JASS (en aparté)

En jouant du métal, c'est sûr

que des fois, on est mal compris

parce qu'on est juste une gang

de troubadours bruyants.

Et on fait juste gueuler, des

affaires comme ça. Dans le fond,

il y a une certaine agressivité

de la vie de tous les jours

qu'on expulse.


MAKSYM (en aparté)

Il y en a certains qui ont

peut-être l'air un peu plus

tough ou qui ont l'air de bad

boys,de méchantes personnes,

sauf qu'au final, c'est vraiment

un look qu'on aime ou... Tu

ressembles à ça, tu ressembles à

ça, puis il faut pas s'arrêter

là-dessus non plus.

On peut pas tous ressembler à

Vincent Vallières non plus.


JASS (en aparté)

Bien, Tom, c'est une chanson

qui parle de quelqu'un

qui vit dans un petit

appartement miteux, mais qui

voit clairement qu'il peut pas

vraiment vivre de sa musique, ça

fait que tu sais...

il jamme, tranquille.

C'est sûr qu'il y a toujours une

bonne place pour s'identifier à

Tom en tant que "métalleux"

d'appart miteux, pas d'argent,

qui essaie juste de vivre son

trip.

(Le guitariste et auteur-compositeur-interprète PHILIBERT BÉLANGER chante et joue de la guitare sur son balcon.)


PHILIBERT BÉLANGER

♪ Il y a ces jours

de petite misère ♪

♪ Où je ne sais plus

à quoi je sers ♪

♪ Je n'ai envie de rien,

la tête entre les mains ♪

♪ Il y a ces jours

de petite galère ♪

♪ Sans personne ni rien

pour me ramener ♪

♪ Où j'ai l'impression

que le train a passé ♪


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

Philibert est arrivé dans mon

band suite à la parution de mon

2e disque. C'est devenu mon

guitariste de scène.


PHILIBERT BÉLANGER (en aparté)

On a fait plusieurs spectacles.

C'est peut-être ma première

expérience, là, professionnelle

comme guitariste.


VINCENT VALLIÈRES (en aparté)

On était voisins à Sherbrooke

sur la rue Island, et on a passé

2 ans à faire de la musique

ensemble. Et il a contribué

beaucoup, avec ses rifts de

guitare, à la création de mon 3e

disque,

Chacun dans son espace.

(VINCENT VALLIÈRES arrive chez PHILIBERT BÉLANGER. Les deux amis sont contents de se retrouver.)


PHILIBERT BÉLANGER (en aparté)

Vincent est déménagé à

Montréal, puis moi, j'ai pris la

décision de rester à Sherbrooke.

J'avais pas envie d'aller rester

là. Je sais qu'il y a plein de

musiciens de Sherbrooke qui

déménagent à Montréal pour faire

de la musique, et je suis

certains qu'ils jouent plus que

moi. Mais moi, c'est un choix

que j'ai fait, tu sais, de

rester en région.

Je vais faire moins de

spectacles, mais pour moi, la

qualité de vie est importante.

La liberté, justement, de Tom,

qui fait ses choses aussi un peu

à sa façon, qui a un rêve aussi.

(VINCENT VALLIÈRES et PHILIBERT BÉLANGER pratiquent la guitare ensemble, dans la maison de PHILIBERT BÉLANGER.)


VINCENT VALLIÈRES

Quand on a commencé à jouer,

je me rappelle, des fois, je

débarquais avec ma guitare ici,

puis tu venais chez nous, puis

on passait nos après-midi

ensemble pendant que tout le

monde travaillait. Nous autres,

on faisait rien à longueur de

journée.


PHILIBERT BÉLANGER

C'est ça, la beauté, là

dedans, aussi. La vie un peu à

l'envers. Moi, même avec les

cours que je donne, je suis

content d'avoir mes journées...

Le 8 à 5, 9 à 5, je sais pas, tu

sais.


PHILIBERT BÉLANGER (en aparté)

Peut-être que le personnage de

Tom, à l'époque... Tu sais,

quand on parle de

Enter Sandman,

Metallica, ces choses-là, de

poils, de pot, de ce trip-là...

Sur coup, je le sais pas, je

pense que c'était peut-être pas

une chanson qui m'avait accroché

beaucoup pour le texte. Puis je

me retrouvais pas là-dedans, sur

le coup, puis on dirait qu'avec

du recul... J'ai comme revisité

un peu la chanson dernièrement,

puis en relisant le texte, j'ai

comme peut-être saisi un peu

plus la profondeur du

personnage.


VINCENT VALLIÈRES

(s'adressant à PHILIBERT BÉLANGER)

La structure narrative de la

chanson, là. Je m'en rappelle,

j'avais "Tom vit à temps partiel

entre ses 3 jobs. Ses temps

libres, il les passe sur un

buzz." Puis après ça, je n'avais

plus rien pendant des mois, mon

gars. Je n'avais plus rien, puis

je me disais: "Je la finirai

jamais", tu sais.


PHILIBERT BÉLANGER

Mais tu l'as tellement bien

finie, cette chanson-là, tu

sais. La dernière ligne, qu'est-

ce que ça dit, déjà?


VINCENT VALLIÈRES

"C'est son remède contre la

bêtise humaine, grosse..."


PHILIBERT BÉLANGER

"Grosse comme une Américaine."

Man! Ça, c'est comme...

(Les deux amis se tapent dans la main et rigolent.)

(VINCENT VALLIÈRES chante et joue de la guitare avec PHILIBERT BÉLANGER, sur des images du groupe deathcore en répétition.)

VINCENT VALLIÈRES ET PHILIBERT BÉLANGER

♪ Tom vit à temps partiel

entre ses 3 jobs ♪

♪ Ses temps libres,

il les passe sur un buzz ♪

♪ Il prend son pied avec son ex

qui vit à côté d'un duplex ♪

♪ C'est pas parfait,

mais c'est moins frette ♪

♪ Qu'une branlette

su' l'Internet ♪

♪ Tom s'est fait chum

avec le poil qui vit en bas ♪

♪ Le soir, souvent, se retrouve

là à jammer du Metallica ♪

♪ La pièce tout en boucane

émane Enter Sandman ♪

♪ Et dans le bruit immense ♪

♪ Tom oublie tout

et entre en transe ♪

♪ Tom attend rien ♪

♪ Flâne et tripe

jusqu'au matin ♪

♪ Une guit', un fuzz,

un bat, un buzz ♪

♪ On manque de rien,

icitte on est ben ♪

♪ Tom tente le diable

depuis tant d'années ♪

♪ Oui, il le tire même

des fois par la queue ♪

♪ Le premier du mois arrivé ♪

♪ Dans son pays supposément

libre et égal ♪

♪ Tom est pas dupe

des beaux projets ♪

♪ Qui se votent

au congrès libéral ♪

♪ L'ami Tom rêvasse ♪

♪ Avoir un band heavy

qui marche ♪

♪ Comme Slayer,

Maiden ou Anthrax ♪

♪ Et Tom se taperait

des pétasses ♪

♪ Tout en se maganant la face ♪

♪ De ses visions

un peu bancales ♪

♪ Tom tire un sommeil hivernal ♪

♪ Et en attendant,

Tom attend rien ♪

♪ Flâne et tripe

jusqu'au matin ♪

♪ Une guit', un fuzz,

un bat, un buzz ♪

♪ On manque de rien,

icitte on est ben ♪

♪ Tom vit à temps partiel

entre ses 3 jobs ♪

♪ Dans la musique pesante,

c'est là que Tom déroge ♪

♪ Il fête encore ce soir

la paix avec entrain ♪

♪ C'est son remède

contre la bêtise humaine ♪

♪ Grosse comme une Américaine ♪

♪ Et en attendant,

Tom attend rien ♪

♪ Flâne et tripe

jusqu'au matin ♪

♪ Une guit', un fuzz,

un bat, un buzz ♪

♪ On manque de rien,

icitte on est ben ♪

♪ Et en attendant,

Tom attend rien ♪

♪ Flâne et tripe

jusqu'au matin ♪

♪ Une guit', un fuzz,

un bat, un buzz ♪

♪ On manque de rien,

icitte on est ben ♪

(Générique de fermeture)

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