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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Pandaléon - Toune de chasse

Le groupe Pandaléon a ses racines dans Prescott-Russell, un comté de l’Est ontarien où la chasse à l’orignal, au chevreuil et au canard fait partie de la vie quotidienne. Dans leur chanson, Toune de chasse, les membres du groupe posent un regard poétique sur la chasse, et ce, sans la glorifier ni la condamner.



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Pandaléon «Toune de chasse»

[Fin information à l'écran]

Sur une ferme ontarienne de Prescott-Russell, les membres du groupe PANDALÉON se préparent à aller chasser.


JEAN-PHILIPPE LEVAC

(S'adressant à MARC-ANDRÉ LABELLE)

Mets tes souliers de...


FRÉDÉRIC LEVAC

(S'adressant à MARC-ANDRÉ LABELLE)

Tu peux mettre mes bottes.


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Le texte parle d'un chasseur

dans sa cache, avec son arme,

puis il voit une bête, puis...

Il y a un moment qui se passe,

il y a quelque chose qui se passe.


FRÉDÉRIC LEVAC

T'as eu ton cours de chasse,

toi? C'était quoi le nom du gars

qui te l'a donné?


MARC-ANDRÉ LABELLE

Un chat!

(Les trois amis éclatent de rire.)


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Toune de chasse, ça a

commencé à la base avec Marc-

André qui avait écrit un poème,

Bête futée.

Ça fait qu'on a comme écrit

un autre texte à partir de son texte.

Au début, on essayait de trouver

un titre et on l'a toujours appelée...

"Oh, ça c'est la toune de

chasse." Finalement...

"Tu sais quoi? Ça va être

Toune de chasse.

Ça va être ça le nom de la toune."

(Diffusion d'images des membres du groupe dans la piaule où ils pratiquent leurs compositions.)



PANDALÉON

♪ La bête a trop perdu de sang ♪

♪ Le mien reste froid ♪

♪ On traque,

on l'amène à sa perte ♪

♪ La chasse est ouverte ♪♪


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Le thème de la chasse, bien,

ça nous a tout de suite accrochés

parce que... surtout en

campagne, ça entoure beaucoup

les gens. Tu sais, c'est...

C'est courant, donc... Pour

nous, ça nous faisait triper

d'écrire un texte là-dessus.


MARC-ANDRÉ LABELLE (En aparté)

Quand j'étais jeune, j'allais à la chasse

avec mon père. Moi, je chassais pas.

J'étais là. J'étais le voyeur.

Je regardais pour lui puis après

ça, j'essayais de m'imaginer

dans sa tête à lui, comment il

voyait ça. Parce qu'il m'a tout

le temps expliqué: "Quand tu

vois un chevreuil, là..."

Mais tu vois un chevreuil,

c'est... - je sais pas comment

t'appelles ça - l'adrénaline qui

part, là! Il dit: "C'est fou."


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Pour moi, c'est ça qui est le

plus fort dans tout ce qui a

rapport avec la chasse, tu sais.

C'est le moment où le chasseur

va croiser sa bête, puis... va

soit décider de l'abattre ou

non, ou... Peu importe. Ça

dépend de la situation. Puis, ce

moment-là, c'est ça qui... Tout

le processus de la chasse, c'est

pour ça, tu sais.

(Diffusion d'images de paysages ontariens)


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

On vient de Saint-Bernardin,

qui est dans Prescott and

Russel, en Ontario. Puis... On a

grandi là, moi et Jean-Philippe.

Puis Marc-André a grandi à

l'Orignal, qui est vraiment pas

loin de là, dans la même région.

C'est bien tranquille. C'est...

des petits villages, puis la

campagne et bien des fermes.

Ça ressemble à ça. Les trois, on

a toujours baigné là-dedans

depuis... quand même un jeune

âge.


MARC-ANDRÉ LABELLE (En aparté)

Tu te couches, t'es dans la

forêt. Tu te réveilles, t'es

dans la forêt, t'es dans un

champ. Je pense que tu te sens

moins coupable de chasser une

fois que tu vis, que t'es dans

la vibe, que t'es en lien direct

avec la forêt, tu sais? Avec la

faune. Contrairement à

quelqu'un, peut-être, qui est en

ville, et que quand il voit un

animal, c'est tellement spécial

pour lui, que d'abattre cet

animal-là, ça peut être...


FRÉDÉRIC LEVAC

Ce serait impensable pour eux.


MARC-ANDRÉ LABELLE

C'est impensable, tu sais?

(Les trois amis pratiquent le tir dans un champ, avec des citrouilles pour cibles, en compagnie de ÉRIC LABELLE, père de MARC-ANDRÉ LABELLE.)


MARC-ANDRÉ LABELLE

(S'adressant à son père)

Les plus beaux souvenirs,

moi, c'était quand je n'avais

pas d'arme puis je faisais juste

te suivre, j'étais kid.


ÉRIC LABELLE

Ouais.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Quand on a vu le hibou, là...


ÉRIC LABELLE

Oui, le hibou, puis les

chevreuils qui avaient sauté

par-dessus nous autres.


MARC-ANDRÉ LABELLE

C'est ça qui fait des beaux

souvenirs.


FRÉDÉRIC LEVAC

(S'adressant à ÉRIC LABELLE)

C'est-tu... Après chaque

shot de ça, c'est quoi?


ÉRIC LABELLE

Elle se fait toute seule.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Elle se fait toute seule...


FRÉDÉRIC LEVAC

(Parlant des citrouilles)

Si jamais j'en pogne une,

c'est elle que je visais.

(ÉRIC LABELLE s'esclaffe, puis FRÉDÉRIC LEVAC atteint sa cible.)


[TOUS:] Oh! Yeah! Solid shot!

ÉRIC LABELLE (En aparté)

Ça vient de mes ancêtres.

Mon père, mes grands-pères, ça a

chassé. Ils m'ont donné le goût.

Je les voyais partir, l'automne.

Tu sais, quand t'apportes ça de

jeunesse... Euh... C'est une

piqûre qui ne se perd pas.

L'automne arrive, le sang te

revire dans les veines. C'est

toute une chimie qui va

ensemble. Les armes à feu, la

chasse... C'est de continuer à

donner à mon garçon la chance de

goûter à ça. Lui montrer la sécurité

des armes, comment s'en servir.


FRÉDÉRIC LEVAC

(S'adressant à MARC-ANDRÉ LABELLE)

Toi, Marc, es-tu satisfait de

ta chasse?


MARC-ANDRÉ LABELLE

La chasse à la citrouille.


FRÉDÉRIC LEVAC (moqueur)

Tu vas apporter ça chez le

taxidermiste?


ÉRIC LABELLE (En aparté)

Aujourd'hui, y a un problème.

C'est que le monde commence à

avoir peur des armes.

Aujourd'hui, t'as une arme à

feu. Tu passes comme un

criminel, un peu.

C'est juste que le problème,

c'est que... Il manque un peu

d'éducation.


MARC-ANDRÉ LABELLE

(Après avoir tiré)

Aïe... Aïe, aïe...

(MARC-ANDRÉ LABELLE rigole, puis passe l'arme à JEAN-PHILIPPE LEVAC.)


MARC-ANDRÉ LABELLE

C'est un gun de gars, ça.


ÉRIC LABELLE (En aparté)

Du monde qui est bien éduqué,

tu sais... Ton père t'a montré à

conduire une auto, tu conduis

bien une auto, aujourd'hui.

L'arme à feu, c'est la même

chose. Il y a des lois à suivre.

(coups de marteau)

(FRÉDÉRIC LEVAC et MARC-ANDRÉ LABELLE se rendent à Papineauville, au Québec, au domicile du taxidermiste ROGER IPPERSIEL.)


MARC-ANDRÉ LABELLE

Salut!


ROGER IPPERSIEL

Hé! Bien, bonjour!


MARC-ANDRÉ LABELLE

Salut, Roger.


GUILLAUME

Bonjour, bonjour.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Salut, Guillaume.


ROGER IPPERSIEL

Bienvenue chez nous!

Bienvenue chez nous!


FRÉDÉRIC LEVAC

Après quoi vous êtes en train

de travailler?


ROGER IPPERSIEL

Là, on est en train d'étirer...

C'est une peau de chevreuil

qui a été tannée.


FRÉDÉRIC LEVAC

Ah oui?


ROGER IPPERSIEL

Et puis là, avant de la

huiler, de la faire sécher, on

l'étire. Parce qu'une peau, ça

rétrécit beaucoup. Il faut

l'amincir. Ç'a rétréci, alors on

l'étire. On la huile. Ensuite,

on va la passer dans un tambour

pour la nettoyer.

(Un grand nombre d'animaux, que ROGER IPPERSIEL a empaillés, sont exposés dans son atelier.)


FRÉDÉRIC LEVAC

Moi, j'aimerais savoir, Roger:

comment êtes-vous devenu

taxidermiste? Où ça a commencé?


ROGER IPPERSIEL

Étant très jeune, j'avais le

goût de la chasse, de la

pêche... Je demeurais en

campagne. Alors, j'ai toujours

rêvé de faire de la taxidermie.

Un beau jour, lorsque j'étais

enseignant ici, à l'école, on avait des

activités intégrées à l'horaire.


FRÉDÉRIC LEVAC

OK.


ROGER IPPERSIEL

Alors, j'ai pensé offrir

cette activité-là aux étudiants

et un bon nombre d'étudiants se

sont inscrits. Alors, on a

commencé, on a débuté à faire un

petit peu d'empaillage ensemble.

C'était une activité qui

intéressait, je pense... Je

recevais à peu près 90 étudiants

par semaine.


FRÉDÉRIC LEVAC

Tabarouette!


ROGER IPPERSIEL

C'était intéressant. Puis

c'est de même que j'ai démarré.

Et c'est après ça que j'ai

commencé à me perfectionner

moi-même, à apprendre par

moi-même, avec des essais,

des erreurs et puis des réussites,

aussi, à ce niveau-là.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Puis ça a-tu déjà fâché des

gens du métier que...


ROGER IPPERSIEL

Non!


MARC-ANDRÉ LABELLE

Non?


ROGER IPPERSIEL

Non, non, non.

Parce qu'on a passablement

d'animaux dans la région.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Ouais, c'est ça.


ROGER IPPERSIEL

Il faut en faire une gestion,

alors euh...

En autant que les gens pouvaient

comprendre cet aspect-là, ça

posait pas de problème.


FRÉDÉRIC LEVAC

C'est sûr que dans le coin,

ici, je pense... à

Papineauville, la chasse, ça

doit être assez courant.


ROGER IPPERSIEL

C'est une région de... région

pour la chasse, à tous niveaux,

et puis... Pour trapper des

animaux. On sait que le castor

est rendu à un point nuisible.

Autant il n'y en avait pas,

autant on en a trop. Alors, il

faut faire du prélèvement. Il

faut s'en servir. Les gens sont

arrivés à faire comprendre cette

euh...


FRÉDÉRIC LEVAC

C'est une bonne chose.


ROGER IPPERSIEL

... ce bout de chemin là,

qu'il faut faire. Il faut gérer

les animaux.

(Retour en Ontario, avec ÉRIC LABELLE)


ÉRIC LABELLE (En aparté)

Ici, on est dans la zone 65

en Ontario. S'il n'y avait pas

eu contrôle des orignaux, ils

traverseraient le chemin, ici,

et le monde se ferait frapper,

ça tuerait des enfants... Il y

aurait du monde qui serait

blessé de ça.

Non, moi, je suis vraiment...

Dire que le contrôle... Le

contrôle de la faune, c'est bien

important, puis il faut pas

oublier aussi que ça amène

beaucoup de revenus monétaires.

(Retour à la rencontre entre ROGER IPPERSIEL et les deux membres du groupe PANDALÉON.)


ROGER IPPERSIEL

Alors, de façon bien

concrète, le mot "empaillé"

vient du mot "paille". C'est de

la paille de bois.


[FRÉDÉRIC LEVAC:] OK.

ROGER IPPERSIEL

Alors, on n'avait pas les

techniques connues aujourd'hui

pour faire des formes d'animaux.

On utilisait de la paille de

bois. De la paille de bois que

j'utilise moi, encore,

aujourd'hui. Ici, pour avez une

forme de pékan. Un petit pékan.

Je fais le corps. Le corps est

tourné avec de la corde, de la

forme, de la grosseur que je

veux avoir, de la position que

je veux avoir.

Le crâne, je le récupère. Alors,

je fais bouillir le crâne. J'ai

mis de la pâte par-dessus pour

le finir. On passe des broches

dans les os des pattes, puis la

broche, on la fixe ici.


[FRÉDÉRIC LEVAC:] OK.

ROGER IPPERSIEL

Alors vous avez votre animal

qu'on peut monter comme ça.


FRÉDÉRIC LEVAC

Ouais, ouais, ouais.


ROGER IPPERSIEL

Ça coûte à peu près rien,

mais si je compare avec des

formes que je peux acheter

aujourd'hui, une forme de pékan

comme ça pourrait me coûter

40-50 $. Moi, ça me prend dix minutes

le faire. Je peux le faire à la grosseur

et à la longueur que je veux...

Alors, aujourd'hui, on utilise

beaucoup plus des formes en

polyuréthane... Vous avez un

petit écureuil ici qui est prêt

à monter dans un arbre. Ce sont

des formes en polyuréthane. Tout

peut se faire en polyuréthane

aujourd'hui, dans les animaux.

(ROGER IPPERSIEL emmène les deux amis dans une autre section de son atelier.)


ROGER IPPERSIEL

Ici, on va vous montrer. La peau

a été tannée. Y en a une bonne

partie qui a été nettoyée. Une

étape qui est très, très

importante: il faut amincir la

peau. Comment on amincit la

peau? C'est un moyen problème si

on n'est pas équipés. Alors on a

une machine ici, qu'on appelle

une "échargneuse". C'est

actionné par un moteur. Vous

allez voir la différence.

Ici, la peau n'a pas été

nettoyée. Ici, elle est

nettoyée, elle est amincie.

Alors, on va en enlever une

partie.

(ROGER IPPERSIEL fait une démonstration à l'aide de sa machine.)


FRÉDÉRIC LEVAC

Ah, bien oui!


ROGER IPPERSIEL

Une fois qu'on a enlevé une

3e fois, voyez-vous? Regardez.

La peau, on peut l'étirer sur...


FRÉDÉRIC LEVAC

Bien oui.


ROGER IPPERSIEL

... sur différents sens,

tandis que ça, ici, là...


FRÉDÉRIC LEVAC

Beaucoup plus rigide.


ROGER IPPERSIEL

On peut pas étirer ça. Alors

c'est de même qu'il faut amincir

la peau avant de faire le

montage. Peut-être une

conclusion à ça.

(MARC-ANDRÉ LABELLE enfile un chapeau de fourrure confectionné par ROGER IPPERSIEL.)


ROGER IPPERSIEL

(S'adressant à FRÉDÉRIC LEVAC)

Puis toi, pogne un... Tiens!


FRÉDÉRIC LEVAC

(Recevant un chapeau de fourrure)

Un raccoon.


ROGER IPPERSIEL

Regarde bien ça, je vais te

mettre une paire de mitaines en

raccoon,à part de ça.


FRÉDÉRIC LEVAC

(Enfilant les mitaines)

Oh ouais! Je trouve que le

poil, il est...


ROGER IPPERSIEL

Oui, c'est en raccoon.


MARC-ANDRÉ LABELLE

(Montrant ses mitaines à ROGER IPPERSIEL)

Ça, c'est du loup, ça?


ROGER IPPERSIEL

Ça, c'est du coyote.


MARC-ANDRÉ LABELLE

(Avec un sifflement d'admiration)

Du coyote.


ROGER IPPERSIEL

Je pourrais vous montrer.

Ça, ça peut faire une euh...


MARC-ANDRÉ LABELLE

Tabarouette!


ROGER IPPERSIEL

Si on regarde l'allure...

Un look d'un beau chapeau de,

de... Alors euh...


FRÉDÉRIC LEVAC

Un beau chamane!


ROGER IPPERSIEL

Et avec vos mitaines...


MARC-ANDRÉ LABELLE

Le beau chamane!


ROGER IPPERSIEL

Là, si vous vous promenez sur

la grand-rue avec ça, vous vous

faites remarquer.


MARC-ANDRÉ LABELLE (En rigolant)

Ouais.


ROGER IPPERSIEL

Ah oui, oui, oui!

(Les trois membres de PANDALÉON se rendent dans la forêt pour chasser.)


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Tu restes assis 5 heures dans

le bois, puis tu viens que tu

penses à plein de choses et y a

plein d'images qui te roulent

dans la tête. Mais il y a

toujours un côté de toi qui est

toujours alerte. N'importe quel

bruit. Tu sais, tu vas entendre

un écureuil jouer dans les

feuilles puis tu vas t'imaginer

que c'est pas un écureuil. Ça

fait que t'as toujours un côté

de toi qui est très alerte et

très vigilant.

(JEAN-PHILIPPE monte dans une cache avec une arbalète.)


JEAN-PHILIPPE LEVAC (En aparté)

La chasse au chevreuil, en 2011,

j'ai tiré un buck chevreuil.

C'est un 13 pointes, dans le

fond. Les pointes, ce sont les

pointes qui sortent du panache.

Là, tu les comptes et plus il y

a de pointes, plus il est gros,

d'habitude. Puis ça, c'était

quand même un beau

buck. C'était un gros chevreuil aussi.

C'est justement lui qu'on a fait

empailler, qui est dans notre

piaule. J'étais assis, bien relax, au

début, et même, je brettais sur

mon iPhone, tu sais! Puis...

Des fois, un chevreuil, tu vas

l'entendre venir de loin, comme

tu peux pas non... Puis lui, je

l'ai zéro entendu venir. J'ai

entendu de quoi en arrière de

moi, j'ai "checké" et je l'ai vu

tout de suite. Puis là, j'ai vu

qu'il avait quand même un beau

panache sur la tête. Ça fait que

drette là, ça double le stress,

tu sais!

Parce que... T'es comme un peu

là pour ça, tu sais, les gros

chevreuils, les gros

bucks. J'ai été chanceux parce qu'il

marchait vraiment vite, puis je

me suis juste tourné, j'ai épaulé mon

gun, puis je l'ai eu

tout de suite dans le scope.

Des fois, ça peut prendre une ou

deux secondes de le pogner,

mettons, le bon spot dans ton

scope. Puis ça, ça peut être

deux secondes de trop que t'as

pris et le chevreuil est parti.

J'ai été vraiment chanceux parce

qu'aussitôt que j'ai mis le gun,

je l'ai épaulé... Il était à la

bonne place, j'ai tiré tout de

suite et je savais que j'avais

un bon shot dessus, là.

Puis il est tombé drette là.

C'était... Ça, c'est un de mes

meilleurs souvenirs.


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Je pense que ça reste

personnel, ce moment-là. C'est

un moment qui... peu importe

c'est quoi la bête qui est

devant toi, je pense que...

Chacun vit ça à sa façon, tu

sais. Mais tout en étant aussi

intense.


JEAN-PHILIPPE LEVAC (En aparté)

Si tu réussis à avoir un shot

dessus, puis tu vois que t'as eu un bon

shot, tu le laisses

mourir en paix, le chevreuil,

t'as quand même du respect pour

cet animal-là. Puis c'est bon de

le laisser mourir aussi, parce

que si tu descends tout de suite

et que tu vas voir, bien il est

peut-être pas mort encore et il

va essayer de faire...


FRÉDÉRIC LEVAC (Hors champ)

Un autre mille.


JEAN-PHILIPPE LEVAC (En aparté)

Un autre... Ouais, une autre

couple de 100 pieds, puis là,

c'est juste... Il souffre.

Tu fais juste le laisser. Si tu

le vois, qu'il est couché, bien

laisse-le mourir.

C'est mieux de même.


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

J'ai rien contre les gens qui

sont contre la chasse. On a tous

nos opinions face à ça.


MARC-ANDRÉ LABELLE (En aparté)

Au début, quand j'étais

jeune, j'étais un peu naïf,

mettons, tu sais. Puis j'ai été

élevé là-dedans. Ça fait que je

me posais pas de question par

rapport à la chasse et tout ça.

Puis là, t'arrives en ville. Tu

rencontres des gens qui sont

contre ça. T'as beau leur en

parler, que quand t'étais jeune,

t'allais à la chasse, mais eux

autres, c'est...

"Ah ouais? T'allais à la chasse

avec tes parents? C'est quoi,

ça, d'apprendre ça à ses

enfants, de tirer sur des bêtes

puis de..." Ça, ça m'avait fait

me questionner.

Après, un moment donné, j'ai

essayé de me dire que j'étais

contre... Pas contre la chasse,

mais le fait de tirer des

animaux. Jusqu'à ce que je me

dise: "Bien, pourquoi? Je mange

autant de la viande. Je mange de

la viande." Moi, je mange la

viande que mon père a chassée,

tu sais. Je me juste dit:

"Je suis né dans une place où

les gens chassent et ça fait

partie de la culture", tu sais.

Puis là, je me suis plus jamais

reposé la question.


JEAN-PHILIPPE LEVAC (En aparté)

Je respecte le monde qui sont

contre la chasse, puis les

végétariens, puis tout. Ils

peuvent être contre la chasse

puis ils peuvent être contre

l'élevage aussi, de n'importe

quel animal. Mais si t'es contre

la chasse et que tu manges de la

viande, mettons, achetée au

magasin, tu sais, c'est...

D'après moi, ça fait pas de

sens. La poule que t'achètes au

magasin, comparée au chevreuil

que t'abats toi-même, la qualité

de vie de la poule, c'est...


MARC-ANDRÉ LABELLE (Hors champ)

C'est pas comparable.


JEAN-PHILIPPE LEVAC (En aparté)

C'est pas comparable.

Le chevreuil a été là toute sa vie

jusqu'à tant que tu le tues...

La poule est dans un poulailler

toute sa vie - qui dure genre 45

jours, là, une vie de poule

d'élevage!

Manger de la viande que t'as

abattue toi-même, c'est

clairement plus le fun que

manger un Big Mac. Tu sais d'où

vient cette viande-là. Ton Big

Mac, je sais pas d'où il vient.

C'est ça, l'affaire.

On est dans la nature, tu sais,

je veux dire. Il y a quelques

années, c'était ça. Ta viande,

t'allais la chasser. C'est ça, tu sais!

(Nous nous transportons chez les frères LEVAC, qui préparent le souper en compagnie de leur mère NANCY BERNIQUEZ.)


NANCY BERNIQUEZ

(S'adressant à FRÉDÉRIC LEVAC en parlant des patates)

Tu veux-tu les piler, ce

soir, ou bien donc tu veux les

laisser de même?


FRÉDÉRIC LEVAC

Pilées, ce serait bien.


NANCY BERNIQUEZ

Hein?


JEAN-PHILIPPE LEVAC

(Affairé devant la cuisinière)

Quand je m'occupe des

patates, ça va toujours mal.


NANCY BERNIQUEZ (En aparté)

Ils partent bien de bonne heure.

Après ça, ils reviennent tous.

Là, ça déjeune. Ils ont faim.

Après ça, ils vont tous

s'asseoir dans le salon...

Puis là, c'est sale. Les

manteaux de chasse et tout...

Là, ça traîne. Le temps de

l'automne, là, ça traîne, tu

sais. Après ça, là... Vers 15 h,

ils repartent tous. La pause,

là, tu sais...

Puis là, ils reviennent pas

avant la noirceur. C'est pas mal

la roue de la chasse, tout l'automne.

Je suis pas une chasseuse, tu

sais. J'ai pas été élevée là-dedans

non plus. Mais...

C'est pas quelque chose que...

Je suis bien contente de manger

la viande, tu sais. J'aime bien

ça puis tout, mais...

Je vais aimer aller me promener,

mettons, sur la terre. Ça, c'est

correct. Puis je vais m'asseoir

dans le petit camp, là, tu sais.

Mais d'aller à la chasse...

Premièrement, faut que tu restes

sans grouiller trop longtemps.

Je tombe endormie ou bien donc

je grouille trop. Ça fait que je

verrai jamais rien. C'est sûr.

Ha! Ha! Ha! Fait que... Je pense

pas que j'ai de la chasse dans

moi, là. Non. Non.

(S'adressant aux deux frères et à leur beau-père, PASCAL ROULEAU.)

Servez-vous. C'est prêt.

Faut pas que je leur parle.


PASCAL ROULEAU

Du chevreuil, Marie.


NANCY BERNIQUEZ

"Marie, c'est du chevreuil."

(Servant une assiette)

Deux petites carottes... Des

choux-fleurs, des choux farcis.

Voyons, des choux de Bruxelles.


PASCAL ROULEAU

(À table et entouré de toute la famille)

Jean-Philippe, quand il était

plus jeune, je l'avais emmené

sur la terre, après Noël, pour

la chasse au chevreuil, et

c'était assez tard en décembre.

Il avait jamais tiré de

chevreuil encore, ça fait que

dans l'après-midi, il en sort

un. Ça fait que là, il prend

l'arbalète. Il était nerveux

puis... Mais je l'ai laissé

faire. J'étais assis avec.


NANCY BERNIQUEZ

Il avait quel âge, comme? 15 ans?


PASCAL ROULEAU

Il était... Bien, 15 ans, 16

ans, probablement. Il était

assez jeune, puis... Il tire un

coup... Le chevreuil, il part.

Il manque le chevreuil. Fait

que... En tout cas, tout

l'après-midi, de même, il avait

sorti des chevreuils. Puis à la

fin de la journée, on avait vu neuf

chevreuils en tout.

Il avait tiré trois fois. Puis on

est partis bredouilles le soir.

Il n'avait tué aucun chevreuil.


JEAN-PHILIPPE LEVAC

C'était pas le temps, écoute.


PASCAL ROULEAU

Puis la dernière fois, même,

j'avais tenu son arbalète et il

"shakait" tellement, là... Il

était tellement sur les nerfs.

Je checkais l'arbalète et

j'étais pas capable de la

retenir parce qu'il était trop

sur les nerfs.


JEAN-PHILIPPE LEVAC

J'avais bien hâte.


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Si un chasseur prépare sa

chasse d'avance, tu sais, bon

bien... Il faut, de un, qu'il se

mette dans la peau de la bête,

puis... S'imaginer...


JEAN-PHILIPPE LEVAC (Hors champ)

Comment elle va agir.


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Comment elle va agir, où elle

va marcher, tu sais. Il faut que

tu y penses. C'est pas juste:

"Je vais rentrer dans un bois,

je vais mettre des pommes, je

reviens deux semaines plus tard, je

vais tirer un chevreuil drette

là." C'est pas facile comme ça.

(Les trois amis rient en observant quelqu'un essayer de marcher sur une corde tendue entre deux arbres.)


MARC-ANDRÉ LABELLE

Lui, ils ont l'air cool, ses souliers, hein!

Je sais pas c'est quoi.


MARC-ANDRÉ LABELLE (En aparté)

Y a un côté artistique aussi,

dans la chasse. Y a un côté

naturel. Y a un retour sur soi-même,

retour à ses sources. Puis

c'est ça, le but de la chose. De

retourner à sa culture. Puis

moi, c'est ça qui m'a fait

revenir à ça et de décider de

faire mon check.

Je vais juste assumer que j'ai

été élevé là-dedans et que quand

j'en parle... Moi, j'ai mes

idées et les autres ont leurs

idées et c'est de même que ça

fonctionne, tu sais.

(MARC-ANDRÉ LABELLE essaie de marcher sur la corde tendue entre les deux arbres.)


JEAN-PHILIPPE LEVAC

Il l'a, là. Je le sens.


MARC-ANDRÉ LABELLE

Oh!


JEAN-PHILIPPE LEVAC

T'as-tu vu ça, man?


FRÉDÉRIC LEVAC (En aparté)

Oui, c'est de tuer les

animaux, mais c'est aussi de les

respecter en même temps. C'est

aussi de contrôler l'écosystème.

Donc, je pense que c'est la vie.

C'est comme ça depuis toujours.

Et ça va toujours l'être.

(Dans leur piaule, les trois membres du groupe PANDALÉON pratiquent une de leurs compositions.)


PANDALÉON

♪ La bête a trop perdu

de sang ♪

♪ Le mien reste froid ♪

♪ On traque,

on l'amène à sa perte ♪

♪ La chasse est ouverte ♪

♪ C'en est fait de tirer

dans le vide ♪

♪ J'ai horreur

des pigeons d'argile ♪

♪ Des dents de métal ici et là ♪

♪ Plus sa patte se coince ♪

♪ Plus mon coeur bat ♪

♪ Je porte sa peau

sur mes épaules ♪

♪ J'en oublie

toutes les dentelles ♪

♪ L'étole de fourrure

est si chaude ♪

♪ Si fier de ce manteau mortel ♪

♪ On est tous

dans la même forêt ♪

♪ On a les mêmes guns ♪

♪ On a faim, faut rester muet ♪

♪ [Paroles en anglais] ♪

♪ Chacun espère son trophée ♪

♪ À chacun son gibier ♪

♪ Yeux dans les yeux ♪

♪ Oeil pour son oeil ♪

♪ Et sa dent pour dent ♪

♪ Fast forward sur la gâchette ♪

♪ Sans perdre un seul instant ♪

♪ Le temps autour s'arrête ♪

♪ Et fast forward dans mon sang ♪

♪ On est tous

dans la même forêt ♪

♪ On a les mêmes guns ♪

♪ On a faim, faut rester muet ♪

(Paroles en anglais)

♪ La bête n'a pas de chance

ce soir ♪

♪ Le braconnier sait y voir ♪

♪ La bête a trop perdu de sang ♪

♪ Le mien reste froid ♪♪

(Générique de fermeture)

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